{"id":2482,"date":"1977-09-01T00:00:00","date_gmt":"1977-09-01T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-58-n-9-septembre-1977-pour-lire-avec-profit\/"},"modified":"2022-10-17T20:15:28","modified_gmt":"2022-10-17T20:15:28","slug":"vol-58-n-9-septembre-1977-pour-lire-avec-profit","status":"publish","type":"rbc_letter","link":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-58-n-9-septembre-1977-pour-lire-avec-profit\/","title":{"rendered":"Vol. 58, N\u00b0 9 &#8211; Septembre 1977 &#8211; Pour lire avec profit"},"content":{"rendered":"<div id=\"layout-column-main\">\n<p><a href=\"pdf\/septembre1977.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Formatage                     PDF<\/a> <\/p>\n<p class=\"boldtext\">Nos presses \u00e0 imprimer engloutissent                     chaque jour des tonnes de papier, sur lequel les auteurs les                     plus divers nous font part de leurs pens\u00e9es, de leurs                     sentiments, de leurs exp\u00e9riences et de leurs d\u00e9couvertes.                     Jamais encore une telle abondance de renseignements n&rsquo;a \u00e9t\u00e9                     mise \u00e0 la port\u00e9e de tous. Au milieu de cette                     effrayante pullulation d&rsquo;\u00e9crits, le probl\u00e8me                     capital pour chacun de nous est de savoir lire et utiliser                     nos lectures. <\/p>\n<p> Il y a plusieurs sortes de lectures. On lit pour apprendre,                     pour se distraire, pour se r\u00e9conforter, pour se documenter,                     pour s&rsquo;inspirer ou pour se former une r\u00e8gle de vie.                     Dans les temps anciens, l&rsquo;humanit\u00e9 pouvait prosp\u00e9rer                     avec de simples et primitives lueurs de pens\u00e9e, mais                     au stade actuel de la civilisation, nous avons besoin d&rsquo;une                     doctrine coordonnatrice, qui synth\u00e9tise et mette \u00e0                     contribution tout l&rsquo;acquis du pass\u00e9. <\/p>\n<p> Les connaissances positives accumul\u00e9es par les quelques                     centaines de g\u00e9n\u00e9rations qui nous ont pr\u00e9c\u00e9d\u00e9s                     sont trop consid\u00e9rables pour qu&rsquo;on puisse les acqu\u00e9rir                     par exp\u00e9rience dans le court espace d&rsquo;une vie humaine.                     Nous devons recourir au truchement des livres. Les livres                     reculent les bornes de notre savoir en nous permettant de                     conna\u00eetre les faits du pass\u00e9 et de conjecturer                     les \u00e9v\u00e9nements de l&rsquo;avenir. <\/p>\n<p> Songez, par exemple, que nous n&rsquo;avons que trois moyens d&rsquo;\u00e9valuer                     l&rsquo;existence humaine\u00a0: l&rsquo;\u00e9tude du moi, qui est                     le plus dangereux et le plus difficile, mais souvent le plus                     fructueux\u00a0; l&rsquo;observation de nos semblables, qui nous                     cachent parfois leurs secrets les plus r\u00e9v\u00e9lateurs\u00a0;                     et les livres, qui, malgr\u00e9 toutes leurs erreurs de                     perspective et de jugement, sont constants, d\u00e9taill\u00e9s                     et toujours \u00e0 notre disposition. <\/p>\n<p> Il est aussi int\u00e9ressant qu&rsquo;utile de lire comment                     nos anc\u00eatres ont fait face \u00e0 des crises analogues                     \u00e0 la n\u00f4tre par leur forme sinon par leur ampleur.                     Les livres d\u00e9roulent sous nos yeux le long parchemin                     de l&rsquo;histoire afin que les choses \u00e9loign\u00e9es,                     dans le temps et dans l&rsquo;espace, nous aident \u00e0 mieux                     juger celles qui sont aujourd&rsquo;hui tout pr\u00e8s de nous.                   <\/p>\n<h3>Des amis s\u00fbrs et fid\u00e8les<\/h3>\n<p> On peut se demander si les livres ne sont pas plus pr\u00e9cieux                     encore comme amis que comme sources d&rsquo;information sur les                     nations, les peuples et les pays \u00e9trangers. Quoi qu&rsquo;il                     en soit, la lecture demeure l&rsquo;un des moyens les plus efficaces                     de se soustraire aux circonstances f\u00e2cheuses et irr\u00e9m\u00e9diables.                     Le commerce intime des grands auteurs litt\u00e9raires,                     philosophiques et artistiques est \u00e0 la fois un encouragement                     \u00e0 la r\u00e9flexion et un refuge contre la plupart                     des malheurs de la vie. Goethe ne disait-il pas qu&rsquo;il ne se                     connaissait pas de chagrin que n&rsquo;e\u00fbt dissip\u00e9                     une demi-heure de lecture\u00a0? <\/p>\n<p> Les livres nous rendent \u00e9galement service en contribuant                     \u00e0 secouer notre apathie. Le milieu dans lequel nous                     vivons nous d\u00e9route. C&rsquo;est un enchev\u00eatrement                     de notions compliqu\u00e9es au milieu desquelles nous sommes                     port\u00e9s \u00e0 nous pr\u00e9lasser avec indiff\u00e9rence.                     La philosophie grecque, nous le savons, a atteint des sommets                     auxquels on n&rsquo;est jamais parvenu par la suite, tandis que                     la science grecque tra\u00eenait en arri\u00e8re. Le danger                     qui nous menace est exactement l&rsquo;inverse\u00a0: les donn\u00e9es                     scientifiques nous inondent chaque jour \u00e0 tel point                     que nous suffoquons sous un amas de faits d\u00e9sordonn\u00e9s\u00a0;                     nos esprits sont accabl\u00e9s de d\u00e9couvertes que                     nous ne comprenons pas et qui, pour cela, nous font peur.                   <\/p>\n<p> Ce que nous trouvons dans les livres nous conduira peut-\u00eatre                     \u00e0 r\u00e9examiner certaines choses qui nous semblaient                     tout \u00e0 fait normales et \u00e0 nous interroger \u00e0                     leur sujet. La lecture nous incitera \u00e0 appr\u00e9cier                     de nouveau les id\u00e9es et les id\u00e9aux \u00e9touff\u00e9s                     par le flot des merveilles techniques. Si un livre nous incite                     \u00e0 la r\u00e9flexion, et m\u00eame s&rsquo;il provoque                     notre col\u00e8re, il est fort probable qu&rsquo;il nous rend                     service. <\/p>\n<p> Il convient enfin de citer, parmi les bienfaits des livres,                     l&rsquo;utilit\u00e9 de la lecture pour les personnes d\u00e9sireuses                     d&rsquo;apprendre \u00e0 \u00e9crire et \u00e0 s&rsquo;exprimer.                     La femme qui veut exceller dans la conversation et l&rsquo;homme                     qui tient \u00e0 ce que ses lettres et ses ordres soient                     bien compris, doivent savoir choisir leurs lectures. <\/p>\n<p> D&rsquo;o\u00f9 viennent les citations qui se glissent continuellement                     dans la conversation, dans les lettres, les discours et la                     litt\u00e9rature\u00a0? <\/p>\n<p> La plupart, et nous les employons souvent sans m\u00eame                     nous en rendre compte, sont des expressions tir\u00e9es                     de l&rsquo;\u00c9criture sainte, des fables de La Fontaine, des                     grandes trag\u00e9dies de Racine et de Corneille et des                     com\u00e9dies de Moli\u00e8re, des contes de Perrault                     ou de la po\u00e9sie romantique de Hugo et de Musset. <\/p>\n<p> Les gens de langue anglaise puisent aussi dans la Bible                     mais, \u00e9videmment, citeront par ailleurs Shakespeare,                     Alice in Wonderland et les op\u00e9ras de Gilbert et Sullivan.                   <\/p>\n<p> La lecture qui nous int\u00e9resse ici n&rsquo;est pas celle                     du critique, mais de l&rsquo;\u00eatre humain en qu\u00eate de                     valeurs humaines. Si vous avez l&rsquo;impression qu&rsquo;un livre vous                     inspire, vous renseigne, vous aide ou vous d\u00e9lasse,                     ne vous souciez pas de ce que les autres en disent, il est                     bon. <\/p>\n<p> Les th\u00e9oriciens de la litt\u00e9rature sont souvent                     dans l&rsquo;erreur. Les pi\u00e8ces de Shakespeare attir\u00e8rent                     des foules \u00e9normes et enthousiastes\u00a0; les th\u00e9oriciens                     de l&rsquo;\u00e9poque en conclurent qu&rsquo;il y avait s\u00fbrement                     en elles quelque chose qui n&rsquo;allait pas. \u00ab\u00a0Si vous voulez                     conna\u00eetre la puissance du g\u00e9nie humain\u00a0\u00bb,                     dit un essayiste, \u00ab\u00a0lisez Shakespeare\u00a0; si vous                     voulez vous convaincre de l&rsquo;insignifiance du savoir humain,                     lisez ses commentateurs.\u00a0\u00bb <\/p>\n<h3>Les lectures de l&rsquo;homme d&rsquo;affaires<\/h3>\n<p> L&rsquo;homme d&rsquo;affaires qui, malgr\u00e9 ses bonnes r\u00e9solutions,                     n&rsquo;en vient jamais \u00e0 lire des livres qui ne se rattachent                     pas directement \u00e0 sa profession, se prive des habitudes,                     des perfectionnements, des clart\u00e9s et du surcro\u00eet                     de libert\u00e9 d&rsquo;esprit que lui apporterait un programme                     de lectures bien \u00e9quilibr\u00e9. <\/p>\n<p> Sans doute est-il n\u00e9cessaire de lire des livres techniques,                     des publications savantes et des revues sp\u00e9cialis\u00e9es                     pour bien exercer son m\u00e9tier, mais il ne faut pas s&rsquo;arr\u00eater                     l\u00e0. L&rsquo;homme qui doit se plier \u00e0 la routine de                     son travail quotidien peut acqu\u00e9rir une forte personnalit\u00e9                     par ses lectures. Il peut avoir une double existence\u00a0:                     \u00eatre homme d&rsquo;affaires parmi les savants et savant parmi                     les hommes d&rsquo;affaires. <\/p>\n<p> Un habile artisan, tr\u00e8s vers\u00e9 dans les questions                     propres \u00e0 son art, se prive des beaut\u00e9s de la                     vie dont il pourrait jouir s&rsquo;il ne lit que des livres techniques                     et des revues et des journaux l\u00e9gers. <\/p>\n<p> La lecture nous fournit les instruments et les mat\u00e9riaux                     n\u00e9cessaires pour sortir des conversations banales.                     Mais elle fait plus encore. Elle augmente nos chances de nous                     affranchir du train-train de notre profession, de notre m\u00e9tier                     ou de notre art. <\/p>\n<h3>La recherche du savoir<\/h3>\n<p> Celui qui lit beaucoup et d&rsquo;une fa\u00e7on intelligente                     constate souvent qu&rsquo;il a le tr\u00e8s grand avantage d&rsquo;en                     conna\u00eetre plus long que les autres sur son sujet. Le                     savoir engendre l&rsquo;assurance et la confiance en soi. <\/p>\n<p> Certains affectent de m\u00e9priser la science livresque,                     mais on peut se demander si ce n&rsquo;est pas par envie. Il n&rsquo;y                     a pas de plus s\u00fbr indice de m\u00e9diocrit\u00e9                     intellectuelle, nous dit l&rsquo;auteur d&rsquo;un trait\u00e9 sur l&rsquo;art                     d&rsquo;\u00e9crire, que de parler avec d\u00e9dain de connaissances                     que l&rsquo;on ne poss\u00e8de pas soi-m\u00eame. <\/p>\n<p> Il est vrai que le savoir n&rsquo;est pas n\u00e9cessairement                     un bien en lui-m\u00eame\u00a0; il doit \u00eatre assimil\u00e9                     par l&rsquo;intelligence et l&rsquo;imagination pour \u00eatre vraiment                     profitable. Mais il est bon de nous impr\u00e9gner abondamment                     de faits et d&rsquo;id\u00e9es afin que notre esprit ait de la                     mati\u00e8re pour travailler. <\/p>\n<p> Les livres nous fournissent les renseignements documentaires                     qui nous serviront \u00e0 r\u00e9pondre aux questions                     capitales. Lorsque nous nous demandons pourquoi les humains                     se comportent comme ils le font, il ne faut pas chercher la                     r\u00e9ponse dans notre entourage, mais dans la vaste perspective                     de l&rsquo;histoire. <\/p>\n<p> Le lecteur qui choisit bien ses livres devient pour ainsi                     dire citoyen de tous les pays, contemporain de tous les \u00e2ges.                     Il fait la connaissance des personnages les plus divers, profite                     de l&rsquo;exp\u00e9rience des autres, \u00e9largit ses id\u00e9es                     et affine ses go\u00fbts. Il aura peut-\u00eatre la bonne                     fortune de trouver dans ses livres non seulement le r\u00e9cit                     des faits tels que l&rsquo;auteur les a vus, mais aussi la silhouette                     des \u00e9v\u00e9nements \u00e0 venir. <\/p>\n<p> Dans <em>P\u00e8res et fils<\/em>, Tolsto\u00ef peint pour                     la premi\u00e8re fois dans la litt\u00e9rature d&rsquo;imagination                     le nihiliste, pr\u00e9curseur du communiste\u00a0; les dictateurs                     de tous les temps ont trouv\u00e9 maints conseils utiles                     dans <em>le Prince<\/em>, o\u00f9 Machiavel affirme qu&rsquo;il est                     permis \u00e0 l&rsquo;homme politique de commettre dans l&rsquo;int\u00e9r\u00eat                     public des actes de violence et de duperie qui seraient condamnables                     dans la vie priv\u00e9e\u00a0; si les non-Allemands s&rsquo;\u00e9taient                     donn\u00e9 la peine de lire <em>Mein Kampf <\/em>d\u00e8s                     sa parution en 1924, ils y auraient d\u00e9couvert, dans                     tous ses effroyables d\u00e9tails, le sinistre programme                     d&rsquo;Hitler\u00a0; il s&rsquo;\u00e9coula un demi-si\u00e8cle apr\u00e8s                     la mort de Thoreau avant que le Mahatma Gandhi applique en                     Inde sa doctrine de la d\u00e9sob\u00e9issance civile.                   <\/p>\n<p> Les pol\u00e9miques d\u00e9clench\u00e9es par des                     \u00e9crits de Jean-Jacques Rousseau, de Malthus et d&rsquo;Adam                     Smith ne se sont jamais apais\u00e9es. Il y a soixante-dix                     ans Einstein publiait son article sur l&#8217;emploi de l&rsquo;\u00e9nergie                     atomique et donnait au monde l&rsquo;\u00e9quation la plus c\u00e9l\u00e8bre                     dans l&rsquo;histoire\u00a0: E = mc2. O\u00f9 l&rsquo;\u00e2ge atomique,                     qui s&rsquo;ouvrait alors, conduira-t-il l&rsquo;humanit\u00e9\u00a0?                     Personne ne le sait. <\/p>\n<p> C&rsquo;est parce que nous devons nous appliquer \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir                     d&rsquo;une mani\u00e8re intelligente aux probl\u00e8mes de                     ce genre qu&rsquo;il est n\u00e9cessaire de lire avec diligence                     et discernement. <\/p>\n<h3>Le choix des livres<\/h3>\n<p> De quelle fa\u00e7on allons-nous choisir nos livres\u00a0?                     Adopterons-nous la formule consacr\u00e9e, selon laquelle                     il faut choisir les livres que l&rsquo;on voudrait avoir avec soi                     si l&rsquo;on \u00e9tait jet\u00e9 dans une \u00eele d\u00e9serte\u00a0?                     Lirons-nous les centaines de livres que des autorit\u00e9s                     en la mati\u00e8re consid\u00e8rent comme les meilleurs\u00a0?                   <\/p>\n<p> Le choix des livres \u00e0 lire est avant tout une affaire                     personnelle. Quoi que puissent dire les \u00e9rudits \u00e0                     la louange d&rsquo;un livre, il n&rsquo;est pas fait pour vous s&rsquo;il ne                     parvient pas \u00e0 vous int\u00e9resser. Et les \u00e9crits                     qui conviendraient aux Robinsons ne sont peut-\u00eatre pas                     exactement ceux que l&rsquo;on lit dans l&rsquo;autobus, le train ou l&rsquo;avion,                     ou au restaurant. <\/p>\n<p> Il est pourtant un principe absolument s\u00fbr en mati\u00e8re                     de lectures\u00a0: si vous voulez vivifier votre facult\u00e9                     de penser et de r\u00e9fl\u00e9chir, si vous d\u00e9sirez                     \u00eatre en mesure de discuter judicieusement des questions                     d&rsquo;actualit\u00e9, laissez r\u00e9solument de c\u00f4t\u00e9                     tout ce qui n&rsquo;est pas de premier ordre. Perdre son temps \u00e0                     lire des r\u00e9cits piment\u00e9s dans un monde o\u00f9                     nous avons Dante, Aristote, Descartes, Shakespeare et Pascal,                     c&rsquo;est en quelque sorte pr\u00e9f\u00e9rer un morceau de                     verre bris\u00e9 aux plus riches diamants. \u00ab\u00a0Irez-vous                     bavarder avec votre femme de chambre ou votre palefrenier,                     nous dit Ruskin, lorsque vous pouvez converser avec des reines                     et des rois\u00a0?\u00a0\u00bb <\/p>\n<p> Certains des livres que nous choisirons devront avoir pour                     objet non pas de nous informer par leurs d\u00e9tails, mais                     de nous former par la sagesse et les principes qu&rsquo;ils contiennent.                     Les principes constituent la propri\u00e9t\u00e9 litt\u00e9raire                     la plus durable, la plus universelle, la plus maniable et                     la plus pratique. <\/p>\n<h3>Les grands auteurs<\/h3>\n<p> Les grands auteurs ne sont pas \u00ab\u00a0grands\u00a0\u00bb parce                     qu&rsquo;on est convenu de les appeler ainsi, mais parce qu&rsquo;ils                     disent des v\u00e9rit\u00e9s \u00e9ternelles. Leurs                     livres nous r\u00e9sument des si\u00e8cles de pens\u00e9e                     humaine\u00a0; ils nous l\u00e8guent un h\u00e9ritage                     imp\u00e9rissable, la transcription d&rsquo;une conversation brillante                     et distingu\u00e9e \u00e0 travers les \u00e2ges. Un grand                     auteur ne refl\u00e8te pas seulement son si\u00e8cle,                     mais l&rsquo;humanit\u00e9 tout enti\u00e8re. <\/p>\n<p> On n&rsquo;est pas un savant parce qu&rsquo;on a lu les nombreux livres                     de tel ou tel grand auteur\u00a0; mais celui qui les a lus                     est plus savant que s&rsquo;il ne les avait pas lus. Le message                     de ces auteurs d\u00e9veloppe son intelligence et accro\u00eet                     sa perspicacit\u00e9. Leurs principes et leurs solutions                     sont d&rsquo;une singuli\u00e8re actualit\u00e9 pour l&rsquo;homme                     d&rsquo;affaires, l&rsquo;instituteur, la ma\u00eetresse de maison ou                     l&rsquo;homme politique d&rsquo;aujourd&rsquo;hui, qui ont des probl\u00e8mes                     \u00e0 r\u00e9soudre. <\/p>\n<p> Personne n&rsquo;apprendra dans les grands auteurs comment faire                     de meilleures bombes atomiques, mais beaucoup y constateront                     que les probl\u00e8mes de la guerre et de la paix sont des                     probl\u00e8mes humains et que ces probl\u00e8mes sont                     toujours \u00e0 peu pr\u00e8s les m\u00eames, que les                     guerres se fassent avec des massues, des \u00e9p\u00e9es,                     de la poudre \u00e0 canon ou du plutonium. Les probl\u00e8mes                     fondamentaux du bien et du mal, de l&rsquo;amour et de la haine,                     du bonheur et de la souffrance n&rsquo;ont pas beaucoup chang\u00e9                     au cours des si\u00e8cles. <\/p>\n<p> On donne \u00e0 certains chefs-d&rsquo;oeuvre le nom de \u00ab\u00a0classiques\u00a0\u00bb,                     mot qui s&rsquo;applique aux livres qui ont le mieux r\u00e9sist\u00e9                     \u00e0 l&rsquo;usure. Ces \u00e9crits s&rsquo;adressent \u00e0 l&rsquo;esprit                     des hommes de tous les temps et de toutes les conditions,                     et leur valeur persiste ou se renouvelle de si\u00e8cle                     en si\u00e8cle. <\/p>\n<p> Il est vrai que l&rsquo;oeuvre scientifique d&rsquo;Aristote n&rsquo;a \u00e0                     peu pr\u00e8s rien de commun avec la science que nous connaissons                     aujourd&rsquo;hui, mais sa philosophie demeure toujours aussi lumineuse                     que profonde. Il n&rsquo;est pas un \u00e9crivain qui ne puisse                     lire sans profit <em>la Po\u00e9tique <\/em>d&rsquo;Aristote. Il                     faut reconna\u00eetre aussi qu&rsquo;Hom\u00e8re lui-m\u00eame                     a quelquefois des inadvertances et que Shakespeare a \u00e9crit                     certains passages de vaine rh\u00e9torique, mais l&rsquo;or l&#8217;emporte                     de beaucoup sur les scories. <\/p>\n<p> Certains lecteurs abandonnent un auteur quand ils d\u00e9couvrent                     un d\u00e9faut personnel dans sa vie ou une inexactitude                     dans ses descriptions. Marc Twain reproche \u00e0 Fenimore                     Cooper d&rsquo;en prendre \u00e0 son aise avec les d\u00e9tails                     dans <em>le Tueur de daims<\/em>. Il y est question, en effet,                     d&rsquo;une embarcation de 140 pieds de long qui passe par les sinuosit\u00e9s                     trois fois plus \u00e9troites d&rsquo;une rivi\u00e8re, alors                     que six Indiens sont cach\u00e9s dans un \u00ab\u00a0jeune arbre\u00a0\u00bb                     pour l&rsquo;attaquer. La plupart des lecteurs sont tellement occup\u00e9s                     par les Indiens qu&rsquo;ils ne pr\u00eatent aucune attention aux                     dimensions du bateau ni \u00e0 la grosseur de l&rsquo;arbre. Et                     c&rsquo;est tr\u00e8s bien ainsi, car c&rsquo;est le r\u00e9cit qui                     compte. <\/p>\n<p> Il ne faut pas non plus que les circonstances particuli\u00e8res                     \u00e0 la vie d&rsquo;un auteur influencent le jugement que nous                     portons sur son livre. Un grand philosophe a dit\u00a0: \u00ab\u00a0Ne                     cherchez pas \u00e0 savoir si l&rsquo;auteur d&rsquo;un livre est bon                     ou mauvais, pensez seulement au bien qu&rsquo;il y a dans son livre.\u00a0\u00bb                     Cela ne veut pas dire qu&rsquo;il faille lire passivement, mais                     que c&rsquo;est l&rsquo;oeuvre et non pas l&rsquo;auteur qu&rsquo;il importe de consid\u00e9rer.                   <\/p>\n<h3>Un programme de lecture<\/h3>\n<p> Tout bon livre conduit normalement \u00e0 un autre livre.                     Au royaume de la lecture, les sentiers se coupent et se recoupent.                     Lorsque vous fermez le <em>Bilan de l&rsquo;histoire <\/em>de Ren\u00e9                     Grousset ou <em>l&rsquo;Histoire de la philosophie <\/em>de Br\u00e9hier,                     apr\u00e8s en avoir lu la derni\u00e8re page, vous \u00eates                     comme un \u00e9tudiant d&rsquo;universit\u00e9 qui vient d&rsquo;obtenir                     son dipl\u00f4me. Il suffit de suivre les fl\u00e8ches                     indicatrices de ces deux livres, et il y en a beaucoup qui                     leur ressemblent, pour avoir de quoi lire jusqu&rsquo;\u00e0 la                     fin de ses jours. <\/p>\n<p> On peut aussi commencer par choisir quatre genres de lecture,                     par exemple\u00a0: l&rsquo;histoire, la po\u00e9sie, la philosophie                     et les sciences. Prenez un livre qui vous int\u00e9resse                     dans chaque genre, et lisez quand le coeur vous en dit, en                     passant d&rsquo;un domaine \u00e0 l&rsquo;autre. On raconte que l&rsquo;\u00e9crivain                     Oliver Wendell Holmes se d\u00e9ridait pendant une demi-heure                     dans une com\u00e9die et qu&rsquo;apr\u00e8s avoir bien ri,                     il se plongeait dans les <em>Pens\u00e9es <\/em>de Marc Aur\u00e8le.                   <\/p>\n<p> Chaque branche de la litt\u00e9rature contribue \u00e0                     sa fa\u00e7on \u00e0 notre bonheur et \u00e0 notre plaisir.                     La po\u00e9sie dit en paroles ail\u00e9es ce que nous                     pensons et ressentons sans pouvoir l&rsquo;exprimer. La lecture                     des vers nous permet de mieux ma\u00eetriser notre vocabulaire                     et de formuler nos pens\u00e9es avec \u00e9l\u00e9gance                     et originalit\u00e9. <\/p>\n<p> La prose, dont le domaine est beaucoup plus \u00e9tendu,                     est la langue naturelle de la communication des id\u00e9es.                     Certaines de ses anciennes formes, comme les lettres et les                     essais, sont des sources d&rsquo;int\u00e9r\u00eat et de distraction                     que nous aurions tort de n\u00e9gliger. Qu&rsquo;ils soient l\u00e9gers                     et spirituels ou violents et pamphl\u00e9taires, les essais                     demeurent un excellent moyen de trouver des id\u00e9es.                     Quant au genre \u00e9pistolaire, les <em>Lettres <\/em>de Mme                     de S\u00e9vign\u00e9 et la <em>Correspondance <\/em>de Cic\u00e9ron                     n&rsquo;ont rien perdu avec les si\u00e8cles de leurs valeur litt\u00e9raire                     ou philosophique. <\/p>\n<p> Il convient enfin, dans l&rsquo;\u00e9laboration d&rsquo;un bon programme                     de lecture, de ne pas se laisser prendre par les titres flamboyants                     et les r\u00e9clames int\u00e9ress\u00e9es des \u00e9diteurs.                     Les sentiments qu&rsquo;\u00e9veillent en nous les romans noirs                     et les r\u00e9cits grossiers ne sont pas faits pour accro\u00eetre                     notre culture et assurer notre tranquillit\u00e9 d&rsquo;esprit.                   <\/p>\n<h3>Commencer et pers\u00e9v\u00e9rer<\/h3>\n<p> Il y a sans doute des gens qui se croient sinc\u00e8rement                     trop importants, trop absorb\u00e9s par leurs affaires,                     pour passer leur temps \u00e0 lire. Mais la lecture est                     peut-\u00eatre la chose la plus profitable qu&rsquo;ils puissent                     faire dans la vie. De leurs lectures peut d\u00e9pendre                     le succ\u00e8s futur de leurs entreprises. En tout cas,                     c&rsquo;est sur elles que repose leur bien-\u00eatre intellectuel.                   <\/p>\n<p> Il n&rsquo;est pas n\u00e9cessaire de rester assis pendant deux                     ou trois heures pour lire effectivement. Des hommes ont lu                     en entier de gros volumes rien qu&rsquo;en attendant que le d\u00eener                     soit pr\u00eat. <\/p>\n<p> Le lecteur moyen peut lire un livre ordinaire \u00e0 la                     vitesse de 300 mots \u00e0 la minute. Cela repr\u00e9sente                     4,500 mots en un quart d&rsquo;heure et 1,642,500 mots en une ann\u00e9e.                     En prenant seulement quinze minutes par jour, on peut lire                     vingt livres de longueur moyenne entre le 1er janvier et le                     31 d\u00e9cembre. <\/p>\n<p> Malgr\u00e9 ses multiples occupations, sir William Osler                     voulut consacrer tous les soirs un quart d&rsquo;heure \u00e0                     la lecture avant de s&rsquo;endormir. Jamais durant toute sa vie,                     il ne manqua \u00e0 cette r\u00e8gle. Et quel fruit en                     retira-t-il\u00a0? Cette excellente habitude lui permit d&rsquo;acqu\u00e9rir                     un nouveau savoir qui servit de contrepoids \u00e0 sa sp\u00e9cialit\u00e9.                     Les sp\u00e9cialistes de la litt\u00e9rature anglaise                     le reconnaissent comme une autorit\u00e9 sur sir Thomas                     Browne, grand prosateur du XVIIe si\u00e8cle. <\/p>\n<p> Il n&rsquo;est pas d&rsquo;occupation que l&rsquo;on puisse commencer, interrompre                     et reprendre aussi facilement que la lecture. Les dames de                     la cour des Tudors portaient de minuscules livres orn\u00e9s                     de bijoux\u00a0; les dames d&rsquo;aujourd&rsquo;hui glissent un livre                     de petit format dans leur sac, tandis que les hommes en mettent                     dans leurs poches ou leurs serviettes. Ils les ont ainsi \u00e0                     port\u00e9e de la main chaque fois qu&rsquo;il faut attendre,                     &#8211; attendre les repas, les autobus, les trains, leur tour chez                     le coiffeur, un appel t\u00e9l\u00e9phonique, un rendez-vous,                     le commencement d&rsquo;un spectacle, ou simplement la tournure                     des \u00e9v\u00e9nements. <\/p>\n<p> Parmi les livres les plus faciles \u00e0 emporter se rangent                     les livres de poche, dans lesquels on trouve les meilleurs                     \u00e9crits de tous les temps. Ce qui importe r\u00e9ellement                     dans les livres, c&rsquo;est le contenu et non pas la reliure. Mais                     si vous n&rsquo;aimez ni l&rsquo;apparence ni le toucher d&rsquo;une couverture                     en papier, il existe des couvre-livres en similicuir, qui                     transforment un livre de un dollar en un volume d&rsquo;aspect somptueux.                   <\/p>\n<h3>Pour lire avec fruit<\/h3>\n<p> Toutes les belles et bonnes pens\u00e9es ont \u00e9t\u00e9                     \u00e9crites des milliers de fois, mais, pour les faire                     vraiment n\u00f4tres, il importe d&rsquo;y r\u00e9fl\u00e9chir                     en les lisant. Il faut se demander comment les opinions ou                     les id\u00e9es exprim\u00e9es par l&rsquo;auteur s&rsquo;accordent                     avec nos opinions et nos id\u00e9es. M\u00eame une affirmation                     qui semble choquer notre bon sens m\u00e9rite parfois qu&rsquo;on                     s&rsquo;y arr\u00eate. Il se peut m\u00eame qu&rsquo;elle ait plus de                     valeur que beaucoup d&rsquo;autres notions que nous admettons. <\/p>\n<p> L&rsquo;un des grands avantages d&rsquo;avoir des livres \u00e0 soi                     est que l&rsquo;on peut, en les parcourant, marquer ou souligner                     certains passages. Cela nous permet, non seulement d&rsquo;\u00e9couter                     notre ami l&rsquo;auteur, mais aussi de converser avec lui en notant                     nos r\u00e9flexions dans les marges ou au bas des pages.                   <\/p>\n<p> Il faut aussi se poser des questions en lisant. Ce sont                     les questions, non les r\u00e9ponses, qui vivifient l&rsquo;esprit.                     Nos questions feront surgir tout un cort\u00e8ge d&rsquo;id\u00e9es\u00a0;                     elles mettront notre jugement et notre raisonnement en branle\u00a0;                     elles donneront encore plus d&rsquo;int\u00e9r\u00eat \u00e0                     nos lectures. <\/p>\n<h3>Une t\u00e2che sans fin<\/h3>\n<p> On n&rsquo;a jamais fini de lire. Ce que nous savons est toujours                     infiniment moindre que tout ce qui nous reste \u00e0 apprendre.                     Nous accumulons sans cesse des id\u00e9es et des renseignements,                     sans jamais parvenir \u00e0 combler notre d\u00e9sir d&rsquo;en                     savoir davantage. <\/p>\n<p> Edison affirmait, vers la fin de sa fructueuse carri\u00e8re,                     qu&rsquo;il ne pouvait rien conclure. \u00ab\u00a0Je n&rsquo;en suis encore                     qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;\u00e9tude des ph\u00e9nom\u00e8nes\u00a0\u00bb,                     disait-il. Confucius consacra inlassablement toute sa vie                     \u00e0 la recherche de l&rsquo;instruction et du savoir. Socrate                     fut consid\u00e9r\u00e9 comme un sage, non pas \u00e0                     cause de l&rsquo;\u00e9tendue de sa science, mais parce qu&rsquo;il                     avouait ne rien savoir encore \u00e0 soixante-dix ans. <\/p>\n<p> La lecture n&rsquo;est ni un exercice ni une p\u00e9nitence,                     mais une chose qui nous offre l&rsquo;assurance d&rsquo;une vie plus agr\u00e9able                     et plus f\u00e9conde. Aucun dipl\u00f4me n&rsquo;est requis pour                     entrer dans la noble corporation des lecteurs. Il suffit de                     se mettre \u00e0 l&rsquo;oeuvre, de se r\u00e9server le temps                     n\u00e9cessaire et de butiner de livre en livre. <\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<\/p><\/div>\n","protected":false},"author":87,"featured_media":0,"template":"","categories":[1],"rbc_letter_theme":[],"rbc_letter_year":[49],"class_list":["post-2482","rbc_letter","type-rbc_letter","status-publish","hentry","category-uncategorized","rbc_letter_year-49"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO Premium plugin v27.2 (Yoast SEO v27.2) - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-premium-wordpress\/ -->\n<title>Vol. 58, N\u00b0 9 - Septembre 1977 - Pour lire avec profit - RBC<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-58-n-9-septembre-1977-pour-lire-avec-profit\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Vol. 58, N\u00b0 9 - Septembre 1977 - Pour lire avec profit\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Formatage PDF Nos presses \u00e0 imprimer engloutissent chaque jour des tonnes de papier, sur lequel les auteurs les plus divers nous font part de leurs pens\u00e9es, de leurs sentiments, de leurs exp\u00e9riences et de leurs d\u00e9couvertes. 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