{"id":2460,"date":"1954-09-01T00:00:00","date_gmt":"1954-09-01T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/septembre-1954-une-culture-propre-au-canada\/"},"modified":"2022-10-17T18:39:43","modified_gmt":"2022-10-17T18:39:43","slug":"septembre-1954-une-culture-propre-au-canada","status":"publish","type":"rbc_letter","link":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/septembre-1954-une-culture-propre-au-canada\/","title":{"rendered":"Septembre 1954 &#8211; Une culture propre au Canada"},"content":{"rendered":"<div id=\"layout-column-main\">\n<p class=\"boldtext\">Il y a des gens qui consid\u00e8rent la culture comme un avoir, plut\u00f4t qu&rsquo;une mani\u00e8re d&rsquo;\u00eatre. D&rsquo;autres pensent qu&rsquo;elle se divise en culture des gens bien \u00e9lev\u00e9s, culture des masses, culture des gens instruits, culture des reclus, ainsi de suite. Pour d&rsquo;autres encore, elle est fractionn\u00e9e en musique, po\u00e9sie, sculpture, peinture et toutes sortes d&rsquo;arts et de m\u00e9tiers.<\/p>\n<p>La culture propre au Canada comprendra les arts, les m\u00e9tiers et les coutumes, renforc\u00e9s par la tradition et la foi. Elle tiendra compte de nos ressources mat\u00e9rielles, de nos connaissances scientifiques, de nos pratiques religieuses, de nos organisations familiales et sociales et de notre gouvernement\u00a0; en un mot les choses pratiques de la vie ainsi que son c\u00f4t\u00e9 esth\u00e9tique. La culture est un m\u00e9lange de tout cela et des autres ingr\u00e9dients de la vie qui expriment l&rsquo;\u00e9lan vital actuel de notre peuple.<\/p>\n<p>On ne peut pas \u00eatre \u00ab\u00a0cultiv\u00e9\u00a0\u00bb de temps \u00e0 autre, quand l&rsquo;occasion le demande. La culture est dans un \u00e9tat constant d&rsquo;\u00e9volution. Nous autres Canadiens n&rsquo;avons pas encore, Dieu merci, atteint tout notre d\u00e9veloppement artistique, religieux, scientifique et intellectuel. Il est bon, pour une nation qui prend le castor comme embl\u00e8me, de marcher vers un id\u00e9al au lieu de se contenter de ses biens mat\u00e9riels.<\/p>\n<p>Si le Canada est destin\u00e9 \u00e0 demeurer une nation importante, notre progr\u00e8s culturel ne saurait \u00eatre regard\u00e9 comme fortuit et comme ayant moins d&rsquo;importance que l&rsquo;un de ses ingr\u00e9dients.<\/p>\n<p>Une des beaut\u00e9s de la culture est qu&rsquo;elle est ind\u00e9finissable. Elle participe trop de l&rsquo;esprit d&rsquo;un peuple pour se laisser circonscrire par les mots.<\/p>\n<p>On ne r\u00e9ussit jamais \u00e0 analyser les r\u00e9alit\u00e9s transcendantes de la vie comme la foi, l&rsquo;amour, le patriotisme, la religion et la beaut\u00e9, parce que ces parties constituantes de la culture ne peuvent \u00eatre r\u00e9duites en termes plus simples.<\/p>\n<h3>La culture n&rsquo;est pas fixe<\/h3>\n<p>On ne saurait accepter la culture comme un code immuable de la vie. Loin d&rsquo;\u00eatre stagnante, elle est dynamique. Elle nous ouvre de vastes horizons. La culture canadienne n&rsquo;aurait aucune noblesse si nous pouvions dire\u00a0: \u00ab\u00a0Voil\u00e0 les pr\u00e9ceptes absolus de culture que nous acceptons comme r\u00e8gles.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>La culture ne consiste pas, comme d&rsquo;aucuns se l&rsquo;imaginent, \u00e0 si\u00e9ger sur un pi\u00e9destal \u00e9lev\u00e9 par nos anc\u00eatres, mais \u00e0 y conqu\u00e9rir chaque jour notre place au risque de la perdre.<\/p>\n<p>Notre culture est le r\u00e9sultat de notre \u00e9volution sociale. Elle comprend nos inventions et nos d\u00e9couvertes, les gains de nos efforts, la conception philosophique de nos id\u00e9es et de nos actes, les institutions qui forment la base ouvrable de notre soci\u00e9t\u00e9, nos sentiments et nos mani\u00e8res de voir. Tout le pass\u00e9 de l&rsquo;humanit\u00e9 fait partie de la culture, y compris les r\u00e9cents apports des peuples de toutes les nations qui ont d\u00e9couvert, colonis\u00e9 et d\u00e9velopp\u00e9 le Canada.<\/p>\n<p>Il faut toutefois ajouter \u00e0 la culture quelques caract\u00e9ristiques fondamentales dont l&rsquo;art, la musique, la culture, les lettres, la philosophie, la science, la vie de famille et les coutumes sociales sont les principaux symboles.<\/p>\n<p>La base d&rsquo;une culture durable est la recherche du vrai. L&rsquo;\u00e9troitesse d&rsquo;esprit s&rsquo;oppose \u00e0 la culture, et ceux qui refusent de voir les deux c\u00f4t\u00e9 d&rsquo;une question ou de tol\u00e9rer ce qui leur d\u00e9pla\u00eet, n&rsquo;ont aucun droit de pr\u00e9tendre \u00e0 la culture.<\/p>\n<h3>Compr\u00e9hension de la vie<\/h3>\n<p>L&rsquo;intelligence fait partie de la culture. Quand nous commen\u00e7ons \u00e0 comprendre le sens, le but et les conditions de la vie, c&rsquo;est notre intelligence qui s&rsquo;\u00e9veille. Nous faisons des progr\u00e8s en intelligence culturelle \u00e0 mesure que nous en faisons usage et que nous acceptons la responsabilit\u00e9 des cons\u00e9quences.<\/p>\n<p>L&rsquo;intelligence refr\u00e8ne nos inclinations violentes et antisociales, nous pousse \u00e0 rechercher de plus nobles plaisirs que les satisfactions physiques et nous fait voir les choses sous leur vrai jour. Et pourtant, tout en nous permettant de conna\u00eetre les merveilles des astres, de l&rsquo;air et de la terre, elle nous laisse libres d&rsquo;appr\u00e9cier la beaut\u00e9 d&rsquo;un coucher de soleil.<\/p>\n<p>Il n&rsquo;est pas n\u00e9cessaire d&rsquo;avoir des dipl\u00f4mes pour poss\u00e9der cette sorte d&rsquo;intelligence. On rencontre souvent des personnes relativement illettr\u00e9es capables de concevoir de profondes pens\u00e9es et de sentir la po\u00e9sie des choses, tandis que des gens instruits, dont l&rsquo;esprit est capable d&rsquo;une foule de tours de force, n&rsquo;ont qu&rsquo;un sens superficiel de la valeur de l&rsquo;existence.<\/p>\n<p>Une grande partie de la culture est simplement une cha\u00eene de traditions. Nos rapports avec nos semblables sont plus ou moins r\u00e9gis par la soci\u00e9t\u00e9 dans laquelle nous voyons le jour. Nos anc\u00eatres nous ont l\u00e9gu\u00e9 certaines mani\u00e8res de gagner notre vie et certaines r\u00e8gles de conduite.<\/p>\n<p>Sans ce point de d\u00e9part, le progr\u00e8s serait inconcevable. La culture moderne du Canada repose sur la pr\u00e9servation de tout ce que nos pr\u00e9d\u00e9cesseurs ont contribu\u00e9 au d\u00e9veloppement de notre pays, et la culture de demain d\u00e9pend de ce que nous ajouterons \u00e0 cet h\u00e9ritage, non tant sous le rapport des us et coutumes, que sous celui des id\u00e9es.<\/p>\n<h3>Le monde change<\/h3>\n<p>Toutefois, le respect des traditions a quelque peu perdu de sa force dans notre monde changeant. La nouvelle g\u00e9n\u00e9ration abandonne en partie les anciennes coutumes comme elle a d\u00e9j\u00e0 abandonn\u00e9 le style traditionnel en musique, danse, peinture et sculpture.<\/p>\n<p>Arnold J. Toynbee dit dans <em>A Study of History<\/em>\u00a0: \u00ab\u00a0La tendance courante \u00e0 abandonner nos traditions artistiques n&rsquo;est pas due \u00e0 l&rsquo;incomp\u00e9tence technique\u00a0; c&rsquo;est l&rsquo;abandon d\u00e9lib\u00e9r\u00e9 d&rsquo;un style qui a cess\u00e9 de plaire \u00e0 une nouvelle g\u00e9n\u00e9ration parce que cette g\u00e9n\u00e9ration cesse de cultiver son sens esth\u00e9tique \u00e0 la mani\u00e8re traditionnelle de l&rsquo;Occident.\u00a0\u00bb Il est possible que la jeunesse d&rsquo;aujourd&rsquo;hui s&rsquo;insurge contre le respect des traditions parce qu&rsquo;elle y voit un culte des conventions.<\/p>\n<p>Nous n&rsquo;acceptons pas vite les changements. Nous trouvons nos habitudes plus commodes que les nouveaut\u00e9s qu&rsquo;on nous offre. Ce qui est mat\u00e9riel, comme un outil, un instrument de cuisine, un calculateur \u00e9lectronique pour le bureau, s&rsquo;installe facilement dans notre vie. Les avantages en sont d\u00e9montrables. Le sentiment n&rsquo;entrant pas enjeu, il n&rsquo;y a pas de r\u00e9sistance sentimentale. Mais dans le domaine des id\u00e9es et de la vie intime les nouveaut\u00e9s p\u00e9n\u00e8trent lentement.<\/p>\n<p>Certains adversaires de l&rsquo;orientation moderne des arts pr\u00e9tendent que le sens esth\u00e9tique de notre \u00e9poque est inf\u00e9rieur \u00e0 celui des anciens. Mais les go\u00fbts varient selon les \u00e9poques et selon les continents. Ce qui \u00e9tait du meilleur go\u00fbt pendant l&rsquo;\u00e2ge de P\u00e9ricl\u00e8s, au si\u00e8cle de Louis XIV, ou l&rsquo;an dernier en Angleterre, ne pla\u00eet pas n\u00e9cessairement aux Canadiens d&rsquo;aujourd&rsquo;hui.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Le go\u00fbt, dit Ruskin dans <em>Le Vrai et le Beau<\/em>, est la pr\u00e9f\u00e9rence instinctive et imm\u00e9diate d&rsquo;un objet mat\u00e9riel \u00e0 un autre sans raison apparente.\u00a0\u00bb Ce qui parle en nous, c&rsquo;est tout notre pass\u00e9 aux prises avec un nouveau milieu.<\/p>\n<h3>D\u00e9veloppement du Canada<\/h3>\n<p>Au milieu de la grande prosp\u00e9rit\u00e9 dont nous jouissons il serait dommage de perdre les joies et les satisfactions fondamentales qui forment une partie si importante de notre culture. Tout en profitant des grands avantages que nous offrent la radio, la t\u00e9l\u00e9vision, le cin\u00e9ma et les voyages, il serait absurde d&rsquo;oublier qu&rsquo;aux premi\u00e8res ann\u00e9es de notre si\u00e8cle nous go\u00fbtions le charme et l&rsquo;exaltation de formes plus simples de musique et d&rsquo;art.<\/p>\n<p>Dans les petites villes et les villages du Qu\u00e9bec, de l&rsquo;Ontario et des Provinces maritimes, la musique \u00e9tait le patrimoine de la paroisse, car presque toute la vie gravitait alors autour de la paroisse. C&rsquo;est dans la salle paroissiale qu&rsquo;avaient lieu les conf\u00e9rences, que fonctionnait la lanterne magique, et que se tenaient les expositions culinaires o\u00f9 se manifestaient l&rsquo;art et la science des m\u00e9nag\u00e8res de l&rsquo;\u00e9poque. L&rsquo;\u00e9cole \u00e9tait le centre intellectuel, avec sa biblioth\u00e8que et son habitude de cr\u00e9er et de satisfaire le go\u00fbt de la bonne lecture. Le journal local, contenant les nouvelles de l&rsquo;endroit, \u00e9tait lu jusqu&rsquo;\u00e0 la derni\u00e8re ligne.<\/p>\n<h3>Les deux cultures<\/h3>\n<p>Quand nous avons institu\u00e9 une Commission royale en 1949 pour \u00e9tudier la vie culturelle du Canada, nous ne l&rsquo;avons pas appel\u00e9e une commission pour la culture, mais \u00ab\u00a0la Commission royale d&rsquo;enqu\u00eate sur l&rsquo;avancement des arts, lettres et sciences au Canada.\u00a0\u00bb Le r\u00e9sultat, sous forme d&rsquo;un rapport de plus de 500 pages, fournit aux int\u00e9ress\u00e9s l&rsquo;histoire de l&rsquo;\u00e9tat actuel des arts culturels au Canada.<\/p>\n<p>Le premier paragraphe du d\u00e9cret instituant la Commission mentionne les \u00e9l\u00e9ments d&rsquo;une culture nationale. \u00ab\u00a0Il importe que les Canadiens connaissent le plus possible leur propre pays, qu&rsquo;ils soient renseign\u00e9s sur son histoire et ses traditions, et qu&rsquo;ils soient \u00e9clair\u00e9s sur la vie et sur les r\u00e9alisations collectives de leur propre nation.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Cela conduit naturellement \u00e0 l&rsquo;examen de l&rsquo;id\u00e9al cit\u00e9 par le Dr A. R. M. Lower, professeur d&rsquo;histoire du Canada \u00e0 Queen&rsquo;s University, dans son livre <em>Canada, Nation and Neighbour<\/em>. Le Dr Lower dit\u00a0: \u00ab\u00a0La nouvelle nation du Canada ne sera pas \u00e9rig\u00e9e sur l&rsquo;oubli du pass\u00e9, mais sur son incorporation en deux traditions vivantes qui, peut-\u00eatre un jour, partageront une culture commune sans que chacune perde la sienne.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Le Canada est, d&rsquo;apr\u00e8s un autre auteur, Bruce Hutchison, \u00ab\u00a0comme un adolescent qui, en se mettant en route, aper\u00e7oit par-dessus son \u00e9paule le glorieux pass\u00e9 de sa patrie en France ou en Grande-Bretagne et, devant lui, l&rsquo;\u00e9blouissant \u00e9clat des \u00c9tats-Unis.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Une culture nationale doit remplir deux conditions pour \u00eatre saine\u00a0: il faut qu&rsquo;elle soit originale et non pas calqu\u00e9e servilement sur celle de l&rsquo;une ou l&rsquo;autre de ses sources principales, et que les deux cultures amalgam\u00e9es tiennent compte de leurs rapports entre elles, \u00e0 la fois de ce qu&rsquo;elles apportent et de ce qu&rsquo;elles embrassent.<\/p>\n<p>Notre situation n&rsquo;est pas exceptionnelle. Beaucoup d&rsquo;autres nations ont eu le m\u00eame probl\u00e8me de r\u00e9unir des individualit\u00e9s apparemment contradictoires en une loyaut\u00e9 commune. Il n&rsquo;existe pas encore de symbole commun\u00e9ment accept\u00e9 d&rsquo;unit\u00e9 canadienne, mais cela viendra, et nous verrons fleurir des traditions qui lieront notre peuple en une union permanente.<\/p>\n<p>Le seul obstacle \u00e0 ce r\u00e9sultat serait de vivre \u00e0 l&rsquo;\u00e9cart les uns des autres. Il est essentiel que nous restions libres d&#8217;emprunter \u00e0 l&rsquo;occasion ce qu&rsquo;il y a de meilleur dans la culture de toutes les nationalit\u00e9s qui composent notre population.<\/p>\n<p>Un auteur a dit dans un style imag\u00e9 au sujet de l&rsquo;Utopie\u00a0: \u00ab\u00a0Une bonne culture fait constamment des emprunts aux autres cultures, mais comme l&rsquo;abeille qui va \u00e0 la fleur pour en recueillir le pollen, et non pas comme l&rsquo;apiculteur qui va \u00e0 la ruche pour en prendre le miel.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Si les habitants de deux parties du Canada ont des id\u00e9es et des croyances r\u00e9ellement inconciliables, des relations plus \u00e9troites et le sinc\u00e8re d\u00e9sir de s&rsquo;entendre arriveront \u00e0 inspirer un respect mutuel et \u00e0 amener un compromis honorable.<\/p>\n<p>Les manifestations de bons sentiments sont excellentes, mais on n&rsquo;\u00e9rige pas une culture nationale sur un \u00e9change de civilit\u00e9s. Il est impossible d&rsquo;ignorer certaines diff\u00e9rences, plus importantes que la question du langage. George J. Lavere dit dans un article du num\u00e9ro d&rsquo;\u00e9t\u00e9 de <em>Culture<\/em>\u00a0: \u00ab\u00a0C&rsquo;est dans la fa\u00e7on de juger les choses que r\u00e9side la vraie diff\u00e9rence.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Les habitants des autres provinces du Canada respectent les id\u00e9es du peuple du Qu\u00e9bec, particuli\u00e8rement en ce qui concerne son id\u00e9al de la famille comme base essentielle de notre soci\u00e9t\u00e9. De leur c\u00f4t\u00e9, les Canadiens fran\u00e7ais admirent les nouvelles mani\u00e8res de voir et de faire, la f\u00e9condit\u00e9 d&rsquo;invention et la diversit\u00e9 de talent des Canadiens de langue anglaise et des nouveaux immigrants des autres pays.<\/p>\n<h3>Trop de simplicit\u00e9\u00a0?<\/h3>\n<p>La culture canadienne n&rsquo;en est pas encore arriv\u00e9e au point de pouvoir \u00eatre qualifi\u00e9e de propre \u00e0 notre pays, mais elle est en train de forger, au moyen de ses h\u00e9ritages et de ses emprunts, quelque chose de distinctement nouveau-monde.<\/p>\n<p>Nous sommes simples, dit-on parfois\u00a0; nous sommes encore trop pr\u00e8s de la nature. Ces critiques voudraient que nos artistes, nos po\u00e8tes et nos romanciers se d\u00e9tournent de la contemplation de la for\u00eat et des montagnes, des prairies et des toundras, pour d\u00e9peindre plus artistiquement ce qu&rsquo;on appelle vaguement \u00ab\u00a0l&rsquo;\u00e2me\u00a0\u00bb du pays. Mais ces for\u00eats et ces montagnes, ainsi que ces prairies et ces broussailles, ont servi de fondement \u00e0 la vie canadienne. Les \u00e9conomistes et les pr\u00e9sidents des grandes entreprises les appellent le pilier de notre \u00e9conomie, la raison pour l&rsquo;existence et la pr\u00e9servation de notre mani\u00e8re de vivre.<\/p>\n<p>La nature a \u00e9nergiquement r\u00e9sist\u00e9 \u00e0 la colonisation du Canada par les aventuriers fran\u00e7ais et anglais, et l&rsquo;histoire en est encore si r\u00e9cente qu&rsquo;il serait \u00e9tonnant que nous fussions d\u00e9j\u00e0 devenus un peuple gai et frivole, oublieux de nos d\u00e9buts et insouciants de ce qui forme la base et le soutien de notre prosp\u00e9rit\u00e9. Peut-\u00eatre que de notre simplicit\u00e9 sortira une culture exceptionnelle, enti\u00e8rement diff\u00e9rente des cultures inspir\u00e9es par les mythes et les l\u00e9gendes, les histoires de batailles, de pompe et de conqu\u00eates.<\/p>\n<p>Nos anc\u00eatres \u00e9taient habiles, et c&rsquo;est ce qui leur a permis de survivre malgr\u00e9 toutes les rigueurs\u00a0; nous sommes arriv\u00e9s \u00e0 un confort relatif dans une soci\u00e9t\u00e9 bas\u00e9e mat\u00e9riellement sur l&rsquo;invention et l&rsquo;adaptation. Si nous apprenons \u00e0 m\u00ealer un peu de po\u00e9sie \u00e0 notre respect du pass\u00e9 et \u00e0 notre contentement du pr\u00e9sent, nous serons en bonne voie de trouver la culture distinctive que nous cherchons.<\/p>\n<p>La h\u00e2te n&rsquo;est pas n\u00e9cessaire et ne serait pas sage. Nous n&rsquo;avons pas demand\u00e9 aux articles de l&rsquo;Acte constitutif de la Conf\u00e9d\u00e9ration ni aux dispositions du Statut de Westminster de nous faire passer automatiquement et rapidement de l&rsquo;adolescence \u00e0 la maturit\u00e9.<\/p>\n<p>On trouve au Canada, dit M. Lavere, une vie intellectuelle et artistique aussi bien sur le plan professionnel que sur le plan amateur. Cette vitalit\u00e9 culturelle est d&rsquo;excellente qualit\u00e9 et suffisamment s\u00e9v\u00e8re envers elle-m\u00eame pour chercher \u00e0 faire de mieux en mieux. Les Canadiens \u00e9crivent de bons livres et composent de la bonne musique\u00a0; ils commencent \u00e0 r\u00e9ussir dans le th\u00e9\u00e2tre et le ballet\u00a0; nous avons des peintres distingu\u00e9s\u00a0; nos films ont une r\u00e9putation internationale\u00a0; notre radio d\u00e9couvre des artistes de talent. \u00ab\u00a0Nous n&rsquo;avons plus besoin, dit l&rsquo;introduction \u00e0 l&rsquo;article de Robert Weaver dans le num\u00e9ro du 60e anniversaire de <em>Queen&rsquo;s Quarterly<\/em>, de nous excuser au sujet de nos arts r\u00e9cr\u00e9atifs\u00a0\u00bb.<\/p>\n<h3>La famille<\/h3>\n<p>La famille est de beaucoup la plus importante voie de transmission de la culture. Le modeste ameublement d&rsquo;une hutte de sauvage acquiert une immense port\u00e9e parce qu&rsquo;il est group\u00e9 autour du foyer, symbole des relations intimes de la vie de famille.<\/p>\n<p>Les id\u00e9es, les pr\u00e9jug\u00e9s et les sentiments acquis dans le foyer se font sentir sur nos pens\u00e9es et nos actions au cours de la vie. Les hommes d&rsquo;\u00c9tat et les financiers, les \u00e9ducateurs et les artisans, les hommes et les femmes dans tous les domaines de la vie, sont influenc\u00e9s dans leurs d\u00e9cisions et dans leurs actions par l&#8217;empreinte qu&rsquo;ont laiss\u00e9e les ann\u00e9es v\u00e9cues au sein de la famille.<\/p>\n<p>La culture s&rsquo;accro\u00eet en passant de l&rsquo;intimit\u00e9 de la famille \u00e0 la collectivit\u00e9, \u00e0 la province et \u00e0 la nation. Saint Augustin dit que la nation est une association d&rsquo;\u00eatres raisonnables li\u00e9s les uns aux autres par leur accord sur ce qu&rsquo;ils aiment. Le contraire de la culture est la barbarie, et les barbares sont des gens qui tiennent \u00e0 faire ce qui leur pla\u00eet, sans ob\u00e9ir \u00e0 aucune r\u00e8gle.<\/p>\n<p>Les gens cultiv\u00e9s se distinguent par la sup\u00e9riorit\u00e9 de leurs id\u00e9es, la jouissance du beau, leur effort de se perfectionner et d&rsquo;am\u00e9liorer leur milieu, et leur disposition \u00e0 examiner les nouveaut\u00e9s.<\/p>\n<p>La largeur d&rsquo;esprit est un pilier de la culture. Le don de juger les choses \u00e0 leur juste valeur en est un autre. Clive Bell dit dans <em>Civilisation <\/em>que la curiosit\u00e9 intellectuelle de l&rsquo;homme cultiv\u00e9 est non seulement infinie, mais courageuse et d\u00e9sint\u00e9ress\u00e9e. C&rsquo;est un homme tol\u00e9rant, g\u00e9n\u00e9reux et in\u00e9branlable. S&rsquo;il n&rsquo;est pas toujours affable et courtois, du moins il n&rsquo;est pas truculent, soup\u00e7onneux ou arrogant. Il distingue entre la fin et les moyens, m\u00e9prise les chinoiseries, et cr\u00e8ve les bulles d&rsquo;indignation morale avec la pointe aiguis\u00e9e de son jugement.<\/p>\n<h3>\u00catre ce qu&rsquo;on est<\/h3>\n<p>La meilleure recette pour une culture canadienne est peut-\u00eatre simplement d&rsquo;avoir le courage d&rsquo;\u00eatre naturels. Il faut nous tenir libres intellectuellement d&rsquo;agir selon les besoins de l&rsquo;occasion. Un volume d&rsquo;essais canadiens, \u00e9dit\u00e9 par Malcolm Ross, professeur de litt\u00e9rature anglaise \u00e0 Queen&rsquo;s University est intitul\u00e9 bien \u00e0 propos <em>Our Sense of Identity<\/em>.<\/p>\n<p>Inutile de nous pr\u00e9occuper du r\u00e9sultat de nos efforts ou de l&rsquo;importance de notre concours individuel tant que nous agissons avec sinc\u00e9rit\u00e9 conform\u00e9ment \u00e0 notre sens des valeurs. Nos vies, individuellement, sont les maillons d&rsquo;une cha\u00eene, et ce que nous faisons a une port\u00e9e nationale et universelle.<\/p>\n<p>Si chaque Canadien exerce de son mieux son sens des valeurs, la culture de notre pays ne risquera pas de d\u00e9g\u00e9n\u00e9rer en m\u00e9lange compliqu\u00e9 d&rsquo;atours criards recueillis \u00e7\u00e0 et la.<\/p>\n<p>Il est impossible de faire des plans en mati\u00e8re de culture comme en politique ou en affaires. La culture n&rsquo;est jamais enti\u00e8rement consciente. Mais si nous voulons donner un sens \u00e0 la vie, et peut-\u00eatre un sens sp\u00e9cial \u00e0 la vie canadienne, il est essentiel de prendre des mesures pour profiter de tout ce qui peut servir \u00e0 alimenter et d\u00e9velopper notre culture.<\/p>\n<h3>La vie est bonne au Canada<\/h3>\n<p>Personne n&rsquo;est oblig\u00e9 de vivre mis\u00e9rablement au Canada, sauf par pr\u00e9f\u00e9rence. Ceux qui font trop de cas du confort, des biens mat\u00e9riels de ce monde, et des heures de loisir, m\u00e8nent de ce fait une pi\u00e8tre existence culturelle et ne sont pas cot\u00e9s tr\u00e8s haut dans l&rsquo;\u00e9chelle de la civilisation. La vie n&rsquo;est plus aussi dure qu&rsquo;au temps de nos anc\u00eatres, mais si nous oublions leurs \u00e9preuves, nous nous privons de ce qui constitue la base la plus logique, la meilleure et la plus \u00e9mouvante de notre culture.<\/p>\n<p>On a trouv\u00e9 dans la p\u00e9ninsule de Gasp\u00e9 un des premiers sp\u00e9cimens de la v\u00e9g\u00e9tation terrestre. C&rsquo;est une pauvre petite plante, haute d&rsquo;un pied et sans feuilles. Sir John William Dawson l&rsquo;a d\u00e9couverte vers l&rsquo;\u00e9poque de la Conf\u00e9d\u00e9ration. Elle a pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 d&rsquo;environ soixante-quinze millions d&rsquo;ann\u00e9es les arbres touffus et les belles fleurs de l&rsquo;\u00e9poque carbonif\u00e8re.<\/p>\n<p>Cette d\u00e9couverte donnera peut-\u00eatre \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 ceux qui sont impatients de voir la culture faire des progr\u00e8s au Canada. Elle ne prendra pas aussi longtemps \u00e0 se d\u00e9velopper que la gr\u00eale petite tige de sir John n&rsquo;en a mis \u00e0 produire nos vastes for\u00eats, mais cela prendra du temps. Pas plus que les arbres et les fleurs, la culture ne se fabrique par enchantement.<\/p>\n<p>Nous cherchons une culture dans laquelle s&rsquo;harmonisent quatre qualit\u00e9s, la v\u00e9rit\u00e9, la beaut\u00e9, l&rsquo;aventure et l&rsquo;art, et cette harmonie qui exclut l&rsquo;\u00e9gotisme, l&rsquo;int\u00e9r\u00eat personnel et la h\u00e2te, ne saurait \u00eatre r\u00e9alis\u00e9e que par une lente croissance.<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"author":86,"featured_media":0,"template":"","categories":[1],"rbc_letter_theme":[],"rbc_letter_year":[26],"class_list":["post-2460","rbc_letter","type-rbc_letter","status-publish","hentry","category-uncategorized","rbc_letter_year-26"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO Premium plugin v27.2 (Yoast SEO v27.2) - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-premium-wordpress\/ -->\n<title>Septembre 1954 - Une culture propre au Canada - RBC<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/septembre-1954-une-culture-propre-au-canada\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Septembre 1954 - Une culture propre au Canada\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Il y a des gens qui consid\u00e8rent la culture comme un avoir, plut\u00f4t qu&rsquo;une mani\u00e8re d&rsquo;\u00eatre. 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