{"id":2457,"date":"1951-09-01T00:00:00","date_gmt":"1951-09-01T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/septembre-1951-lart-de-penser\/"},"modified":"2022-10-17T18:39:12","modified_gmt":"2022-10-17T18:39:12","slug":"septembre-1951-lart-de-penser","status":"publish","type":"rbc_letter","link":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/septembre-1951-lart-de-penser\/","title":{"rendered":"Septembre 1951 &#8211; L&rsquo;art de penser"},"content":{"rendered":"<div id=\"layout-column-main\">\n<p class=\"boldtext\">La vie est pleine de tracas. Souvent ce sont de petites choses qui nous irritent, comme l&rsquo;odeur d&rsquo;un cigare au restaurant ou des gens qui bloquent le trottoir. Mais ce qui est plus s\u00e9rieux, ce sont les malentendus caus\u00e9s par notre incapacit\u00e9 de comprendre nos semblables ou de nous expliquer clairement. Et la tension monte, notre mauvaise humeur s&rsquo;aggrave, et nous voil\u00e0 tout d&rsquo;un coup en proie \u00e0 une foule de d\u00e9sagr\u00e9ments, pas bien graves sans doute, mais suffisants pour g\u00e2ter notre journ\u00e9e.<\/p>\n<p>Le seul fait de penser \u00e0 nos probl\u00e8mes personnels et sociaux ne suffit pas \u00e0 dissiper nos soucis et nos craintes, mais en <em>raisonnant <\/em>nos probl\u00e8mes, nos espoirs et nos plans, nous acqu\u00e9rons plus d&rsquo;assurance, plus de confiance en nous-m\u00eames, ce qui nous fait moins redouter les craintes et les soucis.<\/p>\n<p>Le raisonnement n&rsquo;est pas simple affaire de logique, mais il exige le temps de r\u00e9fl\u00e9chir. Sans exag\u00e9rer, naturellement. Un homme qui passerait trop de temps \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir deviendrait incapable d&rsquo;agir et ses r\u00e9flexions risqueraient de n&rsquo;aboutir \u00e0 rien. Il s&rsquo;agit, comme en toute chose, de tenir le juste milieu.<\/p>\n<p>Il faut nous m\u00e9fier de tomber dans l&rsquo;erreur en assemblant nos pens\u00e9es. Toute pens\u00e9e n&rsquo;est pas n\u00e9cessairement exacte. Il se peut que deux id\u00e9es soient parfaitement exactes en soi, mais il faut aussi tenir compte de la mani\u00e8re dont nous les accouplons dans notre pens\u00e9e. Si nous disons que \u00ab\u00a0La lune est un gros fromage\u00a0\u00bb, nous avons deux id\u00e9es distinctes &#8211; la lune et un fromage &#8211; mais elles ne vont pas ensemble et notre raisonnement est faux.<\/p>\n<p>La logique est la science de bien penser, c&rsquo;est-\u00e0-dire la science des conditions n\u00e9cessaires et suffisantes de la v\u00e9rit\u00e9. Ce n&rsquo;est pas un sujet difficile, \u00e0 part les termes qui ne sont pas d&rsquo;un usage courant.<\/p>\n<h3>Les principes du raisonnement<\/h3>\n<p>Il y a deux mani\u00e8res d&rsquo;arriver \u00e0 une d\u00e9cision. On peut d&rsquo;abord observer, peser le pour et le contre, et d\u00e9cider ensuite. C&rsquo;est la m\u00e9thode rationnelle. Ou bien on peut d\u00e9cider sans r\u00e9flexion consciente, comme nous le faisons la plupart du temps dans la vie courante.<\/p>\n<p>Nous perdrions la t\u00eate s&rsquo;il fallait toujours r\u00e9fl\u00e9chir profond\u00e9ment et suivre les r\u00e8gles de la logique au sujet de tout ce que nous faisons dans le courant de la journ\u00e9e. Ce serait fatigant, nous perdrions beaucoup de notre spontan\u00e9it\u00e9, nous trouverions de plus en plus difficile d&rsquo;agir, et au lieu d&rsquo;aller droit au but, nous nous \u00e9garerions continuellement dans des \u00e0-c\u00f4t\u00e9s. Trop de r\u00e9flexion conduit \u00e0 l&rsquo;ind\u00e9cision.<\/p>\n<p>Il n&rsquo;est pas facile de penser. Nous nous imaginons parfois que nous pensons quand nous assistons simplement \u00e0 un d\u00e9fil\u00e9 panoramique de nos souvenirs dans notre cerveau. Nous nous abandonnons souvent \u00e0 la r\u00eaverie. Nous nous proposons de r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 un probl\u00e8me et au lieu de concentrer notre attention sur le sujet, nous perdons notre temps \u00e0 penser \u00e0 un tas de choses, tr\u00e8s int\u00e9ressantes sans doute, mais qui n&rsquo;ont aucun rapport avec ce qui nous occupe.<\/p>\n<h3>La logique<\/h3>\n<p>L&rsquo;\u00e9tude de la logique dure toute la vie. Du moins, de nombreux philosophes y ont consacr\u00e9 toute leur vie pour rendre cette science au point o\u00f9 elle est aujourd&rsquo;hui, mais tout ce que les hommes d&rsquo;affaires et la plupart de nous ont besoin de conna\u00eetre et d&rsquo;appliquer, consiste en quelques r\u00e8gles \u00e9l\u00e9mentaires.<\/p>\n<p>Voici quatre principes \u00e0 appliquer \u00e0 nos jugements\u00a0:<\/p>\n<p>(1) Le principe d&rsquo;identit\u00e9. Toute chose est ce qu&rsquo;elle est, c&rsquo;est-\u00e0-dire qu&rsquo;un jugement est vrai ou qu&rsquo;il ne l&rsquo;est pas. (Inutile, donc, de chercher midi \u00e0 quatorze heures.)<\/p>\n<p>(2) Le principe de <em>contradiction<\/em>. Deux jugements contradictoires ne peuvent pas tous les deux \u00eatre vrais. N&rsquo;essayez donc pas de prouver qu&rsquo;une id\u00e9e peut \u00eatre \u00e0 la fois vraie et fausse.<\/p>\n<p>(3) Le principe de <em>l&rsquo;absence du moyen terme <\/em>dans la conclusion. Le moyen terme, n&rsquo;\u00e9tant qu&rsquo;un point de comparaison, ne doit se trouver que l\u00e0 o\u00f9 se fait la comparaison, c&rsquo;est-\u00e0-dire dans les pr\u00e9misses d&rsquo;un raisonnement. Un exemple fera mieux comprendre\u00a0:<\/p>\n<p>Tout bien est aimable\u00a0; Or la vertu est un bien } Pr\u00e9misses<\/p>\n<p>Donc la vertu est aimable. Conclusion<\/p>\n<p>Aucune \u00e9quivoque possible. La vertu est un bien ou elle ne l&rsquo;est pas. Si elle est un bien, elle est par cons\u00e9quent aimable, attendu que l&rsquo;attribut ou qualit\u00e9 d&rsquo;un bien est d&rsquo;\u00eatre aimable.<\/p>\n<p>(4) Le principe de <em>raison d&rsquo;\u00eatre<\/em>. Il y a une raison pour tout. (Par cons\u00e9quent, si les choses ne tournent pas \u00e0 votre gr\u00e9, dites-vous qu&rsquo;il y a une raison pour cela.) Certains logiciens estiment que ce principe n&rsquo;appartient pas \u00e0 la logique formelle, mais il est tout de m\u00eame utile dans les affaires et pour tous ceux qui cherchent \u00e0 raisonner juste.<\/p>\n<p>L&#8217;emploi de la logique ne nous fera pas toujours d\u00e9couvrir la v\u00e9rit\u00e9, mais elle nous mettra sur la voie. Apprendre qu&rsquo;on peut arriver \u00e0 d\u00e9couvrir la v\u00e9rit\u00e9 par le raisonnement, et que la v\u00e9rit\u00e9 n&rsquo;est pas toujours conforme \u00e0 nos plus ch\u00e8res croyances, est le commencement de la sagesse.<\/p>\n<h3>Le bon sens<\/h3>\n<p>\u00ab\u00a0Le bon sens est la chose du monde la mieux partag\u00e9e\u00a0\u00bb, dit Descartes dans le Discours de la M\u00e9thode, \u00ab\u00a0car chacun pense en \u00eatre si bien pourvu que ceux m\u00eame qui sont les plus difficiles \u00e0 contenter en toute autre chose n&rsquo;ont point coutume d&rsquo;en d\u00e9sirer plus qu&rsquo;ils en ont. En quoi il n&rsquo;est pas vraisemblable que tous se trompent\u00a0; mais plut\u00f4t cela t\u00e9moigne que la puissance de bien juger et distinguer le vrai d&rsquo;avec le faux, qui est proprement ce qu&rsquo;on nomme le bon sens ou la raison, est naturellement \u00e9gale en tous les hommes\u00a0; et ainsi que la diversit\u00e9 de nos opinions ne vient pas de ce que les unes sont plus raisonnables que les autres, mais seulement que nous conduisons nos pens\u00e9es par diverses voies, et ne consid\u00e9rons pas les m\u00eames choses.<\/p>\n<p>Car ce n&rsquo;est pas assez d&rsquo;avoir l&rsquo;esprit bon, mais le principal est de l&rsquo;appliquer bien.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Et il est important, si on veut d\u00e9couvrir la v\u00e9rit\u00e9, de ne pas se laisser aveugler par les pr\u00e9jug\u00e9s.<\/p>\n<h3>Pour raisonner juste<\/h3>\n<p>On pourrait trouver \u00e9trange de s&rsquo;appuyer sur un \u00ab\u00a0syst\u00e8me\u00a0\u00bb pour penser. Nous sommes g\u00e9n\u00e9ralement habitu\u00e9s \u00e0 croire que la pens\u00e9e est une facult\u00e9 vagabonde qui, \u00e0 notre \u00e9tonnement, tombe souvent juste. L&rsquo;objet du pr\u00e9sent Bulletin est de vous fournir une m\u00e9thode qui, sans pr\u00e9tendre vous inspirer des id\u00e9es, aidera votre pens\u00e9e \u00e0 tomber juste plus souvent.<\/p>\n<p>Empruntons \u00e0 cet \u00e9gard la r\u00e8gle \u00e9l\u00e9mentaire des Boy Scouts pour trouver un objet \u00e9gar\u00e9. D\u00e9cidez la place approximative de l&rsquo;objet, et commencez \u00e0 d\u00e9crire tout autour des cercles qui vont en se r\u00e9tr\u00e9cissant. Vous ne trouverez pas toujours l&rsquo;objet au centre &#8211; car alors il ne serait pas \u00e9gar\u00e9 &#8211; mais vous arriverez \u00e0 de meilleurs r\u00e9sultats qu&rsquo;en marchant au hasard.<\/p>\n<p>Et cela nous sugg\u00e8re une autre r\u00e8gle\u00a0: n&rsquo;essayez pas d&rsquo;envisager dans son ensemble une affaire compliqu\u00e9e. \u00c9tudiez-en soigneusement tous les d\u00e9tails. Ne vous laissez pas distraire par ce qui ne touche pas \u00e0 la question.<\/p>\n<p>Donnez libre jeu \u00e0 votre imagination dans le cadre que vous avez fix\u00e9. La marque d&rsquo;un bon chef d&rsquo;entreprise est de laisser son imagination, concentr\u00e9e sur un probl\u00e8me, faire usage de toutes les connaissances acquises au sujet du probl\u00e8me ou d&rsquo;autres du m\u00eame genre. C&rsquo;est par une combinaison de vieilles et neuves id\u00e9es, fusionn\u00e9es par la r\u00e9flexion, qu&rsquo;on arrive \u00e0 la solution des probl\u00e8mes.<\/p>\n<p>Nous avons souvent, dans ces Bulletins, recommand\u00e9 de prendre des notes par \u00e9crit, et en aucun cas cela n&rsquo;est plus utile pour voir clair dans les id\u00e9es.<\/p>\n<p>Les id\u00e9es et les pens\u00e9es qui paraissent se heurter confus\u00e9ment dans notre esprit deviennent claires et ordonn\u00e9es quand nous les mettons sur le papier. Le seul fait de prendre un crayon semble mettre fin au d\u00e9sordre.<\/p>\n<p>En prenant des notes nous avons les faits sous les yeux, et cela nous donne une chance de les \u00e9tudier minutieusement. Nous percevons les rapports entre eux. Et cela nous permet de v\u00e9rifier l&rsquo;exactitude de notre raisonnement.<\/p>\n<h3>Le raisonnement appuy\u00e9 sur les faits<\/h3>\n<p>Le choix des faits sur lesquels appuyer notre raisonnement offre parfois des difficult\u00e9s. L&rsquo;important est de consid\u00e9rer la cha\u00eene de nos id\u00e9es et de ne prendre que les faits qui nous sont essentiels.<\/p>\n<p>Les faits sont le mat\u00e9riel du raisonnement et ils sont tir\u00e9s de quatre sources principales\u00a0: l&rsquo;observation directe\u00a0; nos souvenirs\u00a0; les rapports qui nous sont procur\u00e9s par d&rsquo;autres personnes, et les v\u00e9rit\u00e9s \u00e9videntes.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s avoir recueilli et emmagasin\u00e9 les faits et d\u00e9cid\u00e9 quels sont ceux qui sont utiles et v\u00e9ridiques, il s&rsquo;agit de les mettre sous une forme qui produira une conclusion valable. Un des meilleurs moyens est les \u00e9crire en forme de syllogisme qui n est qu un argument compos\u00e9 de trois propositions. Les deux premi\u00e8res \u00e9noncent des faits connus\u00a0; ce sont les pr\u00e9misses\u00a0; et la troisi\u00e8me est la conclusion. L&rsquo;exemple ordinaire donn\u00e9 par tous les trait\u00e9s de logique est le suivant\u00a0:<\/p>\n<p>Tout <em>homme <\/em>est mortel<\/p>\n<p>Or Pierre est <em>homme<\/em>\u00a0;<\/p>\n<p>Donc Pierre est mortel.<\/p>\n<p>La premi\u00e8re proposition est d&rsquo;ordre g\u00e9n\u00e9ral (Tout <em>homme <\/em>est mortel)\u00a0; la deuxi\u00e8me \u00e9nonce un cas particulier (Pierre est <em>homme<\/em>) qui est contenu dans le plus grand, et cela nous donne la conclusion (Pierre est <em>mortel<\/em>).<\/p>\n<p>Remarquez bien que le syllogisme ne <em>produit <\/em>pas la v\u00e9rit\u00e9, mais ne fait que la d\u00e9montrer. Il faut que les pr\u00e9misses soient vraies. Si les faits \u00e9nonc\u00e9s dans les pr\u00e9misses sont exacts, et si le syllogisme est conforme aux r\u00e8gles, la conclusion est forc\u00e9ment juste.<\/p>\n<h3>Intuition et exp\u00e9rience<\/h3>\n<p>Beaucoup de gens se moquent de la logique, ou du moins pr\u00e9tendent s&rsquo;en passer facilement. Les femmes, par exemple, au lieu de dire \u00ab\u00a0Cela est ainsi pour telle ou telle raison\u00a0\u00bb disent souvent\u00a0: \u00ab\u00a0Cela est ainsi parce mon id\u00e9e est que c&rsquo;est ainsi.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>L&rsquo;intuition joue un r\u00f4le important dans la vie. Il y a des v\u00e9rit\u00e9s que l&rsquo;esprit humain per\u00e7oit sans effort. Nos sciences, notre philosophie et notre commerce sont bas\u00e9s sur des v\u00e9rit\u00e9s per\u00e7ues intuitivement. La science les appelle \u00ab\u00a0axiomes\u00a0\u00bb, la philosophie \u00ab\u00a0id\u00e9es inn\u00e9es\u00a0\u00bb, et les hommes d&rsquo;affaires \u00ab\u00a0simple bon sens.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>En y r\u00e9fl\u00e9chissant un instant, nous nous apercevons que les raisonnements sont fond\u00e9s sur des axiomes. Les axiomes d&rsquo;Euclide forment le point de d\u00e9part de ses \u00c9l\u00e9ments de G\u00e9om\u00e9trie. Les axiomes servent de fondement \u00e0 des structures dans lesquelles l&rsquo;observation, l&rsquo;exp\u00e9rience, la preuve et la d\u00e9monstration trouvent n\u00e9cessairement place. Il est bon de limiter notre emploi du mot \u00ab\u00a0intuition\u00a0\u00bb \u00e0 deux cas\u00a0: notre sens instinctif de la v\u00e9rit\u00e9 des axiomes, et notre perception de la validit\u00e9 des conclusions.<\/p>\n<p>La plupart des chefs d&rsquo;entreprise sont plus port\u00e9s \u00e0 s&rsquo;en remettre \u00e0 l&rsquo;exp\u00e9rience qu&rsquo;\u00e0 d&rsquo;autres moyens. La vie est une longue suite de le\u00e7ons, et, comme les \u00e9coliers, nous sommes punis quand nous commettons des fautes et r\u00e9compens\u00e9s quand nous faisons bien. <em>Experientia docet<\/em>. C&rsquo;est peut-\u00eatre un dur moyen de s&rsquo;instruire, mais c&rsquo;est certainement le meilleur.<\/p>\n<p>Point n&rsquo;est besoin cependant de nous en tenir \u00e0 notre propre exp\u00e9rience. Pensez donc s&rsquo;il fallait que chaque enfant apprenne par exp\u00e9rience qu&rsquo;on se br\u00fble les doigts en touchant le feu, si personne ne lui enseignait \u00e0 attraper et faire cuire son d\u00eener, et \u00e0 se d\u00e9fendre contre les animaux sauvages.<\/p>\n<p>Celui qui se fie seulement \u00e0 sa propre exp\u00e9rience n&rsquo;a pas beaucoup d&rsquo;outils \u00e0 sa disposition. C&rsquo;est ce qui fait l&rsquo;utilit\u00e9 des trait\u00e9s techniques et des magazines du commerce &#8211; ils nous offrent la connaissance des proc\u00e9d\u00e9s invent\u00e9s ou employ\u00e9s par d&rsquo;autres. Quelqu&rsquo;un avant nous a fait bouillir des oeufs, et nous savons que dans cinq minutes ils deviennent durs.<\/p>\n<h3>Cause et effet<\/h3>\n<p>L&rsquo;analyse de notre propre exp\u00e9rience et de celle des autres nous permet de d\u00e9couvrir la cause des r\u00e9sultats. Nous arrivons ainsi \u00e0 trouver de nouvelles combinaisons, introduire de nouveaux facteurs et peut-\u00eatre inventer de nouvelles applications.<\/p>\n<p>En faisant cela, nous nous apercevrons que les r\u00e9sultats ne sont pas toujours attribu\u00e9s \u00e0 leur cause r\u00e9elle. C&rsquo;est l\u00e0 une des erreurs les plus communes du jugement humain.<\/p>\n<p>Quelques conseils \u00e0 ce sujet ne seront pas inutiles. Il est bon de chercher un troisi\u00e8me facteur dans tous les rapports entre cause et effet. Il se peut que la cause apparente et l&rsquo;effet apparent subissent une m\u00eame influence externe. Cela est particuli\u00e8rement vrai dans l&rsquo;analyse des statistiques commerciales, dans la comparaison des r\u00e9sultats de deux d\u00e9partements au cours d&rsquo;un exercice financier, ou encore en comparant les fluctuations du volume mon\u00e9taire au Canada avec les chiffres des \u00c9tats-Unis.<\/p>\n<p>Les causes r\u00e9elles nous \u00e9chappent le plus souvent. Nous avons observ\u00e9 que, dans certains cas, tel \u00e9v\u00e9nement est suivi par tel autre. Il faut toutefois nous garder de penser que, parce que l&rsquo;un vient apr\u00e8s l&rsquo;autre, le second est le r\u00e9sultat du premier. Le m\u00eame r\u00e9sultat peut avoir plusieurs causes. Par exemple, il est probablement vrai que la sauce n&rsquo;est pas bonne quand plusieurs cuisiniers s&rsquo;en m\u00ealent, mais il est \u00e9galement vrai qu&rsquo;un seul cuisinier suffit pour la g\u00e2ter.<\/p>\n<p>Il est important de d\u00e9finir exactement ce qu&rsquo;on discute pour \u00e9viter la confusion. La Logique enseigne qu&rsquo;il faut \u00ab\u00a0d\u00e9finir les termes\u00a0\u00bb qu&rsquo;on emploie, et cela est tout aussi utile \u00e0 l&rsquo;homme d&rsquo;affaires qu&rsquo;au philosophe. Mais la d\u00e9finition est difficile\u00a0; elle exige un grand effort intellectuel que nous trouvons souvent fatigant.<\/p>\n<p>D\u00e9finir, c&rsquo;est limiter, c&rsquo;est circonscrire, du latin <em>de-finire<\/em>. D\u00e9finir une chose, ce n&rsquo;est pas d\u00e9finir la chose elle-m\u00eame telle qu&rsquo;elle existe dans la r\u00e9alit\u00e9, c&rsquo;est \u00e9num\u00e9rer et grouper les \u00e9l\u00e9ments qui la constituent. D\u00e9finir une id\u00e9e, c&rsquo;est en d\u00e9terminer le contenu, c&rsquo;est circonscrire les limites qui la s\u00e9parent des antres id\u00e9es.<\/p>\n<h3>De la d\u00e9finition au jugement<\/h3>\n<p>Apr\u00e8s avoir recueilli les faits, observ\u00e9 les \u00e9v\u00e9nements, pass\u00e9 en revue nos propres exp\u00e9riences et celles des autres, et d\u00e9fini notre objectif et les termes que nous employons, nous passons au raisonnement.<\/p>\n<p>Nous proc\u00e9dons \u00e0 cet \u00e9gard par induction et d\u00e9duction. La m\u00e9thode inductive, est celle par laquelle l&rsquo;esprit conclut du particulier au g\u00e9n\u00e9ral, c&rsquo;est-\u00e0-dire des effets aux causes\u00a0: ce qui est vrai d&rsquo;un individu est vrai, en cons\u00e9quence, de la classe \u00e0 laquelle il appartient. La m\u00e9thode d\u00e9ductive est celle par laquelle l&rsquo;esprit conclut du g\u00e9n\u00e9ral au particulier, c&rsquo;est-\u00e0-dire des principes aux cons\u00e9quences, des causes aux effets.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s avoir raisonn\u00e9 par l&rsquo;une des deux m\u00e9thodes, nous formons une hypoth\u00e8se, qui n&rsquo;est qu&rsquo;une supposition, une th\u00e9orie que nous nous proposons de d\u00e9montrer. Du moment, disons-nous, que telle cause produit tel effet, le m\u00eame r\u00e9sultat se produira dans tous les cas semblables. Quand nous trouvons que notre hypoth\u00e8se est vraie, dans tous les cas qu&rsquo;il nous est possible d&rsquo;observer, et que le r\u00e9sultat n&rsquo;est produit que dans les conditions que nous avons jug\u00e9es n\u00e9cessaires, nous en concluons que nous avons trouv\u00e9 la v\u00e9rit\u00e9. M\u00eame quand notre, hypoth\u00e8se, est fausse, le fait d&rsquo;en avoir fait la preuve r\u00e9duit le champ de nos recherches et nous met parfois sur le bon chemin.<\/p>\n<p>Le danger \u00e0 \u00e9viter dans ce genre de raisonnement est de trop nous attacher \u00e0 une hypoth\u00e8se et d&rsquo;y tenir malgr\u00e9 tout. Les m\u00e9thodes de raisonnement n&rsquo;admettent pas les sentiments\u00a0; ce sont simplement des proc\u00e9d\u00e9s intellectuels pour arriver \u00e0 la v\u00e9rit\u00e9.<\/p>\n<p>En \u00e9non\u00e7ant des propositions, qui sont \u00e0 la fois la premi\u00e8re preuve d&rsquo;une hypoth\u00e8se et le premier pas vers la v\u00e9rit\u00e9 d\u00e9riv\u00e9e d&rsquo;une hypoth\u00e8se, nous commen\u00e7ons \u00e0 raisonner clairement. Nous employons quatre formes de propositions dans la m\u00e9thode d\u00e9ductive de raisonnement, et quand nous avons exprim\u00e9 nos id\u00e9es sous une de ces formes, nous avons \u00e9limin\u00e9 toutes les possibilit\u00e9s d&rsquo;erreur. La Logique classe ces quatre propositions comme suit\u00a0:<\/p>\n<p>A\u00a0&#8230; Universelle affirmative (Tout A est X)<\/p>\n<p>E\u00a0&#8230; Universelle n\u00e9gative (Nul A n&rsquo;est X)<\/p>\n<p>I\u00a0&#8230; Particuli\u00e8re affirmative (Quelque A est X)<\/p>\n<p>0\u00a0&#8230; Particuli\u00e8re n\u00e9gative (Quelque A n&rsquo;est pas X)<\/p>\n<p>La proposition offre \u00e0 notre esprit ou \u00e0 l&rsquo;esprit des autres le r\u00e9sultat d&rsquo;un jugement dans lequel nous avons accoupl\u00e9 deux id\u00e9es. Elle nous offre toujours deux choix et deux seulement \u00e0 la fois.<\/p>\n<h3>Obstacles \u00e0 la pens\u00e9e<\/h3>\n<p>Le premier ennemi de la pens\u00e9e cr\u00e9atrice est la r\u00eaverie. On appelle songe-creux celui qui nourrit constamment son esprit de chim\u00e8res et qui fuit la r\u00e9alit\u00e9.<\/p>\n<p>Viennent ensuite les pr\u00e9jug\u00e9s, qui ferment la porte \u00e0 la v\u00e9rit\u00e9 et aux connaissances. L&rsquo;homme instruit a toujours l&rsquo;esprit ouvert. La forme la plus commune de pr\u00e9jug\u00e9 est de trop tenir \u00e0 nos opinions. Certains pr\u00e9jug\u00e9s sont caus\u00e9s par nos sentiments, qui nous font pr\u00e9f\u00e9rer les incidents favorables \u00e0 nos opinions et ignorer ceux qui militent contre elles, de sorte que la conclusion s&rsquo;impose en notre faveur.<\/p>\n<p>Nous concluons parfois \u00e0 la l\u00e9g\u00e8re. Nous avons \u00e0 l&rsquo;esprit une id\u00e9e qui nous pla\u00eet, et nous pr\u00e9sumons qu&rsquo;elle est vraie\u00a0; nous nous en servons ensuite comme point de d\u00e9part pour en d\u00e9montrer la v\u00e9rit\u00e9.<\/p>\n<p>Nous commettons aussi des erreurs de jugement. La plus commune est de partir d&rsquo;une pr\u00e9misse trop g\u00e9n\u00e9rale pour d\u00e9montrer un cas trop particulier\u00a0; ou bien nous g\u00e9n\u00e9ralisons sans tenir compte que nul terme ne peut \u00eatre plus g\u00e9n\u00e9ral dans la conclusion que dans les pr\u00e9misses.<\/p>\n<h3>La vie quotidienne<\/h3>\n<p>L&rsquo;habitude du raisonnement nous est d&rsquo;une grande utilit\u00e9 dans nos relations sociales. Il nous aide \u00e0 nous exprimer beaucoup plus efficacement, et \u00e0 comprendre les id\u00e9es et les actions de nos semblables.<\/p>\n<p>Gr\u00e2ce au raisonnement, nous arrivons \u00e0 voir les choses du point de vue d&rsquo;autrui et \u00e0 nous mettre en quelque sorte en terrain neutre, d&rsquo;o\u00f9 nous nous apercevons que nos opinions ne sont pas enti\u00e8rement vraies ou fausses, et que rien n&rsquo;est compl\u00e8tement bon ou mauvais. Qui n&rsquo;entend qu&rsquo;une cloche n&rsquo;entend qu&rsquo;un son. Un juge ne condamne pas un accus\u00e9 avant d&rsquo;avoir entendu sa d\u00e9fense.<\/p>\n<p>\u00c0 mesure que nous raisonnons mieux nous apprenons l&rsquo;importance des mots. Ce sont les instruments de la pens\u00e9e\u00a0; sans eux nous serions aussi ignorants que les animaux. Ce sont les filets avec lesquels nous attrapons ces papillons qui sont nos pens\u00e9es et nos id\u00e9es\u00a0; ce sont les briques avec lesquelles nous \u00e9difions nos id\u00e9als.<\/p>\n<p>Effor\u00e7ons-nous donc de comprendre clairement les mots dont nous rev\u00eatons nos id\u00e9es et d&rsquo;en communiquer exactement le sens \u00e0 ceux \u00e0 qui nous nous adressons.<\/p>\n<h3>Les avantages du raisonnement<\/h3>\n<p>Nombreux sont les avantages du raisonnement. Il nous aide \u00e0 calmer nos irritations, \u00e0 adoucir nos d\u00e9sappointements, \u00e0 mettre fin \u00e0 notre ind\u00e9cision, \u00e0 raffermir notre courage.<\/p>\n<p>Notre mauvaise humeur s&rsquo;apaise quand elle trouve une voie d&rsquo;\u00e9coulement, et comment saurions-nous mieux d\u00e9tourner notre esprit qu&rsquo;en l&rsquo;occupant \u00e0 la solution d&rsquo;un probl\u00e8me\u00a0? Souvent, en r\u00e9fl\u00e9chissant, \u00e0 la fin de la journ\u00e9e, aux d\u00e9cisions que nous avons prises et en les analysant \u00e0 la lumi\u00e8re de quelques r\u00e8gles \u00e9l\u00e9mentaires de logique, nous trouvons tranquillit\u00e9 d&rsquo;esprit \u00e0 l&rsquo;id\u00e9e que nous avons fait preuve de bon jugement, ou, au cas contraire, en prenant la r\u00e9solution de faire amende honorable.<\/p>\n<p>Au lieu de nous laisser abattre par les d\u00e9sagr\u00e9ments, effor\u00e7ons-nous d&rsquo;en raisonner clairement les causes. Le d\u00e9sappointement m\u00eame peut \u00eatre salutaire s&rsquo;il nous enseigne \u00e0 nous aguerrir contre les surprises de la vie.<\/p>\n<h3>La m\u00e9ditation<\/h3>\n<p>La plupart de nos lecteurs, tout en admettant qu&rsquo;il y a du bon dans les principes \u00e9nonc\u00e9s dans ce Bulletin, diront qu&rsquo;ils n&rsquo;ont pas le temps de les appliquer. Ils admettront \u00e9galement, toutefois, qu&rsquo;il est beaucoup <em>moins facile <\/em>de r\u00e9parer une erreur que de la commettre\u00a0; qu&rsquo;on perd beaucoup plus de temps a prendre une d\u00e9cision quand on a les id\u00e9es embrouill\u00e9es que lorsqu&rsquo;on raisonne juste et droit au but\u00a0; que la fatigue intellectuelle cause l&rsquo;\u00e9puisement nerveux et physique.<\/p>\n<p>En apprenant \u00e0 raisonner m\u00e9thodiquement au sujet de nos affaires quotidiennes, nous nous mettons en mesure d&rsquo;avoir plus de temps pour penser aux choses qui nous plaisent et qui nous reposent.<\/p>\n<p>Il n&rsquo;y a pas de solitude pendant la journ\u00e9e\u00a0; on a beau fermer la porte, il y a toujours quelqu&rsquo;un qui vient frapper. Mais nous pouvons toujours fermer notre esprit aux intrus et \u00e9prouver le m\u00eame contentement que, lorsqu&rsquo;au cours d&rsquo;une promenade, nous entrons sous un bois ou dans un vallon. Dans une atmosph\u00e8re de calme et de s\u00e9curit\u00e9 notre esprit s&rsquo;ouvre \u00e0 d&rsquo;aimables id\u00e9es, et en communiant avec nous-m\u00eames, nous r\u00e9parons nos forces morales et intellectuelles.<\/p>\n<p>L&rsquo;homme ne d\u00e9sire pas toujours \u00eatre seul avec ses pens\u00e9es. Il est bon parfois de les \u00e9changer et de recevoir les pens\u00e9es des autres. Les bons penseurs ne cherchent pas l&rsquo;isolement, mais ils fuient la tension et le tumulte de l&rsquo;\u00e2ge moderne. Rien n&rsquo;est meilleur et plus sain que d&rsquo;avoir un ami avec qui parler et penser.<\/p>\n<p>Heureux celui chez qui la facult\u00e9 de r\u00e9fl\u00e9chir et de s&rsquo;\u00e9merveiller ne s&rsquo;\u00e9mousse jamais, et qui a des amis pour partager ses tr\u00e9sors intellectuels. Les choses qui comptent le plus dans la vie ne lui manqueront jamais. C&rsquo;est gr\u00e2ce \u00e0 ses pareils, que par l&rsquo;art de penser, le monde rena\u00eet sans cesse.<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"author":86,"featured_media":0,"template":"","categories":[1],"rbc_letter_theme":[],"rbc_letter_year":[23],"class_list":["post-2457","rbc_letter","type-rbc_letter","status-publish","hentry","category-uncategorized","rbc_letter_year-23"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO Premium plugin v27.2 (Yoast SEO v27.2) - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-premium-wordpress\/ -->\n<title>Septembre 1951 - L&#039;art de penser - RBC<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/septembre-1951-lart-de-penser\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Septembre 1951 - L&#039;art de penser\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"La vie est pleine de tracas. 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