{"id":2453,"date":"1995-09-01T00:00:00","date_gmt":"1995-09-01T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-76-n-5-septembre-octobre-1995-la-longue-marche-vers-la-tolerance\/"},"modified":"2022-10-17T20:47:28","modified_gmt":"2022-10-17T20:47:28","slug":"vol-76-n-5-septembre-octobre-1995-la-longue-marche-vers-la-tolerance","status":"publish","type":"rbc_letter","link":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-76-n-5-septembre-octobre-1995-la-longue-marche-vers-la-tolerance\/","title":{"rendered":"Vol. 76, N\u00b0 5 &#8211; Septembre\/Octobre 1995 &#8211; La longue marche vers la tol\u00e9rance"},"content":{"rendered":"<div id=\"layout-column-main\">\n<p class=\"boldtext\">L&rsquo;intol\u00e9rance est une mal\u00e9diction \u00e0 laquelle notre si\u00e8cle n&rsquo;\u00e9chappe pas plus que les autres \u00e9poques de l&rsquo;histoire. La conjurer exige d&rsquo;en conna\u00eetre tous les ressorts. Or, s&rsquo;il est une chose certaine \u00e0 propos de cet ennemi sournois, c&rsquo;est que son refuge le plus s\u00fbr se trouve en nous&#8230;<\/p>\n<p>\u00c0 observer la marche du monde, on ne devinerait jamais que les Nations Unies ont d\u00e9di\u00e9 1995 \u00e0 la tol\u00e9rance. Oubliez les discours de circonstance, regardez les faits, et vous serez tent\u00e9 de conclure que l&rsquo;humanit\u00e9 est en train de c\u00e9l\u00e9brer l&rsquo;ann\u00e9e internationale de l&rsquo;intol\u00e9rance.<\/p>\n<p>L&rsquo;Afrique, l&rsquo;Asie, l&rsquo;Europe centrale, le Moyen-Orient, m\u00eame la pr\u00e9sum\u00e9ment paisible Am\u00e9rique du Nord r\u00e9sonnent sans tr\u00eave des cris d\u00e9chirants des bless\u00e9s et des agonisants. Ce qui impulse chaque bombe, balle ou lame mise au service de ces carnages, c&rsquo;est le refus obstin\u00e9 d&rsquo;admettre que le voisin puisse \u00eatre diff\u00e9rent de soi. Comble d&rsquo;horreur, la distinction au nom de laquelle on massacre est souvent si fine qu&rsquo;aucun observateur \u00e9tranger ne la per\u00e7oit.<\/p>\n<p>Il est profond\u00e9ment d\u00e9primant de constater que ces trag\u00e9dies surviennent l&rsquo;ann\u00e9e m\u00eame du cinquanti\u00e8me anniversaire de la fin d&rsquo;une guerre livr\u00e9e justement contre une jumelle de la barbarie qui a invent\u00e9 la \u00ab\u00a0purification ethnique\u00bb et produit les monceaux de cadavres mutil\u00e9s dont nous gave quotidiennement la t\u00e9l\u00e9vision. Aurions-nous vers\u00e9 en vain ce sang, cette sueur et ces larmes?<\/p>\n<p>Le pessimiste r\u00e9pondra naturellement que oui, et a priori, ses arguments semblent convaincants. N&rsquo;avons-nous pas vu des ethnies qui coexistaient pacifiquement depuis des g\u00e9n\u00e9rations s&rsquo;enfoncer dans des guerres d&rsquo;une cruaut\u00e9 inexpiable? Des querelles de doctrine religieuse basculer dans la guerre civile \u00e0 coup de mitraillages aveugles et d&rsquo;attentats \u00e0 la bombe? L&rsquo;affreuse croix gamm\u00e9e des nazis r\u00e9appara\u00eetre sur les murs, puis sur les mines calcin\u00e9es des maisons et enfin sur les corps ensanglant\u00e9s des victimes du racisme? Non, le pessimiste ne manque pas d&rsquo;arguments pour justifier son intime conviction que l&rsquo;homme a \u00e9t\u00e9, est et sera toujours un loup pour l&rsquo;homme.<\/p>\n<p>L&rsquo;optimiste peut toutefois l\u00e9gitimement lui opposer que la Seconde Guerre mondiale n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 livr\u00e9e en vain puisqu&rsquo;elle a convaincu les gens \u00e9clair\u00e9s que l&rsquo;intol\u00e9rance \u00e9tait un mal. Pas un mal n\u00e9cessaire; un mal absolu que les justes sont tenus de combattre avec la derni\u00e8re \u00e9nergie.<\/p>\n<p>Avant 1940, \u00e0 part quelques id\u00e9alistes occidentaux, personne ne s&rsquo;insurgeait contre la discrimination et les autres violations des droits fondamentaux qui se commettaient quotidiennement dans tous les pays d\u00e9mocratiques &#8211; ne parlons pas des zones plus recul\u00e9es du globe &#8211; sous l&#8217;empire d&rsquo;une intol\u00e9rance de bon aloi.<\/p>\n<p>Les membres de la majorit\u00e9 ou de l&rsquo;\u00e9lite ne voyaient aucun mal \u00e0 \u00e9carter sans m\u00e9nagement de la table du festin quiconque avait le malheur de ne pas \u00eatre des leurs du fait de sa religion, de sa race, de son sexe, de sa naissance, etc. Pour ces \u00e9lus du destin, la discrimination \u00e9tait aussi naturelle que la respiration.<\/p>\n<p>Les rares protestations qui surgissaient, toujours aux marges du syst\u00e8me, valaient en g\u00e9n\u00e9ral \u00e0 leurs auteurs un ostracisme implacable, voire une pers\u00e9cution acharn\u00e9e de l&rsquo;\u00c9tat, qui les consid\u00e9rait comme des exalt\u00e9s et de dangereux agitateurs. La discrimination \u00e9tait si r\u00e9pandue et si bien vue qu&rsquo;elle \u00e9tait m\u00eame consacr\u00e9e par la loi.<\/p>\n<p>Il a fallu les atrocit\u00e9s des camps de la mort pour dessiller les yeux d&rsquo;un Occident anesth\u00e9si\u00e9 par la banalit\u00e9 de ce mal. En r\u00e9v\u00e9lant au monde l&rsquo;horreur absolue \u00e0 laquelle l&rsquo;intol\u00e9rance pouvait conduire, la victoire alli\u00e9e lui a lentement fait perdre droit de cit\u00e9 dans notre soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<h3>\u00ab\u00a0Le miracle, c&rsquo;est que&#8230; des millions de Canadiens ont eu honte.\u00bb<\/h3>\n<p>Dans un livre r\u00e9cent intitul\u00e9 <em>Victory 1945<\/em>, les historiens Desmond Morton et J. L. Granatstein relatent un \u00e9pisode qui a grandement contribu\u00e9 \u00e0 faire \u00e9voluer la mentalit\u00e9 canadienne apr\u00e8s la guerre. Pour en mesurer l&rsquo;impact, il faut savoir qu&rsquo;avant ce conflit, le Canada freinait l&rsquo;immigration asiatique par tous les moyens \u00e0 sa disposition, allant jusqu&rsquo;\u00e0 imposer une capitation dissuasive aux Chinois.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s la d\u00e9claration de guerre contre le Japon, ce racisme larv\u00e9 \u00e9clate au grand jour. La loi se mue en instrument de pers\u00e9cution: les Canadiens de souche nipponne sont expuls\u00e9s de chez eux, enferm\u00e9s dans des camps de concentration, d\u00e9pouill\u00e9s de leurs biens. Le gouvernement prend pr\u00e9texte du risque d&rsquo;espionnage et de sabotage pour justifier ces mesures qui brisent les vies de 26 000 personnes, dont une large majorit\u00e9 de citoyens canadiens. Il n&rsquo;a pas la moindre preuve de l&rsquo;existence d&rsquo;une cinqui\u00e8me colonne japonaise, et personne n&rsquo;en fournira jamais. Peu importe: cette iniquit\u00e9 est consomm\u00e9e dans l&rsquo;indiff\u00e9rence g\u00e9n\u00e9rale.<\/p>\n<p>La paix revenue, pour faire bonne mesure, le gouvernement f\u00e9d\u00e9ral d\u00e9cide de renvoyer \u00ab\u00a0chez eux\u00bb tous les Canadiens d&rsquo;origine japonaise, bien que la \u00ab\u00a0patrie\u00bb o\u00f9 la plupart d&rsquo;entre eux n&rsquo;ont jamais mis les pieds soit en ruines et en proie \u00e0 la famine. Incapable de faire adopter une loi en ce sens, il exerce des pressions extr\u00eames pour contraindre les ind\u00e9sirables \u00e0 partir. Quatre mille Canadiens quitteront notre sol sous la menace avant qu&rsquo;un mouvement d&rsquo;opposition, n\u00e9 en 1946, parvienne \u00e0 mettre fin \u00e0 cette conspiration officielle.<\/p>\n<p>Ce sursaut populaire marque un tournant dans l&rsquo;histoire sociale du Canada. \u00ab\u00a0La d\u00e9portation des Canadiens de souche japonaise \u00e9tait un acte de racisme officiel, notent Morton et Granatstein. Le miracle, c&rsquo;est que, pour la premi\u00e8re fois peut-\u00eatre, des millions de Canadiens ont eu honte.\u00bb<\/p>\n<p>Ce m\u00eame sentiment de honte face aux abus du pouvoir politique a sonn\u00e9 le glas de la discrimination officielle dans la plupart des d\u00e9mocraties. Pour ne citer que l&rsquo;exemple le plus connu, la s\u00e9gr\u00e9gation pratiqu\u00e9e dans le sud des Etats-Unis a \u00e9t\u00e9 jug\u00e9e inconstitutionnelle en 1960 parce que la nation am\u00e9ricaine dans son ensemble ne la supportait plus.<\/p>\n<p>Les progr\u00e8s ont toutefois \u00e9t\u00e9 lents et in\u00e9gaux. Certaines minorit\u00e9s, les nations autochtones du Canada, notamment, ont attendu des ann\u00e9es qu&rsquo;on reconnaisse la discrimination dont elles \u00e9taient victimes. Et il reste beaucoup de pain sur la planche du l\u00e9gislateur.<\/p>\n<p>Tant de lenteur et d&rsquo;irr\u00e9gularit\u00e9 prouvent que le c\u00e9l\u00e8bre conf\u00e9rencier am\u00e9ricain Henry Ward Beecher avait raison d&rsquo;affirmer que rien ne s&rsquo;\u00e9teint si lentement ou ne se rallume si vite que la flamme de l&rsquo;intol\u00e9rance. N&#8217;emp\u00eache qu&rsquo;une prise de conscience a eu lieu: d\u00e9sormais, non seulement l&rsquo;opinion censure les manifestations d&rsquo;intol\u00e9rance, mais elle accepte de soutenir les initiatives destin\u00e9es \u00e0 contrer ses pires m\u00e9faits, y compris \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger.<\/p>\n<p>S&rsquo;il faut d\u00e9plorer l&rsquo;\u00e9chec de la communaut\u00e9 internationale \u00e0 dompter le monstre qui ravage l&rsquo;ancienne Yougoslavie, on doit aussi reconna\u00eetre un certain m\u00e9rite \u00e0 ceux qui tentent de sauver la situation. Avant la Seconde Guerre mondiale, les fr\u00e8res ennemis auraient \u00e9t\u00e9 livr\u00e9s \u00e0 leurs haines, et l&rsquo;extermination du plus faible n&rsquo;aurait pas provoqu\u00e9 un seul froncement de sourcil.<\/p>\n<p>Il y a donc du progr\u00e8s; mais un progr\u00e8s fragile, que l&rsquo;opinion semble, h\u00e9las, moins pr\u00eate \u00e0 d\u00e9fendre depuis quelques ann\u00e9es. Dans plusieurs pays, les urnes ont r\u00e9cemment donn\u00e9 le pouvoir \u00e0 des chefs politiques qui exploitent avec un art consomm\u00e9 les frustrations du groupe dont ils sont issus et sugg\u00e8rent m\u00eame \u00e0 demi- mot \u00e0 leurs partisans qu&rsquo;ils sont en droit d&rsquo;oppresser d&rsquo;autres segments de la soci\u00e9t\u00e9 pour d\u00e9fendre leurs int\u00e9r\u00eats. De l\u00e0 \u00e0 r\u00e9introduire des mesures discriminatoires officielles, voulues ou non, le pas est vite franchi.<\/p>\n<p>Comme la d\u00e9mocratie, la tol\u00e9rance exige de ses d\u00e9fenseurs une vigilance constante. S&rsquo;il est une le\u00e7on que nous devons retenir de la trag\u00e9die de 1939-1945, c&rsquo;est que l&rsquo;intol\u00e9rance n&rsquo;est jamais si insignifiante qu&rsquo;elle ne puisse devenir mortelle: un ricanement, une insulte grommel\u00e9e \u00e0 mi-voix m\u00e8nent parfois au g\u00e9nocide. Qui \u00e9tait Adolf Hitler en 1923? Le chef d&rsquo;une bande de petits voyous qui se plaisaient \u00e0 insulter les marchands juifs et les socialistes de Munich.<\/p>\n<p>Les citoyens int\u00e8gres de tous les pays doivent donc rester sur leurs gardes. Mais pour combattre efficacement l&rsquo;intol\u00e9rance, il faut pouvoir la reconna\u00eetre quand on la voit. Et ce n&rsquo;est pas aussi simple qu&rsquo;il y para\u00eet. Si elle s&rsquo;identifie et se censure ais\u00e9ment dans ses formes collectives ext\u00e9rieures &#8211; pogrom, guerre civile, massacre -, elle nous d\u00e9route souvent (et par l\u00e0, \u00e9chappe \u00e0 toute condamnation) lorsqu&rsquo;elle s&rsquo;exprime de fa\u00e7on individuelle, particuli\u00e8rement lorsque nous en sommes la source.<\/p>\n<p>Pour en triompher, il faut d&rsquo;abord admettre que son contraire n&rsquo;est pas une vertu facile \u00e0 cultiver. Faire droit aux justes revendications du prochain nous oblige souvent \u00e0 sacrifier des avantages et des privil\u00e8ges acquis de longue date ou m\u00eame, ce qui est encore plus douloureux, des attitudes et des croyances auxquelles nous sommes attach\u00e9s de toutes nos fibres.<\/p>\n<p>Celui qui a dit que personne ne na\u00eet intol\u00e9rant a raison jusqu&rsquo;\u00e0 un certain point: les jeunes enfants ne sont pas conscients de la race ni des autres traits distinctifs de leurs camarades. Mais l&rsquo;\u00eatre humain ne vit pas seul. D\u00e8s sa naissance, il s&rsquo;int\u00e8gre \u00e0 un groupe qui fa\u00e7onne ses opinions et convictions. Il y puise le soutien \u00e9motif et mat\u00e9riel dont il a besoin pour s&rsquo;\u00e9panouir; en retour, il lui voue une profonde loyaut\u00e9.<\/p>\n<h3>l&rsquo;intol\u00e9rance passe d&rsquo;autant plus souvent inaper\u00e7ue que ses propagandistes sont souvent des gens tr\u00e8s sympathiques..<\/h3>\n<p>Comme leurs anc\u00eatres n\u00e9andertaliens, les tribus modernes cherchent \u00e0 s&rsquo;isoler des influences externes pour pr\u00e9server leur identit\u00e9; mais dans le cercle \u00e9troit du clan, l&rsquo;intol\u00e9rance trouve un terrain fertile. Quiconque approche du p\u00e9rim\u00e8tre de s\u00e9curit\u00e9 collectif sera per\u00e7u comme un ennemi en puissance, surtout s&rsquo;il appartient \u00e0 un groupe qui entretient un contentieux historique avec la tribu.<\/p>\n<p>M\u00eame en l&rsquo;absence de rancunes ancestrales, l&rsquo;\u00e9tranger mena\u00e7ant deviendra \u00ab\u00a0m\u00e9chant\u00bb par d\u00e9finition. Et sa nature intrins\u00e8quement mauvaise (puisque la v\u00f4tre est intrins\u00e8quement bonne) le ravalera au rang d&rsquo;\u00eatre moralement inf\u00e9rieur.<\/p>\n<p>Ce sentiment de sup\u00e9riorit\u00e9 ne suffirait pas \u00e0 lui seul \u00e0 justifier une discrimination syst\u00e9matique. Aussi allez-vous chercher d&rsquo;autres motifs valables: la paresse, l&rsquo;ignorance, la malhonn\u00eatet\u00e9 cong\u00e9nitale, la violence inn\u00e9e&#8230; le choix est vaste. Quant \u00e0 faire la preuve de ces affirmations&#8230; si tout le monde autour de vous le pense, cela doit \u00eatre vrai, non? Et puis, ce n&rsquo;est pas en contestant les id\u00e9es re\u00e7ues du clan que vous allez vous faire des amis!<\/p>\n<p>Pouss\u00e9 \u00e0 l&rsquo;extr\u00eame, ce r\u00e9flexe d&rsquo;autod\u00e9fense peut mener le groupe dominant \u00e0 accuser les victimes de ses agressions d&rsquo;avoir provoqu\u00e9 elles-m\u00eames leur malheur en attaquant les premi\u00e8res. Ses membres affirmeront le plus sinc\u00e8rement du monde que ce sont eux qui sont l\u00e9s\u00e9s par les efforts des domin\u00e9s pour obtenir justice.<\/p>\n<h3>l&rsquo;intol\u00e9rance r\u00e9ussit souvent \u00e0 se faire passer pour son contraire&#8230;<\/h3>\n<p>Ainsi drap\u00e9e dans la blanche tunique de l&rsquo;innocence, l&rsquo;intol\u00e9rance passe d&rsquo;autant plus facilement inaper\u00e7ue que ses propagandistes sont souvent des gens tr\u00e8s sympathiques par ailleurs. Il y a quelque chose de d\u00e9sarmant dans la fa\u00e7on dont ils protestent de leur bonne volont\u00e9\u00a0: ils n&rsquo;ont rien contre leurs adversaires, jurent -ils. Ils ne se battent pas contre quelqu&rsquo;un, mais pour faire valoir leurs droits.<\/p>\n<p>Ils aiment \u00e0 se pr\u00e9senter comme de braves gens dont on a tellement abus\u00e9 qu&rsquo;ils n&rsquo;en peuvent plus. \u00ab\u00a0C&rsquo;est assez\u00bb, voil\u00e0 le cri de ralliement de tous les groupes qui tentent actuellement de remettre en question les progr\u00e8s accomplis par les segments d\u00e9favoris\u00e9s de la soci\u00e9t\u00e9. Conscients de la force d&rsquo;entra\u00eenement de ce sentiment d&rsquo;exploitation, les d\u00e9magogues n&rsquo;h\u00e9sitent pas \u00e0 l&rsquo;alimenter et construisent ainsi des mouvements populaires dont ils manipulent \u00e0 volont\u00e9 les adh\u00e9rents.<\/p>\n<p>Tout politicien un tant soit peu habile sait que la meilleure fa\u00e7on d&rsquo;imposer son autorit\u00e9 consiste \u00e0 d\u00e9signer un ennemi \u00e0 ses troupes et que la parano\u00efa est un superbe outil de manipulation. Des militants mont\u00e9s contre un adversaire n&rsquo;ont plus assez de lucidit\u00e9 pour s&rsquo;interroger sur les faits et gestes de leur chef. Ce qui lui permet de les voler tout rond ou d&rsquo;assouvir sans entraves sa soif de pouvoir.<\/p>\n<p>Pour tout dire, l&rsquo;intol\u00e9rance est si fondamentalement malhonn\u00eate qu&rsquo;elle r\u00e9ussit assez souvent \u00e0 se faire passer pour son contraire. \u00ab\u00a0J&rsquo;ai vu le fanatisme voler au secours de la tol\u00e9rance\u00bb, se lamentait le po\u00e8te et essayiste Samuel Taylor Coleridge.<\/p>\n<p>A toutes les \u00e9poques, d&rsquo;ardents d\u00e9fenseurs de la justice sont tomb\u00e9s dans l&rsquo;aveuglement qu&rsquo;ils d\u00e9non\u00e7aient si durement chez leurs opposants. En combattant l&rsquo;intol\u00e9rance par l&rsquo;intol\u00e9rance, on ne fait que d\u00e9placer le probl\u00e8me. La discrimination subsiste; elle ne frappe plus les m\u00eames cat\u00e9gories, voil\u00e0 tout.<\/p>\n<p>Distinguer les discriminations r\u00e9elles des torts imaginaires n&rsquo;est certes pas chose ais\u00e9e. Les gens ont tendance \u00e0 hurler \u00e0 la violation de leurs droits d\u00e8s lors qu&rsquo;on r\u00e9duit un avantage acquis ou anticip\u00e9. Et il peut arriver que les droits de deux groupes s&rsquo;opposent. L&rsquo;une des principales t\u00e2ches de nos repr\u00e9sentants politiques et des tribunaux est justement d&rsquo;\u00e9tablir l&rsquo;ordre de priorit\u00e9 \u00e0 suivre dans ces cas-l\u00e0.<\/p>\n<p>L&rsquo;intol\u00e9rance ne frappe pas seulement les diff\u00e9rences religieuses ou raciales; elle s&rsquo;attaque avec la m\u00eame hargne aux divergences d&rsquo;opinion. Ce faisant, elle soumet les esprits \u00e9clair\u00e9s \u00e0 l&rsquo;\u00e9preuve supr\u00eame. En d\u00e9mocratie, il est parfaitement l\u00e9gitime de s&rsquo;opposer \u00e0 une th\u00e8se qu&rsquo;on juge scandaleuse, mais toujours inadmissible de chercher \u00e0 l&rsquo;\u00e9touffer en harcelant ceux qui la d\u00e9fendent ou simplement, en les privant du droit de parole (\u00e0 moins qu&rsquo;elle n&rsquo;attente \u00e0 la paix sociale par son caract\u00e8re haineux). L&rsquo;Inquisition n&rsquo;a pas pris fin avec le Moyen \u00c2ge, malheureusement. Dans le monde entier, des gens sont encore emprisonn\u00e9s ou pers\u00e9cut\u00e9s pour des opinions qu&rsquo;ils affichent ou qu&rsquo;on leur impute.<\/p>\n<h3>choisir comme boucs \u00e9missaires ceux qui semblent directement responsables de nos d\u00e9sarrois&#8230;<\/h3>\n<p>Cette intol\u00e9rance-l\u00e0 est la plus difficile \u00e0 supporter pour celui ou celle qui tient \u00e0 la libert\u00e9 de penser. Ses serviteurs sont sourds non seulement aux opinions contraires, mais m\u00eame aux faits qui d\u00e9mentent leurs th\u00e8ses. Pourtant, la r\u00e8gle de tol\u00e9rance de la d\u00e9mocratie nous oblige \u00e0 les laisser s&rsquo;exprimer; tout au plus pouvons-nous leur faire savoir clairement notre d\u00e9saccord. Soit dit en passant, nous devrions le faire, par simple hygi\u00e8ne psychologique, m\u00eame si cela nous donne l&rsquo;impression de nous taper la t\u00eate contre un mur.<\/p>\n<p>L&rsquo;ire des intol\u00e9rants n&rsquo;\u00e9pargne rien, pas m\u00eame le mode de vie. Or, s&rsquo;il est une r\u00e8gle qui d\u00e9finit la civilisation, c&rsquo;est bien le respect des coutumes collectives et des habitudes individuelles. Ce que le grand \u00e9diteur am\u00e9ricain William Allen White r\u00e9sumait ainsi: \u00ab\u00a0Puisque les autres doivent supporter mes faiblesses, le moins que je puisse faire est de supporter les leurs.\u00bb<\/p>\n<p>Il faut admettre que la tol\u00e9rance ne vient pas naturellement, surtout \u00e0 une \u00e9poque comme la n\u00f4tre. Les traditions qui nourrissaient nos certitudes et notre s\u00e9curit\u00e9 psychologique tombent les unes apr\u00e8s les autres. Quoi de plus naturel que de chercher une cause \u00e0 ces perturbations? Quoi de plus normal que de choisir comme boucs \u00e9missaires ceux qui semblent directement responsables de nos d\u00e9sarrois? Les nouveaux arrivants, les d\u00e9fenseurs des minorit\u00e9s qui ont subi ou subissent encore la discrimination&#8230;<\/p>\n<p>En quelques g\u00e9n\u00e9rations, la population canadienne a compl\u00e8tement chang\u00e9 de visage. Point n&rsquo;est besoin d&rsquo;une grande ouverture d&rsquo;esprit pour voir que ce renouvellement l&rsquo;a enrichie, dynamis\u00e9e, revitalis\u00e9e. Il a \u00e9t\u00e9 possible parce que la tol\u00e9rance r\u00e9gnait. Pour qu&rsquo;il continue \u00e0 porter fruit, elle doit demeurer ma\u00eetresse de nos pens\u00e9es et de nos actes. Dans une soci\u00e9t\u00e9 multiculturelle comme celle qui s&rsquo;est cr\u00e9\u00e9e au Canada, elle est le premier devoir du citoyen.<\/p>\n<p>Quoique \u00ab\u00a0devoir\u00bb, avec sa connotation de corv\u00e9e ou de fardeau, ne soit probablement pas le mot le plus heureux. La tol\u00e9rance n&rsquo;est pas une obligation d\u00e9sagr\u00e9able; c&rsquo;est la cl\u00e9 d&rsquo;une vie heureuse et enrichissante dans notre pays.<\/p>\n<p>Les Canadiens ne mesurent pas assez les b\u00e9n\u00e9dictions que leur ont apport\u00e9s le multiculturalisme et la qu\u00eate d&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9 plus juste. Nous vivons aujourd&rsquo;hui dans un pays mille fois plus int\u00e9ressant et stimulant qu&rsquo;avant la grande vague d&rsquo;immigration de couleur.<\/p>\n<p>Pour tout dire, nous vivons dans un pays meilleur. Car en reconnaissant et en rectifiant les injustices et iniquit\u00e9s qui ont entach\u00e9 notre pass\u00e9, nous avons gagn\u00e9 en moralit\u00e9 dans le sens noble du terme.<\/p>\n<p>Ce qui vaut pour le Canada vaut pour le reste du monde: la tol\u00e9rance est pour toutes les nations la voie la plus directe vers l&rsquo;harmonie et la paix. Et malgr\u00e9 des reculs navrants \u00e7\u00e0 et l\u00e0, elle progresse d&rsquo;un bon pas, entre autres parce que la mondialisation des \u00e9changes tend \u00e0 renverser les antiques barri\u00e8res ethniques, raciales et religieuses. On ne peut pas faire de bonnes affaires avec quelqu&rsquo;un qu&rsquo;on ne comprend et qu&rsquo;on ne respecte pas.<\/p>\n<p>\u00c0 plusieurs endroits, des obstacles \u00e0 la coexistence pacifique qui passaient pour insurmontables ont \u00e9t\u00e9 balay\u00e9s du jour au lendemain. Qui aurait dit, il y a quelques ann\u00e9es, que les blancs et les noirs d&rsquo;Afrique du Sud se donneraient la main pour construire un pays neuf sur les ruines de l&rsquo;apartheid, ou que les fr\u00e8res ennemis d&rsquo;Irlande du Nord d\u00e9poseraient les armes et p\u00e9n\u00e9treraient sans crainte dans les quartiers qui leur \u00e9taient interdits?<\/p>\n<p>Nous aurions grand tort, toutefois, de nous imaginer que le combat contre l&rsquo;intol\u00e9rance se d\u00e9roule uniquement sur des champs de bataille lointains. L&rsquo;ennemi est sournois: il peut s&rsquo;infiltrer dans les meilleures familles, les meilleurs pays. Il se rit des fronti\u00e8res. La premi\u00e8re ligne de d\u00e9fense passe donc par nos maisons et nos quartiers, l\u00e0 o\u00f9 se forgent nos r\u00e9flexes et nos attitudes. Nous ne sommes pas mieux immunis\u00e9s que les autres peuples: nous devons nous battre aussi, ne serait-ce que pour leur tracer la voie.<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"author":86,"featured_media":0,"template":"","categories":[1],"rbc_letter_theme":[],"rbc_letter_year":[76],"class_list":["post-2453","rbc_letter","type-rbc_letter","status-publish","hentry","category-uncategorized","rbc_letter_year-76"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO Premium plugin v27.2 (Yoast SEO v27.2) - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-premium-wordpress\/ -->\n<title>Vol. 76, N\u00b0 5 - Septembre\/Octobre 1995 - La longue marche vers la tol\u00e9rance - RBC<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-76-n-5-septembre-octobre-1995-la-longue-marche-vers-la-tolerance\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Vol. 76, N\u00b0 5 - Septembre\/Octobre 1995 - La longue marche vers la tol\u00e9rance\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"L&rsquo;intol\u00e9rance est une mal\u00e9diction \u00e0 laquelle notre si\u00e8cle n&rsquo;\u00e9chappe pas plus que les autres \u00e9poques de l&rsquo;histoire. 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