{"id":2439,"date":"1981-09-01T00:00:00","date_gmt":"1981-09-01T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-62-n-5-sept-oct-1981-a-la-defense-de-la-politique\/"},"modified":"2022-10-17T20:26:36","modified_gmt":"2022-10-17T20:26:36","slug":"vol-62-n-5-sept-oct-1981-a-la-defense-de-la-politique","status":"publish","type":"rbc_letter","link":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-62-n-5-sept-oct-1981-a-la-defense-de-la-politique\/","title":{"rendered":"Vol. 62, N\u00b0 5 &#8211; Sept.\/Oct. 1981 &#8211; \u00c0 la d\u00e9fense de la politique"},"content":{"rendered":"<div id=\"layout-column-main\">\n<p class=\"boldtext\">La politique est essentielle \u00e0 la vie d&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9 libre. Pourtant, beaucoup la regardent avec indiff\u00e9rence et m\u00e9pris. Ne serait-il pas temps de cesser de canarder les hommes politiques et d&rsquo;assumer nos responsabilit\u00e9s civiques\u00a0? En d\u00e9mocratie, la politique est l&rsquo;affaire de tous les citoyens&#8230;<\/p>\n<p>C&rsquo;est Jonathan Swift, homme de Dieu et homme de lettres, qui note que Lucifer \u00e9tait un politique. Le prince des anges avait \u00e9t\u00e9 vice-roi d&rsquo;une province du ciel avant d&rsquo;ourdir la tentative de soul\u00e8vement qui pr\u00e9cipita sa chute. C&rsquo;est ainsi que l&rsquo;enfer fut cr\u00e9\u00e9 et que Satan et ses compagnons commenc\u00e8rent \u00e0 exercer leurs interminables m\u00e9faits chez les mortels. Depuis, les politiciens ont toujours eu la r\u00e9putation de manquer de fid\u00e9lit\u00e9.<\/p>\n<p>Selon Swift, ils ne mirent pas de temps \u00e0 surpasser leur mod\u00e8le. \u00ab\u00a0Bien que le Diable soit le p\u00e8re du mensonge, \u00e9crit-il, comme tous les grands inventeurs, il semble avoir perdu beaucoup de son renom \u00e0 cause des perfectionnements apport\u00e9s sur terre \u00e0 son oeuvre.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Le doyen Swift se livre ainsi \u00e0 un jeu encore aussi en vogue que de son temps, celui de tourner les politiciens en ridicule. C&rsquo;est d&rsquo;ordinaire un divertissement assez innocent, mais qui s&rsquo;est r\u00e9v\u00e9l\u00e9 p\u00e9rilleux dans certaines circonstances\u00a0; on a vu des hommes perdre la t\u00eate pour une raillerie politique. Dans les pays d\u00e9mocratiques d&rsquo;aujourd&rsquo;hui, cependant, une bonne blague politique est toujours bien accueillie. Le scandale r\u00e9cent de l&rsquo;Abscam, aux \u00c9tats-Unis, est venu raviver cet art s\u00e9culaire en donnant lieu \u00e0 des plaisanteries comme \u00ab\u00a0Ce pays a les meilleurs politiciens qui se puissent acheter\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Un des observateurs politiques les plus spirituels, le journaliste am\u00e9ricain H.L. Mencken, \u00e9crit que \u00ab\u00a0La vie la plus triste est celle d&rsquo;un candidat politique en r\u00e9gime d\u00e9mocratique. Sa d\u00e9faite est ignominieuse et sa victoire, odieuse.\u00a0\u00bb En d\u00e9mocratie ajoute-t-il, un bon politicien est tout aussi impensable qu&rsquo;un cambrioleur honn\u00eate.<\/p>\n<p>Selon lui, les politiciens sont un mal n\u00e9cessaire. Ce qui est int\u00e9ressant toutefois, c&rsquo;est qu&rsquo;en attaquant les politiciens de la d\u00e9mocratie, Mencken court en r\u00e9alit\u00e9 \u00e0 la d\u00e9fense de la politique d\u00e9mocratique. Il s&rsquo;agit, remarque-t-il, d&rsquo;un bon r\u00e9gime, qui a \u00e9t\u00e9 compromis par des hommes incomp\u00e9tents. Ses charges sont au fond un appel au r\u00e9alisme politique. Si nous n&rsquo;attendons rien des politiciens, ils ne pourront jamais nous d\u00e9sappointer.<\/p>\n<p>Thomas Carlyle exprime \u00e0 peu pr\u00e8s la m\u00eame id\u00e9e en disant que la d\u00e9mocratie \u00ab\u00a0traduit le d\u00e9sespoir de trouver des h\u00e9ros pour nous gouverner et la satisfaction de ne pas en avoir.\u00a0\u00bb S&rsquo;il se rencontre par-ci par-l\u00e0 un h\u00e9ros politique, tant mieux\u00a0; mais les \u00e9lecteurs peuvent s&rsquo;\u00e9viter, ainsi qu&rsquo;au r\u00e9gime d\u00e9mocratique, le terrible cr\u00e8ve-coeur du d\u00e9senchantement en partant du principe que tous les politiciens ont des pieds d&rsquo;argile.<\/p>\n<p>Il s&rsquo;ensuit qu&rsquo;il ne faut pas prendre les hommes politiques trop \u00e0 la lettre, surtout lorsqu&rsquo;ils sont sur les rangs. Il est peu probable d&rsquo;ailleurs qu&rsquo;il se trouve un \u00eatre humain aussi capable, aussi sage et aussi honorable que pr\u00e9tend l&rsquo;\u00eatre un politicien briguant la faveur des \u00e9lecteurs. Ni que ses adversaires puissent \u00eatre aussi incapables, inintelligents et sans scrupules qu&rsquo;il le dit. Une certaine tendance \u00e0 d\u00e9former et \u00e0 alt\u00e9rer la r\u00e9alit\u00e9 se retrouve n\u00e9cessairement dans le rituel politique, rituel dont nous nous divertissons g\u00e9n\u00e9ralement volontiers. Il n&rsquo;y a l\u00e0, \u00e0 vrai dire, aucun mal, tant qu&rsquo;on reconna\u00eet que c&rsquo;est une fantaisie.<\/p>\n<p>C&rsquo;est quand les hommes politiques commencent \u00e0 croire leurs fantaisies qu&rsquo;il y a lieu de s&rsquo;inqui\u00e9ter. Il en est souvent ainsi lorsqu&rsquo;ils acc\u00e8dent \u00e0 l&rsquo;ensorcelant apparat de leur poste\u00a0: prestige, autorit\u00e9, petits profits, chance de passer \u00e0 l&rsquo;histoire, possibilit\u00e9 de donner leurs noms \u00e0 certaines choses. Dans son <em>Libre des erreurs<\/em>, le penseur Jeremy Bentham nous met en garde contre le sophisme courant selon lequel une attaque contre le parti au pouvoir est une atteinte \u00e0 la vertu et \u00e0 l&rsquo;incarnation de la nation. L&rsquo;histoire montre que lorsque l&rsquo;id\u00e9e se r\u00e9pand qu&rsquo;un certain groupe d&rsquo;hommes politiques ont le monopole de tout ce qui est bon, saint et patriotique, cela conduit \u00e0 la m\u00e9galomanie, et la m\u00e9galomanie conduit aux abus d&rsquo;autorit\u00e9.<\/p>\n<p>En th\u00e9orie, en d\u00e9mocratie il devrait \u00eatre impossible aux politiciens d&rsquo;abuser de leurs pouvoirs, \u00e9tant donn\u00e9 les v\u00e9rifications, les bilans et le contr\u00f4le public inh\u00e9rents au r\u00e9gime. En pratique, la chose ne s&rsquo;est pas av\u00e9r\u00e9e difficile, m\u00eame &#8211; comme dans le cas du s\u00e9nateur Joseph McCarthy &#8211; sous l&rsquo;oeil du public. Les occasions de commettre des abus sont nombreuses et vari\u00e9es. Un chef dictateur peut s&rsquo;entourer de parasites intimes, qui sont pr\u00eats \u00e0 tout pour le maintenir au pouvoir. Par la corruption et le favoritisme, les partis politiques ou certains de leurs segments peuvent se transformer en \u00ab\u00a0machines\u00a0\u00bb actionn\u00e9es par des chefs \u00e0 la Tammany Hall, \u00e9minences grises exer\u00e7ant le pouvoir \u00e0 leur profit. De riches groupes d&rsquo;int\u00e9r\u00eats peuvent acheter les politicien et partant les politiques qu&rsquo;ils souhaitent.<\/p>\n<h3>La meilleure r\u00e9clame du syst\u00e8me\u00a0: les dictateurs<\/h3>\n<p>Le syst\u00e8me est corruptible, mais non intrins\u00e8quement corrompu. Il porte en lui le germe de son renouvellement plut\u00f4t que de sa destruction, comme le voudraient ses ennemis. Les m\u00eames partis politiques qui se laissent dominer par les tyrans et les escrocs peuvent aussi les chasser du pouvoir et l&rsquo;ont souvent fait. Il semble que le temps favorise les hommes politiques qui s&rsquo;int\u00e9ressent au bien-\u00eatre public. Malgr\u00e9 sa vuln\u00e9rabilit\u00e9, le parti politique demeure une institution fonci\u00e8rement saine. Au plan national et provincial, le parti est \u00e0 l&rsquo;origine de la d\u00e9mocratie.<\/p>\n<p>Les partis qui se sont \u00e9tablis au Canada se composent de blocs d&rsquo;int\u00e9r\u00eats r\u00e9gionaux, \u00e9conomiques et id\u00e9ologiques. Ces partis-au-rein-des-partis rivalisent entre eux pour influencer la politique g\u00e9n\u00e9rale du parti. Celle-ci est la synth\u00e8se des int\u00e9r\u00eats concurrents internes, filtr\u00e9s par le jugement de la direction du parti. Les chefs les plus arbitraires doivent tenir \u00e9troitement compte des vues disparates qui existent dans leur parti. S&rsquo;ils les m\u00e9connaissent en trop grand nombre et trop souvent, ils risquent de se trouver sans emploi.<\/p>\n<p>Une fois la politique formul\u00e9e, les membres du parti \u00e9lus au Parlement ou aux assembl\u00e9es provinciales sont cens\u00e9s l&rsquo;appuyer, de m\u00eame que les politiques improvis\u00e9es par les chefs et le caucus du parti. On soul\u00e8ve souvent l&rsquo;objection que les membres pris individuellement deviennent ainsi des eunuques\u00a0; mais autrement, c&rsquo;est le Parlement qui le serait. Si chaque membre \u00e9tait libre d&rsquo;\u00e9tablir sa politique personnelle, le Parlement serait une tour de Babel o\u00f9 ne s&rsquo;accomplirait \u00e0 peu pr\u00e8s rien qui vaille. Il en serait presque de m\u00eame s&rsquo;il existait une multitude de petits partis, dont chacun rechercherait son int\u00e9r\u00eat particulier. En France, la quatri\u00e8me R\u00e9publique, qui vit se succ\u00e9der 24 gouvernements entre 1946 et 1958, en est un exemple typique.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Les divisions de parti, \u00e9crit Edmund Burke, qu&rsquo;elles aient en somme de bons ou de mauvais effets, sont ins\u00e9parables du gouvernement libre.\u00a0\u00bb La chose saute aux yeux partout o\u00f9 les gouvernements <em>ne <\/em>sont <em>pas <\/em>libres. Les dictateurs ont toujours \u00e9t\u00e9 la meilleure r\u00e9clame en faveur du syst\u00e8me de partis par la peur qu&rsquo;ils en montrent. \u00ab\u00a0Nous abhorrons les partis politiques. Nous sommes contre des partis politiques. Nous n&rsquo;en avons pas\u00a0\u00bb, a dit un jour le g\u00e9n\u00e9ral Franco.<\/p>\n<h3>L&rsquo;objectif\u00a0: le plus grand bien du plus grand nombre<\/h3>\n<p>Certains critiques all\u00e8guent que les r\u00e9gimes qui ne comptent pas plus de trois grands partis \u00e9laborent des politiques plus favorables aux int\u00e9r\u00eats des partis qu&rsquo;\u00e0 ceux du peuple. Et il semble souvent en \u00eatre ainsi. \u00ab\u00a0Au diable vos principes\u00a0! Soyez fid\u00e8le \u00e0 votre parti\u00a0!\u00a0\u00bb aurait dit Disraeli \u00e0 un d\u00e9put\u00e9 r\u00e9calcitrant. Mais son roman <em>Coningsby <\/em>nous laisse entrevoir la raison de cette intransigeance apparemment injustifiable. Le jeune h\u00e9ros de ce livre refuse de se porter candidat tory \u00e0 la d\u00e9putation, estimant qu&rsquo;il devrait \u00eatre permis aux d\u00e9put\u00e9s de transgresser les directives du parti afin de renforcer le lien commun entre la propri\u00e9t\u00e9 et le travail. Mais il acquiert ensuite la conviction que c&rsquo;est au sein du parti qu&rsquo;il peut le mieux r\u00e9aliser son id\u00e9al.<\/p>\n<p>Il intervient en fait dans les partis et entre les partis des compromis qui ont le m\u00eame effet que des arrangements non partisans. Le d\u00e9bat parlementaire contribue \u00e0 am\u00e9liorer les lois, alors que les vives discussions soulev\u00e9es par les amendements propos\u00e9s par l&rsquo;opposition permettent de perfectionner plus d&rsquo;un projet de loi.<\/p>\n<p>Une opposition efficace &#8211; tactiquement efficace s&rsquo;entend, car elle peut \u00eatre num\u00e9riquement faible &#8211; est indispensable au bon gouvernement. Elle tend tout au moins \u00e0 obliger le parti au pouvoir \u00e0 suivre la voie droite et \u00e9troite. Avec un gouvernement qui dispose d&rsquo;un gros surplus et d&rsquo;une forte majorit\u00e9, et une faible opposition, on peut corrompre un comit\u00e9 d&rsquo;archanges, disait sir John A. Macdonald.<\/p>\n<p>M\u00eame s&rsquo;il est une institution humaine, o\u00f9 se refl\u00e8tent toutes les imperfections de l&rsquo;homme, un syst\u00e8me parlementaire compos\u00e9 de partis rivaux demeure un organisme bien con\u00e7u pour r\u00e9pondre au but primordial du gouvernement selon Jeremy Bentham\u00a0: \u00ab\u00a0Le plus grand bien du plus grand nombre\u00a0\u00bb. Pourtant, en observant ce qui se passe autour de nous aujourd&rsquo;hui, nous constatons que le syst\u00e8me est trait\u00e9 avec un m\u00e9pris inconscient ou avou\u00e9. Cela se manifeste dans la tendance, ces derni\u00e8res ann\u00e9es, \u00e0 d\u00e9clencher l&rsquo;action politique en dehors des voies \u00e9tablies, par les manifestations, les boycottages, les gr\u00e8ves ill\u00e9gales et le terrorisme pur et simple. C&rsquo;est un fruit de l&rsquo;\u00ab\u00a0\u00e2ge minute\u00a0\u00bb, l&rsquo;\u00e2ge de la cuisine minute, des distractions minute, de l&rsquo;assouvissement minute de toutes sortes de d\u00e9sirs. On veut tout, tout de suite.<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 leur allure anarchique, ces campagnes ont pour impact r\u00e9el de faire pression sur l&rsquo;appareil politique pour l&rsquo;amener \u00e0 accomplir les volont\u00e9s d&rsquo;un groupe particulier. En cas de succ\u00e8s, elles ont pour r\u00e9sultat de brouiller les priorit\u00e9s au sein du syst\u00e8me\u00a0: si l&rsquo;on apaise les revendicateurs les plus bruyants, c&rsquo;est aux d\u00e9pens de certains groupes plus silencieux qui attendent leur tour pour recevoir leur part d&rsquo;attention l\u00e9gislative et des ressources disponibles.<\/p>\n<h3>Le pouvoir au peuple par l&rsquo;action populaire<\/h3>\n<p>L&rsquo;action politique au sein du syst\u00e8me est peut-\u00eatre plus lente, mais elle est plus s\u00fbre et plus \u00e9quitable pour tous les secteurs de la soci\u00e9t\u00e9. Il serait plus d\u00e9mocratique de la part des activistes de d\u00e9fendre leurs causes au niveau des assises du parti, auxquelles il incombe de dispenser le pouvoir au peuple avec ordre. Cela n&rsquo;est assur\u00e9ment pas aussi passionnant ni aussi amusant que de crier des slogans et d&rsquo;agiter des \u00e9criteaux. La m\u00e9thode d\u00e9mocratique exige de la patience, de la tol\u00e9rance et du r\u00e9alisme chez ses adeptes. La d\u00e9mocratie est une t\u00e2che ardue.<\/p>\n<p>Une autre marque du m\u00e9pris pour le r\u00e9gime se manifeste dans le d\u00e9dain instinctif et g\u00e9n\u00e9ral avec lequel on consid\u00e8re les politiciens. Mencken avait parfaitement raison de dire qu&rsquo;il ne faut pas se faire d&rsquo;illusions \u00e0 leur sujet. Pour Bentham, le gouvernement d\u00e9mocratique est un mandat, et \u00ab\u00a0dans tout mandat public, le l\u00e9gislateur devrait, par mesure de pr\u00e9vention, supposer que le mandataire est pr\u00eat \u00e0 violer le mandat de toutes les fa\u00e7ons imaginables qui pourraient lui permettre d&rsquo;en tirer un avantage personnel.\u00a0\u00bb Mais prendre toute pr\u00e9caution pour assurer la gestion honn\u00eate et efficace des affaires publiques est bien autre chose que d&rsquo;appeler des mal\u00e9dictions sur la t\u00eate de tous les hommes politiques. Il peut se trouver des escrocs, des filous et des bousilleurs parmi eux, comme il y en a dans tous les milieux, mais ce n&rsquo;est pas une raison pour les traiter tous de parias. Le fait est que la grande majorit\u00e9 d&rsquo;entre eux sont des personnes sinc\u00e8rement d\u00e9vou\u00e9es au bien public qui accomplissent en notre nom une t\u00e2che difficile et exigeante.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Toutes les m\u00e8res veulent que leurs fils soient pr\u00e9sident quand ils seront grands, disait avec amertume John F. Kennedy, mais elles ne veulent pas qu&rsquo;ils deviennent politiciens en cours de route.\u00a0\u00bb La r\u00e9pugnance un peu snob de certains des meilleurs et des plus brillants esprits \u00e0 s&rsquo;abaisser aux exp\u00e9dients de la politique nous a sans aucun doute co\u00fbt\u00e9 cher. Voici ce que dit \u00e0 ce sujet le s\u00e9nateur Ervin, pr\u00e9sident de la commission charg\u00e9e d&rsquo;enqu\u00eater sur le plus grand scandale de notre temps, l&rsquo;affaire Watergate\u00a0: \u00ab\u00a0Si des hommes et des femmes capables refusent de participer \u00e0 la politique et au gouvernement, ils se condamnent, et ils condamnent le peuple, \u00e0 avoir un mauvais gouvernement.\u00a0\u00bb<\/p>\n<h3>Les responsables du succ\u00e8s de la d\u00e9mocratie<\/h3>\n<p>Trop d&rsquo;entre nous limitent leur participation aux affaires publiques \u00e0 se tenir en arri\u00e8re et \u00e0 faire feu sur les politiciens \u00e0 bonne distance. Cette conduite est plus fr\u00e9quente dans les mauvais moments que dans les bons. Un r\u00f4le que le public a toujours \u00e9t\u00e9 heureux de laisser aux politiciens est sans contredit celui de bouc \u00e9missaire des maux de la soci\u00e9t\u00e9. Et c&rsquo;est un peu la faute des politiciens. Lorsque tout va bien, ils s&rsquo;attribuent le m\u00e9rite de faire briller le soleil. Ils doivent donc s&rsquo;attendre \u00e0 encaisser certains reproches irraisonnables s&rsquo;il vient \u00e0 pleuvoir.<\/p>\n<p>Pourtant, il ne suffit pas, selon Walter Lippmann, d&rsquo;avoir une pi\u00e8tre opinion des politiciens et de parler en baissant la voix des \u00e9lecteurs. Nombre des probl\u00e8mes avec lesquels nos repr\u00e9sentants \u00e9lus sont aux prises &#8211; l&rsquo;inflation par exemple &#8211; ont leur cause premi\u00e8re dans le comportement de la soci\u00e9t\u00e9 en g\u00e9n\u00e9ral. Nous avons contract\u00e9 la paresseuse habitude de nous d\u00e9charger de toutes nos faiblesses sur les politiciens, puis de les bl\u00e2mer lorsqu&rsquo;ils sont impuissants \u00e0 y rem\u00e9dier sans notre collaboration. Une grande part du d\u00e9senchantement que provoque d&rsquo;ordinaire dans le public l&rsquo;activit\u00e9 politique tient au fait qu&rsquo;on lui en demande trop et que l&rsquo;on compte sur elle pour faire des choses dont nous devrions nous charger nous-m\u00eames.<\/p>\n<p>Les philosophes de l&rsquo;ancienne Rome ont \u00e9labor\u00e9 la th\u00e9orie que la d\u00e9mocratie repose sur un contrat non \u00e9crit entre l&rsquo;\u00c9tat et les citoyens. L&rsquo;\u00c9tat s&rsquo;engage \u00e0 garantir les droits du citoyen\u00a0; en retour, le citoyen s&rsquo;oblige \u00e0 assumer une part de la charge commune d&rsquo;assurer l&rsquo;ordre, la prosp\u00e9rit\u00e9 et la d\u00e9fense de l&rsquo;\u00c9tat. Ce n&rsquo;est pas simplement une th\u00e9orie &#8211; mais un fait historique &#8211; que s&rsquo;ils abdiquent leurs responsabilit\u00e9s, les citoyens mettent leurs droits en danger. Le vide que cr\u00e9e leur d\u00e9mission ne peut \u00eatre combl\u00e9 que par l&rsquo;autoritarisme ou la loi de la populace, ou encore par un dangereux m\u00e9lange de ces deux fl\u00e9aux.<\/p>\n<p>Lorsqu&rsquo;une telle d\u00e9b\u00e2cle se produit, c&rsquo;est g\u00e9n\u00e9ralement parce que les personnes int\u00e9ress\u00e9es se sont montr\u00e9es incapables d&rsquo;\u00e9difier un r\u00e9gime qui s&rsquo;efforce vraiment de r\u00e9aliser le \u00ab\u00a0plus grand bien du plus grand nombre\u00a0\u00bb. Ou, si elles l&rsquo;ont \u00e9difi\u00e9, qu&rsquo;elles ont n\u00e9glig\u00e9 de bien l&rsquo;entretenir. Le seul moyen connu pour faire fonctionner la d\u00e9mocratie est cette activit\u00e9 fort calomni\u00e9e qui se nomme la politique. \u00ab\u00a0La politique\u00a0! s&rsquo;exclamait le grand journaliste Grattan O&rsquo;Leary, c&rsquo;est notre mani\u00e8re de vivre. Elle en est le fondement, la base.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Selon les propres paroles d&rsquo;O&rsquo;Leary, \u00ab\u00a0nous devons amener nos jeunes gens, avant tout, \u00e0 comprendre qu&rsquo;ils sont individuellement responsables de ce qui se passe dans leur pays, dans leur collectivit\u00e9. Si nous y parvenons et que nous nous efforcions ensuite de choisir les meilleurs talents pour nous repr\u00e9senter dans nos l\u00e9gislatures, notre Parlement, et que nous leur accordions une chance raisonnable de diriger le gouvernement, je pense que notre d\u00e9mocratie pourra marcher. La v\u00e9rit\u00e9 s&rsquo;impose, \u00e0 mon avis, qu&rsquo;un bon gouvernement ne peut exister dans un pays sans qu&rsquo;il vienne du peuple lui-m\u00eame, du peuple qui r\u00e9alise qu&rsquo;il a une responsabilit\u00e9.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Avec notre manie de nous plaindre de l&rsquo;inefficacit\u00e9 de notre syst\u00e8me politique, de d\u00e9nigrer les politiciens en leur demandant tout de m\u00eame d&rsquo;en faire davantage, avec notre habitude de crier et de rousp\u00e9ter pour d\u00e9fendre nos int\u00e9r\u00eats particuliers et d&rsquo;oublier les int\u00e9r\u00eats des autres, combien d&rsquo;entre nous font honneur \u00e0 cette responsabilit\u00e9\u00a0?<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"author":86,"featured_media":0,"template":"","categories":[1],"rbc_letter_theme":[],"rbc_letter_year":[62],"class_list":["post-2439","rbc_letter","type-rbc_letter","status-publish","hentry","category-uncategorized","rbc_letter_year-62"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO Premium plugin v27.2 (Yoast SEO v27.2) - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-premium-wordpress\/ -->\n<title>Vol. 62, N\u00b0 5 - Sept.\/Oct. 1981 - \u00c0 la d\u00e9fense de la politique - RBC<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-62-n-5-sept-oct-1981-a-la-defense-de-la-politique\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Vol. 62, N\u00b0 5 - Sept.\/Oct. 1981 - \u00c0 la d\u00e9fense de la politique\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"La politique est essentielle \u00e0 la vie d&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9 libre. 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