{"id":2436,"date":"1997-03-01T06:00:00","date_gmt":"1997-03-01T06:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-78-n-2-printemps-1997-eloge-de-la-connaissance\/"},"modified":"2025-05-30T15:14:52","modified_gmt":"2025-05-30T15:14:52","slug":"vol-78-n-2-printemps-1997-eloge-de-la-connaissance","status":"publish","type":"rbc_letter","link":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-78-n-2-printemps-1997-eloge-de-la-connaissance\/","title":{"rendered":"Vol. 78, N\u00b0 2 &#8211; Printemps 1997 &#8211; \u00c9loge de la connaissance"},"content":{"rendered":"\n<section class=\"wp-block-rbc-section-block  pos-rel\" style=\"border-radius:0px\">\n<div class=\"wp-block-rbc-section-inner-block  section-inner\" style=\"border-radius:0x\">\n<p><a href=\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/5\/2022\/08\/printemps1997.pdf\" data-dig-id=\"LP-Uncategorized-2436-e6e81288\" data-dig-category=\"LP-Uncategorized\" data-dig-action=\"link click\" data-dig-label=\"T\u00e9l\u00e9chargez la version PDF\" class=\"rbc-link-format pdf-link\" data-icon-class=\"pdf-link\">T\u00e9l\u00e9chargez la version PDF<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Rien n\u2019est plus doux que d\u2019apprendre, si ce n\u2019est le plaisir de partager ce que l\u2019on a appris. Comble de chance, la connaissance joue un r\u00f4le non n\u00e9gligeable dans la qu\u00eate la plus ancienne de l\u2019humanit\u00e9&nbsp;: celle du bonheur&nbsp;\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00eatre humain s\u2019engage sur la voie de la connaissance avant m\u00eame de savoir marcher. Les tout-petits sont d\u2019intr\u00e9pides explorateurs, comme n\u2019importe quel parent pourra vous le confirmer. Dans le cadre de leur enqu\u00eate permanente sur le merveilleux monde des grands. Ils d\u00e9mant\u00e8lent leurs jouets, d\u00e9potent vos plantes, retournent chaque tiroir, ravagent tous les placards. Pour d\u00e9routantes qu\u2019elles nous paraissent, leurs exp\u00e9riences illustrent l\u2019un des traits les plus nobles de la race humaine&nbsp;: le go\u00fbt d\u2019apprendre.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette curiosit\u00e9 insatiable est aussi la marque distinctive des g\u00e9nies que l\u2019histoire qualifie d\u2019universels. Aristote, L\u00e9onard de Vinci, Biaise Pascal et Albert Einstein, pour ne citer que ces figures embl\u00e9matiques, ont pass\u00e9 leur vie \u00e0 explorer le monde dans lequel ils vivaient, n\u2019h\u00e9sitant jamais \u00e0 s\u2019aventurer hors de leurs sentiers habituels pour trouver r\u00e9ponse \u00e0 leurs innombrables questions. Ils ont ainsi accumul\u00e9 un savoir inou\u00ef dans toutes les branches de la connaissance, sans jamais assouvir pleinement leur app\u00e9tit. Leur vie durant, ils n\u2019ont cess\u00e9 d\u2019apprendre.<\/p>\n\n\n\n<p>Que devient cette capacit\u00e9 d\u2019\u00e9merveillement chez le mortel ordinaire&nbsp;? \u00c9rod\u00e9e dans l\u2019enfance par des parents impatients&nbsp;\u2026 \u00ab&nbsp;Je ne veux pas le savoir. Arr\u00eate tout de suite.&nbsp;\u00bb&nbsp;\u2026 et des professeurs born\u00e9s, elle ne subsiste en g\u00e9n\u00e9ral qu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9tat latent chez l\u2019adulte. Quand d\u2019aventure, le remord tente de l\u2019arracher \u00e0 ses limbes&nbsp;\u2026 \u00ab&nbsp;Je devrais vraiment \u00e9tudier cela plus \u00e0 fond&nbsp;\u00bb&nbsp;\u2026 son filet de voix est noy\u00e9 dans le tumulte des distractions quotidiennes.<\/p>\n\n\n\n<p>Chez une minorit\u00e9, on observe m\u00eame une sorte d\u2019allergie \u00e0 l\u2019instruction motiv\u00e9e par la peur de passer pour un \u00ab&nbsp;intellectuel&nbsp;\u00bb. Il est vrai que de nos jours, on tire mieux son \u00e9pingle du jeu social en affectant l\u2019ignorance qu\u2019en \u00e9talant, m\u00eame d\u00e9licatement, une somme cons\u00e9quente de connaissances. Aupr\u00e8s d\u2019un public \u00e2g\u00e9, cela vous donne l\u2019air d\u2019un snob ou d\u2019un frimeur&nbsp;; quant aux jeunes, ils vous trouvent vaguement comique, sinon franchement bizarre.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans un monde qui prise plus la force physique que l\u2019agilit\u00e9 intellectuelle, ce m\u00e9pris pour les choses de l\u2019esprit et ceux qui les d\u00e9fendent n\u2019est pas pour surprendre. L\u2019argent, mesure de toute grandeur dans notre soci\u00e9t\u00e9, r\u00e9compense richement la beaut\u00e9 d\u2019un chanteur populaire ou la vigueur d\u2019un athl\u00e8te, rarement la finesse d\u2019un philosophe.<\/p>\n\n\n\n<p>Si tant de gens ne font aucun effort pour se cultiver, c\u2019est aussi parce que notre soci\u00e9t\u00e9 confond \u00e9ducation et instruction. Une fois le dernier manuel scolaire referm\u00e9, croit-on, l\u2019apprentissage est termin\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>On s\u2019attend certes \u00e0 retourner en classe de temps en temps pour rafra\u00eechir ou enrichir ses connaissances techniques ou commerciales. Mais il s\u2019agira d\u2019une simple mise \u00e0 niveau, non d\u2019un \u00e9largissement de cette culture dite g\u00e9n\u00e9rale qui permet d\u2019interpr\u00e9ter le monde et m\u00eame, l\u2019univers.<\/p>\n\n\n\n<p>Le cynique moderne ricane lorsqu\u2019on lui annonce qu\u2019il vit \u00e0 \u00ab&nbsp;l\u2019\u00e8re de l\u2019information&nbsp;\u00bb. Il parlerait plus volontiers de d\u00e9sinformation tant la connaissance lui para\u00eet d\u00e9valoris\u00e9e dans la soci\u00e9t\u00e9 occidentale contemporaine. L\u2019\u00e9pine dorsale de notre culture&nbsp;\u00bb, c\u2019est le livre (ou pour faire moderne, le c\u00e9d\u00e9rom) de conseils terre \u00e0 terre qui apporte \u00e0 son lecteur un savoir \u00e9ph\u00e9m\u00e8re, jetable apr\u00e8s usage comme un papier-mouchoir. Quel rapport avec la connaissance dont nous avons besoin pour nous \u00e9panouir pleinement et qu\u2019il nous faut non seulement conserver, mais encore augmenter ann\u00e9e apr\u00e8s ann\u00e9e&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Que la masse des connaissances en circulation ait atteint des proportions astronomiques, il suffit de pousser la porte d\u2019une grande librairie pour s\u2019en convaincre. Le probl\u00e8me, c\u2019est que la plupart des gens ont tendance \u00e0 limiter le champ de leur savoir \u00e0 mesure qu\u2019ils l\u2019approfondissent. Ils se concentrent sur leur m\u00e9tier et leurs loisirs au d\u00e9triment de tout le reste. Tel analyste financier peut vous r\u00e9citer les taux d\u2019endettement de toutes les entreprises d\u2019une branche, mais confond Rigoletto et rigatoni. Tel amateur de hockey conna\u00eet les statistiques des meilleurs marqueurs de la ligue depuis Newsy Lalonde, mais ne lui demandez pas dans quelle province se trouve l\u2019Universit\u00e9 de la Saskatchewan&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\" id=\"h-tel-analyste-financier-peut-vous-reciter-les-taux-d-endettement-de-toutes-les-entreprises-d-une-branche-mais-confond-rigoletto-et-rigatoni\">Tel analyste financier peut vous r\u00e9citer les taux d\u2019endettement de toutes les entreprises d\u2019une branche, mais confond Rigoletto et rigatoni.<\/h3>\n\n\n\n<p>Certains indices laissent n\u00e9anmoins esp\u00e9rer que l\u2019envie d\u2019apprendre au sens large r\u00e9siste au rouleau compresseur de l\u2019ignorance revendiqu\u00e9e et de l\u2019hyper-sp\u00e9cialisation. L\u2019engouement pour l\u2019Internet, par exemple. Les internautes amateurs glanent quantit\u00e9 de perles de savoir dans leurs plong\u00e9es au coeur de l\u2019oc\u00e9an virtuel, tandis que les grands navigateurs accumulent des tr\u00e9sors d\u2019information en explorant ses pages et bases de donn\u00e9es. M\u00eame ceux qui se limitent \u00e0 bavarder par courrier \u00e9lectronique troquent des renseignements, sans en avoir pleinement conscience.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 un niveau plus banal, la popularit\u00e9 du livre&nbsp;<em>Guinness des records<\/em>, des jeux-questionnaires t\u00e9l\u00e9vis\u00e9s et de&nbsp;<em>Quelques arpents de pi\u00e8ges&nbsp;<\/em>t\u00e9moigne aussi du plaisir inn\u00e9 qu\u2019\u00e9prouvent les membres de notre esp\u00e8ce \u00e0 s\u2019informer et \u00e0 comparer leurs savoirs. Les mots crois\u00e9s dont se r\u00e9galent tant de lecteurs de journaux ne sont qu\u2019une des multiples fa\u00e7ons que nous avons trouv\u00e9es de mesurer notre connaissance.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\" id=\"h-le-plaisir-en-soi\">Le plaisir en soi<\/h3>\n\n\n\n<p>Ce que nous apprenons ainsi m\u00e9rite-t-il de l\u2019\u00eatre&nbsp;? Toute la question est l\u00e0. \u00c0 quoi bon, apr\u00e8s tout, accumuler fr\u00e9n\u00e9tiquement des faits sans rapport les uns avec les autres, comme on collectionnerait des bo\u00eetes d\u2019allumettes&nbsp;? Cela peut-il servir \u00e0 autre chose qu\u2019\u00e0 entretenir la conversation avec d\u2019autres maniaques de l\u2019anecdote historique croustillante ou du fait divers \u00e9vanescent&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Ces miettes de culture ne sont pas aussi n\u00e9gligeables qu\u2019il y para\u00eet \u00e0 premi\u00e8re vue&nbsp;; le plaisir procur\u00e9 par leur r\u00e9colte et leur partage peut en effet aiguiser l\u2019app\u00e9tit pour des nourritures intellectuelles plus substantielles. Comme souvent dans la vie, une chose \u2013 en l\u2019occurrence, une information \u2013 m\u00e8ne \u00e0 une autre, et chaque progr\u00e8s invite \u00e0 pers\u00e9v\u00e9rer dans la bonne direction, pour paraphraser le bon docteur Samuel Johnson. Ce grand penseur de l\u2019\u00e9poque classique croyait du reste que rien n\u2019est si insignifiant qu\u2019on puisse se dispenser de l\u2019apprendre.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Comme l\u2019\u00e9merveillement qui en est le germe, la connaissance est un plaisir en soi.&nbsp;\u00bb Francis Bacon, l\u2019auteur de cette promesse, aurait pu ajouter que ce plaisir en engendre d\u2019autres, d\u2019autant plus nombreux qu\u2019on le cultive assid\u00fbment. B\u00e9ni soit le hasard qui nous r\u00e9v\u00e8le, en m\u00eame temps que les grands myst\u00e8res, tant de petits secrets&nbsp;! Quiconque s\u2019informe sur un sujet a toutes les chances d\u2019apprendre une foule de d\u00e9tails savoureux sur quantit\u00e9 d\u2019autres th\u00e8mes. La mine du savoir est un gisement in\u00e9puisable qui produit, non seulement de l\u2019or, mais aussi de l\u2019argent, du nickel et du cuivre.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\" id=\"h-savoir-qu-on-ne-sait-pas\">Savoir qu\u2019on ne sait pas<\/h3>\n\n\n\n<p>Partager ce qu\u2019on a appris d\u00e9cuple le plaisir d\u2019apprendre, mais il faut savoir mod\u00e9rer ses transports. La trop humaine envie de briller nous tend h\u00e9las&nbsp;! un pi\u00e8ge affreux que Mark Twain, l\u2019humoriste am\u00e9ricain par excellence, a parfaitement saisi dans ce superbe trait d\u2019autod\u00e9rision&nbsp;: \u00ab&nbsp;Je pr\u00e9f\u00e8re mon ignorance au savoir d\u2019un autre parce que j\u2019en ai tellement plus\u2026 Moins j\u2019en sais, plus je suis tranquille, et plus je peux jeter de lumi\u00e8re sur le sujet.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Ce fin observateur de la nature humaine \u00e9pinglait l\u00e0 un travers tr\u00e8s courant chez ceux qui nous infligent pour un oui ou un non de grandes d\u00e9monstrations d\u2019\u00e9rudition&nbsp;: la t\u00e9m\u00e9raire injection d\u2019une forte dose de sp\u00e9culation dans le discours pour suppl\u00e9er aux faits manquants. Les v\u00e9ritables \u00e9rudits traitent leur savoir comme un compte de banque&nbsp;; ils ne se vantent jamais de ce qu\u2019ils y ont en d\u00e9p\u00f4t, se contentant d\u2019y puiser au besoin.<\/p>\n\n\n\n<p>S\u2019il est vrai qu\u2019un peu de connaissance rend facilement vaniteux, l\u2019humilit\u00e9 vient plus naturellement que l\u2019orgueil aux vrais serviteurs de la science. Car par un curieux paradoxe de la connaissance, \u00ab&nbsp;plus notre savoir augmente, et plus notre ignorance grandit&nbsp;\u00bb, selon le joli aphorisme de John E Kennedy.<\/p>\n\n\n\n<p>Savoir qu\u2019on ne sait pas, tel est le signe de la maturit\u00e9 intellectuelle. Il suffit d\u2019\u00e9tudier un tant soit peu l\u2019astronomie, par exemple, pour se convaincre que l\u2019humanit\u00e9 ne conna\u00eetra jamais plus qu\u2019une petite fraction de son univers. Et le plus brillant de ses membres, beaucoup moins&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>Faut-il pour autant renoncer \u00e0 apprendre tout ce que nous pouvons&nbsp;? Bien s\u00fbr que non&nbsp;; l\u2019humilit\u00e9 que nous inculque le sentiment de notre ignorance devrait au contraire nous aiguillonner, \u00e0 l\u2019image de ce sage \u00e0 qui on avait demand\u00e9 comment il \u00e9tait devenu un puits de science. \u00ab&nbsp;J\u2019\u00e9tais si conscient de mon ignorance que je ne pouvais m\u2019emp\u00eacher d\u2019essayer d\u2019y porter rem\u00e8de&nbsp;\u00bb, avait-il r\u00e9pondu.<\/p>\n\n\n\n<p>John Locke disait pour sa part avoir appris le peu qu\u2019il savait parce qu\u2019il n\u2019avait pas peur de poser des questions. Il compl\u00e9tait ses tr\u00e8s \u00e9clectiques lectures en interrogeant des gens de tous milieux et m\u00e9tiers sur leur activit\u00e9. Comme lui, le bon \u00e9l\u00e8ve est d\u2019abord un auditeur attentif&nbsp;; il \u00e9coute ce que l\u2019autre a \u00e0 dire au lieu d\u2019\u00e9taler sa confiture culturelle, sachant que chaque conversation lui offre une chance non seulement d\u2019accro\u00eetre son savoir, mais aussi de l\u2019\u00e9purer des id\u00e9es re\u00e7ues.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour la plupart des gens, un chercheur est un \u00eatre herm\u00e9tique qui pr\u00e9f\u00e8re la compagnie des livres (ou d\u2019un ordinateur) \u00e0 celle des autres humains. Il est vrai que beaucoup se coupent volontairement du monde ext\u00e9rieur sous pr\u00e9texte d\u2019\u00e9viter les distractions. Mais leur isolement, en les privant des lumi\u00e8res que d\u2019autres esprits cultiv\u00e9s pourraient jeter sur leurs donn\u00e9es, les emp\u00eache de consolider leurs positions et plus encore, d\u2019\u00e9largir leur horizon. Leur science est comme l\u2019eau d\u2019une mare stagnante, condamn\u00e9e \u00e0 s\u2019envaser tant que d\u2019autres courants de pens\u00e9e ne s\u2019y infiltreront pas.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\" id=\"h-la-connaissance-libere-des-prejuges\">La connaissance lib\u00e8re des pr\u00e9jug\u00e9s<\/h3>\n\n\n\n<p>La connaissance au sens le plus pur est n\u00e9cessairement exacte et compl\u00e8te. Pr\u00e9cision qui n\u2019est pas superflue \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 l\u2019information vire facilement \u00e0 la d\u00e9sinformation et l\u2019histoire \u00e0 la propagande, o\u00f9 les faits sont \u00ab&nbsp;ajust\u00e9s&nbsp;\u00bb aux imp\u00e9ratifs politiques et commerciaux du moment, o\u00f9 les demi-v\u00e9rit\u00e9s calcul\u00e9es masquent des mensonges d\u00e9lib\u00e9r\u00e9s. En confrontant nos th\u00e8ses \u00e0 celles des autres, la discussion nous aide \u00e0 valider ce que nous savons \u2013 ou croyons savoir. Nous observons tous le monde au travers d\u2019un voile plus ou moins \u00e9pais de pr\u00e9jug\u00e9s et de clich\u00e9s&nbsp;; du choc civilis\u00e9 des id\u00e9es jaillit la lumi\u00e8re qui d\u00e9chire cet \u00e9cran.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette qu\u00eate de la v\u00e9rit\u00e9, nous pourrions avantageusement la modeler sur la d\u00e9marche scientifique. Le savant, en effet, ne tient rien pour acquis. Il s\u2019oblige \u00e0 contr\u00f4ler chaque hypoth\u00e8se par l\u2019exp\u00e9rience ou l\u2019observation et rejette sans piti\u00e9 ce qui contredit les faits av\u00e9r\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Un fait est compatible avec tous les autres faits r\u00e9els, \u00e9crivait Thomas H. Huxley, l\u2019une des sommit\u00e9s scientifiques du XIXe si\u00e8cle. Un mensonge n\u2019est compatible qu\u2019avec un autre mensonge.&nbsp;\u00bb Il pr\u00f4nait l\u2019application de la m\u00e9thode scientifique \u00e0 toutes les cat\u00e9gories de la connaissance au motif que \u00ab&nbsp;la seule chose qui puisse soulager l\u2019humanit\u00e9 de ses maux est la v\u00e9rit\u00e9, en pens\u00e9e et en actes&nbsp;: la volont\u00e9 de voir le monde d\u00e9pouill\u00e9 de tous les ornements de l\u2019illusion.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\" id=\"h-le-partage-de-la-connaissance-c-est-le-seul-bien-qu-on-puisse-ceder-sans-en-perdre-la-propriete\">Le partage de la connaissance&nbsp;\u2026&nbsp;\u2026 C\u2019est le seul bien qu\u2019on puisse c\u00e9der sans en perdre la propri\u00e9t\u00e9.<\/h3>\n\n\n\n<p>Le fait av\u00e9r\u00e9 est l\u2019ennemi mortel du dogme et de l\u2019id\u00e9ologie. Il suffit d\u2019un d\u00e9tail contredisant les all\u00e9gations mensong\u00e8res du pouvoir pour faire vaciller son autorit\u00e9. Voil\u00e0 pourquoi le citoyen responsable d\u2019une d\u00e9mocratie se doit d\u2019avoir une connaissance approfondie et objective de l\u2019histoire et des affaires publiques. Dans un r\u00e9gime qui conf\u00e8re le pouvoir supr\u00eame \u00e0 l\u2019\u00e9lecteur, le citoyen inculte est la proie naturelle du d\u00e9magogue et du manipulateur. Et on ne voit pas bien comment des ignorants deviendraient collectivement sages \u00e0 l\u2019heure de voter.<\/p>\n\n\n\n<p>La connaissance lib\u00e8re l\u2019esprit de l\u2019emprise brutale des pr\u00e9jug\u00e9s. Savoir et intol\u00e9rance sont incompatibles&nbsp;: s\u2019il est une chose, en effet, qu\u2019une culture solide apporte \u00e0 l\u2019\u00eatre qui la poss\u00e8de, c\u2019est la certitude qu\u2019aucune formule ne d\u00e9crit mieux que \u00ab&nbsp;mes semblables&nbsp;\u00bb les hommes, femmes et enfants de cette plan\u00e8te, quelle que soit la couleur de leur peau. Tout comprendre, c\u2019est ne rien ha\u00efr, disait l\u2019\u00e9crivain fran\u00e7ais Romain Rolland. De la connaissance mutuelle des coutumes et religions na\u00eet la compr\u00e9hension mutuelle qui constitue le meilleur rempart contre les horreurs de la guerre civile.<\/p>\n\n\n\n<p>Francis Bacon, le moraliste que nous avons cit\u00e9 plus haut, \u00e9tait aussi un habile avocat et un \u00e9minent homme politique. La maxime \u00ab&nbsp;savoir, c\u2019est pouvoir&nbsp;\u00bb appara\u00eet sous sa plume au tournant du XVIIe si\u00e8cle. Sans parler du chantage, il y a effectivement des connaissances qui facilitent grandement l\u2019ascension dans les hautes sph\u00e8res de la politique, des affaires ou d\u2019une profession. Ne serait-ce qu\u2019en affinant la capacit\u00e9 de jugement&nbsp;: savoir ce qui a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 tent\u00e9 est d\u2019un puissant secours pour d\u00e9cider ce qui devrait l\u2019\u00eatre. La voie de la connaissance est sem\u00e9e d\u2019avertissements non \u00e9quivoques sur les routes \u00e0 \u00e9viter \u00e0 tout prix pour ne pas r\u00e9p\u00e9ter les erreurs de nos pr\u00e9d\u00e9cesseurs.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"table-complex wp-block-rbc-complex-table-block\"><table><tbody><tr><td data-priority=\"\"><\/td><\/tr><tr><td data-priority=\"\">La facult\u00e9 de \u00ab&nbsp;savoir comment employer son savoir&nbsp;\u00bb n\u2019est pas offerte \u00e0 tout le monde. Science n\u2019est pas conscience&nbsp;: elle n\u2019en est que le pr\u00e9alable incontournable.<\/td><\/tr><tr><td data-priority=\"\"><\/td><\/tr><\/tbody><\/table><\/div>\n\n\n\n<p>John Locke \u00e9tait persuad\u00e9 que l\u2019esprit doit boire \u00e0 toutes les sources de la connaissance pour d\u00e9velopper pleinement ses facult\u00e9s. Autrement dit, la culture g\u00e9n\u00e9rale est le fondement de la rationalit\u00e9. Elle propose des crit\u00e8res d\u2019\u00e9valuation et des points de comparaison qui clarifient les enjeux&nbsp;; elle enseigne que rien ou presque n\u2019est tout blanc ou tout noir et qu\u2019il faut se garder de la tentation de simplifier \u00e0 outrance les situations ambigu\u00ebs.<\/p>\n\n\n\n<p>La connaissance fait de meilleurs parents, de meilleurs amis, de meilleurs mentors. Cette \u00e9vidence est en soi une raison plus que suffisante pour poursuivre son \u00e9ducation toute sa vie. Pensez aux services que vous pourriez rendre \u00e0 ceux que vous aimez, et vous vous sentirez presque oblig\u00e9 d\u2019apprendre le maximum sur le plus grand nombre possible de sujets. Le partage de la connaissance procure un plaisir exquis et ne prive le donateur de rien. C\u2019est le seul bien qu\u2019on puisse c\u00e9der sans en perdre la propri\u00e9t\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Le savoir est pour n\u2019importe quelle nation le fondement le plus s\u00fbr de la tranquillit\u00e9 publique&nbsp;\u00bb, estimait George Washington. Le premier pr\u00e9sident am\u00e9ricain faisait allusion \u00e0 l\u2019enseignement universel, mais le bien commun exige aussi une \u00e9ducation familiale soign\u00e9e. La soci\u00e9t\u00e9 id\u00e9ale \u00e9quiperait chaque maison d\u2019une encyclop\u00e9die, comme la n\u00f4tre y installe le t\u00e9l\u00e9phone. (Sur la d\u00e9licate question de savoir si elle devrait \u00eatre \u00e9lectronique, je me permettrai une seule remarque&nbsp;: tant que l\u2019essentiel du savoir humain sera \u00ab&nbsp;stock\u00e9&nbsp;\u00bb sur papier, mieux vaudrait que les enfants s\u2019habituent jeunes \u00e0 lire des livres. Du reste, il n\u2019y a pas de moyen d\u2019information plus convivial. Essayez seulement d\u2019emporter un ordinateur au lit, et vous verrez&nbsp;!)<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\" id=\"h-de-la-sagesse-au-bonheur\">De la sagesse au bonheur<\/h3>\n\n\n\n<p>Si la connaissance est essentielle au bien commun, est-elle aussi n\u00e9cessaire au bonheur individuel qui est, tout compte fait, l\u2019objectif primordial de chacun d\u2019entre nous&nbsp;? Conscient de la malice et de l\u2019aveuglement t\u00eatu de ses semblables, le po\u00e8te John Keats en attendait tout au plus une certaine s\u00e9r\u00e9nit\u00e9&nbsp;: \u00ab&nbsp;La connaissance est indispensable au penseur \u2013 elle calme la fi\u00e8vre et l\u2019agitation, elle aide, en \u00e9largissant le champ de la r\u00e9flexion, \u00e0 all\u00e9ger le fardeau du chagrin.&nbsp;\u00bb Plus tard, son compatriote H.G. Wells opinera que le savoir est toujours pr\u00e9f\u00e9rable \u00e0 l\u2019ignorance m\u00eame si l\u2019exp\u00e9rience est parfois fort d\u00e9cevante, car \u00ab&nbsp;il n\u2019y a que la connaissance pour nous faire sortir des cages de la vie&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce qu\u2019on peut ajouter \u00e0 ce double constat, c\u2019est que la connaissance fait reculer l\u2019angoisse diffuse qu\u2019entretient l\u2019ignorance. On a m\u00eame dit qu\u2019elle \u00e9tait le seul antidote efficace de la peur. Ne pas savoir nous condamne \u00e0 d\u00e9cider en toute m\u00e9connaissance de cause. \u00ab&nbsp;L\u2019homme perd sa route la nuit plus facilement qu\u2019au cr\u00e9puscule et au cr\u00e9puscule plus facilement qu\u2019en plein jour&nbsp;\u00bb, observait fort \u00e0 propos le logicien et th\u00e9ologien anglais Richard Whately au si\u00e8cle dernier.<\/p>\n\n\n\n<p>Les gens tr\u00e8s bien inform\u00e9s savent (ou devraient savoir) ce qui les guette. Ils sont plus sereins que la plupart de leurs contemporains, et plus s\u00fbrs de la justesse de leurs d\u00e9cisions. L\u2019exemple des vertus et des vices de leurs anc\u00eatres les incite naturellement \u00e0 la ma\u00eetrise de soi, qualit\u00e9 indispensable au bonheur s\u2019il en est.<\/p>\n\n\n\n<p>La connaissance est peut-\u00eatre la seule source de plaisir qui croisse avec l\u2019\u00e2ge, ce qui n\u2019est pas \u00e0 d\u00e9daigner dans un monde o\u00f9 la vie active tend \u00e0 r\u00e9tr\u00e9cir presque aussi vite que la vie tout court augmente. Par chance, elle coule aujourd\u2019hui plus abondamment que jamais dans l\u2019histoire, les nouvelles rivi\u00e8res \u00e9lectroniques comme la t\u00e9l\u00e9vision et Internet ajoutant leur flot d\u2019images et de donn\u00e9es au fleuve ancien des mots imprim\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019eau de cette fontaine continue d\u2019irriguer l\u2019esprit lorsque le corps us\u00e9 par les ans s\u2019ab\u00eeme dans l\u2019inaction, nous pr\u00e9servant du cauchemar de l\u2019ennui. Et il arrive qu\u2019elle y fasse fleurir la plus grande gloire de la vieillesse&nbsp;: la sagesse.<\/p>\n\n\n\n<p>La facult\u00e9 de \u00ab&nbsp;savoir comment employer son savoir&nbsp;\u00bb n\u2019est pas offerte \u00e0 tout le monde. Science n\u2019est pas conscience&nbsp;; elle n\u2019en est que le pr\u00e9alable incontournable. Mais l\u2019esprit qui fait cet ultime apprentissage est pleinement r\u00e9compens\u00e9 de tous ses efforts. Car la sagesse est, selon les termes du po\u00e8te grec Sophocle, \u00ab&nbsp;la part supr\u00eame du bonheur&nbsp;\u00bb.<\/p>\n<\/div>\n<\/section>\n","protected":false},"author":79,"featured_media":0,"template":"","categories":[1],"rbc_letter_theme":[],"rbc_letter_year":[54],"class_list":["post-2436","rbc_letter","type-rbc_letter","status-publish","hentry","category-uncategorized","rbc_letter_year-54"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO Premium plugin v27.4 (Yoast SEO v27.4) - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-premium-wordpress\/ -->\n<title>Vol. 78, N\u00b0 2 - Printemps 1997 - \u00c9loge de la connaissance - RBC<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-78-n-2-printemps-1997-eloge-de-la-connaissance\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Vol. 78, N\u00b0 2 - Printemps 1997 - \u00c9loge de la connaissance\" \/>\n<meta property=\"og:url\" content=\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-78-n-2-printemps-1997-eloge-de-la-connaissance\/\" \/>\n<meta property=\"og:site_name\" content=\"RBC\" \/>\n<meta property=\"article:modified_time\" content=\"2025-05-30T15:14:52+00:00\" \/>\n<meta name=\"twitter:card\" content=\"summary_large_image\" \/>\n<meta name=\"twitter:label1\" content=\"Est. reading time\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data1\" content=\"15 minutes\" \/>\n<script type=\"application\/ld+json\" class=\"yoast-schema-graph\">{\"@context\":\"https:\\\/\\\/schema.org\",\"@graph\":[{\"@type\":\"WebPage\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.rbc.com\\\/fr\\\/notre-compagnie\\\/histoire\\\/bulletin\\\/vol-78-n-2-printemps-1997-eloge-de-la-connaissance\\\/\",\"url\":\"https:\\\/\\\/www.rbc.com\\\/fr\\\/notre-compagnie\\\/histoire\\\/bulletin\\\/vol-78-n-2-printemps-1997-eloge-de-la-connaissance\\\/\",\"name\":\"Vol. 78, N\u00b0 2 - Printemps 1997 - \u00c9loge de la connaissance - RBC\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.rbc.com\\\/fr\\\/#website\"},\"datePublished\":\"1997-03-01T06:00:00+00:00\",\"dateModified\":\"2025-05-30T15:14:52+00:00\",\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"ReadAction\",\"target\":[\"https:\\\/\\\/www.rbc.com\\\/fr\\\/notre-compagnie\\\/histoire\\\/bulletin\\\/vol-78-n-2-printemps-1997-eloge-de-la-connaissance\\\/\"]}]},{\"@type\":\"WebSite\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.rbc.com\\\/fr\\\/#website\",\"url\":\"https:\\\/\\\/www.rbc.com\\\/fr\\\/\",\"name\":\"RBC\",\"description\":\"\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"SearchAction\",\"target\":{\"@type\":\"EntryPoint\",\"urlTemplate\":\"https:\\\/\\\/www.rbc.com\\\/fr\\\/?s={search_term_string}\"},\"query-input\":{\"@type\":\"PropertyValueSpecification\",\"valueRequired\":true,\"valueName\":\"search_term_string\"}}],\"inLanguage\":\"fr-FR\"}]}<\/script>\n<!-- \/ Yoast SEO Premium plugin. -->","yoast_head_json":{"title":"Vol. 78, N\u00b0 2 - Printemps 1997 - \u00c9loge de la connaissance - RBC","robots":{"index":"index","follow":"follow","max-snippet":"max-snippet:-1","max-image-preview":"max-image-preview:large","max-video-preview":"max-video-preview:-1"},"canonical":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-78-n-2-printemps-1997-eloge-de-la-connaissance\/","og_locale":"fr_FR","og_type":"article","og_title":"Vol. 78, N\u00b0 2 - Printemps 1997 - \u00c9loge de la connaissance","og_url":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-78-n-2-printemps-1997-eloge-de-la-connaissance\/","og_site_name":"RBC","article_modified_time":"2025-05-30T15:14:52+00:00","twitter_card":"summary_large_image","twitter_misc":{"Est. reading time":"15 minutes"},"schema":{"@context":"https:\/\/schema.org","@graph":[{"@type":"WebPage","@id":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-78-n-2-printemps-1997-eloge-de-la-connaissance\/","url":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-78-n-2-printemps-1997-eloge-de-la-connaissance\/","name":"Vol. 78, N\u00b0 2 - Printemps 1997 - \u00c9loge de la connaissance - RBC","isPartOf":{"@id":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/#website"},"datePublished":"1997-03-01T06:00:00+00:00","dateModified":"2025-05-30T15:14:52+00:00","inLanguage":"fr-FR","potentialAction":[{"@type":"ReadAction","target":["https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-78-n-2-printemps-1997-eloge-de-la-connaissance\/"]}]},{"@type":"WebSite","@id":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/#website","url":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/","name":"RBC","description":"","potentialAction":[{"@type":"SearchAction","target":{"@type":"EntryPoint","urlTemplate":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/?s={search_term_string}"},"query-input":{"@type":"PropertyValueSpecification","valueRequired":true,"valueName":"search_term_string"}}],"inLanguage":"fr-FR"}]}},"parsely":{"version":"1.1.0","canonical_url":"https:\/\/rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-78-n-2-printemps-1997-eloge-de-la-connaissance\/","smart_links":{"inbound":0,"outbound":0},"traffic_boost_suggestions_count":0,"meta":{"@context":"https:\/\/schema.org","@type":"NewsArticle","headline":"Vol. 78, N\u00b0 2 &#8211; Printemps 1997 &#8211; \u00c9loge de la connaissance","url":"http:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-78-n-2-printemps-1997-eloge-de-la-connaissance\/","mainEntityOfPage":{"@type":"WebPage","@id":"http:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-78-n-2-printemps-1997-eloge-de-la-connaissance\/"},"thumbnailUrl":"","image":{"@type":"ImageObject","url":""},"articleSection":"Uncategorized","author":[{"@type":"Person","name":"amandeepsingh"}],"creator":["amandeepsingh"],"publisher":{"@type":"Organization","name":"RBC","logo":""},"keywords":[],"dateCreated":"1997-03-01T06:00:00Z","datePublished":"1997-03-01T06:00:00Z","dateModified":"2025-05-30T15:14:52Z"},"rendered":"<script type=\"application\/ld+json\" class=\"wp-parsely-metadata\">{\"@context\":\"https:\\\/\\\/schema.org\",\"@type\":\"NewsArticle\",\"headline\":\"Vol. 78, N\\u00b0 2 &#8211; Printemps 1997 &#8211; \\u00c9loge de la connaissance\",\"url\":\"http:\\\/\\\/www.rbc.com\\\/fr\\\/notre-compagnie\\\/histoire\\\/bulletin\\\/vol-78-n-2-printemps-1997-eloge-de-la-connaissance\\\/\",\"mainEntityOfPage\":{\"@type\":\"WebPage\",\"@id\":\"http:\\\/\\\/www.rbc.com\\\/fr\\\/notre-compagnie\\\/histoire\\\/bulletin\\\/vol-78-n-2-printemps-1997-eloge-de-la-connaissance\\\/\"},\"thumbnailUrl\":\"\",\"image\":{\"@type\":\"ImageObject\",\"url\":\"\"},\"articleSection\":\"Uncategorized\",\"author\":[{\"@type\":\"Person\",\"name\":\"amandeepsingh\"}],\"creator\":[\"amandeepsingh\"],\"publisher\":{\"@type\":\"Organization\",\"name\":\"RBC\",\"logo\":\"\"},\"keywords\":[],\"dateCreated\":\"1997-03-01T06:00:00Z\",\"datePublished\":\"1997-03-01T06:00:00Z\",\"dateModified\":\"2025-05-30T15:14:52Z\"}<\/script>","tracker_url":"https:\/\/cdn.parsely.com\/keys\/rbc.com\/p.js"},"featured_img":false,"coauthors":[],"author_meta":{"author_link":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/author\/amandeepsingh\/","display_name":"amandeepsingh"},"relative_dates":{"created":"Publi\u00e9 29 ans il y a","modified":"Mis \u00e0 jour 11 mois il y a"},"absolute_dates":{"created":"Publi\u00e9 le 1 mars 1997","modified":"Mise \u00e0 jour le 30 mai 2025"},"absolute_dates_time":{"created":"Publi\u00e9 le 1 mars 1997 6:00  ","modified":"Mise \u00e0 jour le 30 mai 2025 3:14  "},"featured_img_caption":"","tax_additional":{"category":{"linked":["<a href=\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/category\/uncategorized\/\" class=\"advgb-post-tax-term\">Uncategorized<\/a>"],"unlinked":["<span class=\"advgb-post-tax-term\">Uncategorized<\/span>"],"slug":"category","name":"Cat\u00e9gories"},"rbc_letter_theme":{"linked":[],"unlinked":[],"slug":"rbc_letter_theme","name":"Themes"},"rbc_letter_year":{"linked":["<a href=\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/year\/1997\/\" class=\"advgb-post-tax-term\">1997<\/a>"],"unlinked":["<span class=\"advgb-post-tax-term\">1997<\/span>"],"slug":"rbc_letter_year","name":"Years"}},"series_order":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/rbc_letter\/2436","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/rbc_letter"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/rbc_letter"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/79"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/rbc_letter\/2436\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":7301,"href":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/rbc_letter\/2436\/revisions\/7301"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2436"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2436"},{"taxonomy":"rbc_letter_theme","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/rbc_letter_theme?post=2436"},{"taxonomy":"rbc_letter_year","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/rbc_letter_year?post=2436"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}