{"id":2432,"date":"1978-10-01T00:00:00","date_gmt":"1978-10-01T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-59-n-10-octobre-1978-les-sports-aujourdhui-dans-le-monde\/"},"modified":"2022-10-17T20:16:42","modified_gmt":"2022-10-17T20:16:42","slug":"vol-59-n-10-octobre-1978-les-sports-aujourdhui-dans-le-monde","status":"publish","type":"rbc_letter","link":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-59-n-10-octobre-1978-les-sports-aujourdhui-dans-le-monde\/","title":{"rendered":"Vol. 59, N\u00b0 10 &#8211; Octobre 1978 &#8211; Les sports aujourd&rsquo;hui dans le monde"},"content":{"rendered":"<div id=\"layout-column-main\">\n<p class=\"boldtext\">La conception du sport est-elle                     en train de d\u00e9vier\u00a0? On le croirait souvent \u00e0                     l&rsquo;\u00e2ge du nationalisme, de la t\u00e9l\u00e9diffusion                     et de l&rsquo;av\u00e8nement des grandes vedettes de l&rsquo;athl\u00e9tisme.                     Le moment semble venu de ramener la sportivit\u00e9 dans                     les sports et de red\u00e9couvrir la valeur du jeu par plaisir.                     Ce pourrait \u00eatre un moyen d&rsquo;\u00e9veiller l&rsquo;esprit                     d&rsquo;\u00e9quipe de toute l&rsquo;humanit\u00e9&#8230; <\/p>\n<p> Le sport, a-t-on dit, est un jeu ou un exercice physique                     que l&rsquo;on pratique pour s&rsquo;amuser ou se divertir\u00a0; en d&rsquo;autres                     termes, quelque chose que l&rsquo;on fait uniquement par plaisir.                   <\/p>\n<p> Roger Bannister, le premier homme qui courut le mille en                     moins de quatre minutes, \u00e9voque dans son livre <em>les                     Quatre premi\u00e8res minutes <\/em>le moment de sa jeunesse                     o\u00f9 il d\u00e9couvrit dans la course \u00ab\u00a0une nouvelle                     source de puissance et de beaut\u00e9\u00a0\u00bb. Ce moment                     exaltant se produit chez tous les jeunes enclins aux sports                     lorsqu&rsquo;ils constatent que le corps humain poss\u00e8de une                     \u00e9nergie et une dext\u00e9rit\u00e9 qui lui sont                     propres et qui font de l&rsquo;effort physique un plaisir. \u00c0                     ce stade, la comp\u00e9tition importe peu. Il est probable                     que m\u00eame s&rsquo;il n&rsquo;\u00e9tait jamais devenu athl\u00e8te                     de comp\u00e9tition Bannister aurait continu\u00e9 de                     courir \u00e0 cause du plaisir qu&rsquo;il y prenait. <\/p>\n<p> L&rsquo;id\u00e9e du sport pour la simple satisfaction de le                     pratiquer s&rsquo;est pleinement exprim\u00e9e dans les premiers                     jeux Olympiques de l&rsquo;ancienne Gr\u00e8ce. Mais la comp\u00e9tition                     entrait aussi en ligne de compte. Les Grecs attachaient une                     grande valeur \u00e0 la comp\u00e9tition, m\u00eame en                     musique, en art dramatique et en po\u00e9sie, estimant qu&rsquo;elle                     encourageait l&rsquo;homme \u00e0 faire de son mieux. <\/p>\n<p> Il en \u00e9tait ainsi du sport. On consid\u00e9rait                     les \u00e9preuves du stade comme une pr\u00e9paration                     \u00e0 la vie en g\u00e9n\u00e9ral. Les jeunes gens                     devaient apprendre \u00e0 aimer la fatigue et la lutte.                     La victoire, croyait-on, comportait une esp\u00e8ce d&rsquo;enchantement                     qui hissait non seulement le vainqueur, mais aussi le vaincu                     \u00e0 un niveau spirituel sup\u00e9rieur. <\/p>\n<p> Comme tous les jeux grecs, les olympiades faisaient \u00e0                     l&rsquo;origine partie int\u00e9grante d&rsquo;une f\u00eate religieuse.                     Les concurrents devaient subir un entra\u00eenement physique                     et mental surveill\u00e9 et tr\u00e8s vigoureux. Ils luttaient                     pour leur perfectionnement spirituel. Leurs seules r\u00e9compenses                     \u00e9taient des couronnes et des guirlandes\u00a0; il s&rsquo;agissait                     vraiment de sports amateurs. <\/p>\n<p> Mais avec le temps le professionnalisme s&rsquo;insinua dans le                     sport. On offrit de riches prix, en esp\u00e8ces ou en nature.                     Le champion olympique apprit \u00e0 tarifer ses prouesses.                     Il fut combl\u00e9 de louanges et d&rsquo;avantages extraordinaires                     par la ville qu&rsquo;il repr\u00e9sentait. <\/p>\n<p> En cons\u00e9quence, la notion du sport pour le sport                     fit place \u00e0 une insistance outr\u00e9e sur la comp\u00e9tition.                     L&rsquo;athl\u00e8te complet fut remplac\u00e9 par le sp\u00e9cialiste                     qui concentrait toutes ses facult\u00e9s sur une seule activit\u00e9.                     Les concurrents se mu\u00e8rent en v\u00e9ritables professionnels                     ayant le sport pour seul m\u00e9tier. L&rsquo;amateur qui jouait                     pour le plaisir n&rsquo;avait plus de place dans les jeux. <\/p>\n<p> En r\u00e9tablissant les jeux Olympiques, en 1896, le                     baron fran\u00e7ais Pierre de Coubertin s&rsquo;effor\u00e7a                     aussi de faire revivre l&rsquo;amateurisme. Il s&rsquo;opposa \u00e0                     la trop grande importance attach\u00e9e \u00e0 la victoire.                     \u00ab\u00a0L&rsquo;important, aux jeux Olympiques, disait-il, n&rsquo;est                     pas de gagner, mais d&rsquo;y prendre part. L&rsquo;essentiel, dans la                     vie, n&rsquo;est pas de vaincre, mais de bien se battre.\u00a0\u00bb                   <\/p>\n<p> L&rsquo;espoir fondamental de Coubertin \u00e9tait de favoriser                     la bienveillance entre les citoyens de divers pays. Tous les                     quatre ans, ses olympiades \u00e0 la moderne s&rsquo;ouvraient                     par des hymnes en ce sens. Mais ils furent bient\u00f4t \u00e9touff\u00e9s                     par la discorde du nationalisme \u00e9rig\u00e9 aujourd&rsquo;hui                     en quasi-religion dans beaucoup de parties du monde. <\/p>\n<p> Tout l&rsquo;attirail des d\u00e9ploiements officiels, dont                     chacun a pour but d&#8217;empiler des m\u00e9dailles d&rsquo;or en regard                     du nom d&rsquo;un pays, aurait fait fr\u00e9mir d&rsquo;horreur le baron                     de Coubertin. Il est int\u00e9ressant de rappeler ici que                     tout a commenc\u00e9 \u00e0 Berlin, en 1936. <\/p>\n<p> Il n&rsquo;est gu\u00e8re besoin de retracer le d\u00e9roulement                     de ces jeux Olympiques o\u00f9 Jesse Owens et d&rsquo;autres Am\u00e9ricains                     an\u00e9antirent l&rsquo;arrogant dogme du racisme \u00e0 la                     barbe m\u00eame d&rsquo;Hitler. Le fait important pour l&rsquo;histoire                     est que c&rsquo;est dans l&rsquo;Allemagne d&rsquo;Hitler que le fla-fla des                     drapeaux et des hymnes nationaux vint se surimposer \u00e0                     l&rsquo;ordre des choses sens\u00e9, humaniste et anti-chauviniste                     voulu par de Coubertin. <\/p>\n<h3>Les jeux de la politique menacent d&rsquo;\u00e9clipser                                       ceux du stade<\/h3>\n<p> Les jeux Olympiques devaient rester marqu\u00e9s par cette                     sinistre exhibition d&rsquo;inspiration nazie. Dans un pareil climat,                     les jeux des politiques nationalistes men\u00e9s en coulisse                     ont bien failli \u00e9clipser les \u00e9preuves sportives.                     Pour des raisons politiques, l&rsquo;Union sovi\u00e9tique a refus\u00e9                     jusqu&rsquo;en 1952 de participer aux olympiades. D\u00e8s les                     jeux suivants, d&rsquo;autres \u00e9quipes se retir\u00e8rent                     pour protester, soit contre l&rsquo;invasion de la Hongrie par les                     Soviets, soit contre celle de l&rsquo;\u00c9gypte par la Grande-Bretagne,                     la France et Isra\u00ebl. Des abstentions semblables ont assombri                     chacune des olympiades post\u00e9rieures. <\/p>\n<p> D&rsquo;autres jeux Olympiques auront lieu \u00e0 Moscou en                     1980, et il est peu probable que la m\u00eame situation ne                     se r\u00e9p\u00e8te pas. Le sport a suivi un cours pr\u00e9visible                     dans le prochain pays d&rsquo;accueil. En plus de la callisth\u00e9nie                     plac\u00e9e sous la surveillance de l&rsquo;\u00c9tat et destin\u00e9e                     \u00e0 maintenir les travailleurs en bonne sant\u00e9,                     le sport de comp\u00e9tition en Union sovi\u00e9tique                     est organis\u00e9 en tant qu&rsquo;affaire d&rsquo;\u00c9tat. Le gouvernement                     tient \u00e0 former des athl\u00e8tes de calibre international                     qui remporteront des victoires, \u00e9tabliront des records                     et recueilleront des troph\u00e9es pour la plus grande gloire                     du r\u00e9gime sovi\u00e9tique, comme si cela devait de                     quelque fa\u00e7on en d\u00e9montrer la sup\u00e9riorit\u00e9                     sur les autres id\u00e9ologies politiques. <\/p>\n<p> Bien s\u00fbr, les Russes ne sont pas les seuls \u00e0                     identifier le succ\u00e8s dans les sports avec la fiert\u00e9                     locale ou nationale. Cela a parfois du bon. Lorsque l&rsquo;\u00e9quipe                     professionnelle de basket de la ville de Washington a gagn\u00e9                     le championnat de l&rsquo;Est de l&rsquo;Association nationale de basket-ball                     il y a quelques mois, James Reston a \u00e9crit dans le                     <em>New York Times <\/em>que c&rsquo;\u00e9tait un \u00e9v\u00e9nement                     sociologique et psychologique qui avait redonn\u00e9 le                     sentiment de sa valeur \u00e0 la population. <\/p>\n<p> Les succ\u00e8s sportifs ont souvent plus d&rsquo;importance                     pour le citoyen moyen que les succ\u00e8s de la politique                     internationale. Les r\u00e9sultats des mesures politiques                     sont vagues et lents \u00e0 venir\u00a0; dans les rencontres                     sportives, l&rsquo;issue est finale et d\u00e9finitive d\u00e8s                     la fin de la partie. En politique, de nos jours, les luttes                     sont nombreuses, mais il n&rsquo;y a pas de h\u00e9ros. Les sports                     ont leurs h\u00e9ros, m\u00eame s&rsquo;ils sont entour\u00e9s                     d&rsquo;avocats qui r\u00e9clament de plus hautes r\u00e9compenses.                   <\/p>\n<p> Les sports contribuent \u00e0 leur fa\u00e7on \u00e0                     fortifier l&rsquo;identit\u00e9 locale, et partant la fiert\u00e9                     locale, surtout si une collectivit\u00e9 a une \u00e9quipe                     qui marche vers la victoire. \u00c0 Montr\u00e9al, par                     exemple, les citoyens d&rsquo;origines diff\u00e9rentes ne se                     sentent jamais aussi pr\u00e8s les uns des autres que lorsque                     leurs h\u00e9ros communs, les Canadiens, sont en voie de                     remporter la coupe Stanley. <\/p>\n<h3>Quand les acclamations se sont tues,                   le pays retrouve les m\u00eames probl\u00e8mes<\/h3>\n<p> Et si l&rsquo;\u00e9quipe locale ne gagne pas\u00a0? Dans ce                     cas, l&rsquo;esprit de la comp\u00e9tition sportive peut se trouver                     gravement alt\u00e9r\u00e9. L&rsquo;Italie, au milieu de sa                     pire crise \u00e9conomique et politique jusque-l\u00e0,                     depuis la Seconde Guerre mondiale, re\u00e7ut un coup terrible                     en apprenant que son \u00e9quipe de football \u00e9tait                     \u00e9limin\u00e9e de l&rsquo;\u00e9preuve de la Coupe du                     monde en 1974. \u00ab\u00a0Que nous reste-t-il \u00e0 faire\u00a0?\u00a0\u00bb                     g\u00e9missait un cabaretier de Rome. \u00ab\u00a0Le pays est                     compl\u00e8tement \u00e0 l&rsquo;envers. Tout ce que nous avions                     pour nous le chasser de l&rsquo;id\u00e9e \u00e9tait la Coupe                     du monde. Et maintenant, c&rsquo;est fini.\u00a0\u00bb <\/p>\n<p> Les sports, il est vrai, peuvent servir de distraction contre                     les malheurs de la vie, mais c&rsquo;est tout. Apr\u00e8s la derni\u00e8re                     Coupe du monde, le peuple du pays h\u00f4te et gagnant, l&rsquo;Argentine,                     a f\u00eat\u00e9 cette victoire pendant une semaine enti\u00e8re,                     mais lorsque les acclamations se sont tues, ce pays avait                     les m\u00eames probl\u00e8mes qu&rsquo;auparavant \u00e0 affronter.                     Il est chim\u00e9rique d&rsquo;attacher une importance nationale                     \u00e0 des victoires sportives, qui devraient \u00e0 juste                     titre se disputer et se regarder par amusement. <\/p>\n<p> Ce qui <em>est <\/em>important au sujet des sports \u00e0                     l&rsquo;\u00e9chelle internationale c&rsquo;est qu&rsquo;ils sont une occasion                     d&rsquo;encourager la bonne entente entre les peuples des pays concurrents.                     Et cela nous am\u00e8ne \u00e0 l&rsquo;id\u00e9al oubli\u00e9                     de Coubertin. Il a \u00e9t\u00e9 propos\u00e9 que le                     Comit\u00e9 international olympique exorcise le spectre                     d&rsquo;Hitler et bannisse des jeux tous les drapeaux et hymnes                     nationaux\u00a0; qu&rsquo;il dise carr\u00e9ment au monde que                     l&rsquo;exploitation du nombre de m\u00e9dailles nationales dans                     les mass media est un geste contraire \u00e0 l&rsquo;esprit olympique                     et dont tous les int\u00e9ress\u00e9s devraient avoir                     honte. <\/p>\n<p> Cette ligne de conduite pourrait contribuer \u00e0 ramener                     la sportivit\u00e9 dans les sports. \u00c0 l&rsquo;heure actuelle,                     le sportif ou la sportive semble compter parmi les esp\u00e8ces                     menac\u00e9es. De fait, beaucoup d&rsquo;athl\u00e8tes d&rsquo;aujourd&rsquo;hui                     paraissent ignorer ce qu&rsquo;est l&rsquo;esprit sportif. <\/p>\n<p> Un remarquable \u00e9ducateur du XIXe si\u00e8cle, Thomas                     Arnold, directeur du coll\u00e8ge de Rugby, a expliqu\u00e9                     la notion de la sportivit\u00e9. Il nous dit que le sportif                     devrait \u00eatre soumis \u00e0 un code de bonne tenue                     transcendant la victoire ou la d\u00e9faite\u00a0; que les                     joueurs ne devraient jamais tirer d&rsquo;avantage d\u00e9loyal                     d&rsquo;un adversaire\u00a0; qu&rsquo;ils doivent en tout temps respecter                     les r\u00e8glements. <\/p>\n<h3>La t\u00e9l\u00e9vision a fait                   de l&rsquo;athl\u00e8te un amuseur de masses<\/h3>\n<p> Un art nouveau semble s&rsquo;\u00eatre introduit dans les sports                     ces derni\u00e8res ann\u00e9es\u00a0: celui de gagner                     dans les jeux ou autres concours par des moyens psychologiques                     plut\u00f4t que par l&rsquo;habilet\u00e9. Des stratag\u00e8mes                     qui sont le contre-pied m\u00eame du franc-jeu sont maintenant                     de pratique courante. Il serait difficile de soutenir que                     ces m\u00e9thodes barbares repr\u00e9sentent un progr\u00e8s                     par rapport \u00e0 la sportivit\u00e9. Mais certains le                     pr\u00e9tendent sous pr\u00e9texte que le d\u00e9sir                     de gagner justifie n&rsquo;importe quel comportement de la part                     d&rsquo;un athl\u00e8te. <\/p>\n<p> Le culte des idoles a donn\u00e9 naissance \u00e0 un                     curieux sentiment selon lequel l&rsquo;esprit de comp\u00e9tition                     doit n\u00e9cessairement l&#8217;emporter sur les autres consid\u00e9rations                     humaines dans les jeux. M\u00eame si un joueur est pu\u00e9ril,                     brise-tout ou vraiment sauvage, le public excuse ses gestes                     parce qu&rsquo;il \u00ab\u00a0veut absolument gagner\u00a0\u00bb. <\/p>\n<p> La chose est particuli\u00e8rement frappante \u00e0                     l&rsquo;heure actuelle dans le tennis professionnel. N&rsquo;y voit-on                     pas quelques-uns des joueurs les mieux dou\u00e9s afficher                     en bordure de piste des mani\u00e8res que l&rsquo;on aurait jug\u00e9                     d\u00e9voy\u00e9es il y a quelques ann\u00e9es. Ils                     violent les r\u00e8gles de courtoisie qui ont toujours \u00e9t\u00e9                     un \u00e9l\u00e9ment essentiel de l&rsquo;\u00e9l\u00e9gance                     de ce sport. <\/p>\n<p> Le journaliste Alistair Cooke r\u00e9sume tr\u00e8s                     bien l&rsquo;orientation pr\u00e9sente des sports en signalant                     que nous sommes \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge des vedettes. L&rsquo;un des                     principaux effets de la t\u00e9l\u00e9vision sur le sport                     a \u00e9t\u00e9 de cr\u00e9er la c\u00e9l\u00e9brit\u00e9                     de l&rsquo;athl\u00e8te instable, dont les singeries font appel                     aux plus bas instincts de la foule. <\/p>\n<p> Cette foule est inconcevablement vaste et grandissante.                     \u00c0 mesure que raccourcit la semaine de travail dans                     le monde occidental, on passe de plus en plus de temps \u00e0                     regarder les sports \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision.                     Plus d&rsquo;un milliard de t\u00e9l\u00e9spectateurs r\u00e9partis                     aux quatre coins du globe ont vu le dernier match du tournoi                     de la Coupe du monde cette ann\u00e9e. Selon une information                     r\u00e9cente, le montant des droits \u00e0 payer par les                     r\u00e9seaux de t\u00e9l\u00e9vision aux \u00c9tats-Unis                     pour la transmission des sports s&rsquo;\u00e9l\u00e8vera, en                     1980, \u00e0 plus d&rsquo;un milliard de dollars. <\/p>\n<p> Une bonne proportion des recettes provenant des sports t\u00e9l\u00e9vis\u00e9s                     p\u00e9n\u00e8trent dans les poches des athl\u00e8tes                     professionnels. Les sommes ainsi recueillies en ont fait une                     fraction tr\u00e8s en vue de la soci\u00e9t\u00e9 d&rsquo;abondance,                     dans laquelle le succ\u00e8s se mesure non seulement par                     les exploits, mais aussi par les revenus. La t\u00e9l\u00e9vision                     a transform\u00e9 les athl\u00e8tes de comp\u00e9tition                     en amuseurs, qui jouissent d&rsquo;une aussi vaste consid\u00e9ration                     que les \u00e9toiles de cin\u00e9ma. Les plus cyniques                     (ou peut-\u00eatre simplement les plus r\u00e9alistes)                     se classent eux-m\u00eames comme \u00ab\u00a0amuseurs\u00a0\u00bb.                     Si ce m\u00e9tier exige un comportement bizarre et antisocial,                     bien des joueurs ne seront que trop heureux de plaire au public.                   <\/p>\n<p> Les sports t\u00e9l\u00e9vis\u00e9s ont aussi fait                     surgir la menace que tout le monde, sauf une petite \u00e9lite                     de professionnels, finisse par devenir spectateur au lieu                     de participant des activit\u00e9s sportives. Le substantif                     \u00ab\u00a0sportif\u00a0\u00bb en est venu \u00e0 d\u00e9signer                     celui qui ach\u00e8te des billets tr\u00e8s chers pour                     voir les jeux. Il n&rsquo;y a pas plus de mal \u00e0 regarder                     faire des joueurs salari\u00e9s qu&rsquo;\u00e0 aller au th\u00e9\u00e2tre                     ou au cin\u00e9ma\u00a0; en fait, on peut en apprendre beaucoup                     sur un sport en observant les \u00e9toiles \u00e0 l&rsquo;oeuvre.                     Mais il est clair que le sport ne consiste pas \u00e0 regarder                     ni regarder \u00e0 pratiquer le sport. <\/p>\n<p> La distinction entre spectateurs et ex\u00e9cutants est                     essentielle \u00e0 tout effort visant \u00e0 relever le                     niveau g\u00e9n\u00e9ral de la sant\u00e9 physique \u00e0                     l&rsquo;\u00e8re de la t\u00e9l\u00e9vision. Les habitudes                     s\u00e9dentaires des Nord-Am\u00e9ricains sont devenues                     un sujet de s\u00e9rieuse pr\u00e9occupation sociale.                   <\/p>\n<p> Ces derniers temps toutefois, les Canadiens ont pris sur                     eux de parer au danger de devenir \u00ab\u00a0un peuple de spectateurs\u00a0\u00bb,                     en se livrant \u00e0 des activit\u00e9s comme le trottinement,                     le cyclisme, le tennis, le ski de fond, etc. L&rsquo;int\u00e9r\u00eat                     de cette initiative c&rsquo;est qu&rsquo;ils le font parce qu&rsquo;ils s&rsquo;en                     trouvent mieux et que l&rsquo;exercice est une chose agr\u00e9able.                   <\/p>\n<p> On remarque pourtant un manque de participation des adultes                     dans les sports d&rsquo;\u00e9quipe amateurs par rapport \u00e0                     l&rsquo;\u00e9poque ant\u00e9rieure \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision,                     o\u00f9 chaque petite ville du Canada avait son \u00e9quipe                     senior de hockey sur glace. Thomas Arnold affirme que les                     sports d&rsquo;\u00e9quipe ont repr\u00e9sent\u00e9 un progr\u00e8s                     moral sur les sports individuels, car bien les pratiquer c&rsquo;est                     collaborer pleinement avec les autres membres de l&rsquo;\u00e9quipe.                   <\/p>\n<p> Selon l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;Arnold, reprise dans une pi\u00e8ce                     de David Story intitul\u00e9e <em>le Vestiaire<\/em>, dans                     le monde ext\u00e9rieur l&rsquo;homme est solitaire. Mais il n&rsquo;en                     est plus ainsi au sein de l&rsquo;\u00e9quipe. Sur la piste les                     joueurs ne sont jamais seuls. Ils vivent ensemble la victoire                     et la d\u00e9faite. Ainsi l&rsquo;\u00e9quipe des rugbymen couverts                     de boue, les membres courbatur\u00e9s mais le cour joyeux,                     lutte pour affirmer son sens de l&rsquo;humanit\u00e9, pour conna\u00eetre                     quelques heures de puret\u00e9 disciplin\u00e9e. Et ce                     qui fait la valeur de ce sentiment, c&rsquo;est que chacun le partage                     avec d&rsquo;autres \u00eatres humains. <\/p>\n<h3>Sur le terrain, on apprend \u00e0                   conna\u00eetre les                   sentiments des autres<\/h3>\n<p> C&rsquo;est l\u00e0 l&rsquo;essence m\u00eame du sport d&rsquo;\u00e9quipe                     dans sa plus haute acception. Les joueurs s&rsquo;effacent devant                     l&rsquo;\u00e9quipe. Le jeu peut ne consister qu&rsquo;\u00e0 faire                     progresser un ballon sur un terrain quelconque, mais on accomplit                     la t\u00e2che ensemble avec une joie sans entraves. <\/p>\n<p> Le message du <em>Vestiaire <\/em>est un message d&rsquo;harmonie                     entre les hommes. Et le message que le sport peut apporter                     au monde est le m\u00eame. Les \u00e9v\u00e9nements nous                     rappellent sans cesse que la terre que nous habitons est un                     village plan\u00e9taire. Les probl\u00e8mes qu&rsquo;ont \u00e0                     r\u00e9soudre les peuples de tous les pays en tant qu&rsquo;ensemble                     de l&rsquo;humanit\u00e9 l&#8217;emportent sur ceux qui se posent \u00e0                     eux en tant que groupements locaux ou nationaux. <\/p>\n<p> Quiconque a pratiqu\u00e9 un sport conna\u00eet les sentiments                     des autres, que ceux-ci soient ou non de race, de croyance                     ou d&rsquo;opinion politique diff\u00e9rentes. En disputant un                     match, on se rend compte de l&rsquo;universalit\u00e9 du labeur                     et de la peine, de la d\u00e9faite et de la victoire, de                     la joie de vivre que procure l&rsquo;effort physique. <\/p>\n<p> Les politiques nationalistes vont \u00e0 l&rsquo;encontre de                     l&rsquo;esprit du sport en ce qu&rsquo;elles soulignent les diff\u00e9rences                     entre les hommes de diverses nationalit\u00e9s plut\u00f4t                     que leurs points communs. \u00catre fier de ses compatriotes                     est une chose\u00a0; essayer d&rsquo;affirmer leur sup\u00e9riorit\u00e9                     sur qui que ce soit en est une autre, bien diff\u00e9rente.                     Les jeux Olympiques et les autres r\u00e9unions sportives                     internationales ont trop longtemps servi \u00e0 cette derni\u00e8re                     fin. Il convient de les utiliser plut\u00f4t pour promouvoir                     l&rsquo;esprit de l&rsquo;effort partag\u00e9, du plaisir partag\u00e9                     et de la fiert\u00e9 partag\u00e9e des possibilit\u00e9s                     humaines. L&rsquo;appr\u00e9ciation de tout ce que nous avons                     en commun contribuerait grandement \u00e0 cr\u00e9er de                     la bonne volont\u00e9 entre les hommes.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<\/p><\/div>\n","protected":false},"author":87,"featured_media":0,"template":"","categories":[1],"rbc_letter_theme":[],"rbc_letter_year":[50],"class_list":["post-2432","rbc_letter","type-rbc_letter","status-publish","hentry","category-uncategorized","rbc_letter_year-50"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO Premium plugin v27.2 (Yoast SEO v27.2) - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-premium-wordpress\/ -->\n<title>Vol. 59, N\u00b0 10 - Octobre 1978 - Les sports aujourd&#039;hui dans le monde - RBC<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-59-n-10-octobre-1978-les-sports-aujourdhui-dans-le-monde\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Vol. 59, N\u00b0 10 - Octobre 1978 - Les sports aujourd&#039;hui dans le monde\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"La conception du sport est-elle en train de d\u00e9vier\u00a0? 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