{"id":2415,"date":"1961-10-01T00:00:00","date_gmt":"1961-10-01T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-42-n-8-octobre-1961-quelques-consequences-humaines-des-progres-de-lindustrialisation\/"},"modified":"2022-10-17T19:20:30","modified_gmt":"2022-10-17T19:20:30","slug":"vol-42-n-8-octobre-1961-quelques-consequences-humaines-des-progres-de-lindustrialisation","status":"publish","type":"rbc_letter","link":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-42-n-8-octobre-1961-quelques-consequences-humaines-des-progres-de-lindustrialisation\/","title":{"rendered":"Vol. 42, N\u00b0 8 &#8211; Octobre 1961 &#8211; Quelques cons\u00e9quences humaines des progr\u00e8s de l&rsquo;industrialisation"},"content":{"rendered":"<div id=\"layout-column-main\">\n<p class=\"boldtext\">C&rsquo;est une grosse erreur de ne voir                     dans le commerce et l&rsquo;industrie qu&rsquo;un amas de statistiques                     et de machines. Ce sont en r\u00e9alit\u00e9 des instruments                     dont les hommes doivent se servir pour atteindre certaines                     fins. <\/p>\n<p> Fond\u00e9e sur la science et la technologie, l&rsquo;industrialisation                     accro\u00eet l&#8217;empire de l&rsquo;homme sur la nature et le lib\u00e8re                     des servitudes de la vie animale. Elle lui permet de consacrer                     de plus en plus de temps et d&rsquo;\u00e9nergie aux activit\u00e9s                     qui sont la marque de son humanit\u00e9. <\/p>\n<p> Il est \u00e9galement faux de croire que l&rsquo;industrialisation                     a rendu l&rsquo;homme esclave de ses moyens d&rsquo;existence. Les hommes                     n&rsquo;ont-ils pas toujours d\u00fb, depuis le commencement des                     temps, se soumettre \u00e0 certaines contraintes pour gagner                     leur pain\u00a0? <\/p>\n<p> L&rsquo;industrialisation est essentiellement une technique de                     production fond\u00e9e sur la d\u00e9couverte et le perfectionnement                     de m\u00e9thodes am\u00e9lior\u00e9es pour produire                     des marchandises. Pour en tirer le meilleur parti, nous devons                     nous renseigner sur la nature de l&rsquo;homme et de ses besoins                     mat\u00e9riels\u00a0: la nature de l&rsquo;homme en tant qu&rsquo;\u00eatre                     social et la nature de l&rsquo;industrie comme facteur de bien-\u00eatre                     mat\u00e9riel et social. <\/p>\n<p> Afin d&rsquo;\u00e9tudier ces probl\u00e8mes, trois cents                     hommes et femmes des pays du Commonwealth se sont inscrits                     \u00e0 la seconde Conf\u00e9rence d&rsquo;\u00e9tude de S.A.R.                     le duc d&rsquo;\u00c9dimbourg. Il s&rsquo;agit de personnes de 25 \u00e0                     45 ans qui sont appel\u00e9es \u00e0 occuper des postes                     de commande dans l&rsquo;administration industrielle ou les organisations                     ouvri\u00e8res. <\/p>\n<p> Cette conf\u00e9rence ne se propose pas d&rsquo;examiner la                     question des salaires, des heures de travail ou des conventions                     collectives, mais de concentrer son attention et ses recherches                     sur l&rsquo;effet de l&rsquo;industrialisation sur les gens et les collectivit\u00e9s                     o\u00f9 ils vivent. <\/p>\n<p> En plus du caract\u00e8re nettement canadien que rev\u00eatira                     cette conf\u00e9rence, les membres appartenant aux pays                     d&rsquo;outre-mer seront invit\u00e9s \u00e0 \u00e9tablir                     des rapprochements entre les faits constat\u00e9s au Canada                     et les situations qui existent chez eux. Trois des \u00e9tudes                     porteront sur les sujets suivants\u00a0: la m\u00e9canisation                     agricole, l&rsquo;exploitation p\u00e9troli\u00e8re-deux domaines                     o\u00f9 le Canada marche en t\u00eate des autres pays du                     Commonwealth et les \u00ab\u00a0villes fant\u00f4mes\u00a0\u00bb industrielles,                     comme Springhill en Nouvelle-\u00c9cosse et Elliot Lake                     en Ontario, dont on retrouve des \u00e9quivalents dans toute                     soci\u00e9t\u00e9 qui \u00e9volue. <\/p>\n<p> Il ne s&rsquo;agit pas d&rsquo;une initiative gouvernementale. Organis\u00e9e                     sous le haut patronage du prince Philip, cette conf\u00e9rence                     a pour pr\u00e9sident le tr\u00e8s honorable Vincent Massey,                     ancien gouverneur g\u00e9n\u00e9ral du Canada, et le programme                     en a \u00e9t\u00e9 \u00e9labor\u00e9 par un conseil                     de 90 membres compos\u00e9 de repr\u00e9sentants de l&rsquo;industrie                     et du travail au Canada, avec l&rsquo;aide de divers groupes choisis                     dans toutes les parties du Commonwealth. <\/p>\n<p> Les membres de la conf\u00e9rence seront les h\u00f4tes                     du monde de l&rsquo;industrie et du travail canadien pendant 25                     jours et parcourront le Canada d&rsquo;un oc\u00e9an \u00e0                     l&rsquo;autre. Apr\u00e8s l&rsquo;allocution d&rsquo;ouverture que prononcera                     le prince Philip \u00e0 Montr\u00e9al et un s\u00e9jour                     d&rsquo;une journ\u00e9e \u00e0 Ottawa, les membres se r\u00e9partiront                     par groupes d&rsquo;\u00e9tudes de quinze et visiteront les fermes,                     les usines et les localit\u00e9s en vue de se renseigner.                   <\/p>\n<p> Pour ce qui est de la nature des \u00e9tudes, le prince                     Philip a donn\u00e9 le mot d&rsquo;ordre en parlant, \u00e0                     Ottawa, de la conf\u00e9rence sur l&rsquo;Universit\u00e9 d&rsquo;Oxford                     en 1956. \u00ab\u00a0Ce qu&rsquo;il importe de se rappeler, disait-il                     alors, c&rsquo;est que les organisateurs doivent demeurer les pieds                     fermement pos\u00e9s sur le terrain des probl\u00e8mes                     et des cas pratiques. L&rsquo;entreprise est vou\u00e9e \u00e0                     l&rsquo;\u00e9chec si on la laisse s&rsquo;engager dans l&rsquo;atmosph\u00e8re                     rar\u00e9fi\u00e9e de la th\u00e9orie.\u00a0\u00bb Il a l&rsquo;espoir                     que la conf\u00e9rence fera na\u00eetre chez ses membres                     des id\u00e9es nouvelles et int\u00e9ressantes sur les                     choses qui contribuent \u00e0 la bonne marche des usines,                     \u00e0 la prosp\u00e9rit\u00e9 des collectivit\u00e9s                     et au bonheur des citoyens. <\/p>\n<h3>Impossible de revenir en arri\u00e8re<\/h3>\n<p> Quels sont les probl\u00e8mes dont s&rsquo;entretiendront vraisemblablement                     les membres de la conf\u00e9rence avec les directeurs, les                     contrema\u00eetres et les ouvriers de nos usines, avec les                     cultivateurs, les p\u00eacheurs et les marchands de bois,                     avec les syndicats et les dirigeants des collectivit\u00e9s\u00a0?                   <\/p>\n<p> Nous ne pouvons pas revenir \u00e0 un mode de vie plus                     simple. La fabrication en s\u00e9rie a contribu\u00e9                     \u00e0 relever le niveau d&rsquo;existence de millions de personnes                     dans tout l&rsquo;univers jusqu&rsquo;\u00e0 un degr\u00e9 jamais                     connu auparavant. Sans elle, nous ne pourrions m\u00eame                     pas produire assez de marchandises pour satisfaire nos besoins                     \u00e9l\u00e9mentaires. Nous sommes au milieu du vingti\u00e8me                     si\u00e8cle, comme les pilotes d&rsquo;un vol transatlantique                     qui ont d\u00e9pass\u00e9 le point o\u00f9 l&rsquo;on ne peut                     plus revenir sur ses pas, et qui, n&rsquo;ayant pas assez de carburant                     pour rebrousser chemin, doivent quoi qu&rsquo;il arrive poursuivre                     leur route. <\/p>\n<p> La rapidit\u00e9 avec laquelle la soci\u00e9t\u00e9                     fond\u00e9e sur l&rsquo;agriculture a fait place \u00e0 une                     soci\u00e9t\u00e9 fond\u00e9e sur l&rsquo;industrie nous a                     fait perdre notre \u00e9quilibre. Autrefois, la vie semblait                     se r\u00e9sumer \u00e0 cultiver la terre et \u00e0 assister                     au miraculeux ph\u00e9nom\u00e8ne de la germination de                     la semence et de sa multiplication. Mais il y eut les travaux                     et les d\u00e9couvertes de Papin, de Jacquard, de Watt,                     et soudain la vie se trouva pour ainsi dire transplant\u00e9e                     des fermes dans les usines. <\/p>\n<p> Usages, coutumes, relations entre l&rsquo;homme et ses semblables,                     entre l&rsquo;homme et la femme, les parents et les enfants, le                     patron et l&rsquo;ouvrier, tout dut \u00eatre modifi\u00e9 pour                     r\u00e9pondre aux nouvelles conditions. Bient\u00f4t l&rsquo;attrait                     des vertes campagnes commen\u00e7a \u00e0 p\u00e2lir                     devant l&rsquo;\u00e9clat des villes, de leurs plaisirs faciles                     et de leur vie agit\u00e9e et tr\u00e9pidante. <\/p>\n<p> Il est impossible de dire exactement \u00e0 quelle date                     tout cela a commenc\u00e9. Tout ce que nous savons, c&rsquo;est                     qu&rsquo;une pouss\u00e9e se produisit, vers 1660, dans l&#8217;emploi                     de la machine et inaugura ce que nous appelons la R\u00e9volution                     industrielle. Il suffit alors de quelques inventions pour                     d\u00e9clencher une longue s\u00e9rie de d\u00e9couvertes                     techniques qui se prolonge encore sous nos yeux. Chaque invention                     a engendr\u00e9 des centaines de rejetons, dont chacun devait                     soulever une multitude de probl\u00e8mes. <\/p>\n<p> L&rsquo;un des derniers-n\u00e9s de ces enfants terribles est                     l&rsquo;automation, et il est si pr\u00e8s de nous que nous le                     croyons encore pire que les autres. <\/p>\n<p> Un illustre professeur de l&rsquo;universit\u00e9 de Paris,                     Jean Fourasti\u00e9, nous rassure cependant en affirmant                     que l&rsquo;automation obligera l&rsquo;homme \u00ab\u00a0\u00e0 se sp\u00e9cialiser                     dans l&rsquo;humain.\u00a0\u00bb Elle favorise, selon lui, ce qui dans                     l&rsquo;homme est le plus essentiellement humain en lui permettant                     de d\u00e9velopper les formes les plus hautes de la vie                     et de se d\u00e9barrasser d&rsquo;une foule de d\u00e9marches                     serviles dont il pourra de plus en plus se d\u00e9charger                     sur la machine. <\/p>\n<h3>Les avantages de la machine<\/h3>\n<p> Il y a certes beaucoup \u00e0 redire contre l&rsquo;industrialisation,                     mais il faut cesser de critiquer les joueurs et prendre le                     temps de regarder le tableau des points enregistr\u00e9s.                   <\/p>\n<p> Dans la plupart des pays du monde, l&rsquo;industrialisation a                     fait progresser la civilisation mat\u00e9rielle, hauss\u00e9                     le niveau de vie, am\u00e9lior\u00e9 la situation sociale                     et accru l&rsquo;influence politique des petits et des humbles.                     La sant\u00e9 est devenue meilleure, la vie plus longue,                     le travail moins p\u00e9nible, les loisirs plus nombreux.                     L&rsquo;ouvrier d&rsquo;aujourd&rsquo;hui jouit de commodit\u00e9s qui, pour                     les princes et les barons d&rsquo;il y a 300 ans, ne pouvaient appartenir                     qu&rsquo;au monde des f\u00e9es. <\/p>\n<p> La vie individuelle est devenue plus large gr\u00e2ce \u00e0                     l&rsquo;augmentation des produits de consommation. Au Canada et                     aux \u00c9tats-Unis, presque tout le monde peut disposer                     des biens mat\u00e9riels n\u00e9cessaires pour mener une                     vie heureuse sans travailler de trop longues heures et d&rsquo;une                     culture intellectuelle suffisante pour que les loisirs soient                     vraiment agr\u00e9ables. <\/p>\n<p> Le pr\u00e9sident du Conseil canadien de la productivit\u00e9,                     Mr H. G. Young, \u00e9crivait nagu\u00e8re dans une revue\u00a0:                     \u00ab\u00a0&#8230; la productivit\u00e9 n&rsquo;a pas uniquement pour                     but d&rsquo;accro\u00eetre les b\u00e9n\u00e9fices, les salaires                     ou les dividendes. Elle vise \u00e0 procurer une plus haute                     r\u00e9compense \u00e0 tous les membres de l&rsquo;\u00e9quipe                     de collaborateurs\u00a0: propri\u00e9taires, employ\u00e9s,                     clients et gouvernements\u00a0\u00bb. <\/p>\n<p> La vie pleine et d\u00e9bordante ainsi offerte aux hommes                     dans toutes les parties de l&rsquo;univers ne pourrait \u00eatre                     sans l&rsquo;imposant attirail de l&rsquo;industrie et de la technologie,                     mais l&rsquo;\u00e2ge pr\u00e9-industriel comportait des valeurs                     qui lui \u00e9taient propres et que l&rsquo;on a peut-\u00eatre                     sacrifi\u00e9es sans raison. Gandhi a soutenu qu&rsquo;il fallait                     conserver la petite industrie pour \u00e9chapper \u00e0                     la domination du rythme abrutissant de la machine, et les                     industriels cherchent maintenant par divers moyens \u00e0                     r\u00e9tablir jusqu&rsquo;\u00e0 un certain point dans leurs                     usines l&rsquo;esprit de solidarit\u00e9 qui existait dans les                     anciennes corporations. <\/p>\n<h3>Le machinisme transforme le milieu<\/h3>\n<p> Chaque invention devient partie int\u00e9grante du milieu                     mat\u00e9riel auquel la soci\u00e9t\u00e9 doit s&rsquo;adapter.                     Le remplacement du travail manuel par la force de la vapeur                     a oblig\u00e9 les travailleurs \u00e0 s&rsquo;habituer \u00e0                     une situation nouvelle, o\u00f9 c&rsquo;est la machine et non                     plus le conducteur qui r\u00e8gle l&rsquo;allure. <\/p>\n<p> Lorsque nous consid\u00e9rons la rapidit\u00e9 des changements                     survenus au cours des deux cent derni\u00e8res ann\u00e9es,                     nous ne nous \u00e9tonnons plus de constater qu&rsquo;il y a eu                     des \u00e0-coups. Voyez, par exemple, la similitude qui                     existe entre le peuple juif du temps du roi Salomon et notre                     pays au moment de l&rsquo;\u00e9tablissement du premier Parlement                     du Bas-Canada en 1792\u00a0; les hommes de ces deux \u00e9poques                     portaient des v\u00eatements tiss\u00e9s \u00e0 la main,                     s&rsquo;\u00e9clairaient \u00e0 la lampe \u00e0 p\u00e9trole,                     se chauffaient au bois et voyageaient dans des voitures tir\u00e9es                     par des chevaux. Entre Salomon et notre gouvernement responsable                     3,000 ans se sont \u00e9coul\u00e9s\u00a0; mais il n&rsquo;y                     a que 170 ans qui nous s\u00e9parent de 1792. <\/p>\n<p> L&rsquo;automation ne fait pas que remplacer les anciennes techniques                     et nous apporter de nouveaux produits\u00a0: elle cr\u00e9e                     de nouvelles fa\u00e7ons de vivre. Elle supprime les travaux                     qui ne sont qu&rsquo;une perp\u00e9tuelle r\u00e9p\u00e9tition                     des m\u00eames gestes. Mais elle a surtout pour effet d&rsquo;exiger                     une plus grande comp\u00e9tence technique et de nouvelles                     sp\u00e9cialit\u00e9s. <\/p>\n<p> L&rsquo;une des craintes les plus r\u00e9pandues est celle du                     ch\u00f4mage. On dit que si les machines et les proc\u00e9d\u00e9s                     automatiques augmentent le rendement de chaque travailleur,                     il deviendra possible de satisfaire nos besoins de biens et                     de services sans avoir \u00e0 employer la totalit\u00e9                     de l&rsquo;effectif ouvrier. Mais dans l&rsquo;ensemble, depuis le d\u00e9but                     de la r\u00e9volution industrielle, l&#8217;emploi ne s&rsquo;est-il                     pas maintenu, gr\u00e2ce \u00e0 une augmentation g\u00e9n\u00e9rale                     de la consommation, dans le domaine de la production comme                     dans celui des services\u00a0? <\/p>\n<h3>Que faut-il faire\u00a0?<\/h3>\n<p> Dans ces conditions, il nous est n\u00e9cessaire de savoir                     quels sont les devoirs des dirigeants et des travailleurs.                   <\/p>\n<p> Les cons\u00e9quences humaines de l&rsquo;industrialisation                     ne s&rsquo;arr\u00eatent pas au banc du menuisier et au poste du                     machiniste. Elles int\u00e9ressent aussi le directeur, les                     chefs de service, les propri\u00e9taires, les bailleurs                     de fonds. Ils ont la lourde charge d&rsquo;administrer les capitaux                     requis pour faire produire les machines et de diriger l&rsquo;entreprise                     \u00e0 l&rsquo;avantage des actionnaires, des employ\u00e9s                     et des clients. <\/p>\n<p> La direction ne consiste pas \u00e0 dominer les gens,                     mais \u00e0 organiser au mieux leur activit\u00e9. <\/p>\n<p> Et il y a dans cette organisation un \u00e9l\u00e9ment                     qui est \u00e0 la base m\u00eame des cons\u00e9quences                     pour l&rsquo;homme de notre soci\u00e9t\u00e9 industrielle\u00a0:                     les employ\u00e9s qui travaillent dans nos usines, nos magasins                     et nos bureaux doivent avoir l&rsquo;impression de compter pour                     quelque chose. <\/p>\n<p> Il se produit aujourd&rsquo;hui un tel bouleversement des techniques                     de travail que les directeurs doivent faire preuve d&rsquo;une grande                     habilet\u00e9 dans la conduite de leurs services. Nous avons                     besoin, pour former les ouvriers et les employ\u00e9s, d&rsquo;hommes                     qui ne sont pas seulement des comp\u00e9tences, mais aussi                     des \u00eatres humains et intelligents. Il nous faut \u00e9galement                     r\u00e9viser nos programmes scolaires, comme on commence                     \u00e0 le faire au Canada, afin de jeter les bases d&rsquo;un                     enseignement f\u00e9cond et profitable. <\/p>\n<h3>Les stimulants<\/h3>\n<p> L&rsquo;ancienne m\u00e9thode des r\u00e9compenses et des                     menaces, de la carotte ou du b\u00e2ton, a perdu son efficacit\u00e9.                     Dans les \u00c9tats dot\u00e9s de l&rsquo;assurance-ch\u00f4mage                     et de la m\u00e9decine gratuite, la crainte de se faire                     mettre \u00e0 la porte n&rsquo;a plus le m\u00eame effet qu&rsquo;autrefois.                   <\/p>\n<p> L&rsquo;argent en soi n&rsquo;est pas le plus puissant des stimulants.                     On raconte qu&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9 avait install\u00e9                     sur chaque machine de son usine un petit moteur dont le tic-tac                     comptait le salaire de l&#8217;employ\u00e9 de la m\u00eame fa\u00e7on                     qu&rsquo;un taxim\u00e8tre. Mais les ouvriers se d\u00e9sint\u00e9ress\u00e8rent                     rapidement de ces instruments, jugeant qu&rsquo;il valait mieux                     fixer leur attention sur leur travail. <\/p>\n<p> La plupart des hommes trouvent leur plus grand plaisir \u00e0                     vaincre des difficult\u00e9s et \u00e0 r\u00e9soudre                     des probl\u00e8mes. Une augmentation de salaire remplacera-t-elle                     jamais la perte du bonheur ou la joie de faire un travail                     qui nous pla\u00eet. L&rsquo;un des principes de la bonne administration                     interdit de faire quoi que ce soit qui pourrait blesser l&rsquo;amour-propre                     des employ\u00e9s et les abaisser aux yeux des autres. Il                     y a l\u00e0, en effet, quelque chose de beaucoup plus important                     que le prestige que procure l&rsquo;achat d&rsquo;une nouvelle voiture                     ou le fait de d\u00e9marrer le premier quand le feu circulation                     devient vert. L&rsquo;estime de soi est une chose personnelle et                     fondamentale. <\/p>\n<p> Il est hors de doute que l&rsquo;\u00eatre humain doit avoir                     une conception de la vie dans laquelle son travail trouve                     son sens. L&rsquo;homme a besoin de se sentir utile, de s&rsquo;enthousiasmer                     pour quelque chose et d&rsquo;avoir la conviction de rester \u00e9gal                     \u00e0 lui-m\u00eame. Laissons la machine accomplir le                     travail ardu et ennuyeux, cela lui est naturel, mais conservons                     chez l&rsquo;homme le go\u00fbt instinctif du beau travail, la                     certitude d&rsquo;avoir un r\u00f4le \u00e0 jouer, la volont\u00e9                     de r\u00e9ussir. <\/p>\n<h3>L&rsquo;importance du moral<\/h3>\n<p> Le moral est une disposition d&rsquo;esprit par rapport \u00e0                     un but commun \u00e0 atteindre. Un bon moral pousse ceux                     qu&rsquo;il anime \u00e0 rechercher les moyens d&rsquo;arriver \u00e0                     cette fin commune et favorise le travail d&rsquo;\u00e9quipe qui                     change les projets en r\u00e9alit\u00e9s. <\/p>\n<p> Cela exige une communication des id\u00e9es beaucoup plus                     d\u00e9velopp\u00e9e que celle qui existe habituellement.                     La grande entreprise est essentiellement impersonnelle, et                     la disparition des contacts personnels entre l&rsquo;ouvrier et                     le patron est devenue avec les ann\u00e9es l&rsquo;un des plus                     grands maux de l&rsquo;\u00e9volution industrielle. <\/p>\n<p> L&rsquo;administration qui a lieu d&rsquo;\u00eatre satisfaite des                     services qu&rsquo;elle offre au public et de ses relations avec                     ses employ\u00e9s doit le faire savoir. Ce n&rsquo;est qu&rsquo;\u00e0                     cette condition que le personnel s&rsquo;int\u00e9ressera plus                     \u00e0 son rendement qu&rsquo;\u00e0 ses pr\u00e9rogatives                     et que la direction pourra compter sur l&rsquo;acceptation des responsabilit\u00e9s                     croissantes que la m\u00e9canisation et l&rsquo;automation imposent                     aux ouvriers. <\/p>\n<p> Il n&rsquo;est pas suffisant de lire des livres, comme il s&rsquo;en                     publie \u00e0 la douzaine chaque ann\u00e9e, sur les techniques                     de l&rsquo;administration. Nous devons observer les r\u00e9alit\u00e9s                     qui nous entourent, les \u00e9tudier en fonction des vies                     humaines et nous appliquer \u00e0 trouver de nouvelles combinaisons.                   <\/p>\n<p> Ce qui s&rsquo;est fait dans la premi\u00e8re moiti\u00e9                     du si\u00e8cle n&rsquo;est que le pr\u00e9lude de ce qui se                     fera dans la seconde si nous savons tirer le meilleur parti                     des qualit\u00e9s caract\u00e9ristiques de l&rsquo;homme. De                     m\u00eame que l&rsquo;homme ne marche qu&rsquo;en mettant un pied devant                     l&rsquo;autre, de m\u00eame l&rsquo;industrie ne peut progresser qu&rsquo;en                     mettant une id\u00e9e devant une autre. L&rsquo;id\u00e9e nouvelle                     qu&rsquo;il s&rsquo;agit aujourd&rsquo;hui de mettre devant l&rsquo;id\u00e9e de                     la machine, c&rsquo;est celle de la valeur et de la dignit\u00e9                     de l&rsquo;homme, de la personne humaine qui a conscience de participer                     aux progr\u00e8s de l&rsquo;\u00e2ge industriel. <\/p>\n<h3>La pr\u00e9paration<\/h3>\n<p> Le progr\u00e8s technique oblige depuis toujours les ouvriers                     et les employ\u00e9s \u00e0 acqu\u00e9rir des connaissances                     et des sp\u00e9cialit\u00e9s nouvelles. <\/p>\n<p> Les sp\u00e9cialit\u00e9s de demain feront essentiellement                     appel \u00e0 l&rsquo;intelligence, et non pas \u00e0 la force                     musculaire et \u00e0 la dext\u00e9rit\u00e9. On demande                     plus que jamais des gens instruits. Les trucs ne suffisent                     plus. M\u00eame pour les t\u00e2ches courantes, l&rsquo;automation                     exige l&rsquo;habitude de penser, une imagination d\u00e9velopp\u00e9e,                     un bon jugement, la connaissance des m\u00e9thodes logiques                     et des math\u00e9matiques, et beaucoup plus que des notions                     du niveau primaire de la lecture et de la r\u00e9daction.                   <\/p>\n<p> Il est navrant de voir des jeunes qui ont \u00e9t\u00e9                     form\u00e9s comme des machines dou\u00e9es de m\u00e9moire                     achopper lamentablement parce qu&rsquo;ils ne peuvent s&rsquo;appuyer                     sur la connaissance des principes pour d\u00e9duire la solution                     d&rsquo;un probl\u00e8me inaccoutum\u00e9. <\/p>\n<p> Deux qualit\u00e9s sont n\u00e9cessaires au technicien                     d&rsquo;aujourd&rsquo;hui\u00a0: il doit au moins \u00eatre capable de                     lire des instruments d\u00e9licats d&rsquo;une fa\u00e7on intelligente,                     c&rsquo;est-\u00e0-dire en sachant bien ce qu&rsquo;ils veulent dire                     et de quoi il s&rsquo;agit, et il doit percevoir les rapports de                     causalit\u00e9 qui existent entre les \u00e9l\u00e9ments                     dans sa sph\u00e8re d&rsquo;activit\u00e9 propre, de mani\u00e8re                     \u00e0 pr\u00e9voir les cons\u00e9quences de ses actes.                     Il lui faut rattacher les observations faites avec ses instruments                     \u00e0 d&rsquo;autres observations et fonder ses d\u00e9cisions                     sur une vue d&rsquo;ensemble de la situation. <\/p>\n<h3>Les hommes et la soci\u00e9t\u00e9<\/h3>\n<p> Si les mains de l&rsquo;homme se m\u00e9canisent, il faut \u00e9viter                     que cette m\u00e9canisation gagne son esprit et son coeur.                     La machine ne doit pas nous isoler des grands probl\u00e8mes                     de la nature et de la soci\u00e9t\u00e9, mais nous y plonger                     plus profond\u00e9ment. Dans beaucoup de pays, les am\u00e9liorations                     sociales clopinent p\u00e9niblement et en protestant derri\u00e8re                     les progr\u00e8s techniques et \u00e9conomiques. <\/p>\n<p> La t\u00e2che qui nous incombe est d&rsquo;adapter nos m\u00e9thodes                     sociales aux exigences des conditions nouvelles. Nous ne pouvons                     prosp\u00e9rer en marchant un pied dans le vingti\u00e8me                     si\u00e8cle et l&rsquo;autre dans le dix-huiti\u00e8me. <\/p>\n<p> Les groupements sociaux ont pour raison d&rsquo;\u00eatre la                     satisfaction des besoins mat\u00e9riels et \u00e9conomiques,                     le maintien d&rsquo;une collaboration spontan\u00e9e entre tous                     les rouages de l&rsquo;organisation et la r\u00e9alisation des                     aspirations l\u00e9gitimes des hommes. Chacun de ceux qui                     en font partie doivent y trouver la libert\u00e9 de s&rsquo;exprimer                     et de vivre dans la paix, le bien-\u00eatre et la dignit\u00e9.                     Dans une telle soci\u00e9t\u00e9, les hommes et les femmes                     ont le loisir de penser \u00e0 leur mission et \u00e0                     leurs fins. Ils en \u00e9prouvent un sentiment de s\u00e9curit\u00e9,                     d&rsquo;assurance et de solidarit\u00e9. <\/p>\n<h3>Id\u00e9es, clairvoyance et courage<\/h3>\n<p> Pour pouvoir avancer dans notre monde industrialis\u00e9,                     nous avons besoin d&rsquo;id\u00e9es, de clairvoyance et de courage.                     Ce sont l\u00e0 des qualit\u00e9s personnelles, qui ne                     se fabriquent pas dans les comit\u00e9s et les commissions.                   <\/p>\n<p> Les psychologues nous disent que nous ne progressons qu&rsquo;en                     adaptant notre comportement \u00e0 notre univers tel qu&rsquo;il                     est, en cherchant \u00e0 en apprendre le fonctionnement                     et les lois naturelles. Nous pouvons ensuite tenter de modifier                     cet univers selon nos d\u00e9sirs ou encore, si la chose                     est impossible, nous appliquer \u00e0 nous changer nous-m\u00eame                     pour nous mettre en harmonie avec le nouvel \u00e9tat des                     choses. <\/p>\n<p> Il ne fait aucun doute que l&rsquo;industrialisation est entr\u00e9e                     d\u00e9finitivement dans nos moeurs. Le monde ne saurait                     se passer de tous les produits et services que seule l&rsquo;industrialisation                     peut nous fournir. Voil\u00e0 la situation \u00e0 laquelle                     nous devons nous adapter. <\/p>\n<p> Le danger du machinisme pour la soci\u00e9t\u00e9 ne                     provient pas de la machine elle-m\u00eame, mais de ce que                     nous en faisons. Et il est certain que, si nous ne savons                     pas nous en servir, le machinisme finira par r\u00e9duire                     l&rsquo;ouvrier \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat de machine et par cr\u00e9er                     ce que Daniel-Rops appelle un monde sans \u00e2me. <\/p>\n<p> Mais il est possible d&rsquo;\u00e9viter un pareil d\u00e9sastre                     gr\u00e2ce \u00e0 la r\u00e9flexion et \u00e0 l&rsquo;action                     conjugu\u00e9e des hommes et des femmes qui pensent, des                     groupes de travail \u00e9clair\u00e9s et des directeurs                     conscients de leurs responsabilit\u00e9s. <\/p>\n<p> Nous ne pouvons pas vivre selon les normes d&rsquo;une \u00e9poque                     non industrialis\u00e9e \u00e0 jamais r\u00e9volue,                     mais n&rsquo;est-il pas possible d&rsquo;en tirer des enseignements qui                     faciliteront notre marche\u00a0? Le cr\u00e9puscule apparent                     des choses n&rsquo;est pas n\u00e9cessairement le cr\u00e9puscule                     du soir\u00a0; il n&rsquo;en tient qu&rsquo;\u00e0 nous d&rsquo;en faire le                     cr\u00e9puscule du matin. <\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<\/p><\/div>\n","protected":false},"author":87,"featured_media":0,"template":"","categories":[1],"rbc_letter_theme":[],"rbc_letter_year":[33],"class_list":["post-2415","rbc_letter","type-rbc_letter","status-publish","hentry","category-uncategorized","rbc_letter_year-33"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO Premium plugin v27.4 (Yoast SEO v27.4) - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-premium-wordpress\/ -->\n<title>Vol. 42, N\u00b0 8 - Octobre 1961 - Quelques cons\u00e9quences humaines des progr\u00e8s de l&#039;industrialisation - RBC<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-42-n-8-octobre-1961-quelques-consequences-humaines-des-progres-de-lindustrialisation\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Vol. 42, N\u00b0 8 - Octobre 1961 - Quelques cons\u00e9quences humaines des progr\u00e8s de l&#039;industrialisation\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"C&rsquo;est une grosse erreur de ne voir dans le commerce et l&rsquo;industrie qu&rsquo;un amas de statistiques et de machines. 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