{"id":2400,"date":"1979-11-01T00:00:00","date_gmt":"1979-11-01T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-60-n-11-novembre-1979-les-grands-detectives\/"},"modified":"2022-10-17T20:20:09","modified_gmt":"2022-10-17T20:20:09","slug":"vol-60-n-11-novembre-1979-les-grands-detectives","status":"publish","type":"rbc_letter","link":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-60-n-11-novembre-1979-les-grands-detectives\/","title":{"rendered":"Vol. 60, N\u00b0 11 &#8211; Novembre 1979 &#8211; Les grands d\u00e9tectives"},"content":{"rendered":"<div id=\"layout-column-main\">\n<p class=\"boldtext\">L&rsquo;analyse du roman policier moderne                     et de son attrait pour ses adeptes du monde entier permet-il                     d&rsquo;\u00e9claircir le myst\u00e8re qui fait que le commissaire                     Maigret, Sherlock Holmes et autres restent toujours vivants                     sans \u00eatre jamais n\u00e9s\u00a0? <\/p>\n<p> Le livre de cuisine prescrit du vin blanc plut\u00f4t que                     du rouge dans le coq au vin, avec une petite goutte de prunelle                     15 minutes avant de servir. L&rsquo;auteur, le critique gastronomique                     Robert Courtine, explique que c&rsquo;est l\u00e0 ce que Mme Maigret                     pr\u00e9pare et \u00ab\u00a0mijote avec amour\u00a0\u00bb pour son                     mari Jules, mieux connu des amateurs de romans policiers de                     tous les pays sous le nom de Commissaire Maigret, de la police                     judiciaire de Paris. Courtine a compil\u00e9 cette recette                     en s&rsquo;inspirant de divers passages des histoires de Maigret.                     Comme Mme Maigret est Alsacienne, il propose un Traminer pour                     la sauce et pour accompagner le plat. <\/p>\n<p> L&#8217;emploi du pr\u00e9sent dans la recette est significatif\u00a0:                     il montre comment certains personnages litt\u00e9raires                     occupent dans les esprits une place si importante qu&rsquo;ils deviennent                     en quelque sorte des \u00eatres vivants. Tout lecteur de                     la s\u00e9rie Maigret sait que les exigences intempestives                     du m\u00e9tier emp\u00eachent souvent le commissaire de                     savourer les bons petits plats de sa femme. Il n&rsquo;ignore pas                     non plus que Mme Maigret s&rsquo;arme de patience en pareil cas.                     On sympathise avec l&rsquo;un et l&rsquo;autre\u00a0: elle, dans sa cuisine,                     angoiss\u00e9e par l&rsquo;id\u00e9e que le d\u00eener sera                     trop cuit\u00a0; lui, le ventre ronchonnant, cal\u00e9 au                     fond d&rsquo;une voiture, dans quelque petite rue pauvre, pour affronter                     un suspect. Pour les enthousiastes de Maigret, le commissaire                     et sa brave \u00e9pouse sont vivants et &#8211; sauf une indigestion                     par-ci, par-l\u00e0 &#8211; bien portants. <\/p>\n<p> Dans le monde du roman policier, Maigret voisine avec le                     c\u00e9l\u00e8bre Sherlock Holmes sur le palier transcendantal                     de la litt\u00e9rature, o\u00f9 leurs faits et gestes                     imaginaires repr\u00e9sentent pour le lecteur une r\u00e9alit\u00e9                     famili\u00e8re. Nous sommes entr\u00e9s dans leur foyer                     comme ils sont entr\u00e9s dans le n\u00f4tre, foyer vraiment                     tr\u00e8s bizarre dans le cas de Holmes. <\/p>\n<p> On pr\u00e9tend, sans en avoir la preuve d\u00e9finitive                     comme il si\u00e9rait en l&rsquo;occurrence, que Sherlock Holmes                     est le personnage le mieux connu de toute la litt\u00e9rature                     anglaise. Il appartient au groupe tr\u00e8s ferm\u00e9                     des cr\u00e9ations fantastiques qui ont surv\u00e9cu non                     seulement \u00e0 leurs cr\u00e9ateurs, mais \u00e0 leur                     \u00e9poque. Gr\u00e2ce au film, \u00e0 la radio, \u00e0                     la t\u00e9l\u00e9vision, aux bandes dessin\u00e9es,                     les traits distinctifs de la personnalit\u00e9 de Sherlock                     Holmes sont connus d&rsquo;une foule de gens qui n&rsquo;ont jamais lu                     les aventures de l&rsquo;immortel d\u00e9tective dans le texte.                   <\/p>\n<p> Son cr\u00e9ateur, Arthur Conan Doyle, se plaisait \u00e9norm\u00e9ment                     au divertissement de persuader ses lecteurs que Holmes, malgr\u00e9                     son aura de myst\u00e8re, \u00e9tait r\u00e9ellement                     un \u00eatre humain. Il y a r\u00e9ussi en parsemant adroitement                     son oeuvre d&rsquo;allusions aux personnes et aux \u00e9v\u00e9nements                     de son temps. Feignant d&rsquo;\u00eatre s\u00e9rieux, les disciples                     de Holmes ne sont que trop contents de poursuivre le jeu encore                     aujourd&rsquo;hui. <\/p>\n<p> Ils nous disent tout d&rsquo;abord que les aventures de Holmes                     n&rsquo;ont pas \u00e9t\u00e9 \u00e9crites par Conan Doyle,                     mais par un type plut\u00f4t collet mont\u00e9, au demeurant                     d&rsquo;un bon naturel, du nom de Watson. Partout (et il y en a                     vraiment partout), les soci\u00e9t\u00e9s des amis de                     Sherlock Holmes partent du fait \u00e9l\u00e9mentaire                     que leur h\u00e9ros et son compagnon ont r\u00e9ellement                     eu leur commissariat dans leur appartement du 212B Baker Street.                     Cette adresse n&rsquo;existe plus, mais ils expliquent que c&rsquo;est                     \u00e0 cause des travaux de d\u00e9molition et de reconstruction                     effectu\u00e9s depuis les beaux jours de Holmes et Watson.                     On raconte que la firme qui occupe le num\u00e9ro le plus                     pr\u00e8s de 212B re\u00e7oit souvent du courrier adress\u00e9                     \u00e0 Sherlock Holmes. <\/p>\n<p> Ainsi, longtemps apr\u00e8s la disparition des derni\u00e8res                     voitures de place et des becs de gaz dans les rues brumeuses                     de Londres, Sherlock Holmes hante toujours avec pr\u00e9tention                     la sc\u00e8ne de l&rsquo;imagination en exer\u00e7ant ce que                     Watson appelle sa sp\u00e9cialit\u00e9\u00a0: l&rsquo;omniscience.                     Depuis l&rsquo;expiration, il y a quelques ann\u00e9es, des droits                     d&rsquo;auteur de Conan Doyle, des livres et des films nouveaux                     sur les aventures de son h\u00e9ros ont paru r\u00e9guli\u00e8rement,                     fond\u00e9s, dit-on, sur des documents inconnus jusqu&rsquo;ici.                     Pour un homme de 125 ans, Holmes r\u00e9ussit encore tr\u00e8s                     bien \u00e0 \u00e9pater lecteurs et spectateurs par la                     puissance de ses raisonnements. <\/p>\n<p> Quel est le secret qui permet aux d\u00e9tectives de roman,                     entre toutes les cr\u00e9ations litt\u00e9raires, de conna\u00eetre                     une \u00e9ternelle jeunesse dans nos imaginations\u00a0?                     Il suffit d&rsquo;\u00e9couter la conversation d&rsquo;un groupe d&rsquo;amateurs                     de romans policiers &#8211; c&rsquo;est-\u00e0-dire \u00e0 peu pr\u00e8s                     tous ceux qui aiment lire pour se d\u00e9tendre &#8211; pour d\u00e9couvrir                     une infinit\u00e9 de d\u00e9tails sur la vie de personnages                     qui n&rsquo;ont jamais exist\u00e9 au sens strict du mot. On apprendra,                     par exemple, que Charlie Chan a eu non seulement des fils,                     mais aussi une fille\u00a0; comment Hercule Poirot oublia                     un jour de dire \u00e0 quelqu&rsquo;un qui le croyait Fran\u00e7ais                     qu&rsquo;il \u00e9tait Belge en r\u00e9alit\u00e9\u00a0; que                     Nero Wolfe pourrait bien \u00eatre le fils ill\u00e9gitime                     de Sherlock Holmes, fruit d&rsquo;une ancienne liaison entre le                     grand policier et une dame oubli\u00e9e du Mont\u00e9n\u00e9gro.                   <\/p>\n<p> Il est m\u00eame un de ces d\u00e9tectives \u00e0 qui                     ses excursions dans l&rsquo;irr\u00e9alit\u00e9 ont le curieux                     effet de conf\u00e9rer un air de r\u00e9alit\u00e9.                     Il s&rsquo;agit de l&rsquo;inspecteur Van der Valk de la police d&rsquo;Amsterdam,                     cr\u00e9\u00e9 par Nicholas Freeling. Avide lecteur des                     histoires de Maigret, il lui arrive souvent de se demander                     devant un probl\u00e8me sp\u00e9cialement difficile ce                     que ferait \u00e0 sa place le commissaire Maigret. <\/p>\n<p> Certes l&rsquo;attrait constant des d\u00e9tectives imaginaires                     tient-il pour beaucoup au genre d&rsquo;aventure dont ils sont les                     vedettes. Tout le monde aime le myst\u00e8re. Il captive                     notamment les enfants\u00a0; d&rsquo;o\u00f9 leur passion des                     \u00e9nigmes et du jeu de cache-cache. Mais les adultes                     adorent aussi les casse-t\u00eate de toutes sortes, surtout                     s&rsquo;il s&rsquo;agit de d\u00e9chiffrer qui est responsable du cadavre                     gisant sur le parquet du salon. <\/p>\n<h3>Les autres h\u00e9ros passent\u00a0;                   les d\u00e9tectives demeurent<\/h3>\n<p> De m\u00eame que les personnages des illustr\u00e9s,                     des t\u00e9l\u00e9romans et des com\u00e9dies de situation,                     les limiers fictifs doivent, en partie au moins, leur notori\u00e9t\u00e9                     au fait qu&rsquo;ils nous reviennent sans cesse d&rsquo;un roman \u00e0                     l&rsquo;autre. Mais alors que les autres h\u00e9ros s&rsquo;effacent                     de la m\u00e9moire une fois leur besogne accomplie sous                     les feux de la rampe, les d\u00e9tectives gardent leur vogue                     gr\u00e2ce \u00e0 la r\u00e9p\u00e9tition sans fin                     de leurs aventures dans les \u00e9ditions populaires et                     leurs nouvelles adaptations pour la t\u00e9l\u00e9vision,                     le cin\u00e9ma et la sc\u00e8ne. <\/p>\n<p> Pourtant, m\u00eame si l&rsquo;on attribue la premi\u00e8re                     histoire terrible des temps modernes \u00e0 un litt\u00e9rateur                     aussi \u00e9minent qu&rsquo;Edgar Allan Poe et que des \u00e9crivains                     aussi merveilleux que Dashiell Hammett et Raymond Chandler                     en aient fait une sp\u00e9cialit\u00e9, il reste que le                     roman policier n&rsquo;est pas encore pleinement reconnu comme une                     forme de litt\u00e9rature tr\u00e8s s\u00e9rieuse. Les                     grands critiques litt\u00e9raires froncent toujours les                     sourcils devant les histoires myst\u00e9rieuses. Derni\u00e8rement                     encore, un historien du genre policier le qualifiait de \u00ab\u00a0livre                     par excellence des chambres de malade et des wagons de chemin                     de fer\u00a0\u00bb. Mais si l&rsquo;art est le reflet des pr\u00e9occupations                     de la soci\u00e9t\u00e9, la demande persistante du roman                     policier dans tous les m\u00e9dia devrait en faire une importante                     vari\u00e9t\u00e9 d&rsquo;art. <\/p>\n<p> \u00c0 l&rsquo;\u00e2ge de la t\u00e9l\u00e9vision, les                     critiques litt\u00e9raires ont vu se joindre \u00e0 eux                     leurs homologues qui se posent en juges de la t\u00e9l\u00e9                     pour affirmer que le public aurait mieux \u00e0 faire que                     de s&rsquo;occuper du crime et de la sensation. Ils d\u00e9plorent                     que l&rsquo;on voit d\u00e9filer sur le petit \u00e9cran beaucoup                     trop de flics violents et de fins limiers. Mais il est \u00e0                     noter qu&rsquo;aussit\u00f4t qu&rsquo;un de ces spectacles dispara\u00eet,                     un nouveau le remplace et des anciens refont surface. Leur                     attrait r\u00e9v\u00e8le sans doute un peu les sentiments                     int\u00e9rieurs de leurs lecteurs, y compris la fascination                     atavique du vol et du meurtre. Pourtant, si les gens s&rsquo;int\u00e9ressent                     au crime pour le crime, ils s&rsquo;int\u00e9ressent aussi au                     ch\u00e2timent. Ils aiment les \u00e9motions que leur procurent                     la supercherie et la \u00ab\u00a0chasse \u00e0 l&rsquo;homme\u00a0\u00bb,                     mais ils ne sont pas du c\u00f4t\u00e9 du criminel. Ils                     veulent que la justice finisse par triompher. <\/p>\n<p> C&rsquo;est ici que le d\u00e9tective de roman entre en sc\u00e8ne\u00a0:                     en tant qu&rsquo;instrument de la justice. Il est l&rsquo;homme (ou, tr\u00e8s                     rarement, la femme) qui vainc tous les obstacles embarrassants                     et parfois p\u00e9rilleux pour s&rsquo;assurer que les malfaiteurs                     expient leurs crimes. Plus encore, le policier fait justice                     alors qu&rsquo;il semble impossible d&rsquo;y arriver par les voies ordinaires.                     Sans son habilet\u00e9 et sa diligence \u00e0 p\u00e9n\u00e9trer                     au coeur du myst\u00e8re, ce que n&rsquo;auraient pu faire de                     moins intelligents et de moins intr\u00e9pides que lui,                     le coupable s&rsquo;en serait tir\u00e9 indemne. <\/p>\n<h3>L&rsquo;image du d\u00e9tective reste celle                   d&rsquo;un chevalier errant<\/h3>\n<p> Selon certains historiens, les ant\u00e9c\u00e9dents                     non romanc\u00e9s du d\u00e9tective sont beaucoup moins                     nobles. Les premiers d\u00e9tectives, disent-ils, \u00e9taient                     au mieux des espions et au pis des mouchards op\u00e9rant                     en marge des forces de police centralis\u00e9es des grandes                     villes d&rsquo;Europe au milieu du XIXe si\u00e8cle. Le public                     les consid\u00e9rait avec d\u00e9fiance et hostilit\u00e9,                     et la police les regardait avec m\u00e9pris comme un mal                     n\u00e9cessaire. <\/p>\n<p> Une approche plus litt\u00e9raire des origines du d\u00e9tective                     lui attribue une ascendance plus aristocratique. On voit alors                     en lui le successeur du chevalier errant de jadis, ce brave                     paladin qui intervenait au moment critique, redressait les                     torts et s&rsquo;\u00e9loignait au galop en qu\u00eate d&rsquo;autres                     injustices \u00e0 r\u00e9parer. Se peut-il que nos limiers                     classiques des temps modernes, nos Philip Marlowe, nos Lee                     Archer et nos Kojak, soient vraiment une r\u00e9incarnation                     des preux vou\u00e9s \u00e0 la recherche du Graal, des                     lib\u00e9rateurs des vierges en p\u00e9ril\u00a0? Et dans                     l&rsquo;affirmative, cela expliquerait-il l&rsquo;effet d&rsquo;attraction des                     romans policiers sur l&rsquo;imagination\u00a0? Y a-t-il au fond                     de nous quelque chose qui nous pousse \u00e0 croire \u00e0                     la r\u00e9alit\u00e9 de tels hommes, m\u00eame si nous                     savons bien qu&rsquo;ils n&rsquo;existent que sur le papier ou \u00e0                     l&rsquo;\u00e9cran. <\/p>\n<p> Notre besoin psychologique de h\u00e9ros ne fait aucun                     doute. Un h\u00e9ros est un \u00eatre plus grand que nature,                     et le d\u00e9tective satisfait \u00e0 cette norme. Il                     est plus fin et, le plus souvent, plus fort que la majorit\u00e9                     d&rsquo;entre nous, et il a un sens plus aigu de l&rsquo;honn\u00eatet\u00e9.                     Il est d&rsquo;ordinaire tout autant le protecteur du faible et                     de l&rsquo;innocent que le pour-chasseur du coupable. <\/p>\n<h3>Affabilit\u00e9 et humanit\u00e9                   chez le chef de la brigade                   des homicides<\/h3>\n<p> Peut-\u00eatre le plus extraordinaire de tous les h\u00e9ros                     de roman policier &#8211; certains disent le plus grand &#8211; est-il                     le commissaire Maigret. Quoi qu&rsquo;il en soit, Maigret offre                     un excellent point de r\u00e9f\u00e9rence pour tout d\u00e9bat                     sur les diff\u00e9rences et les similitudes des d\u00e9tectives                     fictifs et sur la raison pour laquelle ils vivent dans nos                     esprits. <\/p>\n<p> Maigret est la cr\u00e9ation d&rsquo;un \u00e9crivain de g\u00e9nie                     notoire, Georges Simenon. Cet auteur a \u00e9crit plus de                     150 romans, dont la majeure partie n&rsquo;appartiennent pas au                     genre policier\u00a0; Maigret ne figure que dans un tiers                     environ de ses ouvrages. Dans ses autres romans, Simenon traite                     de sujets comme la maladie, la vieillesse, l&rsquo;ignorance, le                     suicide et la folie. <\/p>\n<p> C&rsquo;est dans ce monde cauchemardesque que Simenon introduit,                     en 1930, le personnage serein et rassurant du commissaire                     Maigret. Les critiques distinguent deux aspects dans l&rsquo;oeuvre                     de Simenon\u00a0: le drame et la sagesse. La sagesse rayonne                     dans la s\u00e9rie Maigret, l\u00e0 o\u00f9 les th\u00e8mes                     crus du drame, illumin\u00e9s par l&rsquo;art \u00e9blouissant                     de Simenon, sont soumis \u00e0 l&rsquo;influence adoucissante                     de l&rsquo;humanit\u00e9 de Maigret. <\/p>\n<p> La douceur et l&rsquo;humanit\u00e9 ne sont pas des qualit\u00e9s                     courantes chez le directeur de la brigade des homicides d&rsquo;une                     grande ville. Mais le lecteur d\u00e9couvre rapidement que                     Maigret est plus pr\u00e8s des inqui\u00e9tudes humaines                     fondamentales que les autres grands policiers. Leur personnalit\u00e9                     et leur style de vie les isolent de l&rsquo;existence quotidienne                     et des gens ordinaires. Ce sont pour la plupart des excentriques                     ou des c\u00e9libataires, remarquables par leur attitude                     plut\u00f4t insensible envers l&rsquo;autre sexe. <\/p>\n<p> Maigret, en revanche, est l&rsquo;un de nous\u00a0: un tranquille                     fumeur de pipe un peu grassouillet qui ferait un bon voisin.                     Ce n&rsquo;est pas un dur \u00e0 l&rsquo;am\u00e9ricaine, toujours                     occup\u00e9 \u00e0 knock-outer ou \u00e0 descendre ses                     adversaires. Au contraire, il est path\u00e9tiquement vuln\u00e9rable.                   <\/p>\n<h3>Pour Maigret, l&rsquo;important n&rsquo;est pas                   l&rsquo;auteur mais le mobile du crime<\/h3>\n<p> Ses raisonnements vont \u00e0 l&rsquo;encontre de ceux du commun                     des d\u00e9tectives de roman. Les romans policiers pivotent                     d&rsquo;ordinaire autour d&rsquo;une \u00e9nigme qui exige une solution\u00a0;                     dans le roman policier classique, la question primordiale                     est de d\u00e9nouer le myst\u00e8re et partant de r\u00e9soudre                     le crime. Ce qui int\u00e9resse Maigret ce n&rsquo;est pas tant                     le coupable que son mobile. Le lecteur conna\u00eet souvent                     l&rsquo;identit\u00e9 de l&rsquo;assassin d\u00e8s la premi\u00e8re                     moiti\u00e9 du roman. L&rsquo;un d&rsquo;eux l&rsquo;indique m\u00eame dans                     le titre\u00a0: <em>Le Charretier de la Providence<\/em>. <\/p>\n<p> Tout cela pourrait porter \u00e0 conclure que Maigret                     est si diff\u00e9rent des autres qu&rsquo;il constitue un genre                     \u00e0 lui seul. En fait, il est l&rsquo;exception qui confirme                     la r\u00e8gle. Car il est avant tout le protecteur du public,                     comme le sont tous ses confr\u00e8res de la d\u00e9tection                     fictive des criminels. Ils consacrent toute leur intelligence,                     leur instinct et parfois leur \u00e9nergie musculaire \u00e0                     la t\u00e2che de r\u00e9tablir les certitudes sociales                     \u00e9branl\u00e9es par la perp\u00e9tration d&rsquo;un crime.                   <\/p>\n<p> \u00ab\u00a0Dans le monde complexe et p\u00e9rilleux des m\u00e9tropoles,                     \u00e9crit l&rsquo;historien litt\u00e9raire Ian Ousby, le d\u00e9tective                     de roman fait office de d\u00e9fenseur de l&rsquo;innocence enr\u00e9giment\u00e9e                     et de champion de la moralit\u00e9 sociale dominante.\u00a0\u00bb                     Qu&rsquo;il s&rsquo;agisse d&rsquo;un monsieur de la haute comme le Saint ou                     d&rsquo;un excellent homme sous des dehors un peu frustes comme                     Travis McGee de J. D. MacDonald, la place du d\u00e9tective                     est du c\u00f4t\u00e9 des normes d&rsquo;honn\u00eatet\u00e9                     et de biens\u00e9ance auxquelles souscrit la majorit\u00e9.                   <\/p>\n<p> Vus sous ce jour, nos d\u00e9tectives de roman sont vraiment                     des chevaliers errants des temps modernes. Il est difficile                     de se repr\u00e9senter Miss Marple d&rsquo;Agatha Christie ou                     Father Brown de Chesterton en cavaliers pourchassant les sc\u00e9l\u00e9rats                     et les vandales, mais c&rsquo;est essentiellement la tradition qu&rsquo;ils                     suivent chaque fois qu&rsquo;ils emploient leur merveilleuse intelligence                     \u00e0 d\u00e9couvrir qui a troubl\u00e9 l&rsquo;ordre social                     en exterminant un autre \u00eatre humain. <\/p>\n<h3>On ne peut que souhaiter que pareils                   h\u00e9ros                   existent vraiment<\/h3>\n<p> Outre le fait que les romans policiers sont amusants et                     constituent d&rsquo;excellents et anodins tranquillisants, il semble                     \u00e0 la v\u00e9rit\u00e9 que leur vogue permanente                     tient, en partie du moins, \u00e0 notre besoin bien humain                     d&rsquo;imaginer des chevaliers errants. Les moralistes nous disent                     que ces paladins repr\u00e9sentent la conscience. M\u00eame                     don Quichotte dans ses combats ridicules contre les moulins                     \u00e0 vent reste l&rsquo;expression de la secr\u00e8te noblesse                     de l&rsquo;homme qui se dresse pour affronter les forces obscures                     qui tourmentent son \u00e2me. <\/p>\n<p> La question de savoir pourquoi nous voudrions croire \u00e0                     ces h\u00e9ros mythiques jusqu&rsquo;au point d&rsquo;imaginer qu&rsquo;ils                     existent r\u00e9ellement nous ram\u00e8ne \u00e0 la                     pr\u00e9sence r\u00e9confortante et fleurant le tabac                     du commissaire Maigret. Maigret est bon, fort, simple, sage                     et compr\u00e9hensif. Qui ne voudrait pas croire en un tel                     homme\u00a0? <\/p>\n<p> Il en va de m\u00eame pour tous les autres grands d\u00e9tectives                     (faites votre choix) soustraits au temps au moment o\u00f9                     ils s&rsquo;efforcent, chacun \u00e0 sa mani\u00e8re, de faire                     triompher la justice\u00a0: Car o\u00f9 en serions-nous                     sans la possibilit\u00e9 de r\u00eaver que r\u00f4dent                     de par le monde des gens r\u00e9solus et habiles \u00e0                     nous d\u00e9livrer du mal\u00a0? On ne saurait trop souhaiter                     que de telles personne n&rsquo;existent pas uniquement dans les                     livres\u00a0; qu&rsquo;il y a r\u00e9ellement quelque part des                     h\u00e9ros qui se battent pour nous lib\u00e9rer de la                     molestation, condition essentielle de la vie civilis\u00e9e                     de chaque jour. <\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<\/p><\/div>\n","protected":false},"author":87,"featured_media":0,"template":"","categories":[1],"rbc_letter_theme":[],"rbc_letter_year":[51],"class_list":["post-2400","rbc_letter","type-rbc_letter","status-publish","hentry","category-uncategorized","rbc_letter_year-51"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO Premium plugin v27.2 (Yoast SEO v27.2) - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-premium-wordpress\/ -->\n<title>Vol. 60, N\u00b0 11 - Novembre 1979 - Les grands d\u00e9tectives - RBC<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-60-n-11-novembre-1979-les-grands-detectives\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Vol. 60, N\u00b0 11 - Novembre 1979 - Les grands d\u00e9tectives\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"L&rsquo;analyse du roman policier moderne et de son attrait pour ses adeptes du monde entier permet-il d&rsquo;\u00e9claircir le myst\u00e8re qui fait que le commissaire Maigret, Sherlock Holmes et autres restent toujours vivants sans \u00eatre jamais n\u00e9s\u00a0? 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