{"id":2396,"date":"1975-11-01T00:00:00","date_gmt":"1975-11-01T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-56-n-11-novembre-1975-des-citoyens-libres-et-reflechis\/"},"modified":"2022-10-17T20:07:32","modified_gmt":"2022-10-17T20:07:32","slug":"vol-56-n-11-novembre-1975-des-citoyens-libres-et-reflechis","status":"publish","type":"rbc_letter","link":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-56-n-11-novembre-1975-des-citoyens-libres-et-reflechis\/","title":{"rendered":"Vol. 56, N\u00b0 11 &#8211; Novembre 1975 &#8211; Des citoyens libres et r\u00e9fl\u00e9chis"},"content":{"rendered":"<div id=\"layout-column-main\">\n<p class=\"boldtext\">Chacun a le droit de penser, d&rsquo;agir                     et de croire comme il veut, mais aussi le devoir de rendre                     compte t\u00f4t ou tard, ici-bas ou ailleurs, de ce qu&rsquo;il                     choisit de penser, de croire et de faire. <\/p>\n<p> La libert\u00e9 dont jouit le citoyen dans un pays d\u00e9mocratique,                     comme le Canada, ne consiste pas \u00e0 faire des choix                     absolument libres, mais des choix subordonn\u00e9s \u00e0                     l&rsquo;obligation d&rsquo;agir selon la confiance que mettent en lui                     ses concitoyens. Le fondement d&rsquo;une bonne soci\u00e9t\u00e9                     est le sentiment de r\u00e9ciprocit\u00e9 qui anime ses                     membres. <\/p>\n<p> Certains recherchent la libert\u00e9 avec fr\u00e9n\u00e9sie,                     comme si le fait de s&rsquo;affranchir des restrictions et des lois                     \u00e9tait le bien supr\u00eame de la vie. La base juridique                     de la libert\u00e9 est l&rsquo;ob\u00e9issance \u00e0 certaines                     lois sociales et morales\u00a0: un homme peut \u00eatre libre                     et soumis \u00e0 certaines contraintes\u00a0; il peut \u00eatre                     \u00e0 la fois disciplin\u00e9 et libre. N&rsquo;en faire qu&rsquo;\u00e0                     sa guise n&rsquo;est pas n\u00e9cessairement une preuve de libert\u00e9\u00a0;                     cette attitude peut m\u00eame \u00eatre inspir\u00e9e                     par l&rsquo;orgueil ou un sentiment d&rsquo;impuissance \u00e0 faire                     face \u00e0 la situation dans son milieu habituel. <\/p>\n<p> La notion de libert\u00e9 n&rsquo;est pas une abstraction\u00a0:                     nous sommes libres de faire certaines choses ou par rapport                     \u00e0 certaines obligations. Un \u00c9tat bien gouvern\u00e9                     fournit \u00e0 ses citoyens l&rsquo;occasion de r\u00e9aliser                     des valeurs humaines et spirituelles toujours plus grandes.                     Comme les autres vertus morales, la libert\u00e9 ne peut                     subsister que par l&rsquo;accomplissement des devoirs qu&rsquo;elle comporte.                   <\/p>\n<p> La liste des libert\u00e9s que poss\u00e8dent les citoyens                     du Canada remplirait une page enti\u00e8re du pr\u00e9sent                     <em>Bulletin<\/em>\u00a0: libert\u00e9 religieuse, libert\u00e9                     politique et libert\u00e9s civiles\u00a0; libert\u00e9                     individuelle, libert\u00e9 d&rsquo;expression, libert\u00e9                     de r\u00e9union et d&rsquo;association. \u00c0 chaque libert\u00e9                     correspond une obligation. <\/p>\n<p> Quel que soit son rang social &#8211; cadre ou manoeuvre, \u00e9lecteur                     ou homme politique &#8211; chacun a le devoir de faire de son mieux.                     Certains ont le sentiment d&rsquo;avoir fait tout leur devoir s&rsquo;ils                     observent la loi\u00a0; mais le devoir ne se limite pas aux                     prescriptions du l\u00e9gislateur. Le sens du devoir embrasse                     toutes les actions bonnes qu&rsquo;aucune loi ne nous oblige \u00e0                     accomplir. <\/p>\n<p> \u00ab\u00a0Le mot devoir est le mot le plus sublime de la langue,                     \u00e9crit Robert Lee. On ne peut jamais faire plus que                     son devoir\u00a0; on ne doit jamais souhaiter faire moins.\u00a0\u00bb                     Et Emerson note dans ses <em>Journals<\/em>\u00a0: \u00ab\u00a0Ne                     me dites pas de me pr\u00e9parer \u00e0 la mort. Je ne                     sais pas ce qui adviendra. Le seul pr\u00e9paratif que je                     puisse faire est de m&rsquo;acquitter de mes devoirs actuels.\u00a0\u00bb                   <\/p>\n<h3>L&rsquo;\u00e9tat actuel du monde<\/h3>\n<p> L&rsquo;augmentation du nombre des personnes qui pensent que rien                     d&rsquo;autre que la m\u00e9canisation n&rsquo;importe pour assurer                     le progr\u00e8s s&rsquo;accompagne de la multitude croissante                     des citoyens qui se sentent impuissants devant le poids \u00e9crasant                     de la force anonyme qui les environne. La puissance de la                     bombe, l&rsquo;omniscience de l&rsquo;ordinateur et l&rsquo;\u00e9ruption                     de la violence inqui\u00e8tent tout le monde. <\/p>\n<p> La paix, l&rsquo;ordre et la s\u00e9curit\u00e9 d\u00e9pendent                     des actions de personnes r\u00e9fl\u00e9chies, qui rejettent                     l&rsquo;id\u00e9e de la voyoucratie et de son m\u00e9pris de                     la vie et des valeurs humaines. La protection des ressources                     naturelles, base de la conservation de la vie, est l&rsquo;oeuvre                     de gardiens sens\u00e9s, conscients de la capacit\u00e9                     limit\u00e9e de notre plan\u00e8te de produire des vivres                     et de supporter le gaspillage. <\/p>\n<p> Le principe de la responsabilit\u00e9 n&rsquo;est pas une croyance                     tir\u00e9e de quelque ouvrage de philosophie utopique. Sous                     une forme ou sous une autre, il se retrouve bien vivace dans                     le coeur de tous les hommes, sauf les plus d\u00e9prav\u00e9s                     et les plus pervers\u00a0; les incons\u00e9quents, les ignorants                     et les indolents. <\/p>\n<p> L&rsquo;acceptation de la responsabilit\u00e9 nous incite \u00e0                     passer des vains r\u00eaves aux desseins r\u00e9solus.                     C&rsquo;est un acte positif, qui nous invite \u00e0 construire                     notre vie non pas d&rsquo;apr\u00e8s ce que nous r\u00e9prouvons,                     mais d&rsquo;apr\u00e8s ce que nous approuvons. Il incombe \u00e0                     chacun de penser aux cons\u00e9quences \u00e9ventuelles                     de ses actions. C&rsquo;est l\u00e0 l&rsquo;imp\u00e9ratif cat\u00e9gorique                     du devoir \u00e9nonc\u00e9 par Emmanuel Kant\u00a0: \u00ab\u00a0Agis                     comme si le principe qui guide ton action allait \u00eatre                     \u00e9rig\u00e9 en loi universelle de la nature.\u00a0\u00bb                   <\/p>\n<h3>Le devoir et la soci\u00e9t\u00e9<\/h3>\n<p> Il existe dans le monde une foule de choses qui sont bonnes,                     mais qui ne peuvent faire l&rsquo;objet d&rsquo;une loi officielle\u00a0;                     des choses qui ne se feront jamais \u00e0 moins que quelqu&rsquo;un                     ne soit pr\u00eat \u00e0 les faire sans autre r\u00e9compense                     que le sentiment d&rsquo;accomplir ce que la soci\u00e9t\u00e9                     attend de lui. <\/p>\n<p> Si un homme veut marcher la t\u00eate haute, il doit fournir                     sa part de devoir accompli, de loyaut\u00e9, de bienveillance                     et de bon go\u00fbt. Il pourra se tenir \u00e0 l&rsquo;\u00e9cart                     des personnes ou des compagnes qui lui d\u00e9plaisent\u00a0;                     mais il ne doit pas se sentir oblig\u00e9 pour autant de                     rendre la vie d\u00e9sagr\u00e9able \u00e0 ceux qui                     ne sont pas de son avis. On nous dit que les Celtes ha\u00efssaient                     tellement les Saxons qu&rsquo;ils refusaient d&rsquo;essayer de les convertir,                     de peur de r\u00e9ussir et d&rsquo;assurer ainsi leur salut. <\/p>\n<p> Assumer sa responsabilit\u00e9 sociale c&rsquo;est entre autres                     choses ne pas laisser faire aux autres ce que nous devrions                     contribuer \u00e0 faire. Le monde est si complexe qu&rsquo;il                     nous faut tous in\u00e9vitablement \u00eatre redevables                     de beaucoup \u00e0 nos semblables, mais il convient que                     tout homme vole autant que possible de ses propres ailes.                   <\/p>\n<p> Noblesse oblige est une magnifique maxime. Elle marque l&rsquo;obligation                     morale d&rsquo;observer une conduite honorable et charitable. La                     vie humaine suppose un certain sens de responsabilit\u00e9                     de la part de ceux qui sont en mesure d&rsquo;aider les autres.                     Capitalistes, ouvriers, cadres, personne ne peut se soustraire                     \u00e0 ce devoir envers la soci\u00e9t\u00e9. <\/p>\n<p> L&rsquo;acc\u00e8s \u00e0 la classe de gens que l&rsquo;on qualifie                     de \u00ab\u00a0noble\u00a0\u00bb est ouvert aux citoyens de tous rangs.                     La seule condition est que nous poss\u00e9dions et pratiquions                     les traits caract\u00e9ristiques coutumiers chez ceux qui                     ont de la noblesse d&rsquo;\u00e2me. Ainsi na\u00eet une nouvelle                     sorte d&rsquo;aristocratie, compos\u00e9e d&rsquo;hommes et de femmes                     de tous les niveaux et de toutes les couches de la soci\u00e9t\u00e9,                     une classe de citoyens bienveillants, enthousiastes, clairvoyants                     et libres d&rsquo;esprit, convaincus de la grandeur et de la noblesse                     du devoir de servir l&rsquo;humanit\u00e9. <\/p>\n<h3>O\u00f9 s&rsquo;oriente le devoir\u00a0?<\/h3>\n<p> La relation familiale se fonde maintenant sur l&rsquo;amiti\u00e9                     plut\u00f4t que sur les liens du sang, mais on ne saurait                     se d\u00e9rober aux exigences du devoir des parents envers                     les enfants sans qu&rsquo;en souffre la formation de ces derniers                     \u00e0 la vie r\u00e9elle. Les parents sont des mandataires,                     tenus de rechercher et de faire ce qu&rsquo;il y a de mieux possible                     pour leurs enfants. Ils ont l&rsquo;obligation de veiller \u00e0                     ne pas laisser la jeunesse enfi\u00e9vr\u00e9e et brouillonne                     tr\u00e9bucher sur ses propres erreurs, sans rien d&rsquo;autre                     pour la guider que des regards choqu\u00e9s ou des appels                     aux sentiments. <\/p>\n<p> Les jeunes ne sont pas exempts de responsabilit\u00e9s.                     Ils ont des devoirs envers leurs parents et les personnes                     vieillissantes. La population \u00e2g\u00e9e pose un probl\u00e8me                     de pr\u00e9occupation nationale. Les gouvernements, les                     organismes de bienfaisance, les \u00e9glises et les membres                     des professions lib\u00e9rales s&rsquo;en inqui\u00e8tent. <\/p>\n<p> Ce probl\u00e8me demande une approche organis\u00e9e                     et conjugu\u00e9e de la part des pouvoirs publics, des services                     de sant\u00e9 et d&rsquo;enseignement, des organisations religieuses,                     des associations ouvri\u00e8res et du secteur \u00e9conomique.                     Il offre aux jeunes une occasion de t\u00e9moigner de leur                     sens civique. <\/p>\n<p> Une soci\u00e9t\u00e9 se d\u00e9finit en fonction                     de son comportement collectif, de ses usages sociaux, de ses                     sanctions, de sa position, de ses opinions. Pour former une                     communaut\u00e9, les citoyens doivent travailler en s&rsquo;inspirant                     de principes et d&rsquo;objectifs communs. Personne n&rsquo;est assez                     fortun\u00e9, assez sage ni assez en s\u00e9curit\u00e9                     pour se passer d&rsquo;autrui. <\/p>\n<h3>Urgences de plus en plus grandes<\/h3>\n<p> Pendant les vingt-cinq derni\u00e8res ann\u00e9es du                     pr\u00e9sent si\u00e8cle, les collectivit\u00e9s auront                     \u00e0 tenir compte de plusieurs particularit\u00e9s dont                     elles ne se souciaient gu\u00e8re au cours des vingt-cinq                     premi\u00e8res ann\u00e9es\u00a0: la prolif\u00e9ration                     des services associ\u00e9e \u00e0 une croissance industrielle                     sans pr\u00e9c\u00e9dent\u00a0; une concentration urbaine                     g\u00e9n\u00e9ratrice de nombreux besoins nouveaux au                     palier municipal\u00a0; une n\u00e9cessit\u00e9 pressante                     de lutter contre la pollution de l&rsquo;air et de l&rsquo;eau, d&rsquo;assurer                     la conservation du p\u00e9trole, du charbon, du gaz naturel                     et de trouver des produits de remplacement, de promouvoir                     l&rsquo;habitation \u00e0 bon march\u00e9, les transports urbains                     efficaces, les installations de loisirs et de distractions                     comme les parcs, les zones de verdure et les biblioth\u00e8ques.                   <\/p>\n<p> Tout cela suppose une pens\u00e9e et un travail r\u00e9fl\u00e9chis.                     Comme la vie familiale, la vie au sein de la soci\u00e9t\u00e9                     exige un certain m\u00e9lange de d\u00e9pendance, de solidarit\u00e9,                     de persuasion et de contrainte. Ceux qui veulent b\u00e9n\u00e9ficier                     des avantages de la vie collective doivent s&rsquo;imposer la corv\u00e9e                     de la supporter. <\/p>\n<p> Il semble \u00e0 certaines personnes beaucoup plus facile                     de ne pas se m\u00ealer aux autres. Pourquoi alors dit-on\u00a0:                     \u00ab\u00a0Mieux vaut donner que recevoir\u00a0\u00bb\u00a0? Will Durant                     apporte une r\u00e9ponse \u00e0 cette question dans <em>The                     Mansions of Philosophy<\/em>. \u00ab\u00a0Il est plus agr\u00e9able,                     \u00e9crit-il, de donner que de recevoir, car recevoir c&rsquo;est                     se soumettre, mais donner c&rsquo;est dominer.\u00a0\u00bb <\/p>\n<p> Il existe \u00e0 ce propos trois points de vue \u00e9galement                     valables dans leur domaine respectif\u00a0: celui de l&rsquo;organisme                     professionnel, celui du b\u00e9n\u00e9ficiaire et celui                     du b\u00e9n\u00e9vole. Le b\u00e9n\u00e9ficiaire est                     indubitablement mieux assist\u00e9 par des personnes de                     formation sp\u00e9cialis\u00e9e. Toutefois, le b\u00e9n\u00e9ficiaire                     a besoin d&rsquo;autre chose qu&rsquo;un diagnostic et des traitements                     appropri\u00e9s, que ses difficult\u00e9s soient d&rsquo;ordre                     physiologique, mental ou \u00e9conomique. Les organismes                     et les services publics ne dispensent pas ce qu&rsquo;on pourrait                     appeler la chaleur humaine. Enfin ceux qui s&rsquo;adonnent au b\u00e9n\u00e9volat                     en retirent un immense profit\u00a0: ils y trouvent l&rsquo;occasion                     de satisfaire leur besoin naturel d&rsquo;exprimer leur humanit\u00e9.                   <\/p>\n<p> Les dimensions de plus en plus grandes des entreprises industrielles                     sont venues modifier les relations du patronat et des ouvriers,                     et ce changement soul\u00e8ve un nouveau probl\u00e8me                     de responsabilit\u00e9 pour les dirigeants de deux parties                     en cause. L&rsquo;ouvrier est tenu envers le patronat d&rsquo;accomplir                     honn\u00eatement un bon travail\u00a0; le patronat a l&rsquo;obligation                     d&rsquo;agir comme il convient envers les ouvriers, l&rsquo;entreprise                     et le public. <\/p>\n<h3>La responsabilit\u00e9 individuelle<\/h3>\n<p> Ce serait une erreur de supposer que seuls les repr\u00e9sentants                     politiques et les chefs d&rsquo;entreprise ont des devoirs. Dans                     un pays o\u00f9 tous ont le droit de vote, comme au Canada,                     tous sont des mandataires. Il d\u00e9pend de la probit\u00e9                     de chacun, en tant qu&rsquo;\u00e9lecteur et travailleur, que                     les pouvoirs de ceux qui exercent l&rsquo;autorit\u00e9 soient                     plus ou moins bien utilis\u00e9s au profit de toute la soci\u00e9t\u00e9.                   <\/p>\n<p> Une personne r\u00e9fl\u00e9chie dit le dictionnaire                     est une personne en qui l&rsquo;on peut avoir confiance. C&rsquo;est celle                     qui affronte les cons\u00e9quences de ses actes. <\/p>\n<p> Les gens r\u00e9fl\u00e9chis sont des gens honorables.                     Un auteur a dit que l&rsquo;honneur \u00e9tait la capacit\u00e9                     de juger sa propre cause comme s&rsquo;il s&rsquo;agissait de celle d&rsquo;un                     autre. La personne r\u00e9fl\u00e9chie ne se guide pas                     sur la r\u00e9ponse \u00e0 la question \u00ab\u00a0Quelle est                     la chose que j&rsquo;aimerais faire\u00a0?\u00a0\u00bb, mais sur celle                     de la question \u00ab\u00a0Quelle est la chose qu&rsquo;il faut faire\u00a0?\u00a0\u00bb                   <\/p>\n<p> Les devoirs d&rsquo;un homme ne sauraient se condenser dans un                     code. Les lois constitutionnelles sont loin de renfermer toutes                     les obligations que nous devons observer dans notre conduite.                     Ainsi, des sept p\u00e9ch\u00e9s capitaux &#8211; l&rsquo;orgueil,                     l&rsquo;avarice, l&rsquo;impuret\u00e9, l&rsquo;envie, la gourmandise, la                     col\u00e8re et la paresse &#8211; aucun n&rsquo;est mentionn\u00e9                     comme faute dans le <em>Code criminel <\/em>du Canada. <\/p>\n<p> Ce qui est n\u00e9cessaire, ce n&rsquo;est pas la courtoisie                     romanesque de l&rsquo;antique chevalerie, mais une attitude secourable,                     m\u00eame si l&rsquo;on peut encore fort bien s&rsquo;acquitter de ses                     obligations selon le v\u00e9ritable esprit de la chevalerie\u00a0:                     lib\u00e9rer les opprim\u00e9s, redresser les torts, abolir                     les coutumes condamnables, supprimer l&rsquo;injustice. <\/p>\n<p> Albert Einstein, qualifi\u00e9 par son biographe de \u00ab\u00a0cr\u00e9ateur                     d&rsquo;univers\u00a0\u00bb, \u00e9crit\u00a0: \u00ab\u00a0Je m&rsquo;aper\u00e7ois                     \u00e0 quel point ma vie ext\u00e9rieure et int\u00e9rieure                     repose sur l&rsquo;oeuvre de mes semblables, vivants et morts, et                     avec quelle ardeur je dois travailler pour donner en retour                     autant que j&rsquo;ai re\u00e7u.\u00a0\u00bb <\/p>\n<h3>Le besoin d&rsquo;assistance<\/h3>\n<p> Les Canadiens ont acquis un bon niveau de vie par les moyens                     l\u00e9gitimes que sont le travail et une sage \u00e9conomie.                     Le plus difficile est d&rsquo;apprendre \u00e0 bien employer les                     bonnes choses de la vie. <\/p>\n<p> Nous avons atteint le stade du sentiment de suffisance &#8211;                     moment o\u00f9 tous les besoins ressentis sont satisfaits                     &#8211; aux environs d&rsquo;un point ne se situant pas tr\u00e8s loin                     des niveaux de consommation d&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9 de                     pionniers, mais la somme des plaisirs de la vie moderne va                     beaucoup plus loin que cela, et nous cherchons \u00e0 en                     avoir davantage. Cela nous rappelle l&rsquo;ordre donn\u00e9 \u00e0                     Mo\u00efse\u00a0: \u00ab\u00a0Lorsque vous r\u00e9colterez la                     moisson de votre pays, tu ne moissonneras pas jusqu&rsquo;\u00e0                     l&rsquo;extr\u00eame limite du champ. Tu ne ramasseras pas la glanure                     de ta moisson.\u00a0\u00bb Il faut partager avec les autres les                     biens de la vie. <\/p>\n<p> Les niveaux de vie artificiels se fondent sur les d\u00e9finitions                     changeantes de ce qui constitue une existence d\u00e9cente.                     L&rsquo;alimentation, le logement et l&rsquo;instruction de bonne qualit\u00e9                     sont des besoins primordiaux\u00a0; pourtant les r\u00e9cepteurs                     de radio et de t\u00e9l\u00e9vision ne sont plus des jouets                     de riches, mais des meubles utilitaires. <\/p>\n<p> On peut trouver chez la population autochtone du Canada                     des citoyens qui n&rsquo;ont pas r\u00e9ussi \u00e0 suivre des                     niveaux de vie de plus en plus \u00e9lev\u00e9s. L&rsquo;ancienne                     \u00e9conomie des Indiens et des Esquimaux n&rsquo;est plus valable                     aujourd&rsquo;hui. Subsister uniquement des ressources du pays n&rsquo;est                     plus possible, m\u00eame si l&rsquo;on \u00e9tait heureux de                     vivre \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque pr\u00e9-industrielle. <\/p>\n<p> On trouve \u00e0 travers le Canada des zones riches en                     biens naturels &#8211; for\u00eats, plaines, mines &#8211; et des zones                     industrielles, mais cette division ne r\u00e9partit pas                     pour autant les Canadiens en nantis et en d\u00e9munis.                     Les devoirs civiques transcendent cette distinction. Ainsi                     que l&rsquo;\u00e9crit un sociologue, \u00ab\u00a0les Romains \u00e0                     l&rsquo;apog\u00e9e de leur grandeur estimaient qu&rsquo;un privil\u00e8ge                     n&rsquo;est justifi\u00e9 que si celui qui en b\u00e9n\u00e9ficie                     l&rsquo;exerce avec tout le souci voulu des droits des d\u00e9favoris\u00e9s                     et toute la d\u00e9termination voulue d&rsquo;am\u00e9liorer                     leur sort.\u00a0\u00bb <\/p>\n<p> La faim n&rsquo;est pas le seul malheur qui accable les hommes.                     Les pauvres et les d\u00e9sh\u00e9rit\u00e9s ne sont                     pas uniquement les affam\u00e9s. Ce sont aussi ceux dont                     le niveau de validit\u00e9 est consid\u00e9r\u00e9 comme                     relativement nul, dont le travail n&rsquo;a qu&rsquo;une faible valeur                     financi\u00e8re\u00a0; ceux qui sont incapables d&rsquo;atteindre                     le niveau de vie qu&rsquo;ils voient partout autour d&rsquo;eux. Vivre                     dans la pauvret\u00e9 c&rsquo;est avoir insuffisamment acc\u00e8s                     aux biens, aux services et aux conditions de vie que l&rsquo;on                     en est venu \u00e0 reconna\u00eetre comme base du niveau                     de vie minimal. <\/p>\n<p> Dans sa chronique de la page financi\u00e8re du <em>Montreal                     Star<\/em>, Dian Cohen \u00e9crivait en mars\u00a0: \u00ab\u00a0Il                     y a encore aujourd&rsquo;hui au Canada des enfants arri\u00e9r\u00e9s                     physiquement et mentalement parce qu&rsquo;ils ne mangent pas bien                     depuis leur naissance. Il y a encore des Canadiens qui se                     coucheront ce soir tout habill\u00e9s parce qu&rsquo;ils sont                     mal log\u00e9s.\u00a0\u00bb <\/p>\n<h3>Le tiers monde<\/h3>\n<p> La responsabilit\u00e9 du Canada ne se limite pas \u00e0                     ses citoyens. Aucun \u00c9tat ne jouit d&rsquo;une ind\u00e9pendance                     absolue en ce sens qu&rsquo;il peut demeurer enti\u00e8rement                     indiff\u00e9rent \u00e0 ce qui se passe au-del\u00e0                     de ses fronti\u00e8res. \u00ab\u00a0Mon prochain\u00a0\u00bb, \u00e9crit                     L. P. Jacks dans <em>Mon prochain, l&rsquo;univers<\/em>, \u00ab\u00a0est                     la totalit\u00e9 organis\u00e9e des \u00eatres existants.                     Voil\u00e0 ce qui r\u00e9clame mon d\u00e9vouement,                     mes services, mon amour\u00a0; voil\u00e0 ce que je dois                     aimer comme moi-m\u00eame.\u00a0\u00bb <\/p>\n<p> Beaucoup de gouvernements ont contract\u00e9 l&rsquo;engagement                     d&rsquo;aider les pays pauvres \u00e0 se lib\u00e9rer de la                     servitude du besoin. Les jeunes surtout paraissent comprendre                     que le Canada ne se compose pas de citoyens s\u00e9par\u00e9s                     par quelque myst\u00e9rieuse distinction du reste du monde.                     Ils \u00e9prouvent le sentiment de l&rsquo;unit\u00e9 du progr\u00e8s                     humain. <\/p>\n<p> M. Lester Pearson, pr\u00e9sident de la Commission des                     affaires internationales, affirmait il y a quelques ann\u00e9es\u00a0:                     \u00ab\u00a0Le souci des besoins des autres pays et des pays pauvres                     est l&rsquo;expression d&rsquo;un aspect nouveau et fondamental de l&rsquo;\u00e2ge                     moderne\u00a0: la conscience que nous vivons dans un monde                     communautaire, que nous appartenons \u00e0 une communaut\u00e9                     mondiale.\u00a0\u00bb <\/p>\n<p> La r\u00e9volution technique a laiss\u00e9 en arri\u00e8re                     plusieurs pays, et de vastes parties du monde n&rsquo;ont pas encore                     les connaissances qui permettent d&rsquo;atteindre un niveau de                     vie raisonnable. Les pays attard\u00e9s s&rsquo;efforcent de sortir                     d&rsquo;un pass\u00e9 primitif, pr\u00e9alphab\u00e9tique                     et colonial et d&rsquo;acc\u00e9der \u00e0 un avenir industrialis\u00e9                     sans avoir le temps de passer par un pr\u00e9sent interm\u00e9diaire.                     Leurs besoins s&rsquo;accroissent continuellement \u00e0 mesure                     que leurs populations entrent plus \u00e9troitement en contact                     avec les pays occidentaux. <\/p>\n<p> Certaines personnes s&rsquo;opposent \u00e0 l&rsquo;usage du mot \u00ab\u00a0sous-d\u00e9velopp\u00e9\u00a0\u00bb                     dans le cas de ces pays, mais ce terme n&rsquo;a aucune connotation                     p\u00e9jorative\u00a0; il signifie simplement que leur modernisation                     est \u00e0 venir. <\/p>\n<p> L&rsquo;expression tiers monde s&#8217;emploie aujourd&rsquo;hui pour d\u00e9signer                     le groupe de pays en voie de d\u00e9veloppement, surtout                     d&rsquo;Asie et d&rsquo;Afrique, qui ont besoin de capitaux, de connaissances,                     de formation, de productivit\u00e9 agricole, de planification                     et d&rsquo;exportations. L&rsquo;aide apport\u00e9e \u00e0 ces pays                     produira les meilleurs r\u00e9sultats dans ceux qui font                     eux-m\u00eames des efforts soutenus et disciplin\u00e9s                     pour mobiliser leurs propres ressources mat\u00e9rielles,                     intellectuelles et morales et les faire contribuer \u00e0                     leur avenir \u00e9conomique. <\/p>\n<p> Il importe en accomplissant notre devoir envers les autres                     de respecter leurs sentiments. En secourant les d\u00e9favoris\u00e9s,                     il ne faut pas oublier qu&rsquo;\u00e0 leur point de vue notre                     geste est une affirmation de sup\u00e9riorit\u00e9 et                     que leur fiert\u00e9 en souffre. <\/p>\n<p> Nous ne devons jamais dire de bonnes paroles par piti\u00e9                     sans y joindre l&rsquo;action, ni faire \u00e9talage de sympathie                     \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard des gens \u00e0 qui notre devoir                     nous oblige \u00e0 pr\u00eater notre aide, mais avoir de                     la compassion pour eux, c&rsquo;est-\u00e0-dire nous associer                     \u00e0 leurs maux. <\/p>\n<h3>Vivre de fa\u00e7on r\u00e9fl\u00e9chie<\/h3>\n<p> Qu&rsquo;est-ce que mener une vie vraiment r\u00e9fl\u00e9chie\u00a0?                     C&rsquo;est s&rsquo;ancrer dans l&rsquo;entreprise centrale de la vie humaine,                     dans une relation d&rsquo;accomplissement r\u00e9ciproque avec                     ses semblables. Nous devons rester humains. Les machines ont                     \u00e9t\u00e9 invent\u00e9es pour servir de compl\u00e9ment                     au travail de l&rsquo;homme, mais l&rsquo;humanit\u00e9 est menac\u00e9e                     de devenir le compl\u00e9ment de la machine, une soci\u00e9t\u00e9                     de robots utilitaires faisant tout, m\u00eame les bonnes                     actions, machinalement. <\/p>\n<p> Les humains refusent de plus en plus d&rsquo;\u00eatre consid\u00e9r\u00e9s                     comme des statistiques. \u00ab\u00a0Ce dont le monde a le plus                     besoin aujourd&rsquo;hui, dit le directeur g\u00e9n\u00e9ral                     de l&rsquo;Organisation pour l&rsquo;alimentation et l&rsquo;agriculture des                     Nations Unies, ce n&rsquo;est pas seulement d&rsquo;un plus vaste \u00e9change                     des biens mat\u00e9riels, si essentiel soit-il, c&rsquo;est aussi                     d&rsquo;une reconnaissance consciente du droit de tout homme \u00e0                     atteindre sa pleine stature, ind\u00e9pendamment de son                     lieu de naissance, de la couleur de sa peau ou des croyances                     et des opinions qui lui sont ch\u00e8res.\u00a0\u00bb <\/p>\n<p> \u00ab\u00a0Toutes les grandes religions &#8211; la christianisme,                     le juda\u00efsme, la bouddhisme, l&rsquo;islamisme et le tao\u00efsme                     &#8211; \u00e9crit A. P. Davies dans <em>La signification des manuscrits                     de la mer Morte<\/em>, exaltent les m\u00eames principes et                     pr\u00f4nent l&rsquo;amour et la fraternit\u00e9 comme la voie                     d&rsquo;une vie vertueuse, pour les individus et la soci\u00e9t\u00e9.\u00a0\u00bb                     Notre devoir n&rsquo;est pas de donner \u00e0 manger aux affam\u00e9s                     m\u00e9ritants, ni aux affam\u00e9s travailleurs, ni aux                     affam\u00e9s aimables et bien intentionn\u00e9s, mais                     simplement de donner \u00e0 manger \u00e0 ceux qui ont                     faim. <\/p>\n<h3>Agir avec intelligence<\/h3>\n<p> La libert\u00e9 et le devoir sont jumel\u00e9s avec                     la droite raison, comme l&rsquo;archange saint Michel le dit \u00e0                     Adam dans <em>le Paradis perdu<\/em>. Assumer des responsabilit\u00e9s                     ne signifie pas supporter tous les probl\u00e8mes du monde.                     La R\u00e8gle d&rsquo;or ne prescrit \u00e0 personne de ne pas                     se soucier de ses int\u00e9r\u00eats et de son bonheur.                     Celui qui veut rester libre doit continuer \u00e0 porter                     une tr\u00e8s importante charge de responsabilit\u00e9s                     personnelles pour assurer son bien-\u00eatre. <\/p>\n<p> Les hommes doivent avoir \u00e0 coeur de jouer leur r\u00f4le,                     d&rsquo;acqu\u00e9rir le r\u00e9flexe du \u00ab\u00a0il faut faire                     quelque chose\u00a0\u00bb. La d\u00e9mocratie agissante est la                     d\u00e9mocratie fond\u00e9e sur une v\u00e9ritable participation,                     gr\u00e2ce \u00e0 laquelle chacun peut donner une r\u00e9ponse                     positive \u00e0 la question\u00a0: \u00ab\u00a0Quel devoir ai-je                     envers mon pays, mon prochain, mes amis\u00a0?\u00a0\u00bb C&rsquo;est                     l\u00e0 un excellent moyen de faire de la vie autre chose                     qu&rsquo;une p\u00e9riode \u00e0 passer, de contribuer activement                     aux \u00e9v\u00e9nements de l&rsquo;histoire. <\/p>\n<p> L&rsquo;acceptation de la responsabilit\u00e9 conduit, dans                     les affaires, \u00e0 faire usage du pouvoir et de l&rsquo;autorit\u00e9                     avec justice et sympathie\u00a0; dans la soci\u00e9t\u00e9,                     elle conduit \u00e0 un effort de coop\u00e9ration pour                     am\u00e9liorer les conditions de vie de tous et dans tous                     les milieux\u00a0; dans la vie personnelle, \u00e0 l&rsquo;\u00e9panouissement                     maximum des talents de chacun, si grand ou si humble soit-il.                   <\/p>\n<p> \u00ab\u00a0La signification du bien et du mal, nous dit encore                     L. P. Jacks dans <em>Mon prochain, l&rsquo;univers<\/em>, embrasse                     les rapports de l&rsquo;homme avec l&rsquo;univers entier et non seulement                     ses rapports avec ses semblables dans la soci\u00e9t\u00e9.                   <\/p>\n<p> \u00ab\u00a0Dans ce domaine, son premier devoir est d&rsquo;en arriver                     \u00e0 comprendre tout ce qu&rsquo;il peut de l&rsquo;univers, puis,                     gr\u00e2ce \u00e0 ce savoir, de faire tout son possible                     pour le rendre <em>meilleur <\/em>qu&rsquo;il ne l&rsquo;aurait \u00e9t\u00e9                     s&rsquo;il n&rsquo;\u00e9tait jamais n\u00e9, en donnant un tant soit                     peu de valeur nouvelle \u00e0 son milieu &#8211; ne serait-ce                     que de faire cro\u00eetre deux brins d&rsquo;herbe l\u00e0 o\u00f9                     il n&rsquo;en poussait qu&rsquo;un seul ou de rebouter la patte cass\u00e9e                     d&rsquo;un moineau &#8211; autrement dit en consacrant tout ce qu&rsquo;il sait                     sur l&rsquo;univers \u00e0 l&rsquo;orientation de sa conduite en tant                     que citoyen de cet univers.\u00a0\u00bb <\/p>\n<p> Agir ainsi, c&rsquo;est assumer ses responsabilit\u00e9s d&rsquo;homme                     libre, de Canadien et de citoyen du monde. <\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<\/p><\/div>\n","protected":false},"author":87,"featured_media":0,"template":"","categories":[1],"rbc_letter_theme":[],"rbc_letter_year":[47],"class_list":["post-2396","rbc_letter","type-rbc_letter","status-publish","hentry","category-uncategorized","rbc_letter_year-47"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO Premium plugin v27.4 (Yoast SEO v27.4) - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-premium-wordpress\/ -->\n<title>Vol. 56, N\u00b0 11 - Novembre 1975 - Des citoyens libres et r\u00e9fl\u00e9chis - RBC<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-56-n-11-novembre-1975-des-citoyens-libres-et-reflechis\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Vol. 56, N\u00b0 11 - Novembre 1975 - Des citoyens libres et r\u00e9fl\u00e9chis\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Chacun a le droit de penser, d&rsquo;agir et de croire comme il veut, mais aussi le devoir de rendre compte t\u00f4t ou tard, ici-bas ou ailleurs, de ce qu&rsquo;il choisit de penser, de croire et de faire. 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