{"id":2384,"date":"1963-11-01T00:00:00","date_gmt":"1963-11-01T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-44-n-11-novembre-1963-nos-malentendus\/"},"modified":"2022-10-17T19:25:36","modified_gmt":"2022-10-17T19:25:36","slug":"vol-44-n-11-novembre-1963-nos-malentendus","status":"publish","type":"rbc_letter","link":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-44-n-11-novembre-1963-nos-malentendus\/","title":{"rendered":"Vol. 44, N\u00b0 11 &#8211; Novembre 1963 &#8211; Nos malentendus"},"content":{"rendered":"<div id=\"layout-column-main\">\n<p class=\"boldtext\">Les malentendus sont l&rsquo;une des                     plus grandes sources de d\u00e9saccord entre les individus                     comme entre les peuples. Dans les familles, les bureaux et                     les ateliers, les conflits les plus acharn\u00e9s ne sont                     pas ceux qui mettent aux prises de grands id\u00e9aux, mais                     des opinions oppos\u00e9es. <\/p>\n<p> Si, comme on l&rsquo;a dit, la vie consiste en une perp\u00e9tuelle                     adaptation des relations int\u00e9rieures et des relations                     ext\u00e9rieures, il faut en conclure que c&rsquo;est l\u00e0                     un domaine o\u00f9 nous pouvons faire beaucoup pour vivre                     en paix avec nous-m\u00eames et avec les autres. <\/p>\n<p> L&rsquo;adaptation suppose la tol\u00e9rance. Les gens intol\u00e9rants                     ont une vue limit\u00e9e des choses \u00e0 une \u00e9poque                     o\u00f9 il est essentiel d&rsquo;avoir des id\u00e9es larges.                     Leur fanatisme se manifeste sous des formes diverses, depuis                     le simple \u00e9loignement de la soci\u00e9t\u00e9 jusqu&rsquo;aux                     explosions de haine et au d\u00e9cha\u00eenement de passions                     vieilles comme le monde, ainsi qu&rsquo;en t\u00e9moignent les                     troubles raciaux qui s\u00e9vissent actuellement aux \u00c9tats-Unis.                   <\/p>\n<p> Les arguments qui militent contre l&rsquo;intol\u00e9rance ne                     sont pas uniquement d&rsquo;ordre moral\u00a0; ils reposent sur                     deux consid\u00e9rations aussi simples que fondamentales\u00a0:                     1\u00b0 il est humainement impossible de conna\u00eetre tous les                     faits ni m\u00eame le tout d&rsquo;un fait quelconque\u00a0; 2\u00b0                     nous vivons \u00e0 une \u00e9poque de tension, dans laquelle                     la n\u00e9cessit\u00e9 primordiale est d&rsquo;accepter les                     droits, les devoirs et les privil\u00e8ges de chacun ind\u00e9pendamment                     de sa famille, de sa religion, de ses ant\u00e9c\u00e9dents                     politiques et nationaux et de son entourage. <\/p>\n<h3>L&rsquo;ouverture d&rsquo;esprit<\/h3>\n<p> L&rsquo;esprit ferm\u00e9 est comme une baratte o\u00f9 s&rsquo;agiteraient                     sans cesse les m\u00eames pens\u00e9es\u00a0: quelques                     opinions qui ne changent jamais. Il est toujours port\u00e9                     \u00e0 \u00e9carter et \u00e0 exclure, qu&rsquo;il s&rsquo;agisse                     de faire entrer des nouveaux membres dans un club ou d&rsquo;ajouter                     des livres \u00e0 sa biblioth\u00e8que. <\/p>\n<p> L&rsquo;homme \u00e0 l&rsquo;esprit ouvert se pose constamment la                     question suivante, afin d&rsquo;\u00e9viter les malentendus\u00a0:                     \u00ab\u00a0Comment les autres envisagent-ils la question\u00a0?\u00a0\u00bb                     Il le fait pour les membres de sa famille, pour ses voisins,                     pour les citoyens d&rsquo;une autre ville ou d&rsquo;une autre province,                     et pour ceux qui habitent aux extr\u00e9mit\u00e9s de                     la terre. <\/p>\n<p> Lorsqu&rsquo;on regarde le spectre solaire, on voit les couleurs                     du violet au rouge, c\u00f4te \u00e0 c\u00f4te mais se                     fondant les unes dans les autres et sans lignes de d\u00e9marcation                     indiquant exactement o\u00f9 l&rsquo;une finit et o\u00f9 une                     autre commence. C&rsquo;est aussi de cette fa\u00e7on qu&rsquo;il convient                     de consid\u00e9rer les gens. Il n&rsquo;existe pas de vie toute                     noire ou toute blanche, ni tout indigo, bleue, verte, jaune                     ou orange, m\u00eame si l&rsquo;une ou l&rsquo;autre couleur doit pr\u00e9dominer                     \u00e0 un moment ou en un lieu quelconque. <\/p>\n<p> C&rsquo;est chez les Ath\u00e9niens que nous trouvons l&rsquo;un des                     premiers exemples de la reconnaissance formelle de l&rsquo;importance                     de la tol\u00e9rance sociale. Ce peuple avait vraiment l&rsquo;esprit                     ouvert aux id\u00e9es et aux opinions nouvelles. On sait                     que pendant son s\u00e9jour en Asie Mineure saint Paul fut                     malmen\u00e9 par les foules, emprisonn\u00e9, ridiculis\u00e9                     et battu, mais lorsqu&rsquo;il arriva \u00e0 Ath\u00e8nes, les                     habitants le firent compara\u00eetre devant leur plus haut                     tribunal, l&rsquo;Ar\u00e9opage, et lui demand\u00e8rent de                     leur faire savoir quelle \u00e9tait la nouvelle doctrine                     qu&rsquo;il pr\u00eachait. <\/p>\n<p> Avoir l&rsquo;esprit ouvert ce n&rsquo;est pas avoir la t\u00eate vide.                     C&rsquo;est avoir le d\u00e9sir d&rsquo;apprendre tout en \u00e9tant                     exempt de pr\u00e9jug\u00e9s, de parti pris et autres                     attitudes qui bornent nos vues. Celui qui a l&rsquo;esprit ouvert                     ne se contente pas de d\u00e9celer l&rsquo;erreur\u00a0; il fait                     plus et mieux en s&rsquo;effor\u00e7ant de trouver la v\u00e9rit\u00e9                     qui la remplacera\u00a0; et lorsqu&rsquo;il d\u00e9couvre quelque                     chose de beau, de bon ou de bien, il s&rsquo;en r\u00e9jouit,                     quelle qu&rsquo;en soit la provenance. <\/p>\n<h3>Quelques causes de malentendus<\/h3>\n<p> Il est utile, pour \u00e9viter les malentendus, d&rsquo;en conna\u00eetre                     les causes les plus fr\u00e9quentes. <\/p>\n<p> Et d&rsquo;abord la col\u00e8re. S&rsquo;il est une chose \u00ab\u00a0qui                     rend l&rsquo;homme semblable \u00e0 la b\u00eate\u00a0\u00bb, c&rsquo;est                     bien la col\u00e8re. Il faudrait penser un peu plus au piteux                     spectacle que nous offrons quand nous sortons de notre caract\u00e8re                     au point d&rsquo;en perdre le sens de la dignit\u00e9, de la biens\u00e9ance                     et de la justice. <\/p>\n<p> Les deux grandes causes de la col\u00e8re sont la peur                     et l&rsquo;humiliation. Lorsque quelqu&rsquo;un nous vexe au travail ou                     dans le monde, l&rsquo;\u00e9motion de la col\u00e8re nous gagne                     instinctivement. Nous craignons les suites de la b\u00e9vue                     dont nous avons \u00e9t\u00e9 victime ou nous sommes mortifi\u00e9s                     de ce que l&rsquo;on nous ait fait <em>cela \u00e0 nous<\/em>. Nous                     nous montons tellement la t\u00eate que, comme l&rsquo;un des personnages                     du <em>Peer Gynt <\/em>d&rsquo;Ibsen, nous \u00ab\u00a0pourrions bouffer                     des cailloux\u00a0\u00bb. <\/p>\n<p> Puis, oubliant que c&rsquo;est notre r\u00e9action, et non pas                     l&rsquo;affront, qui importe, nous perdons toute ma\u00eetrise.                     Nous \u00e9crivons des lettres courrouc\u00e9es et nous                     prof\u00e9rons des paroles fielleuses. Nos sentiments, qui                     n&rsquo;ont plus le frein de la raison pour les retenir, nous entra\u00eenent                     \u00e0 bride abattue dans une brouille d&rsquo;importance. <\/p>\n<p> Il nous faut reconna\u00eetre que seules nos r\u00e9actions                     d\u00e9pendent de notre volont\u00e9. Dans nos rapports                     journaliers avec nos semblables, nous sommes un peu comme                     l&rsquo;humble amibe, qui, incapable d&rsquo;\u00e9carter les autres                     de sa route, doit se contenter de reculer ou de se laisser                     entra\u00eener plus loin par les courants. <\/p>\n<p> Voil\u00e0 pourquoi celui qui veut \u00e9viter les m\u00e9sententes                     s&rsquo;\u00e9vertue \u00e0 rester calme au lieu d&rsquo;entrer en                     fureur. Son calme n&rsquo;offre aucune prise \u00e0 son interlocuteur\u00a0;                     il d\u00e9sarme son adversaire\u00a0; il le grandit aux                     yeux des autres. <\/p>\n<p> On peut juger de la grandeur d&rsquo;un homme par les choses pour                     lesquelles il s&rsquo;enflamme. La l\u00e9gende nous dit que sir                     Lancelot avait des lances de diverses longueurs et qu&rsquo;il demandait                     sa Grande Lance ou sa Petite Lance selon les circonstances.                     Quoi qu&rsquo;il en soit, il importe de ne jamais oublier le sage                     conseil de l&rsquo;inimitable La Fontaine\u00a0: \u00ab\u00a0Plus fait                     douceur que violence\u00a0\u00bb. <\/p>\n<p> L&rsquo;anxi\u00e9t\u00e9 est aussi une cause fr\u00e9quente                     de malentendus. Elle r\u00e9sulte de la rencontre du d\u00e9sir                     et de la crainte. Dans notre pays, o\u00f9 l&rsquo;ou a si remarquablement                     r\u00e9ussi \u00e0 vaincre les ravages de la maladie,                     il y a malheureusement de plus en plus de gens qui trouvent                     la vie triste parce que l&rsquo;anxi\u00e9t\u00e9 les tenaille.                   <\/p>\n<p> Beaucoup de nos inqui\u00e9tudes sont tout \u00e0 fait                     hors de proportion avec les dangers v\u00e9ritables de la                     situation. Propag\u00e9es par tous les moyens de diffusion,                     qui nous talonnent du matin au soir et entretenues par notre                     ignorance des multiples facettes de la vie moderne, ces inqui\u00e9tudes                     deviennent autant de sources de sombres pressentiments. <\/p>\n<h3>La critique<\/h3>\n<p> La critique est \u00e0 l&rsquo;origine de bien des m\u00e9sintelligences.                     Gardons-nous de jeter du froid dans la vie de nos amis et                     de nos employ\u00e9s en relevant leurs erreurs ou leurs                     omissions. <\/p>\n<p> \u00ab\u00a0Quand on veut montrer \u00e0 un autre qu&rsquo;il se                     trompe, \u00e9crit Pascal, il faut observer par quel c\u00f4t\u00e9                     il envisage la chose, car elle est vraie ordinairement de                     ce c\u00f4t\u00e9-l\u00e0, et lui avouer cette v\u00e9rit\u00e9,                     mais lui d\u00e9couvrir le c\u00f4t\u00e9 par o\u00f9                     elle est fausse.\u00a0\u00bb Il est bon, par cons\u00e9quent,                     en examinant un travail que l&rsquo;on soumet \u00e0 notre approbation                     ou en \u00e9tudiant un projet formul\u00e9 par un membre                     de la famille, d&rsquo;en chercher d&rsquo;abord les bons c\u00f4t\u00e9s                     et de les faire ressortir. Commen\u00e7ons toujours par                     louer les qualit\u00e9s et par les appr\u00e9cier \u00e0                     leur juste valeur. <\/p>\n<p> S&rsquo;il est n\u00e9cessaire de critiquer un acte ou une situation                     d&rsquo;ordre moral, comme la conduite de quelqu&rsquo;un, par exemple,                     n&rsquo;oublions pas qu&rsquo;il faudrait \u00eatre sans d\u00e9fauts                     pour accuser autrui. La comparaison de la paille et de la                     poutre est toujours d&rsquo;actualit\u00e9. <\/p>\n<p> Mais si c&rsquo;est l&rsquo;inverse qui se produit et que vous \u00eates                     vous-m\u00eames l&rsquo;objet de critiques, peut-\u00eatre injustement,                     quelle conduite faut-il adopter\u00a0? Trois excellentes attitudes                     sont possibles\u00a0: demandez-vous si la critique a raison                     et, s&rsquo;il en est ainsi, reconnaissez-le tout de suite\u00a0;                     demandez-vous si vous pouvez profiter des critiques pour am\u00e9liorer                     votre travail ou mettre plus de bonheur dans votre vie\u00a0;                     demandez-vous si le censeur a le droit de vous critiquer et,                     s&rsquo;il ne l&rsquo;a pas, d\u00e9trompez-le avec douceur. <\/p>\n<p> Quand il n&rsquo;y a rien \u00e0 retirer d&rsquo;une attaque, dit                     Sertillanges, il y a encore \u00e0 s&rsquo;en retirer, soi, \u00e0                     en sortir tout d&rsquo;abord indemne, exempt d&rsquo;affaiblissement et                     de rancoeur, ensuite grandi, am\u00e9lior\u00e9 par l&rsquo;\u00e9preuve.                   <\/p>\n<h3>Le poison de l&rsquo;envie<\/h3>\n<p> L&rsquo;homme qui atteint \u00e0 la sup\u00e9riorit\u00e9                     dans un domaine quelconque ne peut \u00e9chapper \u00e0                     l&rsquo;envie. Les gens pensent par comparaison. Celui qui a un                     beau jardin excite l&rsquo;envie de ses voisins\u00a0; celui qui                     a de l&rsquo;avancement excite l&rsquo;envie de ses compagnons de travail\u00a0;                     celui qui sait tirer parti des \u00e9v\u00e9nements et                     qui r\u00e9ussit excite l&rsquo;envie des rat\u00e9s. L&rsquo;envie                     est la ran\u00e7on du succ\u00e8s et la vengeance de la                     m\u00e9diocrit\u00e9. <\/p>\n<p> Le champ de l&rsquo;envie s&rsquo;est consid\u00e9rablement agrandi                     avec l&rsquo;instabilit\u00e9 des classes de la soci\u00e9t\u00e9                     et les th\u00e9ories \u00e9galitaires de la d\u00e9mocratie.                     Les anciennes lignes de d\u00e9marcation ayant disparu,                     l&rsquo;envieux commence par se dire\u00a0: \u00ab\u00a0Pourquoi n&rsquo;aurais-je                     pas ce que les autres ont\u00a0?\u00a0\u00bb, puis il en vient                     \u00e0 demander\u00a0: \u00ab\u00a0Pourquoi les autres auraient-ils                     ce que je n&rsquo;ai pas\u00a0?\u00a0\u00bb Au lieu de se r\u00e9jouir                     de son avoir \u00e0 lui, il s&rsquo;attriste de voir celui des                     autres. <\/p>\n<p> Nous en trouvons un exemple classique dans l&rsquo;histoire de                     la Gr\u00e8ce ancienne. En 1932, un arch\u00e9ologue d\u00e9couvrait                     les tablettes dont on s&rsquo;\u00e9tait servi 2400 ans auparavant                     pour prononcer l&rsquo;ostracisme contre Aristide. Cet homme fut                     banni d&rsquo;Ath\u00e8nes sans avoir \u00e9t\u00e9 accus\u00e9                     d&rsquo;aucune faute, mais simplement parce que les citoyens lui                     en voulaient d&rsquo;\u00eatre tellement meilleur qu&rsquo;eux. Plutarque                     raconte qu&rsquo;au moment du vote, un paysan illettr\u00e9 le                     pria d&rsquo;\u00e9crire pour lui le nom d&rsquo;Aristide sur sa tablette,                     et que le grand Ath\u00e9nien lui ayant demand\u00e9 ce                     qu&rsquo;Aristide lui avait fait, il r\u00e9pondit\u00a0: \u00ab\u00a0Rien,                     mais je suis ennuy\u00e9 de l&rsquo;entendre partout appeler <em>le                     Juste<\/em>\u00a0\u00bb. <\/p>\n<h3>Les m\u00e9faits des comm\u00e9rages<\/h3>\n<p> Les comm\u00e9rages font perdre la t\u00eate \u00e0                     bien des gens et engendrent plus de rancunes dans une collectivit\u00e9                     que n&rsquo;importe quel autre d\u00e9faut. Les cancaniers s&rsquo;attaquent                     \u00e0 tout ce qui n&rsquo;est pas de leur go\u00fbt. Ils ont                     une tr\u00e8s haute opinion de leurs propres m\u00e9rites,                     mais se contentent de laisser ceux des autres dans une \u00e9trange                     p\u00e9nombre de sous-entendus, de demi-v\u00e9rit\u00e9s                     et d&rsquo;impr\u00e9cisions. Ils font passer le z\u00e8le pour                     de l&rsquo;impatience et de l&rsquo;autoritarisme\u00a0; la temp\u00e9rance                     et la discipline pour de la duret\u00e9\u00a0; la justice                     pour de la cruaut\u00e9 et la foi religieuse autre que la                     leur pour de la superstition. <\/p>\n<p> On a vu des gens pouss\u00e9s \u00e0 bout par des propos                     calomnieux et des soup\u00e7ons tout \u00e0 fait injustes                     se f\u00e2cher jusqu&rsquo;au point d&rsquo;ass\u00e9ner des coups                     au cancanier \u00e0 la langue trop affil\u00e9e et se                     faire ainsi un tort irr\u00e9parable. <\/p>\n<p> L&rsquo;homme courageux et intr\u00e9pide n&rsquo;h\u00e9sitera                     peut-\u00eatre pas \u00e0 affronter l&rsquo;auteur des comm\u00e9rages                     en pr\u00e9sence d&rsquo;un ami et \u00e0 exiger une r\u00e9tractation.                     Mais les caract\u00e8res moins r\u00e9solus endureront                     les ragots et laisseront le soin \u00e0 la v\u00e9rit\u00e9                     d&rsquo;orienter le jugement des personnes dont l&rsquo;opinion leur importe.                   <\/p>\n<p> Il y a beaucoup de conditions \u00e0 remplir pour r\u00e9ussir                     dans la politique, les affaires ou l&rsquo;\u00e9ducation des                     enfants, mais la plus n\u00e9cessaire est sans doute de                     savoir supporter l&rsquo;humeur grincheuse de nos semblables et                     de nos coll\u00e8gues. Nous pouvons endurer avec dignit\u00e9                     de grands chagrins, mais les petites provocations nous irritent.                   <\/p>\n<p> Les situations qui nous horripilent sont de deux sortes\u00a0:                     celles auxquelles nous pouvons quelque chose et celles qu&rsquo;il                     nous est impossible d&#8217;emp\u00eacher. L&rsquo;exemple du bon \u00e9p\u00e9iste                     pourrait ici nous servir\u00a0: quand il ne peut parer un                     coup, il l&rsquo;encaisse avec son bouclier. Il y a aussi l&rsquo;excellent                     conseil de ce philosophe de l&rsquo;Orient qui, ayant re\u00e7u                     un coup de pied de sa mule, ne voulut pas relever l&rsquo;insulte                     qui lui venait d&rsquo;un si vil offenseur. <\/p>\n<p> Clara Barton, la fondatrice de la Croix-Rouge am\u00e9ricaine,                     \u00e9tait de cette trempe. \u00c0 une amie qui lui rappelait                     des choses particuli\u00e8rement cruelles qu&rsquo;on lui avait                     faites plusieurs ann\u00e9es auparavant et qui lui disait\u00a0:                     \u00ab\u00a0Vous ne vous en souvenez pas\u00a0?\u00a0\u00bb, elle r\u00e9pondit\u00a0:                     \u00ab\u00a0Non, je me souviens tr\u00e8s bien de les avoir oubli\u00e9es.\u00a0\u00bb                   <\/p>\n<h3>Les pr\u00e9jug\u00e9s et l&rsquo;orgueil<\/h3>\n<p> Les pr\u00e9jug\u00e9s \u00e9tant issus de m\u00e9sentente,                     il n&rsquo;est pas \u00e9tonnant qu&rsquo;ils en soient l&rsquo;une des causes                     les plus f\u00e9condes. Voltaire appelle le pr\u00e9jug\u00e9                     \u00ab\u00a0la raison des sots\u00a0\u00bb. C&rsquo;est une opinion ch\u00e8re                     fond\u00e9e sur les ou\u00ef-dire ou la tradition, qui emp\u00eache                     toute investigation impartiale\u00a0; un ramassis de certitudes                     stupides et d&rsquo;ignorance. <\/p>\n<p> Pr\u00e9jug\u00e9 veut dire jugement pr\u00e9matur\u00e9.                     Lorsque nous rencontrons une personne qui prend son parti                     avant d&rsquo;avoir \u00e9tudi\u00e9 les faits n\u00e9cessaires                     pour en arriver \u00e0 une conclusion intelligente, nous                     nous heurtons \u00e0 ce que l&rsquo;on a d\u00e9sign\u00e9                     sous le nom de \u00ab\u00a0loi d&rsquo;ant\u00e9riorit\u00e9\u00a0\u00bb.                     C&rsquo;est ce qui s&rsquo;est produit dans le cas d&rsquo;Anytos, le tanneur,                     qui dirigea la pers\u00e9cution de Socrate\u00a0; dans le                     cas de Caccini et Lorini, les responsables des tortures qu&rsquo;endura                     Galil\u00e9e\u00a0; et c&rsquo;est ce qui se produit dans le cas                     de celui qui arrive \u00e0 une r\u00e9union de comit\u00e9                     avec des exigences irr\u00e9vocables, du politicien qui                     fait de l&rsquo;obstruction pour chercher \u00e0 imposer ses propres                     d\u00e9sirs, du sorcier qui fait d\u00e9capiter le missionnaire                     pour prot\u00e9ger sa situation privil\u00e9gi\u00e9e.                   <\/p>\n<p> Il n&rsquo;est pas du tout facile de d\u00e9couvrir quels sont                     nos pr\u00e9jug\u00e9s personnels. Nous y sommes si habitu\u00e9s,                     ils sont si ancr\u00e9s dans nos pens\u00e9es, qu&rsquo;il nous                     faut faire de profondes et honn\u00eates recherches pour                     les trouver. Mais il vaut la peine de les d\u00e9raciner,                     tant \u00e0 cause du profit que nous en tirerons dans nos                     relations avec les autres que du sentiment de d\u00e9livrance                     que nous en \u00e9prouverons. <\/p>\n<p> L&rsquo;orgueil entra\u00eene souvent les hommes dans des situations                     qui aboutissent aux malentendus. On cherche \u00e0 obtenir                     une pr\u00e9rogative pour soi-m\u00eame ou pour sa famille,                     puis on se croit oblig\u00e9 de d\u00e9fendre l&rsquo;\u00e9tat                     de choses ainsi constitu\u00e9. <\/p>\n<p> Qu&rsquo;est-ce que l&rsquo;orgueil\u00a0? Si l&rsquo;on d\u00e9veloppe                     la r\u00e9ponse du petit cat\u00e9chisme, il y a orgueil                     quand nous nous imaginons que l&rsquo;unique raison d&rsquo;\u00eatre                     des \u00e9toiles est de scintiller pour nous\u00a0; il y                     a orgueil quand un homme d&rsquo;affaires refuse d&rsquo;accepter une                     nouveaut\u00e9 si elle ne vient pas de lui\u00a0; il y a                     orgueil quand, exalt\u00e9 par les votes qu&rsquo;il a recueillis,                     un homme politique perd contact, dans sa nouvelle grandeur,                     avec ceux qui l&rsquo;y ont \u00e9lev\u00e9. <\/p>\n<p> L&rsquo;homme arrogant provoque la m\u00e9sentente, sans compter                     qu&rsquo;il se rend ridicule en affectant d&rsquo;\u00eatre ce qu&rsquo;il                     n&rsquo;est pas. Comme le coq de la fable, il en arrive \u00e0                     croire que c&rsquo;est lui qui fait lever le soleil. <\/p>\n<h3>Comment \u00e9viter les malentendus<\/h3>\n<p> La sagesse supr\u00eame dans l&rsquo;art d&rsquo;\u00e9viter les                     malentendus consiste \u00e0 faire travailler sa mati\u00e8re                     grise de fa\u00e7on \u00e0 clarifier les situations. D\u00e9finir                     les probl\u00e8mes, les solutions et les mots employ\u00e9s.                     Les plus grandes disputes cesseraient \u00e0 l&rsquo;instant m\u00eame                     si l&rsquo;une des parties voulait bien pr\u00e9ciser en quelques                     mots clairs et nets quel est d&rsquo;apr\u00e8s elle l&rsquo;objet du                     litige. <\/p>\n<p> Toutes les questions difficiles qu&rsquo;il nous faut r\u00e9soudre                     sont complexes. Elles le sont dans les causes qui leur ont                     donn\u00e9 naissance comme dans les \u00e9motions qu&rsquo;elles                     agitent en nous. Aussi convient-il de reconna\u00eetre que                     deux et m\u00eame trois points de vue contradictoires en                     apparence puissent exister et \u00eatre partiellement justes.                   <\/p>\n<p> Il faut ensuite savoir discuter, c&rsquo;est-\u00e0-dire \u00e9tudier                     en commun et de bonne foi le pour et le contre. Personne n&rsquo;a                     le droit de se pr\u00e9tendre civilis\u00e9 s&rsquo;il est incapable                     de regarder les deux c\u00f4t\u00e9s de la m\u00e9daille.                     La discussion est un \u00e9change o\u00f9 l&rsquo;on expose                     ses id\u00e9es et ses vues, mais o\u00f9 il faut aussi                     en retour accueillir et \u00e9tudier celles des autres.                     Chacun doit parler \u00e0 son tour, non pas pour faire triompher                     son opinion, mais pour faire jaillir la v\u00e9rit\u00e9.                   <\/p>\n<p> Les concours oratoires d&rsquo;autrefois, si fr\u00e9quents                     chez les jeunes avant la premi\u00e8re guerre mondiale,                     \u00e9taient un merveilleux exercice pour apprendre \u00e0                     examiner tous les aspects d&rsquo;une question. Qu&rsquo;ils eussent \u00e0                     d\u00e9fendre l&rsquo;affirmative ou la n\u00e9gative, les orateurs                     devaient se familiariser avec les arguments de leurs adversaires                     afin d&rsquo;\u00eatre pr\u00eats \u00e0 les r\u00e9futer.                   <\/p>\n<p> Rien n&rsquo;est plus utile, dans une pol\u00e9mique, que les                     interlocuteurs en viennent \u00e0 constater que chacun d&rsquo;eux                     n&rsquo;est pas plus m\u00e9chant que de juste. Il suffirait bien                     souvent que les uns et les autres fassent pr\u00e9c\u00e9der                     leurs affirmations des trois petits mots \u00ab\u00a0il me semble\u00a0\u00bb                     pour \u00e9viter beaucoup de conflits et de querelles. <\/p>\n<p> Le c\u00e9l\u00e8bre po\u00e8te symboliste syro-am\u00e9ricain                     Kahlil Gibran nous a laiss\u00e9 une fable fort int\u00e9ressante                     \u00e0 ce sujet. Quatre grenouilles se chauffaient paisiblement                     sur une bille de bois que le courant entra\u00eena peu \u00e0                     peu vers les rapides imp\u00e9tueux d&rsquo;une rivi\u00e8re.                     L&rsquo;une des grenouilles crut que la bille \u00e9tait vivante\u00a0;                     une seconde affirma que la rivi\u00e8re l&#8217;emportait sur                     son dos vers la mer\u00a0; la troisi\u00e8me d\u00e9clara                     que ce n&rsquo;\u00e9tait ni la bille ni la rivi\u00e8re qui                     bougeaient, mais que le mouvement \u00e9tait dans leur esprit,                     car sans pens\u00e9e rien ne bouge. Mais la quatri\u00e8me                     grenouille leur dit\u00a0: \u00ab\u00a0Vous avez toutes raison                     et personne n&rsquo;a tort. Le mouvement est \u00e0 la fois dans                     la bille, dans l&rsquo;eau et dans votre pens\u00e9e.\u00a0\u00bb Mais                     aucune des trois ne voulut avouer qu&rsquo;elle ne poss\u00e9dait                     pas toute la v\u00e9rit\u00e9 et que les deux autres avaient                     un peu raison. Elles se jet\u00e8rent donc sur la quatri\u00e8me                     et la pouss\u00e8rent dans la rivi\u00e8re. <\/p>\n<h3>Dans un monde qui change<\/h3>\n<p> Il y a, parait-il, un proverbe chinois qui dit\u00a0: \u00ab\u00a0Il                     n&rsquo;y a rien de permanent dans la vie sauf le changement\u00a0\u00bb.                     Le changement est une loi de la vie. Nous devons passer physiquement                     de l&rsquo;enfance \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge adulte, mentalement de l&rsquo;ignorance                     au savoir et affectivement de l&rsquo;ins\u00e9curit\u00e9 \u00e0                     la stabilit\u00e9. <\/p>\n<p> Il nous faut aussi \u00e9voluer en conformit\u00e9 avec                     notre milieu. La complexit\u00e9 de l&rsquo;existence nous est                     venue avec le progr\u00e8s scientifique et technique. Nous                     ne pouvons fermer les yeux et les oreilles aux faits qui changent                     autour de nous et fonder notre action sur les id\u00e9es                     que nous portons d\u00e9j\u00e0 en nous. <\/p>\n<p> De fait, il est bon de faire un bon nettoyage de temps en                     temps. Notre vie deviendra plus riche et plus belle si nous                     savons nous d\u00e9barrasser de certaines vieilles id\u00e9es                     et passer l&rsquo;\u00e9ponge. C&rsquo;est courir apr\u00e8s les ennuis                     que de toujours penser au pass\u00e9, de ranimer d&rsquo;anciennes                     divergences d&rsquo;opinions et de revenir sur de vieilles querelles.                   <\/p>\n<p> L&rsquo;homme qui r\u00e9siste au changement dans un monde en                     transformation fait preuve non pas de volont\u00e9, mais                     de vanit\u00e9 et d&rsquo;infatuation. Il incommode les autres                     en s&rsquo;\u00e9vertuant en pure perte \u00e0 refuser d&rsquo;\u00e9couter                     la voix de la raison et de la sagesse. Un tel retardataire                     se sentira in\u00e9vitablement mal compris. <\/p>\n<p> Il est souvent n\u00e9cessaire de faire des concessions                     dans la vie. Cela ne permet pas toujours de remporter une                     victoire, mais c&rsquo;est un moyen presque infaillible pour s&rsquo;entendre.                     Celui qui veut \u00e9viter la m\u00e9sentente doit \u00eatre                     pr\u00eat \u00e0 transiger dans toute la mesure o\u00f9                     il est possible de le faire sans compromettre ses principes.                   <\/p>\n<h3>Le grand pr\u00e9cepte<\/h3>\n<p> Dans toute l&rsquo;histoire de l&rsquo;humanit\u00e9, si jamais on                     a \u00e9nonc\u00e9 une r\u00e8gle de quelque valeur                     pour la conduite de nos vies, c&rsquo;est bien celle-ci\u00a0: \u00ab\u00a0Ce                     que vous voudriez qu&rsquo;on vous fasse \u00e0 vous-m\u00eames,                     faites-le aussi aux autres.\u00a0\u00bb <\/p>\n<p> Ce pr\u00e9cepte peut nous tromper par sa simplicit\u00e9                     apparente. En r\u00e9alit\u00e9, il exige un peu d&rsquo;effort                     de notre part. Ce n&rsquo;est pas uniquement une affaire de sentiment,                     mais de raison et de sens de la justice. Il faut un acte de                     volont\u00e9 pour repousser les pressantes sollicitations                     de nos propres d\u00e9sirs. Cela suppose la souplesse mentale                     n\u00e9cessaire pour faire en sorte de voir la situation                     du point de vue des autres, c&rsquo;est-\u00e0-dire partager effectivement                     leurs sentiments. Dans son <em>Enfer<\/em>, Dante nous repr\u00e9sente                     une \u00e2me des bas-fonds de la g\u00e9henne emprisonn\u00e9e                     dans la glace et priv\u00e9e \u00e0 jamais de la facult\u00e9                     de sentir. La froideur du coeur est incompatible avec la loi                     de la charit\u00e9. <\/p>\n<p> Avec de l&rsquo;intelligence, de la volont\u00e9, de la souplesse                     d&rsquo;esprit et de la bienveillance, le grand pr\u00e9cepte                     nous sera un adjuvant pr\u00e9cieux et efficace pour \u00e9viter                     les discordes. <\/p>\n<p> N&rsquo;a-t-on pas entendu des hommes d&rsquo;\u00c9tat et des philosophes                     affirmer que, dans le monde nouveau qui est en train de na\u00eetre,                     ce grand pr\u00e9cepte sera non seulement un devoir moral,                     mais une condition indispensable de survie. <\/p>\n<p> Le seul moyen d&rsquo;\u00e9viter les m\u00e9sententes et                     partant d&rsquo;\u00e9chapper aux nombreux maux qui en d\u00e9coulent                     est d&rsquo;agir d&rsquo;une fa\u00e7on positive. Nous devons avoir                     de l&rsquo;imagination pour voir ce qui est bien, du courage pour                     rejeter ce qui est mal, de l&rsquo;adaptabilit\u00e9 pour accepter                     le changement, de la force pour r\u00e9sister \u00e0 la                     haine et \u00e0 la jalousie, et par-dessus tout de la charit\u00e9.                   <\/p>\n<p> La recherche de la bonne entente est la marque par excellence                     de la noblesse. Au lieu de peser sur des balances douteuses                     le bien et le mal que nous voyons chez ceux qui nous entourent,                     rappelons-nous qu&rsquo;ils ont eux aussi leurs difficult\u00e9s,                     leurs peines, leurs besoins, et qu&rsquo;ils jouent sur la m\u00eame                     sc\u00e8ne que nous dans le drame de l&rsquo;existence. <\/p>\n<p> On entend souvent les gens parler des \u00ab\u00a0imp\u00e9ratifs\u00a0\u00bb                     de la vie. En quoi consistait l&rsquo;imp\u00e9ratif cat\u00e9gorique,                     l&rsquo;ordre inconditionnel de la nature, formul\u00e9 par le                     philosophe allemand Emmanuel Kant\u00a0? Il se peut fort bien                     qu&rsquo;il ait \u00e9t\u00e9 con\u00e7u en tant que moyen                     de mettre fin \u00e0 nos malentendus. Agis de telle sorte,                     nous commande-t-il, que le principe de ton action puisse devenir                     une loi universelle. <\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<\/p><\/div>\n","protected":false},"author":87,"featured_media":0,"template":"","categories":[1],"rbc_letter_theme":[],"rbc_letter_year":[35],"class_list":["post-2384","rbc_letter","type-rbc_letter","status-publish","hentry","category-uncategorized","rbc_letter_year-35"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO Premium plugin v27.2 (Yoast SEO v27.2) - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-premium-wordpress\/ -->\n<title>Vol. 44, N\u00b0 11 - Novembre 1963 - Nos malentendus - RBC<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-44-n-11-novembre-1963-nos-malentendus\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Vol. 44, N\u00b0 11 - Novembre 1963 - Nos malentendus\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Les malentendus sont l&rsquo;une des plus grandes sources de d\u00e9saccord entre les individus comme entre les peuples. 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