{"id":2370,"date":"1948-11-01T00:00:00","date_gmt":"1948-11-01T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/novembre-1948-les-ressources-alimentaires-du-globe\/"},"modified":"2022-10-17T18:32:53","modified_gmt":"2022-10-17T18:32:53","slug":"novembre-1948-les-ressources-alimentaires-du-globe","status":"publish","type":"rbc_letter","link":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/novembre-1948-les-ressources-alimentaires-du-globe\/","title":{"rendered":"Novembre 1948 &#8211; Les ressources alimentaires du globe"},"content":{"rendered":"<div id=\"layout-column-main\">\n<p class=\"boldtext\">Pendant que sur ce continent nous nous plaignons qui la vie est ch\u00e8re, ailleurs des centaines de millions d&rsquo;\u00eatres humains n&rsquo;ont pas assez \u00e0 manger.<\/p>\n<p>Il n&rsquo;y a jamais eu assez \u00e0 manger pour tous dans le monde. M\u00eame avant la guerre, un milliard de personnes ne mangeaient pas \u00e0 leur faim. Cet \u00e9tat de choses a donn\u00e9 naissance \u00e0 des syst\u00e8mes philosophiques qui encouragent la fortitude, promettent de r\u00e9compenser les privations, et louent et exaltent ceux qui manquent du n\u00e9cessaire. Maintenant, de l&rsquo;avis des savants et des philosophes, le monde est arriv\u00e9 \u00e0 une crise.<\/p>\n<p>William Vogt, chef du service de conservation de l&rsquo;Union panam\u00e9ricaine, vient de publier un livre, <em>Road to Survival<\/em>, dans lequel il dit\u00a0: \u00ab\u00a0Par les exc\u00e8s de naissances et l&rsquo;\u00e9puisement du sol l&rsquo;humanit\u00e9 se trouve prise dans un pi\u00e8ge \u00e9cologique. En abusant des d\u00e9couvertes scientifiques, elle a v\u00e9cu au-del\u00e0 de ses moyens. Maintenant, dans le monde entier, l&rsquo;\u00e9ch\u00e9ance est arriv\u00e9e.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Le pr\u00e9sent article parait \u00e0 un moment o\u00f9 il y a dans le monde un manque de vivres qui touche \u00e0 la famine dans certains pays, tandis que dans d&rsquo;autres la ration est inf\u00e9rieure \u00e0 celle des ann\u00e9es de guerre. Il est n\u00e9cessaire que tous les habitants de tous les pays soient au courant de la situation. Il est essentiel \u00e9galement que les raisons en soient connues pour ne pas nous leurrer en bl\u00e2mant le climat, la mauvaise chance ou le syst\u00e8me \u00e9conomique.<\/p>\n<p>Ce sont les hommes qui ont caus\u00e9 la disette actuelle par leurs infractions aux lois naturelles et l&rsquo;avantage reste \u00e0 la nature. Elle peut attendre, s&rsquo;il le faut, pour r\u00e9tablir l&rsquo;\u00e9quilibre, jusqu&rsquo;\u00e0 ce que l&rsquo;homme ait disparu de la sc\u00e8ne par sa propre folie. Nous verrons dans cet article que la nature ne pardonne pas les erreurs et qu&rsquo;elle n&rsquo;excuse pas non plus l&rsquo;ignorance.<\/p>\n<p>Pour nous au Canada, la faim est un \u00ab\u00a0tenaillement d&rsquo;estomac\u00a0\u00bb qui nous pousse vers le plus proche restaurant ou la glaci\u00e8re. Nous sommes surpris quand une \u00ab\u00a0personne d\u00e9plac\u00e9e\u00a0\u00bb nous dit qu&rsquo;on ne sent pas la faim chronique dans l&rsquo;estomac mais dans la t\u00eate. Apr\u00e8s quelques mois de nourriture insuffisante, l&rsquo;esprit n&rsquo;a plus qu&rsquo;une seule id\u00e9e qui est de trouver quelque chose \u00e0 manger. Avec cette id\u00e9e dominante dans la t\u00eate, on ne peut pas s&rsquo;appliquer \u00e0 fabriquer des marchandises pour l&rsquo;exportation ou r\u00e9fl\u00e9chir aux probl\u00e8mes moraux de la vie. Cela est bien diff\u00e9rent des p\u00e9nuries que nous avons \u00e9prouv\u00e9es au Canada ces derni\u00e8res ann\u00e9es\u00a0: beefsteaks, huile d&rsquo;olive, laitue et sucre.<\/p>\n<h3>Nous vivons des produits du sol<\/h3>\n<p>La situation mondiale sous le rapport des vivres n&rsquo;est pas tr\u00e8s brillante. Ruskin a indiqu\u00e9 la solution de ce probl\u00e8me\u00a0: \u00ab\u00a0Si vous voulez manger, il faut travailler,\u00a0\u00bb mais il existe \u00e9galement un grand besoin de compr\u00e9hension, d&rsquo;\u00e9ducation et de collaboration.<\/p>\n<p>Cela veut dire que nous devons nous rendre compte de la mesure dans laquelle nous d\u00e9pendons de la terre et de ses produits. Les Canadiens ont un pays qui, gr\u00e2ce aux dons de la Providence, est un des plus grands fournisseurs de produits alimentaires sur les march\u00e9s du monde. Tandis que beaucoup d&rsquo;autres pays ont gliss\u00e9 sur la pente qui conduit au suicide national par la destruction du sol qui seul assure la survivance, nous avons encore le temps de pr\u00e9server notre sol et d&rsquo;augmenter son utilit\u00e9.<\/p>\n<p>Seulement quelques pouces de terre arable s\u00e9parent la race humaine de l&rsquo;oubli. C&rsquo;est la seule ressource naturelle, \u00e0 part l&rsquo;air et l&rsquo;eau, sans laquelle la vie humaine n&rsquo;est pas possible. La terre n&rsquo;est pas seulement la source de ce qui nous fait vivre, mais la base de notre \u00e9conomie. Elle emmagasine l&rsquo;\u00e9nergie et la lib\u00e8re quand nous en avons besoin. Savoir de quoi elle est capable, la traiter selon ses besoins, employer les moyens convenables pour la cultiver et en pr\u00e9server la bont\u00e9\u00a0: tels sont les devoirs du cultivateur envers la terre. Mais le citadin est \u00e9galement int\u00e9ress\u00e9 parce que, quel que soit son commerce, il d\u00e9pend absolument du sol pour manger.<\/p>\n<p>En ce qui concerne la collaboration, nous devons reconna\u00eetre que la perte de sol productif n&rsquo;importe o\u00f9 sur la face du globe est ressentie par les habitants de toutes les autres parties du monde. Cela est vrai parce que, comme R. H. Musser le dit dans la <em>Canadian Agricultural Institute Review<\/em>\u00a0: \u00ab\u00a0Chaque arpent qui cesse de produire oblige tous les autres arpents \u00e0 produire davantage.\u00a0\u00bb \u00c0 moins de comprendre cela et d&rsquo;agir en cons\u00e9quence, les habitants des pays st\u00e9riles seront r\u00e9duits \u00e0 la pauvret\u00e9, \u00e0 la famine et aux dissension et c&rsquo;est cela, dit M. Musser, \u00ab\u00a0qui fait na\u00eetre les conflits\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>L&rsquo;\u00e9rosion est le serpent qui hante notre \u00e9den potager. Dans d&rsquo;immenses r\u00e9gions du monde la pr\u00e9cieuse couche arable a disparu en totalit\u00e9 ou en partie, ou menace de dispara\u00eetre.<\/p>\n<p>Nos journaux publient g\u00e9n\u00e9ralement des vues de terres \u00e9rod\u00e9es dans des pays \u00e9loignes, mais l&rsquo;\u00e9rosion existe m\u00eame en Am\u00e9rique du Nord. Des statistiques publi\u00e9es au printemps dernier disent que toutes les 24 heures l&rsquo;\u00e9rosion emporte l&rsquo;\u00e9quivalent de 200 des meilleures fermes de 40 arpents aux \u00c9tats-Unis. Dans un mois en 1947, plus de 115 millions de tonnes de terre arable en Iowa ont \u00e9t\u00e9 emport\u00e9es par le vent et la pluie.<\/p>\n<p>Vogt d\u00e9clare que la civilisation am\u00e9ricaine, fond\u00e9e sur une couche de terre arable de 9 pouces, a maintenant perdu un tiers de ce sol. Le docteur Hugh Bennett du U.S. Soil Conservation Service dit que si la couche de terre arable, perdue annuellement par l&rsquo;\u00e9rosion aux \u00c9tats-Unis, \u00e9tait empil\u00e9e dans des wagons de chemin de fer, elle remplirait un train quatre fois plus long que la ceinture du globe \u00e0 l&rsquo;\u00e9quateur. Cette terre s&rsquo;en va peut-\u00eatre contribuer \u00e0 une autre Atlantide qu&rsquo;une convulsion g\u00e9ologique fera sortir un jour du fond de la mer, mais c&rsquo;est l\u00e0 une pi\u00e8tre consolation pour notre g\u00e9n\u00e9ration ou celle des enfants de nos enfants.<\/p>\n<p>M\u00eame le Canada, comme nous l&rsquo;avons dit dans notre Bulletin du mois d&rsquo;ao\u00fbt 1946, souffre d&rsquo;\u00e9rosion dans beaucoup d&rsquo;endroits. L&rsquo;\u00e9rosion a commenc\u00e9 en Saskatchewan tout de suite apr\u00e8s les premiers labourages. On a r\u00e9ussi \u00e0 la contr\u00f4ler, mais d&rsquo;une fa\u00e7on si intermittente, dit Vogt, que le r\u00e9sultat a \u00e9t\u00e9 insignifiant. Sur la ferme exp\u00e9rimentale \u00e0 Ottawa, 15 pouces de pluie en 4 mois ont emport\u00e9 8 tonnes de sol par acre dans un champ de ma\u00efs sur une pente de 5 pour cent, et 22 tonnes sur une pente de 11 pour cent. Dans une heure, en juin 1946, une pluie de 3 pouces a emport\u00e9 72 tonnes par acre dans un champ en jach\u00e8re sur une pente de 14 pour cent. Ces chiffres d\u00e9montrent le danger.<\/p>\n<p>Outre la terre arable, la pluie emporte des mati\u00e8res chimiques n\u00e9cessaires. Dans certaines parties de la Floride et de la Louisiane, dit Louis Bromfield dans sa chronique populaire de <em>Malabar Farm<\/em>, on voit du b\u00e9tail dont les os sortent presque de la peau en train de pa\u00eetre dans de hautes herbes, tandis que dans les p\u00e2turages presque d\u00e9nud\u00e9s du Nouveau Mexique, de l&rsquo;Arizona et de l&rsquo;ouest du Texas les troupeaux ont l&rsquo;air bien portants et bien nourris. Ce sont les min\u00e9raux contenus dans l&rsquo;herbe qui font toute la diff\u00e9rence.<\/p>\n<p>La croissance, la sant\u00e9 et l&rsquo;intelligence des habitants d&rsquo;une r\u00e9gion d\u00e9pendent de la mesure dans laquelle le sol retient ses \u00e9l\u00e9ments essentiels. Dans un \u00c9tat du sud, dit Bromfield, o\u00f9 le sol a \u00e9t\u00e9 \u00e9puis\u00e9 par des g\u00e9n\u00e9rations de mauvaises m\u00e9thodes, pr\u00e8s de 75% des jeunes gens ont \u00e9t\u00e9 trouv\u00e9s inaptes au service militaire.<\/p>\n<h3>Nous avons \u00e9puis\u00e9 le sol<\/h3>\n<p>Quand nous voyons ce qui est arriv\u00e9 dans d&rsquo;autres continents, nous nous rendons compte que l&rsquo;homme a \u00e9puis\u00e9 le sol par ses m\u00e9thodes intensives d&rsquo;agriculture. L&rsquo;\u00e9rosion suit l&rsquo;\u00e9puisement. Le berceau de la civilisation chinoise, disent Jacks and Whyte dans leur livre \u00ab\u00a0<em>Vanishing Lands<\/em>\u00a0\u00bb qui a soulev\u00e9 beaucoup d&rsquo;int\u00e9r\u00eat en faveur de la conservation, ressemble \u00e0 un champ de bataille d\u00e9figur\u00e9 par des forces beaucoup plus destructives que les engins de guerre modernes, \u00e0 travers lequel le Fleuve Jaune transporte annuellement deux milliards et demi de tonnes de terre.<\/p>\n<p>Ceux qui ont lu les livres de Pearl Buck connaissent intimement la lutte pour l&rsquo;existence des cultivateurs chinois, chacun sur son petit lot. Pour avoir juste le minimum, il faudrait a la Chine 60 pour cent plus de graisses et d&rsquo;huiles, 327 pour cent plus de fruits et cinquante fois plus de lait qu&rsquo;elle n&rsquo;a maintenant. Au cours du dernier si\u00e8cle, dit Vogt, au moins 100 millions de Chinois sont morts de faim.<\/p>\n<p>Ou bien prenez l&rsquo;Inde. Un rapport aux Nations Unies dit qu&rsquo;en temps normal 30 pour cent de la population, c&rsquo;est-\u00e0-dire, 100 millions de personnes, n&rsquo;a pas assez \u00e0 manger. Par comparaison avec les 3219 calories par personne et par jour au Canada en 1947, la moyenne dans un groupe de villageois au sud de l&rsquo;Inde n&rsquo;\u00e9tait que de 1700, et chez les familles pauvres dans un faubourg de Madras 1800.<\/p>\n<p>Voil\u00e0 pour l&rsquo;Extr\u00eame-Orient. Passons \u00e0 l&rsquo;Europe. Avant la guerre, la plupart des pays importaient des vivres &#8211; le Royaume-Uni 50 pour cent, l&rsquo;Allemagne 25 p. cent, la Gr\u00e8ce 40 p. cent. Dans les Balkans, les enfants recueillent la terre avec des cuill\u00e8res dans les crevasses des roches pour la porter dans les champs. Dans les Vosges, le sol emport\u00e9 dans les vall\u00e9es par la pluie est recueilli dans des paniers et rapport\u00e9 sur les fermes. La ferme moyenne en Gr\u00e8ce est de neuf acres.<\/p>\n<p>L&rsquo;Afrique ne peut pas nourrir une grosse population. De tous les continents, dit Vogt, c&rsquo;est celui qui peut faire vivre le moins de personnes par mille carr\u00e9. Quoiqu&rsquo;elle n&rsquo;ait que 20 millions d&rsquo;acres de terre cultivable de plus que l&rsquo;Am\u00e9rique du Sud, elle a d\u00e9j\u00e0 70 pour cent plus d&rsquo;habitants qu&rsquo;elle.<\/p>\n<p>L&rsquo;Union Sovi\u00e9tique, d&rsquo;apr\u00e8s un calcul de 1941, a 388 millions d&rsquo;acres en culture, ce qui fait une moyenne de 2.3 acres par personne par comparaison avec 5 acres par personne au Canada.<\/p>\n<p>Le sud-ouest de l&rsquo;Asie nous d\u00e9montre, quoique au milieu de convulsions regrettables, ce qu&rsquo;on peut faire pour rendre la terre de nouveau productive. La Palestine montre, nous dit <em>Road to Survival<\/em>, que la couche \u00ab\u00a0arable\u00a0\u00bb est en fonction du cultivateur autant que de la ferme.<\/p>\n<h3>Il n&rsquo;y a plus de terre<\/h3>\n<p>Voil\u00e0 donc o\u00f9 nous en sommes en ce qui concerne les vivres et quelques-uns des facteurs qui sont les causes de cet \u00e9tat de choses. Les causes comprennent l&rsquo;insouciance en ce qui concerne l&#8217;emploi du sol et le manque de soins\u00a0; l&rsquo;\u00e9rosion\u00a0; la disparition des \u00e9l\u00e9ments chimiques\u00a0; les mauvaises m\u00e9thodes de culture\u00a0; les insectes et le gaspillage. Et il y a une chose certaine\u00a0: il n&rsquo;y a plus d&rsquo;autre terre au monde \u00e0 part celle que nous connaissons d\u00e9j\u00e0.<\/p>\n<p>Il y a d&rsquo;autres domaines, naturellement. La science peut probablement venir \u00e0 notre secours, si elle a autant de succ\u00e8s avec les maladies des plantes et des animaux qu&rsquo;avec les maladies humaines. Elle peut trouver des grains qui r\u00e9sistent au froid, avec lesquels nous pourrons ensemencer des champs plus pr\u00e8s des p\u00f4les\u00a0; et des grains qui r\u00e9sistent \u00e0 la s\u00e9cheresse que nous pourrons planter dans les r\u00e9gions arides. On a m\u00eame propos\u00e9 de cultiver des plantes comestibles au fond de la mer. Mais en supposant qu&rsquo;avec tout cela nous augmentions notre production de 20 pour cent, il reste encore la perspective que la population du globe aura augment\u00e9 de 100 pour cent au cours du si\u00e8cle prochain.<\/p>\n<p>M\u00eame une augmentation de 20 pour cent dans la production ne suffirait pas. En supposant que la population ait augment\u00e9 seulement de 25 pour cent en 1960, l&rsquo;Organisation de l&rsquo;alimentation et de l&rsquo;agriculture des Nations Unies estime qu&rsquo;il faudrait au moins que la production augmente \u00abans les proportions suivantes sur celles d&rsquo;avant-guerre\u00a0:<\/p>\n<table class=\"smltabletxt\" border=\"1\" width=\"415\" cellspacing=\"0\" cellpadding=\"2\">\n<tbody>\n<tr>\n<td valign=\"top\"><em>Denr\u00e9es<\/em><\/td>\n<td align=\"right\" valign=\"top\"><em>Augmentation pour cent<\/em><\/td>\n<td valign=\"top\"><em>Denr\u00e9es<\/em><\/td>\n<td align=\"right\" valign=\"top\"><em>Augmentation pour cent<\/em><\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td valign=\"top\">C\u00e9r\u00e9les<\/td>\n<td align=\"right\" valign=\"top\">21<\/td>\n<td valign=\"top\">L\u00e9gumineuses<\/td>\n<td align=\"right\" valign=\"top\">80<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td valign=\"top\">Racines et tubercules<\/td>\n<td align=\"right\" valign=\"top\">27<\/td>\n<td valign=\"top\">Fruits et l\u00e9gumes<\/td>\n<td align=\"right\" valign=\"top\">163<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td valign=\"top\">Sucre<\/td>\n<td align=\"right\" valign=\"top\">12<\/td>\n<td valign=\"top\">Viande<\/td>\n<td align=\"right\" valign=\"top\">46<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td valign=\"top\">Graisses<\/td>\n<td align=\"right\" valign=\"top\">34<\/td>\n<td valign=\"top\">Lait<\/td>\n<td align=\"right\" valign=\"top\">100<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<h3>Et la population\u00a0?<\/h3>\n<p>Est-il vrai que la population s&rsquo;accro\u00eet plus vite que la terre peut la nourrir\u00a0? Tout ce que nous pouvons faire est de nous fier \u00e0 l&rsquo;opinion des experts.<\/p>\n<p>Il est remarquable qu&rsquo;\u00e0 la r\u00e9cente assembl\u00e9e, \u00e0 l&rsquo;occasion de son centenaire, la American Association for the Advancement of Science ait exprim\u00e9 des vues tr\u00e8s rapproch\u00e9es de celles de Malthus. Thomas Malthus \u00e9tait un vicaire anglais qui publia <em>Un essai sur le principe de population <\/em>en 1798. Cet essai souleva de nombreuses pol\u00e9miques et en outre sugg\u00e9ra \u00e0 Charles Darwin le principe de s\u00e9lection naturelle dans la lutte pour l&rsquo;existence. En lisant Malthus, dit Darwin dans son autobiographie, \u00ab\u00a0je fus frapp\u00e9 par le fait que dans ces circonstances les variations favorables tendraient \u00e0 \u00eatre pr\u00e9serv\u00e9es et les variations d\u00e9favorables \u00e0 \u00eatre d\u00e9truites.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Il \u00e9tait de mode \u00e0 une \u00e9poque peu peupl\u00e9e de rire des proph\u00e9ties de Malthus\u00a0: aujourd&rsquo;hui personne n&rsquo;est si certain. Comme Malthus n&rsquo;est pas toujours cit\u00e9 correctement, voyons ce qu&rsquo;il dit exactement\u00a0:<\/p>\n<table border=\"0\" width=\"415\" cellspacing=\"0\" cellpadding=\"0\">\n<tbody>\n<tr>\n<td><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/5\/2022\/08\/dotted_quote_line.gif\" width=\"415\" height=\"1\" \/><\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td valign=\"top\">\n<div class=\"quote\">Au sujet de l&rsquo;autre grand fl\u00e9au du genre humain, la famine, on peut dire qu&rsquo;il n&rsquo;est pas dans la nature des choses que l&rsquo;accroissement de la population en produise absolument une. Cet accroissement, quoique rapide, est n\u00e9cessairement progressif\u00a0; et comme le corps humain ne peut exister, m\u00eame pendant tr\u00e8s peu de temps, sans nourriture, il est \u00e9vident qu&rsquo;il ne peut pas y avoir plus d&rsquo;\u00eatres humains qu&rsquo;il n&rsquo;y a de vivres pour les nourrir. Mais quoique le principe de population soit absolument incapable de produire la famine, il en pr\u00e9pare les moyens\u00a0; et en obligeant fr\u00e9quemment les basses classes du peuple \u00e0 subsister de la plus petite quantit\u00e9 de nourriture n\u00e9cessaire \u00e0 la vie, il transforme une petite mauvaise r\u00e9colte en grave disette\u00a0; et peut, par cons\u00e9quent, \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme une des principales causes de famine.\u00a0\u00bb<\/div>\n<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/5\/2022\/08\/dotted_quote_line.gif\" width=\"415\" height=\"1\" \/><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>Les mauvaises r\u00e9coltes saisonni\u00e8res continuent aujourd&rsquo;hui comme \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque de Malthus, et en outre, il y a des terres \u00e9puis\u00e9es que nous devons remettre en \u00e9tat si nous voulons qu&rsquo;elles produisent d&rsquo;aussi abondantes r\u00e9coltes qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;\u00e9poque de Malthus.<\/p>\n<p>Sir Henry Tizard, pr\u00e9sident de la British Association for the Advancement of Science, a comment\u00e9 il y a deux mois sur l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9 de la question\u00a0: l&rsquo;accroissement de population. La science a prolong\u00e9 la vie de l&rsquo;homme au point que la faim va bient\u00f4t la raccourcir de nouveau\u00a0; les freins qui ralentissent la population ne sont plus efficaces\u00a0; la guerre est moins mortelle qu&rsquo;auparavant et les maladies font moins de ravages\u00a0; nous ne pr\u00e9voyons pas de nouvelles d\u00e9couvertes par lesquelles le monde pourra soudainement augmenter la production comme avec les engrais chimiques\u00a0; en v\u00e9rit\u00e9, le monde est d\u00e9j\u00e0 trop peuple, et la population continue \u00e0 augmenter.<\/p>\n<p>D&rsquo;apr\u00e8s les statistiques, il y avait 445 millions de personnes sur la terre il y a 300 ans\u00a0; il y en a aujourd&rsquo;hui 2,251 millions. Si l&rsquo;augmentation continue au m\u00eame taux que de 1936 \u00e0 1946, dit un article du <em>New York Times <\/em>il y aura plus de 21,000 millions d&rsquo;habitants en 2240. M\u00eame si nous prenons la moiti\u00e9 de ce chiffre, la situation sous le rapport des vivres reste grave tout de m\u00eame.<\/p>\n<p>Il est difficile de comprendre de pareils chiffres\u00a0; prenons donc deux exemples. Java a aujourd&rsquo;hui une population tr\u00e8s dense de 47 millions d&rsquo;habitants et n&rsquo;en avait que 4 millions \u00bd en 1815\u00a0; la population de l&rsquo;Inde a doubl\u00e9 depuis 1872, de 206 millions \u00e0 environ 420 millions. Si les mesures hygi\u00e9niques \u00e9taient aussi bonnes dans l&rsquo;Inde qu&rsquo;au Canada, et si la population continuait \u00e0 s&rsquo;accro\u00eetre au m\u00eame taux, dans un si\u00e8cle il y aurait assez d&rsquo;Indiens pour peupler cinq globes comme le n\u00f4tre.<\/p>\n<h3>Tout cela int\u00e9resse le Canada<\/h3>\n<p>Ce probl\u00e8me int\u00e9resse profond\u00e9ment le Canada parce que c&rsquo;est un des principaux producteurs de vivres du monde. Comme quelques autres pays, les \u00c9tats-Unis, l&rsquo;Australie, la Nouvelle-Z\u00e9lande et le Br\u00e9sil, ses habitants n&rsquo;ont pas besoin de se faire de soucis. En v\u00e9rit\u00e9, les m\u00e9decins disent que la plupart d&rsquo;entre nous mangent trop. Mais dans les pays moins favoris\u00e9s, dit sir Henry Tixard, environ trois quarts des gens avaient faim en allant se coucher hier soir, et ont faim chaque soir depuis des ann\u00e9es.<\/p>\n<p>Nous nous apercevons chaque jour que Glace Bay, N.-\u00c9., Omemee, Ontario et Prince-Rupert, C.-B., et toutes les stations d&rsquo;\u00e9l\u00e9vateurs \u00e0 grain du Canada ressentent la r\u00e9percussion de ce qui s&rsquo;est pass\u00e9 dans les parties les plus \u00e9loign\u00e9es du monde. Il y a des r\u00e9gions au Canada qui pourraient jouir d&rsquo;un meilleur niveau d&rsquo;existence au milieu de la paix et de l&rsquo;abondance si elles n&rsquo;\u00e9taient pas troubl\u00e9es par les fluctuations du commerce, les hausses de prix, les p\u00e9nuries de marchandises et un pressentiment de malheur.<\/p>\n<p>La situation produit \u00e9galement un effet sur les perspectives de paix mondiale. Un homme affam\u00e9 n&rsquo;a pas les m\u00eames vues que s&rsquo;il \u00e9tait bien nourri. Il vit dans l&rsquo;apathie et une sorte de somnambulisme. Il n&rsquo;\u00e9prouve aucun int\u00e9r\u00eat pour les questions publiques, politiques, sociales et intellectuelles. Il ne pense plus qu&rsquo;aux moyens de se pr\u00e9server, lui et sa famille, \u00e0 tout prix. Quand une crise \u00e9clate, ces gens-l\u00e0 peuvent devenir dangereux \u00e0 tout le voisinage. Leurs facult\u00e9s intellectuelles sont engourdies, et comme l&rsquo;a dit un article du <em>New York Times <\/em>l&rsquo;an dernier, \u00ab\u00a0Ces gens-l\u00e0 se laissent acheter avec promesses\u00a0\u00bb.<\/p>\n<h3>Que faut-il faire\u00a0?<\/h3>\n<p>Le moyen de maintenir et d&rsquo;augmenter les approvisionnements de vivres est de conserver le sol. Chaque grain de bl\u00e9, chaque oeuf, chaque livre de beurre et chaque morceau de viande d\u00e9pend du minimum de sol n\u00e9cessaire \u00e0 sa production. Ce genre de conservation doit commencer au sommet et suivre les lois de la nature.<\/p>\n<p>Vient ensuite le probl\u00e8me de maintenir un niveau constant de productivit\u00e9. Dans la plupart des endroits cela s&rsquo;accomplit au moyen d&rsquo;assolements et d&rsquo;engrais. Il est int\u00e9ressant de lire \u00e0 ce sujet les r\u00e9sultats obtenus par des cultivateurs du Texas qu&rsquo;a publi\u00e9s <em>l&rsquo;Agricultural News Letter <\/em>de la Banque F\u00e9d\u00e9rale de R\u00e9serve de Dallas en 1946. 1,400 cultivateurs produisirent 49 pour cent plus de bl\u00e9 en r\u00e9duisant la superficie de 12 pour cent. Ils r\u00e9colt\u00e8rent 62 pour cent plus de sorgho, 30 pour cent plus de ma\u00efs, 86 pour cent plus de fourrage et 112 pour cent plus d&rsquo;arachides.<\/p>\n<p>Tout cela concerne le c\u00f4t\u00e9 pratique de nourrir ceux qui ont faim. Il existe en outre une obligation morale de la part de ceux qui vivent dans l&rsquo;abondance. Ruskin dit dans son <em>Sesame and Lilies <\/em>\u00ab\u00a0L&rsquo;\u00c9vangile ne nous dit pas de nourrir l&rsquo;affam\u00e9 qui le m\u00e9rite, ni l&rsquo;affam\u00e9 qui travaille, ni l&rsquo;affam\u00e9 aimable et de bonne volont\u00e9, mais simplement de nourrir ceux qui ont faim.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Pour le moment, dit le rapport de l&rsquo;Organisation de l&rsquo;alimentation et de l&rsquo;agriculture sur les approvisionnements mondiaux de vivres, le probl\u00e8me consiste encore \u00e0 utiliser au maximum les ressources des pays exportateurs de vivres pour \u00e9viter la famine et soulager la faim \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger. Et Vogt ajoute \u00ab\u00a0Il n&rsquo;est pas s\u00fbr que les peuples affam\u00e9s tol\u00e8rent les lents proc\u00e9d\u00e9s de la d\u00e9mocratie. La libert\u00e9 semble beaucoup moins importante quand le ventre est vide &#8211; et le dictateur, ou le conducteur d&rsquo;un char d&rsquo;assaut appara\u00eet comme un lib\u00e9rateur.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Cela nous am\u00e8ne \u00e0 la question de distribution des vivres dont nous disposons. Le manque de change \u00e9tranger peut rendre difficile \u00e0 certains pays d&rsquo;importer les vivres dont ils ont besoin et il est essentiel que les pays fournisseurs rendent les achats faciles aux pays dans le besoin. \u00ab\u00a0Les pays pauvres ne peuvent pas r\u00e9soudre le probl\u00e8me ou surmonter les difficult\u00e9s tout seuls\u00a0\u00bb dit le rapport de la OAA. Toutes les nations gagneront au progr\u00e8s mondial de la sant\u00e9 et du bien-\u00eatre de l&rsquo;humanit\u00e9\u00a0; elles profiteront toutes de la production et du commerce et il faut qu&rsquo;elles participent toutes au r\u00e9sultat\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>En janvier 1944 le pr\u00e9sident de la Banque Royale du Canada a dit dans un discours\u00a0:<\/p>\n<table border=\"0\" width=\"415\" cellspacing=\"0\" cellpadding=\"0\">\n<tbody>\n<tr>\n<td><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/5\/2022\/08\/dotted_quote_line.gif\" width=\"415\" height=\"1\" \/><\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td valign=\"top\">\n<div class=\"quote\">\u00ab\u00a0Je suis persuad\u00e9 que le cadeau de grandes quantit\u00e9s de vivres, de mati\u00e8res premi\u00e8res, d&rsquo;articles manufactur\u00e9s et d&rsquo;outillage aux pays retardataires et d\u00e9vast\u00e9s, m\u00eame dans un but \u00e9go\u00efste, contribuera non seulement \u00e0 la longue et dans une plus grande mesure au bien-\u00eatre de l&rsquo;humanit\u00e9, mais tournera imm\u00e9diatement et \u00e0 la longue \u00e0 l&rsquo;avantage des nations capables de faire des dons de ce genre. Si c&rsquo;est l\u00e0 trop demander \u00e0 des \u00eatres humains au stade actuel de leur civilisation, il reste le choix de faire des pr\u00eats \u00e0 long terme sur une grande \u00e9chelle et \u00e0 des conditions faciles, ou probablement une combinaison de pr\u00eats et de cadeaux.\u00a0\u00bb<\/div>\n<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/5\/2022\/08\/dotted_quote_line.gif\" width=\"415\" height=\"1\" \/><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<h3>La plus grosse t\u00e2che de l&rsquo;humanit\u00e9<\/h3>\n<p>Nous sommes \u00e0 une \u00e9poque critique de l&rsquo;histoire. La t\u00e2che de combattre la famine mondiale a \u00e9t\u00e9 confi\u00e9e \u00e0 l&rsquo;Organisation de l&rsquo;alimentation et de l&rsquo;agriculture des Nations Unies. Cette organisation a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e pour aider les pays membres \u00e0 rehausser les niveaux d&rsquo;alimentation et d&rsquo;existence, perfectionner le rendement et la distribution de tous les produits alimentaires et agricoles, am\u00e9liorer la situation des populations rurales, et contribuer ainsi \u00e0 l&rsquo;expansion de l&rsquo;\u00e9conomie mondiale.<\/p>\n<p>La OAA s&rsquo;est fix\u00e9e un certain nombre d&rsquo;objectifs. Elle a d\u00e9sign\u00e9 1960 comme date \u00e0 laquelle le monde doit arriver \u00e0 une ration de 2,600 calories par jour par personne\u00a0; il faudra pour cela que la production mondiale des vivres augmente de 90 pour cent. C&rsquo;est une t\u00e2che formidable, la plus grosse que l&rsquo;humanit\u00e9 ait jamais entreprise. Pourtant, les experts l&rsquo;estiment faisable et les rapports adress\u00e9s \u00e0 la OAA appuient leurs espoirs sur de bonnes raisons.<\/p>\n<p>Il y a quelque chose de touchant dans l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;organiser les approvisionnements mondiaux de vivres en vue des besoins normaux de toute l&rsquo;humanit\u00e9 et aucun homme de coeur ne saurait trouver \u00e0 redire \u00e0 sa hardiesse ou sa noblesse. En outre elle a une tr\u00e8s importante port\u00e9e politique pour ceux qui aiment la libert\u00e9.<\/p>\n<h3>Commen\u00e7ons au bas de l&rsquo;\u00e9chelle<\/h3>\n<p>La mani\u00e8re de s&rsquo;y prendre offre un bon sujet de discussion dans les r\u00e9unions, pas seulement \u00e0 la campagne mais dans les villes. Nous sommes tous sur le m\u00eame pied, et les approvisionnements de vivres sont limit\u00e9s. Les hommes d&rsquo;affaires, les m\u00e9nag\u00e8res, les cultivateurs, les employ\u00e9s des compagnies de transport et les mineurs, tous ces gens-l\u00e0 sont \u00e9gaux quand il s&rsquo;agit de manger et de pr\u00e9server l&rsquo;ordre dans le monde.<\/p>\n<p>Notre plus grand danger est d&rsquo;oublier que le temps nous manquera peut-\u00eatre. La crise actuelle demande des mesures imm\u00e9diates de conservation et d&rsquo;expansion. La productivit\u00e9 individuelle doit \u00eatre intensifi\u00e9e par l&rsquo;application de m\u00e9thodes scientifiques et l&#8217;emploi d&rsquo;instruments modernes\u00a0; tout le monde doit \u00eatre encourag\u00e9 \u00e0 travailler de mani\u00e8re \u00e0 devenir une nouvelle source de richesse.<\/p>\n<p>Nous sommes probablement sur le point de faire de nouvelles d\u00e9couvertes mais nous ignorons dans quel sens. En attendant, il importe de s&rsquo;attaquer aux trois points principaux du probl\u00e8me\u00a0: faire des progr\u00e8s dans la voie de l&rsquo;\u00e9ducation et de l&rsquo;industrie\u00a0; \u00e9tablir l&rsquo;\u00e9quilibre entre les d\u00e9ficits et les surplus\u00a0; conserver le sol et ses ressources.<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"author":86,"featured_media":0,"template":"","categories":[1],"rbc_letter_theme":[],"rbc_letter_year":[58],"class_list":["post-2370","rbc_letter","type-rbc_letter","status-publish","hentry","category-uncategorized","rbc_letter_year-58"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO Premium plugin v27.2 (Yoast SEO v27.2) - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-premium-wordpress\/ -->\n<title>Novembre 1948 - Les ressources alimentaires du globe - RBC<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/novembre-1948-les-ressources-alimentaires-du-globe\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Novembre 1948 - Les ressources alimentaires du globe\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Pendant que sur ce continent nous nous plaignons qui la vie est ch\u00e8re, ailleurs des centaines de millions d&rsquo;\u00eatres humains n&rsquo;ont pas assez \u00e0 manger. 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