{"id":2367,"date":"1995-11-01T00:00:00","date_gmt":"1995-11-01T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-76-n-6-novembre-decembre-1995-communiquer-en-1995\/"},"modified":"2022-10-17T20:48:38","modified_gmt":"2022-10-17T20:48:38","slug":"vol-76-n-6-novembre-decembre-1995-communiquer-en-1995","status":"publish","type":"rbc_letter","link":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-76-n-6-novembre-decembre-1995-communiquer-en-1995\/","title":{"rendered":"Vol. 76, N\u00b0 6 &#8211; Novembre\/D\u00e9cembre 1995 &#8211; Communiquer en 1995"},"content":{"rendered":"<div id=\"layout-column-main\">\n<p class=\"boldtext\">Les ex\u00e9g\u00e8tes de la r\u00e9volution t\u00e9l\u00e9informatique ont tendance \u00e0 se concentrer sur les moyens au d\u00e9triment des messages. L&rsquo;int\u00e9gration de l&rsquo;ordinateur au r\u00e9seau de t\u00e9l\u00e9communications ne fait pourtant que faciliter la transmission; elle ne nous dispense pas de nous exprimer clairement. Les outils \u00e0 notre disposition ne doivent pas nous faire oublier la fonction premi\u00e8re de la communication\u00a0: nous faire comprendre de nos semblables.<\/p>\n<p>Nous r\u00e9jouirons s\u00fbrement au moins quelques lecteurs en pr\u00e9cisant d&rsquo;entr\u00e9e de jeu que ce bulletin n&rsquo;est pas un pan\u00e9gyrique de l&rsquo;autoroute \u00e9lectronique. La race humaine a d\u00e9j\u00e0 consacr\u00e9 assez de salive et d&rsquo;\u00e9lectricit\u00e9 \u00e0 chanter les louanges d&rsquo;Internet, de la t\u00e9l\u00e9vision \u00e0 500 canaux et du disque compact, trop de papier et d&rsquo;encre \u00e0 proclamer la mort de l&rsquo;imprim\u00e9. Il nous semble plus utile et urgent de r\u00e9fl\u00e9chir aux impacts actuels de la t\u00e9l\u00e9matique qu&rsquo;\u00e0 ses services futurs &#8211; ou servitudes potentielles.<\/p>\n<p>Pour ne pas s&rsquo;\u00e9garer dans la for\u00eat de superlatifs qui encombre ce vaste territoire, il importe de garder en m\u00e9moire que la \u00ab\u00a0r\u00e9volution\u00a0\u00bb dont on nous rebat les oreilles est en cours depuis bon nombre d&rsquo;ann\u00e9es dans les pays industrialis\u00e9s. Jusqu&rsquo;\u00e0 tout r\u00e9cemment, elle se faisait toutefois au rythme imperceptible de l&rsquo;escargot. En nous permettant de reproduire n&rsquo;importe quel document sans grand effort ni grosse d\u00e9pense, le photocopieur a op\u00e9r\u00e9 le premier changement radical. Puis, la baisse du co\u00fbt des appels interurbains et outremer a transform\u00e9 un privil\u00e8ge de nantis en pratique courante. \u00c0 l&rsquo;heure actuelle, le t\u00e9l\u00e9avertisseur, le r\u00e9pondeur, le t\u00e9l\u00e9phone cellulaire et le t\u00e9l\u00e9copieur exercent une influence beaucoup plus d\u00e9terminante que tous les modems et interfaces graphiques sur les habitudes de communication des soci\u00e9t\u00e9s industrialis\u00e9es.<\/p>\n<p>Les principaux impacts des technologies les plus pointues se font sentir de fa\u00e7on moins directe dans la vie courante. En unifiant les grands march\u00e9s de la plan\u00e8te, le nouvel ordre des communications a en effet multipli\u00e9 les choix d&rsquo;investissement et de consommation de la plupart des citoyens des pays avanc\u00e9s. En mondialisant le processus de distribution, il a transform\u00e9 le fonctionnement interne des entreprises.<\/p>\n<p>Il y a quelques ann\u00e9es, seules de tr\u00e8s grandes soci\u00e9t\u00e9s pouvaient s&rsquo;offrir les syst\u00e8mes complexes et co\u00fbteux qui g\u00e9raient la communication entre ordinateurs. Lorsque le prix du mat\u00e9riel et des services a commenc\u00e9 \u00e0 baisser, une foule de PME leur ont embo\u00eet\u00e9 le pas.<\/p>\n<p>Aujourd&rsquo;hui, m\u00eame les travailleurs ind\u00e9pendants sont en mesure de suivre le mouvement. Experts-conseil, repr\u00e9sentants commerciaux et autres \u00ab\u00a0entrepreneurs individuels\u00a0\u00bb peuvent exercer leur activit\u00e9 sans sortir de chez eux ou presque \u00e0 condition de s&rsquo;\u00e9quiper d&rsquo;un t\u00e9l\u00e9phone, d&rsquo;un t\u00e9l\u00e9copieur, d&rsquo;un ordinateur, d&rsquo;un modem et du logiciel appropri\u00e9.<\/p>\n<p>Pour all\u00e9ger leurs charges fixes, des entreprises de toutes tailles ont commenc\u00e9 \u00e0 disperser leurs salari\u00e9s, voire \u00e0 les faire travailler \u00e0 domicile; les communications \u00ab\u00a0internes\u00a0\u00bb entre ces sites \u00e9clat\u00e9s sont assur\u00e9es par courrier \u00e9lectronique. Beaucoup d&#8217;employ\u00e9s consentent de bonne gr\u00e2ce au changement pour s&rsquo;\u00e9pargner la fastidieuse navette quotidienne entre la maison et le bureau.<\/p>\n<p>Les travailleurs \u00ab\u00a0branch\u00e9s\u00a0\u00bb n&rsquo;ont qu&rsquo;\u00e0 taper quelques commandes au clavier pour voir appara\u00eetre sur leur \u00e9cran tous les chiffres et renseignements qu&rsquo;ils d\u00e9sirent et, au besoin, les t\u00e9l\u00e9charger sur leur propre machine. Le r\u00e9seau Internet leur donne acc\u00e8s \u00e0 une myriade de bases de donn\u00e9es, v\u00e9ritables tr\u00e9sors d&rsquo;information \u00ab\u00a0au bout de leurs doigts\u00a0\u00bb. Ce privil\u00e8ge peut d&rsquo;ailleurs s&rsquo;exercer en dehors du cadre de travail. Des millions de gens \u00ab\u00a0naviguent\u00a0\u00bb sur Internet par simple curiosit\u00e9 ou d\u00e9sir d&rsquo;apprendre.<\/p>\n<h3>\u00ab\u00a0La banque de donn\u00e9es la plus chaotique de l&rsquo;histoire\u00a0\u00bb<\/h3>\n<p>Compl\u00e8tement envo\u00fbt\u00e9e par ce prodige technologique, la soci\u00e9t\u00e9 contemporaine n\u00e9glige de s&rsquo;interroger sur la valeur de l&rsquo;information qui circule par ces nouveaux canaux. Et il faut l&rsquo;audace du petit gar\u00e7on s&rsquo;\u00e9tonnant de la nudit\u00e9 de l&#8217;empereur pour \u00e9crire, comme l&rsquo;a fait r\u00e9cemment le <em>Library Association Journal <\/em>\u00a0: \u00ab\u00a0La <em>qualit\u00e9<\/em> (les italiques sont de nous) des sources \u00e9lectroniques d&rsquo;information pose d\u00e9sormais un r\u00e9el probl\u00e8me, car tant les professionnels que les profanes s&rsquo;y abreuvent chaque jour davantage.\u00a0\u00bb Ce qui g\u00eane cette association britannique, c&rsquo;est le fait que cette information ne soit pas critiqu\u00e9e et v\u00e9rifi\u00e9e avec la m\u00eame rigueur que celle qui est publi\u00e9e dans la presse ou les ouvrages sp\u00e9cialis\u00e9s. Le probl\u00e8me n&rsquo;est pas g\u00e9n\u00e9ral\u00a0: l&rsquo;ordinateur produit et transmet avec une remarquable efficacit\u00e9 les renseignements financiers, et personne n&rsquo;aurait l&rsquo;id\u00e9e de contester la validit\u00e9 d&rsquo;une rubrique d&rsquo;encyclop\u00e9die parce qu&rsquo;elle est stock\u00e9e sur disque compact.<\/p>\n<p>Il n&rsquo;en demeure pas moins qu&rsquo;une grande partie des donn\u00e9es qui d\u00e9rivent actuellement hors de tout contr\u00f4le dans l&rsquo;espace \u00e9lectronique m\u00e9rite toute notre m\u00e9fiance. S&rsquo;il vous est arriv\u00e9 de rire des aberrantes \u00ab\u00a0statistiques\u00a0\u00bb que d\u00e9bitent les commentateurs sportifs afin de meubler les temps morts, vous savez d\u00e9j\u00e0 que l&rsquo;ordinateur est capable d&rsquo;extraire une moyenne de n&rsquo;importe quel ensemble de chiffres, qu&rsquo;il soit coh\u00e9rent ou non. Et \u00e0 des statistiques de ce genre, on peut faire dire tout et son contraire.<\/p>\n<p>Dans son <em>Dictionary of Misinformation<\/em> (1973), Tom Burnam observe qu&rsquo;en sacralisant la statistique, l&rsquo;opinion a dangereusement facilit\u00e9 la t\u00e2che aux menteurs\u00a0: \u00ab\u00a0Aujourd&rsquo;hui, constate-t-il, le mensonge le plus efficace est celui qui s&rsquo;exprime sous forme chiffr\u00e9e, dans un tableau ou un graphique.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>A fortiori lorsqu&rsquo;il scintille sur un \u00e9cran d&rsquo;ordinateur ou s&rsquo;inscrit en caract\u00e8res d&rsquo;imprimante laser\u00a0! La forme est si claire, si nette que nous ne pouvons nous emp\u00eacher d&rsquo;y voir le sceau d&rsquo;une autorit\u00e9 infaillible. Cet effet psychologique n&rsquo;\u00e9chappe pas aux propagandistes de certains pays\u00a0: Internet v\u00e9hicule actuellement toutes sortes de th\u00e8ses partisanes habilement d\u00e9guis\u00e9es en expos\u00e9s \u00ab\u00a0objectifs\u00a0\u00bb. Les vendeurs &#8211; sans parler des charlatans &#8211; n&rsquo;ont pas tard\u00e9 non plus \u00e0 exploiter le filon. Et au sein des groupes de discussion qui peuplent cette collectivit\u00e9 virtuelle, il suffit d&rsquo;un gourou autoproclam\u00e9 pour transformer une rumeur ou une hypoth\u00e8se en fait av\u00e9r\u00e9.<\/p>\n<p>Pour ceux qui entendent rester ma\u00eetres de leur vie, les \u00ab\u00a0faits\u00a0\u00bb sont toujours sujets \u00e0 caution. Il nous arrive tous de lire ou d&rsquo;entendre quelque chose qui contredit l&rsquo;exp\u00e9rience ou le simple bon sens. Pourquoi devrions-nous nous soucier de la v\u00e9racit\u00e9 de l&rsquo;information qu&rsquo;on nous communique\u00a0? Parce que si nous tenons pour vrai quelque chose de faux, nous risquons de prendre des d\u00e9cisions contraires \u00e0 nos int\u00e9r\u00eats. Pensez au consommateur qui d\u00e9pense de l&rsquo;argent p\u00e9niblement gagn\u00e9 pour un produit qui ne tient pas les promesses de la publicit\u00e9.<\/p>\n<p>Quand elle n&rsquo;est pas compl\u00e8tement fausse, l&rsquo;information relay\u00e9e par les grands r\u00e9seaux informatiques est en g\u00e9n\u00e9ral embryonnaire, incompl\u00e8te, insignifiante ou hors contexte. Ce qui fait dire \u00e0 Howard Rheingold, un chroniqueur d&rsquo;informatique, qu&rsquo;Internet est \u00ab\u00a0la banque de donn\u00e9es la plus chaotique de l&rsquo;histoire\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>La masse de donn\u00e9es accessibles \u00ab\u00a0en temps r\u00e9el\u00a0\u00bb pose un autre probl\u00e8me troublant. Dans les grandes entreprises, les gens d\u00e9sesp\u00e8rent d&rsquo;endiguer l&rsquo;avalanche de rapports futiles qui leur sont adress\u00e9s \u00ab\u00a0pour information\u00a0\u00bb &#8211; parfois en plusieurs exemplaires, gracieuset\u00e9 de la fonction de r\u00e9p\u00e9tition du courrier \u00e9lectronique. Certains gestionnaires ont la d\u00e9testable manie d&rsquo;exp\u00e9dier tous azimuts des notes de service int\u00e9ressant au plus deux coll\u00e8gues.<\/p>\n<p>M\u00eame l&rsquo;op\u00e9rateur le plus attentif commet t\u00f4t ou tard des erreurs s&rsquo;il doit saisir des quantit\u00e9s gigantesques de donn\u00e9es. Noy\u00e9es dans la masse de verbiage et de chiffres inutiles, elles sont alors tr\u00e8s difficiles \u00e0 rep\u00e9rer. Si elles figurent dans un graphique ou un tableau, elles ne le seront probablement jamais parce que l&rsquo;ensemble a l&rsquo;air trop beau, trop&#8230; <em>vrai<\/em>.<\/p>\n<p>La communication par ordinateur nous offre en fait un exemple parfait de l&rsquo;aphorisme\u00a0: le m\u00e9dia est le message. Marshall McLuhan voulait ainsi signifier que le moyen de communication exerce une influence d\u00e9terminante sur les associations et actions humaines. Il n&rsquo;a pas v\u00e9cu assez longtemps pour observer les fruits du mariage de l&rsquo;ordinateur et des t\u00e9l\u00e9communications, mais nous sommes en mesure d&rsquo;appr\u00e9cier la justesse de son intuition.<\/p>\n<p>Les relations humaines, par exemple, sont totalement d\u00e9personnalis\u00e9es par l&rsquo;ordinateur. Le correspondant \u00e9lectronique qui laisse un mot dans la bo\u00eete d&rsquo;un coll\u00e8gue ou d&rsquo;un ami n&rsquo;\u00e9tablit aucun contact humain, \u00e9tant s\u00e9par\u00e9 de son interlocuteur dans le temps et l&rsquo;espace. Le courrier \u00ab\u00a0archa\u00efque\u00a0\u00bb a le m\u00eame d\u00e9faut, mais il lerach\u00e8te par sa discr\u00e9tion. On ne risque pas que telle note peu flatteuse soit lue par l&#8217;employ\u00e9, le partenaire ou le client mis en cause quand on la couche sur papier et qu&rsquo;on l&rsquo;envoie sous pli cachet\u00e9.<\/p>\n<p>Fait paradoxal, la distance infranchissable de l&rsquo;espace virtuel suscite chez certains une \u00e9tonnante familiarit\u00e9. Cet \u00e9trange comportement s&rsquo;observe surtout dans le cadre des \u00ab\u00a0\u00e9changes interactifs synchrones\u00a0\u00bb que les profanes appellent une discussion.<\/p>\n<p>Dans les groupes traitant de sujets d&rsquo;actualit\u00e9, par exemple, on voit souvent des participants s&rsquo;exprimer de fa\u00e7on beaucoup plus v\u00e9h\u00e9mente qu&rsquo;ils n&rsquo;oseraient le faire en toute autre circonstance. Cela se comprend\u00a0: s&rsquo;ils tenaient les m\u00eames propos au t\u00e9l\u00e9phone, ils se brouilleraient irr\u00e9m\u00e9diablement avec leur interlocuteur; s&rsquo;ils le lui disaient en personne, ils r\u00e9colteraient probablement un bon coup de poing.<\/p>\n<h3>Ainsi se d\u00e9shumanisent lentement les rapports entre les \u00eatres de chair et de sang.<\/h3>\n<p>Les chercheurs qui d\u00e9crivent ces \u00e9ruptions dans un r\u00e9cent article les imputent \u00e0 une \u00ab\u00a0absence d&rsquo;inhibitions\u00a0\u00bb peut-\u00eatre attribuable \u00e0 \u00ab\u00a0la raret\u00e9 des signes de pr\u00e9sence humaine et des normes de conduite\u00a0\u00bb dans la communaut\u00e9 virtuelle. Ce qui nous renvoie au caract\u00e8re impersonnel du moyen de communication employ\u00e9, caract\u00e8re aggrav\u00e9, dans la plupart des groupes de discussion, par l&#8217;emploi de pseudonymes. M\u00eame le courrier \u00e9lectronique que s&rsquo;\u00e9changent, au bureau, des gens qui se connaissent de vue et parfois mieux, n&rsquo;est jamais sign\u00e9, tout au plus paraph\u00e9. Ainsi se d\u00e9shumanisent lentement les rapports entre les \u00eatres de chair et de sang.<\/p>\n<p>Certains cadres trouvent ces relations \u00e0 distance si commodes qu&rsquo;ils se transforment en ermites \u00e9lectroniques. Ils aiment tellement contr\u00f4ler leur petit univers du fond de leur fauteuil que leurs subordonn\u00e9s ne les voient pour ainsi dire jamais. C&rsquo;est si facile de laisser parler ses doigts. L&rsquo;ennui, c&rsquo;est que les doigts ne peuvent pas parler, seulement \u00e9crire.<\/p>\n<p>\u00c0 l&rsquo;\u00e9poque o\u00f9 la lettre \u00e9tait le seul moyen de t\u00e9l\u00e9communication, les gens instruits \u00e9taient tr\u00e8s conscients de la diff\u00e9rence entre la parole et l&rsquo;\u00e9crit. Les historiens qui consultent des correspondances du XIXe si\u00e8cle sont souvent \u00e9blouis par l&rsquo;\u00e9l\u00e9gance avec laquelle leurs r\u00e9dacteurs maniaient la plume.<\/p>\n<p>Ils n&rsquo;\u00e9taient pas tous d&rsquo;\u00e9gale force, bien entendu, mais les meilleurs mettaient manifestement un soin immense \u00e0 choisir le terme et la formule qui exprimeraient le mieux leur pens\u00e9e. Comment ressusciter cette limpidit\u00e9 de style \u00e0 l&rsquo;\u00e8re de la communication instantan\u00e9e\u00a0? En imprimant et r\u00e9visant chaque message avant de l&rsquo;exp\u00e9dier, tout simplement.<\/p>\n<p>Ce qu&rsquo;il faut \u00e9viter \u00e0 tout prix, c&rsquo;est la tournure ambigu\u00eb qui pourrait cr\u00e9er un malentendu. Le risque de se faire mal comprendre est en effet beaucoup plus grand quand on r\u00e9dige que quand on parle. Il suffit d&rsquo;un mot mal plac\u00e9 pour changer du tout au tout la nature d&rsquo;une instruction.<\/p>\n<h3>Une communication amput\u00e9e du langage du visage et du corps<\/h3>\n<p>Prenez le mot SEULEMENT dans la phrase suivante\u00a0: seulement ce service peut acheter ces articles. Il suffit de le transporter apr\u00e8s le verbe pour modifier compl\u00e8tement le sens\u00a0: ce service peut acheter seulement ces articles. Et si vous le placez devant le groupe verbal, vous cr\u00e9ez par maladresse une l\u00e9g\u00e8re ambigu\u00eft\u00e9\u00a0: ce service seulement peut acheter ces articles. L&rsquo;exp\u00e9diteur est bien s\u00fbr le premier responsable du bon ordre des mots dans son message, mais le destinataire ne devrait jamais h\u00e9siter \u00e0 demander des \u00e9claircissements.<\/p>\n<p>Dans une conversation de vive voix, les interlocuteurs reviennent sur les points essentiels du discours pour pr\u00e9ciser leur pens\u00e9e. Personne n&rsquo;est aussi prolixe au clavier. Lorsqu&rsquo;ils peuvent se voir, ils adaptent inconsciemment leur vocabulaire aux mimiques, mouvements et autres signaux muets de leur vis-\u00e0-vis. Au t\u00e9l\u00e9phone, ils devinent au ton de sa voix s&rsquo;il r\u00e9agit bien ou mal \u00e0 leurs remarques. En l&rsquo;absence de ce contexte \u00ab\u00a0audiovisuel\u00a0\u00bb, une demande polie risque d&rsquo;\u00eatre interpr\u00e9t\u00e9e comme un ordre sans appel, un trait d&rsquo;humour conciliant comme un sarcasme blessant.<\/p>\n<p>L&rsquo;instantan\u00e9it\u00e9 de la transmission \u00e9lectronique peut aussi contribuer \u00e0 brouiller le sens du message. Certains abonn\u00e9s au courrier \u00e9lectronique mitraillent leurs correspondants de salves de charabia. Une mitraillette, on le sait, n&rsquo;est pas une arme tr\u00e8s pr\u00e9cise entre des mains malhabiles ou inexp\u00e9riment\u00e9es. On pourrait en dire autant du courrier \u00e9lectronique\u00a0: tout se passe comme si l&rsquo;exp\u00e9diteur comptait atteindre sa cible en envoyant dans sa direction un maximum de mots.<\/p>\n<p>L&rsquo;apparence soign\u00e9e des textes informatiques produit une dangereuse illusion\u00a0: puisque la forme est belle, le fond doit \u00eatre bon. Alors que si la pens\u00e9e n&rsquo;est pas rendue pleinement et pr\u00e9cis\u00e9ment, il faudrait reprendre la r\u00e9daction \u00e0 z\u00e9ro. Mais c&rsquo;est une discipline \u00e0 laquelle on ne se plie plus gu\u00e8re de nos jours. Il se trouve m\u00eame des gens pour refuser non de r\u00e9\u00e9crire, mais simplement de relire leurs textes pour en extirper au moins les fautes d&rsquo;orthographe, de ponctuation et de syntaxe. Ils laissent cette corv\u00e9e au correcteur de l&rsquo;ordinateur. La machine est loin d&rsquo;avoir le discernement n\u00e9cessaire, h\u00e9las\u00a0! Elle accepte aveugl\u00e9ment tout mot figurant dans son dictionnaire. Tant pis s&rsquo;il fallait l&rsquo;\u00e9crire au pluriel plut\u00f4t qu&rsquo;au singulier.<\/p>\n<h3>La h\u00e2te est mauvaise conseill\u00e8re.<\/h3>\n<p>Parce que le courrier \u00e9lectronique parvient instantan\u00e9ment \u00e0 destination, l&rsquo;exp\u00e9diteur s&rsquo;attend inconsciemment \u00e0 une r\u00e9ponse presque aussi prompte. En ramenant \u00e0 quelques nanosecondes la dur\u00e9e des communications, l&rsquo;ordinateur a r\u00e9duit du m\u00eame coup le temps allou\u00e9 \u00e0 la recherche, \u00e0 la consultation et \u00e0 la r\u00e9flexion. A l&rsquo;\u00e9poque o\u00f9 les notes de service \u00e9taient pondues sur papier, le cadre qui d\u00e9pouillait son courrier le matin se sentait beaucoup plus libre de se documenter et de m\u00e9diter sa r\u00e9ponse qu&rsquo;il ne l&rsquo;est aujourd&rsquo;hui quand un message s&rsquo;affiche sur son \u00e9cran.<\/p>\n<p>Pourtant, il risque plus de perdre que de gagner \u00e0 trop se presser. Si ses instructions sont incompl\u00e8tes ou malavis\u00e9es, il peut provoquer des erreurs d&rsquo;ex\u00e9cution qui obligeront \u00e0 faire le travail deux ou m\u00eame trois fois au lieu d&rsquo;une. Il n&rsquo;est jamais facile de donner des directives claires; s&rsquo;il faut en plus se d\u00e9p\u00eacher&#8230; Longtemps avant l&rsquo;av\u00e8nement du courrier \u00e9lectronique, des chercheurs de l&rsquo;universit\u00e9 du Minnesota ont d\u00e9montr\u00e9 qu&rsquo;au moins 20 p. cent des instructions de la haute direction sont mal interpr\u00e9t\u00e9es aux \u00e9chelons inf\u00e9rieurs. La devise des communicateurs &#8211; ceux des entreprises, mais aussi tous les autres &#8211; pourrait \u00eatre cette phrase du g\u00e9n\u00e9ral Von Moltke, grand strat\u00e8ge de l&rsquo;arm\u00e9e allemande\u00a0: \u00ab\u00a0Messieurs, avait-il d\u00e9clar\u00e9 \u00e0 ses officiers d&rsquo;\u00e9tat- major la veille d&rsquo;une bataille, rappelez-vous que tous les ordres qui <em>peuvent<\/em> \u00eatre mal compris le <em>seront<\/em>.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Les inconv\u00e9nients de la t\u00e9l\u00e9matique justifient-ils un retour \u00e0 l&rsquo;ordre ancien\u00a0? Bien s\u00fbr que non. Elle peut nous rendre d&rsquo;inestimables services dans la mesure o\u00f9 les messages que nous exp\u00e9dions et recevons par son interm\u00e9diaire sont clairs. Du reste, ses immenses avantages \u00e9conomiques garantissent sa p\u00e9rennit\u00e9. Un jour viendra o\u00f9 un autre miracle technologique &#8211; la reconnaissance de la parole &#8211; nous lib\u00e9rera de l&rsquo;esclavage du clavier. D&rsquo;ici l\u00e0, pourquoi nous priverions-nous de ce merveilleux moyen de communiquer avec le monde entier plus vite et plus facilement que jamais dans l&rsquo;histoire\u00a0?<\/p>\n<p>Il ne faut cependant pas oublier qu&rsquo;il n&rsquo;est que cela\u00a0: un moyen, comme le t\u00e9l\u00e9phone, le t\u00e9l\u00e9copieur, la poste&#8230; et le contact humain. Il peut arriver qu&rsquo;il soit moins efficace que ses concurrents\u00a0: tout d\u00e9pend de la nature du message \u00e0 communiquer. De m\u00eame, lorsqu&rsquo;il s&rsquo;agit de recueillir des renseignements, les bases de donn\u00e9es et Internet sont des outils utiles, mais tout de m\u00eame limit\u00e9s; les publications sp\u00e9cialis6es fournissent en g\u00e9n\u00e9ral plus d&rsquo;information dans une forme plus soign\u00e9e. On devrait se faire un devoir de les consulter chaque fois que le temps le permet.<\/p>\n<p>Si fascinant qu&rsquo;il nous paraisse, l&rsquo;ordinateur n&rsquo;est qu&rsquo;une machine, et comme n&rsquo;importe quelle autre machine, il peut faire de gros d\u00e9g\u00e2ts s&rsquo;il est mal employ\u00e9. Ne nous laissons pas aveugler par ses prouesses techniques. Le cerveau humain est absolument incapable de rivaliser de vitesse avec les syst\u00e8mes qui transmettent sa pens\u00e9e. Ce que Marshall McLuhan a \u00e9crit avant la naissance de l&rsquo;ordinateur personnel acquiert valeur d&rsquo;\u00e9vidence dans l&rsquo;univers virtuel de la t\u00e9l\u00e9matique\u00a0: \u00ab\u00a0L&rsquo;int\u00e9grit\u00e9 physique de l&rsquo;homme ne me para\u00eet pas compatible avec la vitesse de la lumi\u00e8re.\u00a0\u00bb<\/p>\n<h3>Avertissement<\/h3>\n<p>\u00c0 compter du premier num\u00e9ro de 1996, le Bulletin de la Banque Royale para\u00eetra quatre fois l&rsquo;an au lieu de six. Nous essayons ainsi de r\u00e9pondre au d\u00e9sir exprim\u00e9 par nos abonn\u00e9s dans le cadre d&rsquo;un sondage de grande envergure men\u00e9 l&rsquo;\u00e9t\u00e9 dernier; beaucoup n&rsquo;arrivent plus \u00e0 assimiler toute l&rsquo;information qu&rsquo;ils re\u00e7oivent. La pr\u00e9sentation et le contenu du Bulletin ne varieront pas. Dans le m\u00eame esprit d&rsquo;adaptation aux temps nouveaux, le Bulletin sera \u00e9galement diffus\u00e9 sur Internet (sous la rubrique <em>Royal Bank&rsquo;s Home Page<\/em> ). Le premier num\u00e9ro trimestriel para\u00eetra le 29 d\u00e9cembre. Si vous n&rsquo;avez pas re\u00e7u votre exemplaire fin janvier, nous vous s\u00e9rions reconnaissants de nous en informer.<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"author":86,"featured_media":0,"template":"","categories":[1],"rbc_letter_theme":[],"rbc_letter_year":[76],"class_list":["post-2367","rbc_letter","type-rbc_letter","status-publish","hentry","category-uncategorized","rbc_letter_year-76"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO Premium plugin v27.2 (Yoast SEO v27.2) - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-premium-wordpress\/ -->\n<title>Vol. 76, N\u00b0 6 - Novembre\/D\u00e9cembre 1995 - Communiquer en 1995 - RBC<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-76-n-6-novembre-decembre-1995-communiquer-en-1995\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Vol. 76, N\u00b0 6 - Novembre\/D\u00e9cembre 1995 - Communiquer en 1995\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Les ex\u00e9g\u00e8tes de la r\u00e9volution t\u00e9l\u00e9informatique ont tendance \u00e0 se concentrer sur les moyens au d\u00e9triment des messages. 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