{"id":2346,"date":"1979-03-01T06:00:00","date_gmt":"1979-03-01T06:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-60-n-3-mars-1979-le-canada-et-son-histoire\/"},"modified":"2022-09-27T15:52:28","modified_gmt":"2022-09-27T15:52:28","slug":"vol-60-n-3-mars-1979-le-canada-et-son-histoire","status":"publish","type":"rbc_letter","link":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-60-n-3-mars-1979-le-canada-et-son-histoire\/","title":{"rendered":"Vol. 60, N\u00b0 3 &#8211; Mars 1979 &#8211; Le Canada et son histoire"},"content":{"rendered":"<div id=\"layout-column-main\">\n<p class=\"boldtext\">L&rsquo;histoire, dit-on, est un grand ma\u00eetre. Que peut enseigner l&rsquo;histoire du Canada au peuple qu&rsquo;elle a fa\u00e7onn\u00e9\u00a0? D&rsquo;une part, que nous n&rsquo;avons jamais \u00e9t\u00e9 sans dissensions. Et, d&rsquo;autre part, que nous avons toujours trouv\u00e9 moyen de poursuivre la route&#8230;<\/p>\n<p>On raconte qu&rsquo;un \u00e9l\u00e8ve d&rsquo;\u00e9cole secondaire demanda un jour avec amertume \u00e0 son instituteur \u00e0 quoi lui servirait d&rsquo;apprendre l&rsquo;histoire. \u00ab\u00a0Savez-vous, r\u00e9torqua celui-ci, ce qui arrive \u00e0 un homme qui perd la m\u00e9moire\u00a0?\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Une chose qui lui arrive, sans doute, c&rsquo;est de perdre aussi son identit\u00e9. Cela explique peut-\u00eatre pourquoi les Canadiens, dans leur indiff\u00e9rence apparente pour leur histoire, sont, depuis des ann\u00e9es, toujours \u00e0 la recherche d&rsquo;une identit\u00e9 nationale distinctive.<\/p>\n<p>Certes cette identit\u00e9 existe-t-elle depuis longtemps, ce que d\u00e9couvre bient\u00f4t tout Canadien s\u00e9journant \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger. Et aussi que son pays poss\u00e8de une histoire nationale aussi remarquable dans son genre que n&rsquo;importe quelle autre au monde.<\/p>\n<p>Mais, comme notre caract\u00e8re national, notre histoire est pleine de subtilit\u00e9s, de complications et de contradictions. Elle d\u00e9fie l&rsquo;interpr\u00e9tation sommaire. L&rsquo;assimilation n&rsquo;en est pas facile.<\/p>\n<p>C&rsquo;est l\u00e0 une des raisons pour lesquelles les Canadiens &#8211; et notamment ceux de langue anglaise &#8211; ont eu longtemps l&rsquo;habitude d&rsquo;importer d&rsquo;ailleurs leur histoire destin\u00e9e \u00e0 l&rsquo;usage courant. Lorsque l&rsquo;Empire britannique \u00e9tait \u00e0 l&rsquo;apog\u00e9e de sa gloire, la source principale en \u00e9tait la Grande-Bretagne, ainsi qu&rsquo;en t\u00e9moigne la multiplicit\u00e9 des rues Marlborough, Wellington et Nelson \u00e0 travers le pays.<\/p>\n<p>Depuis que leurs liens avec le Royaume-Uni se sont rel\u00e2ch\u00e9s, les Canadiens ont eu recours aux mass media des \u00c9tats-Unis pour alimenter leur histoire populaire et se trouver des h\u00e9ros. Nul autre que le pr\u00e9sident de la Soci\u00e9t\u00e9 Radio-Canada, M. A. W. Johnson, le d\u00e9plorait r\u00e9cemment en ces termes\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0La v\u00e9rit\u00e9 brutale est que nos enfants en savent plus sur Alamo que sur Batoche ou Chrysler&rsquo;s Farm. Ils connaissent mieux Davey Crockett que Louis Riel.\u00a0\u00bb Et comme pour accentuer le dire de M. Johnson, le magazine <em>Maclean&rsquo;s <\/em>jugeait n\u00e9cessaire d&rsquo;ajouter cette note \u00e0 la citation\u00a0: \u00ab\u00a0Batoche, en Saskatchewan, \u00e9tait le P.C. de Louis Riel\u00a0; les troupes anglaises vainquirent les forces am\u00e9ricaines \u00e0 Chrysler&rsquo;s Farm, dans le Haut-Canada, pendant la guerre de 1812.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Pourquoi cette ignorance\u00a0? En partie, semble-t-il, parce que le Canada n&rsquo;a pas de mythologie nationale. Nous manquons des po\u00e8mes \u00e9piques, des chants populaires et des romans historiques qui immortalisent les Drakes, les Bruces et les Reveres. On ne trouve que chez les Canadiens fran\u00e7ais des h\u00e9ros historiques g\u00e9n\u00e9ralement reconnus, comme Dollard des Ormeaux, Madeleine de Verch\u00e8res, Champlain, La V\u00e9rendrye. Il existe chez leurs compatriotes de langue anglaise un curieux manque d&rsquo;appr\u00e9ciation de ces g\u00e9ants des exp\u00e9ditions lointaines que furent Samuel Hearne, Alexander Mackenzie, Simon Fraser et David Thompson.<\/p>\n<p>Il est peut-\u00eatre plus grave encore de constater que &#8211; jusqu&rsquo;\u00e0 la derni\u00e8re g\u00e9n\u00e9ration au moins &#8211; les Canadiens en savaient plus sur Abraham Lincoln que sur son c\u00e9l\u00e8bre contemporain sir John Macdonald.<\/p>\n<p>Macdonald a fait autant pour son pays que Lincoln pour le sien. M\u00eame plus, car, dans le contexte am\u00e9ricain, on peut dire qu&rsquo;il r\u00e9unissait en une seule personne Abraham Lincoln et George Washington. Non seulement a-t-il su assurer la coh\u00e9sion d&rsquo;une union politique, mais il a \u00e9t\u00e9 le principal artisan de la cr\u00e9ation d&rsquo;un nouveau pays. Pourtant, cet homme d&rsquo;une perspicacit\u00e9 et d&rsquo;une d\u00e9termination extraordinaires semble avoir surtout surv\u00e9cu dans la m\u00e9moire de ses concitoyens comme un joyeux histrion, un buveur inv\u00e9t\u00e9r\u00e9 et un politicien rus\u00e9 et sans vergogne. Aujourd&rsquo;hui ses immenses r\u00e9alisations sont consid\u00e9r\u00e9es chez nous comme allant de soi.<\/p>\n<p>La comparaison des carri\u00e8res de Macdonald et de Lincoln dans les ann\u00e9es 1860 offre un aper\u00e7u int\u00e9ressant des diff\u00e9rences qui caract\u00e9risent les traditions politiques du Canada et des \u00c9tats-Unis. Les tensions fonci\u00e8res entre Canadiens fran\u00e7ais et anglais du temps de Macdonald \u00e9taient aussi fortes que celles qui opposaient les nordistes et les sudistes sous Lincoln. La principale pr\u00e9occupation des deux hommes d&rsquo;\u00c9tat \u00e9tait de sauver une union en p\u00e9ril, c&rsquo;est-\u00e0-dire pour Macdonald la Province-Unie du Canada compos\u00e9e du Qu\u00e9bec et de l&rsquo;Ontario actuels. Mais alors que les \u00c9tats-Unis \u00e9taient d\u00e9chir\u00e9s par une sanglante guerre civile, le Canada se fondait en un \u00c9tat f\u00e9d\u00e9ratif consid\u00e9rablement agrandi.<\/p>\n<p>Lincoln sera assassin\u00e9 d\u00e8s apr\u00e8s la fin de la guerre de S\u00e9cession\u00a0; Macdonald verra se r\u00e9aliser son r\u00eave d&rsquo;une Conf\u00e9d\u00e9ration canadienne s&rsquo;\u00e9tendant d&rsquo;un oc\u00e9an \u00e0 l&rsquo;autre et traversera son pays naissant sur le grand chemin de fer qu&rsquo;il a mis tant d&rsquo;acharnement \u00e0 faire construire. Il mourra paisiblement, toujours sur la br\u00e8che, \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de 73 ans.<\/p>\n<h3>Le chemin de la Conf\u00e9d\u00e9ration est pav\u00e9 de compromis<\/h3>\n<p>Si les Canadiens ne se souviennent pas de Macdonald aussi bien qu&rsquo;ils le devraient, c&rsquo;est qu&rsquo;il fut chez nous un v\u00e9ritable ma\u00eetre du compromis. Les r\u00e9sultats du compromis sont rarement spectaculaires. Il y eut peu de tonnerre et de temp\u00eate dans la carri\u00e8re du premier de nos Premiers ministres.<\/p>\n<p>S&rsquo;il existe une constante dans la vie du Canada, c&rsquo;est bien celle du compromis. Deux au moins des moments les plus critiques de notre histoire ont \u00e9t\u00e9 surmont\u00e9s parce que des hommes-cl\u00e9s ont consenti \u00e0 sacrifier \u00e0 une grande cause ce qu&rsquo;ils consid\u00e9raient comme leurs int\u00e9r\u00eats personnels bien compris.<\/p>\n<p>En 1841, Louis-Hippolyte Lafontaine, chef du mouvement de r\u00e9forme canadien-fran\u00e7ais, se joint \u00e0 Robert Baldwin pour former le gouvernement de la nouvelle Province-Unie du Canada. Lafontaine avait de fortes raisons d&rsquo;abhorrer cette union qui privait le Qu\u00e9bec de son autonomie politique traditionnelle. Il avait amplement le pouvoir politique de la d\u00e9molir. En concluant son alliance avec Baldwin, Lafontaine s&rsquo;\u00e9levait au-dessus de l&rsquo;esprit de faction linguistique, religieux et r\u00e9gional.<\/p>\n<p>Vingt-deux ans plus tard, alors que l&rsquo;union menace d&rsquo;\u00e9clater, c&rsquo;est au tour d&rsquo;un orangiste ontarien de faire passer son id\u00e9al avant ses pr\u00e9jug\u00e9s. Depuis des ann\u00e9es, George Brown, fondateur du <em>Globe<\/em>, de Toronto, et chef du parti des <em>Clear Grits<\/em>, est un adversaire implacable de l&rsquo;influence canadienne-fran\u00e7aise et catholique dans les affaires coloniales canadiennes. Il m\u00e9prise John Macdonald, dont il est presque tout l&rsquo;oppos\u00e9 comme personnalit\u00e9 et comme homme politique. Pourtant, l&rsquo;aust\u00e8re, le ci-devant inflexible Brown trouve le courage moral de se joindre \u00e0 une coalition avec Macdonald et Georges-\u00c9tienne Cartier pour sauver l&rsquo;union.<\/p>\n<p>Brown eut m\u00eame la clairvoyance de se mettre \u00e0 l&rsquo;oeuvre avec ses anciens rivaux politiques en vue de former une f\u00e9d\u00e9ration g\u00e9n\u00e9rale de toutes les colonies \u00e9parses de l&rsquo;Am\u00e9rique du Nord britannique. Il s&rsquo;inclina devant la n\u00e9cessit\u00e9 de r\u00e9unir deux peuples bien distincts, le canadien-anglais et le canadien-fran\u00e7ais, dans la cr\u00e9ation d&rsquo;une nation nouvelle et diff\u00e9rente des autres.<\/p>\n<p>Ainsi que le signalait un jour l&rsquo;\u00e9minent historien canadien W. L. Morton, les \u00e9v\u00e9nements qui aboutirent \u00e0 la Conf\u00e9d\u00e9ration repr\u00e9sentaient un \u00e9chec de \u00ab\u00a0la politique de la supr\u00e9matie\u00a0\u00bb. Tant qu&rsquo;un groupe social r\u00e9clamait la supr\u00e9matie sur l&rsquo;autre (ordinairement les Anglais sur les Fran\u00e7ais, mais pas toujours), l&rsquo;ancienne union ne pouvait pas durer. Les r\u00e9solutions \u00e9labor\u00e9es \u00e0 la Conf\u00e9rence de Qu\u00e9bec, en 1864, affirmaient l&rsquo;association des Canadiens fran\u00e7ais et anglais dans la nation embryonnaire, et le pacte scell\u00e9 par la suite, en 1867, consacrait les principes politiques que les deux groupes linguistiques avaient en commun. Selon Morton\u00a0:<\/p>\n<p>L&rsquo;union de l&rsquo;Am\u00e9rique du Nord britannique fut propos\u00e9e, non pas pour obtenir des privil\u00e8ges et des libert\u00e9s ardemment d\u00e9sir\u00e9es, mais pour conserver un h\u00e9ritage de libert\u00e9 acquis de longue date et une mani\u00e8re de vivre plus ch\u00e8re que tout ce que pouvaient promettre les proph\u00e8tes ou les d\u00e9magogues. La Conf\u00e9d\u00e9ration devait sauvegarder par l&rsquo;union le patrimoine constitutionnel des Canadiens, \u00e9difi\u00e9 depuis la Grande Charte des barons jusqu&rsquo;au gouvernement responsable de Baldwin et Lafontaine, et, tout autant, la culture fran\u00e7aise et catholique de saint Louis et de Laval.<\/p>\n<p>C&rsquo;est une fa\u00e7on indirecte de dire que les P\u00e8res de la Conf\u00e9d\u00e9ration rejet\u00e8rent les principes r\u00e9publicains des \u00c9tats-Unis et opt\u00e8rent pour la monarchie constitutionnelle. Les Canadiens des deux races fondatrices ont r\u00e9sist\u00e9 aux tentatives incessantes d&rsquo;annexion des \u00c9tats-Unis apr\u00e8s la guerre de l&rsquo;Ind\u00e9pendance am\u00e9ricaine. Lorsque vient le moment de former leur propre f\u00e9d\u00e9ration, les chefs des colonies britanniques de l&rsquo;Am\u00e9rique du Nord tiennent \u00e0 bien pr\u00e9ciser qu&rsquo;ils veulent \u00e9difier une soci\u00e9t\u00e9 diff\u00e9rente de celle d&rsquo;outre-fronti\u00e8re. Ils acceptent d&rsquo;\u00eatre des Nord-Am\u00e9ricains, mais pas des Am\u00e9ricains.<\/p>\n<p>Il est couramment admis aujourd&rsquo;hui qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;\u00e9poque de la Conf\u00e9d\u00e9ration, le Canada n&rsquo;avait pas d&rsquo;autre choix que de rester li\u00e9 \u00e0 l&rsquo;Empire britannique. De fait, de nombreux indices portent \u00e0 croire que les chefs politiques de la Grande-Bretagne, alors en pleine phase d&rsquo;anti-colonialisme, ne se souciaient gu\u00e8re que le Canada f\u00fbt absorb\u00e9 ou non par la r\u00e9publique am\u00e9ricaine. Selon le biographe de Macdonald, Donald Creighton, cela d\u00e9pendait surtout des Canadiens. Il \u00e9crit que de l&rsquo;avis de notre premier chef de gouvernement, l&rsquo;entit\u00e9 nationale du Canada devait \u00e9voluer vers un double objectif\u00a0:<\/p>\n<p>Le Canada doit, en premier lieu, conserver une existence politique distincte sur le continent nord-am\u00e9ricain et, en second lieu, acqu\u00e9rir l&rsquo;autonomie au sein du Commonwealth de l&rsquo;Empire britannique. Il est clair que le premier objectif national \u00e9tait le plus fondamental et aussi le plus difficile \u00e0 atteindre, car les \u00c9tats-Unis dominaient le continent nord-am\u00e9ricain et, des deux imp\u00e9rialismes, l&rsquo;am\u00e9ricain et le britannique, le premier \u00e9tait de loin le plus dangereux.<\/p>\n<p>L&rsquo;histoire du Canada depuis la Conf\u00e9d\u00e9ration a enregistr\u00e9 des progr\u00e8s sporadiques vers ces objectifs. En m\u00eame temps qu&rsquo;ils devenaient toujours de plus en plus ind\u00e9pendants de la Couronne britannique, les Canadiens se cr\u00e9aient et adoptaient un mode de vie, am\u00e9ricain certes, mais distinct de celui de leurs voisins du sud. Ils voulaient faire les choses \u00e0 leur fa\u00e7on dans le cadre de leurs propres institutions, la plupart d&rsquo;origine britannique mais adapt\u00e9es aux conditions nord-am\u00e9ricaines. Empruntant ce qui leur paraissait le plus avantageux au r\u00e9gime am\u00e9ricain &#8211; l&rsquo;administration municipale et l&rsquo;instruction publique, par exemple &#8211; ils en arriv\u00e8rent \u00e0 un syst\u00e8me ni britannique ni am\u00e9ricain. Ils firent du Canada un pays dot\u00e9 d&rsquo;un patrimoine bien \u00e0 lui.<\/p>\n<h3>L&rsquo;\u00e9dification d&rsquo;un pays dot\u00e9 d&rsquo;un patrimoine propre<\/h3>\n<p>Si l&rsquo;on d\u00e9finit souvent le type canadien en termes n\u00e9gatifs &#8211; en fonction de ce que ne sont pas les Canadiens &#8211; c&rsquo;est largement en raison de la grandeur et de la puissance uniques des \u00c9tats-Unis et de la force de p\u00e9n\u00e9tration de la culture am\u00e9ricaine. Dans leurs efforts pour demeurer s\u00e9par\u00e9s des \u00c9tats-Unis, culturellement comme politiquement, les Canadiens devaient naturellement donn\u00e9 prise \u00e0 l&rsquo;accusation d&rsquo;\u00eatre violemment anti-Am\u00e9ricains. Alors qu&rsquo;en r\u00e9alit\u00e9, s&rsquo;ils ont rejet\u00e9 les mani\u00e8res de faire des Am\u00e9ricains, c&rsquo;\u00e9tait plut\u00f4t pour avoir d\u00e9cel\u00e9 des failles dans la soci\u00e9t\u00e9 am\u00e9ricaine et r\u00e9solu de ne pas les laisser s&rsquo;introduire chez eux.<\/p>\n<p>La colonisation de l&rsquo;Ouest canadien en offre un exemple typique. Durant les cinq premi\u00e8res ann\u00e9es d&rsquo;existence du nouveau Dominion, la population des vastes \u00e9tendues de la Prairie canadienne, de la rivi\u00e8re Rouge aux montagnes Rocheuses, se limita presque exclusivement \u00e0 quelques milliers d&rsquo;Indiens et de m\u00e9tis. Les seuls autres habitants de ces immenses plaines \u00e9taient les trafiquants d&rsquo;eau-de-vie et les chasseurs de loups du \u00ab\u00a0wild west\u00a0\u00bb des \u00c9tats-Unis.<\/p>\n<p>Les traiteurs am\u00e9ricains exploitaient impitoyablement les Indiens des plaines. En mai 1873, un groupe d&rsquo;entre eux, ainsi que quelques chasseurs de loups, massacrent plus d&rsquo;une vingtaine d&rsquo;Indiens, hommes, femmes et enfants, dans les collines des Cypr\u00e8s, \u00e0 proximit\u00e9 de la fronti\u00e8re actuelle de l&rsquo;Alberta et de la Saskatchewan. Les tueries de ce genre ne sont pas rares \u00e0 la fronti\u00e8re am\u00e9ricaine, o\u00f9 s&rsquo;applique par balles le dicton \u00ab\u00a0un bon Indien est un Indien mort\u00a0\u00bb. Au Canada, en contre-partie, cet incident r\u00e9voltant pousse sir John Macdonald \u00e0 h\u00e2ter la formation et l&rsquo;envoi sur place de la Police mont\u00e9e du Nord-Ouest.<\/p>\n<p>Dans un d\u00e9lai \u00e9tonnamment bref, cette troupe intr\u00e9pide de 600 hommes \u00e0 tuniques \u00e9carlates r\u00e9ussit \u00e0 expulser les trafiquants d&rsquo;eau-de-vie, \u00e0 gagner la confiance et l&rsquo;amiti\u00e9 des Indiens et \u00e0 \u00e9tablir un r\u00e9gime de strict respect de la loi. Gr\u00e2ce aux diligents efforts de deux de ses officiers sup\u00e9rieurs, on retrouve les traces des assassins des collines des Cypr\u00e8s \u00e0 Fort Benton, dans le Montana, o\u00f9 un tribunal am\u00e9ricain refuse brutalement de les extrader. Un membre de la bande, arr\u00eat\u00e9 en territoire canadien et traduit en justice \u00e0 Winnipeg, est acquitt\u00e9 faute de preuve. Mais le sens de cette action polici\u00e8re ne pouvait \u00e9chapper aux int\u00e9ress\u00e9s, savoir que le Canada \u00e9tait un pays de paix et de justice o\u00f9 la loi devait s&rsquo;appliquer de mani\u00e8re impartiale et o\u00f9 l&rsquo;on entendait qu&rsquo;elle soit observ\u00e9e.<\/p>\n<h3>Le drame des hommes luttant contre la nature, mais non les uns contre les autres<\/h3>\n<p>Dans l&rsquo;Ouest canadien, d&rsquo;un commun accord, l&rsquo;ordre public primait l&rsquo;usage, souvent abusif, de la libert\u00e9 individuelle, pierre de touche de la d\u00e9mocratie am\u00e9ricaine. \u00c0 son origine, la Police mont\u00e9e symbolisait les divergences sociales qui existaient de part et d&rsquo;autre du 49e parall\u00e8le. Du c\u00f4t\u00e9 sud, les magistrats et les juges sont \u00e9lus et trempent souvent dans la corruption et d&rsquo;autres d\u00e9sordres. Du c\u00f4t\u00e9 nord, les hommes de loi appartiennent \u00e0 une incorruptible gendarmerie en uniforme, assujettie \u00e0 une rigoureuse discipline militaire et dont les membres ne d\u00e9gainent jamais leurs armes avant que la raison et la persuasion se soient r\u00e9v\u00e9l\u00e9es impuissantes.<\/p>\n<p>Il y a du path\u00e9tique dans l&rsquo;histoire du Canada &#8211; et cela non seulement dans celle de l&rsquo;Ouest canadien &#8211; mais il s&rsquo;agit plut\u00f4t du drame des hommes qui luttent contre la nature que des hommes qui se font la lutte. Il est vrai qu&rsquo;il y eut de la violence, et beaucoup, pendant les premi\u00e8res ann\u00e9es de colonisation. Mais il y eut peu d&rsquo;effusion de sang sur le sol canadien apr\u00e8s la guerre de 1812, peut-\u00eatre pr\u00e9cis\u00e9ment parce que la nature dans ce pays des plus vastes, des plus froids et des plus accident\u00e9s pr\u00e9sentait un aussi formidable obstacle \u00e0 surmonter. Aux prises avec les \u00e9l\u00e9ments, disputant p\u00e9niblement leur vie \u00e0 une terre inhospitali\u00e8re, les pionniers canadiens n&rsquo;avaient gu\u00e8re le temps ni l&rsquo;\u00e9nergie de s&rsquo;abandonner \u00e0 la haine.<\/p>\n<h3>Un pas en avant, trois pas en arri\u00e8re, et pourtant&#8230;<\/h3>\n<p>L&rsquo;historien A. M. R. Lower \u00e9crit que les Canadiens doivent rechercher leur \u00e2me collective dans le sol de leur patrie, car le Canada ne poss\u00e8de aucun des d\u00e9nominateurs sociaux communs qui unissent normalement une nation. Chose certaine, c&rsquo;est que la terre ancestrale, dans toute son immensit\u00e9 et son \u00e2pret\u00e9, a laiss\u00e9 son empreinte sur le mode de comportement traditionnel des Canadiens.<\/p>\n<p>D\u00e8s ses d\u00e9buts, le Canada a \u00e9t\u00e9 un pays dont la population a combattu l&rsquo;adversit\u00e9 en partageant les choses selon l&rsquo;int\u00e9r\u00eat commun. Cette g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 inn\u00e9e nous a permis d&rsquo;offrir chez nous un foyer \u00e0 des millions d&rsquo;\u00eatres humains de toutes les parties du monde.<\/p>\n<p>\u00c0 l&rsquo;instar de l&rsquo;histoire en g\u00e9n\u00e9ral, l&rsquo;histoire du Canada semble avoir consist\u00e9 \u00e0 faire trois pas en arri\u00e8re apr\u00e8s chaque pas en avant. Le Canada n&rsquo;a jamais \u00e9t\u00e9 exempt de probl\u00e8mes ni de dissensions. Pourtant, avec le temps, les Canadiens ont toujours trouv\u00e9 moyen de poursuivre la route.<\/p>\n<p>On note ces derni\u00e8res ann\u00e9es une fort tardive sensibilisation du public canadien \u00e0 l&rsquo;histoire de notre pays, gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;\u00e9dition d&rsquo;une multitude d&rsquo;ouvrages de vulgarisation sur des sujets historiques, dont plusieurs ont \u00e9t\u00e9 adapt\u00e9s \u00e0 l&rsquo;\u00e9cran ou \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision. Ils m\u00e9ritent d&rsquo;\u00eatre lus, de m\u00eame que notre histoire dans son ensemble.<\/p>\n<p>Elle est le r\u00e9cit d&rsquo;int\u00e9r\u00eats politiques divergents, toujours en marche, non sans heurts, vers un terrain d&rsquo;entente\u00a0; d&rsquo;\u00e9l\u00e9ments divers arrivant d&rsquo;une mani\u00e8re ou d&rsquo;une autre \u00e0 vivre paisiblement ensemble malgr\u00e9 leurs dissemblances. Si l&rsquo;histoire du Canada comporte un enseignement, c&rsquo;est bien celui que l&rsquo;\u00e9tapisme, la conciliation, la tol\u00e9rance et la mod\u00e9ration peuvent faire de grandes choses. En cette nouvelle p\u00e9riode difficile pour le Canada, il importe que les Canadiens apprennent, pour leur bien, l&rsquo;histoire de leur pays.<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"author":86,"featured_media":0,"template":"","categories":[1],"rbc_letter_theme":[],"rbc_letter_year":[51],"class_list":["post-2346","rbc_letter","type-rbc_letter","status-publish","hentry","category-uncategorized","rbc_letter_year-51"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO Premium plugin v27.2 (Yoast SEO v27.2) - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-premium-wordpress\/ -->\n<title>Vol. 60, N\u00b0 3 - Mars 1979 - Le Canada et son histoire - RBC<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-60-n-3-mars-1979-le-canada-et-son-histoire\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Vol. 60, N\u00b0 3 - Mars 1979 - Le Canada et son histoire\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"L&rsquo;histoire, dit-on, est un grand ma\u00eetre. 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