{"id":2334,"date":"1967-03-01T06:00:00","date_gmt":"1967-03-01T06:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-48-n-3-mars-1967-les-souvenirs-de-notre-passe\/"},"modified":"2022-09-29T13:21:11","modified_gmt":"2022-09-29T13:21:11","slug":"vol-48-n-3-mars-1967-les-souvenirs-de-notre-passe","status":"publish","type":"rbc_letter","link":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-48-n-3-mars-1967-les-souvenirs-de-notre-passe\/","title":{"rendered":"Vol. 48, N\u00b0 3 &#8211; Mars 1967 &#8211; Les souvenirs de notre pass\u00e9"},"content":{"rendered":"<div id=\"layout-column-main\">\n<p class=\"boldtext\">L&rsquo;histoire du Canada est inscrite dans la longue et innombrable procession de tous ceux qui ont foul\u00e9 avant nous le sol canadien et qui ont laiss\u00e9 des souvenirs d&rsquo;eux-m\u00eames, de leurs oeuvres et des lieux qui leur \u00e9taient familiers. Leur m\u00e9moire m\u00e9rite une place de premier plan dans les f\u00eates qui marqueront le centenaire du Canada.<\/p>\n<p>Les mus\u00e9es, de m\u00eame que les b\u00e2timents conserv\u00e9s et restaur\u00e9s, racontent l&rsquo;histoire des hommes et des femmes aux prises avec la nature sauvage, sans commodit\u00e9s ni confort, et souvent avec peu d&rsquo;espoir de pouvoir am\u00e9liorer leur sort. Leur vaillance se r\u00e9v\u00e8le dans leurs travaux d&rsquo;artisanat aussi bien que dans les lettres, les actes notari\u00e9s, les cessions de terrain et les vieux portraits, autant de choses qui font le plaisir de l&rsquo;oeil et l&rsquo;\u00e9dification de l&rsquo;esprit.<\/p>\n<p>Ces vestiges de notre pass\u00e9 sont chers au coeur de beaucoup de Canadiens. Les journaux n&rsquo;ont-ils pas annonc\u00e9 qu&rsquo;une cinquantaine de mus\u00e9es, dont neuf seront de grandes constructions neuves, \u00e9taient en voie de r\u00e9alisation pour le Centenaire\u00a0? De plus, des maisons ayant appartenu aux pionniers ont \u00e9t\u00e9 remises en \u00e9tat, et certaines d&rsquo;entre elles group\u00e9es en villages. Tout cela servira \u00e0 \u00e9voquer le souvenir du temps pass\u00e9 et nous permettra de comprendre comment le Canada est devenu ce qu&rsquo;il est aujourd&rsquo;hui, quelle est notre situation actuelle et ce que nous pouvons attendre dans l&rsquo;avenir de nos progr\u00e8s ant\u00e9rieurs.<\/p>\n<h3>Les mus\u00e9es<\/h3>\n<p>De nos jours, les mus\u00e9es ne sont pas consid\u00e9r\u00e9s comme des endroits mornes et rebutants. Il ne suffit pas, pour avoir un v\u00e9ritable mus\u00e9e, de r\u00e9unir une brillante collection de vieilles armes, d&rsquo;oiseaux et d&rsquo;animaux empaill\u00e9s, de fl\u00e8ches et d&rsquo;assiettes \u00e0 soupe indig\u00e8nes. La plupart des mus\u00e9es de ce genre sont tristes et poussi\u00e9reux\u00a0; ils font penser beaucoup plus \u00e0 la mort et au cimeti\u00e8re qu&rsquo;aux \u00e9poques mouvement\u00e9es qu&rsquo;ils veulent nous rappeler.<\/p>\n<p>Pour le directeur de la Division du mus\u00e9e de l&rsquo;homme au Mus\u00e9e national du Canada, le mus\u00e9e a un quadruple but, dont tous les \u00e9l\u00e9ments sont interd\u00e9pendants, savoir (1) rassembler des objets d&rsquo;int\u00e9r\u00eat scientifique et historique se rapportant au Canada\u00a0; (2) conserver ces objets, c&rsquo;est-\u00e0-dire les maintenir en bon \u00e9tat ou les restaurer dans la mesure du possible\u00a0; (3) effectuer des recherches, fond\u00e9es en grande partie sur l&rsquo;\u00e9tude des collections\u00a0; (4) \u00e9duquer par des moyens vari\u00e9s\u00a0: publication d&rsquo;ouvrages scientifiques et de vulgarisation, expositions, visites guid\u00e9es, conf\u00e9rences, films, etc.<\/p>\n<h3>Les mus\u00e9es du Canada<\/h3>\n<p>Il existe, en gros, quatre sortes de mus\u00e9es au Canada\u00a0: le Mus\u00e9e national, les mus\u00e9es provinciaux, les mus\u00e9es locaux et les mus\u00e9es sp\u00e9ciaux.<\/p>\n<p>Au Mus\u00e9e national, les principales collections sont des reconstitutions du milieu naturel des Indiens et des Esquimaux ainsi que de la vie sauvage du Canada. On y trouve des dioramas, d&rsquo;une admirable conception et d&rsquo;une facture exquise, de la vie \u00e0 toutes les \u00e9poques de l&rsquo;histoire du Canada. Le domaine de ce mus\u00e9e s&rsquo;\u00e9tend au pays tout entier, sa population et son histoire naturelle. Il r\u00e9unit un tr\u00e8s vaste assortiment d&rsquo;objets, qui vont des organismes microscopiques aux \u00e9normes cano\u00ebs de guerre et aux m\u00e2ts tot\u00e9miques\u00a0; il recueille tous les renseignements disponibles au sujet de ces sp\u00e9cimens et il conserve le tout pour notre g\u00e9n\u00e9ration et celles de l&rsquo;avenir. Il se classe parmi les grands mus\u00e9es de recherche de l&rsquo;univers.<\/p>\n<p>Comme leurs noms l&rsquo;indiquent, les mus\u00e9es provinciaux s&rsquo;int\u00e9ressent surtout \u00e0 leur propre milieu, mais ils doivent le d\u00e9passer dans certains cas afin de se procurer des objets qui contribuent \u00e0 faire mieux comprendre les conditions locales.<\/p>\n<p>Le Mus\u00e9e du Nouveau-Brunswick nous offre un exemple \u00e0 petite \u00e9chelle de cette particularit\u00e9. Le d\u00e9barquement des Loyalistes \u00e0 Saint-Jean, le 18 mai 1783, fut un \u00e9v\u00e9nement important. Mais ce fait ne saurait \u00eatre compris \u00e0 partir de rien\u00a0; c&rsquo;est pourquoi le Mus\u00e9e a rassembl\u00e9 des lettres, des documents de bord et des objets ayant appartenu aux Loyalistes pendant leur s\u00e9jour dans leurs lieux de r\u00e9sidence ant\u00e9rieurs.<\/p>\n<p>La plus importante collection du Mus\u00e9e de Terre-Neuve est sa collection Boethuck. Celle-ci a pour objet de perp\u00e9tuer le souvenir des Indiens indig\u00e8nes de Terre-Neuve, race disparue dont la derni\u00e8re survivante, Nancy Shanawdithit, est morte en 1829. Ce sont l\u00e0 les gens, nous dit <em>l&rsquo;Encyclopedia of Canada<\/em>, que les Europ\u00e9ens abattaient \u00e0 coup de fusil, les Fran\u00e7ais accordant m\u00eame une prime pour leur destruction.<\/p>\n<p>\u00c0 l&rsquo;occasion de l&rsquo;ann\u00e9e du Centenaire, le Mus\u00e9e de Qu\u00e9bec pr\u00e9sentera une collection des \u00ab\u00a0arts canadiens-fran\u00e7ais\u00a0\u00bb. Cette exposition vise \u00e0 donner un aper\u00e7u g\u00e9n\u00e9ral de la peinture, de la sculpture, de la bijouterie, du dessin, des arts d\u00e9coratifs et folkloriques depuis les d\u00e9buts jusqu&rsquo;\u00e0 nos jours.<\/p>\n<p>Le <em>Royal Ontario Museum <\/em>est le plus grand du Canada. On peut admirer dans les trois acres de galeries de son b\u00e2timent principal la structure de la terre, ses animaux, anciens et actuels, et sa civilisation depuis Babylone jusqu&rsquo;aux premiers temps du Canada.<\/p>\n<p>Le projet du Centenaire du Manitoba est son \u00ab\u00a0Mus\u00e9e de l&rsquo;homme et de la nature\u00a0\u00bb. Cette d\u00e9signation tend \u00e0 repr\u00e9senter l&rsquo;homme et la nature en tant que parties d&rsquo;un tout indivisible, en reliant \u00e0 la fois le pass\u00e9, le pr\u00e9sent et l&rsquo;avenir dans un seul grand th\u00e8me unificateur.<\/p>\n<p>Le <em>Western Development Museum <\/em>de la Saskatchewan comprend plusieurs sections, o\u00f9 sont pr\u00e9sent\u00e9s les instruments aratoires d&rsquo;autrefois et des articles jadis en usage dans toutes les familles. Cette province a aussi commenc\u00e9 \u00e0 reconstruire un village de pionniers.<\/p>\n<p>Le <em>New Provincial Museum and Archives <\/em>de l&rsquo;Alberta, dont l&rsquo;ouverture doit avoir lieu en octobre, veut faire conna\u00eetre l&rsquo;Alberta en r\u00e9unissant, en conservant et en exposant des objets de caract\u00e8re important appartenant aux domaines de l&rsquo;histoire et de la nature.<\/p>\n<p>La Colombie-Britannique compte un grand ensemble Archives-Mus\u00e9e, dont la construction est en cours.<\/p>\n<h3>Les mus\u00e9es locaux<\/h3>\n<p>Le mus\u00e9e local a pour mission de raconter la vie et l&rsquo;histoire de la ville ou du comt\u00e9 o\u00f9 il se trouve. Pour \u00eatre vraiment significatif, il doit retracer le processus de l&rsquo;\u00e9volution qui s&rsquo;est accomplie depuis l&rsquo;\u00e9poque de la pr\u00e9-colonisation jusqu&rsquo;au moment actuel. Les petites choses y prennent une grande importance\u00a0: le Mus\u00e9e du comt\u00e9 d&rsquo;Albert au Nouveau-Brunswick poss\u00e8de un couvre-pied \u00e0 signatures utilis\u00e9 lors d&rsquo;une campagne de souscription pour acheter un corbillard \u00e0 la localit\u00e9\u00a0; c&rsquo;est une pi\u00e8ce tr\u00e8s \u00e9vocatrice des us et coutumes du comt\u00e9.<\/p>\n<p>Ce qui fait la valeur et le charme du mus\u00e9e local, c&rsquo;est qu&rsquo;il se consacre aux choses de la localit\u00e9. Il se doit de montrer d&rsquo;une fa\u00e7on coh\u00e9rente et attrayante \u00e0 ceux qui le visitent pourquoi et comment la collectivit\u00e9 en cause est n\u00e9e et s&rsquo;est d\u00e9velopp\u00e9e. Comme le dit M. Herbert, il est possible de distraire et de renseigner en m\u00eame temps, ou encore de ne faire ni l&rsquo;un ni l&rsquo;autre. C&rsquo;est le choix que l&rsquo;on fait qui d\u00e9termine si c&rsquo;est un mus\u00e9e, un pavillon d&rsquo;attractions ou un mausol\u00e9e que l&rsquo;on dirige.<\/p>\n<h3>Mus\u00e9es sp\u00e9ciaux<\/h3>\n<p>Certains mus\u00e9es locaux se sp\u00e9cialisent dans certaines p\u00e9riodes ou certains sujets\u00a0; il en est ainsi du <em>U.E.L. Museum<\/em>, d&rsquo;Adolphustown, du <em>Brant Historical Museum<\/em>, du <em>Bell Homestead<\/em>, de Brantford, de m\u00eame que du <em>South Simcoe Pioneer Museum <\/em>avec ses 5,000 outils et instruments. Le presbyt\u00e8re de l&rsquo;\u00e9glise de Batoche, en Saskatchewan, a \u00e9t\u00e9 transform\u00e9 en un mus\u00e9e dont les pi\u00e8ces relatent l&rsquo;histoire de la r\u00e9bellion du Nord-Ouest en 1885.<\/p>\n<p>Il existe aussi des mus\u00e9es sp\u00e9ciaux, grands et petits, consacr\u00e9s \u00e0 l&rsquo;histoire de diverses activit\u00e9s humaines. Tels sont la Collection a\u00e9ronautique nationale, \u00e0 Ottawa\u00a0; le Mus\u00e9e de guerre canadien, \u00e9galement \u00e0 Ottawa\u00a0; le Mus\u00e9e des chemins de fer canadiens, \u00e0 Delson, au Qu\u00e9bec. L&rsquo;Association historique des chemins de fer canadiens s&rsquo;est donn\u00e9 pour mission de rassembler et de conserver les archives et le mat\u00e9riel d&rsquo;exploitation des services de transport ferroviaire et fluvial.<\/p>\n<h3>Les maisons restaur\u00e9es<\/h3>\n<p>C&rsquo;est peut-\u00eatre dans les vieilles maisons restaur\u00e9es et meubl\u00e9es par les groupements f\u00e9minins et les soci\u00e9t\u00e9s historiques que se refl\u00e8te le mieux la vie telle qu&rsquo;on la vivait il y a un si\u00e8cle. En franchissant le seuil, le visiteur se trouve transport\u00e9 dans l&rsquo;existence et l&rsquo;\u00e9poque des gens qui y ont v\u00e9cu.<\/p>\n<p>Une maison d&rsquo;un int\u00e9r\u00eat particulier est celle de Simeon Perkins, \u00e0 Liverpool, en Nouvelle-\u00c9cosse. Marchand et armateur venu au Canada avec les Loyalistes en 1759, le colonel Perkins b\u00e2tit cette maison en 1766. On y voit encore le pupitre sur lequel il dirigeait des op\u00e9rations s&rsquo;\u00e9chelonnant des Antilles au Labrador.<\/p>\n<p>\u00c0 quelques milles de l\u00e0 se dresse la maison Uniacke, construite par un aventurier irlandais, originaire de Cork, qui devint membre du conseil de la Nouvelle-\u00c9cosse et procureur g\u00e9n\u00e9ral.<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 l&rsquo;influence qu&rsquo;il exer\u00e7a au sein du gouvernement de la Nouvelle-\u00c9cosse, le juge Thomas Chandler Haliburton est surtout demeur\u00e9 c\u00e9l\u00e8bre en tant qu&rsquo;auteur d&rsquo;une s\u00e9rie d&rsquo;historiettes au sujet de Sam Slick, habile colporteur d&rsquo;horloges am\u00e9ricain. Sa maison a \u00e9t\u00e9 conserv\u00e9e, et l&rsquo;on peut y voir l&rsquo;une des horloges originales de Sam Slick avec ses boiseries.<\/p>\n<p>En 1705, Claude de Ramezay b\u00e2tissait son ch\u00e2teau \u00e0 Montr\u00e9al. Ce fut, apr\u00e8s la conqu\u00eate, la r\u00e9sidence officielle du gouverneur en chef de l&rsquo;Am\u00e9rique du Nord britannique. En 1775, l&rsquo;Arm\u00e9e continentale am\u00e9ricaine \u00e9tablissait son quartier g\u00e9n\u00e9ral dans ce ch\u00e2teau. En 1776, Benjamin Franklin y venait \u00e0 titre d&rsquo;envoy\u00e9 sp\u00e9cial charg\u00e9 d&rsquo;inciter les Canadiens fran\u00e7ais \u00e0 la r\u00e9volution.<\/p>\n<p>Il subsiste un peu partout dans le Qu\u00e9bec des anciens manoirs, dont on trouve la liste dans de fort belles brochurettes distribu\u00e9es par le bureau provincial du tourisme.<\/p>\n<p>L&rsquo;Ontario compte des douzaines de maisons de pionniers. Il y a tout d&rsquo;abord, le <em>Stephen Leacock Memorial Home <\/em>\u00e0 Orillia. On y retrouve les meubles originaux, ainsi qu&rsquo;un certain nombre des manuscrits, des livres et des lettres de Leacock.<\/p>\n<p>L&rsquo;\u00e9trange et pittoresque maison de William Lyon Mackenzie, chef de la r\u00e9bellion de 1837, existe toujours \u00e0 Toronto. Laurier House, \u00e0 Ottawa, a \u00e9t\u00e9 la r\u00e9sidence de deux premiers ministres. Middleport nous offre \u00ab\u00a0Chiefswood\u00a0\u00bb, lieu de naissance de la po\u00e9tesse indienne Pauline Johnson. McFarland House, pr\u00e8s de Niagara-sur-le-Lac, a \u00e9t\u00e9 construite en 1800.<\/p>\n<p>Dans le lointain Yukon, on peut visiter la maison en bois rond du po\u00e8te Robert Service. Des visiteurs de tous les pays ont appos\u00e9 leur signature dans le registre ouvert sur le pupitre boiteux o\u00f9 l&rsquo;auteur a \u00e9crit ses oeuvres m\u00e9morables.<\/p>\n<h3>Les \u00e9glises<\/h3>\n<p>Les pionniers attachaient une grande importance \u00e0 la pratique religieuse, et les \u00e9glises qu&rsquo;ils ont b\u00e2ties demeurent des t\u00e9moignages historiques de leur pi\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p>\u00c0 Barrington, en Nouvelle-\u00c9cosse, se trouve la plus ancienne \u00e9glise non conformiste et non confessionnelle du Canada, construite en 1765. Le petit-fils de l&rsquo;un de ses pasteurs est devenu archev\u00eaque de Cantorb\u00e9ry. Dans les environs s&rsquo;\u00e9l\u00e8ve le monument comm\u00e9moratif de la grand-m\u00e8re de John Howard Payne, auteur de \u00ab\u00a0Home Sweet Home\u00a0\u00bb. L&rsquo;\u00e9glise St. Edward, de Clementsport, \u00e9rig\u00e9e par les Loyalistes en 1788, renferme de nombreuses reliques.<\/p>\n<p>\u00c0 Montr\u00e9al, Notre-Dame-de-Bon-Secours, \u00e9glise des marins, date de 1657. Ravag\u00e9e par deux incendies, elle a \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9e par le b\u00e2timent actuel en 1772. La ville de Qu\u00e9bec compte plusieurs \u00e9glises tr\u00e8s anciennes et notamment celle de Notre-Dame-des-Victoires, \u00e9difi\u00e9e en 1688 pr\u00e8s de l&#8217;emplacement de la maison originale de Champlain.<\/p>\n<p>La mission originale fond\u00e9e sur l&#8217;emplacement de Prince-Albert (Saskatchewan), en 1866, est aujourd&rsquo;hui un mus\u00e9e. L&rsquo;English River Mission de l&rsquo;\u00c9glise anglicane, en Saskatchewan, construite en 1850 avec des billes coup\u00e9es sur place et des fen\u00eatres import\u00e9es d&rsquo;Angleterre, est toujours ouverte au culte.<\/p>\n<h3>Les villages restaur\u00e9s<\/h3>\n<p>Attirant chaque ann\u00e9e des milliers de visiteurs, les villages de pionniers restaur\u00e9s \u00e0 travers le Canada repr\u00e9sentent l&rsquo;un de nos liens les plus populaires avec notre pass\u00e9.<\/p>\n<p>Dans ces villages, l&rsquo;histoire, compl\u00e8tement d\u00e9pouill\u00e9e de tout aspect didactique, se pr\u00e9sente non plus sous la forme d&rsquo;un r\u00e9cit scientifique de nos conflits politiques et de notre \u00e9volution \u00e9conomique, mais en tant que tableau concret de la vie de la population.<\/p>\n<p>L&rsquo;Habitation de Port-Royal, en Nouvelle-\u00c9cosse, a \u00e9t\u00e9 restaur\u00e9e conform\u00e9ment aux plans \u00e9labor\u00e9s par Champlain pour l&rsquo;original en 1605. Les visiteurs y p\u00e9n\u00e8trent dans une salle meubl\u00e9e telle qu&rsquo;elle l&rsquo;\u00e9tait lorsque Marc Lescarbot y \u00e9crivit, en 1606, la premi\u00e8re pi\u00e8ce de th\u00e9\u00e2tre jamais pr\u00e9sent\u00e9e en Am\u00e9rique du Nord, de m\u00eame que dans la salle commune, o\u00f9 Champlain institua l&rsquo;Ordre du Bon Temps.<\/p>\n<p>Le village de Chambly, pr\u00e8s de Montr\u00e9al, fait partie de la seigneurie octroy\u00e9e \u00e0 Jacques de Chambly en 1672. On y trouve la maison Saint-Hubert, construite en 1760, la maison Maigneault, faite de madriers de quatre pouces d&rsquo;\u00e9paisseur emmortais\u00e9s \u00e0 une charpente en bois \u00e9quarri \u00e0 la main, ainsi que la maison Lareau, b\u00e2tie sur son emplacement actuel en 1775.<\/p>\n<p><em>L&rsquo;Upper Canada Village<\/em>, pr\u00e8s de Morrisburg, en Ontario, est un mus\u00e9e vivant o\u00f9 se retrouve tout le d\u00e9roulement de la vie dans la province de 1795 \u00e0 1860. Plus de quarante b\u00e2timents, dont plusieurs provenant des sept villages engloutis sous les eaux lors de la construction de la Voie maritime, ont \u00e9t\u00e9 regarnis avec les meubles authentiques de leur \u00e9poque.<\/p>\n<p>Parmi les autres villages historiques de l&rsquo;Ontario, il convient de mentionner Fanshawe, Muskoka, Jordan, Kitchener, Rockton, St. Joseph Island et Black Creek.<\/p>\n<p>Sur un emplacement de 60 acres, pr\u00e8s de Calgary, en Alberta, une colonie des prairies des ann\u00e9es quatre-vingt-dix a \u00e9t\u00e9 reconstruite. Certains des b\u00e2timents originaux ont \u00e9t\u00e9 transport\u00e9s sur les lieux, puis reb\u00e2tis. Tel est le cas, par exemple, de la caserne de la Gendarmerie du Nord-Ouest, de la forge, du ranch, du bureau de poste, du salon de coiffure, de la banque, de l&rsquo;\u00e9glise et du magasin g\u00e9n\u00e9ral.<\/p>\n<p>La Colombie-Britannique a Barkerville, petite ville actuellement reconstruite telle qu&rsquo;elle existait pendant la ru\u00e9e vers l&rsquo;or.<\/p>\n<h3>Forts et champs de bataille<\/h3>\n<p>Les efforts militaires du Canada ont surtout port\u00e9 sur l&rsquo;auto-d\u00e9fense, et les forts, petits et grands, comme les tours \u00e0 la Martello, que l&rsquo;on trouve un peu partout dans notre pays, t\u00e9moignent de la d\u00e9termination des Canadiens \u00e0 d\u00e9fendre leur sol.<\/p>\n<p>Pierre par pierre, la puissante ville-forteresse de Louisbourg rena\u00eet de ses ruines sur le littoral atlantique de la Nouvelle-\u00c9cosse. D\u00e9barqu\u00e9s dans ces lieux en 1713, les colons fran\u00e7ais disposaient d\u00e8s 1755 d&rsquo;une place forte de plus de 300 habitations et de 5,000 \u00e2mes. Les fortifications co\u00fbt\u00e8rent tellement cher que Louis XV affirma qu&rsquo;il s&rsquo;attendait, en s&rsquo;\u00e9veillant un beau matin en France, \u00e0 en voir les murs se profiler sur l&rsquo;horizon.<\/p>\n<p>Aucun autre endroit en Am\u00e9rique n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 t\u00e9moin d&rsquo;autant de combats et de si\u00e8ges que Fort-Anne, en Nouvelle-\u00c9cosse, dont la construction d\u00e9buta en 1635. On peut encore y visiter la poudri\u00e8re, b\u00e2tie avec des pierres exp\u00e9di\u00e9es de France en 1708. La porte originale, qui est encore en place, est soutenue par un gond fran\u00e7ais et un gond anglais.<\/p>\n<p>La ville de Qu\u00e9bec est charg\u00e9e de souvenirs. Ses murs termin\u00e9s en 1832, ont co\u00fbt\u00e9 35 millions de dollars, et ses portes sont pittoresques. C&rsquo;est l\u00e0 que se trouvent les maisons o\u00f9 v\u00e9cut Montcalm, et celle o\u00f9 il aurait rendu le dernier soupir apr\u00e8s la bataille des Plaines d&rsquo;Abraham. Des plaques comm\u00e9moratives marquent le lieu o\u00f9, le dernier jour de l&rsquo;ann\u00e9e 1775, les deux races fondatrices du Canada unirent pour la premi\u00e8re fois leurs efforts pour d\u00e9fendre la patrie. Une garnison compos\u00e9e de Canadiens fran\u00e7ais et de Canadiens anglais repoussa une arm\u00e9e r\u00e9volutionnaire am\u00e9ricaine sous les ordres du g\u00e9n\u00e9ral Richard Montgomery et de Benedict Arnold.<\/p>\n<p>Le premier Fort Chambly, \u00e0 Qu\u00e9bec, fut \u00e9difi\u00e9 en 1665 par un capitaine du R\u00e9giment de Carignan. En 1711, une construction en pierre massive, dont les murs sont encore debout, avait remplac\u00e9 le fort en bois. Les Am\u00e9ricains captur\u00e8rent le fort en 1775, et, en se retirant, l&rsquo;ann\u00e9e suivante, y d\u00e9truisirent tout ce qui pouvait br\u00fbler. Le Fort Lennox sur l&rsquo;\u00cele-aux-Noix, pr\u00e8s de Montr\u00e9al, fut construit par les Fran\u00e7ais en 1759. Il retarda pendant pr\u00e8s d&rsquo;un an l&rsquo;avance des Britanniques venant du Sud. Reconstruit en 1775, il servit de base aux Am\u00e9ricains pendant leur marche sur Qu\u00e9bec. En 1812, les Britanniques construisaient le fort actuel et l&rsquo;occupaient jusqu&rsquo;en 1869.<\/p>\n<p>L&rsquo;un des plus impressionnants monuments aux morts de la guerre qu&rsquo;ait \u00e9lev\u00e9 le Canada se trouve au Champ de bataille de Crysler, pr\u00e8s de <em>Upper Canada Village<\/em>. L&rsquo;engagement, au cours duquel une unit\u00e9 anglo-canadienne de 800 hommes mit en d\u00e9route une arm\u00e9e d&rsquo;invasion am\u00e9ricaine de 4000 combattants qui s&rsquo;avan\u00e7aient sur Montr\u00e9al, eut lieu sur la Ferme de Crysler, qui est maintenant inond\u00e9e. Gr\u00e2ce \u00e0 une heureuse id\u00e9e cependant, la terre v\u00e9g\u00e9tale qui recouvrait le champ de bataille fut transport\u00e9e par camion sur les hauteurs, o\u00f9 on l&#8217;employa pour construire un tertre. Le monument en forme d&rsquo;ob\u00e9lisque, \u00e9rig\u00e9 par le gouvernement du Canada en 1895, fut apport\u00e9 de la vall\u00e9e et install\u00e9 sur le monticule.<\/p>\n<p>Le Fort Wellington, \u00e0 Prescott, a \u00e9t\u00e9 partiellement restaur\u00e9. C&rsquo;est de l\u00e0 que, pendant la guerre de 1812, partirent les troupes britanniques et canadiennes pour aller capturer Ogdensburg, et, pendant l&rsquo;invasion de 1838, pour repousser les Am\u00e9ricains sous le commandement de Von Schoultz.<\/p>\n<p>Le Fort Henry, \u00e0 Kingston, fut \u00e0 l&rsquo;origine un blockhaus destin\u00e9 \u00e0 prot\u00e9ger l&rsquo;arsenal maritime. Lorsque le colonel John By entreprit la construction du canal Rideau, afin d&rsquo;assurer un passage int\u00e9rieur s\u00fbr depuis le lac Ontario jusqu&rsquo;\u00e0 Ottawa et Montr\u00e9al, la forteresse de pierre fut exhauss\u00e9e pour prot\u00e9ger l&rsquo;extr\u00e9mit\u00e9 ontarienne du canal. Enti\u00e8rement restaur\u00e9, ce fort offre plusieurs souvenirs du si\u00e8cle dernier.<\/p>\n<p>Le Fort York, \u00e0 Toronto, \u00e9tabli en 1793, a jou\u00e9 un r\u00f4le important pendant la guerre de 1812. Le Fort George, \u00e0 Niagara-sur-le-Lac, a \u00e9t\u00e9 construit en 1797 et d\u00e9truit par les Am\u00e9ricains en 1813. Le blockhaus en a \u00e9t\u00e9 restaur\u00e9, et sa poudri\u00e8re subsiste encore.<\/p>\n<p>Lorsque le chef \u00ab\u00a0Sitting Bull\u00a0\u00bb et les Sioux qu&rsquo;il commandait franchirent la fronti\u00e8re de ce qui est maintenant la Saskatchewan, apr\u00e8s la bataille de \u00ab\u00a0Little Big Horn\u00a0\u00bb, la Gendarmerie du Nord-Ouest \u00e9tablit un d\u00e9tachement \u00e0 Wood Mountain. C&rsquo;est de ce poste, dont un des b\u00e2timents a \u00e9t\u00e9 reconstruit, qu&rsquo;une poign\u00e9e de policiers r\u00e9ussit \u00e0 contenir la fi\u00e8re et puissante nation des Sioux.<\/p>\n<p>Le Fort Steele est actuellement en cours de reconstruction, \u00e0 quelques milles de Cranbrook (C.-B.). Une vingtaine de maisons et de b\u00e2timents ont \u00e9t\u00e9 restaur\u00e9s jusqu&rsquo;ici.<\/p>\n<h3>Lieux historiques et plaques comm\u00e9moratives<\/h3>\n<p>L&#8217;emploi des plaques historiques est parfaitement, justifi\u00e9 aux endroits o\u00f9 l&rsquo;on ne retrouve que l&#8217;emplacement des constructions d&rsquo;autrefois.<\/p>\n<p>Les plaques nationales et provinciales servent \u00e0 signaler les lieux que des recherches diligentes ont marqu\u00e9s d&rsquo;un \u00ab\u00a0X\u00a0\u00bb pour indiquer, par exemple, qu&rsquo;un \u00ab\u00a0homme y est mort en brave, qu&rsquo;un trait\u00e9 y a \u00e9t\u00e9 sign\u00e9 ou qu&rsquo;une bataille y a \u00e9t\u00e9 livr\u00e9e.<\/p>\n<p>Ces plaques doivent se lire facilement. Certaines, comme nos plaques nationales, sont peut-\u00eatre fort belles du point de vue artistique, mais le petit caract\u00e8re en est difficilement d\u00e9chiffrable. Elles ne remplissent pas leur r\u00f4le de communication.<\/p>\n<p>M\u00eame en l&rsquo;absence de tout b\u00e2timent, l&rsquo;un des coins les plus m\u00e9morables signal\u00e9s par une plaque est l&#8217;emplacement du Parlement \u00e0 Niagara-sur-le-Lac. C&rsquo;est l\u00e0 que, le 1er mai 1793, fut adopt\u00e9e la 7e Loi du Parlement, en vue d&rsquo;affranchir les esclaves dans le Haut-Canada. Le Canada devenait ainsi la premi\u00e8re possession britannique \u00e0 \u00e9dicter par un texte de loi l&rsquo;abolition de l&rsquo;esclavage, 79 ans avant que cette pratique ne soit abolie aux \u00c9tats-Unis.<\/p>\n<p>Les cimeti\u00e8res aussi racontent \u00e0 leur fa\u00e7on l&rsquo;histoire de notre pass\u00e9 h\u00e9ro\u00efque. Dans le vieil enclos de St. Andrew, en Ontario, se trouve la tombe du grand explorateur Simon Fraser, qui fut le premier \u00e0 descendre la rivi\u00e8re qui porte son nom. On y voit \u00e9galement un monument \u00e0 la m\u00e9moire de Miles Macdonell, jadis surintendant de la colonie de la Rivi\u00e8re Rouge de Lord Selkirk au Manitoba.<\/p>\n<p>Les pens\u00e9es qu&rsquo;\u00e9veillent tous ces monuments et souvenirs ne peuvent qu&rsquo;inciter les Canadiens \u00e0 agir, pendant leur second si\u00e8cle d&rsquo;existence en tant que nation, d&rsquo;une fa\u00e7on digne de leurs illustres anc\u00eatres.<\/p>\n<p>\u00c0 l&rsquo;occasion du Centenaire de la Conf\u00e9d\u00e9ration, tous ceux qui peuvent le faire voudront sans doute visiter l&rsquo;Immeuble l\u00e9gislatif de Charlottetown, dans l&rsquo;\u00cele du Prince-\u00c9douard. C&rsquo;est dans une de ses salles que les d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s d\u00e9lib\u00e9r\u00e8rent sur l&rsquo;Union de l&rsquo;Am\u00e9rique du Nord britannique.<\/p>\n<p>Une plaque fix\u00e9e au mur porte cette inscription\u00a0: \u00ab\u00a0En l&rsquo;\u00e2me et conscience des d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s qui se sont r\u00e9unis dans cette salle le 1er septembre 1864 est n\u00e9 le Dominion du Canada.\u00a0\u00bb Sur la table, une autre plaque marque l&rsquo;endroit o\u00f9 furent sign\u00e9s les articles de la Conf\u00e9d\u00e9ration.<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"author":86,"featured_media":0,"template":"","categories":[1],"rbc_letter_theme":[],"rbc_letter_year":[39],"class_list":["post-2334","rbc_letter","type-rbc_letter","status-publish","hentry","category-uncategorized","rbc_letter_year-39"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO Premium plugin v27.4 (Yoast SEO v27.4) - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-premium-wordpress\/ -->\n<title>Vol. 48, N\u00b0 3 - Mars 1967 - Les souvenirs de notre pass\u00e9 - RBC<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-48-n-3-mars-1967-les-souvenirs-de-notre-passe\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Vol. 48, N\u00b0 3 - Mars 1967 - Les souvenirs de notre pass\u00e9\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"L&rsquo;histoire du Canada est inscrite dans la longue et innombrable procession de tous ceux qui ont foul\u00e9 avant nous le sol canadien et qui ont laiss\u00e9 des souvenirs d&rsquo;eux-m\u00eames, de leurs oeuvres et des lieux qui leur \u00e9taient familiers. 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