{"id":2326,"date":"1958-03-01T06:00:00","date_gmt":"1958-03-01T06:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-39-n-3-mars-1958-la-maitrise-de-son-metier\/"},"modified":"2022-09-29T13:14:15","modified_gmt":"2022-09-29T13:14:15","slug":"vol-39-n-3-mars-1958-la-maitrise-de-son-metier","status":"publish","type":"rbc_letter","link":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-39-n-3-mars-1958-la-maitrise-de-son-metier\/","title":{"rendered":"Vol. 39, N\u00b0 3 &#8211; Mars 1958 &#8211; La ma\u00eetrise de son m\u00e9tier"},"content":{"rendered":"<div id=\"layout-column-main\">\n<p class=\"boldtext\">On peut dire d&rsquo;un bon technicien comme d&rsquo;un grand artiste qu&rsquo;il est ma\u00eetre de son art ou de son m\u00e9tier. Dans cette expression, en effet, les mots \u00ab\u00a0art\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0m\u00e9tier\u00a0\u00bb ne d\u00e9signent pas une cat\u00e9gorie d&rsquo;occupations d\u00e9termin\u00e9es, mais la fa\u00e7on particuli\u00e8re dont un homme accomplit son travail, quel qu&rsquo;il soit. Celui qui poss\u00e8de \u00e0 fond son m\u00e9tier ex\u00e9cute son oeuvre avec toute la perfection dont il est capable.<\/p>\n<p>Les hommes ont fait des choses merveilleuses avec leur intelligence et leurs outils, mais l&rsquo;inventeur, le philosophe, l&rsquo;homme d&rsquo;affaires et le ma\u00eetre m\u00e9canicien doivent avant tout et fonci\u00e8rement avoir du m\u00e9tier.<\/p>\n<p>Un homme peut cacher son caract\u00e8re ou ses d\u00e9fauts par toutes sortes de moyens, mais il ne saurait le faire dans son travail. Son imagination, sa pers\u00e9v\u00e9rance, son impatience, sa maladresse, son habilet\u00e9, tout s&rsquo;y refl\u00e8te. Si un ouvrage de ma\u00e7onnerie est bien fait, c&rsquo;est qu&rsquo;un homme avis\u00e9 l&rsquo;a con\u00e7u, qu&rsquo;un homme soigneux a taill\u00e9 les pierres et qu&rsquo;un homme consciencieux les a ciment\u00e9es.<\/p>\n<p>On objectera peut-\u00eatre qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de la machine, la joie de faire du beau travail a moins de raison d&rsquo;\u00eatre qu&rsquo;autrefois\u00a0; mais est-ce bien vrai\u00a0? Rien ne s&rsquo;oppose \u00e0 ce que la machine fasse de belles choses si nous l&rsquo;aidons un tant soit peu. On con\u00e7oit, par exemple, qu&rsquo;un tourneur prenne du plaisir non seulement dans l&rsquo;exercice de ses mains expertes, mais aussi dans la forme de l&rsquo;objet qu&rsquo;il fa\u00e7onne.<\/p>\n<h3>Une erreur tenace<\/h3>\n<p>Les bons artisans s&rsquo;\u00e9tonnent toujours d&rsquo;entendre les gens r\u00e9p\u00e9ter la fausset\u00e9 selon laquelle le travail est une punition. Certaines personnes qui n&rsquo;aiment pas \u00e0 travailler cherchent \u00e0 inventer des trucs et des exp\u00e9dients dans l&rsquo;espoir d&rsquo;atteindre le bonheur de vivre sans rien faire. C&rsquo;est ce que le Dr Ewen Cameron appelle \u00ab\u00a0notre folie de croire que ne pas travailler c&rsquo;est jouir d&rsquo;une f\u00e9licit\u00e9 parfaite\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>L&rsquo;homme qui ne travaille pas ne mourra pas de faim, car les services d&rsquo;assistance sociale le feront vivre, mais les jeunes gens remplis d&rsquo;ardeur qui sautent de joie \u00e0 la pens\u00e9e que le temps du travail soign\u00e9 est r\u00e9volu laissent \u00e9chapper une magnifique occasion de jouir de la vie. La voie de la facilit\u00e9 n&rsquo;est bonne que pour les faibles.<\/p>\n<p>Si le travail \u00e9tait r\u00e9serv\u00e9 aux esclaves, les hommes libres r\u00e9clameraient \u00e0 grands cris un changement de gouvernement parce que nous serions priv\u00e9s de ce qui fait l&rsquo;agr\u00e9ment de l&rsquo;existence. En plus d&rsquo;\u00eatre un moyen de gagner notre pain, le travail bien fait repr\u00e9sente notre apport au maintien de la civilisation. Il conf\u00e8re de la dignit\u00e9 \u00e0 la vie, donne des consolations, contribue \u00e0 l&rsquo;\u00e9panouissement de notre personnalit\u00e9 et fait appr\u00e9cier la valeur du repos et des loisirs.<\/p>\n<h3>La fiert\u00e9 de son travail<\/h3>\n<p>L&rsquo;homme qui a du m\u00e9tier fait bien son travail. Il n&rsquo;est pas anim\u00e9 par l&rsquo;orgueil de pouvoir faire quelque chose, mais par la satisfaction d&rsquo;\u00eatre capable de bien le faire.<\/p>\n<p>Chaque emploi a sa propre dignit\u00e9. Un homme peut s&rsquo;enorgueillir de son travail, si humble soit-il. Un manoeuvre qui utilisait une \u00ab\u00a0poussette\u00a0\u00bb en bois pour d\u00e9charger des wagons \u00e0 bl\u00e9 d\u00e9couvrit un jour une meilleure fa\u00e7on de se servir de son poids pour l&rsquo;actionner\u00a0; il n&rsquo;en fallut pas davantage pour transformer une besogne fastidieuse en une t\u00e2che agr\u00e9able. Le m\u00e9canicien de locomotive retrouve toujours avec joie le sentiment de responsabilit\u00e9 qui l&rsquo;envahit en prenant la manette de la vapeur. Un poissonnier ambulant de Chicago aimait, dit-on, tellement son m\u00e9tier qu&rsquo;on ne pouvait s&#8217;emp\u00eacher de remarquer combien il semblait heureux de vendre du poisson, heureux que Dieu e\u00fbt cr\u00e9\u00e9 des poissons et&#8230; des clients pour les acheter.<\/p>\n<p>Dans son livre, <em>My Neighbour the Universe<\/em>, L. P. Jacks affirme que tous les devoirs imp\u00e9rieux d&rsquo;un homme-envers l&rsquo;humanit\u00e9, l&rsquo;\u00c9tat, sa collectivit\u00e9, sa famille ou lui-m\u00eame &#8211; ont leur point de convergence dans son travail. S&rsquo;il cultive des choux, \u00ab\u00a0il doit se consid\u00e9rer comme charg\u00e9 par l&rsquo;univers de produire les meilleurs choux possible eu \u00e9gard aux circonstances&#8230; il sert la cause du bien, du beau et du vrai selon la mission qui lui a \u00e9t\u00e9 assign\u00e9e.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Nul travail au monde ne peut \u00eatre ennuyeux au point de ne pr\u00e9senter aucun aspect attrayant pour certains esprits. Il est vrai qu&rsquo;il y a des emplois plus int\u00e9ressants que d&rsquo;autres, mais il est encore plus vrai qu&rsquo;il y a des employ\u00e9s qui s&rsquo;int\u00e9ressent plus que d&rsquo;autres \u00e0 leur travail.<\/p>\n<h3>La valeur personnelle<\/h3>\n<p>Le travail bien fait augmente notre valeur personnelle. La t\u00e2che que nous accomplissons peut avoir tr\u00e8s peu d&rsquo;importance dans la marche du monde, mais la fa\u00e7on dont nous l&rsquo;accomplissons a une tr\u00e8s grande importance pour nous-m\u00eames.<\/p>\n<p>Le bon artisan trouve une certaine exaltation \u00e0 donner sa pleine mesure, et son travail entretient en lui un sentiment de noblesse et de maturit\u00e9. Il semble tenir entre ses mains la clef de toutes les \u00e9nigmes de l&rsquo;univers. C&rsquo;est une sensation unique en son genre.<\/p>\n<p>Le seul fait de travailler \u00e0 quelque chose avec enthousiasme et avec la conviction que la besogne peut \u00eatre accomplie donne du piquant \u00e0 la vie. Cela nous permet de nous adapter plus facilement aux situations difficiles et d&rsquo;atteindre \u00e0 une vivifiante s\u00e9r\u00e9nit\u00e9. Notre travail se trouve ainsi orient\u00e9 vers la perfection. Zola dit dans une de ses allocutions aux \u00e9tudiants\u00a0: \u00ab\u00a0Il est plaisant de r\u00eaver d&rsquo;\u00e9ternit\u00e9. Mais \u00e0 l&rsquo;honn\u00eate homme il suffit de vivre sa vie en faisant son travail.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Avoir du m\u00e9tier, c&rsquo;est bien faire son travail, mais cela suppose aussi de la r\u00e9flexion, de l&rsquo;initiative et, dans certains cas, de l&rsquo;imagination. On peut voir dans les grottes des habitants des falaises de l&rsquo;Arizona les empreintes de doigts laiss\u00e9es par les femmes qui bouch\u00e8rent les murs des tavernes avec de la boue, il y a mille ans. Certaines d&rsquo;entre elles ne se born\u00e8rent pas \u00e0 remplir les crevasses, mais firent des volutes et des spirales, profitant de cette occasion pour joindre l&rsquo;art \u00e0 la technique.<\/p>\n<p>Le travail ainsi envisag\u00e9, avec une certaine id\u00e9e de sa valeur et un certain d\u00e9sir d&rsquo;exprimer sa personnalit\u00e9, devient un plaisir au lieu d&rsquo;\u00eatre une corv\u00e9e.<\/p>\n<p>Il y a dans chaque t\u00e2che quelque chose qui r\u00e9pond \u00e0 notre id\u00e9al, qui nous invite \u00e0 am\u00e9liorer ce qui en fait l&rsquo;objet. La mati\u00e8re sur laquelle nous travaillons, que ce soit des choux ou de l&rsquo;or, ne nous demande jamais de nous contenter de la prendre telle que nous la trouvons. Elle nous demande, au contraire, de la prendre et de la transformer en lui conf\u00e9rant une nouvelle valeur. Chaque parcelle de mati\u00e8re, empruntant la voix de l&rsquo;univers qui s&rsquo;y trouve repr\u00e9sent\u00e9, semble dire au travailleur\u00a0: \u00ab\u00a0perfectionne-moi\u00a0\u00bb.<\/p>\n<h3>Le r\u00f4le de l&rsquo;imagination<\/h3>\n<p>Si vous avez un m\u00e9tier sans que l&rsquo;on puisse dire que vous avez du m\u00e9tier, alors l\u00e2chez la bride \u00e0 votre imagination.<\/p>\n<p>Peut-\u00eatre ceux qui excellent dans leur m\u00e9tier doivent-ils \u00eatre un peu po\u00e8tes pour pouvoir allier la technique au mysticisme\u00a0? En tout cas, un homme ne peut rien faire de grand sans que son imagination ne lui propose un but \u00e0 atteindre.<\/p>\n<p>Ce que nous imaginons peut sembler hors d&rsquo;atteinte pour le moment, ce qui ne veut pas dire qu&rsquo;il est impossible de l&rsquo;amener \u00e0 notre port\u00e9e et de le r\u00e9aliser par la suite. Michel-Ange disait qu&rsquo;il voyait d\u00e9j\u00e0 dans le bloc de marbre la statue qui restait invisible \u00e0 des yeux moins p\u00e9n\u00e9trants jusqu&rsquo;\u00e0 ce que son ciseau eut fait voler en \u00e9clats la pierre qui la d\u00e9robait.<\/p>\n<p>C&rsquo;est l&rsquo;imagination qui a permis \u00e0 l&rsquo;homme de prolonger son pouce en inventant l&rsquo;\u00e9tau, de renforcer son poing et d&rsquo;allonger son bras en inventant le marteau. Pour atteindre de tels r\u00e9sultats, il s&rsquo;agit de laisser planer son imagination, puis de r\u00e9aliser dans la pratique ce qu&rsquo;elle nous inspire.<\/p>\n<p>Nous sommes tous beaucoup plus cr\u00e9ateurs que nous ne le croyons. Si vous vous apercevez que vous devenez irritable dans votre activit\u00e9 habituelle, voici le rem\u00e8de qui vous gu\u00e9rira. Entreprenez quelque chose que vous consid\u00e9rez comme un travail cr\u00e9ateur, m\u00eame si ce n&rsquo;est qu&rsquo;une toute petite chose.<\/p>\n<p>La ma\u00eetresse de maison qui d\u00e9core ses fen\u00eatres avec go\u00fbt, qui dresse sa table avec imagination, exprime sa personnalit\u00e9 d&rsquo;une fa\u00e7on cr\u00e9atrice. Des hommes qui ont obtenu les plus hauts dipl\u00f4mes dans les plus grandes universit\u00e9s du monde trouvent un bonheur paisible \u00e0 enseigner les math\u00e9matiques dans une \u00e9cole sup\u00e9rieure, \u00e0 r\u00e9soudre des probl\u00e8mes \u00e9conomiques dans les affaires ou \u00e0 faire des exp\u00e9riences sur des plantes dans une serre chaude. Pourquoi sont-ils heureux\u00a0? Parce que ce qu&rsquo;ils font leur donne le sentiment d&rsquo;accomplir un travail cr\u00e9ateur.<\/p>\n<h3>Conna\u00eetre \u00e0 fond son travail<\/h3>\n<p>Encore une fois, l&rsquo;homme qui a du m\u00e9tier est avant tout celui qui conna\u00eet \u00e0 fond son travail. Il ne commet pas de maladresses. Il n&rsquo;a peut-\u00eatre pas obtenu une note de 100 sur 100 dans un examen \u00e9crit, mais il applique ses connaissances d&rsquo;une fa\u00e7on pratique.<\/p>\n<p>L&rsquo;homme d&rsquo;affaires qui a du m\u00e9tier saisit un probl\u00e8me avec la rapidit\u00e9 de l&rsquo;intuition et en d\u00e9couvre la solution\u00a0; l&rsquo;\u00e9crivain qui a du m\u00e9tier trouve ais\u00e9ment des mots d&rsquo;une \u00e9tonnante justesse\u00a0; le m\u00e9tallurgiste qui a du m\u00e9tier conna\u00eet parfaitement le tour de main\u00a0; le peintre qui a du m\u00e9tier sait donner une forme belle et permanente \u00e0 son inspiration.<\/p>\n<p>Mais le bon artisan n&rsquo;est pas facilement content de son travail. Il se demande ce qu&rsquo;il peut faire pour l&rsquo;am\u00e9liorer et l&rsquo;accro\u00eetre. Il regarde vers l&rsquo;horizon plut\u00f4t qu&rsquo;\u00e0 ses propres pieds, m\u00eame s&rsquo;il sait que tout comme une longue marche doit d\u00e9buter par un premier pas, ainsi la perfection dans son art commence par des progr\u00e8s presque imperceptibles. Il s&rsquo;efforce chaque jour d&rsquo;en savoir plus que la veille.<\/p>\n<p>Il est essentiel \u00e0 notre nature d&rsquo;\u00eatres humains qu&rsquo;il n&rsquo;y ait pas de fin \u00e0 notre perfectionnement. L&rsquo;homme qui a du m\u00e9tier n&rsquo;est pas oppose aux innovations. En unissant la curiosit\u00e9 \u00e0 l&rsquo;exp\u00e9rience et le savoir \u00e0 l&rsquo;exp\u00e9rimentation, il trouve la seule satisfaction r\u00e9elle qui soit donn\u00e9e \u00e0 l&rsquo;\u00eatre humain\u00a0: le bonheur de se perfectionner sans cesse.<\/p>\n<p>Mais l&rsquo;homme doit se rendre compte que pour en arriver l\u00e0, il lui faut approfondir ses connaissances. S&rsquo;il est menuisier, il ne doit pas conna\u00eetre simplement la surface des planches, mais le coeur de l&rsquo;arbre. S&rsquo;il est peintre, il doit conna\u00eetre ce qui entre dans la pr\u00e9paration de chaque nuance, le colorant, le siccatif et l&rsquo;huile de pavot aussi bien que les effets qu&rsquo;il en tire sur sa toile. S&rsquo;il est homme d&rsquo;affaires, il doit conna\u00eetre les causes des hausses et des fl\u00e9chissements qui apparaissent sur le graphique de ses b\u00e9n\u00e9fices. L&rsquo;avantage de conna\u00eetre \u00e0 fond la mati\u00e8re sur laquelle on travaille est plus grand que tout ce que la plume pourrait d\u00e9crire.<\/p>\n<h3>Se servir de son intelligence<\/h3>\n<p>Il ne faut pas se repr\u00e9senter l&rsquo;homme qui a du m\u00e9tier comme un \u00eatre qui travaille seulement avec ses mains. Si nous observons, par exemple, quelqu&rsquo;un qui sait bien se servir de ses mains, nous verrons bient\u00f4t que la source de son art est dans son intelligence.<\/p>\n<p>Il fait usage de l&rsquo;induction, mani\u00e8re de raisonner qui permet de d\u00e9couvrir des r\u00e8gles g\u00e9n\u00e9rales, de trouver la cause des situations. Il sait utiliser son imagination pour voir comment para\u00eetrait un appareil si on le changeait de place ou si on le modifiait. Il a la m\u00e9moire des d\u00e9tails et peut ainsi noter les imperfections comme les perfections. Il a la facult\u00e9 de se repr\u00e9senter l&rsquo;image de ses mains au moment o\u00f9 elles manipulent un objet ou un outil. Il est dou\u00e9 d&rsquo;une rapidit\u00e9 et d&rsquo;une souplesse de perception gr\u00e2ce auxquelles il discerne tout de suite ce qui est n\u00e9cessaire et l&rsquo;accomplit sans se laisser distraire par d&rsquo;autres choses. Tout cela, c&rsquo;est-\u00e0-dire les facteurs essentiels de son habilet\u00e9 manuelle, a son origine dans son intelligence.<\/p>\n<p>Homme sinc\u00e8re, le bon artisan tient \u00e0 ce que l&rsquo;oeuvre sortie de ses mains soit aussi parfaite que possible. Sa pri\u00e8re peut \u00eatre celle du savant dans <em>Arrowsmith <\/em>de Sinclair Lewis\u00a0: \u00ab\u00a0Faites que j&rsquo;aie une sourde et implacable horreur de tout simulacre, de tout travail fallacieux et de toute oeuvre mal faite et inachev\u00e9e\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Le jugement est donc une condition essentielle pour faire du beau travail. Un homme doit savoir ce qu&rsquo;il entend produire et conna\u00eetre la meilleure fa\u00e7on de l&rsquo;ex\u00e9cuter. Il ne se pr\u00e9occupera pas des d\u00e9tails insignifiants ni des mani\u00e8res propres \u00e0 d&rsquo;autres, mais il ne songera qu&rsquo;au r\u00e9sultat d\u00e9sir\u00e9.<\/p>\n<h3>Le choix d&rsquo;un m\u00e9tier<\/h3>\n<p>Afin de faire un choix judicieux, les jeunes devraient se renseigner sur le genre de travail que font les personnes de leur localit\u00e9. S&rsquo;ils apprennent en quoi consistent les divers m\u00e9tiers, ils seront mieux \u00e0 m\u00eame de choisir celui qui leur procurera le plus de satisfaction.<\/p>\n<p>Voil\u00e0 un des avantages de la remise de brevets de comp\u00e9tence aux scouts. Par son application \u00e0 obtenir un des insignes attestant qu&rsquo;il est au courant de ce que font l&rsquo;aviateur, le forgeron, le menuisier, l&rsquo;\u00e9lectricien, le m\u00e9canicien d&rsquo;automobile, le cultivateur, le ma\u00e7on, le m\u00e9tallurgiste, l&rsquo;imprimeur et une foule d&rsquo;autres, le jeune gar\u00e7on prend go\u00fbt \u00e0 ces divers m\u00e9tiers.<\/p>\n<p>Le Centre d&rsquo;orientation de l&rsquo;Ontario College of Education (Universit\u00e9 de Toronto) publie des monographies sur plusieurs emplois. Celles-ci nous renseignent sur l&rsquo;habilet\u00e9 et les qualit\u00e9s requises, la nature du travail, les chances d&rsquo;avancement, les salaires, les conditions de travail et la bonne fa\u00e7on de s&rsquo;y prendre pour commencer. Le minist\u00e8re du Travail a aussi publi\u00e9 \u00e0 ce sujet des brochures qu&rsquo;on peut se procurer \u00e0 l&rsquo;Imprimerie nationale d&rsquo;Ottawa.<\/p>\n<p>Quiconque accomplit un travail qui lui pla\u00eet a l&rsquo;ambition de progresser. Celui qui trouve l&#8217;emploi qui lui convient et s&rsquo;applique \u00e0 y exceller devient un bon artisan. Personne ne peut lui enlever ses m\u00e9rites. Ses aspirations peuvent outrepasser ses moyens\u00a0; il peut \u00e9prouver quelque d\u00e9sappointement passager, mais la conscience de bien faire est sa raison de vivre.<\/p>\n<p>De nos jours, bon nombre de gens doivent organiser et diriger eux-m\u00eames leur formation. L&rsquo;attrait d&rsquo;un gros salaire d\u00e9tourne bien des jeunes gens de l&rsquo;instruction, de l&rsquo;apprentissage et des \u00e9tudes techniques, et les pousse \u00e0 occuper des emplois sans avenir.<\/p>\n<p>Au bout de quelques ann\u00e9es, ils constatent souvent avec tristesse que leur occupation ne leur permet pas de d\u00e9montrer tout leur talent. Heureusement pour eux, les \u00e9coles, les universit\u00e9s et les associations d&rsquo;\u00e9ducation des adultes leur offrent la chance de s&rsquo;instruire qu&rsquo;ils avaient perdue en quittant trop t\u00f4t l&rsquo;\u00e9cole. Il existe des cours du soir et des cours par correspondance sur tous les sujets imaginables.<\/p>\n<h3>Apprentissage<\/h3>\n<p>Nous nous trouvons en face d&rsquo;une situation nouvelle. Les diverses m\u00e9thodes d&rsquo;apprentissage propos\u00e9es par les industriels du 18e si\u00e8cle nous montrent combien il \u00e9tait difficile de trouver le nouveau type d&rsquo;ouvrier requis pour manier les nouvelles machines de leur \u00e9poque. La nouvelle r\u00e9volution technique que nous traversons aujourd&rsquo;hui entra\u00eene le m\u00eame probl\u00e8me.<\/p>\n<p>L&rsquo;apprentissage est le temps qu&rsquo;on met \u00e0 apprendre un m\u00e9tier, en pratique comme en th\u00e9orie.<\/p>\n<p>Le professeur Glen U. Cleeton, du <em>Carnegie Institute of Technology<\/em>, croit qu&rsquo;il y aurait avantage \u00e0 remplacer l&rsquo;apprentissage par un \u00ab\u00a0internat\u00a0\u00bb. Sous ce r\u00e9gime, un apprenti, d\u00e8s qu&rsquo;il serait devenu assez habile, se verrait confier certains travaux o\u00f9 il pourrait exercer son habilet\u00e9, quitte \u00e0 retourner au centre de formation, \u00e0 des p\u00e9riodes rapproch\u00e9es, afin d&rsquo;apprendre d&rsquo;autres phases de son m\u00e9tier. Ces p\u00e9riodes alternatives d&rsquo;instruction et d&rsquo;ex\u00e9cution lui permettraient d&rsquo;accro\u00eetre sa comp\u00e9tence. Avant d&rsquo;\u00eatre nomm\u00e9 compagnon, il devrait, pendant un an ou plus, mettre en pratique l&rsquo;habilet\u00e9 acquise, sous la surveillance d&rsquo;un ma\u00eetre artisan.<\/p>\n<p>Le professeur Cleeton signale (<em>Making Work Human<\/em>, Antioch Press, 1949) que \u00ab\u00a0certains syndicats ouvriers redouteraient un tel plan puisque celui-ci formerait des artisans sup\u00e9rieurs en comp\u00e9tence \u00e0 plus de la moiti\u00e9 des membres syndiqu\u00e9s\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Dans une allocution \u00e0 la radio, l&rsquo;an dernier, M. G. C. Bernard, g\u00e9rant de la Division d&rsquo;Ontario de l&rsquo;Association canadienne des manufacturiers, a lou\u00e9 les r\u00e9sultats remarquables de la formation dans les \u00e9coles techniques des pays industriels de l&rsquo;Europe.<\/p>\n<p>M. Bernard con\u00e7oit un apprentissage permettant d&rsquo;acqu\u00e9rir, en deux ans environ, une connaissance et une habilet\u00e9 suffisantes pour devenir un bon artisan.<\/p>\n<h3>Culture \u00e9tendue<\/h3>\n<p>Outre la formation technique, il importe de procurer \u00e0 nos jeunes gens une instruction \u00e9tendue. Comme H. G. Wells le fait dire \u00e0 Urthered dans son roman scientifique <em>Men Like Gods<\/em>\u00a0: \u00ab\u00a0Seul le savoir nous lib\u00e8re du servage de la vie\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Celui qui a des connaissances \u00e9tendues d\u00e9passe toujours l&rsquo;homme asservi \u00e0 une t\u00e2che, et il est moins \u00e0 la merci du sort.<\/p>\n<p>En ne s&rsquo;int\u00e9ressant qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;exercice de son m\u00e9tier, l&rsquo;homme perd de vue l&rsquo;importance du savoir. Il refuse de se livrer \u00e0 des passe-temps int\u00e9ressants en pr\u00e9textant qu&rsquo;il n&rsquo;a pas le temps. Pi\u00e8tre excuse, quand on songe que les artisans c\u00e9l\u00e8bres ont su trouver le temps d&rsquo;enrichir leur esprit et leur existence.<\/p>\n<p>L&rsquo;\u00e9tude des mati\u00e8res \u00e9trang\u00e8res \u00e0 l&#8217;emploi exerc\u00e9 fait souvent la diff\u00e9rence entre le simple ouvrier et le bon artisan, entre la m\u00e9diocrit\u00e9 et le g\u00e9nie.<\/p>\n<p>La soci\u00e9t\u00e9, quoi qu&rsquo;elle fasse, ne peut \u00e9lever des ignorants et des paresseux au rang des artisans. Le bon artisan a le sentiment de sa propre valeur, que les patrons recherchent et savent reconna\u00eetre. C&rsquo;est au patron et au contrema\u00eetre \u00e0 encourager chaque employ\u00e9 \u00e0 faire bon usage de ses talents et \u00e0 appr\u00e9cier ceux qui r\u00e9ussissent.<\/p>\n<h3>Cent fois sur le m\u00e9tier&#8230;<\/h3>\n<p>M\u00eame si nous \u00e9chouons dans nos efforts en vue d&rsquo;atteindre la perfection, ne d\u00e9sesp\u00e9rons pas\u00a0; voyons plut\u00f4t \u00e0 quelle autre facult\u00e9 nous pourrions faire appel. Apr\u00e8s plusieurs ann\u00e9es d&rsquo;observation, Darwin en est venu \u00e0 la conclusion que les hommes diff\u00e8rent moins par leurs capacit\u00e9s que par leur z\u00e8le et leur d\u00e9termination \u00e0 utiliser les pouvoirs qu&rsquo;ils poss\u00e8dent.<\/p>\n<p>La maturit\u00e9 de jugement du bon artisan se fonde sur les d\u00e9sappointements qu&rsquo;il a eus, les doigts qu&rsquo;il s&rsquo;est \u00e9corch\u00e9s et sur ses craintes aussi bien que sur ses succ\u00e8s.<\/p>\n<p>Avoir du m\u00e9tier exige une habilet\u00e9 v\u00e9ritable. Ce n&rsquo;est pas en marmottant quelque formule magique que vous transformerez des souris blanches en chevaux fringants. C&rsquo;est en vous acharnant \u00e0 votre m\u00e9tier que vous r\u00e9aliserez vos r\u00eaves.<\/p>\n<p>Le bon artisan peut r\u00eaver, mais il n&rsquo;est pas qu&rsquo;un r\u00eaveur. Cela nous rappelle le conseil donn\u00e9 \u00e0 un jeune homme brillant mais inconstant\u00a0: \u00ab\u00a0Fais bien ton devoir de tous les jours mais, une fois rendu \u00e0 la maison, occupe tes soir\u00e9es et tes fins de semaine \u00e0 mettre en oeuvre des inventions ou des id\u00e9es nouvelles\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Un \u00e9crivain, un artiste ou un inventeur n&rsquo;attend pas d&rsquo;\u00eatre affranchi de la n\u00e9cessit\u00e9 de gagner sa vie. \u00c0 raison de huit heures de travail par jour, il ne d\u00e9pense que 2,000 heures sur 8,760 \u00e0 assurer sa subsistance. Celui qui a vraiment l&rsquo;ambition de devenir un homme de science, un \u00e9crivain, un m\u00e9canicien, un ing\u00e9nieur ou un architecte, trouvera le temps d&rsquo;\u00e9tudier afin de r\u00e9aliser son ambition.<\/p>\n<p>Tout homme a certes le droit de prendre un certain plaisir \u00e0 ce qu&rsquo;il fait. Mais cela d\u00e9pend de deux conditions. Il faut d&rsquo;abord qu&rsquo;il ex\u00e9cute le travail de son choix, puis qu&rsquo;il y consacre tout son talent et toute son intelligence.<\/p>\n<p>Comme le dit C. E. Montague\u00a0: \u00ab\u00a0Quand nous accomplissons bien notre t\u00e2che toute la vie humaine acquiert \u00e0 nos yeux un nouveau sens, une beaut\u00e9 nouvelle. La vie rev\u00eat un aspect que nous ne soup\u00e7onnions pas\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Le bon artisan aboutit \u00e0 cet heureux \u00e9tat d&rsquo;esprit en apportant dans tout ce qu&rsquo;il fait &#8211; dans les petites comme dans les grandes choses &#8211; le meilleur de lui-m\u00eame. L&rsquo;oeuvre qu&rsquo;il fa\u00e7onne porte la marque de son habilet\u00e9 et de son go\u00fbt et ne pourra que plaire \u00e0 ceux qui l&rsquo;utiliseront. Son travail est une partie essentielle de ce que Bertrand Russell appelle \u00ab\u00a0le flot de vie qui va du premier germe aux limites de l&rsquo;avenir inconnu\u00a0\u00bb.<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"author":86,"featured_media":0,"template":"","categories":[1],"rbc_letter_theme":[],"rbc_letter_year":[30],"class_list":["post-2326","rbc_letter","type-rbc_letter","status-publish","hentry","category-uncategorized","rbc_letter_year-30"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO Premium plugin v27.2 (Yoast SEO v27.2) - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-premium-wordpress\/ -->\n<title>Vol. 39, N\u00b0 3 - Mars 1958 - La ma\u00eetrise de son m\u00e9tier - RBC<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-39-n-3-mars-1958-la-maitrise-de-son-metier\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Vol. 39, N\u00b0 3 - Mars 1958 - La ma\u00eetrise de son m\u00e9tier\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"On peut dire d&rsquo;un bon technicien comme d&rsquo;un grand artiste qu&rsquo;il est ma\u00eetre de son art ou de son m\u00e9tier. 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