{"id":2318,"date":"1950-03-01T06:00:00","date_gmt":"1950-03-01T06:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-31-n-3-mars-1950-leau-est-essentielle-a-la-vie\/"},"modified":"2022-09-29T13:10:57","modified_gmt":"2022-09-29T13:10:57","slug":"vol-31-n-3-mars-1950-leau-est-essentielle-a-la-vie","status":"publish","type":"rbc_letter","link":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-31-n-3-mars-1950-leau-est-essentielle-a-la-vie\/","title":{"rendered":"Vol. 31, N\u00b0 3 &#8211; Mars 1950 &#8211; L&rsquo;eau est essentielle \u00e0 la vie"},"content":{"rendered":"<div id=\"layout-column-main\">\n<p class=\"boldtext\">Nous pouvons vivre sans abri ou v\u00eatements pendant des mois, sans manger pendant des jours mais, sans eau, la vie est une question d&rsquo;heures et de minutes.<\/p>\n<p>C&rsquo;est un sujet auquel nous r\u00e9fl\u00e9chissons rarement. L&rsquo;eau est une chose commune, \u00e0 la port\u00e9e de tous, et bon march\u00e9. Meilleur march\u00e9 que la terre\u00a0: l&rsquo;eau qui coule des robinets dans nos villes ne co\u00fbte que cinq sous la tonne, tandis qu&rsquo;un tombereau de terre ordinaire vaut au moins une piastre et le bon terreau une dizaine de dollars.<\/p>\n<p>Ce n&rsquo;est qu&rsquo;en cas de crise que nous nous rendons compte combien l&rsquo;eau nous est n\u00e9cessaire. M\u00eame alors, nous nous contentons de d\u00e9fendre d&rsquo;arroser les pelouses ou de couper l&rsquo;eau pendant quelques heures par jour, ou bien, comme \u00e0 New-York, il y a quelques ann\u00e9es, de ne pas nous raser un jour par semaine.<\/p>\n<p>Voici en quelques lignes dix des plus importants usages de l&rsquo;eau, dont chacun a fourni le sujet de centaines de trait\u00e9s techniques\u00a0: l&rsquo;humidit\u00e9 de l&rsquo;air rend la vie organique possible\u00a0; l&rsquo;eau \u00e0 boire est le plus grand besoin de notre corps\u00a0; les plantes, depuis les humbles lichens de la Gorge du Niagara aux gigantesques sapins de la Colombie-Britannique, ne poussent que dans les endroits o\u00f9 il y a de l&rsquo;eau\u00a0; la mer nous donne les poissons et autres produits dont nous nous nourrissons\u00a0; c&rsquo;est la source de la vapeur et de l&rsquo;\u00e9lectricit\u00e9\u00a0; les proc\u00e9d\u00e9s m\u00e9caniques et chimiques de l&rsquo;industrie ont besoin d&rsquo;eau\u00a0; depuis l&rsquo;\u00e9poque la plus recul\u00e9e, l&rsquo;eau a servi de moyen de transport \u00e0 l&rsquo;humanit\u00e9\u00a0; c&rsquo;est l&rsquo;eau qui d\u00e9cide le site des villes et des fermes\u00a0; sous forme de glace, l&rsquo;eau est universellement employ\u00e9e pour la r\u00e9frig\u00e9ration et, le plus souvent, elle sert \u00e0 d\u00e9terminer les fronti\u00e8res politiques.<\/p>\n<p>Utile \u00e0 ce point, il n&rsquo;est pas \u00e9tonnant qu&rsquo;il y ait concurrence entre ses diff\u00e9rents usages. Les autorit\u00e9s municipales, provinciales ou f\u00e9d\u00e9rales sont parfois oblig\u00e9es d&rsquo;intervenir et interdire l&rsquo;arrosage des rues, r\u00e9duire le montant disponible pour les usines hydro\u00e9lectriques, ou rationner les industries.<\/p>\n<p>Notre indiff\u00e9rence en ce qui concerne la pluie et l&rsquo;abondance de l&rsquo;eau est devenue un danger pour notre civilisation. Elle fausse nos id\u00e9es \u00e9conomiques, nous induit en erreur sous le rapport de la colonisation et de l&rsquo;immigration, nous aveugle sur les cons\u00e9quences de construire les villes de plus en plus grandes, et nous fait faire des erreurs de jugement par rapport au site et \u00e0 l&rsquo;avenir des usines.<\/p>\n<p>L&rsquo;eau est bienfaisante, quand on en fait usage proprement. Elle apporte la f\u00e9condit\u00e9 et rend les communaut\u00e9s prosp\u00e8res si son d\u00e9bit est r\u00e9gl\u00e9 avec soin. Nos difficult\u00e9s sont caus\u00e9es par nos efforts d&rsquo;adapter notre milieu \u00e0 nos besoins \u00e9conomiques et sociaux, sans tenir suffisamment compte des lois de la nature.<\/p>\n<p>En dess\u00e9chant les marais et les \u00e9tangs, nous avons d\u00e9truit le nid et le repaire d&rsquo;utiles oiseaux et animaux aquatiques. En coupant les arbustes sur les bords des lacs et des rivi\u00e8res, nous avons expos\u00e9 l&rsquo;eau au soleil qui l&rsquo;a rendue trop chaude pour les meilleures sortes de poissons. En d\u00e9boisant les collines, nous avons abaiss\u00e9 le niveau de l&rsquo;eau dans le sol et les racines des plantes n&rsquo;arrivent plus \u00e0 trouver l&rsquo;humidit\u00e9 n\u00e9cessaire. Par faute de pr\u00e9cautions, nous sommes \u00e0 court d&rsquo;eau pour nos usines \u00e9lectriques et pour la navigation.<\/p>\n<h3>La beaut\u00e9 de l&rsquo;eau<\/h3>\n<p>Le r\u00f4le utilitaire de l&rsquo;eau ne devrait pas nous faire perdre de vue la beaut\u00e9 qu&rsquo;elle apporte au paysage. Imaginez-vous la banalit\u00e9 d&rsquo;un monde sans eau\u00a0!<\/p>\n<p>L&rsquo;eau est la source de tous les changements que nous observons dans les nuages et le r\u00e9flecteur de merveilleuses teintes d&rsquo;ombre et de lumi\u00e8re. Elle a model\u00e9 la surface de notre terre, d\u00e9coup\u00e9 les gracieux escarpements de nos montagnes canadiennes et, quand vient la saison, les couvre d&rsquo;un manteau blanc. Chaque cours d&rsquo;eau a sa beaut\u00e9 propre, depuis le mince filet d&rsquo;eau qui gazouille le long d&rsquo;un chemin de montagne en Colombie-Britannique, jusqu&rsquo;\u00e0 la marche imposante et silencieuse du Saint-Laurent autour de l&rsquo;\u00cele d&rsquo;Anticosti.<\/p>\n<p>Les po\u00e8tes, les philosophes et les tourneurs de films ont choisi les rives des fleuves pour situer les sc\u00e8nes d&rsquo;amour, pour \u00e9chapper aux banalit\u00e9s de la vie, et pour mettre en sc\u00e8ne des \u00e9v\u00e9nements dramatiques. Tout le monde trouve un voyage plus agr\u00e9able quand le train suit le cours d&rsquo;une rivi\u00e8re. Les gens qui ne font rien ou qui n&rsquo;ont rien a faire vont g\u00e9n\u00e9ralement s&rsquo;accouder au parapet d&rsquo;un pont pour passer le temps, ou s&rsquo;asseoient au bord d&rsquo;un dock en laissant pendre leurs pieds au-dessus de l&rsquo;eau.<\/p>\n<p>Charles Darwin, le grand naturaliste auteur de <em>l&rsquo;Origine des Esp\u00e8ces <\/em>\u00e9crivit un jour \u00e0 sa femme qu&rsquo;il s&rsquo;\u00e9tait endormi au bord d&rsquo;un ruisseau. \u00ab\u00a0Quand je me suis \u00e9veill\u00e9, un choeur d&rsquo;oiseaux chantait autour de moi\u00a0; les \u00e9cureuils se poursuivaient dans les arbres et quelques piverts \u00e9taient en train de rire. Je n&rsquo;ai jamais rien vu de plus rustique et plus agr\u00e9able, et il ne m&rsquo;est pas venu \u00e0 l&rsquo;id\u00e9e de me demander d&rsquo;o\u00f9 descendaient les oiseaux ou les animaux.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>C&rsquo;est l\u00e0 l&rsquo;effet des ruisseaux sur les gens observateurs. Ils vous chuchotent une vieille histoire ou en inventent une nouvelle\u00a0; ils accompagnent de leur murmure le chant des oiseaux, ou bavardent bruyamment le long des pentes.<\/p>\n<p>Mais laissons l\u00e0 le c\u00f4t\u00e9 po\u00e9tique pour consid\u00e9rer les aspects plus s\u00e9rieux et plus utilitaires de l&rsquo;eau.<\/p>\n<h3>\u00c0 l&rsquo;origine<\/h3>\n<p>Toute l&rsquo;eau au service des hommes est d\u00e9riv\u00e9e de la vapeur condens\u00e9e dans l&rsquo;atmosph\u00e8re. La science de l&rsquo;hydrologie, qui traite des diff\u00e9rentes esp\u00e8ces et propri\u00e9t\u00e9s des eaux, a fait un grand progr\u00e8s ces derni\u00e8res ann\u00e9es. Elle a d\u00e9couvert que la distribution et le transport de l&rsquo;eau ob\u00e9issent \u00e0 une loi fondamentale d&rsquo;\u00e9quilibre. Le rapport qui existe entre (1) les oc\u00e9ans, les lacs, les cours d&rsquo;eau et les eaux souterraines, (2) la partie solide de la terre, et (3) l&rsquo;atmosph\u00e8re, est appel\u00e9 le cycle hydrologique.<\/p>\n<p>L&rsquo;eau circule continuellement de la terre \u00e0 l&rsquo;atmosph\u00e8re et de l&rsquo;atmosph\u00e8re \u00e0 la terre. Quand elle s&rsquo;\u00e9vapore des \u00e9tangs, des lacs, des cours d&rsquo;eau et des oc\u00e9ans, elle forme une vapeur dans l&rsquo;air\u00a0; cette vapeur se condense en nuages et tombe sur la terre sous forme de pluie.<\/p>\n<p>La pluie qui tombe sur la terre dispara\u00eet d&rsquo;une des quatre mani\u00e8res suivantes\u00a0: une partie s&rsquo;\u00e9vapore imm\u00e9diatement\u00a0; une autre reste sur le sol pour \u00eatre plus tard \u00e9vapor\u00e9e par les plantes\u00a0; une autre partie s&rsquo;infiltre dans le sol jusqu&rsquo;aux couches rocheuses, et le reste s&rsquo;en va dans les cours d&rsquo;eau. La quantit\u00e9 de pluie au service de l&rsquo;humanit\u00e9 est d\u00e9termin\u00e9e par la temp\u00e9rature, la nature du sol, la v\u00e9g\u00e9tation et autres caract\u00e9ristiques g\u00e9ographiques.<\/p>\n<p>La partie absorb\u00e9e par le sol a une tr\u00e8s grande importance. Elle va rejoindre le vaste r\u00e9servoir souterrain qui s&rsquo;\u00e9tend sous presque toute la surface du globe. C&rsquo;est cette eau souterraine qui alimente les sources, les puits et les rivi\u00e8res. Elle fournit l&rsquo;eau aux plantes par capillarit\u00e9. Elle dissout les mati\u00e8res chimiques du sol et nourrit ainsi les plantes.<\/p>\n<p>La seule mani\u00e8re d&rsquo;avoir plus d&rsquo;eau est de l&#8217;emp\u00eacher de s&rsquo;\u00e9couler, et c&rsquo;est le premier pas de la conservation.<\/p>\n<p>\u00c9videmment, il ne sert \u00e0 rien de souhaiter la pluie si nous la laissons couler \u00e0 travers nos champs et s&rsquo;en aller \u00e0 la mer par une rivi\u00e8re. Notre ignorance a gaspill\u00e9 des millions d&rsquo;arpents de terre, diminu\u00e9 consid\u00e9rablement le rendement des r\u00e9coltes, affam\u00e9 les bestiaux, r\u00e9pandu les d\u00e9serts sur la face de la terre et d\u00e9vast\u00e9 les r\u00e9gions industrielles.<\/p>\n<h3>Les eaux du Canada<\/h3>\n<p>Quelques autorit\u00e9s croient que nos eaux diminuent. Leur opinion est bas\u00e9e sur les r\u00e9sultats d&rsquo;enqu\u00eates en Ontario il y a quelques ann\u00e9es. Depuis cent ans, entre 80 et 85 pour cent des cours d&rsquo;eau qui coulaient continuellement \u00e0 pleins bords sont devenus intermittents et sont \u00e0 sec au moins une fois chaque \u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p>Mais la quantit\u00e9 d&rsquo;eau terrestre est permanente et indestructible\u00a0; elle change seulement de place. La demande augmente en proportion de l&rsquo;accroissement de population, des progr\u00e8s industriels et de la hausse du niveau de la vie. Les perfectionnements tels que la climatisation et l&rsquo;\u00e9lectrification rurale exigent de grandes quantit\u00e9s d&rsquo;eau.<\/p>\n<p>Ce sont l\u00e0 des changements l\u00e9gitimes. E. Newton-White dit dans son trait\u00e9 <em>Canadian Restoration <\/em>qu&rsquo;ils auraient pu \u00eatre effectu\u00e9s sans perte ou dommage gr\u00e2ce \u00e0 un peu de sagesse et de soins. Mais en d\u00e9truisant les barri\u00e8res naturelles nous avons acc\u00e9l\u00e9r\u00e9 le mouvement des eaux au point qu&rsquo;elles n&rsquo;arrivent pas au r\u00e9servoir souterrain. L&rsquo;eau coule si rapidement de la surface qu&rsquo;elle emporte le sol hors de toute port\u00e9e \u00e9conomique.<\/p>\n<p>De sorte que, malgr\u00e9 que le Canada soit richement dot\u00e9 sons le rapport des eaux, il n&rsquo;y a pas lieu de nous endormir sur les deux oreilles. Nous avons 283,000 milles carr\u00e9s d&rsquo;eau douce dans notre pays. Le lac Sup\u00e9rieur, qui forme notre fronti\u00e8re sud, est la plus grande masse d&rsquo;eau douce au monde. Nous avons de gros fleuves. Le Mackenzie, qui est le plus long, mesure 2,514 milles depuis le Grand Lac de l&rsquo;Esclave jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;oc\u00e9an arctique\u00a0; le Saint-Laurent et les Grands Lacs sont navigables sur 2,338 milles depuis le d\u00e9troit de Belle-Isle jusqu&rsquo;\u00e0 la t\u00eate du Lac Sup\u00e9rieur, au centre m\u00eame du continent. Notre rivage est un des plus longs au monde, 14,820 milles pour le continent et 34,650 milles pour les \u00eeles.<\/p>\n<p>Assez, direz-vous pour tous les besoins humains. Assez pour nous donner l&rsquo;humidit\u00e9 qui dissout l&rsquo;oxyg\u00e8ne que nous respirons, pour liqu\u00e9fier nos aliments et les rendre digestibles, assez pour notre sant\u00e9 et nos besoins industriels.<\/p>\n<p>Mais regardez un peu tout ce qu&rsquo;elle a \u00e0 faire. Il faut 300 tonnes de pluie bien utilis\u00e9es pour faire pousser une tonne de ma\u00efs, et 700 gallons d&rsquo;eau par jour pour les besoins alimentaires et autres de chaque personne.<\/p>\n<p>C&rsquo;est une t\u00e2che \u00e9norme d&rsquo;amener l&rsquo;eau dans les villes. Rome avait onze aqueducs qui apportaient chaque jour 40 millions de gallons d&rsquo;eau \u00e0 un million d&rsquo;habitants\u00a0; \u00e0 peu pr\u00e8s la m\u00eame quantit\u00e9 qu&rsquo;\u00e0 Montr\u00e9al en 1869, mais aujourd&rsquo;hui il faut \u00e0 Montr\u00e9al une moyenne de 120 gallons par jour par personne, \u00e0 peu pr\u00e8s comme \u00e0 Toronto. Il faut 1,200,000,000 de gallons par jour \u00e0 New-York.<\/p>\n<h3>Quand nous manquons d&rsquo;eau<\/h3>\n<p>L&rsquo;eau pose incontestablement un grand probl\u00e8me dans de nombreux endroits. Le manque d&rsquo;eau potable ou utilisable arr\u00eate de plus en plus l&rsquo;expansion de l&rsquo;agriculture et de l&rsquo;industrie et la croissance des collectivit\u00e9s. Beaucoup de villes qui avaient assez d&rsquo;eau autrefois trouvent qu&rsquo;elles n&rsquo;en ont plus assez depuis que leur population a augment\u00e9. Le cultivateur se trouve oblig\u00e9 de creuser des puits plus profonds. Dans les endroits o\u00f9 l&rsquo;eau est tir\u00e9e de r\u00e9servoirs artificiels, la vase apport\u00e9e par les \u00e9rosions comble peu \u00e0 peu le fond des r\u00e9servoirs et en r\u00e9duit la capacit\u00e9.<\/p>\n<p>Mais nous ne nous inqui\u00e9tons gu\u00e8re. Il est difficile d&rsquo;int\u00e9resser les gens \u00e0 conserver l&rsquo;eau. Nous ressemblons un peu sous ce rapport \u00e0 la souris qui venait tous les jours se mettre sous un robinet ferm\u00e9, dans l&rsquo;espoir qu&rsquo;un jour ou l&rsquo;autre il en tomberait une goutte d&rsquo;eau.<\/p>\n<p>Ce qui est arriv\u00e9 \u00e0 New-York, il y a quelques ann\u00e9es, n&rsquo;est remarquable que par le fait que cela s&rsquo;est produit sur une si grande \u00e9chelle. Beaucoup d&rsquo;autres villes en souffrent \u00e0 un moindre degr\u00e9 seulement parce qu&rsquo;elles sont moins grandes.<\/p>\n<p>Aux environs de Baltimore le niveau de l&rsquo;eau souterraine a tellement baiss\u00e9 qu&rsquo;il faut creuser les puits 146 pieds plus profond\u00e9ment qu&rsquo;en 1916. William Vogt, auteur de <em>Road to Survival<\/em>, dit qu&rsquo;il n&rsquo;y a rien de plus stupide dans l&rsquo;histoire que la mise en valeur de la Santa Clara Valley en Californie. Des puits art\u00e9siens furent creus\u00e9s mais sans essayer de pr\u00e9server la source de l&rsquo;eau, et ils furent \u00e0 sec au bout d&rsquo;une trentaine d&rsquo;ann\u00e9es. Le dernier tar\u00eet en 1930. Une fois l&rsquo;eau partie, le sol de la vall\u00e9e s&rsquo;affaissa de 5 pieds en 20 ans, ce qui causa des millions de dollars de d\u00e9g\u00e2ts. Mais on ne fit rien pour y porter rem\u00e8de. En 1922, les colons vot\u00e8rent $4,000,000 pour un plan de conservation et dans les vingt ann\u00e9es suivantes d\u00e9pens\u00e8rent $16,000,000 en nouveaux puits et installations. Ce n&rsquo;est que lorsque l&rsquo;eau sal\u00e9e de la baie de San Francisco commen\u00e7a \u00e0 couler de leurs pompes qu&rsquo;ils s&rsquo;occup\u00e8rent de chercher \u00e0 retenir l&rsquo;eau de pluie dans le sol.<\/p>\n<p>Au lieu de creuser des puits et d&rsquo;amener l&rsquo;eau des montagnes dans les villes par des aqueducs, des gens proposent des moyens fantastiques. L&rsquo;eau ne manque pas dans les oc\u00e9ans, disent-ils, pourquoi ne pas la distiller\u00a0? Un m\u00e9moire soumis au Conseil \u00e9conomique et social des Nations Unies dit que le co\u00fbt est prohibitif et va de 25 cents \u00e0 $1.25 par mille gallons. Prenez la moyenne, et cela co\u00fbterait $328,500,000 par an \u00e0 New-York.<\/p>\n<p>D&rsquo;autres conseillent de recueillir la ros\u00e9e. Le proc\u00e9d\u00e9 \u00e9tait employ\u00e9 anciennement en Angleterre o\u00f9 l&rsquo;on trouve encore des \u00e9tangs pour cela dans les collines de craie. La proposition a \u00e9t\u00e9 soumise s\u00e9rieusement au Conseil \u00e9conomique et social des Nations Unies, et le repr\u00e9sentant des \u00c9tats-Unis a \u00e9t\u00e9 forc\u00e9 d&rsquo;admettre que la ros\u00e9e n&rsquo;\u00e9tait pas compt\u00e9e comme source d&rsquo;eau potable m\u00eame dans les r\u00e9gions arides de l&rsquo;Ouest.<\/p>\n<h3>L&rsquo;autre extr\u00eame<\/h3>\n<p>Trop d&rsquo;eau ne vaut gu\u00e8re mieux que pas assez. Les climats pluvieux des tropiques et les mar\u00e9cages sont impropres \u00e0 la colonisation. M\u00eame les inondations temporaires causent des malheurs dans les villes et les campagnes.<\/p>\n<p>Certaines inondations, comme celles de 1936 et 1937 \u00e0 Port Hope, et de 1937 \u00e0 London, le d\u00e9bordement de la South Sydenham et autres rivi\u00e8res, et surtout les crues de 1947 dans le sud-ouest de l&rsquo;Ontario, ont caus\u00e9 de grands d\u00e9g\u00e2ts, sans compter les souffrances et l&rsquo;arr\u00eat des communications.<\/p>\n<p>Dans certaines parties des \u00c9tats-Unis, l&rsquo;\u00e9quilibre de la nature a \u00e9t\u00e9 boulevers\u00e9 du sommet des montagnes au creux des vall\u00e9es, et les pertes dues aux inondations et \u00e0 la s\u00e9dimentation se chiffrent en moyenne \u00e0 $300,000,000 par an. L&rsquo;\u00e9puisement du sol, le d\u00e9boisement \u00e0 outrance et le manque de pr\u00e9cautions pour arr\u00eater l&rsquo;\u00e9rosion ont contribu\u00e9 \u00e0 faire d\u00e9border les cours d&rsquo;eau.<\/p>\n<p>M\u00eame quand il y a de l&rsquo;eau en abondance, sans y en avoir trop, les hommes semblent se plaire \u00e0 la g\u00e2ter. Ils y jettent des millions de tonnes de salet\u00e9s et de d\u00e9tritus. On voit sur nos rivages et sur les bords de nos rivi\u00e8res de belles plages avec l&rsquo;avis \u00ab\u00a0D\u00e9fense de se baigner\u00a0; eau contamin\u00e9e.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>On ne trouve de l&rsquo;eau potable \u00ab\u00a0\u00e0 l&rsquo;\u00e9tat naturel\u00a0\u00bb que dans quelques parties de nos 3,690,000 milles carr\u00e9s, surtout dans les hauts plateaux et les montagnes loin des endroits habit\u00e9s. Ce n&rsquo;est que l\u00e0, o\u00f9 l&rsquo;eau a \u00e9t\u00e9 filtr\u00e9e en passant \u00e0 travers des couches de sol vierge, ou qu&rsquo;elle provient de la fonte des neiges, qu&rsquo;on peut boire en toute s\u00fbret\u00e9 \u00e0 une source, un \u00e9tang, un lac ou un torrent.<\/p>\n<p>On peut classer en trois cat\u00e9gories l&rsquo;effet nuisible de l&rsquo;eau corrompue\u00a0: dangers pour la sant\u00e9, pertes \u00e9conomiques et tort aux ressources touristiques. La plus importante des impuret\u00e9s est naturellement la pr\u00e9sence de microbes.<\/p>\n<p>C&rsquo;est l\u00e0 un probl\u00e8me national dont l&rsquo;importance varie selon le bassin des rivi\u00e8res et les localit\u00e9s. Dans certains bassins d&rsquo;\u00e9coulement, le tout-\u00e0-l&rsquo;\u00e9gout contribue principalement \u00e0 contaminer l&rsquo;eau, et ailleurs ce sont les exploitations mini\u00e8res et industrielles.<\/p>\n<p>\u00c9videmment, nous ne pouvons pas rester sans rien faire pendant que des montagnes de d\u00e9tritus pleins de microbes sont d\u00e9vers\u00e9s dans nos cours d&rsquo;eau. Ce n&rsquo;est pas seulement nous qui en souffrons, mais aussi le gibier et les poissons. L&rsquo;eau d&rsquo;irrigation tir\u00e9e de canaux contamin\u00e9s peut communiquer des germes aux produits du sol et r\u00e9pandre des maladies.<\/p>\n<h3>Notre devoir<\/h3>\n<p>Il est temps de nous rendre compte que les lois naturelles nous imposent des restrictions et des devoirs. Que cela nous plaise ou non, du point de vue personnel ou politique, l&rsquo;eau continuera \u00e0 suivre la pente des collines et sa force destructive \u00e0 augmenter selon le degr\u00e9 de pente\u00a0; elle continuera \u00e0 \u00eatre impure si nous y jetons des impuret\u00e9s\u00a0; le niveau des eaux souterraines diminuera si nous continuons \u00e0 les \u00e9puiser sans leur donner le moyen de se renouveler.<\/p>\n<p>M\u00eame si la nature \u00e9tait bienveillante au lieu d&rsquo;\u00eatre strictement et logiquement impartiale, elle ne pourrait pas remplacer le sol gaspill\u00e9 sans recourir au proc\u00e9d\u00e9 infiniment long qui a form\u00e9 le sol en premier lieu au moyen des roches primitives, et elle ne peut pas non plus par ses doux proc\u00e9d\u00e9s rem\u00e9dier au violent empoisonnement caus\u00e9 si impitoyablement par les hommes.<\/p>\n<p>L&rsquo;histoire nous offre des exemples classiques de civilisations d\u00e9truites par l&#8217;emploi abusif de l&rsquo;eau et du sol\u00a0; ce sont les villes enterr\u00e9es sous le sable de la Chald\u00e9e et de l&rsquo;Assyrie, et les vastes r\u00e9gions, autrefois riches et prosp\u00e8res, du nord-ouest de la Chine. L&rsquo;\u00e9rosion a d\u00e9truit ou sap\u00e9 toutes les civilisations de la M\u00e9diterran\u00e9e, anciennes et modernes, depuis Ath\u00e8nes et Rome jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;Italie et l&rsquo;Espagne, sans compter les plaines fertiles de l&rsquo;Afrique du Nord o\u00f9 florissait autrefois Carthage.<\/p>\n<p>Nous vivons aujourd&rsquo;hui \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 l&rsquo;agriculture n&rsquo;arrive pas \u00e0 nourrir une population sans cesse croissante. Tout d\u00e9pend de la fa\u00e7on dont nous arrivons \u00e0 nous d\u00e9brouiller quand nous avons trop d&rsquo;eau ou pas assez.<\/p>\n<h3>La m\u00e9thode de la nature<\/h3>\n<p>Nous \u00e9tudierons un autre mois la question de l&rsquo;irrigation. Elle a beaucoup d&rsquo;importance dans l&rsquo;Ouest du Canada. On y fait des prodiges, non seulement dans le cas de grands projets comprenant des milliers d&rsquo;arpents mais pour les petites fermes. L&rsquo;irrigation offre la perspective d&rsquo;une vie nouvelle aux cultivateurs des plaines de l&rsquo;Ouest, et nous y consacrerons prochainement un Bulletin mensuel.<\/p>\n<p>Il est n\u00e9cessaire, toutefois, de tirer du pr\u00e9sent article sur l&rsquo;importance de l&rsquo;eau dans notre vie, une le\u00e7on et peut-\u00eatre l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;un plan pour la conserver. La m\u00e9thode que nous avons en vue est celle de la nature.<\/p>\n<p>Le plus grand dommage caus\u00e9 par l&rsquo;homme civilis\u00e9 sur son milieu est le bouleversement du cycle des eaux. Dans le Canada vierge, avant l&rsquo;arriv\u00e9e des blancs, il existait une soci\u00e9t\u00e9 mutuelle d&rsquo;\u00e9quilibre entre l&rsquo;eau, le sol, l&rsquo;herbe, la for\u00eat et la faune.<\/p>\n<p>Son fonctionnement est expliqu\u00e9 dans le livre <em>Canadian Restoration <\/em>par Newton-White\u00a0: \u00c0 cette soci\u00e9t\u00e9, chaque membre contribuait une mesure de ma\u00eetrise et de protection, et en retour il jouissait d&rsquo;une mesure de ma\u00eetrise et de protection. En cons\u00e9quence, les cours d&rsquo;eau \u00e9taient limpides, frais et constants, et emportaient, sans causer le moindre d\u00e9sordre, l&rsquo;eau qui restait apr\u00e8s avoir pourvu aux besoins des r\u00e9servoirs naturels et de la vie animale et v\u00e9g\u00e9tale.<\/p>\n<p>Mais nous avons bris\u00e9 notre contact avec la nature et nous nous abritons derri\u00e8re nos trucs m\u00e9caniques avec un faux sentiment de s\u00e9curit\u00e9. Nous r\u00e9coltons le grain, faisons de la farine et du pain avec des machines et par l&rsquo;\u00e9lectricit\u00e9, mais nous oublions que pour faire un pain d&rsquo;une livre il a fallu employer presque deux tonnes d&rsquo;eau. Nous plantons des milles carr\u00e9s de ma\u00efs pour notre table ou pour les bestiaux, sans songer que pour faire pousser un arpent de ma\u00efs, il faut 3,000 tonnes d&rsquo;eau, ou environ 15 pouces de pluie.<\/p>\n<p>Quand nous pensons aux aliments, commen\u00e7ons par l&rsquo;ingr\u00e9dient essentiel\u00a0: l&rsquo;eau. Quand nous pensons \u00e0 la conservation du sol, commen\u00e7ons par l&rsquo;\u00e9l\u00e9ment qui est le plus grand ami ou le plus implacable ennemi de la formation du sol\u00a0: l&rsquo;eau. Et quand nous pensons \u00e0 l&rsquo;eau, commen\u00e7ons non pas par le robinet ou l&#8217;embouchure du fleuve, mais remontons \u00e0 la source, sur le sommet des montagnes et au versant des collines.<\/p>\n<h3>L&rsquo;objectif en vue<\/h3>\n<p>Le contr\u00f4le et la conservation des eaux de nos plaines de l&rsquo;Ouest &#8211; la corbeille \u00e0 pain du monde, comme nous nous flattons de les appeler &#8211; commencent au versant des montagnes Rocheuses. Leur d\u00e9boisement cause de plus grandes crues au printemps et envoie dans les rivi\u00e8res l&rsquo;eau qui devrait filtrer dans le sol pour alimenter nos r\u00e9servoirs souterrains.<\/p>\n<p>Rien ne sert de d\u00e9penser des millions pour endiguer les rivi\u00e8res et mettre en valeur les vall\u00e9es, \u00e0 moins d&rsquo;adopter en m\u00eame temps des m\u00e9thodes efficaces pour enrayer la d\u00e9vastation inutile des for\u00eats. Les for\u00eats bien am\u00e9nag\u00e9es sont le meilleur moyen de conserver l&rsquo;eau et le sol. Les statistiques de 100 orages dans les monts Appalaches pendant deux ans r\u00e9v\u00e8lent que l&rsquo;\u00e9coulement de l&rsquo;eau dans les r\u00e9gions d\u00e9bois\u00e9es au plus fort des crues est de dix \u00e0 vingt fois plus gros que dans les r\u00e9gions bois\u00e9es. Les petits cours d&rsquo;eau coulent g\u00e9n\u00e9ralement d&rsquo;une mani\u00e8re continuelle dans les for\u00eats, mais sont souvent \u00e0 sec entre les pluies dans les r\u00e9gions sans arbres.<\/p>\n<p>Les for\u00eats font fonction de soupape de s\u00fbret\u00e9. Pendant les saisons de s\u00e9cheresse, l&rsquo;eau emmagasin\u00e9e dans le sol d\u00e9goutte dans les sources et les cours d&rsquo;eau, et le niveau hydrostatique est maintenu dans les terrains adjacents. Les for\u00eats n&rsquo;augmentent peut-\u00eatre pas le montant de pluie, mais elles aident certainement \u00e0 la distribuer plus avantageusement que les terrains d\u00e9bois\u00e9s.<\/p>\n<p>Cela ne signifie pas que nous devrions pousser les choses au point de reboiser des terrains consacr\u00e9s \u00e0 l&rsquo;agriculture, quoique cela soit n\u00e9cessaire dans certains cas. Contentons-nous de faire sagement usage de chaque terrain selon ses aptitudes naturelles.<\/p>\n<p>Il y a lieu d&rsquo;admirer les gros barrages et les immenses r\u00e9servoirs. Ces masses monumentales de b\u00e9ton, comme A. H. Carhart les appelle dans un article publi\u00e9 dans <em>The Atlantic<\/em>, sont destin\u00e9es \u00e0 servir \u00e0 l&rsquo;irrigation, \u00e0 contr\u00f4ler les crues et \u00e0 produire de l&rsquo;\u00e9nergie &#8211; admirables objectifs. Mais si l&rsquo;eau manque en amont, leurs jours sont compt\u00e9s.<\/p>\n<p>Conserver l&rsquo;eau par la m\u00e9thode de la nature n&rsquo;est pas une petite affaire. Il faudra le concours \u00e9clair\u00e9 de toutes les sciences naturelles pour d\u00e9chiffrer la subtile \u00e9nigme des rapports entre le sol, l&rsquo;eau, les animaux et les v\u00e9g\u00e9taux. Les sciences sociales auront une noble t\u00e2che \u00e0 faire comprendre aux hommes la sagesse de collaborer et de m\u00e9nager leurs ressources pour le bien commun. Et les gouvernement devront d\u00e9ployer leurs meilleurs efforts pour contenter les divers besoins actuels de l&rsquo;agriculture et de l&rsquo;industrie sans empi\u00e9ter sur l&rsquo;avenir.<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"author":86,"featured_media":0,"template":"","categories":[1],"rbc_letter_theme":[],"rbc_letter_year":[22],"class_list":["post-2318","rbc_letter","type-rbc_letter","status-publish","hentry","category-uncategorized","rbc_letter_year-22"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO Premium plugin v27.2 (Yoast SEO v27.2) - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-premium-wordpress\/ -->\n<title>Vol. 31, N\u00b0 3 - Mars 1950 - L&#039;eau est essentielle \u00e0 la vie - RBC<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-31-n-3-mars-1950-leau-est-essentielle-a-la-vie\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Vol. 31, N\u00b0 3 - Mars 1950 - L&#039;eau est essentielle \u00e0 la vie\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Nous pouvons vivre sans abri ou v\u00eatements pendant des mois, sans manger pendant des jours mais, sans eau, la vie est une question d&rsquo;heures et de minutes. C&rsquo;est un sujet auquel nous r\u00e9fl\u00e9chissons rarement. L&rsquo;eau est une chose commune, \u00e0 la port\u00e9e de tous, et bon march\u00e9. Meilleur march\u00e9 que la terre\u00a0: l&rsquo;eau qui coule [&hellip;]\" \/>\n<meta property=\"og:url\" content=\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-31-n-3-mars-1950-leau-est-essentielle-a-la-vie\/\" \/>\n<meta property=\"og:site_name\" content=\"RBC\" \/>\n<meta property=\"article:modified_time\" content=\"2022-09-29T13:10:57+00:00\" \/>\n<meta name=\"twitter:card\" content=\"summary_large_image\" \/>\n<meta name=\"twitter:label1\" content=\"Est. reading time\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data1\" content=\"19 minutes\" \/>\n<script type=\"application\/ld+json\" class=\"yoast-schema-graph\">{\"@context\":\"https:\/\/schema.org\",\"@graph\":[{\"@type\":\"WebPage\",\"@id\":\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-31-n-3-mars-1950-leau-est-essentielle-a-la-vie\/\",\"url\":\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-31-n-3-mars-1950-leau-est-essentielle-a-la-vie\/\",\"name\":\"Vol. 31, N\u00b0 3 - Mars 1950 - L'eau est essentielle \u00e0 la vie - RBC\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/#website\"},\"datePublished\":\"1950-03-01T06:00:00+00:00\",\"dateModified\":\"2022-09-29T13:10:57+00:00\",\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"ReadAction\",\"target\":[\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-31-n-3-mars-1950-leau-est-essentielle-a-la-vie\/\"]}]},{\"@type\":\"WebSite\",\"@id\":\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/#website\",\"url\":\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/\",\"name\":\"RBC\",\"description\":\"\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"SearchAction\",\"target\":{\"@type\":\"EntryPoint\",\"urlTemplate\":\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/?s={search_term_string}\"},\"query-input\":{\"@type\":\"PropertyValueSpecification\",\"valueRequired\":true,\"valueName\":\"search_term_string\"}}],\"inLanguage\":\"fr-FR\"}]}<\/script>\n<!-- \/ Yoast SEO Premium plugin. -->","yoast_head_json":{"title":"Vol. 31, N\u00b0 3 - Mars 1950 - L'eau est essentielle \u00e0 la vie - RBC","robots":{"index":"index","follow":"follow","max-snippet":"max-snippet:-1","max-image-preview":"max-image-preview:large","max-video-preview":"max-video-preview:-1"},"canonical":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-31-n-3-mars-1950-leau-est-essentielle-a-la-vie\/","og_locale":"fr_FR","og_type":"article","og_title":"Vol. 31, N\u00b0 3 - Mars 1950 - L'eau est essentielle \u00e0 la vie","og_description":"Nous pouvons vivre sans abri ou v\u00eatements pendant des mois, sans manger pendant des jours mais, sans eau, la vie est une question d&rsquo;heures et de minutes. C&rsquo;est un sujet auquel nous r\u00e9fl\u00e9chissons rarement. L&rsquo;eau est une chose commune, \u00e0 la port\u00e9e de tous, et bon march\u00e9. Meilleur march\u00e9 que la terre\u00a0: l&rsquo;eau qui coule [&hellip;]","og_url":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-31-n-3-mars-1950-leau-est-essentielle-a-la-vie\/","og_site_name":"RBC","article_modified_time":"2022-09-29T13:10:57+00:00","twitter_card":"summary_large_image","twitter_misc":{"Est. reading time":"19 minutes"},"schema":{"@context":"https:\/\/schema.org","@graph":[{"@type":"WebPage","@id":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-31-n-3-mars-1950-leau-est-essentielle-a-la-vie\/","url":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-31-n-3-mars-1950-leau-est-essentielle-a-la-vie\/","name":"Vol. 31, N\u00b0 3 - Mars 1950 - L'eau est essentielle \u00e0 la vie - RBC","isPartOf":{"@id":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/#website"},"datePublished":"1950-03-01T06:00:00+00:00","dateModified":"2022-09-29T13:10:57+00:00","inLanguage":"fr-FR","potentialAction":[{"@type":"ReadAction","target":["https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-31-n-3-mars-1950-leau-est-essentielle-a-la-vie\/"]}]},{"@type":"WebSite","@id":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/#website","url":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/","name":"RBC","description":"","potentialAction":[{"@type":"SearchAction","target":{"@type":"EntryPoint","urlTemplate":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/?s={search_term_string}"},"query-input":{"@type":"PropertyValueSpecification","valueRequired":true,"valueName":"search_term_string"}}],"inLanguage":"fr-FR"}]}},"parsely":{"version":"1.1.0","canonical_url":"https:\/\/rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-31-n-3-mars-1950-leau-est-essentielle-a-la-vie\/","smart_links":{"inbound":0,"outbound":0},"traffic_boost_suggestions_count":0,"meta":{"@context":"https:\/\/schema.org","@type":"NewsArticle","headline":"Vol. 31, N\u00b0 3 &#8211; Mars 1950 &#8211; L&rsquo;eau est essentielle \u00e0 la vie","url":"http:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-31-n-3-mars-1950-leau-est-essentielle-a-la-vie\/","mainEntityOfPage":{"@type":"WebPage","@id":"http:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-31-n-3-mars-1950-leau-est-essentielle-a-la-vie\/"},"thumbnailUrl":"","image":{"@type":"ImageObject","url":""},"articleSection":"Uncategorized","author":[{"@type":"Person","name":"zinoemielu"}],"creator":["zinoemielu"],"publisher":{"@type":"Organization","name":"RBC","logo":""},"keywords":[],"dateCreated":"1950-03-01T06:00:00Z","datePublished":"1950-03-01T06:00:00Z","dateModified":"2022-09-29T13:10:57Z"},"rendered":"<script type=\"application\/ld+json\" class=\"wp-parsely-metadata\">{\"@context\":\"https:\\\/\\\/schema.org\",\"@type\":\"NewsArticle\",\"headline\":\"Vol. 31, N\\u00b0 3 &#8211; Mars 1950 &#8211; L&rsquo;eau est essentielle \\u00e0 la vie\",\"url\":\"http:\\\/\\\/www.rbc.com\\\/fr\\\/notre-compagnie\\\/histoire\\\/bulletin\\\/vol-31-n-3-mars-1950-leau-est-essentielle-a-la-vie\\\/\",\"mainEntityOfPage\":{\"@type\":\"WebPage\",\"@id\":\"http:\\\/\\\/www.rbc.com\\\/fr\\\/notre-compagnie\\\/histoire\\\/bulletin\\\/vol-31-n-3-mars-1950-leau-est-essentielle-a-la-vie\\\/\"},\"thumbnailUrl\":\"\",\"image\":{\"@type\":\"ImageObject\",\"url\":\"\"},\"articleSection\":\"Uncategorized\",\"author\":[{\"@type\":\"Person\",\"name\":\"zinoemielu\"}],\"creator\":[\"zinoemielu\"],\"publisher\":{\"@type\":\"Organization\",\"name\":\"RBC\",\"logo\":\"\"},\"keywords\":[],\"dateCreated\":\"1950-03-01T06:00:00Z\",\"datePublished\":\"1950-03-01T06:00:00Z\",\"dateModified\":\"2022-09-29T13:10:57Z\"}<\/script>","tracker_url":"https:\/\/cdn.parsely.com\/keys\/rbc.com\/p.js"},"featured_img":false,"coauthors":[],"author_meta":{"author_link":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/author\/zinoemielu\/","display_name":"zinoemielu"},"relative_dates":{"created":"Publi\u00e9 76 ans il y a","modified":"Mis \u00e0 jour 4 ans il y a"},"absolute_dates":{"created":"Publi\u00e9 le 1 mars 1950","modified":"Mise \u00e0 jour le 29 septembre 2022"},"absolute_dates_time":{"created":"Publi\u00e9 le 1 mars 1950 6:00  ","modified":"Mise \u00e0 jour le 29 septembre 2022 1:10  "},"featured_img_caption":"","tax_additional":{"category":{"linked":["<a href=\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/category\/uncategorized\/\" class=\"advgb-post-tax-term\">Uncategorized<\/a>"],"unlinked":["<span class=\"advgb-post-tax-term\">Uncategorized<\/span>"],"slug":"category","name":"Cat\u00e9gories"},"rbc_letter_theme":{"linked":[],"unlinked":[],"slug":"rbc_letter_theme","name":"Themes"},"rbc_letter_year":{"linked":["<a href=\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/year\/1950\/\" class=\"advgb-post-tax-term\">1950<\/a>"],"unlinked":["<span class=\"advgb-post-tax-term\">1950<\/span>"],"slug":"rbc_letter_year","name":"Years"}},"series_order":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/rbc_letter\/2318","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/rbc_letter"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/rbc_letter"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/86"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/rbc_letter\/2318\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2318"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2318"},{"taxonomy":"rbc_letter_theme","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/rbc_letter_theme?post=2318"},{"taxonomy":"rbc_letter_year","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/rbc_letter_year?post=2318"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}