{"id":2315,"date":"1994-03-01T06:00:00","date_gmt":"1994-03-01T06:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-75-n-2-mars-avril-1994-linformation-televisee-mode-demploi\/"},"modified":"1994-03-01T06:00:00","modified_gmt":"1994-03-01T06:00:00","slug":"vol-75-n-2-mars-avril-1994-linformation-televisee-mode-demploi","status":"publish","type":"rbc_letter","link":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-75-n-2-mars-avril-1994-linformation-televisee-mode-demploi\/","title":{"rendered":"Vol. 75, N\u00b0 2 &#8211; Mars\/Avril 1994 &#8211; L&rsquo;information t\u00e9l\u00e9vis\u00e9e, mode d&#8217;emploi"},"content":{"rendered":"<div id=\"layout-column-main\">\n<p class=\"boldtext\">La t\u00e9l\u00e9vision exerce un pouvoir                     tout \u00e0 fait singulier sur nos \u00e9motions. L&rsquo;information                     qu&rsquo;elle diffuse a souvent r\u00e9ussi \u00e0 mobiliser                     l&rsquo;humanit\u00e9 contre l&rsquo;injustice. Mais justement \u00e0                     cause de cela, elle ne peut pas \u00eatre accept\u00e9e                     sans critique pr\u00e9alable. Pas, en tout cas, par quiconque                     pr\u00e9tend conserver son ind\u00e9pendance d&rsquo;esprit&#8230;                   <\/p>\n<p> Depuis des ann\u00e9es, la t\u00e9l\u00e9vision est                     le principal moyen d&rsquo;information en Am\u00e9rique du Nord;                     les autres m\u00e9dias arrivent tr\u00e8s loin derri\u00e8re.                     La plupart des gens qui apprennent l&rsquo;essentiel des nouvelles                     au petit \u00e9cran n&rsquo;attachent sans doute gu\u00e8re                     d&rsquo;importance \u00e0 ce fait. Ils ont choisi ce moyen d&rsquo;information                     parmi d&rsquo;autres, comme s&rsquo;il s&rsquo;agissait d&rsquo;un journal c\u00e2bl\u00e9                     ou d&rsquo;une radio illustr\u00e9e. Une nouvelle est une nouvelle,                     quelle qu&rsquo;en soit la source, n&rsquo;est- ce pas\u00a0? <\/p>\n<p> Quant aux nombreux critiques de la t\u00e9l\u00e9vision,                     l&rsquo;information semble le cadet de leurs soucis. Leurs impr\u00e9cations                     contre la programmation \u00ab\u00a0commerciale\u00a0\u00bb (par opposition                     \u00e0 \u00ab\u00a0\u00e9ducative\u00a0\u00bb) sont si globales                     qu&rsquo;aucune analyse sp\u00e9cifique du traitement accord\u00e9                     \u00e0 l&rsquo;information ne peut s&rsquo;en d\u00e9gager. Le d\u00e9bat                     actuel sur la violence au petit \u00e9cran, par exemple,                     prend \u00e0 peine en consid\u00e9ration celle dont les                     enfants sont involontairement t\u00e9moins lorsque leurs                     parents regardent le journal t\u00e9l\u00e9vis\u00e9.                   <\/p>\n<p> Il y a pourtant quantit\u00e9 de raisons de croire que                     la t\u00e9l\u00e9vision n&rsquo;est pas un moyen d&rsquo;information                     comme les autres. Le fait qu&rsquo;elle nous permette de voir les                     choses de nos propres yeux lui donne un pouvoir particulier                     sur notre esprit. Ira Glasser, directeur g\u00e9n\u00e9ral                     de <em>l&rsquo;American Civil Liberties Union<\/em>, a eu une phrase                     tr\u00e8s juste \u00e0 ce propos\u00a0: \u00ab\u00a0L&rsquo;influence                     de la t\u00e9l\u00e9vision a quelque chose de magique\u00a0:                     les m\u00eames mots et id\u00e9es ne sont pas re\u00e7us                     et per\u00e7us de la m\u00eame fa\u00e7on s&rsquo;ils sont                     transmis par un autre moyen de communication.\u00a0\u00bb <\/p>\n<p> Cela vient essentiellement de ce que ses images parlent                     au coeur plus qu&rsquo;\u00e0 la raison. Un cadre sup\u00e9rieur                     d&rsquo;une cha\u00eene de t\u00e9l\u00e9vision am\u00e9ricaine                     a d\u00e9j\u00e0 \u00e9crit que les v\u00e9ritables                     th\u00e8mes de l&rsquo;information t\u00e9l\u00e9vis\u00e9e                     \u00e9taient \u00ab\u00a0la joie, la tristesse, la surprise,                     la peur\u00a0\u00bb. Les images du petit \u00e9cran font vibrer                     la corde sensible du t\u00e9l\u00e9spectateur. Elles v\u00e9hiculent                     une charge \u00e9motive plus puissante que celle du meilleur                     compte rendu \u00e9crit du m\u00eame \u00e9v\u00e9nement,                     car elles r\u00e9v\u00e8lent ce que les personnes impliqu\u00e9es                     ont ressenti. <\/p>\n<p> Si l&rsquo;information t\u00e9l\u00e9vis\u00e9e ne peut                     \u00eatre accept\u00e9e sans r\u00e9serve, c&rsquo;est entre                     autres \u00e0 cause du pouvoir que poss\u00e8de le petit                     \u00e9cran de nous faire subordonner la raison \u00e0                     l&rsquo;\u00e9motion. La t\u00e9l\u00e9 fa\u00e7onne dans                     une tr\u00e8s grande mesure notre perception de la r\u00e9alit\u00e9.                     Or, notre attitude \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de la soci\u00e9t\u00e9                     et, partant, notre fa\u00e7on de vivre, sont \u00e9troitement                     li\u00e9es \u00e0 cette perception. <\/p>\n<p> Par malheur, le petit \u00e9cran tend aussi \u00e0 endormir                     notre vigilance. Certains psychologues lui attribuent m\u00eame                     un effet quasi hypnotique. Des recherches ont r\u00e9v\u00e9l\u00e9                     que devant la t\u00e9l\u00e9vision, une personne devient                     moins alerte, comme si le caract\u00e8re passif de l&rsquo;exp\u00e9rience                     induisait une certaine l\u00e9thargie intellectuelle. Selon                     un rapport r\u00e9cent, \u00ab\u00a0le caract\u00e8re tranquillisant,                     peu complexe, \u00e9minemment digeste de la programmation                     t\u00e9l\u00e9vis\u00e9e conforte les id\u00e9es re\u00e7ues                     et entretient le statu quo\u00a0\u00bb. <\/p>\n<p> L&rsquo;information t\u00e9l\u00e9vis\u00e9e est si facile                     \u00e0 assimiler qu&rsquo;elle semble pouvoir traverser l&rsquo;esprit                     sans \u00e9veiller ses facult\u00e9s critiques. Des enqu\u00eates                     ont montr\u00e9 que les t\u00e9l\u00e9spectateurs ne                     retiennent qu&rsquo;une fraction des nouvelles qu&rsquo;ils apprennent.                     On pourrait dire qu&rsquo;en anesth\u00e9siant ainsi les consciences,                     la t\u00e9l\u00e9 ne fait que son travail. Apr\u00e8s                     tout, elle est d&rsquo;abord un divertissement, le plus populaire                     de tous sur notre continent. <\/p>\n<p> \u00c0 l&rsquo;exception de certains canaux sp\u00e9cialis\u00e9s                     comme les cha\u00eenes d&rsquo;information continue, la t\u00e9l\u00e9vision                     cherche donc surtout \u00e0 distraire. L&rsquo;information y passe                     en second, alors que dans un quotidien, l&rsquo;ordre des priorit\u00e9s                     est inverse. Il n&rsquo;existe pas, cependant, de ligne de d\u00e9marcation                     claire entre les deux genres. Quand vous faites les mots crois\u00e9s                     d&rsquo;un journal ou que vous par courez ses bandes dessin\u00e9es,                     vous ne vous attendez pas \u00e0 y trouver des nouvelles.                     Le t\u00e9l\u00e9spectateur, en revanche, a tendance \u00e0                     m\u00e9langer fiction et r\u00e9alit\u00e9. <\/p>\n<p> Ce genre de transfert entre les \u00e9missions de divertissement                     et d&rsquo;information est abondamment attest\u00e9. Et m\u00eame                     lorsque le t\u00e9l\u00e9spectateur fait la diff\u00e9rence                     entre les deux, son opinion risque d&rsquo;\u00eatre fauss\u00e9e                     par certaines images fictives tr\u00e8s frappantes. Les                     s\u00e9ries polici\u00e8res, par exemple, ont grandement                     contribu\u00e9 \u00e0 faire na\u00eetre l&rsquo;actuelle psychose                     des crimes violents. Et pour qui suit les t\u00e9l\u00e9feuilletons                     \u00e0 l&rsquo;eau de rose de l&rsquo;apr\u00e8s-midi, l&rsquo;adult\u00e8re                   peut sembler monnaie courante dans notre soci\u00e9t\u00e9. <\/p>\n<h3>La manie du direct <\/h3>\n<p>Facteur aggravant, les techniques de montage des journalistes                     empruntent largement aux m\u00e9thodes des sc\u00e9naristes.                     D\u00e9j\u00e0 dans les ann\u00e9es soixante, le chef                     du service des nouvelles d&rsquo;un grand r\u00e9seau am\u00e9ricain                     recommandait ce qui suit dans une note de service\u00a0: \u00ab\u00a0Nous                     devrions, sans renoncer aux r\u00e8gles de probit\u00e9                     et de responsabilit\u00e9, donner \u00e0 tous nos reportages                     les attributs d&rsquo;un roman ou d&rsquo;une pi\u00e8ce\u00a0: structure                     et conflit; crise et d\u00e9nouement; mont\u00e9e et baisse                     de tension; introduction, d\u00e9veloppement et conclusion.\u00a0\u00bb                   <\/p>\n<p> Cette dramatisation de la forme n&rsquo;est que l&rsquo;un des biais                     que la fonction premi\u00e8re de la t\u00e9l\u00e9vision                     introduit dans la construction et la pr\u00e9sentation de                     l&rsquo;information. Oblig\u00e9s de rivaliser avec les \u00e9missions                     de divertissement sur le terrain des cotes d&rsquo;\u00e9coute                     s&rsquo;ils veulent attirer des annonceurs, les responsables de                     l&rsquo;information sont naturellement tent\u00e9s d&rsquo;adopter les                     m\u00eames m\u00e9thodes. Leurs \u00e9missions sont produites                     dans des d\u00e9cors semblables \u00e0 ceux des concours,                     et leurs indicatifs conviendraient parfaitement \u00e0 un                     t\u00e9l\u00e9roman ou \u00e0 une s\u00e9rie dramatique.                     Quant aux lecteurs et lectrices de nouvelles, ils et elles                     sont maquill\u00e9s comme des acteurs de cin\u00e9ma et                     sont en g\u00e9n\u00e9ral extraordinairement s\u00e9duisants                     et \u00e9l\u00e9gants. <\/p>\n<p> L&rsquo;artifice r\u00e8gne aussi \u00e0 l&rsquo;ext\u00e9rieur                     du studio. La correspondante en trench-coat qui, par un froid                     sib\u00e9rien, d\u00e9bite son texte dans un nuage de                     vapeur devant le Kremlin ou la tour de la Paix, n&rsquo;avait pas                     besoin de sortir du bureau o\u00f9 elle a vraisemblablement                     \u00e9crit son compte rendu des derniers \u00e9v\u00e9nements.                     Elle l&rsquo;a fait pour donner l&rsquo;illusion du reportage en direct.                   <\/p>\n<p> Cette manie du direct a r\u00e9cemment atteint un paroxysme                     avec la m\u00e9tamorphose des pr\u00e9sentateurs de nouvelles                     en pseudo-envoy\u00e9s sp\u00e9ciaux. \u00c0 Madrid                     ou \u00e0 Mogadiscio, nos \u00e9toiles de l&rsquo;information                     ne relatent pas autre chose que ce qu&rsquo;elles auraient dit dans                     leurs studios de Montr\u00e9al ou de New York. Mais pour                     un syst\u00e8me qui cherche plus \u00e0 \u00e9blouir                     qu&rsquo;\u00e0 informer, quelle trouvaille\u00a0! La m\u00eame                     soif de briller fait qu&rsquo;on confie plus volontiers le soin                     d&rsquo;interviewer un ministre \u00e0 la ravissante pr\u00e9sentatrice                     du bulletin d&rsquo;information qu&rsquo;\u00e0 un reporter bien au                     fait des activit\u00e9s de l&rsquo;invit\u00e9 ou \u00e0 un                     chercheur sp\u00e9cialis\u00e9 dans ses domaines de comp\u00e9tence.                     Et que penser de tous ces dialogues entre animateurs et reporters                     en mission &#8211; \u00ab\u00a0Qu&rsquo;est-ce qui se passe l\u00e0-bas,                     Ren\u00e9\u00a0?\u00a0\u00bb &#8211; sinon qu&rsquo;ils rel\u00e8vent plus                     du th\u00e9\u00e2tre que du journalisme\u00a0? Le reporter                     s&rsquo;acquitterait plus efficacement de sa fonction s&rsquo;il pouvait                     lire son texte sans interruption. Car le temps est une denr\u00e9e                     rare \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision. <\/p>\n<p> Cette raret\u00e9 oblige \u00e0 limiter le nombre des                     sujets, ce qui rend le t\u00e9l\u00e9spectateur beaucoup                     plus tributaire des choix de l&rsquo;\u00e9quipe \u00e9ditoriale                     que le lecteur d&rsquo;un journal. Chaque reportage est en outre                     condens\u00e9 \u00e0 l&rsquo;extr\u00eame\u00a0: dans un bulletin                     normal, la dur\u00e9e moyenne d&rsquo;un sujet est de 75 secondes,                     et une analyse \u00ab\u00a0en profondeur\u00a0\u00bb avec entrevues,                     images d&rsquo;archives, etc. ne d\u00e9passe gu\u00e8re trois                     minutes. L&rsquo;information est d\u00e9bit\u00e9e \u00e0                     une telle vitesse qu&rsquo;il est \u00e0 peu pr\u00e8s impossible                     d&rsquo;y relever une \u00e9ventuelle erreur. Quant \u00e0 rectifier                     celles qui sont constat\u00e9es&#8230; \u00c0 moins qu&rsquo;elles                     ne soient tr\u00e8s graves ou que quelqu&rsquo;un semble d\u00e9termin\u00e9                     \u00e0 faire un proc\u00e8s, la t\u00e9l\u00e9vision                     ne revient jamais sur une nouvelle. O\u00f9 trouverait-elle                     le temps\u00a0? <\/p>\n<p> Impossible, \u00e9videmment, de traiter finement d&rsquo;un                     sujet dans un laps de temps aussi court. Aussi l&rsquo;information                     est-elle transmise \u00e0 gros traits, sans la moindre nuance.                     Le correspondant r\u00e9sume en 90 secondes un projet de                     loi complexe que les d\u00e9put\u00e9s ont d\u00e9battu                     pendant des semaines. Une entrevue de 30 minutes avec un chercheur                     qui a fait toutes les r\u00e9serves d&rsquo;usage se r\u00e9duit                     \u00e0 un extrait de 30 secondes o\u00f9 ne figure aucun                     des \u00ab\u00a0si, mais, ou, peut-\u00eatre\u00a0\u00bb de l&rsquo;original.                   <\/p>\n<p> Comme toutes les g\u00e9n\u00e9ralisations, les reportages                     de la t\u00e9l\u00e9vision font bon march\u00e9 des                     ambigu\u00eft\u00e9s, paradoxes et autres zones d&rsquo;ombre                     qui compliquent tant les choses dans la vraie vie. Les couleurs                     du petit \u00e9cran masquent en fait une vision du monde                     en noir et blanc. On y trouve des h\u00e9ros, des bandits,                     mais jamais des gens comme vous et moi, capables du bon comme                     du moins bon. Lorsque le t\u00e9l\u00e9spectateur doit                     trancher entre deux positions, il se voit proposer des options                     caricaturales. Une \u00e9cologiste constatait r\u00e9cemment                     que les reportages sur l&rsquo;environnement donnent invariablement                     l&rsquo;impression que la protection de la nature et la cr\u00e9ation                     d&#8217;emplois sont des objectifs incompatibles. La possibilit\u00e9                     qu&rsquo;ils soient conciliables n&rsquo;est jamais prise en consid\u00e9ration.                   <\/p>\n<p> De ce besoin de tout g\u00e9n\u00e9raliser d\u00e9coule                     le go\u00fbt de la t\u00e9l\u00e9vision pour la personnalisation.                     L&rsquo;individu devient le symbole de l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement                     ou de la politique. Le groupe se r\u00e9duit \u00e0 un                     porte- parole choisi arbitrairement, comme s&rsquo;il formait un                     bloc monolithique, alors qu&rsquo;il r\u00e9unit peut-\u00eatre                     plusieurs courants divergents. Comme il est impossible d&rsquo;interviewer                     toutes les personnes touch\u00e9es par un probl\u00e8me                     complexe, la t\u00e9l\u00e9vision privil\u00e9gie les                     t\u00e9moignages les plus \u00e9mouvants. Et c&rsquo;est ainsi                     qu&rsquo;une somme consid\u00e9rable de changements Structuraux                     aux politiques agricoles et commerciales du monde finit par                     \u00eatre ramen\u00e9e \u00e0 une ou deux entrevues avec                   des agriculteurs susceptibles d&rsquo;y perdre leur gagne-pain. <\/p>\n<h3>Images trompeuses et \u00e9v\u00e9nements m\u00e9diatiques <\/h3>\n<p>Nulle part cette personnalisation n&rsquo;a plus d&rsquo;impact qu&rsquo;en                     politique. En usant de raccourcis saisissants comme \u00ab\u00a0le                     gouvernement (nom du premier ministre)\u00a0\u00bb, la t\u00e9l\u00e9vision                     a fini par faire croire au public qu&rsquo;une seule personne \u00e9tait                     \u00e0 l&rsquo;origine de tout ce qui se faisait au sein de l&rsquo;appareil                     de l&rsquo;\u00c9tat. Cette id\u00e9e fausse n&rsquo;est pas sans                     cons\u00e9quence sur nos moeurs politiques. Les \u00e9lections,                     par exemple, ressemblent maintenant \u00e0 une course de                     chevaux entre les chefs des partis. Tout au long de la campagne,                     des sondages mesurent l&rsquo;avance ou le retard de chaque concurrent.                     De pr\u00e9cieuses heures d&rsquo;antenne se consument en analyses                     et commentaires sur les tactiques et strat\u00e9gies de                     chaque camp au lieu de servir \u00e0 l&rsquo;examen d\u00e9taill\u00e9                     des probl\u00e8mes de fond que commanderait l&rsquo;int\u00e9r\u00eat                     public. C&rsquo;est que, pour la t\u00e9l\u00e9vision, une seule                     chose semble compter\u00a0: savoir qui va gagner la course.                     Et qui donc va la gagner, cette course\u00a0? En r\u00e8gle                     g\u00e9n\u00e9rale, celui qui \u00ab\u00a0passe\u00a0\u00bb le mieux                     au petit \u00e9cran. Car la t\u00e9l\u00e9 conf\u00e8re                     un avantage crucial \u00e0 qui sait le mieux se mettre en                     valeur, m\u00eame si, \u00e0 la longue, son oeil impitoyable                     d\u00e9mystifie tout. Le candidat qui lance la \u00ab\u00a0petite                     phrase\u00a0\u00bb la plus percutante contre un adversaire prend                     une s\u00e9rieuse longueur d&rsquo;avance sur tous ses concurrents,                     car sa saillie de 15 secondes passera et repassera inlassablement                     en ondes. Tandis que celui qui commet un faux pas devant la                     cam\u00e9ra se condamne presque \u00e0 coup s\u00fbr.                     Les expressions, les gestes, la tenue acqui\u00e8rent une                     importance si d\u00e9mesur\u00e9e que les candidats organisent                     m\u00eame des s\u00e9ances o\u00f9 ils se donnent litt\u00e9ralement                     en spectacle devant les cam\u00e9ras. Ils comptent plus                     sur leur charme personnel que sur la valeur de leurs politiques                     pour engranger des voix. <\/p>\n<h3>Un oeil p\u00e9n\u00e9trant, impitoyable, pr\u00eat \u00e0 traquer toutes les formes du mal<\/h3>\n<p> Les strat\u00e8ges politiques savent depuis longtemps                     que le champ \u00e9troit d&rsquo;une cam\u00e9ra peut agir comme                     une lentille grossissante. Lorsqu&rsquo;ils organisent un rassemblement,                     ils s&rsquo;arrangent donc pour que leurs partisans se massent autour                     des \u00e9quipes de t\u00e9l\u00e9vision et manifestent                     un enthousiasme d\u00e9brid\u00e9 du d\u00e9but \u00e0                     la fin de l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement, afin de donner aux \u00e9lecteurs                     qui verront le reportage le sentiment que les d\u00e9s sont                     jet\u00e9s et qu&rsquo;ils feraient mieux de rejoindre le camp                     victorieux. <\/p>\n<p> Les organisateurs de manifestations recourent au m\u00eame                     truc pour faire avancer leurs causes. Ils ont compris que                     dans la soci\u00e9t\u00e9 occidentale contemporaine, la                     t\u00e9l\u00e9vision ne fait pas que rendre compte de                     l&rsquo;actualit\u00e9; elle la cr\u00e9e. La t\u00e9l\u00e9vision                     a d&rsquo;ailleurs donn\u00e9 naissance \u00e0 un type tr\u00e8s                     particulier d&rsquo;\u00e9v\u00e9nement, dont l&rsquo;int\u00e9r\u00eat                     est enti\u00e8rement d\u00e9termin\u00e9 par la pr\u00e9sence                     ou l&rsquo;absence des cam\u00e9ras. Ces \u00ab\u00a0\u00e9v\u00e9nements                     m\u00e9diatiques\u00a0\u00bb &#8211; marches, conf\u00e9rences, concentrations                     &#8211; sont parfois mont\u00e9s pour des raisons assez insignifiantes.                     Cela dit, la t\u00e9l\u00e9 permet aussi aux gens qui                     ont des griefs r\u00e9els de r\u00e9clamer plus efficacement                     justice devant le tribunal de l&rsquo;opinion publique. <\/p>\n<p> Les protestations populaires ont une histoire qui remonte                     \u00e0 la plus haute antiquit\u00e9, mais l&rsquo;av\u00e8nement                     de la t\u00e9l\u00e9vision leur a donn\u00e9 un impact                     redoutable. Le mouvement contre la discrimination raciale                     qui a surgi aux \u00c9tats-Unis dans les ann\u00e9es soixante                     n&rsquo;aurait probablement pas r\u00e9alis\u00e9 la perc\u00e9e                     fulgurante qu&rsquo;il a faite si les sc\u00e8nes de r\u00e9pression                     retransmises au petit \u00e9cran n&rsquo;avaient pas provoqu\u00e9                     une crise de conscience nationale et une mobilisation g\u00e9n\u00e9rale                     contre cette terrible injustice historique. Ce premier succ\u00e8s                     a ouvert la voie \u00e0 une kyrielle de revendications de                     m\u00eame nature dans divers pays. Le mouvement pacifiste                     qui a balay\u00e9 les \u00c9tats-Unis, puis s&rsquo;est propag\u00e9                     au reste de l&rsquo;Occident est un autre exemple du pouvoir ph\u00e9nom\u00e9nal                     de la t\u00e9l\u00e9vision. Tout a commenc\u00e9 lorsque                     les bulletins t\u00e9l\u00e9vis\u00e9s ont r\u00e9v\u00e9l\u00e9                     \u00e0 l&rsquo;Am\u00e9rique l&rsquo;horreur et la brutalit\u00e9                     quotidiennes de la guerre au Vi\u00eat-nam. L&rsquo;Am\u00e9rique                     ne s&rsquo;en est d&rsquo;ailleurs jamais remise. <\/p>\n<p> Dans ces cas comme dans bien d&rsquo;autres, l&rsquo;information t\u00e9l\u00e9vis\u00e9e                     a puissamment contribu\u00e9 \u00e0 changer nos comportements.                     Elle a attir\u00e9 l&rsquo;attention sur des probl\u00e8mes                     humains qui seraient pass\u00e9s inaper\u00e7us autrement.                     Elle a braqu\u00e9 sur la corruption et le crime un oeil                     p\u00e9n\u00e9trant, impitoyable, pr\u00eat \u00e0                     traquer toutes les formes du mal. Les mots imprim\u00e9s                     peuvent facilement masquer les mauvaises intentions; une expression                     capt\u00e9e par la cam\u00e9ra en dit souvent plus long                     sur la sinc\u00e9rit\u00e9 de quelqu&rsquo;un qu&rsquo;un flot de                     paroles. <\/p>\n<p> Dans l&rsquo;ensemble, la t\u00e9l\u00e9vision a rendu de                     grands services \u00e0 l&rsquo;humanit\u00e9. Ses atouts manifestes                     n&rsquo;effacent cependant pas ses lacunes intrins\u00e8ques.                     Pour profiter intelligemment de ses services et conserver                     son ind\u00e9pendance d&rsquo;esprit, le t\u00e9l\u00e9spectateur                     doit garder ces pi\u00e8ges \u00e0 l&rsquo;esprit. D&rsquo;abord,                     la t\u00e9l\u00e9vision ne donne jamais une image ou un                     compte rendu complet de la r\u00e9alit\u00e9. Privil\u00e9giant                     l&rsquo;action, elle a tendance \u00e0 retrancher les sc\u00e8nes                     o\u00f9 il ne se passe rien, m\u00eame si ce sont les plus                     repr\u00e9sentatives. <\/p>\n<h3>Le devoir de r\u00e9plique du t\u00e9l\u00e9spectateur<\/h3>\n<p> Par ailleurs, elle exige tr\u00e8s peu d&rsquo;\u00e9laboration,                     pour emprunter au jargon des psychologues. Cet effort intellectuel,                     vous devez vous obliger \u00e0 le faire, en int\u00e9grant                     ce que vous savez aux g\u00e9n\u00e9ralisations qu&rsquo;elle                     vous propose de fa\u00e7on \u00e0 transformer votre premi\u00e8re                     impression en opinion raisonn\u00e9e. Des chercheurs ont                     constat\u00e9 que les grands consommateurs d&rsquo;images t\u00e9l\u00e9visuelles                     ont tendance \u00e0 se faire une opinion d&rsquo;apr\u00e8s                     l&rsquo;impression g\u00e9n\u00e9rale qu&rsquo;ils retirent du bulletin                     de nouvelles plut\u00f4t que des faits qui y sont expos\u00e9s.                   <\/p>\n<p> Il ne faut jamais oublier non plus qu&rsquo;\u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision,                     l&rsquo;image prime tout. Or, elle distrait l&rsquo;attention. Vous devez                     donc faire un effort pour d\u00e9passer le niveau visuel                     et vous concentrer sur le commentaire. Si vous \u00e9coutez                     attentivement, vous prendrez plus ais\u00e9ment l&rsquo;habitude                     de critiquer l&rsquo;information t\u00e9l\u00e9vis\u00e9e.                     Il y a bien s\u00fbr des sujets \u00e9v\u00e9nementiels                     qui n&rsquo;exigent pas de remise en contexte\u00a0: un ouragan,                     l&rsquo;\u00e9chouement d&rsquo;un navire&#8230; Mais dans la plupart des                     bulletins, la part du lion va aux id\u00e9es, non aux faits.                   <\/p>\n<p> Beaucoup de sujets \u00e9v\u00e9nementiels en apparence                     &#8211; les \u00e9meutes, les gr\u00e8ves, les manifestations,                     les guerres m\u00eame &#8211; ont en effet pour toile de fond un                     conflit id\u00e9ologique. Et dans les p\u00e9riodes d&rsquo;accalmie,                     les t\u00e9l\u00e9spectateurs sont gav\u00e9s de r\u00e9flexions                     sur les droits de la personne, l&rsquo;\u00e9conomie, la politique,                     les programmes sociaux, etc. Or, le syle t\u00e9l\u00e9graphique                     des actualit\u00e9s t\u00e9l\u00e9vis\u00e9es en fait                     un merveilleux instrument de propagande\u00a0: en ondes, on                     peut \u00e0 loisir d\u00e9biter des g\u00e9n\u00e9ralit\u00e9s,                     monter certains faits en \u00e9pingle et d\u00e9velopper                     des raisonnements tordus. Le civisme \u00e9l\u00e9mentaire                     exige que nous fassions un effort conscient pour s\u00e9parer                     le bon grain de l&rsquo;ivraie dans l&rsquo;\u00e9tourdissant magma                     d&rsquo;images et de mots qui nous est servi. <\/p>\n<p> Les aborig\u00e8nes de Nouvelle-Guin\u00e9e auraient                     baptis\u00e9 le premier poste de radio qu&rsquo;ils voyaient \u00ab\u00a0la                     bo\u00eete qui parle, mais n&rsquo;\u00e9coute pas\u00a0\u00bb. Dans                     l&rsquo;\u00e9tat actuel de la technologie, la m\u00eame d\u00e9finition                     s&rsquo;applique \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision\u00a0: vous                     n&rsquo;avez en effet aucun moyen de r\u00e9pondre \u00e0 son                     discours. Et pourtant, vous devez r\u00e9pliquer, au moins                     int\u00e9rieurement, pour conserver la ma\u00eetrise de                     vos pens\u00e9es. R\u00e9pliquer \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision,                     c&rsquo;est remettre en question ses conclusions \u00e0 la lumi\u00e8re                     de vos propres connaissances et exp\u00e9riences. C&rsquo;est                     contr\u00f4ler la logique de ses assertions en exigeant une                     d\u00e9monstration en bonne et due forme. C&rsquo;est douter de                     ses analyses en partant du principe que tous les faits sont                     sujets \u00e0 interpr\u00e9tation. Pourquoi r\u00e9pliquer\u00a0?                     Parce que si vous jugez sur la foi d&rsquo;une information incompl\u00e8te                     ou d&rsquo;une argumentation trompeuse, vous risquez de tirer des                     conclusions fausses et de prendre des d\u00e9cisions qui                     nuiront \u00e0 vos int\u00e9r\u00eats ou \u00e0 ceux                     des autres. <\/p>\n<p> Ce travail, vous ne pouvez pas l&rsquo;accomplir sans aide. C&rsquo;est                     l\u00e0 qu&rsquo;interviennent les autres m\u00e9dias. Journaux,                     revues et \u00e9missions de radio (les Canadiens ont la                     chance de b\u00e9n\u00e9ficier d&rsquo;une excellente gamme                     d&rsquo;\u00e9missions d&rsquo;affaires publiques \u00e0 la radio                     d&rsquo;\u00c9tat ) serviront \u00e0 combler les principales                     lacunes des reportages t\u00e9l\u00e9vis\u00e9s, livres                     et articles sp\u00e9cialis\u00e9s, \u00e0 vous documenter                     sur le contexte imm\u00e9diat et historique. La t\u00e9l\u00e9vision                     ne pourra jamais vous donner une image \u00e9quilibr\u00e9e                     d&rsquo;un d\u00e9bat politique. Pour vous en faire une id\u00e9e                     juste, vous devez assister \u00e0 des assembl\u00e9es                     publiques. <\/p>\n<p> Ainsi deviendrez-vous apte \u00e0 tenir dignement votre                     r\u00f4le dans le processus de communication qui s&rsquo;\u00e9tablit                     entre la t\u00e9l\u00e9vision et vous quand vous regardez                     les nouvelles\u00a0: interpr\u00e9ter l&rsquo;information qu&rsquo;elle                     vous transmet selon vos propres crit\u00e8res. Autrement                     dit, penser &#8211; un travail exigeant, certes, mais indispensable                     \u00e0 l&rsquo;exercice du libre-arbitre. Les membres d&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9                     d\u00e9mocratique ont le devoir incontournable de se faire                     une opinion; l&rsquo;information t\u00e9l\u00e9vis\u00e9e                     peut leur \u00eatre d&rsquo;un grand secours, \u00e0 condition                     qu&rsquo;ils la regardent d&rsquo;un oeil assez critique pour ne jamais                     baser leurs jugements ou leurs actes sur les conceptions simplistes                     qu&rsquo;elle engendre si facilement lorsqu&rsquo;on n&rsquo;y prend garde.                   <\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<\/p><\/div>\n","protected":false},"author":0,"featured_media":0,"template":"","categories":[1],"rbc_letter_theme":[],"rbc_letter_year":[75],"class_list":["post-2315","rbc_letter","type-rbc_letter","status-publish","hentry","category-uncategorized","rbc_letter_year-75"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO Premium plugin v27.4 (Yoast SEO v27.4) - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-premium-wordpress\/ -->\n<title>Vol. 75, N\u00b0 2 - Mars\/Avril 1994 - L&#039;information t\u00e9l\u00e9vis\u00e9e, mode d&#039;emploi - RBC<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-75-n-2-mars-avril-1994-linformation-televisee-mode-demploi\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Vol. 75, N\u00b0 2 - Mars\/Avril 1994 - L&#039;information t\u00e9l\u00e9vis\u00e9e, mode d&#039;emploi\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"La t\u00e9l\u00e9vision exerce un pouvoir tout \u00e0 fait singulier sur nos \u00e9motions. L&rsquo;information qu&rsquo;elle diffuse a souvent r\u00e9ussi \u00e0 mobiliser l&rsquo;humanit\u00e9 contre l&rsquo;injustice. Mais justement \u00e0 cause de cela, elle ne peut pas \u00eatre accept\u00e9e sans critique pr\u00e9alable. Pas, en tout cas, par quiconque pr\u00e9tend conserver son ind\u00e9pendance d&rsquo;esprit&#8230; Depuis des ann\u00e9es, la t\u00e9l\u00e9vision est [&hellip;]\" \/>\n<meta property=\"og:url\" content=\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-75-n-2-mars-avril-1994-linformation-televisee-mode-demploi\/\" \/>\n<meta property=\"og:site_name\" content=\"RBC\" \/>\n<meta name=\"twitter:card\" content=\"summary_large_image\" \/>\n<meta name=\"twitter:label1\" content=\"Est. reading time\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data1\" content=\"16 minutes\" \/>\n<script type=\"application\/ld+json\" class=\"yoast-schema-graph\">{\"@context\":\"https:\\\/\\\/schema.org\",\"@graph\":[{\"@type\":\"WebPage\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.rbc.com\\\/fr\\\/notre-compagnie\\\/histoire\\\/bulletin\\\/vol-75-n-2-mars-avril-1994-linformation-televisee-mode-demploi\\\/\",\"url\":\"https:\\\/\\\/www.rbc.com\\\/fr\\\/notre-compagnie\\\/histoire\\\/bulletin\\\/vol-75-n-2-mars-avril-1994-linformation-televisee-mode-demploi\\\/\",\"name\":\"Vol. 75, N\u00b0 2 - Mars\\\/Avril 1994 - L'information t\u00e9l\u00e9vis\u00e9e, mode d'emploi - RBC\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.rbc.com\\\/fr\\\/#website\"},\"datePublished\":\"1994-03-01T06:00:00+00:00\",\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"ReadAction\",\"target\":[\"https:\\\/\\\/www.rbc.com\\\/fr\\\/notre-compagnie\\\/histoire\\\/bulletin\\\/vol-75-n-2-mars-avril-1994-linformation-televisee-mode-demploi\\\/\"]}]},{\"@type\":\"WebSite\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.rbc.com\\\/fr\\\/#website\",\"url\":\"https:\\\/\\\/www.rbc.com\\\/fr\\\/\",\"name\":\"RBC\",\"description\":\"\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"SearchAction\",\"target\":{\"@type\":\"EntryPoint\",\"urlTemplate\":\"https:\\\/\\\/www.rbc.com\\\/fr\\\/?s={search_term_string}\"},\"query-input\":{\"@type\":\"PropertyValueSpecification\",\"valueRequired\":true,\"valueName\":\"search_term_string\"}}],\"inLanguage\":\"fr-FR\"}]}<\/script>\n<!-- \/ Yoast SEO Premium plugin. -->","yoast_head_json":{"title":"Vol. 75, N\u00b0 2 - Mars\/Avril 1994 - L'information t\u00e9l\u00e9vis\u00e9e, mode d'emploi - RBC","robots":{"index":"index","follow":"follow","max-snippet":"max-snippet:-1","max-image-preview":"max-image-preview:large","max-video-preview":"max-video-preview:-1"},"canonical":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-75-n-2-mars-avril-1994-linformation-televisee-mode-demploi\/","og_locale":"fr_FR","og_type":"article","og_title":"Vol. 75, N\u00b0 2 - Mars\/Avril 1994 - L'information t\u00e9l\u00e9vis\u00e9e, mode d'emploi","og_description":"La t\u00e9l\u00e9vision exerce un pouvoir tout \u00e0 fait singulier sur nos \u00e9motions. L&rsquo;information qu&rsquo;elle diffuse a souvent r\u00e9ussi \u00e0 mobiliser l&rsquo;humanit\u00e9 contre l&rsquo;injustice. Mais justement \u00e0 cause de cela, elle ne peut pas \u00eatre accept\u00e9e sans critique pr\u00e9alable. Pas, en tout cas, par quiconque pr\u00e9tend conserver son ind\u00e9pendance d&rsquo;esprit&#8230; Depuis des ann\u00e9es, la t\u00e9l\u00e9vision est [&hellip;]","og_url":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-75-n-2-mars-avril-1994-linformation-televisee-mode-demploi\/","og_site_name":"RBC","twitter_card":"summary_large_image","twitter_misc":{"Est. reading time":"16 minutes"},"schema":{"@context":"https:\/\/schema.org","@graph":[{"@type":"WebPage","@id":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-75-n-2-mars-avril-1994-linformation-televisee-mode-demploi\/","url":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-75-n-2-mars-avril-1994-linformation-televisee-mode-demploi\/","name":"Vol. 75, N\u00b0 2 - Mars\/Avril 1994 - L'information t\u00e9l\u00e9vis\u00e9e, mode d'emploi - RBC","isPartOf":{"@id":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/#website"},"datePublished":"1994-03-01T06:00:00+00:00","inLanguage":"fr-FR","potentialAction":[{"@type":"ReadAction","target":["https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-75-n-2-mars-avril-1994-linformation-televisee-mode-demploi\/"]}]},{"@type":"WebSite","@id":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/#website","url":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/","name":"RBC","description":"","potentialAction":[{"@type":"SearchAction","target":{"@type":"EntryPoint","urlTemplate":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/?s={search_term_string}"},"query-input":{"@type":"PropertyValueSpecification","valueRequired":true,"valueName":"search_term_string"}}],"inLanguage":"fr-FR"}]}},"parsely":{"version":"1.1.0","canonical_url":"https:\/\/rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-75-n-2-mars-avril-1994-linformation-televisee-mode-demploi\/","smart_links":{"inbound":0,"outbound":0},"traffic_boost_suggestions_count":0,"meta":{"@context":"https:\/\/schema.org","@type":"NewsArticle","headline":"Vol. 75, N\u00b0 2 &#8211; Mars\/Avril 1994 &#8211; L&rsquo;information t\u00e9l\u00e9vis\u00e9e, mode d&#8217;emploi","url":"http:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-75-n-2-mars-avril-1994-linformation-televisee-mode-demploi\/","mainEntityOfPage":{"@type":"WebPage","@id":"http:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-75-n-2-mars-avril-1994-linformation-televisee-mode-demploi\/"},"thumbnailUrl":"","image":{"@type":"ImageObject","url":""},"articleSection":"Uncategorized","author":[],"creator":[],"publisher":{"@type":"Organization","name":"RBC","logo":""},"keywords":[],"dateCreated":"1994-03-01T06:00:00Z","datePublished":"1994-03-01T06:00:00Z","dateModified":"1994-03-01T06:00:00Z"},"rendered":"<script type=\"application\/ld+json\" class=\"wp-parsely-metadata\">{\"@context\":\"https:\\\/\\\/schema.org\",\"@type\":\"NewsArticle\",\"headline\":\"Vol. 75, N\\u00b0 2 &#8211; Mars\\\/Avril 1994 &#8211; L&rsquo;information t\\u00e9l\\u00e9vis\\u00e9e, mode d&#8217;emploi\",\"url\":\"http:\\\/\\\/www.rbc.com\\\/fr\\\/notre-compagnie\\\/histoire\\\/bulletin\\\/vol-75-n-2-mars-avril-1994-linformation-televisee-mode-demploi\\\/\",\"mainEntityOfPage\":{\"@type\":\"WebPage\",\"@id\":\"http:\\\/\\\/www.rbc.com\\\/fr\\\/notre-compagnie\\\/histoire\\\/bulletin\\\/vol-75-n-2-mars-avril-1994-linformation-televisee-mode-demploi\\\/\"},\"thumbnailUrl\":\"\",\"image\":{\"@type\":\"ImageObject\",\"url\":\"\"},\"articleSection\":\"Uncategorized\",\"author\":[],\"creator\":[],\"publisher\":{\"@type\":\"Organization\",\"name\":\"RBC\",\"logo\":\"\"},\"keywords\":[],\"dateCreated\":\"1994-03-01T06:00:00Z\",\"datePublished\":\"1994-03-01T06:00:00Z\",\"dateModified\":\"1994-03-01T06:00:00Z\"}<\/script>","tracker_url":"https:\/\/cdn.parsely.com\/keys\/rbc.com\/p.js"},"featured_img":false,"coauthors":[],"author_meta":{"author_link":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/author\/","display_name":""},"relative_dates":{"created":"Publi\u00e9 32 ans il y a","modified":"Mis \u00e0 jour 32 ans il y a"},"absolute_dates":{"created":"Publi\u00e9 le 1 mars 1994","modified":"Mise \u00e0 jour le 1 mars 1994"},"absolute_dates_time":{"created":"Publi\u00e9 le 1 mars 1994 6:00  ","modified":"Mise \u00e0 jour le 1 mars 1994 6:00  "},"featured_img_caption":"","tax_additional":{"category":{"linked":["<a href=\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/category\/uncategorized\/\" class=\"advgb-post-tax-term\">Uncategorized<\/a>"],"unlinked":["<span class=\"advgb-post-tax-term\">Uncategorized<\/span>"],"slug":"category","name":"Cat\u00e9gories"},"rbc_letter_theme":{"linked":[],"unlinked":[],"slug":"rbc_letter_theme","name":"Themes"},"rbc_letter_year":{"linked":["<a href=\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/year\/1994\/\" class=\"advgb-post-tax-term\">1994<\/a>"],"unlinked":["<span class=\"advgb-post-tax-term\">1994<\/span>"],"slug":"rbc_letter_year","name":"Years"}},"series_order":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/rbc_letter\/2315","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/rbc_letter"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/rbc_letter"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/rbc_letter\/2315\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2315"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2315"},{"taxonomy":"rbc_letter_theme","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/rbc_letter_theme?post=2315"},{"taxonomy":"rbc_letter_year","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/rbc_letter_year?post=2315"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}