{"id":2313,"date":"1992-03-01T06:00:00","date_gmt":"1992-03-01T06:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-73-n-2-mars-avril-1992-le-monde-du-travail-ce-civilise\/"},"modified":"1992-03-01T06:00:00","modified_gmt":"1992-03-01T06:00:00","slug":"vol-73-n-2-mars-avril-1992-le-monde-du-travail-ce-civilise","status":"publish","type":"rbc_letter","link":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-73-n-2-mars-avril-1992-le-monde-du-travail-ce-civilise\/","title":{"rendered":"Vol. 73 N\u00b0 2 &#8211; Mars\/Avril 1992 &#8211; Le monde du travail ce civilise"},"content":{"rendered":"<div id=\"layout-column-main\">\n<p class=\"boldtext\">Face \u00e0 l&rsquo;\u00e9volution de la main-d&rsquo;oeuvre,                     les entreprises doivent tenir compte des besoins personnels                     de leurs employ\u00e9s et offrir des horaires souples et des cong\u00e9s                     familiaux. La face du monde des affaires pourrait en \u00eatre                     chang\u00e9e. <\/p>\n<p> Lorsque nous, qui faisons aujourd&rsquo;hui partie de la population                     active, raconterons \u00e0 nos petits-enfants les temps de notre                     jeunesse, ils auront du mal \u00e0 nous croire. Bouche b\u00e9e, ils                     apprendront que, \u00e0 cette \u00e9poque dans la plupart des familles,                     seuls les papas allaient travailler tandis que les mamans                     restaient \u00e0 la maison pour s&rsquo;occuper des enfants. Pour garder                     intact le respect qu&rsquo;ils portent \u00e0 leurs a\u00een\u00e9s, mieux vaudra                     ne pas leur dire que, alors, la majorit\u00e9 des familles nord-am\u00e9ricaines                     pouvait vivre avec un seul salaire. Ceci leur para\u00eetra tout                     aussi incroyable que le fait qu&rsquo;il n&rsquo;y avait pratiquement                     aucune femme pompier ou camionneur et que celles qui exer\u00e7aient                     le m\u00e9tier de boucher, de l\u00e9gislateur, de chirurgien, de juge                     ou de chef d&rsquo;entreprise \u00e9taient l&rsquo;exception. <\/p>\n<p> Il sera suffisamment difficile de convaincre les jeunes                     de l&rsquo;existence d&rsquo;une telle r\u00e9alit\u00e9 sans chercher \u00e0 leur en                     donner les raisons. Dis-moi, grand-p\u00e8re, pourquoi les femmes                     n&rsquo;exer\u00e7aient- elles pas certains m\u00e9tiers\u00a0? \u00ab\u00a0Parce                     qu&rsquo;il y avait certaines choses qu&rsquo;elles ne faisaient pas.\u00a0\u00bb                     Pourquoi\u00a0? C&rsquo;\u00e9tait trop dur pour elles \u00a0? \u00ab\u00a0Non                     pas vraiment, simplement ce n&rsquo;\u00e9tait pas un travail de femme.                     \u00a0\u00bb Et pourquoi les grands patrons n&rsquo;\u00e9taient presque jamais                     des femmes\u00a0? Parce que \u00e7a ne les int\u00e9ressait pas\u00a0?                     \u00ab\u00a0Non, parce que les <em> hommes <\/em> \u00e9talent cens\u00e9s                     \u00eatre les patrons.\u00a0\u00bb Pourquoi\u00a0? \u00ab\u00a0Parce que&#8230;                     \u00e9coute, parlons d&rsquo;autre chose veux-tu.\u00a0\u00bb <\/p>\n<p> Ce ne sera pas la premi\u00e8re fois dans l&rsquo;histoire de l&rsquo;humanit\u00e9                     qu&rsquo;il sera impossible d&rsquo;expliquer des normes de travail qui,                     \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque, allaient de soi. Comment aujourd&rsquo;hui, d\u00e9fendre                     l&rsquo;esclavage\u00a0? Et pourtant, jadis, de nombreux planteurs                     du Sud des Etats-Unis, tr\u00e8s bons et tr\u00e8s croyants, trouvaient                     naturel de poss\u00e9der, d&rsquo;acheter et de vendre des \u00eatres humains.                   <\/p>\n<p> La domination masculine du monde du travail, bien que logiquement                     ind\u00e9fendable, a toujours \u00e9t\u00e9 un pilier de la morale protestante                     du travail. \u00ab\u00a0Les femmes sont faites pour rester \u00e0 la                     maison, avoir et \u00e9lever des enfants\u00a0\u00bb, a d\u00e9clar\u00e9 un homme                     \u00e9minent entre tous, Martin Luther. <\/p>\n<p> Cette morale reposait sur l&rsquo;id\u00e9e que le travail est une                     vertu, le plus s\u00fbr garant du salut spirituel de l&rsquo;homme. Une                     telle philosophie convenait particuli\u00e8rement bien \u00e0 l&rsquo;\u00e8re                     industrielle, \u00e9poque o\u00f9 le travail ne fut plus ex\u00e9cut\u00e9 \u00e0 domicile                     mais dans des usines o\u00f9 il exigeait efforts et concentration.                   <\/p>\n<p> La morale du travail, dans les mains de ceux dont elle servait                     les int\u00e9r\u00eats, fut un instrument d&rsquo;une souplesse remarquable.                     Les propri\u00e9taires d&rsquo;usines et de mines eurent t\u00f4t fait de                     d\u00e9couvrir qu&rsquo;ils pouvaient abaisser le co\u00fbt de la main-d&rsquo;oeuvre                     en employant des femmes et des enfants dans des conditions                     proches de l&rsquo;esclavage, admettant dans le m\u00eame temps que la                     place de la femme n&rsquo;\u00e9tait pas forc\u00e9ment au foyer. <\/p>\n<p> Cette morale a \u00e9t\u00e9 d\u00e9form\u00e9e au point d&rsquo;\u00eatre m\u00e9connaissable                     par les capitalistes du 19e si\u00e8cle. Pour justifier leur conduite,                     ils invent\u00e8rent la th\u00e9orie du \u00ab\u00a0darwinisme social\u00a0\u00bb,                     c&rsquo;est-\u00e0-dire qu&rsquo;ils appliqu\u00e8rent aux \u00eatres humains le principe                     de la s\u00e9lection naturelle. Dans la nature, proclamaient-ils,                     les forts mangent les faibles. Il semblait donc tout naturel                     que, dans le monde des affaires, les entreprises et les personnes                     puissantes exploitent leurs homologues plus faibles. Les ploutocrates                     d&rsquo;antan trouv\u00e8rent une source abondante de proies faciles                     parmi leurs employ\u00e9s. <\/p>\n<p> Mais s&rsquo;ils dictaient, gr\u00e2ce \u00e0 leurs perfides relations avec                     la presse, le ton de l&rsquo;opinion publique, tout ne leur \u00e9tait                     pas cependant permis. L&rsquo;outrage public mit fin \u00e0 l&rsquo;exploitation                     de la main-d&rsquo;oeuvre enfantine sur ce continent au d\u00e9but des                     ann\u00e9es 1900, et les pires aspects de l&rsquo;exploitation des femmes                     dans le secteur industriel furent \u00e9limin\u00e9s \u00e0 peu pr\u00e8s \u00e0 la                     m\u00eame \u00e9poque. La plupart des femmes s&rsquo;install\u00e8rent pendant                     la premi\u00e8re moiti\u00e9 du si\u00e8cle dans leur r\u00f4le de femme au foyer.                     N\u00e9anmoins, elles furent sauvagement exploit\u00e9es au Canada par                     des employeurs d&rsquo;apparence tout \u00e0 fait respectable jusqu&rsquo;\u00e0                     la Deuxi\u00e8me Guerre mondiale. <\/p>\n<p> N&rsquo;oublions pas non plus que les hommes furent \u00e9galement                     des victimes toutes trouv\u00e9es pendant les ann\u00e9es 1930 lorsque                     n&rsquo;importe quel emploi \u00e9tait un don du ciel. Les employ\u00e9s pouvaient                     soit accepter des conditions de travail ex\u00e9crables ou, comme                     on le leur annon\u00e7ait brutalement, grossir les rangs serr\u00e9s                     des chercheurs d&#8217;emploi affam\u00e9s. <\/p>\n<h3>Il partit en voyage et, en revenant, trouva son adjoint pr\u00eat \u00e0 le remplacer<\/h3>\n<p> Le souvenir romanc\u00e9 de la grande d\u00e9pression colora l&rsquo;attitude                     adopt\u00e9e \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard du travail apr\u00e8s la guerre. M\u00eame lorsque                     les emplois ne manquaient pas, les jeunes dont les parents                     avaient connu la d\u00e9pression s&rsquo;estimaient heureux d&rsquo;avoir un                     poste stable. La guerre froide contre le communisme aidant,                     le capitalisme d\u00e9borda son cadre \u00e9conomique et prit des allures                     de religion. <\/p>\n<p> Sous ce climat empreint d&rsquo;id\u00e9ologie, la morale protestante                     du travail brilla d&rsquo;un \u00e9clat plus vif que jamais. La valeur                     d&rsquo;une personne se mesurait \u00e0 sa capacit\u00e9 de travail. Le z\u00e8le                     \u00e9tait r\u00e9compens\u00e9 par des promotions qu&rsquo;accompagnait une hausse                     de salaire. Le standing et le revenu devinrent les principaux                     crit\u00e8res de la r\u00e9ussite personnelle. <\/p>\n<p> Le \u00ab\u00a0Company Man\u00a0\u00bb fit son apparition dans les                     tours flambant neuves des villes de l&rsquo;Am\u00e9rique du Nord. \u00c0                     ses c\u00f4t\u00e9s se tenait la \u00ab\u00a0 Company Wife\u00a0\u00bb, arm\u00e9e                     d&rsquo;un rang de perles et d&rsquo;un livre de cuisine pour faire avancer                     la carri\u00e8re de son mari. Le r\u00f4le de la femme mari\u00e9e visait                     \u00e0 g\u00e9rer le \u00ab\u00a0syst\u00e8me de soutien\u00a0\u00bb mis au service                     de la carri\u00e8re du mari. Ce dernier, apr\u00e8s une dure journ\u00e9e                     de travail, pouvait prendre un repos bien m\u00e9rit\u00e9 au sein d&rsquo;un                     foyer r\u00e9gl\u00e9 comme du papier \u00e0 musique, d\u00e9cor\u00e9 par des enfants                     bien \u00e9quilibr\u00e9s. \u00c0 l&rsquo;\u00e9pouse revenait la charge de les \u00e9lever.                   <\/p>\n<p> Ces hommes \u00e9taient davantage mari\u00e9s \u00e0 leur travail qu&rsquo;\u00e0                     leur femme. La question de choisir entre une r\u00e9union ou une                     visite au chevet d&rsquo;un enfant malade ne se posait m\u00eame pas                     pour eux. <\/p>\n<p> Les mentalit\u00e9s ont beaucoup \u00e9volu\u00e9 depuis les ann\u00e9es 1960,                     \u00e9poque o\u00f9 de jeunes rebelles oblig\u00e8rent brutalement la soci\u00e9t\u00e9                     occidentale \u00e0 repenser ses valeurs. Pourtant, l&rsquo;id\u00e9e que le                     travail passe avant la famille pr\u00e9vaut encore aujourd&rsquo;hui.                     Un article r\u00e9cent du <em> Wall Street Journal <\/em> raconte                     qu&rsquo;un vice-pr\u00e9sident refusa de repousser une fois encore ses                     vacances avec sa femme en raison d&rsquo;une pr\u00e9sentation \u00e0 faire                     au pr\u00e9sident de son entreprise. Son adjoint, d\u00e9clara-t-il,                     pouvait s&rsquo;en charger. Il partit en voyage et en revenant trouva                     ce dernier jouissant de la faveur du pr\u00e9sident et pr\u00eat \u00e0 le                     remplacer. <\/p>\n<p> \u00ab\u00a0Nous connaissons tous des anecdotes de ce genre et                     les tiraillements entre les obligations professionnelles et                     les engagements familiaux\u00a0\u00bb, commentent les auteurs.                     D&rsquo;apr\u00e8s le <em> Wall Street Journal <\/em> et Gallup, un grand                     nombre des cadres interrog\u00e9s estiment que le succ\u00e8s en affaires                     exige des sacrifices familiaux et personnels\u00a0\u00bb. <\/p>\n<p> Encore de nos jours, le \u00ab\u00a0c&rsquo;est \u00e0 prendre ou \u00e0 laisser\u00a0\u00bb                     pr\u00e9vaut. L&#8217;emploi est une entente d&rsquo;ordre purement commercial.                     Les \u00e9conomistes parlent de \u00ab\u00a0march\u00e9 du travail, d&rsquo;exc\u00e9dents                     ou de p\u00e9nuries de main-d&rsquo;oeuvre\u00a0\u00bb comme si les efforts                     humains n&rsquo;\u00e9taient qu&rsquo;une vulgaire marchandise. <\/p>\n<p> L&rsquo;analyse d\u00e9mographique suivante de deux \u00e9conomistes canadiens                     bien connus illustrent \u00e0 merveille cette attitude\u00a0: \u00ab\u00a0Le                     ralentissement de la croissance de la main-d&rsquo;oeuvre et son                     vieillissement <em> obligeront <\/em> le patronat et les syndicats                     \u00e0 \u00e9voluer\u00a0\u00bb (nos italiques). Ils pr\u00e9disent que, suite                     \u00e0 un inversement spectaculaire des tendances actuelles, le                     Canada devra faire face \u00e0 un manque de main-d&rsquo;oeuvre d\u00fb \u00e0                     la diminution de la population active. <\/p>\n<p> Les d\u00e9mographes annoncent que la raret\u00e9 des travailleurs                     entra\u00eenera rapidement une p\u00e9nurie de comp\u00e9tences et cr\u00e9era                     un march\u00e9 vendeur pour les travailleurs qualifi\u00e9s. La tendance                     actuelle \u00e0 la retraite anticip\u00e9e sera enray\u00e9e pour les personnes                     comp\u00e9tentes; la demande de travailleurs plus \u00e2g\u00e9s sera plus                     forte qu&rsquo;elle ne l&rsquo;a \u00e9t\u00e9 depuis des ann\u00e9es. Les femmes seront                     relativement plus nombreuses sur le march\u00e9 du travail, soit                     plus de 60 pour cent des travailleurs \u00e0 la fin du si\u00e8cle.                     Un grand nombre de personnes handicap\u00e9es travailleront, non                     parce que les entreprises auront davantage conscience de leurs                     responsabilit\u00e9s sociales, mais parce qu&rsquo;elles auront besoin                     d&rsquo;elles. <\/p>\n<p> La gestion des ressources humaines consistera \u00e0 apparier                     les besoins de l&rsquo;entreprise et ceux des employ\u00e9s, le march\u00e9                     de l&#8217;embauche devenant de plus en plus concurrentiel. Il est                     probable que les horaires souples seront recherch\u00e9s par des                     employ\u00e9s d\u00e9sireux de mieux assumer leurs responsabilit\u00e9s familiales.                     Celles- ci joueront un r\u00f4le de plus en plus important du fait                     qu&rsquo;un nombre croissant de femmes iront travailler, qu&rsquo;elles                     auront des enfants plus tard et que l&rsquo;\u00e2ge moyen de la population                     augmentera. De plus en plus, il sera n\u00e9cessaire de partager                     son temps entre son travail, l&rsquo;\u00e9ducation des enfants et les                     soins \u00e0 donner \u00e0 des parents \u00e2g\u00e9s. La femme am\u00e9ricaine moyenne                     consacrera, estime-t-on, autant d&rsquo;ann\u00e9es \u00e0 aider ses parents                     qu&rsquo;\u00e0 \u00e9lever ses enfants, soit de 17 \u00e0 18 ans. <\/p>\n<p> L&rsquo;\u00e9volution de la vie familiale lance un d\u00e9fi aux entreprises                     nord- am\u00e9ricaines qui doivent s&rsquo;adapter aux nouvelles r\u00e9alit\u00e9s                     sociales. L&rsquo;\u00e9poque o\u00f9 une m\u00e8re veuve, s\u00e9par\u00e9e ou divorc\u00e9e                     \u00e9tait rel\u00e9gu\u00e9e \u00e0 vie dans un poste subalterne est depuis longtemps                     r\u00e9volue. Aujourd&rsquo;hui elle est mari\u00e9e, ou pas, cadre ou sp\u00e9cialiste,                     dot\u00e9e de comp\u00e9tences et d&rsquo;une formation qui la rendent pr\u00e9cieuse                     aux yeux de son entreprise. Elle n&rsquo;abandonnera que temporairement                     son travail pour avoir des enfants, lorsqu&rsquo;elle aura la trentaine,                     voire la quarantaine. Aucune raison, pour elle, de choisir                     entre sa famille et sa carri\u00e8re; elle juge pouvoir se consacrer                     aux deux sous r\u00e9serve que son travail ne nuise en rien au                     bien-\u00eatre de ses enfants. <\/p>\n<h3>Un nouveau rythme de vie qui s&rsquo;accorde avec la cadence d&rsquo;une locomotive<\/h3>\n<p> Une nouvelle race de travailleurs masculins est \u00e9galement                     en train de na\u00eetre. L&rsquo;homme fait souvent partie d&rsquo;un couple                     qui jouit d&rsquo;un double revenu; il partage les t\u00e2ches m\u00e9nag\u00e8res                     avec sa femme, ou du moins en assume une partie. Ses valeurs                     s&rsquo;\u00e9cartent de celles de l&rsquo;homme de jadis; il estime en effet                     que le succ\u00e8s doit toucher \u00e0 tous les aspects de sa vie et                     que sa carri\u00e8re n&rsquo;est qu&rsquo;un \u00e9l\u00e9ment du tout. Comme l&rsquo;ont r\u00e9v\u00e9l\u00e9                     de nombreux sondages, il est souvent tiraill\u00e9 entre son travail                     et les soins \u00e0 donner \u00e0 ses enfants ou \u00e0 ses vieux parents.                     Il est cependant moins pr\u00eat \u00e0 composer avec ces difficult\u00e9s                     que la femme. <\/p>\n<p> Comme le soulignent Fran Sussner Rodgers et Charles Rodgers                     dans un article publi\u00e9 dans <em> l&rsquo;Harvard Business Review<\/em>,                     \u00ab\u00a0de nombreuses \u00e9tudes indiquent que tr\u00e8s peu d&rsquo;hommes                     profitent des cong\u00e9s familiaux que leur offrent les entreprises.                     Cependant, un sondage r\u00e9cent r\u00e9v\u00e8le qu&rsquo;ils sont nombreux \u00e0                     s&rsquo;absenter lors de la naissance d&rsquo;un enfant mais en prenant                     d&rsquo;autres sortes de cong\u00e9s &#8211; vacances, cong\u00e9s personnels, cong\u00e9s                     de maladie &#8211; ce qui \u00e0 leurs yeux est plus acceptable.\u00a0\u00bb                     Souvent, il faut bien en convenir, ils le font parce qu&rsquo;ils                     sont r\u00e9alistes. Un responsable des ressources humaines a avou\u00e9                     que \u00ab\u00a0si un homme demandait un cong\u00e9 pour cette raison                     (soins \u00e0 un enfant), sa carri\u00e8re en souffrirait\u00a0\u00bb. <\/p>\n<p> Toutes les recherches semblent donc indiquer qu&rsquo;une \u00e9volution                     des attitudes, des gestionnaires et des employ\u00e9s des deux                     sexes, s&rsquo;impose. Les gestionnaires doivent prendre conscience                     que des conditions de travail particuli\u00e8res n&rsquo;encouragent                     pas la paresse ni ne sont incompatibles avec une carri\u00e8re.                     L&rsquo;homme qui fait partie d&rsquo;un m\u00e9nage o\u00f9 les deux travaillent                     doit \u00eatre capable de se pr\u00e9valoir des cong\u00e9s familiaux et                     d&rsquo;assumer sa part de t\u00e2ches m\u00e9nag\u00e8res. D&rsquo;apr\u00e8s Marilyn Machlowitz,                     conseill\u00e8re en carri\u00e8re \u00e0 New York, \u00ab\u00a0les maris devraient                     \u00e9galement s&rsquo;assurer que leur femme n&rsquo;exerce pas deux emplois.                     En effet, il n&rsquo;est pas rare pour d&rsquo;anciennes femmes au foyer                     d&rsquo;accepter un travail \u00e0 temps plein sans pour autant r\u00e9duire                     leurs t\u00e2ches familiales.\u00a0\u00bb <\/p>\n<p> Les gestionnaires trouvent difficile d&rsquo;abandonner les anciennes                     pr\u00e9rogatives des employeurs, notamment les prescriptions des                     lieux et des heures de travail des employ\u00e9s. La mentalit\u00e9                     montre en main est profond\u00e9ment ancr\u00e9e dans des moeurs qui                     se sont r\u00e9pandues \u00ab\u00a0 lorsque la vapeur commen\u00e7a de faire                     tourner les roues \u00e0 tant de r\u00e9volutions par minute\u00a0\u00bb,                     pour reprendre l&rsquo;expression pittoresque de George W. Russell,                     commentateur social irlandais. \u00ab\u00a0Ce que nous appelons                     les habitudes de travail ont \u00e9t\u00e9 invent\u00e9es pour que la vie                     de l&rsquo;homme s&rsquo;accorde avec la cadence de la locomotive et que                     ses mouvements rivalisent de ponctualit\u00e9 avec le train.\u00a0\u00bb                   <\/p>\n<p> Un grand nombre de r\u00e9gimes qui visent \u00e0 permettre aux employ\u00e9s                     de s&rsquo;occuper de leur famille sans \u00eatre p\u00e9nalis\u00e9s reposent                     sur l&rsquo;acceptation que les horaires traditionnels ne sont pas                     sacr\u00e9s. On peut travailler \u00e0 temps partiel ou \u00e0 des heures                     insolites selon les circonstances. Deux employ\u00e9s peuvent partager                     le m\u00eame emploi et remplir ainsi tous deux leurs obligations                     familiales. On peut, gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;\u00e9lectronique, travailler \u00e0                     la maison et aller au bureau seulement lorsque c&rsquo;est n\u00e9cessaire.                     Ou bien on peut opter pour la semaine comprim\u00e9e afin d&rsquo;avoir                     un jour suppl\u00e9mentaire \u00e0 consacrer \u00e0 sa famille. <\/p>\n<p> Les travailleurs qui approchent de la retraite diminueront                     peut- \u00eatre progressivement leurs heures de travail ou prendront                     une retraite partielle. Dans certaines organisations, les                     cong\u00e9s de maternit\u00e9 sont prolong\u00e9s afin de donner aux m\u00e8res                     tout le temps n\u00e9cessaire pour organiser la garde de leurs                     enfants. Des entreprises aident aujourd&rsquo;hui leurs employ\u00e9s                     \u00e0 prendre soin de leurs enfants ou de leurs parents devenus                     fragiles. C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;existe toute une cat\u00e9gorie \u00ab\u00a0d&rsquo;avantages                     tranquillit\u00e9 d&rsquo;esprit \u00a0\u00bb, inconnue il y a quelques ann\u00e9es                     \u00e0 peine. <\/p>\n<p> Dans le m\u00eame temps, les vieilles habitudes ont la vie dure,                     notamment la notion que l&rsquo;optimisation des b\u00e9n\u00e9fices est la                     raison d&rsquo;\u00eatre des affaires. Les praticiens des ressources                     humaines jugent toujours n\u00e9cessaire de \u00ab\u00a0vendre\u00a0\u00bb                     aux entreprises l&rsquo;id\u00e9e qu&rsquo;en se concentrant sur les besoins                     humains des employ\u00e9s, les r\u00e9sultats s&rsquo;am\u00e9lioreront. <\/p>\n<p> Les sp\u00e9cialistes encouragent l&rsquo;adoption d&rsquo;horaires souples                     qui devraient r\u00e9duire les retards, l&rsquo;absent\u00e9isme et le temps                     consacr\u00e9 \u00e0 des appels personnels. En offrant un service de                     gardiennage, les soci\u00e9t\u00e9s luttent contre \u00ab\u00a0le syndrome                     de trois heures\u00a0\u00bb, c&rsquo;est-\u00e0- dire la perte de production                     au moment o\u00f9 les enfants sortent de l&rsquo;\u00e9cole et o\u00f9 les parents                     s&rsquo;inqui\u00e8tent de les savoir seuls. Aider les travailleurs \u00e0                     soigner leurs parents \u00e2g\u00e9s est un moyen, pour la soci\u00e9t\u00e9,                     de tirer parti de ses investissements en gardant des employ\u00e9s                     qu&rsquo;elle a form\u00e9s et dont le rendement est \u00e9lev\u00e9. Sans cet                     appui, ils seraient peut-\u00eatre oblig\u00e9s de partir. <\/p>\n<h3>Traiter les employ\u00e9s comme des \u00eatres humains et non comme des facteurs de production<\/h3>\n<p> Sur le plan macro-\u00e9conomique, les politiques qui r\u00e9pondent                     aux besoins humains sont \u00e9galement pass\u00e9es au peigne fin de                     la faisabilit\u00e9. \u00ab\u00a0Notre \u00e9conomie a besoin, pour demeurer                     concurrentielle, d&rsquo;une main-d&rsquo;oeuvre hautement qualifi\u00e9e et                     productive. Cette main-d&rsquo;oeuvre doit pouvoir se reproduire                     et soigner convenablement ses enfants qui seront la main-d&rsquo;oeuvre                     de demain\u00a0\u00bb, d\u00e9clare l&rsquo;Harvard Business Review. <\/p>\n<p> Il est clair que le destin comp\u00e9titif des entreprises nord-                     am\u00e9ricaines d\u00e9pendra de leur traitement de l&rsquo;\u00e9l\u00e9ment humain.                     Comme le d\u00e9clare Paul A. Samuelson dans Economics, \u00ab\u00a0les                     \u00eatres humains constituent le capital social le plus important                     de la nation, un capital de surcro\u00eet au rendement \u00e9lev\u00e9 et                     dans lequel nous avons trop peu investi par le pass\u00e9.\u00a0\u00bb                   <\/p>\n<p> Ce manque d&rsquo;investissement a d&rsquo;ailleurs \u00e9t\u00e9 aggrav\u00e9 par                     le manque de r\u00e9flexion sur la dimension humaine des travailleurs                     qui ont des int\u00e9r\u00eats vitaux en dehors de leur travail. Pendant                     les jours glorieux de la r\u00e9volution industrielle, Abraham                     Lincoln d\u00e9clara qu&rsquo; \u00ab\u00a0un cheval aveugle dans un man\u00e8ge\u00a0\u00bb                     illustrait \u00e0 merveille le comportement des employeurs \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard                     du travailleur am\u00e9ricain. On retrouve la m\u00eame attitude dans                     les paroles souvent cit\u00e9es de certains sages qui affirment                     qu&rsquo;on ne peut s&rsquo;attendre \u00e0 ce qu&rsquo;une entreprise ait une conscience                     sociale. La direction d&rsquo;une firme a pour seule responsabilit\u00e9                     de gagner autant d&rsquo;argent que possible, compte tenu des r\u00e8gles                     fondamentales de la soci\u00e9t\u00e9, maintiennent-ils. <\/p>\n<p> Cette th\u00e9orie ignore l&rsquo;\u00e9volution affich\u00e9e ces derni\u00e8res                     d\u00e9cennies par la fonction sociale des entreprises. Selon le                     sociologue Daniel Bell dans son livre <em> The Coming of Post-Industrial                     Society<\/em>, \u00ab\u00a0 dans la mesure o\u00f9 les sources traditionnelles                     de soutien social (la petite ville, l&rsquo;\u00e9glise et la famille)                     se sont effondr\u00e9es, de nouveaux organismes, notamment l&rsquo;entreprise,                     ont pris leur place, lesquels se transforment in\u00e9vitablement                     en forum o\u00f9 est revendiqu\u00e9 le droit \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9, \u00e0 la justice                     et au respect. Penser aux entreprises commerciales en termes                     purement \u00e9conomiques est se m\u00e9prendre compl\u00e8tement sur le                     sens des changements sociaux qui ont marqu\u00e9 la derni\u00e8re partie                     du si\u00e8cle.\u00a0\u00bb <\/p>\n<p> Bell a lanc\u00e9 la notion de \u00ab\u00a0membres\u00a0\u00bb plut\u00f4t que                     d&rsquo;\u00ab\u00a0employ\u00e9s\u00a0\u00bb d&rsquo;une entreprise, laquelle est cens\u00e9e                     offrir \u00ab\u00a0une mani\u00e8re de vivre satisfaisante\u00a0\u00bb. Elle                     doit donc s&rsquo;int\u00e9resser directement au bien- \u00eatre personnel                     de ses membres. <\/p>\n<p> Parmi toutes les paroles qui ont d\u00e9crit les avantages commerciaux                     qui d\u00e9coulent de l&rsquo;adaptation des activit\u00e9s aux besoins des                     employ\u00e9s, rares \u00e9taient celles qui ne portaient pas sur le                     c\u00f4t\u00e9 commercial. Personne, semble-t-il, n&rsquo;a pris la peine                     de souligner que traiter les employ\u00e9s comme des \u00eatres humains                     \u00e0 part enti\u00e8re et non comme des facteurs de production est                     simplement raisonnable. Les normes sociales des entreprises                     commencent tout juste \u00e0 combler le retard qu&rsquo;elles ont pris                     sur les normes humanistes qui s&rsquo;appliquent \u00e0 d&rsquo;autres aspects                     de la soci\u00e9t\u00e9 occidentale. <\/p>\n<h3>Concilier les imp\u00e9ratifs du travail et ceux de                   l&rsquo;amour familial<\/h3>\n<p> \u00ab\u00a0La civilisation consiste \u00e0 multiplier et \u00e0 affiner                     les besoins humains\u00a0\u00bb, a \u00e9crit Robert A. Millikan, scientifique                     am\u00e9ricain. Ces besoins ne touchent pas tous aux choses mat\u00e9rielles.                     Le plus profond d&rsquo;entre eux rel\u00e8ve du monde des sentiments.                     Les nouveaux r\u00e9gimes que les entreprises \u00e9clair\u00e9es \u00e9laborent                     pour s&rsquo;adapter \u00e0 l&rsquo;\u00e9volution de la main-d&rsquo;oeuvre s&rsquo;adressent                     directement aux sentiments profonds qui existent au sein des                     familles unies. <\/p>\n<p> En parlant de son h\u00e9ros Sigmund Freud, le psychanalyste                     Theodore Reik a observ\u00e9 que \u00ab\u00a0dans le cadre d&rsquo;un traitement                     psychanalytique, ses objectifs se limitaient \u00e0 amener le patient                     au point o\u00f9 il \u00e9tait capable de travailler pour vivre, et                     d&rsquo;aimer\u00a0: le travail et l&rsquo;amour, les deux p\u00f4les de la                     vie.\u00a0\u00bb Les entreprises qui modifient les conditions de                     travail pour accommoder les obligations personnelles de leurs                     employ\u00e9s s&rsquo;ing\u00e9nient essentiellement \u00e0 concilier les imp\u00e9ratifs                     du travail et ceux de l&rsquo;amour familial. <\/p>\n<p> Ce faisant, elles s&rsquo;\u00e9loignent du pur et dur primitivisme,                     jug\u00e9 trop longtemps admirable par les gestionnaires nord-am\u00e9ricains.                     Ce faisant, elles s&rsquo;orientent vers une soci\u00e9t\u00e9 plus civilis\u00e9e                     au sein de laquelle les \u00eatres humains ne seront plus tiraill\u00e9s                     entre les deux p\u00f4les de la vie, le travail et l&rsquo;amour. <\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<\/p><\/div>\n","protected":false},"author":0,"featured_media":0,"template":"","categories":[1],"rbc_letter_theme":[],"rbc_letter_year":[73],"class_list":["post-2313","rbc_letter","type-rbc_letter","status-publish","hentry","category-uncategorized","rbc_letter_year-73"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO Premium plugin v27.2 (Yoast SEO v27.2) - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-premium-wordpress\/ -->\n<title>Vol. 73 N\u00b0 2 - Mars\/Avril 1992 - Le monde du travail ce civilise - RBC<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-73-n-2-mars-avril-1992-le-monde-du-travail-ce-civilise\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Vol. 73 N\u00b0 2 - Mars\/Avril 1992 - Le monde du travail ce civilise\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Face \u00e0 l&rsquo;\u00e9volution de la main-d&rsquo;oeuvre, les entreprises doivent tenir compte des besoins personnels de leurs employ\u00e9s et offrir des horaires souples et des cong\u00e9s familiaux. La face du monde des affaires pourrait en \u00eatre chang\u00e9e. Lorsque nous, qui faisons aujourd&rsquo;hui partie de la population active, raconterons \u00e0 nos petits-enfants les temps de notre jeunesse, [&hellip;]\" \/>\n<meta property=\"og:url\" content=\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-73-n-2-mars-avril-1992-le-monde-du-travail-ce-civilise\/\" \/>\n<meta property=\"og:site_name\" content=\"RBC\" \/>\n<meta name=\"twitter:card\" content=\"summary_large_image\" \/>\n<meta name=\"twitter:label1\" content=\"Est. reading time\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data1\" content=\"16 minutes\" \/>\n<script type=\"application\/ld+json\" class=\"yoast-schema-graph\">{\"@context\":\"https:\/\/schema.org\",\"@graph\":[{\"@type\":\"WebPage\",\"@id\":\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-73-n-2-mars-avril-1992-le-monde-du-travail-ce-civilise\/\",\"url\":\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-73-n-2-mars-avril-1992-le-monde-du-travail-ce-civilise\/\",\"name\":\"Vol. 73 N\u00b0 2 - Mars\/Avril 1992 - Le monde du travail ce civilise - RBC\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/#website\"},\"datePublished\":\"1992-03-01T06:00:00+00:00\",\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"ReadAction\",\"target\":[\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-73-n-2-mars-avril-1992-le-monde-du-travail-ce-civilise\/\"]}]},{\"@type\":\"WebSite\",\"@id\":\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/#website\",\"url\":\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/\",\"name\":\"RBC\",\"description\":\"\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"SearchAction\",\"target\":{\"@type\":\"EntryPoint\",\"urlTemplate\":\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/?s={search_term_string}\"},\"query-input\":{\"@type\":\"PropertyValueSpecification\",\"valueRequired\":true,\"valueName\":\"search_term_string\"}}],\"inLanguage\":\"fr-FR\"}]}<\/script>\n<!-- \/ Yoast SEO Premium plugin. -->","yoast_head_json":{"title":"Vol. 73 N\u00b0 2 - Mars\/Avril 1992 - Le monde du travail ce civilise - RBC","robots":{"index":"index","follow":"follow","max-snippet":"max-snippet:-1","max-image-preview":"max-image-preview:large","max-video-preview":"max-video-preview:-1"},"canonical":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-73-n-2-mars-avril-1992-le-monde-du-travail-ce-civilise\/","og_locale":"fr_FR","og_type":"article","og_title":"Vol. 73 N\u00b0 2 - Mars\/Avril 1992 - Le monde du travail ce civilise","og_description":"Face \u00e0 l&rsquo;\u00e9volution de la main-d&rsquo;oeuvre, les entreprises doivent tenir compte des besoins personnels de leurs employ\u00e9s et offrir des horaires souples et des cong\u00e9s familiaux. La face du monde des affaires pourrait en \u00eatre chang\u00e9e. Lorsque nous, qui faisons aujourd&rsquo;hui partie de la population active, raconterons \u00e0 nos petits-enfants les temps de notre jeunesse, [&hellip;]","og_url":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-73-n-2-mars-avril-1992-le-monde-du-travail-ce-civilise\/","og_site_name":"RBC","twitter_card":"summary_large_image","twitter_misc":{"Est. reading time":"16 minutes"},"schema":{"@context":"https:\/\/schema.org","@graph":[{"@type":"WebPage","@id":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-73-n-2-mars-avril-1992-le-monde-du-travail-ce-civilise\/","url":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-73-n-2-mars-avril-1992-le-monde-du-travail-ce-civilise\/","name":"Vol. 73 N\u00b0 2 - Mars\/Avril 1992 - Le monde du travail ce civilise - RBC","isPartOf":{"@id":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/#website"},"datePublished":"1992-03-01T06:00:00+00:00","inLanguage":"fr-FR","potentialAction":[{"@type":"ReadAction","target":["https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-73-n-2-mars-avril-1992-le-monde-du-travail-ce-civilise\/"]}]},{"@type":"WebSite","@id":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/#website","url":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/","name":"RBC","description":"","potentialAction":[{"@type":"SearchAction","target":{"@type":"EntryPoint","urlTemplate":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/?s={search_term_string}"},"query-input":{"@type":"PropertyValueSpecification","valueRequired":true,"valueName":"search_term_string"}}],"inLanguage":"fr-FR"}]}},"parsely":{"version":"1.1.0","canonical_url":"https:\/\/rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-73-n-2-mars-avril-1992-le-monde-du-travail-ce-civilise\/","smart_links":{"inbound":0,"outbound":0},"traffic_boost_suggestions_count":0,"meta":{"@context":"https:\/\/schema.org","@type":"NewsArticle","headline":"Vol. 73 N\u00b0 2 &#8211; Mars\/Avril 1992 &#8211; Le monde du travail ce civilise","url":"http:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-73-n-2-mars-avril-1992-le-monde-du-travail-ce-civilise\/","mainEntityOfPage":{"@type":"WebPage","@id":"http:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-73-n-2-mars-avril-1992-le-monde-du-travail-ce-civilise\/"},"thumbnailUrl":"","image":{"@type":"ImageObject","url":""},"articleSection":"Uncategorized","author":[],"creator":[],"publisher":{"@type":"Organization","name":"RBC","logo":""},"keywords":[],"dateCreated":"1992-03-01T06:00:00Z","datePublished":"1992-03-01T06:00:00Z","dateModified":"1992-03-01T06:00:00Z"},"rendered":"<script type=\"application\/ld+json\" class=\"wp-parsely-metadata\">{\"@context\":\"https:\\\/\\\/schema.org\",\"@type\":\"NewsArticle\",\"headline\":\"Vol. 73 N\\u00b0 2 &#8211; Mars\\\/Avril 1992 &#8211; Le monde du travail ce civilise\",\"url\":\"http:\\\/\\\/www.rbc.com\\\/fr\\\/notre-compagnie\\\/histoire\\\/bulletin\\\/vol-73-n-2-mars-avril-1992-le-monde-du-travail-ce-civilise\\\/\",\"mainEntityOfPage\":{\"@type\":\"WebPage\",\"@id\":\"http:\\\/\\\/www.rbc.com\\\/fr\\\/notre-compagnie\\\/histoire\\\/bulletin\\\/vol-73-n-2-mars-avril-1992-le-monde-du-travail-ce-civilise\\\/\"},\"thumbnailUrl\":\"\",\"image\":{\"@type\":\"ImageObject\",\"url\":\"\"},\"articleSection\":\"Uncategorized\",\"author\":[],\"creator\":[],\"publisher\":{\"@type\":\"Organization\",\"name\":\"RBC\",\"logo\":\"\"},\"keywords\":[],\"dateCreated\":\"1992-03-01T06:00:00Z\",\"datePublished\":\"1992-03-01T06:00:00Z\",\"dateModified\":\"1992-03-01T06:00:00Z\"}<\/script>","tracker_url":"https:\/\/cdn.parsely.com\/keys\/rbc.com\/p.js"},"featured_img":false,"coauthors":[],"author_meta":{"author_link":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/author\/","display_name":""},"relative_dates":{"created":"Publi\u00e9 34 ans il y a","modified":"Mis \u00e0 jour 34 ans il y a"},"absolute_dates":{"created":"Publi\u00e9 le 1 mars 1992","modified":"Mise \u00e0 jour le 1 mars 1992"},"absolute_dates_time":{"created":"Publi\u00e9 le 1 mars 1992 6:00  ","modified":"Mise \u00e0 jour le 1 mars 1992 6:00  "},"featured_img_caption":"","tax_additional":{"category":{"linked":["<a href=\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/category\/uncategorized\/\" class=\"advgb-post-tax-term\">Uncategorized<\/a>"],"unlinked":["<span class=\"advgb-post-tax-term\">Uncategorized<\/span>"],"slug":"category","name":"Cat\u00e9gories"},"rbc_letter_theme":{"linked":[],"unlinked":[],"slug":"rbc_letter_theme","name":"Themes"},"rbc_letter_year":{"linked":["<a href=\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/year\/1992\/\" class=\"advgb-post-tax-term\">1992<\/a>"],"unlinked":["<span class=\"advgb-post-tax-term\">1992<\/span>"],"slug":"rbc_letter_year","name":"Years"}},"series_order":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/rbc_letter\/2313","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/rbc_letter"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/rbc_letter"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/rbc_letter\/2313\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2313"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2313"},{"taxonomy":"rbc_letter_theme","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/rbc_letter_theme?post=2313"},{"taxonomy":"rbc_letter_year","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/rbc_letter_year?post=2313"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}