{"id":2312,"date":"1991-03-01T06:00:00","date_gmt":"1991-03-01T06:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-72-n-2-mars-avril-1991-ou-est-passee-la-loyaute\/"},"modified":"1991-03-01T06:00:00","modified_gmt":"1991-03-01T06:00:00","slug":"vol-72-n-2-mars-avril-1991-ou-est-passee-la-loyaute","status":"publish","type":"rbc_letter","link":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-72-n-2-mars-avril-1991-ou-est-passee-la-loyaute\/","title":{"rendered":"Vol. 72 N\u00b0 2 &#8211; Mars\/Avril 1991 &#8211; Ou est pass\u00e9e la loyaut\u00e9 ?"},"content":{"rendered":"<div id=\"layout-column-main\">\n<p>L&rsquo;auditoire du s\u00e9minaire \u00e9tait constitu\u00e9                     de cadres et de sp\u00e9cialistes des ressources humaines.                     Le conf\u00e9rencier \u00e9tait un psychologue industriel                     am\u00e9ricain bien connu. Le sujet\u00a0: la nouvelle race                     des travailleurs nord-am\u00e9ricains. Le ton \u00e9tait                     s\u00e9rieux, voire grave. <\/p>\n<p> Le conf\u00e9rencier remarqua qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui les employ\u00e9s                     \u00e9taient moins enclins \u00e0 faire leurs les buts                     de leur employeur car ils ne se sentaient pas attach\u00e9s                     \u00e0 lui. Il ajouta que, selon des recherches, ce manque                     de liens \u00e9troits caract\u00e9risait toutes les relations                     des jeunes, m\u00eame celles nou\u00e9es en dehors du travail.                   <\/p>\n<p> En fait, constata-t-il, ils tendent \u00e0 fuir tout attachement                     durable, jugeant que m\u00eame les rapports les plus intimes                     peuvent \u00eatre rompus unilat\u00e9ralement sans pr\u00e9avis.                     Comment s&rsquo;\u00e9tonner que des gens qui ont si peu le sens                     de la permanence refusent de se donner pleinement \u00e0                     un travail qu&rsquo;ils peuvent quitter \u00e0 tout moment\u00a0?                   <\/p>\n<p> Pour d\u00e9crire ce ph\u00e9nom\u00e8ne, le psychologue                     se servit d&rsquo;un nombre impressionnant de termes techniques                     tels que d\u00e9tachement, ali\u00e9nation et dissociation.                     Une personne moins savante et d\u00e9mod\u00e9e aurait                     tout bonnement parl\u00e9 d&rsquo;un manque de loyaut\u00e9.                   <\/p>\n<p> Mais, les moins de 35 ans connaissent-ils seulement ce mot\u00a0?                     En saisissent-ils pleinement le sens\u00a0? Il semblerait                     que, dans notre soci\u00e9t\u00e9, la loyaut\u00e9 soit                     une notion d\u00e9su\u00e8te, le souvenir pittoresque                     d&rsquo;une \u00e8re plus candide. <\/p>\n<p> M\u00eame sa d\u00e9finition a quelque chose de surann\u00e9.                     Le Larousse d\u00e9clare que la personne loyale est celle                     qui ob\u00e9it aux lois de l&rsquo;honneur, de la probit\u00e9                     et de la droiture. Il y a longtemps que le mot \u00ab\u00a0droiture\u00a0\u00bb                     ne vient plus \u00e0 l&rsquo;esprit en pensant \u00e0 l&rsquo;appui                     sans r\u00e9serve accord\u00e9 \u00e0 un leader ou \u00e0                     un id\u00e9al. Quant \u00e0 l&rsquo;\u00ab\u00a0honneur\u00a0\u00bb, il                     ne figure pratiquement plus dans le vocabulaire civil courant                     des pays occidentaux. <\/p>\n<p> Certains dictionnaires remontent encore plus loin et, se                     r\u00e9f\u00e9rant \u00e0 la f\u00e9odalit\u00e9,                     parlent d&rsquo;\u00ab\u00a0all\u00e9geance absolue\u00a0\u00bb. Mot d\u00e9riv\u00e9                     de l&rsquo;ancien fran\u00e7ais, l&rsquo;all\u00e9geance (li jance)                     \u00e9tait le serment de fid\u00e9lit\u00e9 pr\u00eat\u00e9                     par un vassal \u00e0 son suzerain. Au Moyen-\u00c2ge, la                     f\u00e9odalit\u00e9 \u00e9tait le r\u00e9gime politique                     auquel \u00e9taient assujettis des millions de personnes                     en Europe, en Inde, en Chine et au Japon. <\/p>\n<p> Ce syst\u00e8me devait son existence \u00e0 la loyaut\u00e9.                     La haute noblesse jurait fid\u00e9lit\u00e9 au souverain,                     les petits nobles \u00e0 leur seigneur et ainsi de suite                     jusqu&rsquo;aux serfs. Dans sa forme la plus pure, la loyaut\u00e9                     f\u00e9odale consistait en un \u00e9change de promesses.                     Lorsqu&rsquo;un fief, c&rsquo;est-\u00e0-dire un domaine, \u00e9tait                     conc\u00e9d\u00e9 \u00e0 un vassal, \u00ab\u00a0ce dernier,                     s&rsquo;agenouillant devant son suzerain, lui pr\u00e9sentait                     les mains et pr\u00eatait serment de fid\u00e9lit\u00e9                     tandis que le seigneur scellait le pacte en l&#8217;embrassant et                     en le relevant\u00a0\u00bb. <\/p>\n<p> Le seigneur promettait ainsi de veiller sur son vassal et                     de le prot\u00e9ger. Le vassal, lui, s&rsquo;engageait \u00e0                     lui payer un loyer en esp\u00e8ces ou en nature, et \u00e0                     lui pr\u00eater main-forte. Ces serments reposaient sur la                     th\u00e9orie que la loyaut\u00e9 est un engagement r\u00e9ciproque.                   <\/p>\n<p> Il ne fait aucun doute que, dans le cadre des soci\u00e9t\u00e9s                     f\u00e9odales, la pratique s&rsquo;\u00e9loignait souvent de                     la th\u00e9orie. La loyaut\u00e9 du vassal s&rsquo;obtenait                     parfois sous la contrainte. Le syst\u00e8me n&rsquo;aurait pu                     cependant exister sans l&rsquo;honn\u00eatet\u00e9 de la plupart                     de ceux qui d\u00e9tenaient le pouvoir. La f\u00e9odalit\u00e9                     fut g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e et perdura de nombreux                     si\u00e8cles. Si elle n&rsquo;avait pas servi les int\u00e9r\u00eats                     de la majorit\u00e9, elle aurait \u00e9t\u00e9 abolie                     par des r\u00e9volutions. <\/p>\n<h3>Pas aveugle, ni sensible au point de vue de l&rsquo;autre<\/h3>\n<p> D&rsquo;ailleurs, la notion de loyaut\u00e9 politique, qui vit                     le jour sous la f\u00e9odalit\u00e9, ne disparut pas avec                     elle. Aujourd&rsquo;hui, dans tous les pays du monde, le peuple                     jure de rester fid\u00e8le au symbole de l&rsquo;autorit\u00e9                     supr\u00eame, qu&rsquo;il s&rsquo;agisse d&rsquo;un monarque, d&rsquo;un pr\u00e9sident,                     d&rsquo;une constitution ou d&rsquo;un drapeau. Dans les forces arm\u00e9es                     ou autres organisations en uniforme, l&rsquo;all\u00e9geance est                     affich\u00e9e par des embl\u00e8mes et des c\u00e9r\u00e9monies                     d&rsquo;origine moyen\u00e2geuse. <\/p>\n<p> Le pragmatiste ne trouvera sans doute ni rime ni raison                     \u00e0 ces actes symboliques mais il aura tort. La loyaut\u00e9                     est essentielle \u00e0 l&rsquo;\u00e9tablissement d&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9                     civilis\u00e9e. Elle perp\u00e9tue les liens humains les                     plus importants nou\u00e9s entre les couples, les parents,                     les coll\u00e8gues et les amis. Elle est garante de l&rsquo;ordre                     civique. Les pays qui ne prennent pas au s\u00e9rieux les                     serments d&rsquo;all\u00e9geance aux autorit\u00e9s \u00e9tablies                     invitent les luttes de pouvoir. <\/p>\n<p> Les drapeaux, les uniformes et autres symboles sont l&rsquo;expression                     visible de la fiert\u00e9 qu&rsquo;un peuple porte \u00e0 ses                     appartenances. Les \u00eatres humains trouvent leur identit\u00e9                     en int\u00e9riorisant les caract\u00e9ristiques des organismes                     dont ils sont membres\u00a0: leur pays ou leur religion. <\/p>\n<p> La loyaut\u00e9 institutionnelle est g\u00e9n\u00e9ralement                     accord\u00e9e aux groupes constitu\u00e9s de personnes                     qui nous ressemblent, c&rsquo;est-\u00e0-dire nos compatriotes,                     ceux avec qui nous partageons les m\u00eames croyances religieuses,                     politiques ou traits ethniques. Le revers de la m\u00e9daille                     d&rsquo;associations aussi \u00e9troites est malheureusement le                     m\u00e9pris, la crainte et la haine de ceux qui en sont                     exclus. On dit souvent que la loyaut\u00e9 est \u00ab\u00a0aveugle\u00a0\u00bb.                     Sans aller si loin, elle emp\u00eache cependant de consid\u00e9rer                     objectivement le point de vue de l&rsquo;autre. <\/p>\n<p> Rien ne renforce plus la loyaut\u00e9 entre deux personnes                     qu&rsquo;un ennemi commun. Lorsqu&rsquo;une guerre \u00e9clate pour                     une bonne ou une mauvaise cause, la loyaut\u00e9 est une                     source de bravoure. Malheureusement, elle donne \u00e9galement                     naissance \u00e0 la bigoterie qui, d&rsquo;ailleurs, est souvent                     la raison m\u00eame du conflit. M\u00eame sans intervention                     militaire, elle empoisonne les rivalit\u00e9s raciales et                     religieuses qui bouleversent le monde. <\/p>\n<p> La bellig\u00e9rance alli\u00e9e \u00e0 la loyaut\u00e9                     renforce la th\u00e9orie selon laquelle cette derni\u00e8re                     a pour origine la famille. \u00c0 l&rsquo;\u00e9poque pr\u00e9historique,                     le groupe familial devait se prot\u00e9ger contre les pillards,                     \u00e0 moins qu&rsquo;il ne s&rsquo;adonne lui-m\u00eame au pillage.                   <\/p>\n<p> En cas de p\u00e9ril, il \u00e9tait imp\u00e9ratif                     d&rsquo;avoir une confiance absolue dans les autres membres du groupe.                     D&rsquo;un accord tacite, le chef de famille, le p\u00e8re ou                     le grand-p\u00e8re, s&rsquo;assurait de cette confiance en punissant                     les tra\u00eetres, g\u00e9n\u00e9ralement par la peine                     de mort qui sanctionnait ainsi l&rsquo;abjection de leur crime.                     Un ch\u00e2timent plus cl\u00e9ment \u00e9tait le bannissement,                     efficace en raison de la crainte d&rsquo;\u00eatre mis au ban de                     la soci\u00e9t\u00e9 et d&rsquo;\u00eatre consid\u00e9r\u00e9                     comme un tra\u00eetre. <\/p>\n<p> Lorsque les \u00eatres humains \u00e9tendirent leurs                     liens familiaux aux autorit\u00e9s spirituelles, \u00e9conomiques                     et politiques, ce r\u00f4le du patriarche, de l\u00e9gislateur                     et de policier fut jou\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle de                     la soci\u00e9t\u00e9. C&rsquo;est ainsi que le roi devint le                     \u00ab\u00a0p\u00e8re du peuple\u00a0\u00bb, que le pr\u00eatre donna                     des b\u00e9n\u00e9dictions paternelles et que l&rsquo;entrepreneur                     se consid\u00e9ra comme le chef d&rsquo;une famille nombreuse                     et heureuse. Les gens ordinaires, jugeant que ces \u00ab\u00a0p\u00e8res\u00a0\u00bb                     \u00e9taient les gardiens de l&rsquo;ordre public essentiel \u00e0                     la survie de leur localit\u00e9, s&rsquo;inclinaient devant leur                     volont\u00e9. <\/p>\n<p> L&rsquo;ennui avec l&rsquo;autorit\u00e9 patriarcale, c&rsquo;est que les                     \u00ab\u00a0p\u00e8res\u00a0\u00bb ne sont pas tous \u00e0 la hauteur                     de leur t\u00e2che. Ils sont souvent pr\u00eats \u00e0                     exiger l&rsquo;ob\u00e9issance par la force et \u00e0 trahir                     ainsi la confiance qu&rsquo;on leur porte. L&rsquo;histoire de l&rsquo;\u00c9cosse                     nous donne un exemple typique d&rsquo;un tel abus de confiance commis                     \u00e0 l&rsquo;encontre des \u00ab\u00a0Highlanders\u00a0\u00bb, qui t\u00e9moignaient                     une loyaut\u00e9 absolue \u00e0 leur chef de clan. Selon                     un observateur anglais du 18e si\u00e8cle, \u00ab\u00a0Les habitants                     ordinaires des Hautes Terres estiment qu&rsquo;il y va de leur honneur                     d&rsquo;aimer leur chef et de lui ob\u00e9ir aveugl\u00e9ment,                     m\u00eame s&rsquo;ils doivent ainsi s&rsquo;opposer au gouvernement,                     aux lois du royaume, voire m\u00eame \u00e0 celles de Dieu.\u00a0\u00bb                   <\/p>\n<p> Initialement, les terres du clan appartenaient \u00e0                     tous, mais elles devinrent plus tard la seule propri\u00e9t\u00e9                     du chef de la famille qui \u00e9tait sortie des rangs et                     s&rsquo;\u00e9tait impos\u00e9e. Entre les membres du clan et                     lui existait un accord implicite. Comme l&rsquo;explique John Prebble                     dans son ouvrage <em>Culloden<\/em>, publi\u00e9 en 1961,                     \u00ab\u00a0s&rsquo;il avait sur ses gens le droit de vie et de mort,                     il \u00e9tait \u00e9galement responsable de leur bien-\u00eatre,                     obligation qu&rsquo;honoraient la plupart des chefs. \u00c0 titre                     de propri\u00e9taire, de \u00ab\u00a0p\u00e8re\u00a0\u00bb, de juge                     et de g\u00e9n\u00e9ral d&rsquo;arm\u00e9e, son pouvoir \u00e9tait                     vaste, quoique non absolu, et il arrivait qu&rsquo;il d\u00e9batte                     de questions importantes avec les principaux membres de sa                     famille et de son clan.\u00a0\u00bb <\/p>\n<p> \u00c0 l&rsquo;\u00e9poque d\u00e9crite par M. Prebble,                     en 1746, alors que les clans tentaient d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment,                     \u00e0 Culloden, de tenir t\u00eate pour la derni\u00e8re                     fois \u00e0 la couronne d&rsquo;Angleterre, nombreux furent les                     abus de confiance commis par les chefs \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard                     de leurs \u00ab\u00a0kinsmen\u00a0\u00bb. Les consultations politiques                     n&rsquo;existaient plus. Les hommes, quant \u00e0 eux, n&rsquo;\u00e9taient                     plus aussi pr\u00eats \u00e0 prendre les armes et \u00e0                     mourir pour leur chef. Ceux qui perdirent la vie \u00e0                     Culloden en d\u00e9fendant la cause jacobite s&rsquo;\u00e9taient                     engag\u00e9s sous la menace de voir leur maison incendi\u00e9e.                   <\/p>\n<p> La trahison ultime de la fid\u00e9lit\u00e9 des Highlanders,                     d\u00e9crite dans un autre volume de John Prebble, intitul\u00e9                     <em>The Highland Clearances<\/em>, eut lieu graduellement au                     cours du si\u00e8cle suivant. L&rsquo;un apr\u00e8s l&rsquo;autre,                     les chefs chass\u00e8rent brutalement leurs \u00ab\u00a0kinsmen\u00a0\u00bb                     de leurs terres ancestrales et les remplac\u00e8rent par                     des montons, plus rentables.<\/p>\n<h3>La fin du paternalisme, mais non de l&rsquo;id\u00e9ologie<\/h3>\n<p>Ce qui conf\u00e8re \u00e0 l&rsquo;exp\u00e9rience des \u00c9cossais                     des Hautes Terres toute son actualit\u00e9 est le fait qu&rsquo;ils                     n&rsquo;ont jamais perdu leur c\u00e9l\u00e8bre capacit\u00e9                     de loyaut\u00e9. Bien que pers\u00e9cut\u00e9s, appauvris                     et dispers\u00e9s, ils constitu\u00e8rent les r\u00e9giments                     les plus solides de l&rsquo;arm\u00e9e britannique; on retrouva                     leurs descendants parmi les meilleures unit\u00e9s de combat                     de l&rsquo;arm\u00e9e canadienne. En l&rsquo;absence de chefs de clan,                     ils report\u00e8rent leur loyaut\u00e9 sur leur r\u00e9giment                     et, ce faisant, profess\u00e8rent la fid\u00e9lit\u00e9                     la plus vive \u00e0 leurs fr\u00e8res d&rsquo;armes. <\/p>\n<p> Leur am\u00e8re exp\u00e9rience aura tout au moins servi                     \u00e0 montrer que les \u00eatres humains ont besoin d&rsquo;\u00eatre                     loyaux. Erik Erikson, psychologue de renom, estime que ce                     qu&rsquo;il appelle la \u00ab\u00a0fid\u00e9lit\u00e9\u00a0\u00bb est                     un stade n\u00e9cessaire du d\u00e9veloppement psychologique.                     Par \u00ab\u00a0fid\u00e9lit\u00e9\u00a0\u00bb, explique M. Erikson,                     on entend \u00ab\u00a0la capacit\u00e9 de rester fid\u00e8le                     \u00e0 des engagements librement consentis en d\u00e9pit                     des confusions et des contradictions in\u00e9vitables des                     syst\u00e8mes de valeurs.\u00a0\u00bb La fid\u00e9lit\u00e9                     s&rsquo;affirme lorsque le narcissisme de l&rsquo;adolescence dispara\u00eet.                   <\/p>\n<p> La loyaut\u00e9 est li\u00e9e \u00e0 la maturit\u00e9                     car elle exige le sacrifice total et d\u00e9sint\u00e9ress\u00e9                     de l&rsquo;autonomie personnelle auquel seul un adulte s\u00fbr                     de lui peut se r\u00e9soudre. L&rsquo;adulte ne voit ni conflit                     ni menace en jurant fid\u00e9lit\u00e9 \u00e0 une autre                     personne, sous r\u00e9serve qu&rsquo;elle en soit digne. Cette                     restriction s&rsquo;applique \u00e9galement aux organisations.                     Si on d\u00e9note aujourd&rsquo;hui une certaine apathie \u00e0                     l&rsquo;\u00e9gard des gouvernements et d&rsquo;autres organismes, la                     faute en est peut-\u00eatre au fait qu&rsquo;ils ne semblent pas                     m\u00e9riter notre loyaut\u00e9. <\/p>\n<p> En Europe orientale, la force de la fid\u00e9lit\u00e9                     suscit\u00e9e par le communisme a \u00e9t\u00e9 \u00e9rod\u00e9e                     par les abus. Nous sommes aujourd&rsquo;hui t\u00e9moins de la                     <em>Fin de l&rsquo;id\u00e9ologie<\/em> tel que l&rsquo;indique le titre                     d&rsquo;un livre \u00e9crit par le sociologue Daniel Bell et publi\u00e9                     en 1960. Pourtant, M. Bell estime aussi que les \u00eatres                     humains ont un besoin irr\u00e9pressible d&rsquo;attachement,                     donc de loyaut\u00e9. <\/p>\n<p> \u00ab\u00a0Je n&rsquo;ai pas dit que la pens\u00e9e id\u00e9ologique                     \u00e9tait lettre morte\u00a0\u00bb, a- t-il pr\u00e9cis\u00e9.                     \u00ab\u00a0En fait, j&rsquo;explique que la mort des id\u00e9ologies                     anciennes entra\u00eenent in\u00e9vitablement la naissance                     de nouvelles.\u00a0\u00bb M\u00eame les rebelles \u00e9prouvent                     le besoin d&rsquo;\u00eatre loyaux \u00e0 une cause. Ils remplacent                     tout simplement l&rsquo;ordre ancien par l&rsquo;ordre nouveau. <\/p>\n<p> Aujourd&rsquo;hui, les gens ont, comme toujours, besoin de se                     raccrocher \u00e0 quelque chose. Seule diff\u00e9rence\u00a0:                     ce \u00ab\u00a0quelque chose\u00a0\u00bb doit \u00eatre digne de leur                     d\u00e9vouement. La loyaut\u00e9 aveugle qui incitait                     des \u00eatres pourtant rationnels \u00e0 se sacrifier                     pour leur pays, quelle que f\u00fbt la justesse de la cause,                     n&rsquo;existe plus dans les pays o\u00f9 r\u00e8gnent l&rsquo;\u00e9ducation                     et la communication de masse. Les partis politiques ont d\u00fb                     derni\u00e8rement apprendre cette le\u00e7on. Les \u00e9lecteurs                     ne votent plus inconditionnellement pour un parti comme le                     faisaient leurs anc\u00eatres. <\/p>\n<p> Les tacticiens politiques avertis savent qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui                     le paternalisme est d\u00e9pass\u00e9, sans cr\u00e9dibilit\u00e9,                     d\u00e9truit \u00e0 tout jamais par des responsables haut                     plac\u00e9s qui ont trahi la confiance du public. <\/p>\n<p> Un profond scepticisme r\u00e8gne et ses retomb\u00e9es                     sont aussi graves pour les politiciens que pour les gens d&rsquo;affaires,                     qu&rsquo;il s&rsquo;agisse de mercaticiens ou d&#8217;employeurs. On parle maintenant                     d&rsquo;une nouvelle race de \u00ab\u00a0clients exigeants\u00a0\u00bb qui                     ne resteront fid\u00e8les \u00e0 une marque que si elle                     demeure sup\u00e9rieure \u00e0 ses rivales. <\/p>\n<p> Le secteur des achats n&rsquo;est d&rsquo;ailleurs pas le seul domaine                     o\u00f9 s&rsquo;exerce cette libert\u00e9 de choisir parmi une                     gamme de produits qui ne cesse de s&rsquo;\u00e9tendre. Le futuriste                     Jay Ogilvy affirme que la soci\u00e9t\u00e9 nord-am\u00e9ricaine                     est entr\u00e9e dans une \u00e8re \u00ab\u00a0postmoderne\u00a0\u00bb                     qu&rsquo;il d\u00e9finit ainsi\u00a0: \u00ab\u00a0L&rsquo;homme et la femme                     postmodernes sont habill\u00e9s pour toutes les occasions.                     Mais s&rsquo;ils poss\u00e8dent tous les costumes appropri\u00e9s,                     ils n&rsquo;ont pas de raison profonde de pr\u00e9f\u00e9rer                     une occasion \u00e0 une autre, une carri\u00e8re \u00e0                     une autre, une vie \u00e0 une autre.\u00a0\u00bb <\/p>\n<p> En Am\u00e9rique du Nord, le post-modernisme, sur le plan                     de la gestion, signifie composer avec des employ\u00e9s                     dont la loyaut\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard d&rsquo;un employeur                     ne peut jamais \u00eatre prise pour acquis. Ceci ne signifie                     pas, toutefois, qu&rsquo;ils ne s&rsquo;impliquent pas \u00e9motivement                     dans leur travail. Selon des recherches sur les attitudes,                     ils \u00e9prouvent de la col\u00e8re et se sentent coupables                     lorsque leur employeur transgresse leurs valeurs personnelles.                     Ils n&rsquo;acceptent plus que les cadres d\u00e9cident unilat\u00e9ralement                     des politiques concernant des questions externes telles que                     l&rsquo;\u00e9cologie. Et s&rsquo;ils protestent violemment contre les                     actes n\u00e9fastes de leur employeur, ils montrent leur                     approbation avec autant de force. L&rsquo;entreprise qui prouve                     \u00e0 ses employ\u00e9s qu&rsquo;elle sert une cause sociale                     valable sera r\u00e9compens\u00e9e par un degr\u00e9                     de motivation de leur part qu&rsquo;aucune somme d&rsquo;argent ne peut                     acheter. <\/p>\n<p> Mais la loyaut\u00e9 inconditionnelle t\u00e9moign\u00e9e                     \u00e0 l&rsquo;entreprise est chose du pass\u00e9, notamment                     au sein des organisations qui ont d\u00fb r\u00e9duire                     leurs effectifs au nom de la productivit\u00e9 ou de la                     simple survie. La fid\u00e9lit\u00e9 de jadis reposait                     sur un pacte plus ou moins permanent entre employeurs et employ\u00e9s.                     Ces derniers se d\u00e9vouaient corps et \u00e2me \u00e0                     leur travail en \u00e9change d&rsquo;un emploi \u00e0 vie. La                     f\u00e9rocit\u00e9 de la concurrence et les imp\u00e9ratifs                     financiers font qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui nulle entreprise nord-am\u00e9ricaine                     ne peut se permettre d&rsquo;offrir une telle garantie. <\/p>\n<p> D&rsquo;apr\u00e8s Brian Grosman, avocat de Toronto, \u00ab\u00a0la                     notion traditionnelle de loyaut\u00e9 ne survivra pas. La                     loyaut\u00e9, comme l&rsquo;entreprise elle-m\u00eame, prendra                     un nouveau visage et sera t\u00e9moign\u00e9e aux leaders                     dont les actions, et non les mots trompeurs, m\u00e9ritent                     le respect et le d\u00e9vouement.\u00a0\u00bb Les euph\u00e9mismes                     servent, d&rsquo;apr\u00e8s lui, \u00e0 cacher les difficult\u00e9s                     croissantes de la r\u00e9alit\u00e9, les renvois devenant,                     par exemple, des \u00ab\u00a0d\u00e9sembauchages\u00a0\u00bb. \u00ab\u00a0Dans                     un monde o\u00f9 chaque coup port\u00e9 au personnel est                     adouci par une rh\u00e9torique mettant l&rsquo;accent sur le caract\u00e8re                     familial de l&rsquo;entreprise, l&#8217;employ\u00e9 tout comme l&#8217;employeur                     se sentent coupables lorsque les d\u00e9cisions \u00e0                     prendre sont contraires aux int\u00e9r\u00eats du personnel\u00a0\u00bb,                     affirme Me Grosman. <\/p>\n<p> Si la loyaut\u00e9 institutionnelle doit \u00eatre red\u00e9finie                     pour prendre en compte les nouvelles r\u00e9alit\u00e9s,                     elle doit l&rsquo;\u00eatre du point de vue des employ\u00e9s                     et non de celui de l&#8217;employeur qui exige de leur part des                     efforts h\u00e9ro\u00efques en \u00e9change d&rsquo;un ch\u00e8que                     dont le versement n&rsquo;est pas garanti. Il est sans doute difficile                     d&rsquo;obtenir que des gens dont l&rsquo;avenir est incertain se d\u00e9vouent.                     Pourtant, le fait demeure que ces derniers souhaitent ne penser                     que du bien de leur entreprise et, ainsi, penser du bien d&rsquo;eux-m\u00eames,                     de leurs amis et de leurs coll\u00e8gues. Ils peuvent comprendre                     les besoins de compression, de changements technologiques                     et de surcro\u00eet de travail si la situation leur est honn\u00eatement                     expliqu\u00e9e. <\/p>\n<p> Une grande entreprise canadienne a r\u00e9alis\u00e9                     derni\u00e8rement un sondage sur les attitudes de ses employ\u00e9s                     horaires. Ces derniers parlent tous du besoin de restaurer                     l&rsquo;esprit d&rsquo;\u00e9quipe et la fiert\u00e9 d&rsquo;appartenance                     qui se sont consid\u00e9rablement d\u00e9grad\u00e9s.                     Ils demandent \u00e0 la direction de leur faire confiance                     sans exercer une lourde supervision. Ils d\u00e9sirent,                     par-dessus tout, \u00eatre trait\u00e9s avec respect. <\/p>\n<p> Quand on parle de loyaut\u00e9 institutionnelle, on pense                     aussit\u00f4t au Japon o\u00f9 le d\u00e9vouement des                     travailleurs est l\u00e9gendaire. En regardant des \u00e9missions                     t\u00e9l\u00e9vis\u00e9es qui montrent des Japonais                     se pr\u00e9parer au travail en entonnant le chant de la                     compagnie, les peuples occidentaux pourraient croire que leur                     all\u00e9geance est un vestige de leur pass\u00e9 f\u00e9odal.                     Si tel est le cas, ce f\u00e9odalisme refl\u00e8te fid\u00e8lement                     un syst\u00e8me en vertu duquel des engagements r\u00e9ciproques                     sont solennellement pris par les cadres et leurs subalternes,                     et joyeusement remplis. <\/p>\n<p> Dans un article publi\u00e9 dans <em>l&rsquo;Harvard Business                     Review<\/em> en 1989, Gary Hamel et C.K. Prahalad, \u00e9minents                     sp\u00e9cialistes des affaires, remarquent que toutes les                     soci\u00e9t\u00e9s japonaises qui \u00e9taient autrefois                     \u00e0 l&rsquo;arri\u00e8re-plan mais qui ont remont\u00e9                     la pente pour dominer les march\u00e9s ces vingt derni\u00e8res                     ann\u00e9es, \u00ab\u00a0ont cr\u00e9\u00e9 un vif d\u00e9sir                     de gagner <em>\u00e0 tous les niveaux de l&rsquo;organisation<\/em>,                     et maintenu ce d\u00e9sir, au cours des 10 \u00e0 20 ann\u00e9es                     de lutte contre la concurrence pour atteindre la t\u00eate                     du peloton \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle plan\u00e9taire.\u00a0\u00bb                     Elles y sont parvenues en \u00ab\u00a0motivant les employ\u00e9s                     et en leur communiquant la valeur de cet objectif\u00a0\u00bb,                     tout en laissant une marge de manoeuvre appr\u00e9ciable                     \u00e0 chaque \u00e9quipe. \u00ab\u00a0Les entreprises japonaises                     sont gagnantes, non parce qu&rsquo;elles disposent de cadres plus                     intelligents mais parce qu&rsquo;elles canalisent la \u00ab\u00a0sagesse                     de la fourmili\u00e8re\u00a0\u00bb, expliquent les auteurs. <\/p>\n<p> Les travailleurs japonais s&rsquo;appliquent, les yeux ouverts,                     \u00e0 assurer le succ\u00e8s de la strat\u00e9gie de                     leur entreprise. Leurs concurrents am\u00e9ricains sont                     souvent laiss\u00e9s dans l&rsquo;ignorance. Dans un cas \u00e9tudi\u00e9                     par les auteurs, \u00ab\u00a0la seule fois o\u00f9 fut mentionn\u00e9                     le probl\u00e8me de la concurrence se produisit dans le                     cadre de n\u00e9gociations salariales pendant lesquelles                     ce probl\u00e8me servit \u00e0 exiger des concessions.                     Malheureusement une menace per\u00e7ue par tous, mais dont                     personne ne parle, cause plus d&rsquo;anxi\u00e9t\u00e9 qu&rsquo;une                     menace clairement d\u00e9finie et devenue la cible d&rsquo;efforts                     collectifs visant \u00e0 la pallier. Voici la premi\u00e8re                     raison pour laquelle l&rsquo;honn\u00eatet\u00e9 et l&rsquo;humilit\u00e9                     de la haute direction sont sans doute le sine qua non de toute                     revitalisation. Autre raison\u00a0: faire de la participation                     du personnel non pas un vain mot \u00e0 la mode, mais une                     r\u00e9alit\u00e9.\u00a0\u00bb <\/p>\n<p> Ainsi nous bouclons le cercle de la th\u00e9orie de la                     fid\u00e9lit\u00e9 d&rsquo;Erik Erikson. Au Japon, la loyaut\u00e9                     institutionnelle repose sur des engagements librement consentis                     par des adultes dans un climat de confiance mutuelle qui garantit                     que leurs talents seront respect\u00e9s et leur travail                     appr\u00e9ci\u00e9. Ce n&rsquo;est pas un hasard si les entreprises                     actuellement les plus dynamiques de l&rsquo;Europe et de l&rsquo;Am\u00e9rique                     du Nord sont celles qui ont su cr\u00e9er la m\u00eame                     atmosph\u00e8re de travail. <\/p>\n<p> Abstraction faite de nombreuses et brillantes exceptions,                     il semblerait que l&rsquo;Ouest se trouve encore dans une p\u00e9riode                     de transition o\u00f9 l&rsquo;exigence autoritaire de la loyaut\u00e9                     est remplac\u00e9e peu \u00e0 peu par l&rsquo;appel \u00e9galitaire                     \u00e0 la loyaut\u00e9 entre deux groupes interd\u00e9pendants                     qui ont chacun quelque chose \u00e0 offrir \u00e0 l&rsquo;autre.                     Il serait sage de v\u00e9rifier ce que la loyaut\u00e9                     signifie r\u00e9ellement aux yeux des gens instruits et                     inform\u00e9s d&rsquo;aujourd&rsquo;hui. <\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<\/p><\/div>\n","protected":false},"author":0,"featured_media":0,"template":"","categories":[1],"rbc_letter_theme":[],"rbc_letter_year":[72],"class_list":["post-2312","rbc_letter","type-rbc_letter","status-publish","hentry","category-uncategorized","rbc_letter_year-72"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO Premium plugin v27.2 (Yoast SEO v27.2) - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-premium-wordpress\/ -->\n<title>Vol. 72 N\u00b0 2 - Mars\/Avril 1991 - Ou est pass\u00e9e la loyaut\u00e9 ? - RBC<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-72-n-2-mars-avril-1991-ou-est-passee-la-loyaute\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Vol. 72 N\u00b0 2 - Mars\/Avril 1991 - Ou est pass\u00e9e la loyaut\u00e9 ?\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"L&rsquo;auditoire du s\u00e9minaire \u00e9tait constitu\u00e9 de cadres et de sp\u00e9cialistes des ressources humaines. 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