{"id":2311,"date":"1990-03-01T06:00:00","date_gmt":"1990-03-01T06:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-71-n-2-mars-avril-1990-les-voyages-mine-denrichissement\/"},"modified":"1990-03-01T06:00:00","modified_gmt":"1990-03-01T06:00:00","slug":"vol-71-n-2-mars-avril-1990-les-voyages-mine-denrichissement","status":"publish","type":"rbc_letter","link":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-71-n-2-mars-avril-1990-les-voyages-mine-denrichissement\/","title":{"rendered":"Vol 71, N\u00b0. 2 &#8211; Mars\/Avril 1990 &#8211; Les voyages\u00a0: mine d&rsquo;enrichissement"},"content":{"rendered":"<div id=\"layout-column-main\">\n<p class=\"boldtext\">\u00c0 l&rsquo;\u00e8re des gros porteurs                     et des voyages bon march\u00e9, le tourisme est devenu l&rsquo;une                     des grandes industries du monde. Existe-t-il une bonne fa\u00e7on                     de voyager\u00a0? Les snobs l&rsquo;affirment. En fait, tout est                     une question d&rsquo;attitude&#8230; <\/p>\n<p> Pourquoi va-t-on \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger\u00a0? Les raisons                     abondent. Certains y sont oblig\u00e9s pour des raisons                     professionnelles ou pour respecter leurs engagements. D&rsquo;autres                     y sont pouss\u00e9s par des d\u00e9sirs qui transcendent                     le voyage lui-m\u00eame\u00a0: admirer des chefs-d&rsquo;oeuvre,                     faire du bateau, p\u00eacher, se dorer sur une plage ensoleill\u00e9e                     &#8211; <em><em> n&rsquo;importe quelle plage<\/em><\/em> &#8211; pour \u00e9chapper                     \u00e0 la rigueur de l&rsquo;hiver. Pourtant la question reste                     enti\u00e8re\u00a0: pourquoi, au prix de beaucoup d&rsquo;inconfort                     et de d\u00e9penses importantes, aller visiter des lieux                     inconnus\u00a0? <\/p>\n<p> Il n&rsquo;y a pas si longtemps la r\u00e9ponse aurait \u00e9t\u00e9                     \u00e9vidente\u00a0: on partait voir des horizons nouveaux.                     De nos jours, cependant, les nombreux documentaires t\u00e9l\u00e9vis\u00e9s                     qui montrent dans tous leurs d\u00e9tails les merveilles                     des pays lointains et les films tourn\u00e9s en ext\u00e9rieur                     font d\u00e9filer devant nos yeux des spectacles plus grandioses                     que nous ne pourrions voir par nous-m\u00eames. <\/p>\n<p> Autre raison qu&rsquo;on aurait pu avancer\u00a0: l&rsquo;attrait de                     l&rsquo;exotisme, de plats, de musique et de gens diff\u00e9rents.                     Mais au Canada, dans n&rsquo;importe quel grand centre, tous ces                     plaisirs sont \u00e0 votre port\u00e9e. Il suffit de se                     rendre dans un restaurant ethnique, d&rsquo;acheter des cassettes                     ou des disques, d&rsquo;\u00e9couter la radio ou d&rsquo;assister \u00e0                     des concerts; il suffit de mettre la t\u00e9l\u00e9vision                     pour entendre des \u00e9trangers d\u00e9crire avec \u00e9loquence                     leur mode de vie. Les probl\u00e8mes linguistiques vous                     sont \u00e9pargn\u00e9s; ils parlent fran\u00e7ais ou                     anglais, ou alors leurs paroles sont traduites avec comp\u00e9tence.                   <\/p>\n<p> Non, il doit exister d&rsquo;autres raisons qui expliquent que                     les a\u00e9roports internationaux soient bond\u00e9s,                     que la foule des touristes ne cesse de grandir. Voyager \u00e0                     l&rsquo;\u00e9tranger pour le plaisir n&rsquo;est gu\u00e8re rationnel,                     ce plaisir s&rsquo;accompagnant souvent de nombreux d\u00e9sagr\u00e9ments.                     Aucun \u00eatre logique ne devrait s&rsquo;y r\u00e9signer car,                     comme le d\u00e9clare Henry David Thoreau, pantouflard inv\u00e9t\u00e9r\u00e9                     de Walden Pond\u00a0: \u00ab\u00a0\u00c0 quoi bon faire le tour                     du monde pour aller compter les chats \u00e0 Zanzibar\u00a0?\u00a0\u00bb                   <\/p>\n<p> Peut-\u00eatre ce d\u00e9sir de courir le monde est-il                     atavique. Nous descendons apr\u00e8s tout de chasseurs qui,                     \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque pr\u00e9historique, n&rsquo;auraient                     pas surv\u00e9cu s&rsquo;ils ne s&rsquo;\u00e9taient aventur\u00e9s                     sur l&rsquo;autre versant de la colline. Parmi les peuples primitifs,                     les aborig\u00e8nes australiens sont c\u00e9l\u00e8bres                     pour leurs vagabondages dans l&rsquo;arri\u00e8re- pays, leur                     \u00ab\u00a0walkabout\u00a0\u00bb, r\u00e9ponse \u00e0 un appel                     mystique et capricieux de la nature. Peut-on affirmer que                     les citadins d&rsquo;aujourd&rsquo;hui n&rsquo;ob\u00e9issent pas \u00e0                     la m\u00eame impulsion ancestrale lorsqu&rsquo;ils d\u00e9cident                     p\u00e9riodiquement de boucler leurs valises\u00a0? <\/p>\n<p> Selon Freud, l&rsquo;envie de voyager serait un retour \u00e0                     l&rsquo;enfance. Partir permet de r\u00e9aliser le d\u00e9sir                     \u00ab\u00a0\u00e9prouv\u00e9 tr\u00e8s t\u00f4t par l&rsquo;enfant                     d&rsquo;\u00e9chapper \u00e0 sa famille et notamment \u00e0                     son p\u00e8re\u00a0\u00bb. Les voyages d&rsquo;agr\u00e9ment ne permettent                     pas litt\u00e9ralement de s&rsquo;\u00e9vader du p\u00e8re                     mais d&rsquo;\u00e9chapper \u00e0 ce qu&rsquo;il repr\u00e9sente,                     c&rsquo;est-\u00e0-dire \u00e0 ses devoirs et responsabilit\u00e9s                     habituels. <\/p>\n<p> Dans un pays \u00e9tranger vous pouvez tout oublier\u00a0:                     le travail, votre patron, les murs qui bornent votre horizon.                     Rien ne vous rappelle votre existence ordinaire dans ce que                     vous voyez, \u00e9coutez ou mangez. On pr\u00e9tend que                     les voyages sont relaxants, qu&rsquo;ils vous coupent des sources                     de stress habituelles. Ils ne sont toutefois pas exempts de                     tension, laquelle d\u00e9coule du fait m\u00eame de voyager.                     Lorsque vos bagages ont \u00e9t\u00e9 \u00e9gar\u00e9s                     ou que vous ne pouvez encaisser un ch\u00e8que de voyage                     parce que les banques sont ferm\u00e9es en raison d&rsquo;un festival,                     il faut faire un effort pour se souvenir que le changement                     \u00e9quivaut au repos. <\/p>\n<p> \u00ab\u00a0Pour \u00eatre bon voyageur, il faut \u00eatre                     philosophe\u00a0\u00bb, a \u00e9crit H.H. Tuckerman. \u00ab\u00a0Un                     d\u00e9licieux paysage fait oublier un repas m\u00e9diocre,                     et des ruines int\u00e9ressantes, un lit inconfortable.\u00a0\u00bb                     D&rsquo;apr\u00e8s Thomas Haliburton, les d\u00e9sagr\u00e9ments                     des voyages doivent \u00eatre support\u00e9s philosophiquement\u00a0:                     \u00ab\u00a0L&rsquo;abeille, bien qu&rsquo;elle d\u00e9couvre que chaque                     rose a des \u00e9pines, revient de ses explorations couverte                     de pollen. Pourquoi les touristes n&rsquo;en feraient-ils pas autant\u00a0?\u00a0\u00bb                   <\/p>\n<p> S&rsquo;il y avait pens\u00e9, Freud aurait sans doute analys\u00e9                     le changement d&rsquo;identit\u00e9 que subit le touriste en pays                     \u00e9tranger. Loin de chez soi, on peut pr\u00e9tendre                     \u00eatre un autre; dans certains pays, le taux de change                     donne \u00e0 des occidentaux de condition modeste l&rsquo;illusion                     d&rsquo;\u00eatre riches. En parlant avec les autres voyageurs                     et les indig\u00e8nes, ces rois et reines d&rsquo;un jour se laissent                     aller au plaisir d&rsquo;exag\u00e9rer l&rsquo;importance qu&rsquo;ils ont                     chez eux. <\/p>\n<h3>Se trouver dans des situations farfelues est l&rsquo;un des plaisirs                     de voyager \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger<\/h3>\n<p> Cependant, un s\u00e9jour \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger a                     fr\u00e9quemment l&rsquo;effet contraire. Les mauvaises surprises,                     les anicroches et les contretemps rendent le touriste pareil                     \u00e0 un enfant impuissant qui doit s&rsquo;en remettre \u00e0                     la merci d&rsquo;\u00e9trangers et qui est obs\u00e9d\u00e9                     par l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;\u00eatre vol\u00e9, tromp\u00e9                     ou pire. <\/p>\n<p> L&rsquo;homme d&rsquo;affaires pos\u00e9 et s\u00fbr de lui qui a                     quitt\u00e9 le Canada se transforme soudain en un clown                     grotesque, forc\u00e9 d&rsquo;expliquer ce qu&rsquo;il veut par des                     gestes ou des phrases tir\u00e9es de la m\u00e9thode Assimil.                     Pour profiter de son voyage, il doit pouvoir rire de lui-                     m\u00eame et des situations farfelues dans lesquelles il                     se trouve. Ces imbroglios comiques sont d&rsquo;ailleurs, en r\u00e9trospective,                     l&rsquo;un des grands plaisirs de voyager. <\/p>\n<p> Arm\u00e9 de la bonne attitude, voyager \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger                     rend humble. C&rsquo;est avec timidit\u00e9 et respect que nous                     admirons les oeuvres d&rsquo;art, les bijoux architecturaux et les                     merveilles de la nature; nous nous sentons tout petits et                     insignifiants face \u00e0 la grandeur du monde. <\/p>\n<p> Certains, sourds aux le\u00e7ons enseign\u00e9es par                     les voyages, ne changeront pas de mentalit\u00e9 en changeant                     de pays. Les pires voyageurs sont ceux qui refusent de s&rsquo;adapter,                     qui s&rsquo;obstinent \u00e0 appliquer aux autres les normes de                     leur pays. Source permanente d&rsquo;irritation et d&#8217;embarras pour                     leurs compagnons, ce type de personnes parcourent le monde                     depuis toujours. Socrate n&rsquo;a-t-il pas d\u00e9clar\u00e9                     \u00e0 la nouvelle qu&rsquo;une de ses connaissances ne s&rsquo;\u00e9tait                     gu\u00e8re am\u00e9lior\u00e9e apr\u00e8s un voyage\u00a0:                     \u00ab\u00a0Je n&rsquo;en suis gu\u00e8re surpris. Il est parti avec                     lui-m\u00eame.\u00a0\u00bb <\/p>\n<h3>De nos jours, le commun des mortels peut faire                     le tour du                     monde<\/h3>\n<p> L&rsquo;av\u00e8nement des voyages organis\u00e9s contribue                     \u00e0 perp\u00e9tuer cette imperm\u00e9abilit\u00e9                     en isolant les touristes des instructives r\u00e9alit\u00e9s                     des soci\u00e9t\u00e9s \u00e9trang\u00e8res. Le principal                     inconv\u00e9nient des voyages organis\u00e9s est le fait                     de rester entre compatriotes. \u00ab\u00a0Ceux qui visitent des                     pays \u00e9trangers ne commercent qu&rsquo;avec leurs compatriotes;                     ils changent de climat mais non de coutumes. Ils voient de                     nouveaux m\u00e9ridiens mais les m\u00eames hommes; et,                     la t\u00eate vide, ils reviennent chez eux inchang\u00e9s\u00a0:                     leur corps mais non leur esprit a voyag\u00e9\u00a0\u00bb, a                     affirm\u00e9 Charles Caleb Colton, c\u00e9l\u00e8bre                     observateur de la soci\u00e9t\u00e9 britannique du 19e                     si\u00e8cle. <\/p>\n<p> En fait, les voyages organis\u00e9s sont ce que vous voulez                     qu&rsquo;ils soient. Ceux qui regarderont autour d&rsquo;eux verront,                     ceux qui garderont leurs oeill\u00e8res resteront aveugles.                     Les touristes, pour qui la seule fa\u00e7on valable de voyager                     est de remonter l&rsquo;Amazone dans un cano\u00eb creus\u00e9 dans                     un tronc d&rsquo;arbre, m\u00e9disent injustement des voyages                     organis\u00e9s. Ils critiquent le confort standardis\u00e9                     et les plats occidentalis\u00e9s des h\u00f4tels, regrettant,                     semble-t-il, les grands voyages du 19e si\u00e8cle, \u00e9poque                     o\u00f9 seuls les riches pouvaient admirer les tr\u00e9sors                     culturels de l&rsquo;Europe. Ils semblent d\u00e9plorer la modicit\u00e9                     des tarifs a\u00e9riens qui permettent au commun des mortels                     de se lancer dans des aventures qui, peut-\u00eatre moins                     grandioses, le m\u00e8nent cependant dans presque tous les                     pays du monde. <\/p>\n<p> Ces puristes insistent que la seule raison de voyager est                     le voyage lui-m\u00eame, reprenant \u00e0 leur compte les                     paroles c\u00e9l\u00e8bres de Robert Louis Stevenson\u00a0:                     \u00ab\u00a0Quant \u00e0 moi, je ne voyage pas pour me rendre                     quelque part mais pour voyager.\u00a0\u00bb Paradoxalement, ils                     m\u00e9prisent sans doute la mani\u00e8re la plus moderne                     de mettre cette th\u00e9orie en pratique, \u00e0 savoir                     la croisi\u00e8re. Les croisi\u00e8res sont le moyen de                     transport id\u00e9al pour aller nulle part et se retrouver                     au point de d\u00e9part. La croisi\u00e8re est-elle un                     voyage\u00a0? D&rsquo;aucuns affirment que non. Mais alors, qu&rsquo;est-elle\u00a0?                   <\/p>\n<p> Soyons justes. Les voyages organis\u00e9s ne sont pas                     aussi insipides que voudraient nous le faire croire ceux qui                     les d\u00e9nigrent. Prenons, par exemple, les h\u00f4tels                     r\u00e9serv\u00e9s aux voyages organis\u00e9s, ils sont                     loin d&rsquo;\u00eatre tous anonymes et antiseptiques. N&rsquo;est-il                     pas pittoresque de ne pas avoir l&rsquo;eau courante dans sa chambre                     ou d&rsquo;observer un petit reptile grimper sur un mur\u00a0? Les                     bons voyages organis\u00e9s, il y en a bien s\u00fbr d&rsquo;abominables,                     offrant \u00e0 leurs clients un programme vari\u00e9 d&rsquo;excursions,                     de plats et de divertissements r\u00e9gionaux. Quoi qu&rsquo;on                     en dise, il est agr\u00e9able quand on dispose de peu de                     temps d&rsquo;avoir son itin\u00e9raire pr\u00e9par\u00e9                     par des experts; un guide peut, mieux qu&rsquo;un livre, vous renseigner                     sur ce que vous regardez et est d&rsquo;un grand r\u00e9confort                     lorsque, d\u00e9pass\u00e9 par les \u00e9v\u00e9nements,                     vous avez besoin d&rsquo;aide. <\/p>\n<p> Id\u00e9alement, pour William Hazlitt, voyager revient                     \u00e0 \u00eatre \u00ab\u00a0libre, enti\u00e8rement libre,                     de penser, de sentir et d&rsquo;agir \u00e0 sa guise.\u00a0\u00bb Or,                     les conditions modernes s&rsquo;opposent au libre vagabondage; louer                     une voiture est le meilleur moyen d&rsquo;approcher la libert\u00e9                     d&rsquo;antan bien qu&rsquo;il faille toujours emprunter des autoroutes,                     s&rsquo;arr\u00eater dans les aires de stationnement pr\u00e9vues                     et affronter les dangers de circuler et de se garer dans des                     villes \u00e9trang\u00e8res surpeupl\u00e9es. Les grands                     chemins n&rsquo;existent plus. <\/p>\n<p> \u00ab\u00a0L&rsquo;un des grands plaisirs de ce monde est de partir                     en voyage; mais, quant \u00e0 moi, j&rsquo;aime partir seul\u00a0\u00bb,                     a \u00e9crit Hazlitt, soulevant ainsi une question souvent                     d\u00e9battue\u00a0: vaut-il mieux voyager seul ou accompagn\u00e9                     ? Rudyard Kipling pensait que \u00ab\u00a0Celui qui voyage le plus                     rapidement voyage seul.\u00a0\u00bb Ella Wheeler Wilcox \u00e9tait                     de l&rsquo;avis contraire\u00a0: \u00ab\u00a0Celui qui voyage seul, sans                     ami ni amant, va de nulle part \u00e0 nulle part.\u00a0\u00bb                     On admet g\u00e9n\u00e9ralement qu&rsquo;un plaisir partag\u00e9                     est un plaisir double. Pourtant il arrive parfois que des                     couples pr\u00e9f\u00e8rent prendre leurs vacances s\u00e9par\u00e9ment                     parce qu&rsquo;ils ne partagent pas les m\u00eames int\u00e9r\u00eats                     ou parce qu&rsquo;une br\u00e8ve s\u00e9paration leur ferait                     du bien. <\/p>\n<p> Il est souvent b\u00e9n\u00e9fique de conna\u00eetre                     la solitude et le mal du pays sous des cieux \u00e9trangers;                     on appr\u00e9cie mieux ainsi ce que l&rsquo;on a laiss\u00e9                     derri\u00e8re soi. Les voyages, comme la vie, n&rsquo;apportent                     pas de bonheur absolu. Ils sont, dans bien des cas, assombris                     par des moments de tension, de d\u00e9go\u00fbt et d&rsquo;exasp\u00e9ration.                     Et, lorsqu&rsquo;on est ravi de se trouver dans un lieu, on \u00e9prouve                     de la tristesse \u00e0 l&rsquo;id\u00e9e de le quitter pour                     toujours. <\/p>\n<p> La fa\u00e7on de voyager, le pays visit\u00e9, les personnes                     qui vous accompagnent, en fait, importent peu. Seule compte                     votre attitude. Si vous partez simplement pour dire que vous                     \u00eates all\u00e9 quelque part, vous feriez mieux de                     rester confortablement \u00e0 lire chez vous des guides                     de voyages. Ces lectures pr\u00e9alables sont d&rsquo;ailleurs                     essentielles pour tirer pleinement profit de vos p\u00e9r\u00e9grinations.                     Comme le d\u00e9clare un proverbe espagnol\u00a0: \u00ab\u00a0Celui                     qui rapporte chez lui la richesse des Indes doit porter en                     lui la richesse des Indes.\u00a0\u00bb \u00ab\u00a0Tout homme doit d\u00e9tenir                     des connaissances\u00a0\u00bb, a \u00e9crit Samuel Johnson. <\/p>\n<p> De tous temps, l&rsquo;aspect instructif des voyages a \u00e9t\u00e9                     soulign\u00e9. D&rsquo;apr\u00e8s Francis Bacon, les voyages                     remplacent l&rsquo;\u00e9cole pour les jeunes et, si l&rsquo;on en croit                     William Cowper, forment tous les \u00eatres humains. <\/p>\n<h3>Le d\u00e9sir irr\u00e9sistible de comparer doit \u00eatre                     frein\u00e9<\/h3>\n<p> Mais \u00ab\u00a0un homme doit conna\u00eetre son propre pays                     avant de partir \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger\u00a0\u00bb, affirme                     Laurence Sterne dans <em>Tristram Shandy<\/em> . En d\u00e9pit                     des sujets de composition scolaire exhortant des g\u00e9n\u00e9rations                     de Canadiens \u00e0 \u00ab\u00a0voir le Canada d&rsquo;abord\u00a0\u00bb,                     ces derniers sont renomm\u00e9s pour se rendre \u00e0                     l&rsquo;\u00e9tranger sans avoir visit\u00e9 leur propre pays.                     Dans une nation aussi vaste et vari\u00e9e, les possibilit\u00e9s                     d&rsquo;observer et d&rsquo;appr\u00e9cier d&rsquo;autres groupes culturels                     sont consid\u00e9rables. Sans franchir leurs fronti\u00e8res,                     les Canadiens peuvent v\u00e9rifier que les voyages \u00e9largissent                     l&rsquo;esprit. <\/p>\n<p> Le fait de bien conna\u00eetre son pays natal fournit une                     solide base de comparaison avec les autres pays, exercice                     auquel nul voyageur ne peut r\u00e9sister et que M. Johnson                     approuve\u00a0: \u00ab\u00a0Si le voyageur visite un pays o\u00f9                     il fait mieux vivre, il apprendra comment am\u00e9liorer                     le sien. Si le hasard veut qu&rsquo;il se trouve dans des pays o\u00f9                     l&rsquo;existence est pr\u00e9caire, il apprendra \u00e0 mieux                     appr\u00e9cier le sien. <\/p>\n<p> Pour tirer pleinement parti d&rsquo;un voyage &#8211; et je ne veux                     pas parler de la nourriture, de la boisson ou du logement                     mais de ses rapports intellectuels et spirituels &#8211; le voyageur                     doit \u00eatre r\u00e9ceptif aux exp\u00e9riences nouvelles,                     se d\u00e9barrasser de ses pr\u00e9jug\u00e9s et ne                     pas \u00e9tablir des parall\u00e8les aberrants. Il doit                     partir l&rsquo;esprit vierge. <\/p>\n<p> Par bonheur, les voyages \u00e9largissent l&rsquo;esprit et                     gu\u00e9rissent des pr\u00e9jug\u00e9s; il est difficile                     de s&rsquo;accrocher \u00e0 ses id\u00e9es pr\u00e9con\u00e7ues                     face \u00e0 des personnes en chair et en os qui \u00e9voluent                     dans leur propre milieu. \u00c0 l&rsquo;\u00e9tranger, nous                     apprenons \u00e0 reconna\u00eetre les traits communs \u00e0                     l&rsquo;humanit\u00e9 et, dans le m\u00eame temps, \u00e0 prendre                     conscience des diff\u00e9rences entre les \u00eatres humains.                   <\/p>\n<h3>Les lieux visit\u00e9s restent grav\u00e9s dans l&rsquo;esprit<\/h3>\n<p> Les esprits ouverts recherchent la v\u00e9rit\u00e9                     et non les mythes et les conjectures. Selon M. Johnson, l&rsquo;un                     des buts des voyages est de s&rsquo;approcher de la v\u00e9rit\u00e9,                     qu&rsquo;elle soit agr\u00e9able ou non. \u00ab\u00a0Voyager, d\u00e9clare-t-il,                     vise \u00e0 temp\u00e9rer l&rsquo;imagination par la r\u00e9alit\u00e9                     et voir les choses telles qu&rsquo;elles sont.\u00a0\u00bb <\/p>\n<p> D\u00e9mystificateur, il assure que l&rsquo;agr\u00e9ment                     des voyages est plus vif r\u00e9trospectivement lorsque                     les fatigues, les irritations, les cacophonies et les paga\u00efes                     ont \u00e9t\u00e9 oubli\u00e9es. \u00ab\u00a0Tout le plaisir,                     \u00e9crit-il, r\u00e9side dans le pouvoir de percevoir                     ce que l&rsquo;oeil \u00e9tait trop fatigu\u00e9 pour remarquer,                     et de se souvenir des moments heureux, le meilleur d&rsquo;entre                     eux \u00e9tant le dernier.\u00a0\u00bb <\/p>\n<p> Il est ind\u00e9niable que, pendant un voyage comme pendant                     une guerre, on a tendance \u00e0 ne se rappeler que les                     \u00e9pisodes agr\u00e9ables et que le bonheur ultime                     est de rentrer chez soi. Le voyageur qui se d\u00e9place                     fr\u00e9quemment appr\u00e9cie mieux qu&rsquo;un autre sa maison.                     Il en est de m\u00eame pour son pays apr\u00e8s une courte                     absence. <\/p>\n<p> \u00ab\u00a0Jamais le voyageur fatigu\u00e9 ne se plaint d&rsquo;arriver                     trop t\u00f4t au bout de ses p\u00e9r\u00e9grinations\u00a0\u00bb,                     remarque Thomas Fuller. Ce que nous faisons au nom du plaisir                     est \u00e9puisant mais doit en valoir la peine. Sinon, comment                     expliquer que l&rsquo;on voyage, ann\u00e9e apr\u00e8s ann\u00e9e,                     dans tous les coins du globe, que le tourisme est l&rsquo;une des                     plus importantes industries du monde\u00a0? <\/p>\n<p> On ram\u00e8ne de ses voyages des valises remplies d&rsquo;objets                     et surtout une t\u00eate pleine de nouvelles connaissances.                     Les voyages produisent un effet d&rsquo;accoutumance sur l&rsquo;esprit,                     lui sont une drogue indispensable. Ils stimulent le d\u00e9sir                     de conna\u00eetre les terres \u00e9loign\u00e9es, incitent                     \u00e0 lire avidement des livres sur des pays inconnus.                     Voir une partie de la plan\u00e8te pousse \u00e0 parcourir                     le monde entier. <\/p>\n<p> Entendre le nom d&rsquo;un lieu familier provoque un sentiment                     heureux, l&rsquo;impression qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;un endroit qui, en quelque                     sorte, est v\u00f4tre. Le plaisir de voyager aiguise la sensibilit\u00e9                     et il semblerait que ce r\u00e9sultat soit permanent. Des                     ann\u00e9es apr\u00e8s un voyage, le h\u00e9ros d&rsquo;un                     film que vous \u00eates en train de regarder emprunte une                     certaine rue dans une certaine ville, et vous marchez, vous                     aussi, \u00e0 ses c\u00f4t\u00e9s. <\/p>\n<p> Les lieux visit\u00e9s sont rang\u00e9s dans les tiroirs                     magiques de l&rsquo;esprit. Une r\u00e9f\u00e9rence-s\u00e9same,                     et ils s&rsquo;ouvrent, vous inondant de souvenirs. Charles Lamb                     \u00e9crivait \u00e0 William Coleridge\u00a0: \u00ab\u00a0Je                     retourne en esprit aux endroits merveilleux o\u00f9 j&rsquo;ai                     vagabond\u00e9, participant ainsi \u00e0 leur grandeur.\u00a0\u00bb                   <\/p>\n<p> Les vrais voyageurs ne deviennent jamais des \u00ab\u00a0ex\u00a0\u00bb                     voyageurs car ils ne cessent de voyager dans leur t\u00eate                     et, comme Lamb, \u00ab\u00a0de retourner\u00a0\u00bb en esprit l\u00e0                     o\u00f9 ils sont all\u00e9s et d&rsquo;avoir \u00e0 nouveau                     le coup de foudre. Les voyageurs authentiques restent \u00e0                     jamais fascin\u00e9s par l&rsquo;humanit\u00e9. Ils peuvent                     vieillir physiquement mais leur coeur et leur esprit demeurent                     toujours jeunes. <\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<\/p><\/div>\n","protected":false},"author":0,"featured_media":0,"template":"","categories":[1],"rbc_letter_theme":[],"rbc_letter_year":[71],"class_list":["post-2311","rbc_letter","type-rbc_letter","status-publish","hentry","category-uncategorized","rbc_letter_year-71"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO Premium plugin v27.2 (Yoast SEO v27.2) - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-premium-wordpress\/ -->\n<title>Vol 71, N\u00b0. 2 - Mars\/Avril 1990 - Les voyages\u00a0: mine d&#039;enrichissement - RBC<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-71-n-2-mars-avril-1990-les-voyages-mine-denrichissement\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Vol 71, N\u00b0. 2 - Mars\/Avril 1990 - Les voyages\u00a0: mine d&#039;enrichissement\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"\u00c0 l&rsquo;\u00e8re des gros porteurs et des voyages bon march\u00e9, le tourisme est devenu l&rsquo;une des grandes industries du monde. 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