{"id":2307,"date":"1986-03-01T06:00:00","date_gmt":"1986-03-01T06:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-67-n-2-mars-avril-1986-la-notion-de-respect\/"},"modified":"1986-03-01T06:00:00","modified_gmt":"1986-03-01T06:00:00","slug":"vol-67-n-2-mars-avril-1986-la-notion-de-respect","status":"publish","type":"rbc_letter","link":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-67-n-2-mars-avril-1986-la-notion-de-respect\/","title":{"rendered":"Vol. 67, N\u00b0 2 &#8211; Mars\/Avril 1986 &#8211; La notion de respect"},"content":{"rendered":"<div id=\"layout-column-main\">\n<p class=\"boldtext\">\u00c0 bien des \u00e9gards, le respect                     mutuel est l&rsquo;assise des soci\u00e9t\u00e9s civilis\u00e9es.                     Nous avons besoin de respecter nos institutions et nos leaders.                     Mais \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque difficile o\u00f9 nous vivons,                     ils doivent s&rsquo;en montrer dignes. Ce qui est d&rsquo;ailleurs vrai                     pour chacun de nous, tout respect bien ordonn\u00e9 commen\u00e7ant                     par soi-m\u00eame. <\/p>\n<p> La notion de respect a \u00e9volu\u00e9 de fa\u00e7on                     radicale depuis que Francis Bacon en a fait le sujet de ses                     essais \u00e0 la fin du 16e si\u00e8cle. \u00c0 son                     \u00e9poque, le respect \u00e9tait d\u00fb sans distinction                     aux personnages riches et influents. C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;un juge,                     comme le fut Bacon, faisait preuve de \u00ab\u00a0respect\u00a0\u00bb                     envers un noble en ne le poursuivant pas en justice pour une                     offense qu&rsquo;il avait commise. L&rsquo;injustice de cette pratique                     amena toutefois le c\u00e9l\u00e8bre philosophe et homme                     d&rsquo;affaires anglais \u00e0 conclure que \u00ab\u00a0le respect                     de la personne n&rsquo;est pas une bonne chose\u00a0\u00bb. <\/p>\n<p> Au fil des ann\u00e9es, le terme prit un sens plus g\u00e9n\u00e9ral                     et indiqua la d\u00e9f\u00e9rence due aux nobles et aux                     hauts fonctionnaires. On montrait automatiquement du respect                     \u00e0 ceux qui occupaient une position sociale plus \u00e9lev\u00e9e.                     Pour automatique qu&rsquo;il f\u00fbt, ce respect \u00e9tait                     loin d&rsquo;\u00eatre volontaire. Les \u00ab\u00a0nobles\u00a0\u00bb avaient                     le pouvoir de ruiner les moins bien lotis dont la servilit\u00e9                     n&rsquo;\u00e9tait pas assez marqu\u00e9e. Dans la bonne soci\u00e9t\u00e9,                     le gant de velours cachait toujours la main de fer. <\/p>\n<p> Aujourd&rsquo;hui, la notion de respect est diam\u00e8tralement                     oppos\u00e9e \u00e0 celle qui pr\u00e9valait dans l&rsquo;Angleterre                     de Bacon, quoique la main de fer se fasse encore sentir dans                     certaines couches de la soci\u00e9t\u00e9. Les entra\u00eeneurs                     de hockey sont connus pour des d\u00e9clarations du genre\u00a0:                     \u00ab\u00a0On va y aller et se faire respecter\u00a0\u00bb, signifiant                     qu&rsquo;ils ont donn\u00e9 ordre \u00e0 leurs joueurs d&rsquo;intimider                     l&rsquo;adversaire. Les chefs de bande ne peuvent survivre sans                     ce qu&rsquo;ils appellent \u00ab\u00a0le respect\u00a0\u00bb. Le perdre est                     inviter une mort sanglante aux mains des arrivistes et vouloir                     l&rsquo;acqu\u00e9rir ou le conserver justifie trop souvent des                     agissements condamnables. <\/p>\n<p> Pour la plupart des citoyens des d\u00e9mocraties modernes,                     le respect se m\u00e9rite et n&rsquo;est pas accord\u00e9 sans                     raison. Il ne se dispense plus verticalement du plus pauvre                     au plus riche, du moins influent au plus influent, mais chemine                     plut\u00f4t horizontalement dans la soci\u00e9t\u00e9.                   <\/p>\n<p> Un des principes tacites du contrat social qui nous lie                     est que les \u00eatres humains poss\u00e8dent les m\u00eames                     droits jusqu&rsquo;\u00e0 ce qu&rsquo;un acte les leur fasse perdre.                     En cons\u00e9quence, chacun s&rsquo;attend au respect des droits                     d&rsquo;autrui. Tout comme notre syst\u00e8me judiciaire part                     du principe qu&rsquo;un homme est innocent jusqu&rsquo;\u00e0 ce qu&rsquo;il                     soit prouv\u00e9 coupable, nous acceptons comme allant de                     soi que tout \u00eatre humain est digne de respect jusqu&rsquo;\u00e0                     preuve du contraire. <\/p>\n<p> L&rsquo;id\u00e9e que le respect sert \u00e0 honorer la condition                     humaine est \u00e9loquemment exprim\u00e9e par la femme                     du h\u00e9ros de la pi\u00e8ce de Arthur Miller, <em>La                     mort d&rsquo;un commis voyageur<\/em>, lorsqu&rsquo;elle s&rsquo;\u00e9crie\u00a0:                     \u00ab\u00a0Willie Loman n&rsquo;a jamais gagn\u00e9 beaucoup d&rsquo;argent.                     Son nom n&rsquo;a jamais fait la manchette des journaux. Ce n&rsquo;est                     pas un \u00eatre exceptionnel. Mais c&rsquo;est un homme qui subit                     actuellement de terribles \u00e9preuves. Il est digne de                     notre int\u00e9r\u00eat. On ne doit pas le jeter au fond                     d&rsquo;un trou comme un vieux chien. Il est digne de notre int\u00e9r\u00eat,                     oui digne&#8230;\u00a0\u00bb <\/p>\n<p> Non seulement le respect nous pousse \u00e0 un certain                     \u00e9gard pour l&rsquo;int\u00e9r\u00eat des autres, mais                     il r\u00e9fr\u00e8ne notre d\u00e9sir de nous m\u00ealer                     de leurs affaires. Respecter autrui g\u00e9n\u00e9ralement                     \u00e9vite d&rsquo;insulter, d&rsquo;avilir et d&rsquo;injurier ceux qui ne                     nous ont rien fait. Si cette attitude n&rsquo;\u00e9tait pas partag\u00e9e,                     il ne serait gu\u00e8re possible de constituer une soci\u00e9t\u00e9                     \u00e9galitaire et h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne telle                     que la soci\u00e9t\u00e9 canadienne. L&rsquo;histoire est remplie                     d&rsquo;exemples cruels d\u00e9montrant les terribles cons\u00e9quences                     du refus d&rsquo;accorder \u00e0 un groupe les droits dont jouit                     un autre. <\/p>\n<p> Se situant juste au-dessus du respect fondamental pour la                     nature humaine, il existe une sorte de respect que les dictionnaires                     d\u00e9finissent comme \u00e9tant \u00ab\u00a0la consid\u00e9ration                     accord\u00e9e \u00e0 quelqu&rsquo;un, en raison de la valeur                     qu&rsquo;on lui reconna\u00eet\u00a0\u00bb. Nous voil\u00e0 loin de                     l&rsquo;\u00e9poque o\u00f9 les courbettes \u00e0 la haute                     soci\u00e9t\u00e9 \u00e9taient de rigueur et o\u00f9                     l&rsquo;on \u00e9tait tenu de montrer du respect m\u00eame si                     l&rsquo;on n&rsquo;en \u00e9prouvait aucun. De nos jours, il est rare                     de pr\u00e9tendre ressentir du respect pour quelqu&rsquo;un que                     l&rsquo;on n&rsquo;estime pas. Le respect n&rsquo;est plus fonction du statut                     social de la personne. Nous sommes tous pr\u00eats, sauf                     quelques snobs inv\u00e9t\u00e9r\u00e9s, \u00e0 montrer                     autant de respect \u00e0 une pauvre veuve qu&rsquo;un millionnaire.                     Il est vrai que nous \u00e9prouvons \u00ab\u00a0une certaine                     consid\u00e9ration\u00a0\u00bb \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard d&rsquo;une                     personne qui a r\u00e9ussi. Mais le respect n&rsquo;est plus accord\u00e9                     sans discrimination. Il faut que la personne qui en est l&rsquo;objet                     en soit digne. <\/p>\n<h3>\u00ab\u00a0Je d\u00e9teste son attitude, mais je respecte                     son courage\u00a0\u00bb<\/h3>\n<p> Qu&rsquo;est-ce qui suscite le respect\u00a0? Entre autres, nous                     pourrions citer la r\u00e9ussite, l&rsquo;int\u00e9grit\u00e9,                     la grandeur d&rsquo;\u00e2me, la sagesse, la comp\u00e9tence                     et le courage. Nous respectons surtout la chose ind\u00e9finissable                     qu&rsquo;on appelle \u00ab\u00a0le caract\u00e8re\u00a0\u00bb et qui englobe                     tous ces traits. La meilleure d\u00e9finition du caract\u00e8re                     a peut-\u00eatre \u00e9t\u00e9 donn\u00e9e par le th\u00e9ologien                     \u00e9cossais Cunningham Geikie. Il l&rsquo;appelait \u00ab\u00a0l&#8217;empreinte                     qu&rsquo;ont laiss\u00e9e sur nos \u00e2mes les choix librement                     consentis qui nous ont men\u00e9s \u00e0 accomplir de                     bonnes et de mauvaises actions au cours de notre vie.\u00a0\u00bb                   <\/p>\n<p> Nous pouvons admirer une facette du caract\u00e8re d&rsquo;une                     personne, sans pour autant admirer cette personne. Il est                     commun d&rsquo;entendre dire\u00a0: \u00ab\u00a0Franchement, il ne m&rsquo;est                     pas sympathique, mais j&rsquo;ai du respect pour son talent.\u00a0\u00bb                     Le respect n&rsquo;a rien \u00e0 voir avec la sympathie ou l&rsquo;affection.                   <\/p>\n<p> Les rares exceptions o\u00f9 l&rsquo;on ressent du respect,                     avant m\u00eame de l&rsquo;exprimer, puisent aux sources m\u00eames                     de notre syst\u00e8me social. Le simple soldat qui salue                     son officier le fait par \u00e9gard pour son rang et la                     responsabilit\u00e9 qu&rsquo;il assume en tant que leader et non                     pour honorer les qualit\u00e9s personnelles de l&rsquo;homme sous                     l&rsquo;uniforme. Par tradition, nous appelons les notaires et les                     avocats \u00ab\u00a0Ma\u00eetre\u00a0\u00bb, sans pour autant reconna\u00eetre                     leur sup\u00e9riorit\u00e9 intellectuelle ou morale. Nous                     achevons une lettre adress\u00e9e \u00e0 un parfait \u00e9tranger                     en lui envoyant l&rsquo;\u00ab\u00a0expression de notre plus haute consid\u00e9ration\u00a0\u00bb,                     sans savoir s&rsquo;il en est digne. Nous ob\u00e9issons ainsi                     \u00e0 un instinct plus ou moins inn\u00e9 qui nous porte                     \u00e0 croire qu&rsquo;une civilisation ne peut survivre sans                     civilit\u00e9s. <\/p>\n<p> Ce c\u00e9r\u00e9monial affirme, sans qu&rsquo;il soit n\u00e9cessaire                     de l&rsquo;exprimer, que nous d\u00e9pendons d&rsquo;un syst\u00e8me                     social qui m\u00e9rite notre respect. Nous le respectons                     car lui-m\u00eame nous respecte en prot\u00e9geant notre                     condition humaine. Si nous adressons les juges par les mots                     \u00ab\u00a0Votre honneur\u00a0\u00bb et que nous nous levons quand                     ils font leur entr\u00e9e, c&rsquo;est pour rendre hommage \u00e0                     un syst\u00e8me de justice qui &#8211; mises \u00e0 part quelques                     railles retentissantes &#8211; m\u00e9rite la consid\u00e9ration                     de ceux auxquels il s&rsquo;applique. Il est int\u00e9ressant                     de noter que, lorsqu&rsquo;un individu est accus\u00e9 d&rsquo;outrage                     \u00e0 magistrat, ce n&rsquo;est pas pour avoir injuri\u00e9                     la personne du juge mais pour avoir insult\u00e9 le syst\u00e8me                     qu&rsquo;incarne ce dernier. <\/p>\n<p> Le respect des institutions caract\u00e9rise la mentalit\u00e9                     canadienne et g\u00e9n\u00e8re une soci\u00e9t\u00e9                     calme, disciplin\u00e9e et respectueuse des lois. C&rsquo;est                     en toute connaissance de cause que nous nous inclinons devant                     nos institutions politiques, juridiques et religieuses. Comme                     l&rsquo;a justement remarqu\u00e9 Edward Gibbon dans <em>Le d\u00e9clin                     et la chute de l&rsquo;Empire romain<\/em>, cet acquiescement est                     de nature pragmatique. \u00ab\u00a0La vertu publique\u00a0\u00bb, \u00e9crit-il                     \u00ab\u00a0est en fait un instinct qui assume que notre salut                     et notre prosp\u00e9rit\u00e9 r\u00e9sident dans la                     pr\u00e9servation de la nature d\u00e9mocratique de notre                     gouvernement.\u00a0\u00bb L&rsquo;Empire romain commen\u00e7a \u00e0                     s&rsquo;effondrer lorsque sa classe dirigeante fut l&rsquo;objet du m\u00e9pris                     de ses citoyens. <\/p>\n<p> Le Parlement canadien est un exemple type du respect institutionnel.                     Tout en s&rsquo;accablant mutuellement d&rsquo;injures et de calomnies                     \u00e0 peine voil\u00e9es, les parlementaires ne manquent                     d&rsquo;appeler leurs confr\u00e8res \u00ab\u00a0Honorable\u00a0\u00bb,                     signe ind\u00e9niable d&rsquo;estime pour les lieux sacr\u00e9s                     o\u00f9 ils se trouvent. Quiconque regarde les d\u00e9bats                     de la Chambre des Communes \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision                     a du mal \u00e0 prendre au s\u00e9rieux le spectacle offert                     par le comportement pu\u00e9ril de ses membres, qui n&rsquo;h\u00e9sitent                     pas \u00e0 avoir recours aux sifflets, quolibets et coups                     de poing sur la table pour avoir raison de l&rsquo;adversaire. Pourtant,                     l&rsquo;ensemble des Canadiens affichent une d\u00e9f\u00e9rence                     marqu\u00e9e pour le syst\u00e8me parlementaire et ses                     traditions, symboles de leur h\u00e9ritage national de justice,                     d&rsquo;humanit\u00e9 et de libert\u00e9. Ce respect s&rsquo;\u00e9tend                     indistinctement \u00e0 tous les membres du syst\u00e8me                     et n&rsquo;honore ni leur performance ni leur personnalit\u00e9,                     mais la grandeur de l&rsquo;institution qu&rsquo;ils incarnent. <\/p>\n<h3>Nous les connaissons trop bien pour leur prodiguer notre                     estime sans compter<\/h3>\n<p> Certes, il ne fait aucun doute qu&rsquo;au cours de l&rsquo;histoire                     une absence totale de dignit\u00e9 a souvent caract\u00e9ris\u00e9                     les violents d\u00e9bats politiques de la Chambre des Communes.                     Mais \u00e0 cette \u00e9poque, le public ne pouvait voir                     \u00ab\u00a0en direct et en couleurs\u00a0\u00bb, les bouffonneries                     auxquelles se livraient les membres du Parlement. Jadis, on                     respectait les parlementaires sans les voir. Ce n&rsquo;est plus                     le cas aujourd&rsquo;hui o\u00f9 chacun de leurs gestes est suivi                     par l&rsquo;oeil impitoyable de la t\u00e9l\u00e9vision. <\/p>\n<p> De nos jours, aucun \u00e9v\u00e9nement public ne se                     d\u00e9roule derri\u00e8re des portes closes. Les hommes                     d&rsquo;affaires, les chefs syndicaux, les athl\u00e8tes, les                     artistes et autres professionnels se retrouvent un jour ou                     l&rsquo;autre sous la lumi\u00e8re des projecteurs. Les secrets                     ne sont plus gard\u00e9s bien longtemps et la nouvelle l\u00e9gislation                     de libre information renforcera cette tendance. <\/p>\n<p> Les francs-tireurs embusqu\u00e9s dans le maquis de la                     vie publique visent d&rsquo;abord les cibles \u00e9videntes\u00a0;                     or, rien n&rsquo;est moins digne qu&rsquo;un homme qui fuit. Les journalistes                     sont toujours \u00e0 l&rsquo;aff\u00fbt de signes de corruption,                     de duplicit\u00e9, d&rsquo;excentricit\u00e9 ou de simple faiblesse                     humaine. Pour eux, \u00ab\u00a0les bonnes nouvelles ne sont pas                     des nouvelles\u00a0\u00bb, et ils sont peu enclins \u00e0 pr\u00e9senter                     les grands de ce monde sous un jour favorable. <\/p>\n<p> Pour les journalistes, l&rsquo;acte de foi n&rsquo;existe pas. Or, trop                     souvent, les \u00e9v\u00e9nements rapport\u00e9s n&rsquo;ont                     que peu de rapport avec la r\u00e9alit\u00e9. Dans leur                     ardeur \u00e0 d\u00e9couvrir \u00ab\u00a0les dessous de l&rsquo;affaire\u00a0\u00bb,                     les m\u00e9dias vont souvent trop loin et la r\u00e9putation                     souill\u00e9e de personnes innocentes ne peut \u00eatre                     lav\u00e9e par des poursuites judiciaires. Pourtant, suffisamment                     de complots r\u00e9els ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9masqu\u00e9s                     par ces m\u00eames m\u00e9dias pour assurer leur cr\u00e9dibilit\u00e9                     aupr\u00e8s du public qui, spectateur de multiples scandales                     et m\u00eame de scabreuses tentatives pour dissimuler ces                     derniers, ne sait plus que croire. <\/p>\n<h3>Sans l\u00e9gende, il ne reste rien \u00e0 admirer<\/h3>\n<p> La vague de scepticisme qui a d\u00e9ferl\u00e9 sur                     les pays occidentaux fait d\u00e9sormais partie de leur                     culture. Les livres qui d\u00e9mystifient des croyances                     historiques deviennent r\u00e9guli\u00e8rement des \u00ab\u00a0best-sellers\u00a0\u00bb.                     De nombreuses \u00ab\u00a0histoires vraies\u00a0\u00bb r\u00e9v\u00e8lent                     la mesquinerie, l&rsquo;incomp\u00e9tence et l&rsquo;ignominie de personnages                     historiques v\u00e9n\u00e9r\u00e9s. Un documentaire                     de l&rsquo;Office national du film a r\u00e9cemment saccag\u00e9                     la l\u00e9gende d&rsquo;un des h\u00e9ros canadiens les plus                     populaires, Billy Bishop, as de l&rsquo;aviation de la premi\u00e8re                     Guerre mondiale. <\/p>\n<p> La d\u00e9molition syst\u00e9matique d&rsquo;admirables traditions                     (m\u00eame n&rsquo;ayant pour base que l&rsquo;imagination d\u00e9bordante                     de l&rsquo;auteur) ne laisse plus rien du pass\u00e9 \u00e0                     v\u00e9n\u00e9rer. Rien ni personne n&rsquo;est \u00e9pargn\u00e9                     par l&rsquo;arme cruelle du ridicule habilement mani\u00e9e par                     les satiristes. Leurs moqueries auraient outrag\u00e9 les                     gens d&rsquo;une \u00e9poque plus respectueuse. Aujourd&rsquo;hui, elles                     provoquent un sourire complice qui sous-entend qu&rsquo;elles comportent                     plus de v\u00e9rit\u00e9 qu&rsquo;elles n&rsquo;y pr\u00e9tendent.                     Dans une telle atmosph\u00e8re, on arrive \u00e0 nier                     le principe de l&rsquo;innocence \u00e0 priori, tout au moins                     aupr\u00e8s du tribunal de l&rsquo;opinion publique. Quiconque                     pose un acte public se retrouve sur le banc des accus\u00e9s                     des m\u00e9dias o\u00f9 un simple lapsus peut an\u00e9antir                     une r\u00e9putation. Injuste peut-\u00eatre, mais telle                     est la r\u00e9alit\u00e9. Pour s&rsquo;assurer le respect public,                     un seul pr\u00e9cepte reste \u00e0 suivre, celui d&rsquo;un                     important homme d&rsquo;affaires canadien qui d\u00e9clarait\u00a0:                     \u00ab\u00a0Ne commettez aucun acte que vous refuseriez de commenter                     \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision\u00a0\u00bb. <\/p>\n<p> \u00c9videmment, le respect n&rsquo;est pas une voie \u00e0                     sens unique. Toute personne haut plac\u00e9e qui estime                     ne pas \u00eatre respect\u00e9e devrait faire preuve d&rsquo;un                     peu plus d&rsquo;\u00e9gards envers le public. T\u00e9moins                     des abus des politiciens et des hauts fonctionnaires, de l&rsquo;\u00e9go\u00efsme                     des hommes d&rsquo;affaires et des chefs syndicaux qui ne cherchent                     qu&rsquo;\u00e0 servir leurs propres int\u00e9r\u00eats aux                     d\u00e9pens de la cause publique, nous nous sentons m\u00e9pris\u00e9s                     et pr\u00eats \u00e0 leur rendre la pareille. <\/p>\n<h3>La soci\u00e9t\u00e9 est une trame tiss\u00e9e de                     respect mutuel<\/h3>\n<p> On doit admettre toutefois que les citoyens des d\u00e9mocraties                     sont en dernier recours les seuls responsables de leur sort.                     Quiconque se plaint aujourd&rsquo;hui que le respect n&rsquo;existe plus                     devrait s&rsquo;observer dans un miroir. S&rsquo;il est vrai que les enfants                     ne respectent plus leurs parents, que les \u00e9tudiants                     n&rsquo;estiment plus leurs professeurs, que les lois sont tourn\u00e9es                     en d\u00e9rision, alors le moment est venu de se demander                     pourquoi. <\/p>\n<p> S&rsquo;il est vrai que le syst\u00e8me politique et social                     ne suscite plus le respect g\u00e9n\u00e9ral, il est temps                     de prendre conscience que c&rsquo;est nous, en tant que citoyens,                     qui <em>sommes <\/em>le syst\u00e8me. Comme l&rsquo;a dit Pogo,                     le h\u00e9ros d&rsquo;une bande dessin\u00e9e\u00a0: \u00ab\u00a0Nous                     avons vu l&rsquo;ennemi et lui c&rsquo;est nous\u00a0\u00bb. En m\u00e9prisant                     le syst\u00e8me, c&rsquo;est nous-m\u00eames que nous m\u00e9prisons.                   <\/p>\n<p> L&rsquo;estime de soi d\u00e9passe le cadre individuel. Dans                     un livre \u00e9crit en 1971, \u00ab\u00a0A Theory of Justice\u00a0\u00bb,                     le philosophe am\u00e9ricain John Rawls explique que le                     respect de soi est une valeur sociale fondamentale. En effet,                     la trame de la soci\u00e9t\u00e9 est tiss\u00e9e des                     groupes auxquels appartiennent les individus\u00a0; or il                     est impossible de contribuer valablement \u00e0 la vie d&rsquo;un                     groupe, familial ou autre, sans poss\u00e9der l&rsquo;estime de                     soi. <\/p>\n<p> \u00ab\u00a0L&rsquo;honneur, a dit Vigny, c&rsquo;est le respect de soi-m\u00eame                     et de la beaut\u00e9 de sa vie\u00a0\u00bb. Sans lui nous sombrons                     dans l&rsquo;apathie et le cynisme. En perdant le respect de soi,                     il est impossible de respecter qui ou quoi que ce soit, bien                     qu&rsquo;on puisse hypocritement le pr\u00e9tendre. Le respect                     qu&rsquo;on a pour les autres na\u00eet de l&rsquo;estime qu&rsquo;on a pour                     soi-m\u00eame. <\/p>\n<p> Selon Rawls, la honte est l&rsquo;ange gardien du respect. En                     poursuivant ses propres int\u00e9r\u00eats, l&rsquo;homme peut                     outrepasser les droits d&rsquo;autrui&#8230; ce manque de ma\u00eetrise                     le rend indigne de ses compagnons dont l&rsquo;estime est essentielle                     au sentiment qu&rsquo;il a de sa propre valeur. <\/p>\n<p> On pourrait croire que le philosophe moderne a parodi\u00e9                     un politicien de l&rsquo;\u00e9poque victorienne, Edmund Burke,                     qui avait remarqu\u00e9 que tant que la honte reste vigilante,                     la vertu ne peut \u00eatre annihil\u00e9e. Que se passe-t-il                     quand toute honte dispara\u00eet\u00a0? Avec elle s&rsquo;en va                     la ma\u00eetrise de soi, base du respect de soi. Sans cette                     ma\u00eetrise, le contr\u00f4le civique dont d\u00e9pend                     notre s\u00e9curit\u00e9 n&rsquo;existe plus. Une chanson mexicaine                     nous parle d&rsquo;un pays sans honte, ni foi, ni loi, o\u00f9                     seul le vainqueur est respect\u00e9. \u00ab\u00a0C&rsquo;est pourquoi                     la vie n&rsquo;a plus de valeur au Guanajuato\u00a0\u00bb, continue la                     chanson. <\/p>\n<p> Heureusement, le sens civique de ses propres int\u00e9r\u00eats                     dont parle Gibbon est encore vivant. Instinctivement, les                     gens savent que le manque de respect m\u00e8ne \u00e0                     l&rsquo;anarchie. Les pays occidentaux ont affront\u00e9 ce danger                     dans les ann\u00e9es 60, lorsque les jeunes se sont r\u00e9volt\u00e9s                     contre les valeurs de leurs a\u00een\u00e9s. Leur m\u00e9contentement                     &#8211; qui n&rsquo;\u00e9tait en fait qu&rsquo;un manque de respect pour                     le syst\u00e8me &#8211; s&rsquo;est exprim\u00e9 en attaques violentes                     contre l&rsquo;autorit\u00e9 sous toutes ses formes. Dans une                     certaine mesure, les protestataires des ann\u00e9es 60 attaquaient                     l&rsquo;id\u00e9e qu&rsquo;on se faisait alors de la respectabilit\u00e9                     dans le monde public et priv\u00e9 et qui \u00e9tait non                     de m\u00e9riter le respect, mais de para\u00eetre respectable.                     Quoique extr\u00eames, leurs tactiques ont permis de r\u00e9v\u00e9ler                     cette hypocrisie sociale et nous pouvons les en remercier.                     L&rsquo;iconoclasme actuel des m\u00e9dias est un effet durable                     de leur r\u00e9volte. <\/p>\n<p> Une fois leur mission accomplie, s&rsquo;\u00e9tant assur\u00e9s                     que la respectabilit\u00e9 se gagne d\u00e9sormais au                     prix d&rsquo;actions m\u00e9ritoires, les hippies et les protestataires                     d&rsquo;hier sont heureux aujourd&rsquo;hui de porter veston et cravate                     et de se conformer aux bonnes mours. Pourtant, cet \u00e9tat                     de franchise nouvellement cr\u00e9\u00e9 ne survivra pas                     sans \u00eatre nourri par un profond respect de soi, une                     nouvelle conscience de la valeur du caract\u00e8re de l&rsquo;individu.                     Nous ne pouvons exiger de nos leaders qu&rsquo;ils d\u00e9montrent                     une force de caract\u00e8re que nous ne poss\u00e9dons                     pas nous-m\u00eames. Chacune de nos vies est un des fils                     de la trame du respect mutuel, fondement de notre soci\u00e9t\u00e9.                   <\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<\/p><\/div>\n","protected":false},"author":0,"featured_media":0,"template":"","categories":[1],"rbc_letter_theme":[],"rbc_letter_year":[67],"class_list":["post-2307","rbc_letter","type-rbc_letter","status-publish","hentry","category-uncategorized","rbc_letter_year-67"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO Premium plugin v27.4 (Yoast SEO v27.4) - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-premium-wordpress\/ -->\n<title>Vol. 67, N\u00b0 2 - Mars\/Avril 1986 - La notion de respect - RBC<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-67-n-2-mars-avril-1986-la-notion-de-respect\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Vol. 67, N\u00b0 2 - Mars\/Avril 1986 - La notion de respect\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"\u00c0 bien des \u00e9gards, le respect mutuel est l&rsquo;assise des soci\u00e9t\u00e9s civilis\u00e9es. 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