{"id":2305,"date":"1984-03-01T06:00:00","date_gmt":"1984-03-01T06:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-65-n-2-mars-avril-1984-les-canadiens-jadis-et-aujourdhui\/"},"modified":"1984-03-01T06:00:00","modified_gmt":"1984-03-01T06:00:00","slug":"vol-65-n-2-mars-avril-1984-les-canadiens-jadis-et-aujourdhui","status":"publish","type":"rbc_letter","link":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-65-n-2-mars-avril-1984-les-canadiens-jadis-et-aujourdhui\/","title":{"rendered":"Vol. 65, N\u00b0 2 &#8211; Mars\/Avril 1984 &#8211; Les Canadiens, jadis et aujourd&rsquo;hui"},"content":{"rendered":"<div id=\"layout-column-main\">\n<p class=\"boldtext\">Les Canadiens ont-ils des racines communes\u00a0?                     Leurs origines diff\u00e8rent, mais l&rsquo;histoire les a rapproch\u00e9s                     plus qu&rsquo;ils ne pourraient l&rsquo;imaginer. Profitons des c\u00e9l\u00e9brations                     en cours pour faire un retour sur le pass\u00e9\u00a0; nous                     distinguerons peut-\u00eatre chez nos pr\u00e9d\u00e9cesseurs                     les germes d&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9. Tout a commenc\u00e9                     il y a 20 000 ans&#8230; <\/p>\n<p> L&rsquo;ann\u00e9e 1984 marque l&rsquo;anniversaire de plusieurs \u00e9v\u00e9nements                     cl\u00e9s de notre histoire. Il y a 450 ans, Jacques Cartier                     plantait une croix en Gasp\u00e9sie et prenait possession                     au nom du roi de France d&rsquo;un pays immense, d&rsquo;une incroyable                     richesse. Il y a 200 ans, le Nouveau-Brunswick et l&rsquo;\u00cele                     du Cap-Breton (celle-ci temporairement) devenaient des provinces                     de l&rsquo;ancien Empire britannique. \u00c0 la m\u00eame \u00e9poque                     survenait un courant d&rsquo;immigration qui allait donner naissance                     \u00e0 l&rsquo;Ontario. Un demi-si\u00e8cle plus tard, Toronto                     \u00e9tait officiellement \u00e9rig\u00e9e en municipalit\u00e9\u00a0;                     elle f\u00eate ses 150 ans cette ann\u00e9e. Au Qu\u00e9bec,                     Trois-Rivi\u00e8res c\u00e9l\u00e8bre son 350e anniversaire                     en 1984. <\/p>\n<p> Toutes ces comm\u00e9morations fournissent l&rsquo;occasion                     d&rsquo;une r\u00e9flexion g\u00e9n\u00e9rale sur notre personnalit\u00e9                     et sur le cheminement qui nous a faits ce que nous sommes.                     Les origines ethniques et les appartenances religieuses de                     la population canadienne sont tellement vari\u00e9es qu&rsquo;il                     semble impossible \u00e0 premi\u00e8re vue que nous ayons                     des racines communes. Pourtant, notre histoire r\u00e9v\u00e8le                     des convergences qui pourraient expliquer la similitude des                     mentalit\u00e9s et des comportements et lorsque nous consid\u00e9rons                     ceux qui nous ont pr\u00e9c\u00e9d\u00e9s, nous retrouvons                     chez eux les m\u00eames ressemblances. <\/p>\n<p> La premi\u00e8re chose que nous avons en commun, c&rsquo;est                     la d\u00e9marche initiale, l&rsquo;immigration. En fait, les tout                     premiers \u00eatres humains qui ont foul\u00e9 le sol de                     notre continent \u00e9taient des immigrants. Descendants                     d&rsquo;Asiatiques de race mongolique, ils travers\u00e8rent le                     d\u00e9troit de Behring il y a environ 20 000 ans pour gagner                     un coin du Yukon \u00e9pargn\u00e9 par la derni\u00e8re                     glaciation. Certains d&rsquo;entre eux, les anc\u00eatres du peuple                     Inuit, rest\u00e8rent dans le nord et essaim\u00e8rent                     vers l&rsquo;est. D&rsquo;autres, les \u00ab\u00a0Indiens\u00a0\u00bb, progress\u00e8rent                     lentement vers le sud \u00e0 mesure que les glaces rel\u00e2chaient                     leur emprise. Ces migrants ont v\u00e9cu une exp\u00e9rience                     que tous les immigrants depuis ont abord\u00e9e avec un                     m\u00e9lange d&rsquo;espoir et d&rsquo;appr\u00e9hension\u00a0: se                     b\u00e2tir une vie nouvelle dans un pays neuf. <\/p>\n<p> Dans sa laborieuse retraite vers le nord, l&rsquo;\u00e9paisse                     chape de glace qui avait recouvert le continent modifiait                     compl\u00e8tement le terrain sous-jacent, creusant des lacs                     et des rivi\u00e8res, nivelant des plaines, dessinant des                     collines et des vall\u00e9es. Cette nature primitive devait                     provoquer de profondes mutations chez ceux qui s&rsquo;y aventuraient.                     Les Indiens adapt\u00e8rent leurs m\u00e9thodes et leurs                     coutumes \u00e0 ce nouveau milieu, inventant des outils                     et des armes, des formes d&rsquo;abris, des modes de transport et                     m\u00eame des dieux. <\/p>\n<p> On ne saura jamais quelle n\u00e9cessit\u00e9 les contraignait                     \u00e0 aller de l&rsquo;avant, s&rsquo;ils \u00e9taient chass\u00e9s                     par des guerres ou par des calamit\u00e9s naturelles. Certains                     d&rsquo;entre eux \u00e9taient sans doute oblig\u00e9s de poursuivre                     leur errance parce qu&rsquo;ils avaient \u00e9puis\u00e9 les                     ressources locales, mais on peut supposer que d&rsquo;autres ob\u00e9issaient                     \u00e0 l&rsquo;impulsion fondamentale qui pousse l&rsquo;homme \u00e0                     aller voir ce que cache le prochain tournant de la rivi\u00e8re.                   <\/p>\n<p> Parmi les tribus form\u00e9es par les Indiens, il y avait                     d&rsquo;un c\u00f4t\u00e9 les p\u00eacheurs et les chasseurs                     nomades, toujours en marche vers un horizon fuyant. De l&rsquo;autre,                     il y avait des groupes s\u00e9dentaires qui restaient volontiers                     au m\u00eame endroit tant qu&rsquo;ils y trouvaient leur subsistance.                     Dans les r\u00e9gions temp\u00e9r\u00e9es, ces derniers                     d\u00e9frichaient et cultivaient des lopins de terre \u00e0                     proximit\u00e9 de leurs villages. <\/p>\n<p> Les Europ\u00e9ens qui abord\u00e8rent plus tard au                     Nouveau Monde ne devaient pas faire autrement. Les explorateurs                     vinrent devant. Jacques Cartier, navigateur de son \u00e9tat,                     avait fait de nombreux voyages avant d&rsquo;\u00eatre charg\u00e9                     par le roi Fran\u00e7ois Ier de chercher un passage vers                     la mer de l&rsquo;Ouest afin de faciliter le commerce entre l&rsquo;Europe                     et l&rsquo;Asie. Ni lui ni ses hommes n&rsquo;eurent envie de s&rsquo;\u00e9tablir                     dans le pays qu&rsquo;ils avaient d\u00e9couvert. Ayant ouvert                     la voie, ils consid\u00e9raient leur t\u00e2che termin\u00e9e.                     C&rsquo;\u00e9tait \u00e0 des esprits moins aventureux qu&rsquo;il                     appartenait de coloniser la Nouvelle-France. <\/p>\n<p> Lorsque la colonie fut enfin \u00e9tablie, les Fran\u00e7ais                     montr\u00e8rent les m\u00eames tendances que les Indiens.                     Il y eut d&rsquo;un c\u00f4t\u00e9 les <em>coureurs de bois<\/em>,                     toujours par monts et par vaux, et de l&rsquo;autre, les <em>habitants                     <\/em>attach\u00e9s \u00e0 leurs foyers et \u00e0 leurs                     terres. Ces derniers occupaient une petite enclave civilis\u00e9e                     dans un territoire illimit\u00e9, situation \u00e0 laquelle                     la conqu\u00eate britannique ne changea pas grand-chose.                     A part quelques petits villages \u00e9difi\u00e9s par                     des tribus s\u00e9dentaires, tout le pays \u00e0 l&rsquo;ouest                     de l&rsquo;actuelle agglom\u00e9ration montr\u00e9alaise \u00e9tait                     le domaine des nomades, Indiens et Blancs. <\/p>\n<p> Dans ce domaine, les Indiens faisaient le commerce des pelleteries                     avec des hommes qui, comme eux, ne restaient pas longtemps                     \u00e0 la m\u00eame place \u00e0 moins d&rsquo;y \u00eatre                     forc\u00e9s par le mauvais temps. On trouvait \u00e7\u00e0                     et l\u00e0 des comptoirs et des postes militaires, mais                     ils \u00e9taient tenus par des individus de passage, bien                     d\u00e9cid\u00e9s \u00e0 rentrer chez eux s&rsquo;ils avaient                     la chance de s&rsquo;en tirer. <\/p>\n<h3>Interaction des explorateurs et des colons<\/h3>\n<p> Les trafiquants de fourrures \u00e9taient les derniers                     \u00e0 souhaiter la colonisation du pays. Quand, au d\u00e9but                     du XIXe si\u00e8cle, le comte de Selkirk voulut \u00e9tablir                     des immigrants \u00e9cossais sur la Rivi\u00e8re Rouge,                     les traiteurs de la Compagnie du Nord-Ouest firent de leur                     mieux pour entraver le projet. Fait ironique, ce sont les                     explorateurs de la compagnie, toujours \u00e0 la recherche                     des fourrures, qui ont ouvert les routes d&rsquo;acc\u00e8s que                     les pionniers allaient emprunter pour gagner l&rsquo;ouest et le                     nord du pays. Le 200e anniversaire de la fondation de cette                     v\u00e9n\u00e9rable organisation sera c\u00e9l\u00e9br\u00e9                     cette ann\u00e9e \u00e0 l&rsquo;ancien quartier g\u00e9n\u00e9ral                     de Old Fort William (Ont.). <\/p>\n<p> L\u00e0 et ailleurs, les c\u00e9l\u00e9brations pr\u00e9vues                     rendront hommage \u00e0 la fois aux explorateurs et aux                     pionniers car, sans l&rsquo;interaction de ces deux types d&rsquo;homme,                     le Canada ne serait pas devenu ce qu&rsquo;il est aujourd&rsquo;hui. Les                     explorateurs ont rendu la colonisation possible, mais ils                     n&rsquo;auraient pu rien faire s&rsquo;ils n&rsquo;avaient \u00e9t\u00e9                     ravitaill\u00e9s par les colons d\u00e9j\u00e0 install\u00e9s                     au Qu\u00e9bec. Dans les colonies de l&rsquo;Est, les marins qui                     commer\u00e7aient avec les Antilles pouvaient s&rsquo;appuyer                     sur les gens du pays, vou\u00e9s \u00e0 l&rsquo;agriculture,                     \u00e0 la p\u00eache et \u00e0 l&rsquo;industrie des constructions                     navales. <\/p>\n<p> Les c\u00e9l\u00e9brations de cette ann\u00e9e jetteront                     \u00e9galement une lumi\u00e8re nouvelle sur un type d&rsquo;immigrant                     particulier qui, au fil des ans, a \u00e9norm\u00e9ment                     enrichi notre patrimoine. Il s&rsquo;agit du r\u00e9fugi\u00e9                     pouss\u00e9 par les circonstances et qui, une fois sur place,                     a su tirer parti de la situation. <\/p>\n<h3>Pers\u00e9cution des Loyalistes<\/h3>\n<p> Au Nouveau-Brunswick et en Ontario, les f\u00eates du bicentenaire                     auront pour th\u00e8me l&rsquo;arriv\u00e9e des <em>United Empire                     Loyalists<\/em>. Ces gens, qui \u00e9taient pr\u00eats \u00e0                     risquer leur vie pour d\u00e9fendre leurs opinions politiques,                     firent preuve de la m\u00eame d\u00e9termination pour se                     cr\u00e9er une patrie nouvelle. <\/p>\n<p> L&rsquo;histoire des Loyalistes a \u00e9t\u00e9 g\u00e9n\u00e9ralement                     mal comprise, en partie parce que leurs propres descendants                     leur ont attribu\u00e9 r\u00e9trospectivement un rang                     social et des opinions que la majorit\u00e9 d&rsquo;entre eux                     n&rsquo;ont jamais eus. L&rsquo;habitude canadienne de voir l&rsquo;histoire                     \u00e0 travers les livres, les films et les \u00e9missions                     de t\u00e9l\u00e9vision <em>made in USA <\/em>n&rsquo;a rien                     fait pour \u00e9claircir la question de savoir qui \u00e9taient                     r\u00e9ellement ces gens. <\/p>\n<p> Selon la l\u00e9gende accr\u00e9dit\u00e9e par les                     Canadiens, les Loyalistes \u00e9taient des snobs de la haute                     soci\u00e9t\u00e9 qui croyaient que le pays leur appartenait                     et qui regardaient les immigrants de haut, comme certains                     de leurs rejetons ont effectivement tent\u00e9 de le faire.                     Selon les Am\u00e9ricains, il s&rsquo;agissait d&rsquo;une petite faction                     de pseudo-aristocrates tories qui refusaient de saisir le                     flambeau de la libert\u00e9 parce qu&rsquo;ils \u00e9taient                     trop occup\u00e9s \u00e0 pr\u00e9server leurs privil\u00e8ges                     et le pouvoir qu&rsquo;ils d\u00e9tenaient. <\/p>\n<p> Ni l&rsquo;une ni l&rsquo;autre de ces vues n&rsquo;est conforme \u00e0                     la r\u00e9alit\u00e9. D&rsquo;abord, on ne saurait parler d&rsquo;une                     petite faction au sujet des Loyalistes. Selon John Adams,                     un des p\u00e8res de la R\u00e9volution am\u00e9ricaine,                     jusqu&rsquo;au tiers de la population des treize colonies rejetait                     le principe de l&rsquo;ind\u00e9pendance lorsque celle-ci fut                     d\u00e9clar\u00e9e en 1776. Les Loyalistes n&rsquo;\u00e9taient                     certainement pas tous des privil\u00e9gi\u00e9s non plus                     et il y avait probablement autant de propri\u00e9taires                     fonciers et d&rsquo;officiers de la Couronne du c\u00f4t\u00e9                     des patriotes que du c\u00f4t\u00e9 des rebelles. <\/p>\n<p> On croit g\u00e9n\u00e9ralement que la Guerre d&rsquo;Ind\u00e9pendance                     opposait les soldats anglais et les mercenaires hessois du                     roi George III aux rudes coloniaux am\u00e9ricains arm\u00e9s                     de carabines de chasse. En fait, c&rsquo;\u00e9tait avant tout                     une guerre civile entre les Am\u00e9ricains qui voulaient                     s&rsquo;affranchir de la domination britannique et ceux qui voulaient                     pr\u00e9server les anciens liens avec la m\u00e9tropole.                   <\/p>\n<p> Comme toutes les guerres civiles, celle-l\u00e0 fut particuli\u00e8rement                     \u00e2pre. Les soldats loyalistes captur\u00e9s par leurs                     compatriotes \u00e9taient pendus pour avoir trahi la cause                     r\u00e9volutionnaire et, dans les territoires acquis \u00e0                     la R\u00e9volution, les civils suspects de loyalisme \u00e9taient                     trait\u00e9s sans m\u00e9nagement. On confisquait leurs                     biens et on leur interdisait d&rsquo;exercer leurs professions ou,                     pire encore, on br\u00fblait leurs maisons, on les jetait                     en prison ou on leur infligeait divers outrages et surtout                     le supplice du \u00ab\u00a0goudron et des plumes\u00a0\u00bb. <\/p>\n<p> Apr\u00e8s la d\u00e9faite d\u00e9cisive des forces                     britanniques \u00e0 Yorktown en 1781, des douzaines de milliers                     de Loyalistes se r\u00e9fugi\u00e8rent dans les villes                     tenues par l&rsquo;arm\u00e9e anglaise pour y attendre le r\u00e9sultat                     des n\u00e9gociations qui allaient d\u00e9cider de leur                     sort. Deux ans plus tard, le trait\u00e9 de Paris allait                     provoquer leur indignation en leur donnant l&rsquo;impression que                     la m\u00e8re patrie avait sacrifi\u00e9 leurs int\u00e9r\u00eats.                     Le gouvernement am\u00e9ricain s&rsquo;\u00e9tait engag\u00e9                     \u00e0 leur faciliter le retour dans leurs foyers, mais                     un grand nombre de ceux qui essay\u00e8rent de racheter                     leurs biens confisqu\u00e9s furent accueillis plus rudement                     que jamais par leurs anciens voisins. C&rsquo;est ainsi que la Couronne                     leur ayant promis de les aider \u00e0 s&rsquo;installer ailleurs,                     au moins 60 000 d&rsquo;entre eux (certains disent jusqu&rsquo;\u00e0                     100 000) quitt\u00e8rent leur patrie pour de bon. <\/p>\n<p> Les Loyalistes qui en avaient les moyens \u00e9migr\u00e8rent                     en Angleterre, aux Bermudes ou aux Antilles. Les plus pauvres,                     au nombre d&rsquo;environ 45 000, accept\u00e8rent des concessions                     de terres au Canada. De ce dernier groupe, les uns s&#8217;embarqu\u00e8rent                     \u00e0 New York, dernier bastion anglais, tandis que les                     autres s&rsquo;acheminaient par voie de terre vers les lacs et les                     rivi\u00e8res qui formaient la nouvelle fronti\u00e8re                     internationale. Les premiers allaient aboutir \u00e0 Halifax                     et \u00e0 Montr\u00e9al, et les seconds, dans l&rsquo;ouest                     du Qu\u00e9bec o\u00f9 les rejoindraient \u00e9ventuellement                     plusieurs milliers de compatriotes qui \u00e9taient pass\u00e9s                     par Montr\u00e9al. <\/p>\n<h3>Un microcosme de la soci\u00e9t\u00e9 canadienne actuelle<\/h3>\n<p> Les gens entra\u00een\u00e9s par cet exode formaient                     un microcosme de la population canadienne actuelle. A c\u00f4t\u00e9                     des Am\u00e9ricains d&rsquo;ascendance anglaise se trouvaient                     des descendants d&rsquo;\u00c9cossais, d&rsquo;Irlandais, de Fran\u00e7ais,                     d&rsquo;Allemands et de Hollandais, de m\u00eame que plusieurs                     centaines d&rsquo;anciens soldats de couleur que la guerre avait                     lib\u00e9r\u00e9s de l&rsquo;esclavage et un millier d&rsquo;Iroquois,                     alli\u00e9s des Britanniques. Sous la conduite de leur chef                     Joseph Brant, ceux-ci s&rsquo;install\u00e8rent en Ontario, dans                     la r\u00e9gion de Brantford et de Cornwall qui accueillit                     \u00e9galement un grand nombre de r\u00e9fugi\u00e9s                     blancs. Ces deux villes f\u00eatent leur bicentenaire cette                     ann\u00e9e. <\/p>\n<p> Par sa composition, le groupe des Loyalistes ne diff\u00e9rait                     pas tellement de la soci\u00e9t\u00e9 actuelle\u00a0:                     commer\u00e7ants, fermiers, artisans, boutiquiers et soldats                     r\u00e9form\u00e9s se juxtaposaient aux m\u00e9decins,                     aux avocats, aux enseignants et aux membres du clerg\u00e9.                     On trouvait dans leurs rangs des Anglicans, des Catholiques,                     des M\u00e9thodistes, des Wesleyens, des Baptistes, des                     Congr\u00e9gationalistes, des Mennonites, des Quakers et                     des pa\u00efens. Tout ce monde parlait diverses langues, dont                     le fran\u00e7ais car un groupe de fermiers canadiens avaient                     retravers\u00e9 la rivi\u00e8re Detroit pour se fixer                     pr\u00e8s de Windsor (Ont.). <\/p>\n<p> Les Loyalistes formaient ce que les sociologues modernes                     appelleraient un groupe h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne et                     pluraliste qui, comme tel, est \u00e0 la base de la diversit\u00e9                     culturelle du Canada anglais. Recrut\u00e9s dans les treize                     colonies am\u00e9ricaines, ils apportaient avec eux l&rsquo;horreur                     des exc\u00e8s r\u00e9volutionnaires, ce qui explique                     peut-\u00eatre l&rsquo;esprit de mesure avec lequel les Canadiens                     ont toujours consid\u00e9r\u00e9 les affaires publiques.                     Sans doute certains d&rsquo;entre eux \u00e9taient-ils les Tories                     rigides peints par la l\u00e9gende, mais la plupart \u00e9taient                     en fait des radicaux (Whigs), non pas hostiles aux r\u00e9formes                     politiques, mais persuad\u00e9s que celles-ci pouvaient                     s&rsquo;accomplir sans violence et sans qu&rsquo;il soit n\u00e9cessaire                     de rompre les attaches historiques. <\/p>\n<p> Toutefois, le fait d&rsquo;\u00eatre pacifistes ne les emp\u00eachait                     pas de faire valoir leurs droits. A peine avaient-ils plant\u00e9                     leurs tontes que les 14 000 r\u00e9fugi\u00e9s d\u00e9barqu\u00e9s                     dans la vall\u00e9e de la rivi\u00e8re Saint-Jean, qui                     faisait alors partie de la Nouvelle-\u00c9cosse, s&rsquo;accordaient                     \u00e0 r\u00e9clamer la direction des affaires locales.                     Ils obtinrent en 1784 l&rsquo;autorisation de former la province                     du Nouveau-Brunswick. La m\u00eame ann\u00e9e, l&rsquo;\u00cele                     du Cap-Breton re\u00e7ut une administration s\u00e9par\u00e9e                     de la Nouvelle-\u00c9cosse, situation qui allait durer jusqu&rsquo;en                     1810. <\/p>\n<p> Entre-temps, dans l&rsquo;ouest du Qu\u00e9bec, les Loyalistes                     t\u00e2chaient de faire remplacer le syst\u00e8me seigneurial                     et la l\u00e9gislation civile fran\u00e7aise par les lois                     anglaises et le r\u00e9gime de la libre propri\u00e9t\u00e9                     qu&rsquo;ils avaient connu auparavant. Leurs revendications aboutirent                     \u00e0 l&rsquo;Acte constitutionnel de 1791 qui faisait du Haut-Canada                     (plus tard l&rsquo;Ontario) une province dot\u00e9e d&rsquo;une l\u00e9gislation                     et d&rsquo;un r\u00e9gime agraire propres. Le m\u00eame Acte                     confirmait que le Bas-Canada (le Qu\u00e9bec) conservait                     la l\u00e9gislation fran\u00e7aise. Une Assembl\u00e9e                     \u00e9lue \u00e9tait cr\u00e9\u00e9e dans chaque circonscription.                   <\/p>\n<p> Les Loyalistes ont jou\u00e9 un tel r\u00f4le dans la                     fondation de l&rsquo;Ontario que la province a d\u00e9cid\u00e9                     de f\u00eater son bicentenaire cette ann\u00e9e, faisant                     remonter sa naissance \u00e0 leur arriv\u00e9e plut\u00f4t                     qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;Acte constitutionnel. La raison de cette d\u00e9cision                     est que les Loyalistes sont \u00e0 l&rsquo;origine de la soci\u00e9t\u00e9                     ontarienne. <\/p>\n<p> Comme tous les groupes d&rsquo;immigrants avant et apr\u00e8s                     eux, les Loyalistes avaient parmi eux des aventuriers. Un                     grand nombre d&rsquo;entre eux se mirent imm\u00e9diatement en                     frais d&rsquo;explorer les ressources foresti\u00e8res et min\u00e9rales                     de leur pays d&rsquo;adoption. Les marins loyalistes r\u00e9fugi\u00e9s                     dans les provinces de l&rsquo;Atlantique poursuivirent le commerce                     maritime avec le reste du monde. Quelques g\u00e9n\u00e9rations                     plus tard, les descendants des Loyalistes allaient \u00eatre                     parmi les premiers pionniers dans l&rsquo;Ouest canadien. <\/p>\n<p> Par ailleurs, la population s\u00e9dentaire prenait racine                     dans le Haut-Canada o\u00f9 villes et villages s&rsquo;ordonnaient                     autour de York, la nouvelle capitale qui devait reprendre                     \u00e9ventuellement le nom de Toronto. C&rsquo;est cette capitale                     qui f\u00eate cette ann\u00e9e ses 150 ans. <\/p>\n<h3>P\u00e9rennit\u00e9 des grands th\u00e8mes de la vie                     canadienne<\/h3>\n<p> Toronto, qui est la ville la plus populeuse du Canada, illustre                     bien la p\u00e9rennit\u00e9 des grands th\u00e8mes de                     la vie canadienne\u00a0: l&rsquo;exploration, la colonisation et                     l&rsquo;immigration. Son importance actuelle en tant que centre                     financier et industriel s&rsquo;explique en grande partie par le                     fait qu&rsquo;elle a \u00e9t\u00e9 pendant longtemps l&rsquo;agglom\u00e9ration                     principale d&rsquo;un immense territoire. C&rsquo;est \u00e0 Toronto                     que les prospecteurs miniers qui ont explor\u00e9 une grande                     partie du Canada avaient leurs bases. <\/p>\n<p> Dans les installations de forage et les exploitations mini\u00e8res                     du Nord canadien, l&rsquo;interaction de l&rsquo;explorateur et du colon                     est encore une r\u00e9alit\u00e9, m\u00eame si le premier                     est devenu un g\u00e9ologue de formation universitaire et                     le deuxi\u00e8me, un banquier en complet sombre. L&rsquo;explorateur                     en fait peut oeuvrer sur une autre fronti\u00e8re, dans                     un des innombrables domaines que les sciences ont ouverts                     aux esprits entreprenants, c&rsquo;est toujours le rythme fondamental                     de la vie canadienne qui persiste sous une forme moderne.                   <\/p>\n<p> Et de nouveaux immigrants, bien d\u00e9termin\u00e9s                     eux aussi \u00e0 se b\u00e2tir une vie nouvelle dans un                     pays neuf, viennent encore ajouter aux richesses culturelles                     et mat\u00e9rielles du Canada. Ils ont sans doute les m\u00eames                     espoirs et les m\u00eames craintes que ces lointains pr\u00e9curseurs                     venus d&rsquo;Asie il y a si longtemps. Aujourd&rsquo;hui comme jadis,                     des aventuriers se m\u00ealent aux pionniers. Tous ensemble,                     ils sont la s\u00e8ve qui nourrit nos racines et leur donne                     une vigueur nouvelle. <\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<\/p><\/div>\n","protected":false},"author":0,"featured_media":0,"template":"","categories":[1],"rbc_letter_theme":[],"rbc_letter_year":[65],"class_list":["post-2305","rbc_letter","type-rbc_letter","status-publish","hentry","category-uncategorized","rbc_letter_year-65"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO Premium plugin v27.2 (Yoast SEO v27.2) - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-premium-wordpress\/ -->\n<title>Vol. 65, N\u00b0 2 - Mars\/Avril 1984 - Les Canadiens, jadis et aujourd&#039;hui - RBC<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-65-n-2-mars-avril-1984-les-canadiens-jadis-et-aujourdhui\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Vol. 65, N\u00b0 2 - Mars\/Avril 1984 - Les Canadiens, jadis et aujourd&#039;hui\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Les Canadiens ont-ils des racines communes\u00a0? Leurs origines diff\u00e8rent, mais l&rsquo;histoire les a rapproch\u00e9s plus qu&rsquo;ils ne pourraient l&rsquo;imaginer. Profitons des c\u00e9l\u00e9brations en cours pour faire un retour sur le pass\u00e9\u00a0; nous distinguerons peut-\u00eatre chez nos pr\u00e9d\u00e9cesseurs les germes d&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9. Tout a commenc\u00e9 il y a 20 000 ans&#8230; L&rsquo;ann\u00e9e 1984 marque l&rsquo;anniversaire de [&hellip;]\" \/>\n<meta property=\"og:url\" content=\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-65-n-2-mars-avril-1984-les-canadiens-jadis-et-aujourdhui\/\" \/>\n<meta property=\"og:site_name\" content=\"RBC\" \/>\n<meta name=\"twitter:card\" content=\"summary_large_image\" \/>\n<meta name=\"twitter:label1\" content=\"Est. reading time\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data1\" content=\"14 minutes\" \/>\n<script type=\"application\/ld+json\" class=\"yoast-schema-graph\">{\"@context\":\"https:\/\/schema.org\",\"@graph\":[{\"@type\":\"WebPage\",\"@id\":\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-65-n-2-mars-avril-1984-les-canadiens-jadis-et-aujourdhui\/\",\"url\":\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-65-n-2-mars-avril-1984-les-canadiens-jadis-et-aujourdhui\/\",\"name\":\"Vol. 65, N\u00b0 2 - Mars\/Avril 1984 - Les Canadiens, jadis et aujourd'hui - RBC\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/#website\"},\"datePublished\":\"1984-03-01T06:00:00+00:00\",\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"ReadAction\",\"target\":[\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-65-n-2-mars-avril-1984-les-canadiens-jadis-et-aujourdhui\/\"]}]},{\"@type\":\"WebSite\",\"@id\":\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/#website\",\"url\":\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/\",\"name\":\"RBC\",\"description\":\"\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"SearchAction\",\"target\":{\"@type\":\"EntryPoint\",\"urlTemplate\":\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/?s={search_term_string}\"},\"query-input\":{\"@type\":\"PropertyValueSpecification\",\"valueRequired\":true,\"valueName\":\"search_term_string\"}}],\"inLanguage\":\"fr-FR\"}]}<\/script>\n<!-- \/ Yoast SEO Premium plugin. -->","yoast_head_json":{"title":"Vol. 65, N\u00b0 2 - Mars\/Avril 1984 - Les Canadiens, jadis et aujourd'hui - RBC","robots":{"index":"index","follow":"follow","max-snippet":"max-snippet:-1","max-image-preview":"max-image-preview:large","max-video-preview":"max-video-preview:-1"},"canonical":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-65-n-2-mars-avril-1984-les-canadiens-jadis-et-aujourdhui\/","og_locale":"fr_FR","og_type":"article","og_title":"Vol. 65, N\u00b0 2 - Mars\/Avril 1984 - Les Canadiens, jadis et aujourd'hui","og_description":"Les Canadiens ont-ils des racines communes\u00a0? Leurs origines diff\u00e8rent, mais l&rsquo;histoire les a rapproch\u00e9s plus qu&rsquo;ils ne pourraient l&rsquo;imaginer. Profitons des c\u00e9l\u00e9brations en cours pour faire un retour sur le pass\u00e9\u00a0; nous distinguerons peut-\u00eatre chez nos pr\u00e9d\u00e9cesseurs les germes d&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9. Tout a commenc\u00e9 il y a 20 000 ans&#8230; L&rsquo;ann\u00e9e 1984 marque l&rsquo;anniversaire de [&hellip;]","og_url":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-65-n-2-mars-avril-1984-les-canadiens-jadis-et-aujourdhui\/","og_site_name":"RBC","twitter_card":"summary_large_image","twitter_misc":{"Est. reading time":"14 minutes"},"schema":{"@context":"https:\/\/schema.org","@graph":[{"@type":"WebPage","@id":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-65-n-2-mars-avril-1984-les-canadiens-jadis-et-aujourdhui\/","url":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-65-n-2-mars-avril-1984-les-canadiens-jadis-et-aujourdhui\/","name":"Vol. 65, N\u00b0 2 - Mars\/Avril 1984 - Les Canadiens, jadis et aujourd'hui - RBC","isPartOf":{"@id":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/#website"},"datePublished":"1984-03-01T06:00:00+00:00","inLanguage":"fr-FR","potentialAction":[{"@type":"ReadAction","target":["https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-65-n-2-mars-avril-1984-les-canadiens-jadis-et-aujourdhui\/"]}]},{"@type":"WebSite","@id":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/#website","url":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/","name":"RBC","description":"","potentialAction":[{"@type":"SearchAction","target":{"@type":"EntryPoint","urlTemplate":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/?s={search_term_string}"},"query-input":{"@type":"PropertyValueSpecification","valueRequired":true,"valueName":"search_term_string"}}],"inLanguage":"fr-FR"}]}},"parsely":{"version":"1.1.0","canonical_url":"https:\/\/rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-65-n-2-mars-avril-1984-les-canadiens-jadis-et-aujourdhui\/","smart_links":{"inbound":0,"outbound":0},"traffic_boost_suggestions_count":0,"meta":{"@context":"https:\/\/schema.org","@type":"NewsArticle","headline":"Vol. 65, N\u00b0 2 &#8211; Mars\/Avril 1984 &#8211; Les Canadiens, jadis et aujourd&rsquo;hui","url":"http:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-65-n-2-mars-avril-1984-les-canadiens-jadis-et-aujourdhui\/","mainEntityOfPage":{"@type":"WebPage","@id":"http:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-65-n-2-mars-avril-1984-les-canadiens-jadis-et-aujourdhui\/"},"thumbnailUrl":"","image":{"@type":"ImageObject","url":""},"articleSection":"Uncategorized","author":[],"creator":[],"publisher":{"@type":"Organization","name":"RBC","logo":""},"keywords":[],"dateCreated":"1984-03-01T06:00:00Z","datePublished":"1984-03-01T06:00:00Z","dateModified":"1984-03-01T06:00:00Z"},"rendered":"<script type=\"application\/ld+json\" class=\"wp-parsely-metadata\">{\"@context\":\"https:\\\/\\\/schema.org\",\"@type\":\"NewsArticle\",\"headline\":\"Vol. 65, N\\u00b0 2 &#8211; Mars\\\/Avril 1984 &#8211; Les Canadiens, jadis et aujourd&rsquo;hui\",\"url\":\"http:\\\/\\\/www.rbc.com\\\/fr\\\/notre-compagnie\\\/histoire\\\/bulletin\\\/vol-65-n-2-mars-avril-1984-les-canadiens-jadis-et-aujourdhui\\\/\",\"mainEntityOfPage\":{\"@type\":\"WebPage\",\"@id\":\"http:\\\/\\\/www.rbc.com\\\/fr\\\/notre-compagnie\\\/histoire\\\/bulletin\\\/vol-65-n-2-mars-avril-1984-les-canadiens-jadis-et-aujourdhui\\\/\"},\"thumbnailUrl\":\"\",\"image\":{\"@type\":\"ImageObject\",\"url\":\"\"},\"articleSection\":\"Uncategorized\",\"author\":[],\"creator\":[],\"publisher\":{\"@type\":\"Organization\",\"name\":\"RBC\",\"logo\":\"\"},\"keywords\":[],\"dateCreated\":\"1984-03-01T06:00:00Z\",\"datePublished\":\"1984-03-01T06:00:00Z\",\"dateModified\":\"1984-03-01T06:00:00Z\"}<\/script>","tracker_url":"https:\/\/cdn.parsely.com\/keys\/rbc.com\/p.js"},"featured_img":false,"coauthors":[],"author_meta":{"author_link":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/author\/","display_name":""},"relative_dates":{"created":"Publi\u00e9 42 ans il y a","modified":"Mis \u00e0 jour 42 ans il y a"},"absolute_dates":{"created":"Publi\u00e9 le 1 mars 1984","modified":"Mise \u00e0 jour le 1 mars 1984"},"absolute_dates_time":{"created":"Publi\u00e9 le 1 mars 1984 6:00  ","modified":"Mise \u00e0 jour le 1 mars 1984 6:00  "},"featured_img_caption":"","tax_additional":{"category":{"linked":["<a href=\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/category\/uncategorized\/\" class=\"advgb-post-tax-term\">Uncategorized<\/a>"],"unlinked":["<span class=\"advgb-post-tax-term\">Uncategorized<\/span>"],"slug":"category","name":"Cat\u00e9gories"},"rbc_letter_theme":{"linked":[],"unlinked":[],"slug":"rbc_letter_theme","name":"Themes"},"rbc_letter_year":{"linked":["<a href=\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/year\/1984\/\" class=\"advgb-post-tax-term\">1984<\/a>"],"unlinked":["<span class=\"advgb-post-tax-term\">1984<\/span>"],"slug":"rbc_letter_year","name":"Years"}},"series_order":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/rbc_letter\/2305","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/rbc_letter"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/rbc_letter"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/rbc_letter\/2305\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2305"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2305"},{"taxonomy":"rbc_letter_theme","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/rbc_letter_theme?post=2305"},{"taxonomy":"rbc_letter_year","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/rbc_letter_year?post=2305"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}