{"id":2294,"date":"1988-05-01T00:00:00","date_gmt":"1988-05-01T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-69-n-3-mai-juin-1988-la-force-de-caractere\/"},"modified":"2022-10-17T20:37:33","modified_gmt":"2022-10-17T20:37:33","slug":"vol-69-n-3-mai-juin-1988-la-force-de-caractere","status":"publish","type":"rbc_letter","link":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-69-n-3-mai-juin-1988-la-force-de-caractere\/","title":{"rendered":"Vol. 69, N\u00b0 3 &#8211; Mai\/Juin 1988 &#8211; La force de caract\u00e8re"},"content":{"rendered":"<div id=\"layout-column-main\">\n<p class=\"boldtext\">La notion de caract\u00e8re revient \u00e0 la mode juste au moment o\u00f9 elle semblait \u00eatre tomb\u00e9e dans l&rsquo;oubli. Nous l&rsquo;avons \u00e9chapp\u00e9 belle\u00a0! Gardons-nous d&rsquo;ignorer ce que l&rsquo;on a appel\u00e9 \u00ab\u00a0le plus grand besoin de l&rsquo;homme.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Alors que l&rsquo;ann\u00e9e derni\u00e8re les aventures galantes de Gary Hart s&rsquo;\u00e9talaient dans tous les journaux, un mot insolite fit son apparition dans les rubriques politiques. Il surgit \u00e0 nouveau lorsqu&rsquo;un autre candidat \u00e0 la pr\u00e9sidence des \u00c9tats-Unis, le s\u00e9nateur Joe Biden, plagia le discours qu&rsquo;un chef du parti travailliste britannique, Neil Kinnock, avait prononc\u00e9 quelques mois auparavant.<\/p>\n<p>Il s&rsquo;agit du mot \u00ab\u00a0caract\u00e8re\u00a0\u00bb tel qu&rsquo;il est utilis\u00e9 pour d\u00e9crire le comportement d&rsquo;un individu. Cet emploi, tomb\u00e9 en d\u00e9su\u00e9tude depuis plusieurs ann\u00e9es, a sans doute d\u00e9rout\u00e9 les jeunes lecteurs qui n&rsquo;ont pas d\u00fb pleinement saisir de quoi il retournait.<\/p>\n<p>Pour les autres, parler aux \u00c9tats-Unis, \u00e0 la fin du 20e si\u00e8cle, au milieu de d\u00e9bats politiques, du caract\u00e8re d&rsquo;un candidat dut sembler anachronique. L&rsquo;\u00e9poque victorienne, dont le formalisme pointilleux avait profond\u00e9ment marqu\u00e9 les pays de langue anglaise, tout d&rsquo;un coup ne parut pas si lointaine. Tous les ouvrages de cette \u00e9poque parlent de caract\u00e8re\u00a0; en fait, la force ou le manque de caract\u00e8re en est souvent le th\u00e8me central.<\/p>\n<p>Pourquoi les journalistes contemporains ont-ils tir\u00e9 de l&rsquo;oubli ce terme d\u00e9suet\u00a0? Sans doute parce qu&rsquo;il n&rsquo;en \u00e9tait aucun autre qui exprim\u00e2t aussi bien ce qu&rsquo;ils voulaient dire. Certes, ils auraient pu parler d&rsquo;honneur, d&rsquo;int\u00e9grit\u00e9, de sinc\u00e9rit\u00e9, de constance ou de force morale, mais ils n&rsquo;auraient fait que d\u00e9crire le caract\u00e8re sans parvenir \u00e0 atteindre la pr\u00e9cision souhait\u00e9e.<\/p>\n<p>La notion de caract\u00e8re est tr\u00e8s difficile \u00e0 d\u00e9finir. M\u00eame les dictionnaires n&rsquo;en expriment pas toutes les nuances. Souvent, ils ne font qu&rsquo;en souligner la nature insaisissable. L&rsquo;un d&rsquo;eux, par exemple, parle de \u00ab\u00a0qualit\u00e9s morales\u00a0\u00bb et, notamment, de la \u00ab\u00a0r\u00e9putation de poss\u00e9der ces qualit\u00e9s.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Or, quelques instants de r\u00e9flexion suffisent pour conclure que la r\u00e9putation, justement, est exactement ce que le caract\u00e8re n&rsquo;est pas. Au mieux, la r\u00e9putation est \u00e0 la personnalit\u00e9 ce qu&rsquo;un miroir d\u00e9formant est au physique, une image fauss\u00e9e de la r\u00e9alit\u00e9. Au pire, elle repr\u00e9sente l&rsquo;envers de la v\u00e9rit\u00e9. Selon Richard Bentley, critique londonien du 18e si\u00e8cle, \u00ab\u00a0celui qui a la r\u00e9putation de se lever \u00e0 l&rsquo;aube peut dormir jusqu&rsquo;\u00e0 midi.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Combien de personnalit\u00e9s \u00e0 la r\u00e9putation irr\u00e9prochable ont \u00e9t\u00e9 un jour d\u00e9masqu\u00e9es, et leurs mensonges, libertinages et escroqueries expos\u00e9s au grand jour\u00a0? Face \u00e0 de telles r\u00e9v\u00e9lations, le public ne peut que sp\u00e9culer sur le nombre de r\u00e9putations dont la solidit\u00e9 est celle d&rsquo;un d\u00e9cor de cin\u00e9ma.<\/p>\n<p>M\u00eame m\u00e9rit\u00e9e, toute r\u00e9putation ne peut \u00eatre qu&rsquo;un tableau incomplet, l&rsquo;oeuvre des circonstances\u00a0; nul ne peut conna\u00eetre intimement la nature cach\u00e9e d&rsquo;autrui. Nous ne sommes ni aussi bons que veulent bien le croire nos admirateurs ni aussi m\u00e9prisables que le proclament nos adversaires. Nous ne pouvons que nous montrer \u00e0 la hauteur de notre image, si celle-ci nous est favorable, ou tenter de prouver que nous valons mieux qu&rsquo;elle dans le cas contraire.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Malheur \u00e0 celui dont tout le monde dit du bien,\u00a0\u00bb nous adjure l&rsquo;\u00e9vangile de Saint-Luc. En effet, comme les acteurs dot\u00e9s d&rsquo;un solide bon sens le savent bien, il est dangereux de croire en sa propre publicit\u00e9. Ceux qui se bercent d&rsquo;illusions et jouissent d&rsquo;une r\u00e9putation imm\u00e9rit\u00e9e se leurrent sur leurs propres possibilit\u00e9s et imaginent pouvoir tout se permettre. D&rsquo;autres, tourment\u00e9s par le d\u00e9sir de n&rsquo;entendre dire que du bien de leur personne, attachent plus d&rsquo;importance aux opinions des autres qu&rsquo;\u00e0 leurs propres actions. Une telle attitude conduit tout droit \u00e0 la l\u00e2chet\u00e9 morale.<\/p>\n<p>Certes, il serait faux d&rsquo;affirmer que la mani\u00e8re dont les autres nous per\u00e7oivent n&rsquo;influe jamais sur notre fa\u00e7on d&rsquo;agir\u00a0; pourtant la r\u00e8gle premi\u00e8re demeure celle pos\u00e9e par Shakespeare dans <em>Hamlet<\/em>\u00a0: \u00ab\u00a0Avant tout, sois loyal envers toi-m\u00eame\u00a0; et aussi infailliblement que la nuit suit le jour, tu ne pourras \u00eatre d\u00e9loyal envers personne.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>\u00catre loyal envers soi-m\u00eame est loin d&rsquo;\u00eatre ais\u00e9 lorsque les normes de morale adopt\u00e9es par vos proches s&rsquo;opposent aux v\u00f4tres. L&rsquo;instinct gr\u00e9gaire est tr\u00e8s fort chez l&rsquo;\u00eatre humain et la phrase \u00ab\u00a0tout le monde le fait\u00a0\u00bb a un attrait insidieux. S&rsquo;opposer \u00e0 ce \u00ab\u00a0tout le monde\u00a0\u00bb comporte le risque d&rsquo;\u00eatre exclu par ses pairs. Or, nous craignons plus que tout d&rsquo;\u00eatre rejet\u00e9s. Nager contre la mar\u00e9e exige une force exceptionnelle.<\/p>\n<h3>La \u00ab\u00a0tentation\u00a0\u00bb est plus que le nom d&rsquo;un parfum<\/h3>\n<p>La force morale n&rsquo;est pas un don du ciel, ce en quoi elle diff\u00e8re de la force physique ou intellectuelle qui peut \u00eatre inn\u00e9e. C&rsquo;est la force acquise par le gringalet de 90 livres \u00e0 coup de travail acharn\u00e9 et de volont\u00e9. La d\u00e9termination et le courage, qui seuls permettent de se former le caract\u00e8re, expliquent pourquoi on y attache tant de prix. Symbole de diligence et de respect de soi, la force de caract\u00e8re est l&rsquo;oeuvre d\u00e9licate et travaill\u00e9e d&rsquo;un artisan.<\/p>\n<p>Si la mani\u00e8re dont on a \u00e9t\u00e9 \u00e9lev\u00e9 fournit les instruments n\u00e9cessaires pour se former le caract\u00e8re, les efforts pour y parvenir ne peuvent \u00eatre d\u00e9ploy\u00e9s que par chaque individu. Nos parents et nos professeurs renoncent tr\u00e8s t\u00f4t \u00e0 assumer la responsabilit\u00e9 de notre personnalit\u00e9 \u00e0 venir. Nous en sommes les seuls responsables.<\/p>\n<p>Cette responsabilit\u00e9 p\u00e8se aujourd&rsquo;hui plus que jamais sur les jeunes des pays occidentaux. Le laxisme de notre culture moderne les expose \u00e0 une multitude de tentations\u00a0: drogue, alcool, promiscuit\u00e9 sexuelle, argent facile. La \u00ab\u00a0tentation\u00a0\u00bb, autre mot surann\u00e9, ne sert pas seulement \u00e0 nommer un parfum. Les tentations qui assi\u00e8gent les jeunes sont r\u00e9elles et la pression qui les pousse \u00e0 y succomber est plus forte que jamais.<\/p>\n<p>Les psychologues et les th\u00e9ologiens reconnaissent le dualisme de la nature humaine, son c\u00f4t\u00e9 fort et son c\u00f4t\u00e9 faible. La tentation est un aimant qui, en les attirant, donne corps aux faiblesses qui nous habitent. Elle provoque une lutte int\u00e9rieure entre le meilleur et le pire de nous-m\u00eames.<\/p>\n<h3>Apr\u00e8s avoir trouv\u00e9 des excuses aux autres, on se trouve des excuses \u00e0 soi-m\u00eame<\/h3>\n<p>\u00c0 notre \u00e9poque, malheureusement, il est coutume de rejeter ailleurs que sur soi le bl\u00e2me pour toute inconduite. Autrefois, c&rsquo;\u00e9tait \u00ab\u00a0la faute au d\u00e9mon.\u00a0\u00bb Dans notre soci\u00e9t\u00e9 s\u00e9cularis\u00e9e, le diable n&rsquo;est plus le personnage presque humain dot\u00e9 d&rsquo;oreilles de renard et d&rsquo;une longue queue fourchue mais un m\u00e9lange de facteurs sociaux et psychologiques qui emp\u00eachent l&rsquo;individu de se contr\u00f4ler. Les grands pontifs de notre temps sont des psychologues amateurs qui \u00e9crivent des \u00ab\u00a0livres \u00e0 succ\u00e8s\u00a0\u00bb dans lesquels ils conseillent \u00e0 leurs lecteurs d&rsquo;\u00eatre indulgents envers eux-m\u00eames lorsqu&rsquo;ils succombent \u00e0 leurs tentations. Ces experts rejettent la gr\u00e2ce salvatrice de la culpabilit\u00e9 qui n&rsquo;est pour eux qu&rsquo;une inhibition dont l&rsquo;esprit doit se lib\u00e9rer.<\/p>\n<p>La th\u00e9orie que les sentiments de culpabilit\u00e9 doivent \u00eatre combattus appuie une autre th\u00e9orie \u00e0 la mode, \u00e0 savoir le droit inali\u00e9nable de satisfaire ses moindres d\u00e9sirs. Notre \u00e9conomie d\u00e9pend \u00e9troitement de la capacit\u00e9 de vendre des objets susceptibles de donner du plaisir ou de rendre la vie plus facile. Presque toutes les annonces publicitaires brodent autour du th\u00e8me \u00ab\u00a0tout vous est d\u00fb\u00a0\u00bb &#8211; la vie est dure, ne vous refusez rien. Est-ce un mal\u00a0? Que se passe-t-il lorsque ce message s&rsquo;adresse \u00e0 une soci\u00e9t\u00e9 o\u00f9 les drogues, l&rsquo;alcool, les \u00ab\u00a0amours\u00a0\u00bb de rencontres sont cens\u00e9s soulager des rigueurs de l&rsquo;existence et des \u00e9preuves psychologiques que l&rsquo;humanit\u00e9 a jusqu&rsquo;alors travers\u00e9es sans avoir recours \u00e0 des aides rapides et artificielles\u00a0?<\/p>\n<p>Que se passe-t-il\u00a0? Vous obtenez une soci\u00e9t\u00e9 pareille \u00e0 l&rsquo;homme d\u00e9crit par le juge Felix Frankfurter dont \u00ab\u00a0la faiblesse est&#8230; la faiblesse.\u00a0\u00bb Notre tol\u00e9rance \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard des faiblesses humaines est nettement plus grande que par le pass\u00e9. Les membres normaux de notre soci\u00e9t\u00e9 sont conditionn\u00e9s pour excuser les incartades de ceux qui sont incapables de se contr\u00f4ler en raison d&rsquo;une psych\u00e9 anormale ou des circonstances. L&rsquo;ennui est que de nombreux \u00eatres \u00ab\u00a0normaux\u00a0\u00bb se pr\u00e9valent de cette dangereuse indulgence pour se trouver des excuses \u00e0 eux-m\u00eames.<\/p>\n<p>Les informations t\u00e9l\u00e9vis\u00e9es, lorsqu&rsquo;aucune catastrophe ne s&rsquo;est abattue sur notre plan\u00e8te, peignent le tableau d&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9 qui se sent injustement trait\u00e9e. Les r\u00e9criminations vont bon train, dirig\u00e9es envers et contre tous sans que personne ne pense jamais \u00e0 battre sa coulpe. Dans un tel climat, il est facile pour les individus d&rsquo;\u00eatre persuad\u00e9s que leurs probl\u00e8mes ne sont pas leurs fautes, mais sont imputables \u00e0 l&rsquo;incomp\u00e9tence et \u00e0 l&rsquo;indiff\u00e9rence institutionnelles. On ne peut s&rsquo;opposer plus diam\u00e9tralement aux penseurs traditionnels, comme St-Bernard qui estimait que \u00ab\u00a0ni rien ni personne n&rsquo;est \u00e0 craindre hormis soi-m\u00eame. Le mal qu&rsquo;on se fait on le porte en soi\u00a0; si on souffre, c&rsquo;est de sa faute.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Le fait que nous \u00e9prouvons g\u00e9n\u00e9ralement une certaine sympathie \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard des pauvres h\u00e8res incapables de se ma\u00eetriser incite \u00e0 s&rsquo;apitoyer sur soi-m\u00eame. Pourtant, ceux qui, avec un peu de volont\u00e9, auraient le pouvoir d&rsquo;am\u00e9liorer leur sort devraient garder leur sympathie pour les \u00eatres moins favoris\u00e9s par la fortune. L&rsquo;apitoiement sur soi ne peut cohabiter avec la ma\u00eetrise de soi, qualit\u00e9 sans laquelle il est facile de rater sa vie.<\/p>\n<h3>Dans une soci\u00e9t\u00e9 sans p\u00e9ch\u00e9s, il n&rsquo;y a que des \u00ab\u00a0erreurs\u00a0\u00bb<\/h3>\n<p>S&rsquo;il est vrai que la culture populaire refl\u00e8te les mentalit\u00e9s d&rsquo;une \u00e9poque, les tendances actuelles que laissent transpara\u00eetre les livres, les films et les \u00e9missions t\u00e9l\u00e9vis\u00e9es donnent \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir. Le manque de ma\u00eetrise de soi des anti-h\u00e9ros et anti-h\u00e9ro\u00efnes qui jouent des sc\u00e8nes emprunt\u00e9es \u00e0 la vie de la fin du 20e si\u00e8cle est \u00e9vident. Qu&rsquo;il s&rsquo;agisse d&rsquo;argent, de pouvoir ou de passion, ils parviennent \u00e0 leurs fins sans s&rsquo;encombrer de scrupules\u00a0; leur sens de la justice ne leur pose aucun cas de conscience. \u00ab\u00a0Si vous voulez comprendre ce qu&rsquo;est la vertu, observez la conduite des hommes vertueux\u00a0\u00bb recommandait Aristote. Comment suivre un tel conseil si les seuls mod\u00e8les du comportement humain sont ceux fournis par le monde des spectacles\u00a0!<\/p>\n<p>Les romans de l&rsquo;\u00e9poque post-victorienne enseignaient aux jeunes que la route du succ\u00e8s \u00e9tait pav\u00e9e de diligence, d&rsquo;honn\u00eatet\u00e9 et d&rsquo;int\u00e9grit\u00e9. La le\u00e7on que leur donne aujourd&rsquo;hui la t\u00e9l\u00e9vision serait plut\u00f4t que l&rsquo;argent peut faire le bonheur et que pour l&rsquo;obtenir il n&rsquo;y a pas lieu de se laisser \u00e9touffer par ses scrupules. Les h\u00e9ros traditionnels \u00e9taient motiv\u00e9s par le d\u00e9sir de sortir victorieux en montrant leur force de caract\u00e8re. Les s\u00e9duisants personnages de la t\u00e9l\u00e9vision sont anim\u00e9s par la soif du pouvoir et la cupidit\u00e9.<\/p>\n<p>Le fait d&rsquo;\u00eatre immens\u00e9ment riche semble \u00eatre suffisamment valable en soi pour que Yvan Boesky proclame que \u00ab\u00a0la cupidit\u00e9 est une bonne chose\u00a0\u00bb\u00a0; peu apr\u00e8s cette d\u00e9claration, il a d&rsquo;ailleurs \u00e9t\u00e9 reconnu coupable d&rsquo;escroquerie en bourse. L&rsquo;opinion de Boesky mise \u00e0 part, la cupidit\u00e9 demeure un des sept p\u00e9ch\u00e9s capitaux qui ne sont pas des d\u00e9fauts \u00e0 proprement parler mais l&rsquo;expression d&rsquo;un manque s\u00e9rieux de caract\u00e8re. Sur cette liste, figurent \u00e9galement l&rsquo;orgueil, la luxure, la col\u00e8re, la gourmandise (qui englobe l&rsquo;usage de l&rsquo;alcool et de la drogue), la paresse et l&rsquo;envie. Ajoutons quelques interdictions bibliques telles que \u00ab\u00a0tu n&rsquo;opprimeras pas les pauvres,\u00a0\u00bb tu \u00ab\u00a0ne d\u00e9roberas pas au travailleur le fruit de ses labeurs\u00a0\u00bb et nous obtenons le guide complet des choses \u00e0 \u00e9viter si l&rsquo;on tient \u00e0 se former le caract\u00e8re.<\/p>\n<p>Lorsque les Canadiens de tous \u00e2ges et les habitants du monde occidental assistaient r\u00e9guli\u00e8rement \u00e0 des offices religieux, ces \u00ab\u00a0tables de la loi\u00a0\u00bb \u00e9taient pr\u00e9sentes \u00e0 l&rsquo;esprit de tous. Les pr\u00e9dicateurs pr\u00eachaient \u00e0 leurs ouailles ce qu&rsquo;il fallait faire et ne pas faire. Le culte et les pri\u00e8res, comme le savait tout un chacun, servaient \u00e0 se d\u00e9livrer du mal et de la tentation. Bien se conduire \u00e9tait une vertu reconnue par la majorit\u00e9.<\/p>\n<p>Avec le d\u00e9clin de la pratique religieuse, la notion du bien et du mal a peu \u00e0 peu disparu. L&rsquo;absence de principes directeurs est encore aggrav\u00e9e par une approche amorale et pseudo-scientifique au comportement qui pr\u00e9tend que les vices sont l&rsquo;expression de d\u00e9sordres psychologiques susceptibles d&rsquo;\u00eatre corrig\u00e9s par un traitement externe, l&rsquo;implication \u00e9tant qu&rsquo;aucun effort de volont\u00e9 n&rsquo;y pourrait suffire. Comment s&rsquo;\u00e9tonner que de nombreuses personnes aujourd&rsquo;hui pensent que l&rsquo;ill\u00e9galit\u00e9 marque la limite du bien et du mal. Si les \u00eatres humains ne sont pas responsables de leurs actes, ils ne peuvent \u00eatre consid\u00e9r\u00e9s comme des p\u00eacheurs, et sans p\u00eacheurs, il n&rsquo;y a pas de p\u00e9ch\u00e9s, seulement des \u00ab\u00a0erreurs.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Qu&rsquo;elles soient croyantes pratiquantes ou non, les personnes de caract\u00e8re adh\u00e8rent aux principes religieux universels de tous les temps. Tenir leurs promesses et respecter leurs engagements sont pour elles une question d&rsquo;honneur.<\/p>\n<h3>L&rsquo;espoir de l&rsquo;humanit\u00e9 prend sa source dans la \u00ab\u00a0volont\u00e9 de l&rsquo;\u00e2me\u00a0\u00bb<\/h3>\n<p>Une telle mentalit\u00e9 reconna\u00eet facilement l&rsquo;importance des obligations de l&rsquo;individu vis-\u00e0-vis de la collectivit\u00e9 sans lesquelles la civilisation ne peut exister. Les pays qui font fi des responsabilit\u00e9s civiques sont sur la pente du barbarisme. Lorsque le mensonge, la tromperie et la tyrannie sont de r\u00e8gle, les menteurs, les tricheurs et les tyrans font la loi. Les faibles et les pauvres, incapables de faire front aux tyrans ou de payer les pots de vin n\u00e9cessaires pour obtenir les services essentiels, sont exploit\u00e9s et opprim\u00e9s. Un r\u00e9gime s&rsquo;instaure qui se situe \u00e0 l&rsquo;oppos\u00e9 du r\u00e9gime humanitaire auquel aspirent les Canadiens, lequel vise \u00e0 faire r\u00e9gner la vertu et la justice parmi les forts comme parmi les faibles.<\/p>\n<p>Pour atteindre leur id\u00e9al moral, les nations d\u00e9pendent essentiellement des principes de ceux qui les constituent. Au sein des d\u00e9mocraties lib\u00e9rales, le pouvoir potentiel d&rsquo;exploiter ou d&rsquo;opprimer appartient aux repr\u00e9sentants du peuple. C&rsquo;est l&rsquo;importance que ces derniers accordent au respect des principes moraux qui emp\u00eache l&rsquo;abus de pouvoir.<\/p>\n<p>La d\u00e9mocratie \u00e9tant \u00ab\u00a0le gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple,\u00a0\u00bb les qualit\u00e9s morales d&rsquo;un \u00c9tat et de son peuple sont ins\u00e9parables. Tout individu contribue \u00e0 la qualit\u00e9 ou \u00e0 la perte de son pays.<\/p>\n<p>Si toutes les couches de la soci\u00e9t\u00e9, le monde des affaires, les professions lib\u00e9rales, les artistes, les enseignants, voire m\u00eame les sportifs ne respectent plus un strict code d&rsquo;int\u00e9grit\u00e9, on ne peut gu\u00e8re s&rsquo;attendre \u00e0 ce qu&rsquo;il en soit autrement dans le domaine politique. En fait, nous constatons une tendance malsaine \u00e0 charger les politiciens de tous les maux sociaux dont nous sommes nous-m\u00eames responsables. Les citoyens r\u00e9clament sans cesse que l&rsquo;\u00c9tat \u00ab\u00a0fasse quelque chose\u00a0\u00bb pour r\u00e9soudre des probl\u00e8mes qui d\u00e9rivent d&rsquo;attitudes largement partag\u00e9es, et s&rsquo;en prennent \u00e0 son manque de leadership qui a permis la naissance de ses probl\u00e8mes. Pourtant, loin de se tourner vers les corps l\u00e9gislatifs pour d\u00e9couvrir causes et solutions, nous devrions pr\u00eater attention \u00e0 l&rsquo;institution la plus importante de notre soci\u00e9t\u00e9, la famille.<\/p>\n<p>C&rsquo;est dans le cadre familial que se forgent les attitudes et que se trouvent les mod\u00e8les. En agissant avec justice, honneur et courage vis-\u00e0-vis de ceux qui les entourent, les \u00eatres humains combattent activement l&rsquo;influence corrosive du monde ext\u00e9rieur, et ce faisant, retirent des satisfactions inattendues\u00a0: le respect des autres et le respect de soi. Leur vie a un sens. \u00ab\u00a0La contribution la plus noble que puisse faire un \u00eatre humain \u00e0 la post\u00e9rit\u00e9 est celle de sa force de caract\u00e8re,\u00a0\u00bb \u00e9crivit R.C. Winthrop, homme d&rsquo;\u00c9tat am\u00e9ricain.<\/p>\n<p>Le caract\u00e8re, et non l&rsquo;\u00e9ducation, est le plus grand besoin de l&rsquo;homme et sa meilleure protection,\u00a0\u00bb estime le philosophe britannique Herbert Spencer. La raison en a \u00e9t\u00e9 donn\u00e9e par un autre philosophe, Lao Tsu, qui \u00e9crivait au 6e si\u00e8cle avant J\u00e9sus-Christ\u00a0: \u00ab\u00a0si la volont\u00e9 r\u00e8gne dans l&rsquo;\u00e2me, la beaut\u00e9 r\u00e8gne dans la personne. Si la beaut\u00e9 r\u00e8gne dans la personne, l&rsquo;harmonie r\u00e8gne dans la maison. Si l&rsquo;harmonie r\u00e8gne dans la maison, l&rsquo;ordre r\u00e8gne dans la nation. Si l&rsquo;ordre r\u00e8gne dans la nation, la paix r\u00e8gne dans le monde.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>L&rsquo;avenir de l&rsquo;humanit\u00e9 d\u00e9pend donc de la volont\u00e9 de l&rsquo;\u00e2me. Mais cette volont\u00e9, d&rsquo;o\u00f9 vient-elle\u00a0? Apr\u00e8s des si\u00e8cles de d\u00e9bats, les philosophes ne savent toujours pas si elle est inn\u00e9e ou si elle s&rsquo;acquiert au fil des ann\u00e9es. Quoi qu&rsquo;il en soit, une chose est s\u00fbre &#8211; pour que cette qualit\u00e9 se d\u00e9veloppe, elle doit \u00eatre nourrie au prix de durs efforts\u00a0; pour ne pas d\u00e9p\u00e9rir, elle doit \u00eatre utilis\u00e9e et ce, vous seul pouvez le faire.<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"author":86,"featured_media":0,"template":"","categories":[1],"rbc_letter_theme":[],"rbc_letter_year":[69],"class_list":["post-2294","rbc_letter","type-rbc_letter","status-publish","hentry","category-uncategorized","rbc_letter_year-69"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO Premium plugin v27.2 (Yoast SEO v27.2) - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-premium-wordpress\/ -->\n<title>Vol. 69, N\u00b0 3 - Mai\/Juin 1988 - La force de caract\u00e8re - RBC<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-69-n-3-mai-juin-1988-la-force-de-caractere\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Vol. 69, N\u00b0 3 - Mai\/Juin 1988 - La force de caract\u00e8re\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"La notion de caract\u00e8re revient \u00e0 la mode juste au moment o\u00f9 elle semblait \u00eatre tomb\u00e9e dans l&rsquo;oubli. 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