{"id":2292,"date":"1986-05-01T00:00:00","date_gmt":"1986-05-01T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-67-n-3-mai-juin-1986-la-raison-de-lire\/"},"modified":"2022-10-17T20:32:58","modified_gmt":"2022-10-17T20:32:58","slug":"vol-67-n-3-mai-juin-1986-la-raison-de-lire","status":"publish","type":"rbc_letter","link":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-67-n-3-mai-juin-1986-la-raison-de-lire\/","title":{"rendered":"Vol. 67, N\u00b0 3 &#8211; Mai\/Juin 1986 &#8211; La raison de lire"},"content":{"rendered":"<div id=\"layout-column-main\">\n<p class=\"boldtext\">Sous-jacent au d\u00e9clin actuel de l&rsquo;alphab\u00e9tisation, est ancr\u00e9e l&rsquo;id\u00e9e que lire n&rsquo;est pas important. Comment convaincre les incr\u00e9dules du contraire\u00a0? Peut-\u00eatre en d\u00e9montrant tout ce qu&rsquo;on perd en ne lisant pas. La lecture est \u00ab\u00a0bonne\u00a0\u00bb, rend les \u00eatres meilleurs.<\/p>\n<p>Toute une g\u00e9n\u00e9ration a atteint l&rsquo;\u00e2ge m\u00fbr depuis que Hilda Neatby, de l&rsquo;universit\u00e9 de Saskatchewan, s&rsquo;est mise en campagne pour r\u00e9former le syst\u00e8me p\u00e9dagogique anglo-canadien. Son livre <em>So Little for the Mind<\/em>, paru en 1953, s&rsquo;est attach\u00e9 \u00e0 souligner le d\u00e9clin de l&rsquo;alphab\u00e9tisation aupr\u00e8s des \u00e9coliers et \u00e0 proposer certaines mesures pour enrayer le ph\u00e9nom\u00e8ne. Son signal d&rsquo;alarme a fait fr\u00e9mir d&rsquo;appr\u00e9hension tout le pays, a suscit\u00e9 un flot de paroles mais bien peu d&rsquo;actions. Les membres de la nouvelle g\u00e9n\u00e9ration assis sur les bancs de nos \u00e9coles sont, si l&rsquo;on en croit Mme Neatby, encore moins pouss\u00e9s \u00e0 d\u00e9velopper leur curiosit\u00e9 intellectuelle qu&rsquo;il y a trente ans.<\/p>\n<p>Aujourd&rsquo;hui, c&rsquo;est avec une impression de d\u00e9j\u00e0 vu que l&rsquo;on apprend que les universit\u00e9s demandent \u00e0 leurs \u00e9tudiants de premi\u00e8re ann\u00e9e de suivre des cours de rattrapage pour apprendre \u00e0 lire et \u00e0 \u00e9crire couramment, et que les employeurs doivent enseigner \u00e0 leurs nouvelles recrues les structures fondamentales de leur langue maternelle. Les professeurs se plaignent encore plus qu&rsquo;autrefois que les jeunes dipl\u00f4m\u00e9s des \u00e9coles secondaires sont incapables de lire autre chose que des bandes dessin\u00e9es et d&rsquo;\u00e9crire une phrase coh\u00e9rente. Un professeur a d\u00e9clar\u00e9 r\u00e9cemment, mi-figue mi-raisin, que la premi\u00e8re phrase anglaise bien construite qui ait \u00e9t\u00e9 \u00e9crite par un \u00e9tudiant de son \u00e9tablissement en 10 ans avait \u00e9t\u00e9 d\u00e9couverte sur le mur des toilettes. Compl\u00e8te avec verbe, sujet et accord, elle annon\u00e7ait\u00a0: \u00ab\u00a0Reading stinks.\u00a0\u00bb (Lire c&rsquo;est \u00ab\u00a0plat\u00a0\u00bb.)<\/p>\n<p>Ces propos ne concernent pas les millions de Canadiens qui sont totalement illettr\u00e9s, soit qu&rsquo;ils manquent d&rsquo;\u00e9ducation, qu&rsquo;ils proviennent d&rsquo;un milieu d\u00e9favoris\u00e9 ou souffrent de handicaps particuliers\u00a0; ils visent les jeunes qui ont au moins termin\u00e9 le niveau primaire. Comment expliquer qu&rsquo;une personne puisse arriver \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole secondaire &#8211; sans parler de l&rsquo;universit\u00e9 &#8211; incapable de comprendre la langue \u00e9crite, m\u00eame simplement r\u00e9dig\u00e9e\u00a0? Les adversaires du syst\u00e8me p\u00e9dagogique avancent comme raison l&rsquo;importance exag\u00e9r\u00e9e donn\u00e9e au d\u00e9veloppement physique et social au d\u00e9triment des succ\u00e8s d&rsquo;ordre intellectuel. Ils pensent que la fascination, qu&rsquo;exercent, sur les p\u00e9dagogues bureaucrates, la technologie et la \u00ab\u00a0psychologie pop\u00a0\u00bb, les am\u00e8ne \u00e0 rel\u00e9guer l&rsquo;enseignement de la langue au deuxi\u00e8me plan.<\/p>\n<p>Quelles qu&rsquo;en soient les raisons pr\u00e9cises, elles d\u00e9coulent toutes de l&rsquo;id\u00e9e tr\u00e8s r\u00e9pandue que lire et \u00e9crire, au-del\u00e0 d&rsquo;un certain stade \u00e9l\u00e9mentaire, n&rsquo;ont pas beaucoup d&rsquo;int\u00e9r\u00eat. Sans int\u00e9r\u00eat \u00e9galement, la culture qui permet de jouir pleinement des livres et des revues de qualit\u00e9.<\/p>\n<p>Lire est devenu une activit\u00e9 p\u00e9rim\u00e9e, peut-\u00eatre parce que pour gagner sa vie d\u00e9cemment il n&rsquo;est pas n\u00e9cessaire de lire autre chose que des ouvrages traitant de sa profession. L&rsquo;\u00e2ge de la sp\u00e9cialisation n&rsquo;a nul besoin de culture g\u00e9n\u00e9rale.<\/p>\n<p>M\u00eame lire, non pour se cultiver mais pour s&rsquo;instruire, n&rsquo;est plus n\u00e9cessaire de nos jours. Le micro-ordinateur a rendu les ouvrages de r\u00e9f\u00e9rence pratiquement inutiles en donnant \u00ab\u00a0acc\u00e8s\u00a0\u00bb aux renseignements pr\u00e9sent\u00e9s autrefois sous une forme \u00e9crite.<\/p>\n<p>On pourrait objecter que la lecture est \u00e9troitement li\u00e9e \u00e0 l&rsquo;\u00e9criture et qu&rsquo;il est n\u00e9cessaire d&rsquo;\u00e9crire correctement pour faire son travail efficacement. L&rsquo;ordinateur encore une fois permet de r\u00e9futer cet argument. Des logiciels sont maintenant capables de corriger les fautes d&rsquo;orthographe et de grammaire les plus courantes.<\/p>\n<p>D&rsquo;ailleurs, \u00e0 notre \u00e9poque, qui a besoin d&rsquo;\u00e9crire pour communiquer\u00a0? Sauf pour des raisons commerciales et juridiques, personne. Au Canada et ailleurs, le t\u00e9l\u00e9phone sert \u00e0 transmettre le message. Si une note de service doit \u00eatre r\u00e9dig\u00e9e, elle peut l&rsquo;\u00eatre en d\u00e9pit du bon sens car l&rsquo;auteur peut toujours en \u00e9claircir le sens plus tard verbalement.<\/p>\n<p>Ce ph\u00e9nom\u00e8ne est renforc\u00e9 par la nouvelle mentalit\u00e9 des gens. Une bonne culture g\u00e9n\u00e9rale n&rsquo;est plus remarqu\u00e9e socialement. L&rsquo;aisance \u00e0 s&rsquo;exprimer, marque de la personne cultiv\u00e9e, n&rsquo;a plus de valeur reconnue\u00a0; pour se faire accepter socialement, nul besoin de lire.<\/p>\n<p>La ma\u00eetrise d&rsquo;un riche vocabulaire acquis en lisant \u00e9tait autrefois essentielle si l&rsquo;on ne voulait pas passer pour un rustre. De nos jours, l&rsquo;approche \u00e0 la conversation proc\u00e8de plus du tir de barrage que du tir au but. La tol\u00e9rance d&rsquo;une grammaire boiteuse, d&rsquo;expressions vulgaires ou obsc\u00e8nes, qui ponctuent m\u00eame les discours dits \u00ab\u00a0polis\u00a0\u00bb, n&rsquo;oblige plus \u00e0 \u00eatre pr\u00e9cis. Comme les soldats et les marins le savent depuis toujours, deux ou trois obsc\u00e9nit\u00e9s bien plac\u00e9es peuvent servir \u00e0 de nombreuses fins. Ces grossi\u00e8ret\u00e9s remplacent des mots pr\u00e9cis dans un contexte o\u00f9 un tel langage n&rsquo;aurait pas \u00e9t\u00e9 tol\u00e9r\u00e9 il n&rsquo;y a pas si longtemps.<\/p>\n<p>Nous sommes arriv\u00e9s \u00e0 un point o\u00f9 le fait d&rsquo;\u00eatre cultiv\u00e9 est consid\u00e9r\u00e9 socialement comme un stigmate. Poss\u00e9der un bon vocabulaire, une bonne culture a un relent d&rsquo;\u00e9litisme. Les personnes qui peuvent manier leur langue avec \u00e9l\u00e9gance r\u00e9pugnent \u00e0 le faire de peur de passer pour snob. Quand les professeurs d&rsquo;universit\u00e9 et les cadres sup\u00e9rieurs s&rsquo;habillent, et m\u00eame parlent, comme des coureurs des bois, faire partie d&rsquo;une \u00e9lite est aussi antisocial qu&rsquo;\u00eatre mis au rang des illettr\u00e9s l&rsquo;\u00e9tait \u00e0 une autre \u00e9poque.<\/p>\n<p>La perte de respect pour la lecture va si loin que lire est devenu vaguement malsain. L&rsquo;obsession actuelle de la forme physique donne \u00e0 l&rsquo;activit\u00e9 qu&rsquo;est la lecture un caract\u00e8re coupable. Les gens d&rsquo;aujourd&rsquo;hui sont v\u00e9ritablement obs\u00e9d\u00e9s par ce qui est \u00ab\u00a0bon\u00a0\u00bb pour eux, que ce soient la nourriture ou leurs moeurs. Est-il \u00ab\u00a0bon\u00a0\u00bb de se permettre une d\u00e9tente si casani\u00e8re alors qu&rsquo;on pourrait \u00eatre dehors \u00e0 jouer au squash ou \u00e0 courir\u00a0? Sir Richard Steel a \u00e9crit que la lecture est \u00e0 l&rsquo;esprit ce que l&rsquo;exercice est au corps. Mais aujourd&rsquo;hui pour \u00eatre \u00ab\u00a0dans le vent\u00a0\u00bb on exerce plus le corps que l&rsquo;esprit.<\/p>\n<p>Si l&rsquo;on est suffisamment excentrique et pr\u00e9f\u00e8re s&rsquo;asseoir pour se d\u00e9tendre, on peut le faire sans se fatiguer l&rsquo;esprit. Aucun effort intellectuel n&rsquo;est requis pour regarder ce qui se passe sur le petit \u00e9cran. Pour ceux aux go\u00fbts plus \u00e9clectiques, et qui en ont les moyens, un magn\u00e9toscope et des cassettes leur permettent d&rsquo;assister \u00e0 une grande vari\u00e9t\u00e9 de spectacles allant des films muets classiques aux acrobaties des derni\u00e8res stars rock. L&rsquo;av\u00e8nement de ce nouveau mat\u00e9riel \u00e9lectronique pourrait, ce qui est fort intrigant, marquer la disparition des livres. En effet, il \u00e9tait autrefois courant dans la moyenne bourgeoisie de savoir lire la musique et de jouer du piano. Le phonographe, puis la radio, a eu pour effet de confiner le talent de lire la musique \u00e0 un petit groupe de professionnels.<\/p>\n<p>Peut-on s&rsquo;attendre \u00e0 ce que l&rsquo;histoire se reproduise et que les livres suivent le chemin du papier \u00e0 musique\u00a0? C&rsquo;est peu probable et cela pour la m\u00eame raison qui a contribu\u00e9 \u00e0 la disparition de l&rsquo;analphab\u00e9tisme dans les pays occidentaux, il y a moins d&rsquo;un si\u00e8cle. \u00c0 cette \u00e9poque, la r\u00e9volution industrielle a exig\u00e9 que les ouvriers sachent suffisamment lire pour ex\u00e9cuter des ordres \u00e9crits. L&rsquo;automatisation envahissant les bureaux, les usines, et m\u00eame le garage et le magasin du coin, le besoin de lire aujourd&rsquo;hui est plus grand que jamais m\u00eame si les mots ne sont plus inscrits sur du papier mais affich\u00e9s sur des terminaux vid\u00e9o.<\/p>\n<p>Il est donc \u00e9vident que la lecture est partie int\u00e9grante de notre soci\u00e9t\u00e9, ne serait-ce que pour des raisons pratiques. La question qui se pose pour l&rsquo;avenir de la culture, de la politique et de l&rsquo;\u00e9conomie occidentales n&rsquo;est pas de se demander si les gens pourront lire mais <em>ce qu&rsquo;ils <\/em>liront. S&rsquo;ils se bornent \u00e0 lire pour fonctionner au travail, le progr\u00e8s \u00e9conomique pourrait \u00eatre frein\u00e9 par la m\u00e9diocrit\u00e9 des communications et la pauvret\u00e9 de l&rsquo;imagination qui est \u00e0 la source de l&rsquo;innovation. Une alphab\u00e9tisation fonctionnelle n&rsquo;am\u00e9liorera ni notre vie politique ni notre vie culturelle. Pour progresser, les \u00eatres humains doivent comprendre et interpr\u00e9ter le sens des mots \u00e0 un niveau complexe.<\/p>\n<p>Sur le plan politique, le public qui se nourrit de livres, de revues et de magazines intelligents est un public bien inform\u00e9, contrairement aux t\u00e9l\u00e9spectateurs \u00e0 qui l&rsquo;on offre de brefs aper\u00e7us rapides sur l&rsquo;actualit\u00e9 dont le sens est souvent sacrifi\u00e9 \u00e0 l&rsquo;impact visuel. Un public de lecteurs est un public qui a des connaissances, qui r\u00e9fl\u00e9chit, qui est capable d&rsquo;analyser les questions dans une perspective historique et sous divers angles.<\/p>\n<h3>Le savoir et l&rsquo;\u00e9ducation puisent aux sources intarissables du mot.<\/h3>\n<p>Ce que Charles Dickens avait \u00e0 dire sur le r\u00f4le de l&rsquo;imprimerie dans la soci\u00e9t\u00e9 du 19e si\u00e8cle n&rsquo;a rien perdu de sa valeur \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge post-industriel\u00a0: \u00ab\u00a0L&rsquo;imprimeur est l&rsquo;ami de l&rsquo;intelligence, de la pens\u00e9e\u00a0; c&rsquo;est l&rsquo;ami de la libert\u00e9, de la loi\u00a0; en fait c&rsquo;est l&rsquo;ami de quiconque est ami de l&rsquo;ordre&#8230; De toutes les inventions, de tous les r\u00e9sultats \u00e9tonnants obtenus gr\u00e2ce \u00e0 la science m\u00e9canique, l&rsquo;imprimerie est le seul produit de la civilisation qui soit n\u00e9cessaire \u00e0 l&rsquo;existence de l&rsquo;homme libre.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>La D\u00e9claration d&rsquo;ind\u00e9pendance du Texas inclut le paragraphe suivant\u00a0: \u00ab\u00a0Il est admis comme v\u00e9rit\u00e9 \u00e9vidente en sciences politiques que la libert\u00e9 civile et la capacit\u00e9 de s&rsquo;autogouverner ne peuvent exister qu&rsquo;au sein d&rsquo;un peuple instruit et \u00e9clair\u00e9&#8230; Cet axiome est toujours d&rsquo;actualit\u00e9 car les sources intarissables du savoir proviennent encore aujourd&rsquo;hui du texte imprim\u00e9.<\/p>\n<p>Pour en avoir la preuve, il suffit de penser aux pays opprim\u00e9s priv\u00e9s de libert\u00e9 politique. L&rsquo;\u00c9tat totalitaire repose sur l&rsquo;ignorance et l&rsquo;analphab\u00e9tisme. Toutes les dictatures interdisent les livres et censurent la presse. Elles arrivent \u00e0 contr\u00f4ler \u00e9troitement la t\u00e9l\u00e9vision et la radio mais non les m\u00e9dias imprim\u00e9s car le mot est \u00ab\u00a0portatif\u00a0\u00bb. Passant de main \u00e0 main les livres, les journaux et les pamphlets transmettent d&rsquo;un esprit \u00e0 l&rsquo;autre les id\u00e9es qu&rsquo;ils contiennent. Or, les id\u00e9es sont ce que les tyrans redoutent le plus.<\/p>\n<p>Il est donc pr\u00e9occupant que les habitants des pays occidentaux &#8211; et non seulement les jeunes &#8211; aient tendance \u00e0 refuser toute lecture sauf celle des magazines ou des romans \u00e0 l&rsquo;eau de rose. Il est ironique de penser que cette situation r\u00e9sulte peut-\u00eatre de l&rsquo;attitude de l&rsquo;\u00e9lite intellectuelle qui trop sentencieusement encourage le public \u00e0 lire davantage d&rsquo;ouvrages s\u00e9rieux.<\/p>\n<p>Il faudrait lancer une campagne publicitaire ax\u00e9e sur les plaisirs que procure la lecture qui sont parmi les plus vifs de ce monde. M\u00eame les meilleurs programmes t\u00e9l\u00e9vis\u00e9s ne peuvent faire \u00e9prouver l&rsquo;intense satisfaction qu&rsquo;on ressent \u00e0 lire un bon roman. \u00c0 la suite de la pr\u00e9sentation de la superbe adaptation britannique de <em>Bleak House<\/em>, de Dickens, diffus\u00e9e sur le r\u00e9seau American Public Television, dans le cadre de l&rsquo;\u00e9mission \u00ab\u00a0Masterpiece Theater\u00a0\u00bb, le pr\u00e9sentateur Alistair Cooke a regrett\u00e9 que les d\u00e9licates nuances et l&rsquo;esprit du texte original ne puissent \u00eatre rendus dans la version t\u00e9l\u00e9vis\u00e9e. Il a donc conseill\u00e9 aux t\u00e9l\u00e9spectateurs, contrairement \u00e0 l&rsquo;usage, de \u00ab\u00a0lire le livre maintenant qu&rsquo;ils avaient vu le film\u00a0\u00bb.<\/p>\n<h3>Conna\u00eetre la vie, l&rsquo;univers et se conna\u00eetre soi-m\u00eame.<\/h3>\n<p>Il est fort possible que les jeunes qui jugent inutile de lire pensent que tous les livres sont aussi assommants et ennuyeux que les livres scolaires sur lesquels ils ont tant pein\u00e9. Ils ne savent pas que les livres contiennent un monde amusant, passionnant et fascinant, accessible partout et n&rsquo;importe quand. Il faudrait leur faire comprendre que, contrairement aux autres passe-temps qui perdent de leur saveur, le plaisir de la lecture devient plus vif avec la pratique. La plupart des lecteurs en acqui\u00e8rent l&rsquo;habitude en lisant des livres pour enfants ou des bandes dessin\u00e9es\u00a0; puis ils abordent les histoires d&rsquo;aventures, de crime ou de coeur. Leur vocabulaire s&rsquo;\u00e9largissant et leur go\u00fbt se raffinant, ils s&rsquo;aventurent dans des ouvrages plus difficiles &#8211; bonne litt\u00e9rature historique, satirique, romanesque, biographique. La lecture est une illustration du principe d&rsquo;Aristote \u00e0 savoir que les \u00eatres humains aiment utiliser leurs facult\u00e9s inn\u00e9es et qu&rsquo;ils tirent une grande satisfaction \u00e0 se surpasser eux-m\u00eames.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0La lecture apporte la pl\u00e9nitude \u00e0 l&rsquo;homme\u00a0\u00bb, a \u00e9crit Francis Bacon. Tous les ouvrages, sauf les pires du genre, romanc\u00e9s ou non, aident \u00e0 accro\u00eetre notre connaissance de la vie et de l&rsquo;univers. Ils apprennent de surcro\u00eet \u00e0 se conna\u00eetre soi-m\u00eame. Selon une th\u00e9orie psychologique, chacun de nous vit inconsciemment \u00ab\u00a0l&rsquo;histoire de sa vie\u00a0\u00bb influenc\u00e9e par l&rsquo;histoire des autres. La lecture nous permet de ressentir au complet l&rsquo;\u00e9ventail des \u00e9motions humaines. Les livres donnent une perspective \u00e0 la vie, incitent \u00e0 prendre conscience de soi et \u00e0 r\u00e9aliser ce dont on est capable.<\/p>\n<h3>La litt\u00e9rature nous aide \u00e0 composer l&rsquo;histoire de notre vie.<\/h3>\n<p>\u00ab\u00a0Pour de nombreux \u00eatres humains, c&rsquo;est un livre qui a marqu\u00e9 une nouvelle \u00e9poque de leur vie\u00a0\u00bb, a remarqu\u00e9 Henry David Thoreau. Le cas de M. Grattan O&rsquo;Leary, originaire du village de p\u00eacheurs de Perc\u00e9 au Qu\u00e9bec et devenu \u00e9minent journaliste et r\u00e9dacteur en chef, en est la parfaite illustration. La pauvret\u00e9 a forc\u00e9 M. O&rsquo;Leary \u00e0 quitter l&rsquo;\u00e9cole \u00e0 11 ans mais il a eu la chance de pouvoir profiter de la biblioth\u00e8que de l&rsquo;archev\u00eaque de Gasp\u00e9. \u00ab\u00a0Cet homme m&rsquo;a r\u00e9ellement donn\u00e9 la vie, disait M. O&rsquo;Leary. Pensez donc\u00a0! Tous les livres possibles et imaginables \u00e0 ma port\u00e9e\u00a0: livres d&rsquo;\u00e9tudes, romans frivoles et passionnants\u00a0; les sonnets de Shakespeare, Matthew Arnold, Longfellow et Yeats, bien s\u00fbr, sans oublier <em>She <\/em>de Rider Haggard. Je n&rsquo;ai jamais eu de le\u00e7on de grammaire mais la po\u00e9sie m&rsquo;a donn\u00e9 le sens de la beaut\u00e9 et de la concision des mots.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>La beaut\u00e9 des mots&#8230; Nous avons tous soif de beaut\u00e9 et la litt\u00e9rature est le meilleur moyen de l&rsquo;\u00e9tancher car elle s&rsquo;adresse non seulement \u00e0 l&rsquo;esprit et au coeur mais aussi \u00e0 cette chose ind\u00e9finissable qu&rsquo;on appelle l&rsquo;\u00e2me.<\/p>\n<p>Ces remarques s&rsquo;appliquent \u00e0 la po\u00e9sie, n\u00e9glig\u00e9e dans nos \u00e9coles et peu appr\u00e9ci\u00e9e des adultes. C&rsquo;est dommage. Nous \u00f4tons ainsi \u00e0 notre vie une importante dimension. Percy Bysshe Shelley semble d\u00e9crire notre \u00e9poque et la confusion morale qui y r\u00e8gne dans ces lignes \u00e9crites en 1821\u00a0: \u00ab\u00a0La po\u00e9sie prend encore plus de valeur aux \u00e9poques o\u00f9, ob\u00e9issant \u00e0 un principe directeur par trop \u00e9go\u00efste et calculateur, les \u00eatres humains accumulent une quantit\u00e9 de biens mat\u00e9riels qui d\u00e9passent le cadre des lois inh\u00e9rentes \u00e0 leur nature.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>La mission du po\u00e8te, d&rsquo;apr\u00e8s Shelley, est de cr\u00e9er une nouvelle mati\u00e8re de connaissances, de capacit\u00e9s, de plaisirs et de la disposer selon un ordre et un rythme qu&rsquo;on pourrait qualifier \u00ab\u00a0de beau et de bon\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>La qu\u00eate du beau et du vrai influence inconsciemment la composition de \u00ab\u00a0l&rsquo;histoire de sa vie\u00a0\u00bb et c&rsquo;est la lecture qui permet d&rsquo;acqu\u00e9rir cette double valeur. \u00ab\u00a0Quand la litt\u00e9rature se m\u00eale intimement \u00e0 nos pens\u00e9es, elle r\u00e9affirme notre sens moral et influence les d\u00e9cisions prises au niveau logique et analytique\u00a0\u00bb, a \u00e9crit Gordon M. Pradl, professeur d&rsquo;anglais \u00e0 l&rsquo;universit\u00e9 de New York.<\/p>\n<p>Ce sens moral ne provient pas forc\u00e9ment de livres \u00e0 tendance moraliste, bien au contraire. \u00ab\u00a0Nous devrions lire quand l&rsquo;envie nous en prend, a d\u00e9clar\u00e9 Samuel Johnson, car les lectures forc\u00e9es ne sont gu\u00e8re f\u00e9condes.\u00a0\u00bb Donnez-vous du plaisir\u00a0! Aristote a \u00e9t\u00e9 le premier, mais non le dernier, \u00e0 professer que le plaisir, dans les limites du raisonnable, rend les \u00eatres meilleurs.<\/p>\n<p>Le pouvoir magique de la litt\u00e9rature est de rendre une personne bonne tout en lui procurant une sensation de <em>bien-\u00eatre<\/em>. Plaignez ceux qui n&rsquo;y ont pas recours, qui n&rsquo;ont jamais \u00e9t\u00e9 passionn\u00e9s par une aventure, intrigu\u00e9s par un roman, stimul\u00e9s par un essai, amus\u00e9s par une satire ou \u00e9mus aux larmes par un po\u00e8me. Ils se sont priv\u00e9s d&rsquo;un vif plaisir, source de force int\u00e9rieure qui aide \u00e0 se d\u00e9fendre contre les vicissitudes de la vie.<\/p>\n<p>Le but premier en encourageant les gens \u00e0 lire n&rsquo;est pas de mieux les \u00e9quiper pour accomplir leur travail, mais de les armer pour faire face \u00e0 leurs probl\u00e8mes int\u00e9rieurs et au monde difficile qui les entoure. Lire n&rsquo;est sans doute pas suffisant pour nous apporter bonheur et sagesse. Pourtant, la lecture peut, comme l&rsquo;exprime si bien une phrase c\u00e9l\u00e8bre, \u00ab\u00a0d\u00e9velopper par le plaisir nos facult\u00e9s mentales et spirituelles\u00a0\u00bb.<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"author":86,"featured_media":0,"template":"","categories":[1],"rbc_letter_theme":[],"rbc_letter_year":[67],"class_list":["post-2292","rbc_letter","type-rbc_letter","status-publish","hentry","category-uncategorized","rbc_letter_year-67"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO Premium plugin v27.2 (Yoast SEO v27.2) - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-premium-wordpress\/ -->\n<title>Vol. 67, N\u00b0 3 - Mai\/Juin 1986 - La raison de lire - RBC<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-67-n-3-mai-juin-1986-la-raison-de-lire\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Vol. 67, N\u00b0 3 - Mai\/Juin 1986 - La raison de lire\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Sous-jacent au d\u00e9clin actuel de l&rsquo;alphab\u00e9tisation, est ancr\u00e9e l&rsquo;id\u00e9e que lire n&rsquo;est pas important. Comment convaincre les incr\u00e9dules du contraire\u00a0? Peut-\u00eatre en d\u00e9montrant tout ce qu&rsquo;on perd en ne lisant pas. La lecture est \u00ab\u00a0bonne\u00a0\u00bb, rend les \u00eatres meilleurs. Toute une g\u00e9n\u00e9ration a atteint l&rsquo;\u00e2ge m\u00fbr depuis que Hilda Neatby, de l&rsquo;universit\u00e9 de Saskatchewan, s&rsquo;est [&hellip;]\" \/>\n<meta property=\"og:url\" content=\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-67-n-3-mai-juin-1986-la-raison-de-lire\/\" \/>\n<meta property=\"og:site_name\" content=\"RBC\" \/>\n<meta property=\"article:modified_time\" content=\"2022-10-17T20:32:58+00:00\" \/>\n<meta name=\"twitter:card\" content=\"summary_large_image\" \/>\n<meta name=\"twitter:label1\" content=\"Est. reading time\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data1\" content=\"14 minutes\" \/>\n<script type=\"application\/ld+json\" class=\"yoast-schema-graph\">{\"@context\":\"https:\/\/schema.org\",\"@graph\":[{\"@type\":\"WebPage\",\"@id\":\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-67-n-3-mai-juin-1986-la-raison-de-lire\/\",\"url\":\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-67-n-3-mai-juin-1986-la-raison-de-lire\/\",\"name\":\"Vol. 67, N\u00b0 3 - Mai\/Juin 1986 - La raison de lire - RBC\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/#website\"},\"datePublished\":\"1986-05-01T00:00:00+00:00\",\"dateModified\":\"2022-10-17T20:32:58+00:00\",\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"ReadAction\",\"target\":[\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-67-n-3-mai-juin-1986-la-raison-de-lire\/\"]}]},{\"@type\":\"WebSite\",\"@id\":\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/#website\",\"url\":\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/\",\"name\":\"RBC\",\"description\":\"\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"SearchAction\",\"target\":{\"@type\":\"EntryPoint\",\"urlTemplate\":\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/?s={search_term_string}\"},\"query-input\":{\"@type\":\"PropertyValueSpecification\",\"valueRequired\":true,\"valueName\":\"search_term_string\"}}],\"inLanguage\":\"fr-FR\"}]}<\/script>\n<!-- \/ Yoast SEO Premium plugin. -->","yoast_head_json":{"title":"Vol. 67, N\u00b0 3 - Mai\/Juin 1986 - La raison de lire - RBC","robots":{"index":"index","follow":"follow","max-snippet":"max-snippet:-1","max-image-preview":"max-image-preview:large","max-video-preview":"max-video-preview:-1"},"canonical":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-67-n-3-mai-juin-1986-la-raison-de-lire\/","og_locale":"fr_FR","og_type":"article","og_title":"Vol. 67, N\u00b0 3 - Mai\/Juin 1986 - La raison de lire","og_description":"Sous-jacent au d\u00e9clin actuel de l&rsquo;alphab\u00e9tisation, est ancr\u00e9e l&rsquo;id\u00e9e que lire n&rsquo;est pas important. Comment convaincre les incr\u00e9dules du contraire\u00a0? Peut-\u00eatre en d\u00e9montrant tout ce qu&rsquo;on perd en ne lisant pas. La lecture est \u00ab\u00a0bonne\u00a0\u00bb, rend les \u00eatres meilleurs. Toute une g\u00e9n\u00e9ration a atteint l&rsquo;\u00e2ge m\u00fbr depuis que Hilda Neatby, de l&rsquo;universit\u00e9 de Saskatchewan, s&rsquo;est [&hellip;]","og_url":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-67-n-3-mai-juin-1986-la-raison-de-lire\/","og_site_name":"RBC","article_modified_time":"2022-10-17T20:32:58+00:00","twitter_card":"summary_large_image","twitter_misc":{"Est. reading time":"14 minutes"},"schema":{"@context":"https:\/\/schema.org","@graph":[{"@type":"WebPage","@id":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-67-n-3-mai-juin-1986-la-raison-de-lire\/","url":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-67-n-3-mai-juin-1986-la-raison-de-lire\/","name":"Vol. 67, N\u00b0 3 - Mai\/Juin 1986 - La raison de lire - RBC","isPartOf":{"@id":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/#website"},"datePublished":"1986-05-01T00:00:00+00:00","dateModified":"2022-10-17T20:32:58+00:00","inLanguage":"fr-FR","potentialAction":[{"@type":"ReadAction","target":["https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-67-n-3-mai-juin-1986-la-raison-de-lire\/"]}]},{"@type":"WebSite","@id":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/#website","url":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/","name":"RBC","description":"","potentialAction":[{"@type":"SearchAction","target":{"@type":"EntryPoint","urlTemplate":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/?s={search_term_string}"},"query-input":{"@type":"PropertyValueSpecification","valueRequired":true,"valueName":"search_term_string"}}],"inLanguage":"fr-FR"}]}},"parsely":{"version":"1.1.0","canonical_url":"https:\/\/rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-67-n-3-mai-juin-1986-la-raison-de-lire\/","smart_links":{"inbound":0,"outbound":0},"traffic_boost_suggestions_count":0,"meta":{"@context":"https:\/\/schema.org","@type":"NewsArticle","headline":"Vol. 67, N\u00b0 3 &#8211; Mai\/Juin 1986 &#8211; La raison de lire","url":"http:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-67-n-3-mai-juin-1986-la-raison-de-lire\/","mainEntityOfPage":{"@type":"WebPage","@id":"http:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-67-n-3-mai-juin-1986-la-raison-de-lire\/"},"thumbnailUrl":"","image":{"@type":"ImageObject","url":""},"articleSection":"Uncategorized","author":[{"@type":"Person","name":"zinoemielu"}],"creator":["zinoemielu"],"publisher":{"@type":"Organization","name":"RBC","logo":""},"keywords":[],"dateCreated":"1986-05-01T00:00:00Z","datePublished":"1986-05-01T00:00:00Z","dateModified":"2022-10-17T20:32:58Z"},"rendered":"<script type=\"application\/ld+json\" class=\"wp-parsely-metadata\">{\"@context\":\"https:\\\/\\\/schema.org\",\"@type\":\"NewsArticle\",\"headline\":\"Vol. 67, N\\u00b0 3 &#8211; Mai\\\/Juin 1986 &#8211; La raison de lire\",\"url\":\"http:\\\/\\\/www.rbc.com\\\/fr\\\/notre-compagnie\\\/histoire\\\/bulletin\\\/vol-67-n-3-mai-juin-1986-la-raison-de-lire\\\/\",\"mainEntityOfPage\":{\"@type\":\"WebPage\",\"@id\":\"http:\\\/\\\/www.rbc.com\\\/fr\\\/notre-compagnie\\\/histoire\\\/bulletin\\\/vol-67-n-3-mai-juin-1986-la-raison-de-lire\\\/\"},\"thumbnailUrl\":\"\",\"image\":{\"@type\":\"ImageObject\",\"url\":\"\"},\"articleSection\":\"Uncategorized\",\"author\":[{\"@type\":\"Person\",\"name\":\"zinoemielu\"}],\"creator\":[\"zinoemielu\"],\"publisher\":{\"@type\":\"Organization\",\"name\":\"RBC\",\"logo\":\"\"},\"keywords\":[],\"dateCreated\":\"1986-05-01T00:00:00Z\",\"datePublished\":\"1986-05-01T00:00:00Z\",\"dateModified\":\"2022-10-17T20:32:58Z\"}<\/script>","tracker_url":"https:\/\/cdn.parsely.com\/keys\/rbc.com\/p.js"},"featured_img":false,"coauthors":[],"author_meta":{"author_link":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/author\/zinoemielu\/","display_name":"zinoemielu"},"relative_dates":{"created":"Publi\u00e9 40 ans il y a","modified":"Mis \u00e0 jour 4 ans il y a"},"absolute_dates":{"created":"Publi\u00e9 le 1 mai 1986","modified":"Mise \u00e0 jour le 17 octobre 2022"},"absolute_dates_time":{"created":"Publi\u00e9 le 1 mai 1986 12:00  ","modified":"Mise \u00e0 jour le 17 octobre 2022 8:32  "},"featured_img_caption":"","tax_additional":{"category":{"linked":["<a href=\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/category\/uncategorized\/\" class=\"advgb-post-tax-term\">Uncategorized<\/a>"],"unlinked":["<span class=\"advgb-post-tax-term\">Uncategorized<\/span>"],"slug":"category","name":"Cat\u00e9gories"},"rbc_letter_theme":{"linked":[],"unlinked":[],"slug":"rbc_letter_theme","name":"Themes"},"rbc_letter_year":{"linked":["<a href=\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/year\/1986\/\" class=\"advgb-post-tax-term\">1986<\/a>"],"unlinked":["<span class=\"advgb-post-tax-term\">1986<\/span>"],"slug":"rbc_letter_year","name":"Years"}},"series_order":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/rbc_letter\/2292","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/rbc_letter"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/rbc_letter"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/86"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/rbc_letter\/2292\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2292"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2292"},{"taxonomy":"rbc_letter_theme","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/rbc_letter_theme?post=2292"},{"taxonomy":"rbc_letter_year","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/rbc_letter_year?post=2292"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}