{"id":2290,"date":"1984-05-01T00:00:00","date_gmt":"1984-05-01T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-65-n-3-mai-juin-1984-chatiment-et-crime\/"},"modified":"2022-10-17T20:29:56","modified_gmt":"2022-10-17T20:29:56","slug":"vol-65-n-3-mai-juin-1984-chatiment-et-crime","status":"publish","type":"rbc_letter","link":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-65-n-3-mai-juin-1984-chatiment-et-crime\/","title":{"rendered":"Vol. 65, N\u00b0 3 &#8211; Mai\/Juin 1984 &#8211; Ch\u00e2timent et crime"},"content":{"rendered":"<div id=\"layout-column-main\">\n<p class=\"boldtext\">Le crime doit \u00eatre puni, mais le ch\u00e2timent avilit tous les int\u00e9ress\u00e9s lorsqu&rsquo;il se teinte de cruaut\u00e9. La soci\u00e9t\u00e9 a beaucoup \u00e9volu\u00e9 depuis le temps o\u00f9 elle punissait ses criminels par esprit de vengeance. Pourrait-elle aller plus loin et faire en sorte maintenant que le ch\u00e2timent rapporte\u00a0?<\/p>\n<p>La Bible nous dit que le premier crime a \u00e9t\u00e9 commis alors que la terre avait seulement deux habitants. Dieu avait d\u00e9fendu \u00e0 Adam de manger le fruit de l&rsquo;arbre de la connaissance du bien et du mal\u00a0; tent\u00e9e par le serpent, \u00c8ve y go\u00fbta et en pr\u00e9senta \u00e0 son mari. C&rsquo;\u00e9tait, si vous voulez, un simple vol\u00a0; Dieu s&rsquo;\u00e9tait r\u00e9serv\u00e9 le fruit d&rsquo;un seul arbre apr\u00e8s avoir invit\u00e9 le couple \u00e0 manger du fruit de tous les autres. Ce premier crime fut rapidement suivi du premier ch\u00e2timent\u00a0: Adam et \u00c8ve furent chass\u00e9s du jardin d&rsquo;\u00c9den, exil\u00e9s dans ce lieu de labeur et de souffrance qu&rsquo;est pour nous le monde r\u00e9el.<\/p>\n<p>Qu&rsquo;on le suppose v\u00e9ridique ou all\u00e9gorique, ce r\u00e9cit nous rappelle que le crime tient \u00e0 la condition humaine et qu&rsquo;il est vieux comme l&rsquo;esp\u00e8ce. M\u00eame chose pour le ch\u00e2timent\u00a0: le principe fondamental de la justice est que chacun doit accepter de porter le poids de ses fautes.<\/p>\n<p>Il n&rsquo;y a pas que le jud\u00e9o-christianisme qui pense de la sorte. Les anthropologues ont d\u00e9couvert que les soci\u00e9t\u00e9s les plus primitives r\u00e9primaient les actes criminels. Non seulement le ch\u00e2timent est-il moralement n\u00e9cessaire, mais il est essentiel \u00e0 la survie de la communaut\u00e9. Les hommes se sont toujours entendus pour punir ceux d&rsquo;entre eux qui transgressaient les lois du groupe et mena\u00e7aient ainsi la s\u00e9curit\u00e9 collective.<\/p>\n<p>Mais en prenant en main la vengeance divine, ils s&rsquo;arrogeaient en m\u00eame temps le droit d&rsquo;assouvir leur propre col\u00e8re sur les transgresseurs. L&rsquo;Ancien Testament nous apprend que les enfants incorrigibles et les filles qui n&rsquo;\u00e9taient plus vierges au moment du mariage devaient \u00eatre lapid\u00e9s jusqu&rsquo;\u00e0 ce que mort s&rsquo;ensuive. \u00ab\u00a0C&rsquo;est ainsi que tu \u00f4teras le mal du milieu de toi\u00a0\u00bb, explique l&rsquo;auteur du deut\u00e9ronome.<\/p>\n<p>Au cours des si\u00e8cles, les hommes se sont employ\u00e9s avec une d\u00e9lectation sadique \u00e0 \u00ab\u00a0\u00f4ter le mal du milieu d&rsquo;eux\u00a0\u00bb. Que d&rsquo;ing\u00e9niosit\u00e9 dans les sentences de mort\u00a0: noyade, empalement, d\u00e9capitation, pendaison, saut dans le vide, supplice de la roue. Que de s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 pour les d\u00e9lits mineurs, et il fallait qu&rsquo;ils soient vraiment mineurs pour ne pas \u00e9voquer la peine de mort\u00a0; n&rsquo;allait-on pas jusqu&rsquo;\u00e0 marquer les coupables au fer rouge, \u00e0 leur rompre les membres, \u00e0 les fouetter ou \u00e0 les mettre au pilori\u00a0? Jusqu&rsquo;\u00e0 la fin du XVIIIe si\u00e8cle, une grande partie des crimes r\u00e9pertori\u00e9s dans les livres de droit de tous les pays d&rsquo;Europe \u00e9taient passibles d&rsquo;ex\u00e9cution publique.<\/p>\n<p>C&rsquo;est seulement au d\u00e9but des ann\u00e9es 1800 qu&rsquo;on a commenc\u00e9 \u00e0 infliger des peines de prison aux malfaiteurs. Il y avait des prisons auparavant, mais c&rsquo;\u00e9tait surtout des lieux de d\u00e9tention o\u00f9 les accus\u00e9s attendaient leurs proc\u00e8s. Sur le plan humain, l&rsquo;ordre nouveau n&rsquo;apportait pas une bien grande am\u00e9lioration. La fameuse prison anglaise de Newgate \u00e9tait, de l&rsquo;aveu d&rsquo;un visiteur\u00a0: \u00ab\u00a0humide et puante, baignant dans un demi-pied d&rsquo;eau, avec un \u00e9gout ouvert au milieu du plancher&#8230; Pour se r\u00e9chauffer les prisonniers se serraient les uns contre les autres sur des tas de haillons qui exhalaient une odeur pestilentielle\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Des r\u00e9formateurs ont r\u00e9ussi \u00e0 faire cesser ces conditions effroyables en provoquant un sentiment de honte nationale \u00e0 leur sujet. L&rsquo;id\u00e9e de vengeance sociale a fait place graduellement \u00e0 l&rsquo;id\u00e9e que le r\u00e9gime carc\u00e9ral pourrait offrir un moyen de corriger les d\u00e9linquants, mais les m\u00e9thodes sont rest\u00e9es punitives\u00a0: leur but \u00e9tait de rendre la vie suffisamment dure aux condamn\u00e9s pour leur enlever l&rsquo;envie de recommencer. On esp\u00e9rait en m\u00eame temps dissuader les d\u00e9linquants en puissance, bien que sachant que les horribles ch\u00e2timents inflig\u00e9s aux malfaiteurs dans le pass\u00e9 n&rsquo;avaient jamais r\u00e9ussi \u00e0 retenir les criminels vraiment endurcis.<\/p>\n<h3>L&rsquo;esprit de vengeance avilit l&rsquo;homme\u00a0; l&rsquo;indulgence l&rsquo;ennoblit<\/h3>\n<p>La rigueur des conditions de vie impos\u00e9es aux prisonniers s&rsquo;est rel\u00e2ch\u00e9e vers la fin du XIXe si\u00e8cle. La formule \u00ab\u00a0oeil pour oeil, dent pour dent\u00a0\u00bb est alors devenue le principe directeur de la p\u00e9nologie. Souvent interpr\u00e9t\u00e9e \u00e0 tort comme une incitation \u00e0 la vengeance, la loi du talion \u00e9tablit au contraire les limites du ch\u00e2timent\u00a0: on peut prendre un oeil pour un oeil, mais rien de plus.<\/p>\n<p>Les humanistes de l&rsquo;\u00e9poque victorienne qui r\u00e9clamaient l&rsquo;adoucissement des r\u00e9gimes p\u00e9nitentiaires soulignaient qu&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9 s&rsquo;abrutit en tol\u00e9rant l&rsquo;infliction de souffrances inutiles. Ils pr\u00e9conisaient une plus grande cl\u00e9mence dans l&rsquo;administration de la justice, all\u00e9guant que si l&rsquo;esprit de vengeance avilit l&rsquo;homme, l&rsquo;indulgence au contraire l&rsquo;ennoblit.<\/p>\n<p>C&rsquo;est par le biais de ces appels aux bons sentiments du corps social que la commis\u00e9ration a fini par s&rsquo;infiltrer dans le syst\u00e8me correctionnel. La notion de redressement s&rsquo;est \u00e9largie jusqu&rsquo;\u00e0 englober la r\u00e9\u00e9ducation morale qui devait permettre \u00e0 l&rsquo;individu de devenir un citoyen utile lors de son retour \u00e0 la vie normale.<\/p>\n<p>Au Canada, cette \u00e9volution a produit un syst\u00e8me qui conserve des traces de toutes les fonctions qui ont \u00e9t\u00e9 assign\u00e9es aux prisons par le pass\u00e9. On cherche \u00e0 punir, \u00e0 dissuader et \u00e0 r\u00e9\u00e9duquer les d\u00e9linquants tout en prot\u00e9geant le public. Mais m\u00eame si l&rsquo;on atteint tous ces buts dans certains cas, il y a un domaine o\u00f9 l&rsquo;on ne peut qu&rsquo;\u00e9chouer\u00a0; c&rsquo;est celui de la pr\u00e9vention. Il a \u00e9t\u00e9 amplement prouv\u00e9, en effet, que l&#8217;emprisonnement pouvait engendrer le crime en exposant des jeunes gens impressionnables \u00e0 l&rsquo;influence de criminels inv\u00e9t\u00e9r\u00e9s.<\/p>\n<p>Pour parer \u00e0 ce danger, l&rsquo;administration p\u00e9nitentiaire canadienne essaie de s\u00e9parer les d\u00e9tenus selon la gravit\u00e9 de leurs fautes mais, malgr\u00e9 cela, les dossiers d&rsquo;un grand nombre de r\u00e9cidivistes r\u00e9v\u00e8lent une progression d\u00e9courageante dans la gravit\u00e9 des infractions.<\/p>\n<p>Le seul antidote contre la contagion serait de mettre moins de gens derri\u00e8re les barreaux. Cependant, les autorit\u00e9s judiciaires canadiennes sont, plus que celles de bien d&rsquo;autres pays, port\u00e9es \u00e0 r\u00e9pondre au crime par l&#8217;emprisonnement.<\/p>\n<h3>Les Canadiens ont tendance \u00e0 surestimer la fr\u00e9quence des crimes contre les personnes<\/h3>\n<p>Ce fait est mentionn\u00e9 dans un document de 1982, intitul\u00e9 \u00ab\u00a0Le Droit p\u00e9nal dans la soci\u00e9t\u00e9 canadienne\u00a0\u00bb, dans lequel le minist\u00e8re de la Justice expose l&rsquo;intention et les principes de la r\u00e9vision du droit p\u00e9nal, entreprise conjointement avec les provinces. Un des objectifs de cette r\u00e9vision \u00e9tait de r\u00e9duire la fr\u00e9quence des peines de prison et de recommander d&rsquo;autres ch\u00e2timents.<\/p>\n<p>\u00c0 premi\u00e8re vue, pareille initiative semble faire fi de l&rsquo;opinion publique qui favoriserait plut\u00f4t un durcissement de l&rsquo;attitude des autorit\u00e9s comp\u00e9tentes \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de la criminalit\u00e9 croissante. Mais le document pr\u00e9cise que les gens en g\u00e9n\u00e9ral connaissent mal l&rsquo;ampleur de la criminalit\u00e9 au Canada, en partie parce que pour eux, toute la question se limite aux crimes contre les personnes.<\/p>\n<p>Il rapporte les r\u00e9sultats d&rsquo;un sondage dans lequel on demandait aux Canadiens quel \u00e9tait, selon eux, le pourcentage des crimes contre les personnes &#8211; voies de fait, viols, vols \u00e0 main arm\u00e9e et ainsi de suite &#8211; dans l&rsquo;ensemble des crimes commis au Canada. Or, les r\u00e9pondants avaient estim\u00e9 ce pourcentage \u00e0 53,9 alors qu&rsquo;en fait le nombre de ces crimes au cours des quelques ann\u00e9es pr\u00e9c\u00e9dentes ne repr\u00e9sentait pas plus de huit pour cent de tous les d\u00e9lits signal\u00e9s \u00e0 la police.<\/p>\n<p>Les auteurs du document pr\u00e9sument que l&rsquo;\u00e9cart d\u00e9mesur\u00e9 entre la situation r\u00e9elle et l&rsquo;id\u00e9e que s&rsquo;en fait le public peut s&rsquo;expliquer en partie par l&rsquo;attention que la presse \u00e9crite et parl\u00e9e accorde aux crimes contre les personnes, bien faits pour frapper l&rsquo;imagination populaire. N&rsquo;importe quel journal t\u00e9l\u00e9vis\u00e9 risque de donner l&rsquo;impression que la violence est chose courante. Les Canadiens regardent \u00e9galement des \u00e9missions am\u00e9ricaines qui leur laissent croire qu&rsquo;en mati\u00e8re de criminalit\u00e9 comme \u00e0 bien d&rsquo;autres \u00e9gards, les deux pays se ressemblent \u00e9norm\u00e9ment. En v\u00e9rit\u00e9, la soci\u00e9t\u00e9 canadienne est loin d&rsquo;\u00eatre aussi violente que la soci\u00e9t\u00e9 am\u00e9ricaine. Proportionnellement, il se commet presque cinq fois plus de crimes contre les personnes aux \u00c9tats-Unis qu&rsquo;au Canada.<\/p>\n<p>Ce n&rsquo;est \u00e9videmment pas une raison pour rester passif devant la mont\u00e9e de la criminalit\u00e9 au Canada. Le nombre des infractions signal\u00e9es \u00e0 la police a plus que doubl\u00e9 dans les ann\u00e9es 70, bien qu&rsquo;il se soit quelque peu stabilis\u00e9 depuis 1975. Malgr\u00e9 tout, la situation ne semble pas justifier des mesures draconiennes pour mettre le public \u00e0 l&rsquo;abri des crimes contre les personnes. Selon les plus r\u00e9centes statistiques, qui vont jusqu&rsquo;\u00e0 1982, ce type de crimes n&rsquo;a pas augment\u00e9 tellement plus vite que la population. Le taux des homicides a r\u00e9gress\u00e9 depuis 1975.<\/p>\n<h3>Le syst\u00e8me judiciaire canadien n&rsquo;est pas particuli\u00e8rement cl\u00e9ment<\/h3>\n<p>La majorit\u00e9 des d\u00e9linquants incarc\u00e9r\u00e9s dans les \u00e9tablissements du Service correctionnel f\u00e9d\u00e9ral en 1981-82 \u00e9taient coupables de d\u00e9lits contre les biens, principalement de vols avec ou sans effraction. Dans les prisons provinciales, la plupart des d\u00e9tenus avaient \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9s pour conduite en \u00e9tat d&rsquo;\u00e9bri\u00e9t\u00e9 ou pour non-paiement d&rsquo;amendes. \u00c0 part cela, les gens sont condamn\u00e9s \u00e0 la prison pour une grande vari\u00e9t\u00e9 de raisons (souvent parce qu&rsquo;ils sont incapables de payer les amendes impos\u00e9es). En plus des 350 lois que contient le Code criminel du Canada, il existe quelque 40 000 lois f\u00e9d\u00e9rales et provinciales et d&rsquo;innombrables r\u00e8glements municipaux.<\/p>\n<p>Le fait de classer parmi les infractions criminelles des contraventions comme faire du ski nautique la nuit ou vendre du poisson sans permis fausse lourdement les statistiques sur la criminalit\u00e9. Par ailleurs, l&rsquo;extension de la r\u00e9glementation gouvernementale \u00e0 un nombre toujours croissant de domaines cr\u00e9e de plus en plus d&rsquo;occasions de contraventions. Cette image fauss\u00e9e de la situation est en grande partie responsable de l&rsquo;inqui\u00e9tude grandissante du public devant la \u00ab\u00a0progression de la criminalit\u00e9\u00a0\u00bb. Les gens qui r\u00e9clament des ch\u00e2timents plus rigoureux pour endiguer cette menace sont \u00e9galement obnubil\u00e9s par l&rsquo;id\u00e9e que le syst\u00e8me judiciaire canadien est exag\u00e9r\u00e9ment cl\u00e9ment alors que c&rsquo;est en fait un des plus stricts du monde occidental.<\/p>\n<p>L&rsquo;impression que le syst\u00e8me est trop mou vient \u00e9galement de ce que les organes d&rsquo;information se concentrent volontiers sur le sensationnel. \u00c0 en croire la presse, il serait tr\u00e8s facile d&rsquo;obtenir une lib\u00e9ration sur parole. Or, au contraire, la chose est plus difficile ici que dans la plupart des autres pays occidentaux. La Commission nationale des lib\u00e9rations conditionnelles rejette environ 60 pour cent de toutes les requ\u00eates initiales.<\/p>\n<p>Lors du sondage Gallup d\u00e9j\u00e0 mentionn\u00e9, quatre r\u00e9pondants sur cinq \u00e9taient convaincus qu&rsquo;un nombre \u00e9lev\u00e9 de prisonniers sur parole r\u00e9cidivaient peu de temps apr\u00e8s leur sortie de prison. Tous estimaient le taux de r\u00e9cidive \u00e0 cinq fois le chiffre r\u00e9el. C&rsquo;est qu&rsquo;on a tendance \u00e0 penser que toutes les personnes en libert\u00e9 conditionnelle sont des prisonniers sur parole alors que cette cat\u00e9gorie comprend \u00e9galement ceux qui sont en libert\u00e9 sous caution, en p\u00e9riode de probation ou en libert\u00e9 surveill\u00e9e.<\/p>\n<p>Solution de rechange \u00e0 l&#8217;emprisonnement, la lib\u00e9ration sur parole permet aux d\u00e9tenus de purger leurs peines tout en se r\u00e9int\u00e9grant dans la collectivit\u00e9. Au Canada, les prisonniers deviennent normalement admissibles \u00e0 la lib\u00e9ration sur parole au bout de sept ans ou lorsqu&rsquo;ils ont subi les deux tiers de leurs peines, selon le cas. Entre-temps, ils peuvent obtenir des cong\u00e9s temporaires pour des raisons de r\u00e9\u00e9ducation ou de commis\u00e9ration. La Commission nationale des lib\u00e9rations conditionnelles peut refuser les requ\u00eates des prisonniers convaincus de crimes contre les personnes, tant qu&rsquo;ils n&rsquo;ont pas purg\u00e9 la moiti\u00e9 de leurs sentences. Depuis 1976, les d\u00e9tenus condamn\u00e9s pour assassinat ne sont pas admissibles \u00e0 la lib\u00e9ration sur parole avant 25 ans.<\/p>\n<p>Le quart environ des d\u00e9tenus lib\u00e9r\u00e9s sur parole retournent en prison, soit qu&rsquo;ils commettent une nouvelle infraction ou qu&rsquo;ils ne remplissent pas les conditions exig\u00e9es. Toutefois, le taux de r\u00e9cidive grimpe \u00e0 environ 50 pour cent parmi les prisonniers qui sont mis en libert\u00e9 surveill\u00e9e apr\u00e8s avoir purg\u00e9 les deux tiers de leurs sentences, en vertu du r\u00e8glement qui pr\u00e9voit une \u00ab\u00a0remise de peine pour bonne conduite\u00a0\u00bb. Ce sont g\u00e9n\u00e9ralement des individus que la Commission avait refus\u00e9 de lib\u00e9rer jusque-l\u00e0 parce qu&rsquo;elle les consid\u00e9rait comme particuli\u00e8rement dangereux. Par cons\u00e9quent, la plupart des r\u00e9cidives scandaleuses que les m\u00e9dius vitup\u00e8rent \u00e0 coeur joie sont le fait de gens que les autorit\u00e9s ont refus\u00e9 de lib\u00e9rer jusqu&rsquo;\u00e0 ce que la loi les y oblige.<\/p>\n<p>Le r\u00e9gime des lib\u00e9rations conditionnelles tient compte du fait que la grande majorit\u00e9 des d\u00e9tenus seront lib\u00e9r\u00e9s t\u00f4t ou tard. Il est donc logique de les r\u00e9introduire graduellement dans la vie communautaire. Mais, selon un expos\u00e9 de principe, la Commission croit fermement que la collectivit\u00e9 ne doit pas \u00eatre expos\u00e9e \u00e0 des risques inacceptables du fait de la lib\u00e9ration des d\u00e9linquants. Sa consid\u00e9ration principale lorsqu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;accorder, de refuser ou de r\u00e9voquer une lib\u00e9ration sur parole est donc l&rsquo;ampleur du danger que sa d\u00e9cision pourrait pr\u00e9senter pour le public.<\/p>\n<p>La lib\u00e9ration sur parole est une des m\u00e9thodes de r\u00e9adaptation sans d\u00e9tention qui se r\u00e9pandent depuis peu au Canada. Pr\u00e9sentement la plupart des peines impos\u00e9es par les tribunaux (en sus des amendes) sont maintenant purg\u00e9es hors de prison. En 1981-82, par exemple, il y avait 21 000 d\u00e9tenus dans les prisons f\u00e9d\u00e9rales et provinciales, alors que 73 000 personnes, condamn\u00e9es pour une infraction quelconque, purgeaient leurs peines dans la communaut\u00e9. De ce nombre, pr\u00e8s de 90 pour cent avaient obtenu un sursis, ce qui signifie qu&rsquo;elles sont passibles d&#8217;emprisonnement si les conditions de cette libert\u00e9 restreinte ne sont pas remplies.<\/p>\n<p>Depuis quelques ann\u00e9es, les services de r\u00e9adaptation r\u00e9gionaux \u00e9tendent leurs activit\u00e9s de toutes parts. Ils ont mis sur pied des programmes sp\u00e9ciaux visant divers groupes de d\u00e9linquants (les femmes, les autochtones, les automobilistes surpris en \u00e9tat d&rsquo;\u00e9bri\u00e9t\u00e9, etc.) et le travail est de plus en plus souvent confi\u00e9 \u00e0 des volontaires sans formation professionnelle.<\/p>\n<p>Les gouvernements sont enchant\u00e9s de ces d\u00e9veloppements. M\u00eame s&rsquo;ils repr\u00e9sentaient 75 pour cent des cas relevant du syst\u00e8me p\u00e9nitentiaire, les d\u00e9linquants en libert\u00e9 conditionnelle ont occasionn\u00e9 en 1981-82 huit pour cent seulement des d\u00e9penses de l&rsquo;ensemble des services correctionnels. Garder les gens en prison est devenu extr\u00eamement co\u00fbteux\u00a0: 80 $ par jour en moyenne pour chaque d\u00e9tenu, c&rsquo;est-\u00e0-dire 106 $ par jour dans le syst\u00e8me f\u00e9d\u00e9ral et 65 $ par jour dans les syst\u00e8mes provinciaux. Cela repr\u00e9sente plus d&rsquo;un milliard de dollars par ann\u00e9e.<\/p>\n<p>Pour des raisons financi\u00e8res uniquement, les gouvernements f\u00e9d\u00e9ral et provinciaux souhaitent transf\u00e9rer des prisons \u00e0 la communaut\u00e9 une plus grande partie des services correctionnels. Un des principes fondamentaux du projet de r\u00e9vision du code p\u00e9nal pr\u00e9sent\u00e9 r\u00e9cemment \u00e0 la Chambre des communes est que l&#8217;emprisonnement devrait \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme un dernier recours et r\u00e9serv\u00e9 aux criminels les plus dangereux.<\/p>\n<p>En outre, le fait d&rsquo;imposer un plus grand nombre de peines \u00e0 purger dans la communaut\u00e9 peut contribuer \u00e0 r\u00e9parer une injustice fondamentale. Jusqu&rsquo;\u00e0 tout r\u00e9cemment, on consid\u00e9rait le crime comme un affront \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 en g\u00e9n\u00e9ral et l&rsquo;on se souciait peu de faire justice \u00e0 la victime.<\/p>\n<p>Or, pr\u00e9sentement, on essaie partout au Canada d&rsquo;imposer des sentences qui am\u00e8nent les coupables \u00e0 d\u00e9dommager leurs victimes. Lorsqu&rsquo;il est impossible de discerner une victime en particulier, les d\u00e9linquants sont parfois oblig\u00e9s de d\u00e9dommager la communaut\u00e9 en travaillant pour des bonnes oeuvres.<\/p>\n<p>Le syst\u00e8me persistera vraisemblablement dans cette voie. La chose ne va pas sans risques, bien s\u00fbr, mais il semble qu&rsquo;elle constitue une \u00e9tape naturelle dans l&rsquo;\u00e9volution amorc\u00e9e lorsqu&rsquo;on a cess\u00e9 de pendre les gens pour des larcins. De toutes fa\u00e7ons, la rigueur des ch\u00e2timents n&rsquo;a jamais d\u00e9courag\u00e9 les d\u00e9linquants. Si nous ne pouvons pas \u00e9liminer le crime, nous pouvons au moins essayer d&rsquo;en tirer quelque chose. La r\u00e9adaptation sans d\u00e9tention offre aux victimes et \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 une occasion de se d\u00e9dommager des torts subis.<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"author":86,"featured_media":0,"template":"","categories":[1],"rbc_letter_theme":[],"rbc_letter_year":[65],"class_list":["post-2290","rbc_letter","type-rbc_letter","status-publish","hentry","category-uncategorized","rbc_letter_year-65"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO Premium plugin v27.2 (Yoast SEO v27.2) - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-premium-wordpress\/ -->\n<title>Vol. 65, N\u00b0 3 - Mai\/Juin 1984 - Ch\u00e2timent et crime - RBC<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-65-n-3-mai-juin-1984-chatiment-et-crime\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Vol. 65, N\u00b0 3 - Mai\/Juin 1984 - Ch\u00e2timent et crime\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Le crime doit \u00eatre puni, mais le ch\u00e2timent avilit tous les int\u00e9ress\u00e9s lorsqu&rsquo;il se teinte de cruaut\u00e9. 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