{"id":2288,"date":"1982-05-01T00:00:00","date_gmt":"1982-05-01T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-63-n-3-mai-juin-1982-regarder-la-mort-en-face\/"},"modified":"2022-10-17T18:41:51","modified_gmt":"2022-10-17T18:41:51","slug":"vol-63-n-3-mai-juin-1982-regarder-la-mort-en-face","status":"publish","type":"rbc_letter","link":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-63-n-3-mai-juin-1982-regarder-la-mort-en-face\/","title":{"rendered":"Vol 63, N\u00b0 3 &#8211; Mai\/Juin 1982 &#8211; Regarder la mort en face"},"content":{"rendered":"<div id=\"layout-column-main\">\n<p class=\"boldtext\">Personne ne peut \u00e9chapper \u00e0 la mort, et pourtant on n&rsquo;en parle encore qu&rsquo;\u00e0 voix basse. Depuis peu, les choses de la mort \u00e9mergent lentement de la brume des sujets tabous. C&rsquo;est heureux, car cela permet aux gens de r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 leur condition de mortels. En apprenant \u00e0 mourir, nous apprendrons aussi \u00e0 vivre&#8230;<\/p>\n<p>La seule certitude absolue dans la vie est qu&rsquo;elle doit finir. La mort est le destin commun de tous les humains. Bien qu&rsquo;in\u00e9luctable et universelle, il est remarquablement rare que l&rsquo;on aborde cette r\u00e9alit\u00e9 dominante de la nature.<\/p>\n<p>Lorsque nous nous permettons d&rsquo;en parler, c&rsquo;est ordinairement en termes euph\u00e9miques (s&rsquo;\u00e9teindre, passer) ou avec une d\u00e9sinvolture qui provoque des rires nerveux. \u00c0 notre \u00e9poque de franchise implacable, la mort reste un des actes naturels qui sont encore noy\u00e9s dans l&rsquo;ombre des choses taboues.<\/p>\n<p>Ce n&rsquo;est pas que le ph\u00e9nom\u00e8ne soit peu connu. Qui n&rsquo;a pas eu \u00e0 d\u00e9plorer, d\u00e8s sa prime jeunesse, la mort d&rsquo;un parent ou d&rsquo;un ami\u00a0? Nos deuils nous confrontent avec le fait r\u00e9el qu&rsquo;une vie qui a \u00e9t\u00e9 li\u00e9e \u00e0 la notre n&rsquo;est plus. Mais notre fin inexorable \u00e0 nous, nous essayons d&rsquo;y penser et d&rsquo;en parler le moins possible, sauf si elle est nettement imminente.<\/p>\n<p>Notre r\u00e9ticence au sujet de la mort t\u00e9moigne de notre refus d&rsquo;accepter la plus \u00e9vidente de toutes les r\u00e9alit\u00e9s. Cette attitude est irrationnelle certes, mais assez compr\u00e9hensible. Nous nous d\u00e9tournons de la mort parce qu&rsquo;elle nous fait peur. Parce que nous l&rsquo;associons aux sensations les plus horribles que nous connaissions\u00a0: effusion de sang, pleurs, maladie, impuissance, douleur.<\/p>\n<p>Notre crainte de la mort s&rsquo;accompagne de la crainte de l&rsquo;inconnu. La foi religieuse joue ici un r\u00f4le important. La mort para\u00eet moins terrifiante \u00e0 celui qui a la certitude d&rsquo;une autre vie qu&rsquo;\u00e0 celui qui n&rsquo;y croit pas.<\/p>\n<p>Mais parmi les croyants, peu vivent assez contin\u00fbment sans p\u00e9cher pour avoir l&rsquo;assurance d&rsquo;\u00e9chapper \u00e0 la justice divine en cas de mort subite. Les incroyants, qui consid\u00e8rent la mort comme un an\u00e9antissement total, \u00e9prouveront peut-\u00eatre un affreux sentiment de fatalit\u00e9 \u00e0 la pens\u00e9e qu&rsquo;\u00e0 tout moment la porte peut \u00e0 jamais se refermer en claquant sur leur existence.<\/p>\n<p>La symbolique de la mort ne contribue en rien \u00e0 rendre notre comportement plus raisonnable. Le seul fait d&rsquo;y penser n&rsquo;\u00e9voque-t-il pas squelettes grima\u00e7ants et cimeti\u00e8res hant\u00e9s envelopp\u00e9s de brume\u00a0? La mort, et la terreur qu&rsquo;elle nous inspire, est au centre des romans d&rsquo;aventure, des histoires de revenants et des films d&rsquo;\u00e9pouvante. Les frissons que ces oeuvres nous font passer dans le dos \u00e9manent de l&rsquo;ambiance de superstition o\u00f9 baigne encore maintenant le sujet.<\/p>\n<p>Une des manifestations de cette superstition est notre persistance \u00e0 condamner la mort comme un mal. Elle n&rsquo;est tout au plus que le r\u00e9sultat d&rsquo;actes mauvais de violence ou de destruction\u00a0; le r\u00e9sultat, notons-le, et non la cause. Mais nous tenons la mort en g\u00e9n\u00e9ral comme une chose mauvaise parce que nous consid\u00e9rons la vie comme une chose <em>bonne<\/em>, comme un don pr\u00e9cieux \u00e0 d\u00e9fendre. La mort est donc l&rsquo;ennemi \u00e0 combattre, notamment en n&rsquo;en parlant pas.<\/p>\n<p>Le Dr Lewis Thomas, du <em>Memorial Sloan-Kettering Cancer Institute<\/em>, de New York, estime que pour les Nord-Am\u00e9ricains d&rsquo;aujourd&rsquo;hui la mort est synonyme d&rsquo;\u00e9chec. \u00c0 l&rsquo;heure actuelle, la plupart des gens meurent en \u00e9tat de diminution physique (la dur\u00e9e moyenne de vie au Canada d\u00e9passe 70 ans), ce qui est fort loin des belles et florissantes images du succ\u00e8s dont nous abreuvent la t\u00e9l\u00e9vision, le cin\u00e9ma et les magazines. S&rsquo;\u00e9loigner avec l&rsquo;\u00e2ge de l&rsquo;id\u00e9al aur\u00e9ol\u00e9 de jeunesse de la r\u00e9ussite, c&rsquo;est dans le subconscient des masses \u00e9chouer par \u00e9tapes. L&rsquo;\u00e9chec final, c&rsquo;est la mort.<\/p>\n<p>Selon ce m\u00e9decin, nous avons \u00ab\u00a0perdu notre respect\u00a0\u00bb de la mort. \u00ab\u00a0Nous en sommes venus \u00e0 en avoir honte\u00a0; nous essayons de nous y d\u00e9rober et de nous en cacher.\u00a0\u00bb La honte de la mort n&rsquo;est pas nouvelle. \u00ab\u00a0C&rsquo;est le d\u00e9shonneur et l&rsquo;ignominie supr\u00eames de notre nature, \u00e9crit un m\u00e9decin du XVIIe si\u00e8cle\u00a0; elle peut si bien nous d\u00e9figurer que nos amis les plus chers, notre femme et nos enfants ont peur et tressaillent en nous voyant.\u00a0\u00bb Ce qui est <em>nouveau<\/em>, c&rsquo;est de la cacher et de nous en cacher. Dans les ann\u00e9es 1600, la mort n&rsquo;avait rien d&rsquo;antisocial. C&rsquo;\u00e9tait un \u00e9v\u00e9nement courant et tr\u00e8s fr\u00e9quent, qui advenait \u00e0 la vue de tous.<\/p>\n<h3>La dissimulation de la mort nous aide \u00e0 ne pas y penser<\/h3>\n<p>Il n&rsquo;y a encore que trois ou quatre g\u00e9n\u00e9rations, chacun mourait d&rsquo;ordinaire \u00e0 la maison, entour\u00e9 de sa famille. Les enfants voyaient de leurs yeux se r\u00e9aliser la parole biblique \u00ab\u00a0un temps pour na\u00eetre, et un temps pour mourir\u00a0\u00bb. Il y avait aussi ceux qui mouraient pr\u00e9matur\u00e9ment\u00a0: les maladies infectieuses, impossibles \u00e0 ma\u00eetriser avant les antibiotiques, emportaient des personnes de tout \u00e2ge. Les enfants qui voyaient un fr\u00e8re, une soeur, un cousin \u00ab\u00a0enlev\u00e9 par la fi\u00e8vre\u00a0\u00bb acqu\u00e9raient en grandissant une saine conscience de leur propre suj\u00e9tion \u00e0 la mort.<\/p>\n<p>Maintenant que la majorit\u00e9 des gens meurent \u00e0 l&rsquo;h\u00f4pital ou dans les <em>nursing homes<\/em>, la mort est devenue un ph\u00e9nom\u00e8ne lointain et hospitalier. Elle est loin des yeux, et cela renforce notre inclination \u00e0 la tenir loin de notre esprit.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0La mort est une affaire bien triste et morne, fait dire Somerset Maugham \u00e0 l&rsquo;un de ses personnages, et, si vous voulez mon conseil, ne vous en m\u00ealez pas.\u00a0\u00bb Pour la premi\u00e8re fois dans l&rsquo;histoire, nous sommes d\u00e9sormais en mesure jusqu&rsquo;\u00e0 un certain point de suivre ce s\u00e9duisant conseil.<\/p>\n<p>\u00c0 moins de guerre ou quelque autre calamit\u00e9, la plupart des gens jeunes et bien portants peuvent n&rsquo;avoir rien \u00e0 voir avec la mort et s&rsquo;en tirer. Leur propre mort est une \u00e9ventualit\u00e9 quasi inconcevable. D&rsquo;apr\u00e8s leur position dans l&rsquo;\u00e9chelle du temps, l&rsquo;\u00e2ge moyen de la mort est encore fort \u00e9loign\u00e9.<\/p>\n<p>Mais \u00e0 mesure que nos chances de survie diminuent, c&rsquo;est folie de vouloir \u00e9chapper \u00e0 l&rsquo;atteinte de la mortalit\u00e9. Pass\u00e9 l&rsquo;\u00e2ge de 35 ans, comme l&rsquo;\u00e9crit Montaigne, \u00ab\u00a0il faut \u00eatre toujours bott\u00e9 et pr\u00eat \u00e0 partir\u00a0\u00bb.<\/p>\n<h3>Vivre de fa\u00e7on \u00e0 pouvoir partir sans reproche<\/h3>\n<p>En pratique, cela signifie disposer d&rsquo;une assurance-vie suffisante, avoir pr\u00e9par\u00e9 sa succession, fait un testament appropri\u00e9 et facile \u00e0 retrouver. Cela veut dire aussi avoir pris ou prescrit les dispositions n\u00e9cessaires concernant les obs\u00e8ques et le choix de la s\u00e9pulture. Beaucoup ach\u00e8tent d&rsquo;avance leur cercueil et une concession au cimeti\u00e8re. D&rsquo;autres optent pour l&rsquo;incin\u00e9ration ou font don de leurs restes \u00e0 la science m\u00e9dicale.<\/p>\n<p>Ces mesures pratiques ne repr\u00e9sentent qu&rsquo;une partie de notre pr\u00e9paration au seul \u00e9v\u00e9nement dont nous sommes absolument certains. Elles assurent la tranquillit\u00e9 d&rsquo;esprit des survivants, mais ce n&rsquo;est qu&rsquo;en lib\u00e9rant sa conscience que l&rsquo;on peut trouver la paix de l&rsquo;\u00e2me qui permet \u00e0 chacun d&rsquo;affronter sa mort avec s\u00e9n\u00e9rit\u00e9.<\/p>\n<p>\u00c0 travers les \u00e2ges, aucune exhortation ne s&rsquo;est r\u00e9v\u00e9l\u00e9e plus salutaire que celle formul\u00e9e par Sophocle il y a 2,600 ans\u00a0: \u00ab\u00a0Que tout homme, dans sa fragilit\u00e9 humaine, songe \u00e0 son dernier jour et que nul ne se pr\u00e9vale de son bonheur avant de voir la vie, \u00e0 sa mort, comme un souvenir sans douleur.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>C&rsquo;est l\u00e0 en quelque sorte une invitation \u00e0 vivre continuellement de mani\u00e8re que les seuls sentiments douloureux qu&rsquo;on laissera apr\u00e8s soi soient des sentiments d&rsquo;affliction, dont on a dit qu&rsquo;ils sont le prix \u00e0 payer pour avoir aim\u00e9 quelqu&rsquo;un qui meurt avant nous. Si les gens se conduisaient de cette fa\u00e7on, leur vie serait beaucoup plus f\u00e9conde.<\/p>\n<p>Le dicton qui nous conseille de vivre chaque jour comme si c&rsquo;\u00e9tait le dernier passe souvent pour un encouragement \u00e0 la sensualit\u00e9. Mais s&rsquo;il s&rsquo;agissait vraiment du dernier, le gaspillerions-nous\u00a0? Ou en profiterions-nous, au meilleur sens du terme, pour rattraper le temps perdu\u00a0? Ne l&#8217;emploierions-nous pas pour chercher la paix de l&rsquo;esprit, pour gu\u00e9rir de vieilles blessures, pour r\u00e9tablir des communications\u00a0? Gr\u00e2ce \u00e0 cette derni\u00e8re chance, n&rsquo;essaierions-nous pas de quitter ce monde aussi irr\u00e9prochables que possible\u00a0?<\/p>\n<p>Le pape Jean XXIII disait que n&rsquo;importe quel jour est un bon jour pour mourir. Il parlait manifestement en homme dont les affaires spirituelles et morales sont en r\u00e8gle. Pouvoir envisager chaque jour avec une telle confiance serait pour la plupart d&rsquo;entre nous un grand soulagement, que la mort nous frappe demain ou dans 40 ans.<\/p>\n<p>Pourtant, la nature humaine \u00e9tant ce qu&rsquo;elle est, peu d&rsquo;entre nous se contenteraient d&rsquo;un avis d&rsquo;un jour, encore moins de derni\u00e8re minute. Il serait plus r\u00e9aliste pour nous de dire que toute <em>ann\u00e9e <\/em>serait une bonne ann\u00e9e pour mourir.<\/p>\n<p>Des malades condamn\u00e9s et inform\u00e9s qu&rsquo;ils n&rsquo;en avaient plus pour longtemps \u00e0 vivre ont affirm\u00e9 qu&rsquo;il n&rsquo;\u00e9tait pas aussi difficile de se pr\u00e9parer qu&rsquo;ils s&rsquo;y attendaient. Une des consolations pour les mourants de savoir que leur derni\u00e8re heure approche est qu&rsquo;ils ont ainsi le temps de mettre ordre \u00e0 leurs affaires et de voir leur famille. \u00ab\u00a0Je ne veux pas mourir rapidement, disait un m\u00e9decin canadien, trop de choses n&rsquo;auraient pas \u00e9t\u00e9 dites.\u00a0\u00bb<\/p>\n<h3>L&rsquo;indicible processus de la composition avec la mort<\/h3>\n<p>Un leuc\u00e9mique note dans son journal le contraste entre le sentiment de d\u00e9sespoir qui le saisit lorsqu&rsquo;on lui apprit qu&rsquo;il allait mourir et les sentiments qu&rsquo;il \u00e9prouva beaucoup plus tard, un soir qu&rsquo;il se sentit si mal qu&rsquo;il crut sa fin venue.<\/p>\n<p>La diff\u00e9rence, dit-il, \u00e9tait l&rsquo;aboutissement d&rsquo;un \u00ab\u00a0processus \u00e9trange, inconscient et indescriptible&#8230; le processus d&rsquo;adaptation par lequel on compose avec la mort. Un mourant a besoin de la mort comme celui qui a envie de dormir a besoin du sommeil, et il vient un temps o\u00f9 il est mal, autant qu&rsquo;inutile, de r\u00e9sister.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Une observation courante chez les personnes qui relatent leurs impressions de malades mortellement atteints est que la proximit\u00e9 de la mort renforce leur appr\u00e9ciation de la vie. On a vu, par exemple, de grands malades se pr\u00e9cipiter dehors pour sentir encore une fois la pluie ou la neige leur caresser le visage et go\u00fbter cette sensation comme s&rsquo;ils ne l&rsquo;avaient jamais connue auparavant.<\/p>\n<p>Une Montr\u00e9alaise, longtemps conseill\u00e8re aupr\u00e8s des canc\u00e9reux incurables avant de d\u00e9couvrir qu&rsquo;elle souffrait elle-m\u00eame de ce mal, remarque que l&rsquo;antique attitude de r\u00e9pugnance envers la mort se retrouve m\u00eame chez ses coll\u00e8gues, pourtant habitu\u00e9es \u00e0 fr\u00e9quenter les mourants. \u00ab\u00a0Pour plusieurs, \u00e9crit-elle, mon r\u00f4le changeait\u00a0; une coll\u00e8gue \u00e9tait maintenant une patiente, et parfois je discernais un certain embarras. Cela s&rsquo;est produit graduellement, \u00e0 mesure que ma maladie se propageait et que l&rsquo;on r\u00e9alisait qu&rsquo;il convenait de me consid\u00e9rer comme \u00ab\u00a0mourante\u00a0\u00bb. Et, comme le \u00ab\u00a0cancer\u00a0\u00bb, cette \u00e9tiquette de \u00ab\u00a0mourant\u00a0\u00bb, suscite une vive r\u00e9action, m\u00eame au sein d&rsquo;une \u00e9quipe soignante de professionnelles. On a l&rsquo;impression d&rsquo;\u00eatre mise de c\u00f4t\u00e9.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Les t\u00e9moignages de ce genre &#8211; par des personnes sachant ce que c&rsquo;est de mourir &#8211; ont largement contribu\u00e9 depuis peu \u00e0 \u00e9largir les horizons du public concernant la mort. M\u00eame si l&rsquo;on montre encore quelque r\u00e9pugnance \u00e0 aborder le sujet en toute franchise, la mort est en train de percer le mur de silence g\u00eanant qui l&rsquo;a dissimul\u00e9e pendant si longtemps.<\/p>\n<p>Il est g\u00e9n\u00e9ralement admis maintenant que plus la soci\u00e9t\u00e9 regardera la mort avec franchise, mieux nous comprendrons les besoins \u00e9motifs des mourants et de leurs familles. Le psychiatre Elisabeth K\u00fcbler-Ross a \u00e9t\u00e9 l&rsquo;une des premi\u00e8res \u00e0 promouvoir cette compr\u00e9hension. En 1966, elle a interrog\u00e9, \u00e0 Chicago, plus de 200 patients incurables, qui ont exprim\u00e9 en toute libert\u00e9 ce qu&rsquo;ils ressentaient au seuil de la mort.<\/p>\n<p>Parmi les malades interrog\u00e9s, le Dr K\u00fcbler-Ross a constat\u00e9 que peu avaient \u00e9t\u00e9 avertis qu&rsquo;ils allaient bient\u00f4t mourir et que la moiti\u00e9 environ n&rsquo;\u00e9taient pas au courant de la gravit\u00e9 de leur cas. Elle conclut que c&rsquo;est une grosse erreur de laisser les gens dans l&rsquo;ignorance de leur \u00e9tat. Cela les prive de la possibilit\u00e9 de mobiliser leur force morale.<\/p>\n<p>Cette force est, semble-t-il, souvent sous-estim\u00e9e. J&rsquo;ai vu, dit le Dr K\u00fcbler-Ross, des personnes jug\u00e9es faibles et l\u00e2ches durant leur vie r\u00e9ussir admirablement leur fin. Elles se sont montr\u00e9es fortes, dignes et paisiblement r\u00e9sign\u00e9es devant la mort, plus fi\u00e8res et r\u00e9sign\u00e9es qu&rsquo;elles ne l&rsquo;avaient jamais \u00e9t\u00e9 de leur vivant.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>La r\u00e9signation ou l&rsquo;acceptation est la derni\u00e8re des cinq attitudes successives devant la mort que distingue le Dr K\u00fcbler Ross. Celles-ci sont grosso modo le refus (\u00ab\u00a0non, pas moi\u00a0\u00bb), la col\u00e8re (\u00ab\u00a0pourquoi moi\u00a0?\u00a0\u00bb), le marchandage (\u00ab\u00a0donnez-moi encore un an\u00a0\u00bb), l&rsquo;abattement (\u00ab\u00a0oui, c&rsquo;est moi\u00a0\u00bb) et l&rsquo;acceptation (\u00ab\u00a0oui, me voici, je suis pr\u00eat\u00a0\u00bb).<\/p>\n<p>\u00c0 ces sentiments se m\u00ealent des espoirs sujets \u00e0 changer. Chez le mourant, l&rsquo;espoir ne meurt pas\u00a0; il varie avec le temps. Ainsi, le malade \u00e0 l&rsquo;article de la mort passera de l&rsquo;espoir de gu\u00e9rir \u00e0 l&rsquo;espoir d&rsquo;une d\u00e9livrance paisible et sans douleur. L&rsquo;espoir tend aussi \u00e0 se porter du sujet sur les autres. Souvent le malade rend son dernier soupir avec de grands espoirs que ses enfants ou ses petits-enfants r\u00e9ussiront dans la vie.<\/p>\n<h3>Plus nous en parlerons, plus vite les mythes dispara\u00eetront<\/h3>\n<p>La connaissance du processus psychologique de la mort se retrouve \u00e0 la base de la philosophie du mouvement des hospices, cr\u00e9\u00e9 en Grande-Bretagne. Il consiste \u00e0 encourager les malades incurables des hospices \u00e0 demeurer au foyer et \u00e0 mener une vie aussi normale que possible tant qu&rsquo;ils le peuvent. \u00c0 domicile comme \u00e0 l&rsquo;hospice, on administre des m\u00e9dicaments aux patients pour leur permettre de garder \u00ab\u00a0un pas d&rsquo;avance sur la douleur\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Le Service des soins palliatifs de l&rsquo;h\u00f4pital Royal Victoria, \u00e0 Montr\u00e9al, applique les principes des hospices en milieu hospitalier. Ses m\u00e9thodes ont \u00e9t\u00e9 largement adopt\u00e9es au Canada et aux \u00c9tats-Unis. S&rsquo;il s\u00e9pare les moribonds des autres patients dans l&rsquo;h\u00f4pital, le Service ne les isole pas de leurs familles, qui sont libres de rester \u00e0 leur chevet le jour ou la nuit. Les animaux familiers y sont admis. Ce centre offre aussi des soins \u00e0 domicile et de l&rsquo;assistance apr\u00e8s le deuil. Des b\u00e9n\u00e9voles aident \u00e0 r\u00e9conforter les mourants, ce qui fait des soins palliatifs un service communautaire.<\/p>\n<p>Les programmes de ce genre, con\u00e7us pour aider les gens \u00e0 affronter la mort avec un minimum de crainte et de souffrances, battent en br\u00e8che certaines attitudes traditionnelles de la profession m\u00e9dicale. Les m\u00e9decins ont pour devoir de conserver la vie. Avec les m\u00e9dicaments et les techniques perfectionn\u00e9s \u00e0 leur disposition aujourd&rsquo;hui, ils peuvent maintenir les malades en vie plus longtemps que jamais auparavant.<\/p>\n<p>Combien longtemps convient-il de prolonger la vie\u00a0? C&rsquo;est actuellement une question controvers\u00e9e. On a pr\u00e9tendu que le m\u00e9decin devait suspendre ou arr\u00eater le traitement dans les cas o\u00f9 il n&rsquo;y a aucun espoir de gu\u00e9rison. Certains ont pris sur eux d&rsquo;imposer les modalit\u00e9s de leur mort par des \u00ab\u00a0testaments applicables de leur vivant\u00a0\u00bb, o\u00f9 ils ordonnent aux m\u00e9decins de ne pas les traiter si le traitement ne sert qu&rsquo;\u00e0 prolonger leur agonie. Ces testaments sont reconnus par les lois sur le \u00ab\u00a0droit \u00e0 la mort\u00a0\u00bb adopt\u00e9es dans divers \u00c9tats am\u00e9ricains.<\/p>\n<p>Selon le Dr Arnold Relman, r\u00e9dacteur du <em>New England Medical Journal<\/em>, les lois sur le droit \u00e0 la mort \u00e9voquent in\u00e9vitablement le spectre de l&rsquo;euthanasie. Ces lois, en effet, favorisent g\u00e9n\u00e9ralement l&rsquo;euthanasie passive, qui consiste \u00e0 laisser les gens mourir librement. Ses d\u00e9tracteurs soutiennent que de l\u00e0 \u00e0 l&rsquo;euthanasie active &#8211; la mort par compassion &#8211; il n&rsquo;y a qu&rsquo;un pas. Passive ou active, l&rsquo;euthanasie soul\u00e8ve la m\u00eame question que la peine capitale\u00a0: Et s&rsquo;il y a erreur\u00a0?<\/p>\n<p>La question de l&rsquo;euthanasie fera l&rsquo;objet de plus amples discussions \u00e0 mesure que le public accordera plus d&rsquo;attention \u00e0 la mort et au d\u00e9c\u00e8s. Maintenant que les gens se sentent plus libres qu&rsquo;auparavant de parler de la mort, il est possible d&rsquo;en \u00e9tudier plus utilement les aspects pratiques, m\u00e9dicaux et moraux.<\/p>\n<p>Plus on en parlera, plus t\u00f4t dispara\u00eetront les mythes vainement terrifiants et les id\u00e9es fausses qui obscurcissent ce dernier acte de la vie. Il ne peut \u00eatre que salutaire pour la soci\u00e9t\u00e9 tout enti\u00e8re de ventiler la question, ne serait-ce que pour inculquer aux gens une conscience accrue de leur incessante vuln\u00e9rabilit\u00e9 et les encourager \u00e0 agir en cons\u00e9quence. La terre serait un monde meilleur si les humains en venaient \u00e0 vivre comme s&rsquo;ils \u00e9taient sur le point de mourir.<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"author":86,"featured_media":0,"template":"","categories":[1],"rbc_letter_theme":[],"rbc_letter_year":[63],"class_list":["post-2288","rbc_letter","type-rbc_letter","status-publish","hentry","category-uncategorized","rbc_letter_year-63"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO Premium plugin v27.2 (Yoast SEO v27.2) - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-premium-wordpress\/ -->\n<title>Vol 63, N\u00b0 3 - Mai\/Juin 1982 - Regarder la mort en face - RBC<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-63-n-3-mai-juin-1982-regarder-la-mort-en-face\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Vol 63, N\u00b0 3 - Mai\/Juin 1982 - Regarder la mort en face\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Personne ne peut \u00e9chapper \u00e0 la mort, et pourtant on n&rsquo;en parle encore qu&rsquo;\u00e0 voix basse. 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