{"id":2287,"date":"1981-05-01T00:00:00","date_gmt":"1981-05-01T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-62-n-3-mai-juin-1981-le-citoyen-handicape\/"},"modified":"2022-10-17T20:25:26","modified_gmt":"2022-10-17T20:25:26","slug":"vol-62-n-3-mai-juin-1981-le-citoyen-handicape","status":"publish","type":"rbc_letter","link":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-62-n-3-mai-juin-1981-le-citoyen-handicape\/","title":{"rendered":"Vol. 62, N\u00b0 3 &#8211; Mai\/Juin 1981 &#8211; Le citoyen handicap\u00e9"},"content":{"rendered":"<div id=\"layout-column-main\">\n<p class=\"boldtext\">Depuis trop longtemps, une forte proportion de notre population se voit priv\u00e9e de sa pleine participation \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9. En cette Ann\u00e9e internationale des Nations Unies pour les personnes handicap\u00e9es, un changement s&rsquo;impose&#8230;<\/p>\n<p>Les chiffres sont renversants. Plus de 500 millions de personnes dans le monde sont des handicap\u00e9s physiques ou mentaux, ou les deux \u00e0 la fois, soit pr\u00e8s d&rsquo;un \u00eatre humain sur neuf. Au Canada, la proportion est d&rsquo;environ un sur dix, bien que la famine et la maladie y soient rarement la cause, comme dans les pays pauvres, de handicaps \u00e9vitables.<\/p>\n<p>En cette Ann\u00e9e internationale des personnes handicap\u00e9es, il importe certes que les gens sachent exactement combien d&rsquo;entre eux doivent traverser la vie afflig\u00e9s d&rsquo;un fardeau d\u00e9bilitant. Pourtant, si nous consid\u00e9rons le probl\u00e8me uniquement du point de vue quantitatif, nous courons le risque de trahir l&rsquo;objectif m\u00eame de cette vaste campagne des Nations Unies, c&rsquo;est-\u00e0-dire assurer aux handicap\u00e9s \u00ab\u00a0pleine participation et \u00e9galit\u00e9\u00a0\u00bb au sein de la soci\u00e9t\u00e9. Et c&rsquo;est l\u00e0, en derni\u00e8re analyse, une t\u00e2che que seuls leurs concitoyens valides peuvent accomplir.<\/p>\n<p>De nos jours, nous ne demandons pas mieux, pour la plupart, que de laisser les pouvoirs publics ou les grands organismes s&rsquo;occuper des probl\u00e8mes universels. Ainsi, les Nations Unies et leurs \u00c9tats membres s&rsquo;engagent, cette ann\u00e9e, dans des actions nouvelles et \u00e9nergiques en vue d&rsquo;am\u00e9liorer la formation, l&rsquo;orientation, la r\u00e9\u00e9ducation, la recherche et la pr\u00e9vention dans le domaine de l&rsquo;invalidit\u00e9. Mais, comme le signale une publication du gouvernement ontarien, \u00ab\u00a0le succ\u00e8s de l&rsquo;ann\u00e9e 1981 d\u00e9pend en r\u00e9alit\u00e9 de ce qui se fera au niveau local. En d\u00e9finitive, la vie des infirmes ne peut devenir plus satisfaisante et plus productive que si les individus font quelque chose.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>La premi\u00e8re chose \u00e0 faire pour chacun de nous est simplement de revoir notre attitude envers les handicap\u00e9s physiques et mentaux. L&rsquo;attitude du public est la somme des attitudes individuelles, et les handicap\u00e9s attestent que l&rsquo;attitude actuelle du public n&rsquo;est rien moins qu&rsquo;utile \u00e0 leur cause.<\/p>\n<p>Elle t\u00e9moigne, disent-ils, d&rsquo;une \u00ab\u00a0position de barrage\u00a0\u00bb qui les emp\u00eache de participer \u00e0 la vie sociale et de travail de leur collectivit\u00e9. Cette barri\u00e8re a ses racines profondes dans l&rsquo;habitude qu&rsquo;ont les personnes bien portantes de regarder les handicap\u00e9s comme une esp\u00e8ce \u00e0 part.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Il n&rsquo;y a que dans les statistiques que les gens sont handicap\u00e9s par millions, dit le directeur de l&rsquo;Association internationale pour la pr\u00e9vention de la c\u00e9cit\u00e9. Dans la vie, chacun d&rsquo;eux est handicap\u00e9 individuellement, dans son \u00eatre propre.\u00a0\u00bb Parce qu&rsquo;il les consid\u00e8re comme groupe monolithique, le public est peu enclin \u00e0 reconna\u00eetre la personnalit\u00e9 de chaque handicap\u00e9, homme, femme ou enfant.<\/p>\n<p>On tend plut\u00f4t \u00e0 leur attribuer une s\u00e9rie-type de caract\u00e9ristiques imaginaires. Entre autres, qu&rsquo;il leur est impossible de se prendre en charge\u00a0; qu&rsquo;ils ne peuvent occuper un emploi\u00a0; qu&rsquo;ils pr\u00e9f\u00e8rent rester entre eux\u00a0; qu&rsquo;ils sont incapables de relations personnelles normales\u00a0; qu&rsquo;ils ont besoin de charit\u00e9 pour se tirer d&rsquo;affaire.<\/p>\n<p>Cette habitude de les cat\u00e9goriser et de les st\u00e9r\u00e9otyper n&rsquo;\u00e9pargne pas toujours ceux qui ont leurs int\u00e9r\u00eats \u00e0 coeur. Selon un jeune Canadien atteint de paralysie c\u00e9r\u00e9brale, Rodney Carpenter, parents et enseignants sont port\u00e9s, subconsciemment et parfois consciemment, \u00e0 traiter les handicap\u00e9s, quel que soit leur \u00e2ge, en tant que groupe dont tous les membres ont les m\u00eames besoins et les m\u00eames d\u00e9sirs.<\/p>\n<p>Aussi les aspirations qu&rsquo;on leur assigne sont-elles habituellement fort au-dessous de ce qu&rsquo;on attend d&rsquo;une personne ordinaire. En paroles comme en actes, on leur fait bien sentir qu&rsquo;il y a des choses qu&rsquo;ils ne pourront jamais faire \u00e0 cause de leur handicap.<\/p>\n<p>Il est compr\u00e9hensible que les proches des jeunes handicap\u00e9s veuillent jouer le r\u00f4le de protecteurs. Le monde est cruel pour l&rsquo;infirme et le faible. On se sent naturellement pouss\u00e9 \u00e0 les m\u00e9nager. Si leurs aspirations sont modestes, ils ont moins de chances d&rsquo;\u00eatre d\u00e9\u00e7us et bless\u00e9s.<\/p>\n<p>Bien qu&rsquo;un certain degr\u00e9 de protection contre les tr\u00e9buchements et les coups durs puisse s&rsquo;av\u00e9rer n\u00e9cessaire, la surprotection reste \u00e0 craindre. Celui qui est trop abrit\u00e9 contre la soci\u00e9t\u00e9 peut en acqu\u00e9rir une crainte exag\u00e9r\u00e9e et se replier dans une existence prot\u00e9g\u00e9e et in\u00e9panouie en ne s&rsquo;associant qu&rsquo;avec ses pareils.<\/p>\n<p>Fait assez regrettable, cette situation correspond opportun\u00e9ment aux priorit\u00e9s de la soci\u00e9t\u00e9. Les gens se sentent plus \u00e0 l&rsquo;aise lorsque les handicap\u00e9s sont loin des yeux et loin du coeur.<\/p>\n<p>Dans certains pays, leur isolement donne lieu \u00e0 des conditions pitoyables. \u00ab\u00a0Nos attitudes n\u00e9gatives envers les personnes diminu\u00e9es, disent les <em>Nouvelles de l&rsquo;UNICEF<\/em>, qui nous am\u00e8nent \u00e0 soustraire certains enfants \u00e0 la vue, \u00e0 les enfermer \u00e0 la noirceur, o\u00f9 ils sont priv\u00e9s d&rsquo;encouragement et de contacts sociaux normaux, ostracis\u00e9s, constituent des tares autrement graves que les infirmit\u00e9s elles-m\u00eames.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Dans les pays occidentaux, les choses sont plus structur\u00e9es, mais \u00e0 peine moins inhumaines. Comme le dit le ministre aux Handicap\u00e9s de Grande-Bretagne, Alf Morris\u00a0: \u00ab\u00a0Nous avons construit des prisons \u00e0 la p\u00e9riph\u00e9rie des villes pour les personnes qui ne satisfont pas aux normes.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>\u00c0 diverses \u00e9poques de l&rsquo;histoire, on a consid\u00e9r\u00e9 les handicap\u00e9s, tant\u00f4t comme des fl\u00e9aux sociaux (t\u00e9moin le bossu Quasimodo dans <em>Notre-Dame de Paris<\/em>, de Victor Hugo), tant\u00f4t comme bons seulement \u00e0 mendier, tant\u00f4t comme des malades permanents m\u00eame s&rsquo;ils \u00e9taient en parfaite sant\u00e9, en dehors de leur infirmit\u00e9. Nombre de personnes handicap\u00e9es en sant\u00e9, au Canada, sont encore aujourd&rsquo;hui renferm\u00e9es dans des h\u00f4pitaux ou des maisons d&rsquo;h\u00e9bergement. Quant aux handicap\u00e9s mentaux, on les met non seulement dans des \u00e9tablissements, mais dans les ailes des h\u00f4pitaux psychiatriques parce que, dit-on, c&rsquo;est le seul endroit o\u00f9 les placer.<\/p>\n<h3>\u00ab\u00a0Si vous n&rsquo;\u00eates pas comme les autres, allez au diable\u00a0\u00bb<\/h3>\n<p>La majorit\u00e9 des handicap\u00e9s canadiens sont moins \u00e9troitement isol\u00e9s\u00a0; pr\u00e8s de 90 p. 100 d&rsquo;entre eux vivent au sein de leur collectivit\u00e9. Mais m\u00eame s&rsquo;ils sont dans leurs foyers, dans des \u00e9coles ou dans des ateliers prot\u00e9g\u00e9s, beaucoup trop demeurent coup\u00e9s de la population valide. Quelque nombreuses que soient les admirables exceptions, l&rsquo;impression g\u00e9n\u00e9rale est que les handicap\u00e9s restent cach\u00e9s. Leur absence du circuit social permet \u00e0 la majorit\u00e9 de les oublier, eux et leurs droits.<\/p>\n<p>Les handicap\u00e9s sont aussi victimes de discrimination. Un article de revue de date r\u00e9cente, par exemple, citait le cas d&rsquo;une femme atteinte de scl\u00e9rose multiple qui s&rsquo;\u00e9tait entendu r\u00e9pondre \u00ab\u00a0complet\u00a0\u00bb dans une s\u00e9rie d&rsquo;immeubles locatifs, alors que l&rsquo;on affichait encore \u00ab\u00a0\u00e0 louer\u00a0\u00bb. Au Canada, toute distinction de race, de sexe, de religion, d&rsquo;origine nationale ou de couleur est ill\u00e9gale. Mais jusqu&rsquo;\u00e0 derni\u00e8rement, dans la plupart des provinces, aucune protection de ce genre n&rsquo;\u00e9tait pr\u00e9vue pour les handicap\u00e9s.<\/p>\n<p>La situation change actuellement, gr\u00e2ce en partie \u00e0 l&rsquo;attention qu&rsquo;a concentr\u00e9e l&rsquo;Ann\u00e9e internationale sur les probl\u00e8mes des handicap\u00e9s. On reconna\u00eet maintenant que cette cat\u00e9gorie exceptionnelle de citoyens exige des droits exceptionnels. Mais m\u00eame si ces droits viennent \u00e0 \u00eatre consacr\u00e9s par la loi, les handicap\u00e9s auront fait peu de chemin si le public ne veut pas en observer l&rsquo;esprit. Il appartiendra \u00e0 l&rsquo;\u00e9l\u00e9ment valide de la collectivit\u00e9 de faire en sorte que les handicap\u00e9s b\u00e9n\u00e9ficient des droits qui leur sont dus.<\/p>\n<p>Il n&rsquo;y a pas \u00e0 le nier, au point o\u00f9 en sont les choses, les handicap\u00e9s sont des citoyens de second ordre. La preuve du peu de valeur que le reste de la soci\u00e9t\u00e9 leur reconna\u00eet se voit partout. L&rsquo;entr\u00e9e de beaucoup d&rsquo;immeubles et de v\u00e9hicules de transport en commun leur est interdite par des escalateurs et des portes inaccessibles aux fauteuils roulants. Et combien d&rsquo;autres services ne tiennent nullement compte de leur \u00e9tat particulier. Cela revient presque \u00e0 leur dire\u00a0: \u00ab\u00a0Si vous n&rsquo;\u00eates pas comme les autres, allez au diable.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Leur condition de citoyens de second ordre joue aussi contre eux quand il s&rsquo;agit de trouver un emploi. Environ 2.8 p. 100 de la population active de notre pays se compose de handicap\u00e9s qui sont class\u00e9s officiellement comme employables, alors que le nombre r\u00e9el des handicap\u00e9s employables est probablement sup\u00e9rieur, \u00e9tant donn\u00e9 que beaucoup, ayant d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9 de trouver du travail, ne sont pas inscrits \u00e0 la main-d&rsquo;oeuvre. Parmi ceux qui le sont, 50 p. 100 sont sans emploi, y compris 80 p. 100 des aveugles employables et 90 p. 100 des parapl\u00e9giques employables. La seule explication \u00e0 ces statistiques, c&rsquo;est que les employeurs estiment que les personnes handicap\u00e9es sont des travailleurs m\u00e9diocres et peu s\u00fbrs.<\/p>\n<p>Une \u00e9tude, faite en 1975 par la Chambre de commerce du Canada, arrive \u00e0 la conclusion contraire. Selon celle-ci, 85 p. 100 de ceux qui emploient des handicap\u00e9s physiques affirment que leurs cotes de rendement, de pr\u00e9sence, de s\u00e9curit\u00e9 et de rotation sont les m\u00eames ou meilleures que celles des autres. La qualit\u00e9 de leur travail est au moins \u00e9gale \u00e0 la moyenne. Le contraste entre ces constatations et le chiffre des sans-travail montre qu&rsquo;il existe une pr\u00e9vention contre les handicap\u00e9s \u00e0 la recherche d&#8217;emplois.<\/p>\n<h3>R\u00e9examiner la question de savoir o\u00f9 est la vraie inf\u00e9riorit\u00e9<\/h3>\n<p>Le parti pris contre les handicap\u00e9s en g\u00e9n\u00e9ral est plut\u00f4t criant. S&rsquo;il n&rsquo;est pas conscient, il n&rsquo;est pas du tout difficile \u00e0 voir. Il se manifeste sous les formes que prend infailliblement la pr\u00e9vention contre un groupe quelconque\u00a0: refus de les fr\u00e9quenter, propos injurieux \u00e0 leur endroit (surtout en leur absence), plaisanteries inconsid\u00e9r\u00e9es sur leur compte, tendance \u00e0 les regarder comme une classe inf\u00e9rieure.<\/p>\n<p>Selon le r\u00e9dacteur de <em>Saturday Night<\/em>, nos sentiments envers les handicap\u00e9s n&rsquo;ont pas progress\u00e9 tellement par rapport aux nombreuses g\u00e9n\u00e9rations de nos anc\u00eatres pour qui un handicap comme la c\u00e9cit\u00e9 ou la d\u00e9bilit\u00e9 mentale \u00e9tait une punition de Dieu. \u00ab\u00a0Les aveugles, les infirmes, les difformes, dit-il, nous d\u00e9rangent \u00e9motionnellement. Ils nous consternent et nous effraient, et la plupart des gens font tout pour s&rsquo;en \u00e9carter.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Les handicap\u00e9s s&rsquo;accoutument p\u00e9niblement aux sympt\u00f4mes de cette disposition d&rsquo;esprit, \u00e0 ce m\u00e9lange d&rsquo;\u00e9moi, d&#8217;embarras et de bienveillance compass\u00e9e que manifestent les autres en leur pr\u00e9sence. C&rsquo;est ce que le remarquable auteur et critique am\u00e9ricain Wilfrid Sheed, victime de la polio, appelle \u00ab\u00a0une dr\u00f4le de mani\u00e8re d&rsquo;agir\u00a0\u00bb. \u00ab\u00a0On en vient \u00e0 s&rsquo;habituer aux pires infirmit\u00e9s. On ne s&rsquo;habitue pas \u00e0 \u00eatre trait\u00e9 d&rsquo;une dr\u00f4le de mani\u00e8re. Les infirmes ne passent pas leurs journ\u00e9es enti\u00e8res, comme on le croirait, \u00e0 penser qu&rsquo;ils sont infirmes. Il faut quelqu&rsquo;un pour le leur rappeler, un peu comme celui qui vous dit que vous avez une moustache, au cas o\u00f9 vous l&rsquo;auriez oubli\u00e9.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>La condescendance que subissent les handicap\u00e9s de la part des autres provient de la vague impression que s&rsquo;ils sont infirmes ils doivent forc\u00e9ment \u00eatre inf\u00e9rieurs. Helen Keller, \u00e9crivain et conf\u00e9renci\u00e8re r\u00e9put\u00e9e, aveugle et sourde, \u00e9voque en termes imag\u00e9s la question de savoir o\u00f9 se trouve la v\u00e9ritable inf\u00e9riorit\u00e9. R\u00e9volt\u00e9e par la v\u00e9nalit\u00e9 qu&rsquo;elle d\u00e9couvre chez les bien portants, elle \u00e9crit\u00a0: \u00ab\u00a0Ma nuit a \u00e9t\u00e9 illumin\u00e9e par la lumi\u00e8re de l&rsquo;intelligence, et voil\u00e0 que le monde ext\u00e9rieur, \u00e9clair\u00e9 par la lumi\u00e8re du jour, t\u00e2tonnait et tr\u00e9buchait dans les t\u00e9n\u00e8bres de la soci\u00e9t\u00e9.\u00a0\u00bb<\/p>\n<h3>Sans le succ\u00e8s, la vie ne compte pas<\/h3>\n<p>Toute la notion d&rsquo;inf\u00e9riorit\u00e9 et de sup\u00e9riorit\u00e9 est \u00e0 revoir dans tout effort sinc\u00e8re en vue de permettre aux handicap\u00e9s d&rsquo;acc\u00e9der \u00e0 la pleine participation et \u00e0 l&rsquo;\u00e9galit\u00e9. Il doit \u00eatre bien entendu que la sup\u00e9riorit\u00e9 corporelle ou intellectuelle ne conf\u00e8re \u00e0 qui que ce soit une sup\u00e9riorit\u00e9 morale sur un autre, et qu&rsquo;en fin de compte c&rsquo;est la sup\u00e9riorit\u00e9 morale &#8211; celle \u00e9manant de la bont\u00e9 d&rsquo;un homme ou d&rsquo;une femme &#8211; qui importe. Mais nous vivons dans une soci\u00e9t\u00e9 o\u00f9 la r\u00e9ussite mat\u00e9rielle est intimement et faussement li\u00e9e \u00e0 la sup\u00e9riorit\u00e9. Certes le succ\u00e8s sourit-il le plus souvent aux personnes bien dou\u00e9es mentalement et physiquement. Notre soci\u00e9t\u00e9 est concurrentielle\u00a0; il s&rsquo;agit de gagner, que ce soit dans les sports, les affaires ou les \u00e9tudes. Les perdants ne sont pas tr\u00e8s bien accueillis. Nous voulons des gens capables, des gens qui accomplissent quelque chose.<\/p>\n<p>Le succ\u00e8s nous pr\u00e9occupe tellement que les reportages concernant l&rsquo;Ann\u00e9e internationale des handicap\u00e9s ont consist\u00e9 le plus souvent en t\u00e9moignages de r\u00e9ussite. Sans amoindrir en rien le courage de ceux qui ont surmont\u00e9 leurs infirmit\u00e9s pour soutenir la concurrence des bien portants, on pourrait pr\u00e9senter un tableau plus valable au public en lui parlant de l&rsquo;immense multitude des handicap\u00e9s qui n&rsquo;ont jamais connu le succ\u00e8s, qui n&rsquo;y ont jamais touch\u00e9, parce qu&rsquo;ils n&rsquo;en ont jamais eu la chance.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Ce qui m&rsquo;ennuie le plus, c&rsquo;est l&rsquo;attitude de tous ceux qui pensent que la vie n&rsquo;est rien si l&rsquo;on n&rsquo;a pas un bon emploi, si l&rsquo;on n&rsquo;est pas mari\u00e9 et si l&rsquo;on n&rsquo;a pas un physique agr\u00e9able, dit Joni Eareckson, parapl\u00e9gique depuis l&rsquo;\u00e2ge de 18 ans. Il y a une d\u00e9pr\u00e9ciation de la valeur de la vie qui se trahit souvent dans la fa\u00e7on dont bien des gens traitent les handicap\u00e9s.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Joni Eareckson a r\u00e9ussi au sens courant du mot. \u00c2g\u00e9e de 31 ans, c&rsquo;est un auteur \u00e0 fort tirage et une conf\u00e9renci\u00e8re recherch\u00e9e. Elle est pr\u00eate \u00e0 tirer parti du syst\u00e8me de la primaut\u00e9 du succ\u00e8s en se servant de sa renomm\u00e9e pour attirer l&rsquo;attention sur la situation des handicap\u00e9s physiques. \u00ab\u00a0Des amis qui sont handicap\u00e9s comptent sur moi pour \u00eatre le trait d&rsquo;union entre eux et la population valide qui, en majeure partie, ne veut pas leur donner le bonjour\u00a0\u00bb, a-t-elle confi\u00e9 \u00e0 <em>Time <\/em>magazine.<\/p>\n<p>Le syndrome de la r\u00e9ussite p\u00e8se en particulier aux handicap\u00e9s mentaux, qui figurent parmi les sujets d&rsquo;\u00e9tude de l&rsquo;Ann\u00e9e des handicap\u00e9s, m\u00eame si on ne s&rsquo;en douterait gu\u00e8re \u00e0 voir ce que disent les m\u00e9dia. Il y a assur\u00e9ment peu \u00e0 \u00e9crire sur leurs succ\u00e8s. C&rsquo;est une minorit\u00e9 n\u00e9glig\u00e9e parmi une minorit\u00e9, qui est incapable de faire sentir sa pr\u00e9sence autrement que par des interm\u00e9diaires. Et pourtant ils ont les m\u00eames besoins fondamentaux que les handicap\u00e9s physiques ou n&rsquo;importe qui, c&rsquo;est-\u00e0-dire le droit et la possibilit\u00e9 de mener une vie digne et d\u00e9cente.<\/p>\n<p>Les sp\u00e9cialistes s&rsquo;accordent en g\u00e9n\u00e9ral \u00e0 dire que la solution \u00e0 la majorit\u00e9 des probl\u00e8mes des handicap\u00e9s physiques ou mentaux consiste \u00e0 les int\u00e9grer autant que c&rsquo;est possible dans la soci\u00e9t\u00e9. La question est de savoir si la population des bien portants est dispos\u00e9e \u00e0 les accepter. Le plus qu&rsquo;on puisse dire sur ce point, c&rsquo;est que le public se montre depuis quelque temps un peu plus accueillant pour les handicap\u00e9s par suite d&rsquo;une tendance g\u00e9n\u00e9rale \u00e0 mieux accepter les minorit\u00e9s de toutes sortes.<\/p>\n<h3>\u00ab\u00a0Gaspillage tragique de ressources humaines et de productivit\u00e9\u00a0\u00bb<\/h3>\n<p>Les besoins propres des handicap\u00e9s sont graduellement reconnus par les gouvernements et les mass-m\u00e9dia, et des organismes d&rsquo;avant-garde, comme La Banque Royale du Canada, s&rsquo;efforcent d&rsquo;y pourvoir. Dans l&rsquo;allocution qu&rsquo;il a prononc\u00e9e lors de la derni\u00e8re assembl\u00e9e annuelle de la Banque, M. Rowland Frazee, pr\u00e9sident du conseil et chef de la direction, a annonc\u00e9 la mise en place d&rsquo;un programme en trois volets concernant l&rsquo;Ann\u00e9e internationale des handicap\u00e9s. Ce programme consistera \u00e0 commanditer un documentaire destin\u00e9 \u00e0 sensibiliser le public au potentiel que repr\u00e9sentent les handicap\u00e9s, \u00e0 leur faciliter davantage l&rsquo;acc\u00e8s aux succursales et aux bureaux de la Banque et \u00e0 am\u00e9liorer encore les conditions d&#8217;embauche applicables aux handicap\u00e9s. \u00ab\u00a0Vous conviendrez tous que le fait que d&rsquo;inutiles barri\u00e8res mat\u00e9rielles et psychologiques emp\u00eachent les handicap\u00e9s d&rsquo;apporter leur pleine contribution \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 constitue un gaspillage tragique de ressources humaines et de productivit\u00e9\u00a0\u00bb, a dit M. Frazee.<\/p>\n<p>Personne ne saura jamais de combien d&rsquo;\u00e9nergie, de talents et d&rsquo;ing\u00e9niosit\u00e9 nous avons priv\u00e9 notre \u00e9conomie en n\u00e9gligeant de profiter de ce que les handicap\u00e9s ont \u00e0 offrir. Mais au-del\u00e0 des consid\u00e9rations pratiques se pose ici une question de justice sociale, dans une soci\u00e9t\u00e9 qui se glorifie de ses id\u00e9aux humanitaires. Dans sa duret\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard des handicap\u00e9s, la majorit\u00e9 bien portante, dont nous sommes, a dress\u00e9 des obstacles artificiels \u00e0 leur poursuite du bonheur. C&rsquo;est donc \u00e0 nous &#8211; et non \u00e0 eux &#8211; qu&rsquo;il incombe maintenant de les abattre.<\/p>\n<p>Jusqu&rsquo;ici dans l&rsquo;histoire, il a toujours paru logique que les handicap\u00e9s s&rsquo;adaptent \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9. Le moment est venu pour la soci\u00e9t\u00e9 de commencer \u00e0 s&rsquo;adapter \u00e0 eux. Cela ne s&rsquo;accomplira pas sans un r\u00e9examen en profondeur de nos valeurs sociales. Ce sera l\u00e0 le test de l&rsquo;ampleur de notre g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9, de notre bont\u00e9 et de notre ouverture d&rsquo;esprit.<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"author":86,"featured_media":0,"template":"","categories":[1],"rbc_letter_theme":[],"rbc_letter_year":[62],"class_list":["post-2287","rbc_letter","type-rbc_letter","status-publish","hentry","category-uncategorized","rbc_letter_year-62"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO Premium plugin v27.2 (Yoast SEO v27.2) - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-premium-wordpress\/ -->\n<title>Vol. 62, N\u00b0 3 - Mai\/Juin 1981 - Le citoyen handicap\u00e9 - RBC<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-62-n-3-mai-juin-1981-le-citoyen-handicape\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Vol. 62, N\u00b0 3 - Mai\/Juin 1981 - Le citoyen handicap\u00e9\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Depuis trop longtemps, une forte proportion de notre population se voit priv\u00e9e de sa pleine participation \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9. 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