{"id":2269,"date":"1963-05-01T00:00:00","date_gmt":"1963-05-01T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-44-n-5-mai-1963-le-choix-des-mots\/"},"modified":"2022-10-17T19:27:48","modified_gmt":"2022-10-17T19:27:48","slug":"vol-44-n-5-mai-1963-le-choix-des-mots","status":"publish","type":"rbc_letter","link":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-44-n-5-mai-1963-le-choix-des-mots\/","title":{"rendered":"Vol. 44, N\u00b0 5 &#8211; Mai 1963 &#8211; Le choix des mots"},"content":{"rendered":"<div id=\"layout-column-main\">\n<p class=\"boldtext\">On aura beau dire que les mots sont des                     instruments fragiles, \u00e9mouss\u00e9s par l&rsquo;usage et                     souvent r\u00e9calcitrants, ils n&rsquo;en constituent pas moins                     notre seul moyen d&rsquo;exprimer notre pens\u00e9e et de nous                     faire comprendre. <\/p>\n<p> Ils se sont \u00e9labor\u00e9s avec lenteur au cours                     des \u00e2ges, et l&#8217;emploi souvent fautif que nous en faisons                     en notre si\u00e8cle de vitesse supersonique est loin d&rsquo;\u00eatre                     \u00e9tranger \u00e0 notre d\u00e9sarroi personnel et                     au d\u00e9sordre qui s\u00e9vit dans les affaires humaines.                     Examiner la question du choix des mots, ce n&rsquo;est donc pas                     ressasser un sujet oiseux et p\u00e9dantesque, mais aborder                     un aspect essentiel de nos rapports d&rsquo;\u00eatres raisonnables                     avec le monde qui nous entoure. <\/p>\n<p> Beaucoup de lettres commerciales sont lamentablement \u00e9cul\u00e9es.                     Les unes disent des choses inutiles, sous une forme qui d\u00e9note                     la plus grande indiff\u00e9rence de la part de celui qui                     \u00e9crit. D&rsquo;autres ont une tenue ext\u00e9rieure fort                     acceptable, car elles sont dactylographi\u00e9es et dispos\u00e9es                     avec soin sur du papier de qualit\u00e9, mais elles demeurent                     aussi indigestes qu&rsquo;un g\u00e2teau de b\u00e9ton que l&rsquo;on                     aurait recouvert d&rsquo;une glace affriolante. <\/p>\n<p> Le choix des mots n&rsquo;a pas beaucoup d&rsquo;importance pour l&#8217;employ\u00e9                     qui se croit investi de la haute mission de noircir des pages                     \u00e0 la file. Pourtant, cet homme renonce ainsi \u00e0                     un bien tr\u00e8s estimable. Il se prive du plaisir de communiquer                     ses id\u00e9es et ses \u00e9motions, de capter l&rsquo;attention                     des gens, de les amener \u00e0 faire ce qu&rsquo;il d\u00e9sire.                   <\/p>\n<p> Ce qui fait la beaut\u00e9 d&rsquo;une langue aussi riche que                     le fran\u00e7ais ou l&rsquo;anglais, c&rsquo;est la possibilit\u00e9                     d&rsquo;en combiner les mots de mani\u00e8re \u00e0 dire la                     m\u00eame chose de plusieurs fa\u00e7ons diff\u00e9rentes.                     Il y a des mots lourds et denses comme l&rsquo;argile\u00a0; des                     mots \u00e9th\u00e9r\u00e9s, l\u00e9gers comme des                     bulles de savon\u00a0; des mots-projectiles, rapides, incisifs                     et explosifs. Mais ce qu&rsquo;il y a de plus \u00e9tonnant, c&rsquo;est                     que tous ont le myst\u00e9rieux pouvoir de transmettre avec                     des nuances infinies ce que nous voulons faire entendre \u00e0                     ceux qui nous lisent. <\/p>\n<p> Le langage n&rsquo;est pas n\u00e9 dans une grammaire\u00a0;                     il a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 parce que les hommes                     voulaient converser entre eux. Son \u00e9dification \u00e0                     travers les \u00e2ges est une grande aventure, \u00e0 laquelle                     nous pouvons encore participer. <\/p>\n<p> Pourquoi lisons-nous avec d\u00e9lice des lettres \u00e9crites                     il y a des centaines d&rsquo;ann\u00e9es\u00a0? Parce que leurs                     auteurs ont su tracer, avec leurs rudimentaires plumes d&rsquo;oie,                     des mots riches de sens et de sentiments. <\/p>\n<h3>Pensons au lecteur<\/h3>\n<p> Dans tout ce que nous \u00e9crivons &#8211; sauf les textes                     de circonstance que nous griffonnons pour le seul plaisir                     d&rsquo;aligner des phrases &#8211; il importe de songer \u00e0 l&rsquo;agr\u00e9ment,                     aux go\u00fbts et \u00e0 la capacit\u00e9 de comprendre                     du lecteur. C&rsquo;est sa personnalit\u00e9 plut\u00f4t que                     la n\u00f4tre qui nous dictera les mots \u00e0 employer,                     m\u00eame si notre caract\u00e8re, nos dispositions et                     notre dessein doivent forc\u00e9ment se refl\u00e9ter                     dans notre prose. Qu&rsquo;il s&rsquo;agisse de lettres de vente, de r\u00e9ponses                     aux r\u00e9clamations, de textes d&rsquo;accueil pour les nouveaux                     clients, m\u00eame de souhaits et de civilit\u00e9s, cette                     r\u00e8gle joue un r\u00f4le capital dans la communication                     efficace des id\u00e9es. <\/p>\n<p> Ainsi, on ne se servira pas des m\u00eames mots pour \u00e9crire                     une lettre dont le fond est exactement identique \u00e0                     deux personnes de situations et d&rsquo;activit\u00e9s tr\u00e8s                     diff\u00e9rentes. Malheureusement, cette v\u00e9rit\u00e9                     \u00e9l\u00e9mentaire se trouve souvent battue en br\u00e8che                     par notre passion des lettres-formules et le peu d&rsquo;exigence                     que l&rsquo;on montre \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de la correspondance                     commerciale. <\/p>\n<p> \u00c0 quoi servent les lettres si ce n&rsquo;est \u00e0 renseigner                     le lecteur. Avant l&rsquo;av\u00e8nement de la diligence et de                     la poste a\u00e9rienne, les nouvelles se transmettaient                     au moyen de signaux de fum\u00e9e sur notre continent. Mais                     lorsqu&rsquo;un Peau-Rouge \u00e9mettait un signal, c&rsquo;est lui                     et non pas le destinataire qui avait les yeux piqu\u00e9s                     par la fum\u00e9e. C&rsquo;est au point de d\u00e9part qu&rsquo;il                     faut faire un effort si nous voulons que notre message parvienne                     clair et net \u00e0 notre correspondant. <\/p>\n<p> Nous devons choisir nos mots de telle sorte que le lecteur                     comprenne sans perdre son temps \u00e0 s&rsquo;interroger. Et                     cela n&rsquo;est possible que si ces mots expriment les renseignements                     n\u00e9cessaires dans un vocabulaire adapt\u00e9 au lecteur,                     tout en lui laissant deviner quels sont nos sentiments \u00e0                     son \u00e9gard. <\/p>\n<p> Adressez-vous avant tout au destinataire\u00a0; c&rsquo;est lui                     qu&rsquo;il faut int\u00e9resser. Si vous parlez trop de vous-m\u00eame,                     de votre soci\u00e9t\u00e9 ou de votre produit, votre                     lettre finira par devenir un monologue. Cherchez plut\u00f4t                     \u00e0 engager le dialogue en amenant en quelque sorte votre                     lecteur, \u00e0 qui vous supposez de l&rsquo;intelligence et de                     l&rsquo;\u00e9ducation, \u00e0 prendre part \u00e0 la conversation.                     Surtout, ne commencez pas par lui r\u00e9p\u00e9ter ce                     qu&rsquo;il vous a dit dans sa derni\u00e8re lettre\u00a0: il                     le sait d\u00e9j\u00e0. Dites-lui tout de suite quelque                     chose de nouveau. <\/p>\n<p> Le choix des mots est en somme une question de savoir-vivre.                     C&rsquo;est \u00e0 la fois un devoir de biens\u00e9ance de la                     part de celui qui \u00e9crit et une marque d&rsquo;attention \u00e0                     laquelle le lecteur est en droit de s&rsquo;attendre. <\/p>\n<p> Quand un homme re\u00e7oit une lettre dont le texte s&rsquo;applique                     directement \u00e0 son cas, il en conclut tout de suite                     qu&rsquo;un autre \u00eatre humain, en chair et en os, s&rsquo;est donn\u00e9                     la peine de trouver des mots pour r\u00e9diger un message                     qui lui est sp\u00e9cialement destin\u00e9. <\/p>\n<p> Le temps et l&rsquo;effort consacr\u00e9s \u00e0 cette t\u00e2che                     se justifient-ils dans l&rsquo;horaire tr\u00e8s charg\u00e9                     du secr\u00e9taire ou de l&rsquo;homme d&rsquo;affaires\u00a0? Remarquez                     bien ceci, avant de r\u00e9pondre\u00a0: ce qui compte vraiment                     dans la vie d&rsquo;une lettre, ce sont les cinq minutes d\u00e9cisives                     o\u00f9 elle doit, seule et sans aide, lutter contre l&rsquo;affairement                     du lecteur et forcer l&rsquo;attention de celui \u00e0 qui elle                     s&rsquo;adresse. <\/p>\n<p> Le choix des mots est d&rsquo;une importance capitale dans ce                     duel entre la lettre et le lecteur. S&rsquo;il ne s&rsquo;en d\u00e9gage                     pas une impression d&rsquo;int\u00e9r\u00eat et d&rsquo;amiti\u00e9,                     de sinc\u00e9rit\u00e9 et de conviction de la part de                     l&rsquo;exp\u00e9diteur, le destinataire lui fera tout simplement                     prendre le chemin de la corbeille \u00e0 papier. <\/p>\n<h3>Ne soyez pas n\u00e9buleux<\/h3>\n<p> Personne ne peut r\u00e9diger avec succ\u00e8s une circulaire                     ou une note de service ni formuler des r\u00e8glements ou                     dicter une lettre sans avoir le sens de la propri\u00e9t\u00e9                     des termes. Il se peut que vous ne soyez pas enjou\u00e9                     par nature, mais vos textes ne doivent jamais \u00eatre froids                     et mornes si vous voulez r\u00e9ussir dans l&rsquo;important domaine                     de la r\u00e9daction commerciale ou administrative. <\/p>\n<p> Le mot propre est celui qui dit quelque chose, qui repr\u00e9sente                     la m\u00eame r\u00e9alit\u00e9 pour le lecteur et pour                     l&rsquo;auteur. Les mots employ\u00e9s dans un sens sp\u00e9cial                     n&rsquo;ont souvent aucun sens. On conna\u00eet l&rsquo;anecdote de l&rsquo;aviateur                     r\u00e9fugi\u00e9 sur un radeau, qui, se voyant menac\u00e9                     par les requins, crut bon de leur citer \u00e0 haute voix                     un guide des naufrag\u00e9s, o\u00f9 l&rsquo;on disait que les                     squales s&rsquo;attaquent rarement \u00e0 l&rsquo;homme. Mais comme                     il ne parlait pas la langue des requins, ses paroles parurent                     exciter leur fureur eu lieu de les apaiser. <\/p>\n<p> Il faut que les mots aient du sens. Le langage ne peut faire                     abstraction des id\u00e9es. Le milieu ambiant a aussi son                     importance &#8211; le milieu o\u00f9 vit le lecteur comme les                     circonstances qui entourent votre message &#8211; car il influe                     sur la signification des mots employ\u00e9s. <\/p>\n<p> L&rsquo;essentiel est d&rsquo;adapter ses mots aux id\u00e9es, et                     non pas ses id\u00e9es aux mots. Si vous voulez prendre                     des libert\u00e9s et employer des mots dans un sens autre                     que leur signification ordinaire, sachez au moins quelle est                     cette signification et quelles sont vos chances de faire comprendre                     votre trouvaille au lecteur. On ne gagne rien, sauf peut-\u00eatre                     une esp\u00e8ce de satisfaction pu\u00e9rile, \u00e0                     s&rsquo;exprimer en un style filandreux, ampoul\u00e9 et rebutant.                   <\/p>\n<p> Les mots doivent \u00eatre clairs. M\u00eame si votre                     interlocuteur n&rsquo;est pas de votre avis, \u00e9crivez de fa\u00e7on                     que l&rsquo;on n&rsquo;ait aucun doute sur vos paroles. Le fait de coucher                     sa pens\u00e9e dans les termes appropri\u00e9s, afin que                     le message soit clairement compris, contribue assur\u00e9ment                     \u00e0 la rendre plus r\u00e9aliste, plus plausible et                     plus croyable que si l&rsquo;on se contente de mots vagues et clinquants.                   <\/p>\n<p> S&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;un sujet obscur, ou encore si une erreur vous                     a particuli\u00e8rement irrit\u00e9 ou si vous traitez                     d&rsquo;un projet qui vous est tr\u00e8s cher, peut-\u00eatre                     importe-t-il encore davantage dans ce cas d&#8217;employer un langage                     non \u00e9quivoque. <\/p>\n<p> Les mots doivent \u00eatre pr\u00e9cis. Il faut en retrancher                     tout ce qui est superflu pour mieux manifester ce que nous                     voulons exprimer. Nous sommes parfois d\u00e9\u00e7us                     de ne pouvoir \u00e9tendre le sens d&rsquo;un mot afin de traduire                     exactement notre pens\u00e9e. Il ne suffit pas alors de                     froncer les sourcils\u00a0: il faut trouver un autre mot ou                     recourir \u00e0 une p\u00e9riphrase. <\/p>\n<p> Tous ceux qui sont charg\u00e9s de fonctions de direction                     savent combien les mots impr\u00e9cis sont aga\u00e7ants.                     L&rsquo;un des principes fondamentaux de la r\u00e9daction commerciale                     et technique est que l&rsquo;on ne peut y alt\u00e9rer le sens                     formel des termes. Le prix d&rsquo;un article est de tant de dollars,                     la pi\u00e8ce de rechange porte tel ou tel num\u00e9ro                     de s\u00e9rie, la tol\u00e9rance est de tant de milliers                     de millim\u00e8tres. Pour exprimer des r\u00e9alit\u00e9s                     de cette nature, la pr\u00e9cision est indispensable. Les                     g\u00e9n\u00e9ralit\u00e9s ne sont de mise que dans                     les circonstances qui s&rsquo;y pr\u00eatent. <\/p>\n<h3>Tenez le lecteur en \u00e9veil<\/h3>\n<p> Les mots doivent avoir de la vigueur. Il est inexcusable                     de r\u00e9diger une lettre o\u00f9 il n&rsquo;y a pas plus de                     vie que dans une \u00e9ponge imbib\u00e9e d&rsquo;eau, puis                     de la clore avec nonchalance par une salutation finale st\u00e9r\u00e9otyp\u00e9e.                     L&#8217;emploi \u00e0 bon escient de mots \u00e9nergiques, dans                     une lettre, communiquera votre enthousiasme au lecteur. Vos                     phrases vivantes et alertes tiendront son esprit en \u00e9veil.                   <\/p>\n<p> Les mots doivent aussi avoir de la force. Ne choisissez                     pas un mot en le jugeant sur sa mine. Il a un r\u00f4le \u00e0                     jouer\u00a0: choisissez-le parce qu&rsquo;il a du muscle. Les mots                     us\u00e9s, d\u00e9color\u00e9s, ne produisent aucun                     effet sur l&rsquo;esprit. <\/p>\n<p> R\u00e9servez les mots tr\u00e8s forts, comme urgent,                     crise, grave, essentiel, etc., pour les grandes circonstances.                     L&#8217;emploi \u00e0 contretemps des mots forts et longs les                     d\u00e9grade \u00e0 un tel point qu&rsquo;ils ne remplissent                     plus leur office. Dans un sujet l\u00e9ger, les mots massifs                     risquent d&rsquo;affleurer \u00e0 la surface comme les pierres                     dans une eau peu profonde. <\/p>\n<p> Les mots doivent \u00eatre simples. Ce n&rsquo;est pas \u00e0                     dire qu&rsquo;il faut se confiner dans le vocabulaire \u00e9l\u00e9mentaire.                     Ceux qui exigent de pouvoir tout comprendre sans r\u00e9fl\u00e9chir                     \u00e0 ce qu&rsquo;ils lisent ne peuvent gu\u00e8re s&rsquo;attendre                     \u00e0 d\u00e9passer de beaucoup le niveau des bandes                     illustr\u00e9es et des caricatures. <\/p>\n<p> Employer des mots simples, c&rsquo;est en somme exprimer sa pens\u00e9e                     avec le maximum de puret\u00e9, de clart\u00e9, de pr\u00e9cision                     et de bri\u00e8vet\u00e9. La fameuse expression de Churchill\u00a0:                     \u00ab\u00a0du sang, des sueurs et des larmes\u00a0\u00bb, n&rsquo;aurait                     certes pas \u00e9lectriser la nation, si l&rsquo;auteur avait                     mis \u00ab\u00a0transpiration\u00a0\u00bb, par exemple, au lieu de \u00ab\u00a0sueur\u00a0\u00bb.                   <\/p>\n<p> Enfin, les mots doivent avoir du rythme. Quand vous regardez                     un paysage ou une peinture, ou que vous \u00e9coutez un                     concert ou le gazouillis d&rsquo;un ruisseau, vous \u00e9prouvez                     une sensation de rythme. Il y a de l&rsquo;harmonie dans tout cela.                     Les mots aussi doivent avoir du rythme. <\/p>\n<p> Beaucoup de lettres et d&rsquo;autres \u00e9crits ne sont qu&rsquo;une                     longue suite de phrases de structure parfaitement identique.                     La trilogie sujet, verbe, compl\u00e9ment s&rsquo;y r\u00e9p\u00e8te                     avec une r\u00e9gularit\u00e9 qui a t\u00f4t fait de                     rebuter le mieux dispos\u00e9 des lecteurs. <\/p>\n<p> Le rythme n&rsquo;est pas la po\u00e9sie, mais le mouvement                     et la variation, de fa\u00e7on agr\u00e9able, des syllabes                     et des phrases. Il se discerne dans les oeuvres des bons auteurs                     d&rsquo;autrefois et d&rsquo;aujourd&rsquo;hui, qui demeurent notre meilleure                     \u00e9cole dans ce domaine. <\/p>\n<h3>Mots descriptifs et imag\u00e9s<\/h3>\n<p> Il y a trois grandes sources de couleur dans le langage,                     et toutes trois se fondent sur les mots\u00a0: ce sont l&rsquo;\u00e9clat,                     la vivacit\u00e9 et l&rsquo;agr\u00e9ment. La premi\u00e8re                     engendre la clart\u00e9, la seconde la vie, et la troisi\u00e8me                     l&rsquo;attrait du style. <\/p>\n<p> Les mots imag\u00e9s ne sont ni des mots savants ou compliqu\u00e9s,                     ni des mots lourds, ni des mots \u00e0 la mode, mais ceux                     qui expriment mieux que tous les autres ce que l&rsquo;auteur veut                     dire. Certains mots qui s&rsquo;adressent \u00e0 d&rsquo;autre sens                     qu&rsquo;\u00e0 la vue, poss\u00e8dent de ce fait plus de force                     et d&rsquo;expressivit\u00e9. Ainsi, la phrase \u00ab\u00a0il ferma                     la porte\u00a0\u00bb ne fait appel qu&rsquo;au sens de la vue, mais si                     vous dites \u00ab\u00a0il claqua la porte\u00a0\u00bb, l&rsquo;ou\u00efe entre                     aussi en jeu. De m\u00eame \u00ab\u00a0sangloter\u00a0\u00bb, qui \u00e9voque                     \u00e0 la fois un geste, un bruit et un mouvement, est beaucoup                     plus expressif que \u00ab\u00a0pleurer\u00a0\u00bb. <\/p>\n<p> On a pr\u00e9tendu que le dicton chinois \u00ab\u00a0une seule                     image vaut mieux que mille mots\u00a0\u00bb s&rsquo;explique du fait                     qu&rsquo;il est tr\u00e8s difficile d&rsquo;\u00e9crire autant de                     mots en caract\u00e8res chinois. Quoi qu&rsquo;il en soit, nos                     mots, qui s&rsquo;\u00e9crivent beaucoup plus facilement que le                     chinois, feront image s&rsquo;ils sont choisis et agenc\u00e9s                     de fa\u00e7on \u00e0 susciter dans l&rsquo;esprit du lecteur                     la sc\u00e8ne, l&rsquo;objet ou la personne dont il est question.                     Beaucoup de lettres commerciales auraient plus d&rsquo;efficacit\u00e9                     si leur auteur veillait \u00e0 ne pas parler de son produit,                     de son entreprise ou de ses services comme de choses qu&rsquo;il                     n&rsquo;aurait jamais vues ni examin\u00e9es, mais seulement regard\u00e9es                     dans un catalogue. <\/p>\n<p> Exprimez vos pens\u00e9es abstraites d&rsquo;une fa\u00e7on                     concr\u00e8te. Un texte est toujours plus facile \u00e0                     lire lorsque les id\u00e9es g\u00e9n\u00e9rales qu&rsquo;il                     renferme sont couch\u00e9es en termes qui d\u00e9signent                     quelque chose de r\u00e9el et positif. <\/p>\n<p> Dans l&rsquo;\u00c9criture sainte, Job ne dit pas qu&rsquo;il est                     d&rsquo;une maigreur extr\u00eame, mais que ses \u00ab\u00a0os se d\u00e9nudent                     comme des dents\u00a0\u00bb. Lorsque Salomon discourt sur la folie                     de l&rsquo;abus du repos et de la d\u00e9tente, il donne un tour                     concret \u00e0 ses conseils en faisant allusion aux bras                     qui se croisent pour dormir. Horace parle non pas de l&rsquo;amour,                     mais d&rsquo;une femme en particulier\u00a0; non pas de la vie aust\u00e8re                     de l&rsquo;Italie ancienne, mais des fils portant des fagots sous                     le regard s\u00e9v\u00e8re de leur m\u00e8re. Et il                     en est ainsi de tous les grands \u00e9crivains\u00a0: ils                     nous forcent en quelque sorte \u00e0 voir et \u00e0 toucher                     ce qu&rsquo;ils d\u00e9crivent par la richesse et le r\u00e9alisme                     des mots qu&rsquo;ils choisissent. <\/p>\n<h3>Servez-vous de votre imagination<\/h3>\n<p> On peut avec les mots former des m\u00e9taphores, c&rsquo;est-\u00e0-dire                     des figures de mots par lesquelles on transporte la signification                     propre d&rsquo;un terme \u00e0 une autre signification qui ne                     lui convient qu&rsquo;en vertu d&rsquo;une comparaison sous-entendue.                     La m\u00e9taphore s&#8217;emploie pour aider le lecteur \u00e0                     mieux saisir une id\u00e9e abstruse en lui en pr\u00e9sentant                     une image tir\u00e9e du monde sensoriel. C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;on                     dira m\u00e9taphoriquement\u00a0: mettre un frein \u00e0                     la fureur des flots\u00a0; la terre fr\u00e9mit de terreur\u00a0;                     les vagues fouettent la proue du navire. <\/p>\n<p> Gr\u00e2ce \u00e0 la m\u00e9taphore, les mots peuvent                     s&rsquo;adresser \u00e0 tous nos sens. Nulle figure mieux qu&rsquo;elle,                     en effet, ne permet de mettre l&rsquo;accent sur la couleur, la                     forme, le mouvement, l&rsquo;odeur, le son et la douceur ou la duret\u00e9                     des objets. <\/p>\n<p> Il ne faut cependant pas que la m\u00e9taphore soit trop                     \u00e9vidente, ni qu&rsquo;elle porte sur des absurdit\u00e9s.                     Tout le monde conna\u00eet ces phrases c\u00e9l\u00e8bres\u00a0:                     \u00ab\u00a0Le char de l&rsquo;\u00c9tat navigue sur un volcan\u00a0\u00bb\u00a0;                     \u00ab\u00a0Les jeunes z\u00e9phirs&#8230; ont fondu l&rsquo;\u00e9corce                     des eaux\u00a0\u00bb. Un char ne saurait naviguer, et quand une                     embarcation navigue, ce n&rsquo;est pas sur un volcan. Fondre se                     dit de la glace ou du m\u00e9tal\u00a0; il s&rsquo;applique assez                     mal, m\u00eame au figur\u00e9, \u00e0 l&rsquo;\u00e9corce.                     D&rsquo;ailleurs, appeler la glace l&rsquo;\u00e9corce des eaux est                     une m\u00e9taphore pour le moins forc\u00e9e. <\/p>\n<p> La hardiesse n&rsquo;est pas la principale qualit\u00e9 d&rsquo;un                     bon style. Il faut certes de l&rsquo;imagination pour cr\u00e9er                     des images, \u00e9veiller l&rsquo;int\u00e9r\u00eat, \u00e9clairer                     ce qui est obscur. C&rsquo;est elle qui nous permet de sortir de                     l&rsquo;orni\u00e8re des lieux communs et de la banalit\u00e9.                   <\/p>\n<p> Mais la recherche de l&rsquo;originalit\u00e9 ne doit pas nous                     faire tomber dans la fantaisie. Les affaires s&rsquo;accommodent                     mal des cabrioles litt\u00e9raires. La lettre qui veut attirer                     l&rsquo;attention par la singularit\u00e9 de sa disposition ou                     par l&#8217;emploi de n\u00e9ologismes pour l&rsquo;unique plaisir de                     faire neuf d\u00e9note un certain infantilisme chez son                     auteur. <\/p>\n<h3>La forme active<\/h3>\n<p> La vie se caract\u00e9rise avant tout par le mouvement,                     et cette qualit\u00e9 se manifeste dans notre style par                     l&#8217;emploi de la forme active. Sachons r\u00e9sister \u00e0                     la facilit\u00e9 et \u00e0 la m\u00e9diocrit\u00e9                     du passif, et recherchons le verbe actif, le verbe propre,                     le verbe qui fait balle. <\/p>\n<p> Au lieu de dire \u00ab\u00a0N&rsquo;avait-il pas \u00e9t\u00e9                     entendu que la livraison en serait faite pour le 30 mars\u00a0?\u00a0\u00bb,                     \u00e9crivez \u00ab\u00a0N&rsquo;aviez-vous pas dit que vous livreriez                     la marchandise pour le 30 mars\u00a0?\u00a0\u00bb Lorsqu&rsquo;on lui                     demanda qui avait coup\u00e9 le cerisier, George Washington                     ne r\u00e9pondit pas\u00a0: \u00ab\u00a0Cela a \u00e9t\u00e9                     fait avec un instrument tranchant\u00a0\u00bb, mais \u00ab\u00a0C&rsquo;est                     moi qui l&rsquo;ai fait avec ma petite hache.\u00a0\u00bb <\/p>\n<p> Certains conseillent d&rsquo;\u00e9crire comme on parle si l&rsquo;on                     veut avoir un style vivant et alerte, mais il y a entre ces                     deux fa\u00e7ons de s&rsquo;exprimer des diff\u00e9rences dont                     il importe de tenir compte. <\/p>\n<p> Il est plus facile de faire passer une id\u00e9e dans                     la conversation que dans un texte \u00e9crit. Dans la conversation,                     en effet, on peut appuyer sur les mots voulus et faire les                     pauses n\u00e9cessaires. Dans un texte, au contraire, tous                     les mots sont \u00e9crits avec la m\u00eame encre et plac\u00e9s                     exactement \u00e0 la m\u00eame distance les uns des autres.                     Essayer de parer \u00e0 cet inconv\u00e9nient en soulignant                     certains mots ou en se servant de majuscules ou d&rsquo;italiques,                     c&rsquo;est recourir \u00e0 un exp\u00e9dient de paresseux qui,                     en plus de g\u00e2cher l&rsquo;apparence d&rsquo;une page, en rend la                     lecture assez p\u00e9nible. La solution id\u00e9ale est                     de mettre les inflexions et les accents d&rsquo;insistance dans                     les mots et la construction des phrases. <\/p>\n<p> Il faut \u00eatre plus soigneux lorsqu&rsquo;on \u00e9crit                     que lorsque l&rsquo;on parle, car les fautes sont alors plus \u00e9videntes.                     On emploie la m\u00eame langue pour parler et pour \u00e9crire,                     mais les termes qui entrent dans la conversation quotidienne                     ne sont pas toujours de mise dans la langue \u00e9crite.                   <\/p>\n<p> Cela ne signifie pas qu&rsquo;il faille r\u00e9diger nos lettres                     avec la m\u00e9ticulosit\u00e9 de l&rsquo;horloger qui assemble                     un mouvement compliqu\u00e9. Car il est possible de construire                     des phrases grammaticalement correctes, qui pourtant n&rsquo;expriment                     pas ce que nous voulons dire. Il n&rsquo;existe pas de r\u00e8gles                     de grammaire pour composer des chefs-d&rsquo;oeuvre litt\u00e9raires                     ou de bonnes lettres de vente. <\/p>\n<p> Le r\u00e9dacteur chevronn\u00e9 peut se permettre de                     traiter la grammaire avec une certaine d\u00e9sinvolture,                     \u00e0 condition que son texte reste clair et produise l&rsquo;effet                     d\u00e9sir\u00e9. Mais il doit au moins en conna\u00eetre                     les r\u00e8gles afin de pouvoir distinguer ce qui est bon                     et ce qui ne l&rsquo;est pas, et de savoir dans quelle mesure il                     peut sans danger prendre des libert\u00e9s. <\/p>\n<h3>Ne pas abuser de l&rsquo;allit\u00e9ration<\/h3>\n<p> L&rsquo;allit\u00e9ration est un proc\u00e9d\u00e9 dont                     il faut user avec prudence. Trop fr\u00e9quente ou exag\u00e9r\u00e9e,                     elle engendre presque in\u00e9vitablement la cacophonie,                     la lassitude et la confusion. <\/p>\n<p> Il importe surtout de retenir que l&rsquo;allit\u00e9ration                     n&rsquo;atteint vraiment son but que si elle passe inaper\u00e7ue                     aux yeux du lecteur. Les meilleures allit\u00e9rations sont                     celles qui se fondent sur l&rsquo;assonance des mots plut\u00f4t                     que sur la r\u00e9p\u00e9tition d&rsquo;une ou plusieurs lettres.                     On y trouve des jeux de sons qui pr\u00e9sentent une grande                     analogie avec les demi-tons dans une composition musicale.                   <\/p>\n<p> Mais la r\u00e9p\u00e9tition des sons comme celle des                     mots devient vite irritante pour le lecteur si elle est trop                     manifeste. On luttera contre ce d\u00e9faut en enrichissant                     sans cesse son vocabulaire, non seulement en surface ou en                     quantit\u00e9, mais aussi en profondeur et en qualit\u00e9,                     c&rsquo;est-\u00e0-dire en apprenant \u00e0 conna\u00eetre                     les multiples sens des mots. <\/p>\n<p> Le premier mot que vous vient \u00e0 l&rsquo;esprit n&rsquo;est pas                     toujours le meilleur. Il se peut qu&rsquo;il soit excellent, mais                     vous en trouverez peut-\u00eatre un meilleur encore en cherchant                     bien. Il ne faut pas cependant que la passion du mot juste                     \u00e9touffe en vous l&rsquo;inspiration. Jetez d&rsquo;abord vos id\u00e9es                     sur le papier\u00a0; polissez ensuite ce que vous avez \u00e9crit.                   <\/p>\n<p> Pour ce travail de correction, on conseille d&rsquo;avoir sous                     la main un ou deux bons ouvrages de r\u00e9f\u00e9rence.                     L&rsquo;un des plus utiles et des plus pratiques est le <em>Dictionnaire                     des synonymes <\/em>de Henri B\u00e9nac (Hachette). Le <em>Dictionnaire                     des difficult\u00e9s de la langue fran\u00e7aise <\/em>(Larousse)                     rendra aussi de grands services. Le premier offre un vaste                     choix de mots dont il pr\u00e9cise admirablement les acceptions,                     tandis que le second permet de dissiper les doutes et d&rsquo;observer                     le bon usage. <\/p>\n<p> Il vaut mieux, m\u00eame dans une lettre d&rsquo;affaires, s&rsquo;exposer                     \u00e0 sentir un peu l&rsquo;huile que pr\u00e9senter ses id\u00e9es                     dans un style pitoyable. Une lettre bien \u00e9crite est                     un hommage au destinataire. <\/p>\n<h3>Relisez-vous<\/h3>\n<p> M\u00eame apr\u00e8s avoir observ\u00e9 tous les pr\u00e9ceptes                     de l&rsquo;art d&rsquo;\u00e9crire, il reste encore quelque chose \u00e0                     faire. Vous devez relire votre manuscrit pour vous assurer                     que tous vos mots sont justes, qu&rsquo;ils expriment bien votre                     pens\u00e9e et que vos phrases sont harmonieuses et bien                     construites. <\/p>\n<p> Le po\u00e8te latin Ovide reconna\u00eet humblement la                     n\u00e9cessit\u00e9 de se corriger. \u00ab\u00a0Quand je me                     relis, dit-il, je ne peux m&#8217;emp\u00eacher de rougir, car                     m\u00eame moi qui suis l&rsquo;auteur je d\u00e9couvre dans mon                     texte beaucoup de choses \u00e0 effacer.\u00a0\u00bb La Fontaine                     refaisait jusqu&rsquo;\u00e0 dix fois la m\u00eame fable. Jefferson                     consacra dix-huit jours \u00e0 la r\u00e9daction de la                     D\u00e9claration de l&rsquo;ind\u00e9pendance. Voltaire passait                     des nuits enti\u00e8res \u00e0 polir ses phrases. Et Flaubert,                     on le sait, s&rsquo;est tu\u00e9 \u00e0 la t\u00e2che. <\/p>\n<p> Il existe un juste milieu entre le fait de se contenter                     de son premier jet et la passion de la perfection. Les lettres                     que vous \u00e9crivez n&rsquo;ont pas besoin d&rsquo;\u00eatre vingt                     fois remises sur le m\u00e9tier, comme le voulait Boileau,                     mais elles doivent \u00eatre bien faites. R\u00e9digez-les                     avec soin, sans cependant le laisser voir. <\/p>\n<p> Les choses parfaitement r\u00e9ussies nous semblent souvent                     r\u00e9sulter d&rsquo;un miracle. Mais il n&rsquo;y a pas de miracles                     dans le choix des mots, il n&rsquo;y a que du travail\u00a0: travail                     de la documentation ou de l&rsquo;invention, travail de la cr\u00e9ation                     ou de l&rsquo;adaptation des images\u00a0; travail de l&rsquo;ex\u00e9cution.                     Bref, le bon style s&rsquo;obtient par l&rsquo;application et par l&rsquo;effort,                     alli\u00e9s \u00e0 l&rsquo;imagination et \u00e0 la sinc\u00e9rit\u00e9.                   <\/p>\n<p> Pensez toujours en \u00e9crivant que tous ceux qui vous                     liront s&rsquo;attendent, consciemment ou non, que vos id\u00e9es                     leur soient pr\u00e9sent\u00e9es sous la forme la plus                     parfaite qu&rsquo;ils puissent concevoir. Comment pourriez-vous                     alors leur offrir quelque chose de m\u00e9diocre quand il                     n&rsquo;en tient qu&rsquo;\u00e0 vous de ne pas les d\u00e9cevoir.                   <\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<\/p><\/div>\n","protected":false},"author":87,"featured_media":0,"template":"","categories":[1],"rbc_letter_theme":[],"rbc_letter_year":[35],"class_list":["post-2269","rbc_letter","type-rbc_letter","status-publish","hentry","category-uncategorized","rbc_letter_year-35"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO Premium plugin v27.2 (Yoast SEO v27.2) - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-premium-wordpress\/ -->\n<title>Vol. 44, N\u00b0 5 - Mai 1963 - Le choix des mots - RBC<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-44-n-5-mai-1963-le-choix-des-mots\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Vol. 44, N\u00b0 5 - Mai 1963 - Le choix des mots\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"On aura beau dire que les mots sont des instruments fragiles, \u00e9mouss\u00e9s par l&rsquo;usage et souvent r\u00e9calcitrants, ils n&rsquo;en constituent pas moins notre seul moyen d&rsquo;exprimer notre pens\u00e9e et de nous faire comprendre. Ils se sont \u00e9labor\u00e9s avec lenteur au cours des \u00e2ges, et l&#8217;emploi souvent fautif que nous en faisons en notre si\u00e8cle de [&hellip;]\" \/>\n<meta property=\"og:url\" content=\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-44-n-5-mai-1963-le-choix-des-mots\/\" \/>\n<meta property=\"og:site_name\" content=\"RBC\" \/>\n<meta property=\"article:modified_time\" content=\"2022-10-17T19:27:48+00:00\" \/>\n<meta name=\"twitter:card\" content=\"summary_large_image\" \/>\n<meta name=\"twitter:label1\" content=\"Est. reading time\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data1\" content=\"19 minutes\" \/>\n<script type=\"application\/ld+json\" class=\"yoast-schema-graph\">{\"@context\":\"https:\/\/schema.org\",\"@graph\":[{\"@type\":\"WebPage\",\"@id\":\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-44-n-5-mai-1963-le-choix-des-mots\/\",\"url\":\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-44-n-5-mai-1963-le-choix-des-mots\/\",\"name\":\"Vol. 44, N\u00b0 5 - Mai 1963 - Le choix des mots - RBC\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/#website\"},\"datePublished\":\"1963-05-01T00:00:00+00:00\",\"dateModified\":\"2022-10-17T19:27:48+00:00\",\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"ReadAction\",\"target\":[\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-44-n-5-mai-1963-le-choix-des-mots\/\"]}]},{\"@type\":\"WebSite\",\"@id\":\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/#website\",\"url\":\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/\",\"name\":\"RBC\",\"description\":\"\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"SearchAction\",\"target\":{\"@type\":\"EntryPoint\",\"urlTemplate\":\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/?s={search_term_string}\"},\"query-input\":{\"@type\":\"PropertyValueSpecification\",\"valueRequired\":true,\"valueName\":\"search_term_string\"}}],\"inLanguage\":\"fr-FR\"}]}<\/script>\n<!-- \/ Yoast SEO Premium plugin. -->","yoast_head_json":{"title":"Vol. 44, N\u00b0 5 - Mai 1963 - Le choix des mots - RBC","robots":{"index":"index","follow":"follow","max-snippet":"max-snippet:-1","max-image-preview":"max-image-preview:large","max-video-preview":"max-video-preview:-1"},"canonical":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-44-n-5-mai-1963-le-choix-des-mots\/","og_locale":"fr_FR","og_type":"article","og_title":"Vol. 44, N\u00b0 5 - Mai 1963 - Le choix des mots","og_description":"On aura beau dire que les mots sont des instruments fragiles, \u00e9mouss\u00e9s par l&rsquo;usage et souvent r\u00e9calcitrants, ils n&rsquo;en constituent pas moins notre seul moyen d&rsquo;exprimer notre pens\u00e9e et de nous faire comprendre. Ils se sont \u00e9labor\u00e9s avec lenteur au cours des \u00e2ges, et l&#8217;emploi souvent fautif que nous en faisons en notre si\u00e8cle de [&hellip;]","og_url":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-44-n-5-mai-1963-le-choix-des-mots\/","og_site_name":"RBC","article_modified_time":"2022-10-17T19:27:48+00:00","twitter_card":"summary_large_image","twitter_misc":{"Est. reading time":"19 minutes"},"schema":{"@context":"https:\/\/schema.org","@graph":[{"@type":"WebPage","@id":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-44-n-5-mai-1963-le-choix-des-mots\/","url":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-44-n-5-mai-1963-le-choix-des-mots\/","name":"Vol. 44, N\u00b0 5 - Mai 1963 - Le choix des mots - RBC","isPartOf":{"@id":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/#website"},"datePublished":"1963-05-01T00:00:00+00:00","dateModified":"2022-10-17T19:27:48+00:00","inLanguage":"fr-FR","potentialAction":[{"@type":"ReadAction","target":["https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-44-n-5-mai-1963-le-choix-des-mots\/"]}]},{"@type":"WebSite","@id":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/#website","url":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/","name":"RBC","description":"","potentialAction":[{"@type":"SearchAction","target":{"@type":"EntryPoint","urlTemplate":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/?s={search_term_string}"},"query-input":{"@type":"PropertyValueSpecification","valueRequired":true,"valueName":"search_term_string"}}],"inLanguage":"fr-FR"}]}},"parsely":{"version":"1.1.0","canonical_url":"https:\/\/rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-44-n-5-mai-1963-le-choix-des-mots\/","smart_links":{"inbound":0,"outbound":0},"traffic_boost_suggestions_count":0,"meta":{"@context":"https:\/\/schema.org","@type":"NewsArticle","headline":"Vol. 44, N\u00b0 5 &#8211; Mai 1963 &#8211; Le choix des mots","url":"http:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-44-n-5-mai-1963-le-choix-des-mots\/","mainEntityOfPage":{"@type":"WebPage","@id":"http:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-44-n-5-mai-1963-le-choix-des-mots\/"},"thumbnailUrl":"","image":{"@type":"ImageObject","url":""},"articleSection":"Uncategorized","author":[],"creator":[],"publisher":{"@type":"Organization","name":"RBC","logo":""},"keywords":[],"dateCreated":"1963-05-01T00:00:00Z","datePublished":"1963-05-01T00:00:00Z","dateModified":"2022-10-17T19:27:48Z"},"rendered":"<script type=\"application\/ld+json\" class=\"wp-parsely-metadata\">{\"@context\":\"https:\\\/\\\/schema.org\",\"@type\":\"NewsArticle\",\"headline\":\"Vol. 44, N\\u00b0 5 &#8211; Mai 1963 &#8211; Le choix des mots\",\"url\":\"http:\\\/\\\/www.rbc.com\\\/fr\\\/notre-compagnie\\\/histoire\\\/bulletin\\\/vol-44-n-5-mai-1963-le-choix-des-mots\\\/\",\"mainEntityOfPage\":{\"@type\":\"WebPage\",\"@id\":\"http:\\\/\\\/www.rbc.com\\\/fr\\\/notre-compagnie\\\/histoire\\\/bulletin\\\/vol-44-n-5-mai-1963-le-choix-des-mots\\\/\"},\"thumbnailUrl\":\"\",\"image\":{\"@type\":\"ImageObject\",\"url\":\"\"},\"articleSection\":\"Uncategorized\",\"author\":[],\"creator\":[],\"publisher\":{\"@type\":\"Organization\",\"name\":\"RBC\",\"logo\":\"\"},\"keywords\":[],\"dateCreated\":\"1963-05-01T00:00:00Z\",\"datePublished\":\"1963-05-01T00:00:00Z\",\"dateModified\":\"2022-10-17T19:27:48Z\"}<\/script>","tracker_url":"https:\/\/cdn.parsely.com\/keys\/rbc.com\/p.js"},"featured_img":false,"coauthors":[],"author_meta":{"author_link":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/author\/","display_name":""},"relative_dates":{"created":"Publi\u00e9 63 ans il y a","modified":"Mis \u00e0 jour 3 ans il y a"},"absolute_dates":{"created":"Publi\u00e9 le 1 mai 1963","modified":"Mise \u00e0 jour le 17 octobre 2022"},"absolute_dates_time":{"created":"Publi\u00e9 le 1 mai 1963 12:00  ","modified":"Mise \u00e0 jour le 17 octobre 2022 7:27  "},"featured_img_caption":"","tax_additional":{"category":{"linked":["<a href=\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/category\/uncategorized\/\" class=\"advgb-post-tax-term\">Uncategorized<\/a>"],"unlinked":["<span class=\"advgb-post-tax-term\">Uncategorized<\/span>"],"slug":"category","name":"Cat\u00e9gories"},"rbc_letter_theme":{"linked":[],"unlinked":[],"slug":"rbc_letter_theme","name":"Themes"},"rbc_letter_year":{"linked":["<a href=\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/year\/1963\/\" class=\"advgb-post-tax-term\">1963<\/a>"],"unlinked":["<span class=\"advgb-post-tax-term\">1963<\/span>"],"slug":"rbc_letter_year","name":"Years"}},"series_order":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/rbc_letter\/2269","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/rbc_letter"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/rbc_letter"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/87"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/rbc_letter\/2269\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2269"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2269"},{"taxonomy":"rbc_letter_theme","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/rbc_letter_theme?post=2269"},{"taxonomy":"rbc_letter_year","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/rbc_letter_year?post=2269"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}