{"id":2236,"date":"1964-06-01T00:00:00","date_gmt":"1964-06-01T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-45-n-6-juin-1964-la-faim-dans-le-monde\/"},"modified":"2022-10-17T19:31:41","modified_gmt":"2022-10-17T19:31:41","slug":"vol-45-n-6-juin-1964-la-faim-dans-le-monde","status":"publish","type":"rbc_letter","link":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-45-n-6-juin-1964-la-faim-dans-le-monde\/","title":{"rendered":"Vol. 45, N\u00b0 6 &#8211; Juin 1964 &#8211; La faim dans le monde"},"content":{"rendered":"<div id=\"layout-column-main\">\n<p class=\"boldtext\">Nous sommes au seuil de l&rsquo;\u00e8re la plus exaltante, la plus redoutable et pourtant la plus prometteuse de l&rsquo;histoire du monde. Exaltante, \u00e0 cause des progr\u00e8s inou\u00efs de la science et de la technique\u00a0; redoutable, \u00e0 cause de la menace de la guerre et du spectre de la faim\u00a0; prometteuse tout de m\u00eame, \u00e0 cause des ressources toujours croissantes de l&rsquo;intelligence humaine en face des difficult\u00e9s de la vie.<\/p>\n<p>Or, parmi tous nos probl\u00e8mes, il n&rsquo;en est pas de plus urgent que celui de la faim. Les sp\u00e9cialistes ont coutume de nous dire que l&rsquo;\u00e9volution sociale de l&rsquo;homme ne s&rsquo;est pas accomplie au m\u00eame rythme que son \u00e9volution m\u00e9canique. C&rsquo;est l\u00e0, en effet, un des secteurs &#8211; auquel on pense rarement &#8211; o\u00f9 l&rsquo;humanit\u00e9 est rest\u00e9e en arri\u00e8re. Pendant les quatre-vingt-dix-neuf pour cent du temps qu&rsquo;il a pass\u00e9 sur la terre, l&rsquo;homme a v\u00e9cu de la cueillette ou de la chasse, et il n&rsquo;en a employ\u00e9 que un pour cent \u00e0 la production alimentaire. Il est donc encore loin de conna\u00eetre \u00e0 fond les possibilit\u00e9s de ce domaine relativement nouveau.<\/p>\n<p>La crise de l&rsquo;alimentation qui existe actuellement tient en d\u00e9finitive \u00e0 la t\u00e9nuit\u00e9 des bases mat\u00e9rielles sur lesquelles repose notre civilisation. Il est certain que la population mondiale exerce une pression de plus en plus inqui\u00e9tante sur les disponibilit\u00e9s alimentaires du globe. Mais pour le nutritionniste br\u00e9silien de r\u00e9putation internationale, Josu\u00e9 de Castro, la faim est une cons\u00e9quence de l&rsquo;exploitation non rationnelle et de la mauvaise r\u00e9partition des richesses. Elle est fabriqu\u00e9e par les hommes, car les ressources naturelles ne manquent pas. Mais pour vaincre la faim, il faut vaincre le sous-d\u00e9veloppement dans sa totalit\u00e9.<\/p>\n<h3>Les affam\u00e9s sont l\u00e9gion<\/h3>\n<p>Il nous est difficile, \u00e0 nous Nord-Am\u00e9ricains, de comprendre le drame de la faim dans les pays sous-d\u00e9velopp\u00e9s, car nous ne savons pas ce que c&rsquo;est que d&rsquo;avoir faim \u00e0 en mourir. Chez nous, on ne meurt pas de faim. Ailleurs, plus de 1500 millions de personnes se couchent tous les soirs avec la sensation douloureuse de la faim. Une \u00e9tude de l&rsquo;Organisation des Nations Unies pour l&rsquo;alimentation et l&rsquo;agriculture (O.A.A.) confirme que du tiers \u00e0 la moiti\u00e9 au moins de la population mondiale souffre de la faim ou de la sous-alimentation.<\/p>\n<p>L&rsquo;homme forc\u00e9 de se contenter d&rsquo;un r\u00e9gime alimentaire insuffisant devient un fardeau social. Il ne saurait bien travailler s&rsquo;il a l&rsquo;estomac vide\u00a0; il ne peut \u00e9tudier ni apprendre ce qu&rsquo;il doit faire pour am\u00e9liorer sa situation\u00a0; il ne pense qu&rsquo;au besoin imm\u00e9diat et dominant de trouver son prochain repas\u00a0; il n&rsquo;acquiert aucune r\u00e9sistance \u00e0 la maladie\u00a0; il retarde non seulement le progr\u00e8s \u00e9conomique et social de son pays, mais aussi la prosp\u00e9rit\u00e9 mondiale.<\/p>\n<p>Selon l&rsquo;O.A.A., environ un sixi\u00e8me seulement de la population du globe serait bien nourrie.<\/p>\n<p>Pour comprendre dans quel \u00e9tat vivent les habitants des pays sous-d\u00e9velopp\u00e9s, il convient de faire un examen compar\u00e9 des chiffres relatifs \u00e0 la consommation des produits d&rsquo;origine animale. Ce n&rsquo;est que dans la viande et la volaille, le poisson, les oeufs, le lait et le fromage que nous trouvons les prot\u00e9ines indispensables \u00e0 notre croissance et \u00e0 notre sant\u00e9. Or si le r\u00e9gime alimentaire des peuples de l&rsquo;Am\u00e9rique du Nord comporte 25 p. 100 de produits d&rsquo;origine animale, la proportion n&rsquo;est plus que de 17 p. 100 dans celui des peuples d&rsquo;Europe et tombe \u00e0 3 p. 100 dans le cas des pays asiatiques.<\/p>\n<p>Le <em>Guide de l&rsquo;alimentation au Canada<\/em>, approuv\u00e9 en 1961 par le Conseil canadien de la nutrition, prescrit une portion de viande, de poisson ou de volaille tous les jours, que l&rsquo;on peut remplacer par les oeufs, le fromage, les haricots secs ou les pois si on le d\u00e9sire. C&rsquo;est \u00e9norme en comparaison de la ration type du travailleur de l&rsquo;Inde, qui ne mange que du riz. Au Canada, le citadin consomme 4.66 livres de nourriture par jour\u00a0; l&rsquo;Indien, lui, n&rsquo;en consomme que 1.23 livre, dont 85 p. 100 de riz, aliment pauvre en prot\u00e9ines, en graisses et en vitamines.<\/p>\n<p>Le <em>Guide de l&rsquo;alimentation <\/em>pr\u00e9cise que jusqu&rsquo;\u00e0 onze ans les enfants doivent boire 2 tasses \u00bd de lait par jour, les adolescents quatre, les adultes 1\u00bd, et les femmes enceintes ou qui nourrissent leur enfant au sein quatre tasses. \u00c0 Calcutta, il y a six millions de personnes qui n&rsquo;ont pas de lait du tout. La majorit\u00e9 des enfants du monde doivent passer directement de l&rsquo;allaitement maternel \u00e0 un r\u00e9gime compos\u00e9 en grande partie de f\u00e9culents.<\/p>\n<p>Le fait est qu&rsquo;un habitant tout au plus sur cent dans les pays sous-d\u00e9velopp\u00e9s n&rsquo;arrivera \u00e0 conna\u00eetre dans sa vie ce qu&rsquo;une famille nord-am\u00e9ricaine consid\u00e9rerait comme un bon et substantiel repas. Voil\u00e0 le sombre contexte dans lequel il faut envisager les \u00e9v\u00e9nements mondiaux.<\/p>\n<h3>Le niveau de vie<\/h3>\n<p>La D\u00e9claration des droits de l&rsquo;homme, adopt\u00e9e par l&rsquo;O.N.U. en 1948, affirme ceci\u00a0: \u00ab\u00a0Toute personne a droit \u00e0 un niveau de vie suffisant pour assurer sa sant\u00e9, son bien-\u00eatre et ceux de sa famille.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Jouir d&rsquo;un bon niveau de vie ne signifie pas n\u00e9cessairement s&rsquo;encombrer de tout l&rsquo;attirail du monde occidental. Cela veut dire ne pas \u00eatre r\u00e9duit \u00e0 manger de l&rsquo;herbe, comme on a vu des femmes le faire pr\u00e8s du Golfe Persique\u00a0; cela veut dire ne pas \u00eatre oblig\u00e9 comme l&rsquo;ouvrier chinois \u00e9maci\u00e9 de vivre toute une journ\u00e9e de restes de nourriture ne contenant que 200 calories pendant que la ration ordinaire de son homologue canadien est de 2,500 calories.<\/p>\n<p>N&rsquo;allons pas croire, comme l&rsquo;a dit Owen Young \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 de la Californie, que le niveau de vie de l&rsquo;Am\u00e9rique pourra se maintenir en permanence \u00e0 un degr\u00e9 sensiblement plus \u00e9lev\u00e9 que celui des autres pays civilis\u00e9s. Ou nous rel\u00e8verons le leur jusqu&rsquo;au n\u00f4tre, ou ils abaisseront le n\u00f4tre jusqu&rsquo;au leur.<\/p>\n<p>Les quelque vingt pays qui jouissent d&rsquo;un niveau de vie relativement \u00e9lev\u00e9 ont une population globale d&rsquo;environ 450 millions d&rsquo;habitants par rapport \u00e0 un total mondial estim\u00e9 \u00e0 3,230 millions. On ne peut gu\u00e8re saisir toute la signification de ces chiffres de prime abord. Pourtant, ils repr\u00e9sentent les statistiques les plus importantes jamais couch\u00e9es par \u00e9crit. Il a fallu \u00e0 l&rsquo;humanit\u00e9 un millier de mill\u00e9naires pour atteindre le total de 900 millions, et le bref espace du dernier si\u00e8cle et demi pour s&rsquo;accro\u00eetre de 2,330 millions.<\/p>\n<p>L&rsquo;accroissement est si rapide que la Division de la population de l&rsquo;O.N.U. pr\u00e9voit une population mondiale de plus de 6,000 millions pour l&rsquo;an 2,000, soit dans trente-six ans exactement. Ce nombre imposant se r\u00e9partira ainsi\u00a0: 3,639 millions en Extr\u00eame-Orient\u00a0; 947 millions en Europe, y compris l&rsquo;U.R.S.S.\u00a0; 592 millions en Am\u00e9rique latine\u00a0; 327 millions au Proche-Orient\u00a0; 421 millions en Afrique\u00a0; 29 millions en Oc\u00e9anie\u00a0; 312 millions en Am\u00e9rique du Nord.<\/p>\n<p>Pendant les vingt minutes qu&rsquo;exige la lecture du pr\u00e9sent <em>Bulletin<\/em>, pr\u00e8s de 2,000 bouches de plus auront ajout\u00e9 leur voix \u00e0 l&rsquo;immense et pressante clameur de la faim. Ce chiffre est fond\u00e9 sur les donn\u00e9es de <em>l&rsquo;Annuaire d\u00e9mographique <\/em>de l&rsquo;O.N.U., qui \u00e9tablit le taux actuel de la natalit\u00e9 et de la mortalit\u00e9 \u00e0 100 millions de naissances et 51 millions de d\u00e9c\u00e8s par ann\u00e9e.<\/p>\n<p>Alors, que faut-il faire\u00a0? Voici ce que disait, en 1962, le directeur de la Division de la statistique de l&rsquo;O.A.A.\u00a0: \u00ab\u00a0La conclusion g\u00e9n\u00e9rale qu&rsquo;il importe de retenir est que si la population devait augmenter selon les pr\u00e9visions de l&rsquo;O.N.U., il nous faudrait doubler le total de la production mondiale de denr\u00e9es vivri\u00e8res en 1980 et le tripler \u00e0 la fin du si\u00e8cle.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>D&rsquo;apr\u00e8s certains des sp\u00e9cialistes qui se sont pench\u00e9s sur cette grave situation, le seul rem\u00e8de serait la limitation de la population. Le taux de natalit\u00e9 tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9 que la nature a accord\u00e9 \u00e0 l&rsquo;esp\u00e8ce humaine pour assurer sa survivance est aujourd&rsquo;hui le facteur qui maintient la majeure partie du monde au bord de la famine.<\/p>\n<p>Approuv\u00e9 en cela par la soci\u00e9t\u00e9 tout enti\u00e8re, l&rsquo;homme consacre le meilleur de son intelligence et de ses efforts \u00e0 r\u00e9duire la mortalit\u00e9. Par contre, la r\u00e9duction de la natalit\u00e9 se heurte \u00e0 l&rsquo;opposition des coutumes, des doctrines, des lois et des rites populaires, qui tendent tous \u00e0 favoriser la f\u00e9condit\u00e9. Quoi qu&rsquo;il en soit, il reste que, la mortalit\u00e9 ayant fortement diminu\u00e9 et la natalit\u00e9 \u00e9tant demeur\u00e9e \u00e0 peu pr\u00e8s la m\u00eame, l&rsquo;\u00e9norme rapidit\u00e9 d&rsquo;accroissement de la population mondiale \u00e0 l&rsquo;heure actuelle ne laisse pas d&rsquo;\u00eatre inqui\u00e9tante et de poser de s\u00e9rieux probl\u00e8mes.<\/p>\n<p>S&rsquo;il est facile de dire que c&rsquo;est la raison qui devrait r\u00e9gler l&rsquo;accroissement de la population, il ne faut pas oublier, d&rsquo;autre part, l&rsquo;aspect humain de la question. Dans certaines soci\u00e9t\u00e9s, la natalit\u00e9 dirig\u00e9e est inacceptable\u00a0; dans d&rsquo;autres, o\u00f9 la vieillesse sans enfants pourrait signifier la mis\u00e8re, la prog\u00e9niture constitue la seule forme de \u00ab\u00a0s\u00e9curit\u00e9 sociale\u00a0\u00bb. Pour ceux qui ne poss\u00e8dent aucune autre richesse mat\u00e9rielle, les gar\u00e7ons sont une norme de valeur et les filles non seulement une source de main-d&rsquo;oeuvre domestique, mais aussi un moyen de toucher des dots.<\/p>\n<h3>Les pays sous-d\u00e9velopp\u00e9s<\/h3>\n<p>Il y a dans les pays sous-d\u00e9velopp\u00e9s des millions d&rsquo;\u00eatres humains dont l&rsquo;unique pr\u00e9occupation est de se maintenir en vie. Leur seul souci est d&rsquo;arracher chaque jour \u00e0 leur milieu la maigre pitance qui leur permettra de survivre jusqu&rsquo;au lendemain.<\/p>\n<p>Cette population squelettique n&rsquo;a pas encore \u00e9t\u00e9 atteinte par la vague de progr\u00e8s scientifiques et techniques qui a apport\u00e9 l&rsquo;aisance et l&rsquo;abondance \u00e0 l&rsquo;Occident industrialis\u00e9. On y voit des enfants aux yeux \u00e9teints, aux jambes et aux bras \u00e9tiques, incapables de pleurer ni de rire et qui ne p\u00e8sent encore que dix livres \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de 2 ans.<\/p>\n<p>L&rsquo;Occident sait bien qu&rsquo;il doit, dans son int\u00e9r\u00eat, faire quelque chose pour r\u00e9soudre l&rsquo;effroyable probl\u00e8me de la pauvret\u00e9 et de la faim. Si l&rsquo;on veut sauver et d\u00e9velopper les autres libert\u00e9s, il faut d&rsquo;abord commencer par affranchir l&rsquo;humanit\u00e9 du besoin. Toutes les id\u00e9ologies pernicieuses exploitent \u00e0 leur profit le fl\u00e9au de la faim.<\/p>\n<p>Comment allons-nous r\u00e9aliser l&rsquo;\u00e9quilibre entre les vivres et la faim\u00a0? Apr\u00e8s avoir \u00e9tabli par les statistiques que telle ou telle quantit\u00e9 de nourriture est n\u00e9cessaire aux habitants de tel ou tel pays, nous devrons aller plus loin encore et indiquer comment et o\u00f9 ils vont les trouver.<\/p>\n<p>Ce probl\u00e8me peut \u00eatre r\u00e9solu, nous assure l&rsquo;O.A.A. Il s&rsquo;agirait de transformer les jungles en terres agricoles, d&rsquo;appliquer l&rsquo;irrigation dans certains d\u00e9serts, dont le sol est fertile, d&rsquo;\u00e9tendre les superficies cultivables jusque dans les r\u00e9gions de l&rsquo;Arctique et, ce qui serait encore plus rapide et \u00e9conomique, faire un meilleur usage des terres arables existantes. On pourrait aussi doubler la production mondiale de poisson sans \u00e9puiser les ressources. La science permet d\u00e9j\u00e0 d&rsquo;entrevoir la mise au point des aliments synth\u00e9tiques, l&rsquo;utilisation de certaines levures et algues, l&rsquo;exploitation des richesses vivri\u00e8res des 141 millions de milles carr\u00e9s d&rsquo;eau du globe.<\/p>\n<p>Une chose reste certaine\u00a0: l&rsquo;apport de vivres par les r\u00e9gions riches aux r\u00e9gions d\u00e9pourvues ne pourra jamais combler qu&rsquo;une faible partie des besoins alimentaires. Nous ne r\u00e9ussirons pas \u00e0 nourrir les pays sous-d\u00e9velopp\u00e9s en raclant le fond de nos entrep\u00f4ts, en hypoth\u00e9quant nos r\u00e9coltes \u00e0 venir, en exportant des oeufs en poudre, du saindoux ou du lait.<\/p>\n<h3>Accro\u00eetre le rendement des terres<\/h3>\n<p>Le meilleur rem\u00e8de au probl\u00e8me agricole qui se pose dans le monde consiste \u00e0 accro\u00eetre la production vivri\u00e8re l\u00e0 o\u00f9 c&rsquo;est n\u00e9cessaire.<\/p>\n<p>Malheureusement, on produit peu dans les r\u00e9gions sous-d\u00e9velopp\u00e9es, malgr\u00e9 le travail acharn\u00e9 et \u00e9reintant des habitants. Dans beaucoup de ces pays, les instruments dont disposent les paysans sont les m\u00eames depuis des milliers d&rsquo;ann\u00e9es. Il suffirait bien souvent de les remplacer par des outils \u00e0 main plus robustes et mieux \u00e9tudi\u00e9s, ou d&rsquo;introduire l&rsquo;usage des instruments \u00e0 traction animale pour noter une grande diff\u00e9rence dans le rendement agricole.<\/p>\n<p>Si les citoyens d&rsquo;une ville canadienne voulaient r\u00e9unir la somme de $5,000, celle-ci pourrait servir \u00e0 assurer l&#8217;emploi de vari\u00e9t\u00e9s de riz am\u00e9lior\u00e9es et financer les recherches sur les diverses fa\u00e7ons d&rsquo;augmenter la r\u00e9colte\u00a0; si une autre ville souscrivait $50,000, on pourrait utiliser cet argent pour importer et dresser des buffles en tant qu&rsquo;animaux de trait, ce qui permettrait d&rsquo;accro\u00eetre la superficie des champs de riz de 50 p. 100.<\/p>\n<p>Les pays fiches ou \u00e9volu\u00e9s peuvent faire beaucoup pour les peuples sous-d\u00e9velopp\u00e9s en leur offrant des engrais et des produits antiparasites, en r\u00e9pandant chez eux la culture de vari\u00e9t\u00e9s de ma\u00efs, d&rsquo;avoine, de soya et de pommes de terre \u00e0 grand rendement et immunis\u00e9es contre les maladies. Selon l&rsquo;O.A.A., les engrais \u00e0 eux seuls pourraient augmenter les r\u00e9coltes de 30 p. 100. Dans une station d&rsquo;essai, le simple fait d&rsquo;adjoindre un hors-bord \u00e0 un bateau a permis \u00e0 un p\u00eacheur de se rendre \u00e0 un lieu de p\u00eache plus poissonneux et de porter sa prise quotidienne de 13.3 \u00e0 139 livres.<\/p>\n<p>\u00c0 tout cela doit s&rsquo;ajouter l&rsquo;industrialisation. Aucun pays n&rsquo;a accompli des progr\u00e8s \u00e9conomiques appr\u00e9ciables avant que la moiti\u00e9 environ de sa population active n&rsquo;ait pass\u00e9 de l&rsquo;agriculture \u00e0 l&rsquo;industrie. Cette \u00e9volution est n\u00e9cessaire \u00e0 l&rsquo;essor de la construction, des transports, des t\u00e9l\u00e9communications, de l&rsquo;industrie du v\u00eatement et m\u00e8ne \u00e0 l&rsquo;am\u00e9lioration de la production agricole.<\/p>\n<p>Les \u00e9l\u00e9ments essentiels de la production sont la terre, la main-d&rsquo;oeuvre, le capital et l&rsquo;organisation, mais il importe d&rsquo;abord d&rsquo;apprendre aux peuples sous-d\u00e9velopp\u00e9s \u00e0 s&rsquo;en servir et d&rsquo;\u00e9veiller en eux le d\u00e9sir de ce qu&rsquo;ils peuvent procurer. Les sommes consacr\u00e9es \u00e0 ce travail d&rsquo;\u00e9ducation constituent la forme d&rsquo;assistance la plus efficace. Voil\u00e0 pourquoi le Canada encourage les pays assist\u00e9s \u00e0 profiter de bourses d&rsquo;\u00e9tudes pour former des moniteurs et pr\u00e9f\u00e8re accorder son appui financier \u00e0 la cr\u00e9ation d&rsquo;\u00e9tablissements d&rsquo;enseignement dans ces pays.<\/p>\n<p>L&rsquo;ampleur du probl\u00e8me ressort assez clairement des constatations de l&rsquo;UNESCO, qui estime que, dans le monde actuel, une seule personne sur huit dans toutes les cat\u00e9gories d&rsquo;\u00e2ges et deux sur cinq entre les \u00e2ges de cinq et vingt ans font des \u00e9tudes scolaires. Quarante pour cent seulement de la population mondiale, parmi les personnes de cinq \u00e0 dix-neuf ans inclusivement, sont inscrits dans des maisons d&rsquo;enseignement. Environ 750 millions d&rsquo;individus d&rsquo;\u00e2ge scolaire ou au-dessus ne savent ni lire ni \u00e9crire.<\/p>\n<p>Pour rem\u00e9dier \u00e0 la situation, l&rsquo;UNESCO a entrepris une campagne dont le but est de permettre \u00e0 tous les enfants de fr\u00e9quenter l&rsquo;\u00e9cole en 1980, ce qui n\u00e9cessite la formation de 9 millions \u00bd d&rsquo;instituteurs dans l&rsquo;intervalle. Cette institution sp\u00e9cialis\u00e9e de l&rsquo;O.N.U. se propose aussi de faire en sorte que dix pour cent des enfants puissent b\u00e9n\u00e9ficier de l&rsquo;instruction secondaire et d&rsquo;assurer \u00e0 500 millions d&rsquo;adultes une formation suffisante pour participer au mieux-\u00eatre de leur collectivit\u00e9.<\/p>\n<h3>Pourquoi il faut agir<\/h3>\n<p>Les besoins alimentaires ont une influence si essentielle sur les hommes que la paix et la guerre, la bonne entente internationale et toute la structure de la vie sociale en d\u00e9pendent dans une large mesure. Comme le faisait remarquer le prince Philippe dans une allocution qu&rsquo;il pronon\u00e7ait il y a quelque temps \u00e0 Toronto\u00a0: \u00ab\u00a0Une situation explosive se produira in\u00e9vitablement si l&rsquo;\u00e9cart entre les nations riches et les nations pauvres devient trop consid\u00e9rable.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Les statistiques de la mis\u00e8re ne sont donc pas de vagues abstractions \u00e9conomiques et techniques, mais des choses concr\u00e8tes et intimement li\u00e9es \u00e0 la politique sociale. Aussi les hommes d&rsquo;\u00c9tat vraiment r\u00e9alistes doivent-ils accorder une large place parmi leurs pr\u00e9occupations \u00e0 l&rsquo;\u00e9limination de la faim et de la d\u00e9tresse dans toutes les parties du monde en tant que moyen de sauvegarder et de favoriser la vie des peuples de leurs pays. \u00ab\u00a0En portant notre attention, \u00e9crit Aldous Huxley, non plus sur les politiques, devenues tout \u00e0 fait hors de propos et anachroniques, de nationalisme et de puissance militaire, mais sur les probl\u00e8mes de l&rsquo;esp\u00e8ce humaine&#8230; nous contribuerons \u00e0 att\u00e9nuer la menace de notre destruction instantan\u00e9e par la guerre scientifique et par le fait m\u00eame \u00e0 r\u00e9duire le risque d&rsquo;un d\u00e9sastre biologique plus graduel.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Les irruptions auxquelles nous assistons en Asie, au Moyen-Orient et en Afrique manifestent entre autres choses une prise de conscience croissante de l&rsquo;in\u00e9galit\u00e9 qui existe entre le niveau de vie de ces contr\u00e9es et celui qui pr\u00e9domine dans les pays riches. Si ces parties du globe ne savent pas grand-chose de la d\u00e9mocratie, ils en savent long sur la faim. Depuis la fin de la seconde guerre mondiale, plus de 800 millions d&rsquo;hommes, dans divers pays du monde, ont acc\u00e9d\u00e9 \u00e0 l&rsquo;ind\u00e9pendance, avec l&rsquo;espoir de s&rsquo;affranchir de la pauvret\u00e9 en devenant ma\u00eetres de leur destin\u00e9e. La plupart d&rsquo;entre eux vivent dans une pauvret\u00e9 extr\u00eame et semblent peu en mesure d&rsquo;assurer leur propre d\u00e9veloppement \u00e9conomique.<\/p>\n<h3>La coop\u00e9ration internationale<\/h3>\n<p>Le probl\u00e8me de la faim ne peut plus \u00eatre laiss\u00e9 \u00e0 l&rsquo;initiative de chaque pays\u00a0; il est maintenant imp\u00e9rieux de faire appel, pour le r\u00e9soudre, \u00e0 la collaboration internationale.<\/p>\n<p>La conscience mondiale s&rsquo;est exprim\u00e9e de fa\u00e7on encourageante dans la Charte des Nations Unies, la D\u00e9claration des droits de l&rsquo;homme et la constitution de l&rsquo;Organisation pour l&rsquo;alimentation et l&rsquo;agriculture. Pour donner suite aux id\u00e9aux formul\u00e9s dans ces documents, l&rsquo;O.N.U. s&rsquo;est donn\u00e9 pour mission de concentrer tous les efforts pendant les ann\u00e9es 60.<\/p>\n<p>L&rsquo;O.A.A. a \u00e9t\u00e9 mise sur pied au cours d&rsquo;une conf\u00e9rence r\u00e9unie \u00e0 Qu\u00e9bec en 1945 en vue d&rsquo;aider les peuples du monde \u00e0 poursuivre et \u00e0 accro\u00eetre leur lutte contre la faim et la sous-alimentation. Ses activit\u00e9s consistent notamment \u00e0 envoyer des techniciens dans les pays sous-d\u00e9velopp\u00e9s pour leur permettre d&rsquo;\u00e9difier eux-m\u00eames leurs services agricoles, \u00e9conomiques, forestiers, alimentaires, etc. C&rsquo;est elle qui a organis\u00e9 le Programme alimentaire mondial, auquel participe le Canada et dont le but est la cr\u00e9ation d&rsquo;une r\u00e9serve de 100 millions de dollars de vivres et de capitaux.<\/p>\n<p>En 1959, les pays membres de l&rsquo;O.A.A. lan\u00e7aient la Campagne pour l&rsquo;affranchissement de la faim, dont l&rsquo;objet est de faire dispara\u00eetre d&rsquo;une fa\u00e7on graduelle et durable la faim parmi les hommes. Il s&rsquo;agit surtout, comme on l&rsquo;a dit, d&rsquo;aider les r\u00e9gions peu d\u00e9velopp\u00e9es \u00e0 s&rsquo;aider elles-m\u00eames en utilisant les moyens offerts dans le cadre de cette Campagne pour mieux mettre leurs ressources humaines et mat\u00e9rielles en valeur. En 1961, les repr\u00e9sentants de 33 organismes canadiens, r\u00e9unis \u00e0 Toronto, formaient le comit\u00e9 canadien de cette campagne\u00a0; \u00e0 l&rsquo;heure actuelle, cinquante soci\u00e9t\u00e9s en font partie.<\/p>\n<p>Un autre programme international, d&rsquo;envergure plus limit\u00e9e, est le Plan de Colombo pour le d\u00e9veloppement \u00e9conomique des pays du Sud-Est asiatique. L&rsquo;id\u00e9e en a \u00e9t\u00e9 con\u00e7ue \u00e0 la r\u00e9union des ministres des Affaires \u00e9trang\u00e8res des pays du Commonwealth en 1950. Le Canada y participe activement par ses contributions et l&rsquo;aide financi\u00e8re qu&rsquo;il apporte aux travaux de mise en valeur. De plus, nos secours en farine et en bl\u00e9 \u00e0 venir jusqu&rsquo;\u00e0 f\u00e9vrier 1964 se sont chiffr\u00e9s \u00e0 $115,370,917. Sur ce montant, 62 millions \u00bd de dollars ont \u00e9t\u00e9 accord\u00e9s \u00e0 l&rsquo;Inde et 35 millions \u00bd au Pakistan. Le reste a \u00e9t\u00e9 r\u00e9parti entre la Birmanie, le Cambodge, Ceylan, l&rsquo;Indon\u00e9sie, le N\u00e9pal et le Viet-nam.<\/p>\n<h3>Impossible de s&rsquo;y soustraire<\/h3>\n<p>Certains penseurs aux vues id\u00e9alistes esp\u00e8rent peut-\u00eatre que les voyages interplan\u00e9taires apporteront quelque soulagement aux pressants probl\u00e8mes de l&rsquo;alimentation et de la population. Et il faut reconna\u00eetre que, dans l&rsquo;histoire du monde, la d\u00e9couverte de continents nouveaux a souvent abouti \u00e0 ce r\u00e9sultat.<\/p>\n<p>Mais le pr\u00e9sident de la <em>British Interplanetary Society <\/em>ne partage pas cet avis. Il serait beaucoup plus facile, dit-il, de faire pousser des roses dans l&rsquo;Antarctique que d&rsquo;\u00e9tablir des colonies nombreuses et capables de se suffire sur des plan\u00e8tes comme Mars. Quoi qu&rsquo;il en soit, l&rsquo;important n&rsquo;est pas d&rsquo;envoyer les gens sur la lune, c&rsquo;est de rendre la terre plus habitable en luttant contre le sous-d\u00e9veloppement, qui est la source m\u00eame de la faim, de la mis\u00e8re et de la surnatalit\u00e9.<\/p>\n<p>C&rsquo;est peut-\u00eatre l\u00e0 un vieux refrain, mais il ne semble pas y avoir de meilleur moyen de sauver l&rsquo;humanit\u00e9. La faim est le probl\u00e8me essentiel de notre temps, et c&rsquo;est de la solution que nous y apporterons au cours des prochaines ann\u00e9es que d\u00e9pendront la survie de l&rsquo;esp\u00e8ce et le bien-\u00eatre des individus.<\/p>\n<p>Les sp\u00e9cialistes nous mettent en garde contre la tentation de nous laisser distraire par le bien-\u00eatre et les r\u00e9alisations techniques des pays d&rsquo;abondance, qui ne repr\u00e9sentent que le tiers de la population mondiale. Ce que nous devons essayer d&rsquo;\u00e9voquer &#8211; et d&rsquo;entendre effectivement un jour &#8211; c&rsquo;est le babil de millions d&rsquo;\u00e9coliers l\u00e0 o\u00f9 il n&rsquo;existait pas d&rsquo;\u00e9coles auparavant\u00a0; le clapotement de l&rsquo;eau dans les nouveaux canaux d&rsquo;irrigation\u00a0; le bruit de millions de charrues modernes creusant des sillons dans la terre nourrici\u00e8re et le meuglement de troupeaux gras et vigoureux sur tous les coteaux.<\/p>\n<p>L&rsquo;homme du peuple ne demande rien d&rsquo;utopique\u00a0; il d\u00e9sire simplement un peu d&rsquo;all\u00e8gement pour aujourd&rsquo;hui et un meilleur sort pour demain. Des centaines de milliers d&rsquo;\u00eatres humains dont les anc\u00eatres acceptaient patiemment leur vie de mis\u00e8re, sont plus ou moins atteints par ce qu&rsquo;on est convenu d&rsquo;appeler la r\u00e9volte des affam\u00e9s. Ce qui n&rsquo;\u00e9tait encore, il y a un quart de si\u00e8cle, qu&rsquo;un r\u00eave lointain est devenu une exigence des plus pressantes.<\/p>\n<p>Le grand historien Arnold Toynbee formule quelque part l&rsquo;espoir que notre si\u00e8cle survivra dans la m\u00e9moire des hommes parce qu&rsquo;il aura \u00e9t\u00e9 le premier dans l&rsquo;histoire o\u00f9 l&rsquo;humanit\u00e9 ait os\u00e9 juger pratique de faire b\u00e9n\u00e9ficier toute l&rsquo;esp\u00e8ce humaine des avantages de la civilisation.<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"author":86,"featured_media":0,"template":"","categories":[1],"rbc_letter_theme":[],"rbc_letter_year":[36],"class_list":["post-2236","rbc_letter","type-rbc_letter","status-publish","hentry","category-uncategorized","rbc_letter_year-36"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO Premium plugin v27.2 (Yoast SEO v27.2) - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-premium-wordpress\/ -->\n<title>Vol. 45, N\u00b0 6 - Juin 1964 - La faim dans le monde - RBC<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-45-n-6-juin-1964-la-faim-dans-le-monde\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Vol. 45, N\u00b0 6 - Juin 1964 - La faim dans le monde\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Nous sommes au seuil de l&rsquo;\u00e8re la plus exaltante, la plus redoutable et pourtant la plus prometteuse de l&rsquo;histoire du monde. 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