{"id":2227,"date":"1952-06-01T00:00:00","date_gmt":"1952-06-01T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/juin-1952-le-progres\/"},"modified":"2022-10-17T18:27:48","modified_gmt":"2022-10-17T18:27:48","slug":"juin-1952-le-progres","status":"publish","type":"rbc_letter","link":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/juin-1952-le-progres\/","title":{"rendered":"Juin 1952 &#8211; Le progr\u00e8s"},"content":{"rendered":"<div id=\"layout-column-main\">\n<p class=\"boldtext\">D&rsquo;abord, il s&rsquo;agit de s&rsquo;entendre sur ce que nous appelons progr\u00e8s.<\/p>\n<p>On ne saurait restreindre l&rsquo;id\u00e9e de progr\u00e8s \u00e0 un seul pays, quoique, naturellement, les r\u00e9sultats soient plus apparents dans un pays que dans un autre. On ne peut pas non plus prendre le bonheur comme mesure, car les imb\u00e9ciles sont plus heureux que les g\u00e9nies. Le seul moyen de juger raisonnablement le progr\u00e8s de l&rsquo;humanit\u00e9 est de consid\u00e9rer la ma\u00eetrise croissante de l&rsquo;homme sur son milieu, sur tout ce qui contribue \u00e0 la r\u00e9alisation de ses d\u00e9sirs.<\/p>\n<p>Un philosophe am\u00e9ricain a dit que le progr\u00e8s est la conqu\u00eate du chaos par l&rsquo;intelligence et la volont\u00e9, la victoire de l&rsquo;esprit sur la mati\u00e8re.<\/p>\n<p>Sous ce rapport, le monde a fait des progr\u00e8s. Nous sommes d\u00e9livr\u00e9s d&rsquo;un grand nombre d&rsquo;anciens maux. La somme de nos capacit\u00e9s est plus grande et la moyenne de notre niveau intellectuel plus \u00e9lev\u00e9e que jamais.<\/p>\n<p>Dans l&rsquo;ensemble, la comparaison de la vie en 1952 avec l&rsquo;ignorance, les superstitions, la brutalit\u00e9 et les maladies des peuples primitifs est r\u00e9confortante, quoique l&rsquo;existence nous paraisse encore pr\u00e9caire et chaotique.<\/p>\n<p>\u00c9videmment, il y a encore des esprits ignorants et des peuples retardataires, mais un nombre incalculable de nos contemporains ont atteint un niveau intellectuel et moral dont les premiers hommes n&rsquo;auraient pu se faire une id\u00e9e.<\/p>\n<p>On s&rsquo;imagine dans chaque si\u00e8cle que la vie n&rsquo;est pas meilleure qu&rsquo;au si\u00e8cle pr\u00e9c\u00e9dent, mais ce n&rsquo;est que par d\u00e9faut de perspective. Les conditions d&rsquo;existence sont de beaucoup sup\u00e9rieures aujourd&rsquo;hui, en moyenne, \u00e0 celles de toute autre \u00e9poque. Tout en nous plaignant de notre sort, nous \u00e9prouvons une certaine satisfaction des progr\u00e8s dans notre culture, et de l&rsquo;am\u00e9lioration, encore trop lente, dans nos rapports avec nos semblables.<\/p>\n<h3>Science<\/h3>\n<p>D&rsquo;aucuns, naturellement, esp\u00e8rent beaucoup trop de la science. Ils voudraient que tous les maux de la terre soient imm\u00e9diatement gu\u00e9ris par des m\u00e9thodes scientifiques. Mais il faut r\u00e9fl\u00e9chir que l&rsquo;homme existe depuis longtemps, peut-\u00eatre un million d&rsquo;ann\u00e9es, et que la science est \u00e0 peine vieille de deux si\u00e8cles. Un \u00e9colier moderne poss\u00e8de une meilleure connaissance de l&rsquo;univers que Ptol\u00e9m\u00e9e, et un simple \u00e9tudiant de nos universit\u00e9s est mieux renseign\u00e9 qu&rsquo;Aristote avec sa vaste intelligence.<\/p>\n<p>Nos anc\u00eatres combattaient la peste en offrant des sacrifices aux dieux\u00a0; nous la gu\u00e9rissons par des mesures sanitaires. En regardant bouillir une marmite, nous avons con\u00e7u l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;utiliser la vapeur comme force motrice\u00a0; en m\u00e9langeant ceci et cela dans une cornue, nous avons d\u00e9couvert la chimie\u00a0; en jouant avec un cerf-volant, nous avons amen\u00e9 l&rsquo;\u00e9lectricit\u00e9 \u00e0 notre port\u00e9e. C&rsquo;est en \u00e9tudiant les lois de la nature et en leur ob\u00e9issant que nous avons fait des progr\u00e8s dans le domaine scientifique. En observant ces lois inexorables, nous les avons asservies \u00e0 notre volont\u00e9.<\/p>\n<h3>Hygi\u00e8ne<\/h3>\n<p>C&rsquo;est incontestablement dans le domaine de l&rsquo;hygi\u00e8ne que nous avons fait le plus de progr\u00e8s. Depuis la premi\u00e8re partie du dix-neuvi\u00e8me si\u00e8cle &#8211; et particuli\u00e8rement depuis une centaine d&rsquo;ann\u00e9es &#8211; nous avons r\u00e9ussi \u00e0 combattre la mort et les maladies, et \u00e0 prolonger la moyenne de la vie.<\/p>\n<p>Rien ne le d\u00e9montre plus clairement que le rapport publi\u00e9 en janvier dernier par le Conseil \u00e9conomique et social des Nations Unies. Ce rapport est intitule <em>Conclusions tir\u00e9es des \u00e9tudes relatives \u00e0 l&rsquo;interd\u00e9pendance des tendances d\u00e9mographiques et des facteurs d&rsquo;ordre \u00e9conomique et social<\/em>.<\/p>\n<h3>Facteurs \u00e9conomiques et sociaux<\/h3>\n<p>Quoique nous ayons peu de d\u00e9tails sur la long\u00e9vit\u00e9 humaine aux premiers si\u00e8cles de l&rsquo;histoire, il est clair que la vie \u00e9tait plut\u00f4t br\u00e8ve. Une petite table pour la Gr\u00e8ce, pr\u00e9par\u00e9e d&rsquo;apr\u00e8s des inscriptions n\u00e9crologiques, indique que la moyenne vers 400 ans avant J.-C. \u00e9tait d&rsquo;environ 30 ans. Au premier si\u00e8cle avant J.-C., elle \u00e9tait d&rsquo;environ 22 ans en \u00c9gypte. En Europe, entre le 13e et le 17e si\u00e8cle, on pouvait s&rsquo;attendre \u00e0 vivre de 20 \u00e0 40 ans, et en Su\u00e8de, au 18e si\u00e8cle, de 33 \u00e0 40 ans.<\/p>\n<p>Il y a l\u00e0 une grande diff\u00e9rence avec la longueur actuelle de la vie dans les pays d&rsquo;Europe et dans les pays d&rsquo;outre-mer habit\u00e9s par les Europ\u00e9ens, dont un grand nombre ont plus de 65 ans. La derni\u00e8re table de mortalit\u00e9 pour le Canada (1947) donne 65.18 ans pour les hommes et 69.05 pour les femmes.<\/p>\n<p>Plusieurs raisons expliquent la diminution des d\u00e9c\u00e8s et la prolongation de la vie\u00a0: progr\u00e8s de la m\u00e9decine, abondance et am\u00e9lioration des aliments, mesures sanitaires, et moins de fatigue dans le travail.<\/p>\n<p>Les auteurs de tous les ouvrages sur le sujet, d&rsquo;apr\u00e8s le rapport d&rsquo;UNESCO, s&rsquo;accordent \u00e0 dire que l&rsquo;importante r\u00e9duction des cas de d\u00e9c\u00e8s, dans les centres culturels d&rsquo;Europe depuis le 18e si\u00e8cle, est due principalement \u00e0 la grande am\u00e9lioration dans la situation \u00e9conomique du peuple.<\/p>\n<p>L&rsquo;industrialisation, le d\u00e9veloppement commercial, et le rendement croissant de l&rsquo;agriculture ont fourni la base \u00e9conomique d&rsquo;une existence plus abondante et plus saine, et pav\u00e9 la voie pour les progr\u00e8s de l&rsquo;hygi\u00e8ne et de la m\u00e9decine qui ont permis de r\u00e9duire les cas de mortalit\u00e9.<\/p>\n<h3>Le monde occidental<\/h3>\n<p>Le progr\u00e8s &#8211; non seulement en hygi\u00e8ne mais dans beaucoup d&rsquo;autres domaines, depuis les deux derniers si\u00e8cles, est l&rsquo;oeuvre de citoyens du monde occidental qui, individuellement et collectivement, en font profiter les habitants des pays retardataires.<\/p>\n<p>Il est important que non seulement les chefs, mais tous les habitants des autres pays, soient au courant de tout ce que l&rsquo;Ouest est en mesure d&rsquo;offrir sous le rapport de conditions d&rsquo;existence, conqu\u00eate de la pauvret\u00e9, instruction et lutte contre les maladies.<\/p>\n<p>Ce que l&rsquo;Ouest a d\u00e9couvert, dit Bertrand Russell dans son livre <em>New Hopes for a Changing World<\/em>, quoique la r\u00e9alisation en soit encore incompl\u00e8te, est une m\u00e9thode par laquelle presque tout le monde puisse avoir assez de biens mat\u00e9riels pour faire son bonheur, sans trop de travail, et avec le degr\u00e9 de culture intellectuelle n\u00e9cessaire pour jouir de ses loisirs.<\/p>\n<p>Cet \u00e9tat de choses, rendu possible par le fait qu&rsquo;un ouvrier peut aujourd&rsquo;hui produire beaucoup plus qu&rsquo;il n&rsquo;en faut pour ses propres besoins, n&rsquo;est pas encore parfait. Il est menac\u00e9 de l&rsquo;ext\u00e9rieur par les envieux, et \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur par ceux chez qui persistent encore des passions primitives.<\/p>\n<h3>La position du Canada<\/h3>\n<p>Il n&rsquo;y a pas si longtemps que les autres pays avaient tendance a regarder, le Canada, simplement comme une source de mati\u00e8res premi\u00e8res. Aujourd&rsquo;hui, le Canada est un pays industriel, remarquable par sa culture et ses progr\u00e8s.<\/p>\n<p>Il y a quatre-vingt-cinq ans que nos provinces ont \u00e9t\u00e9 unies par la conf\u00e9d\u00e9ration. Depuis, nous avons franchi les fronti\u00e8res de la g\u00e9ographie, du climat, de la philosophie et de la coutume pour arriver \u00e0 notre position pr\u00e9sente. Aujourd&rsquo;hui, le Canada est au premier rang des pays qui s&rsquo;efforcent de combattre les vieux pr\u00e9jug\u00e9s, l&rsquo;\u00e9go\u00efsme et l&rsquo;insularit\u00e9, pour permettre au r\u00e9tablissement \u00e9conomique mondial et \u00e0 la stabilit\u00e9, de marcher de pair avec la paix politique.<\/p>\n<p>Dans son message d&rsquo;adieu en f\u00e9vrier dernier, le vicomte Alexander a dit\u00a0: \u00ab\u00a0Aujourd&rsquo;hui, avec seulement 14,000,000 d&rsquo;habitants, le Canada est un des pays les plus riches du monde, et son d\u00e9veloppement ne fait que commencer. La nature a \u00e9t\u00e9 bonne envers les Canadiens, et elle ne saurait avoir choisi un meilleur peuple pour combler de ses bienfaits.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Le peuple canadien a apport\u00e9 de grandes contributions au progr\u00e8s, non seulement de son propre pays, mais du monde entier. Rappelons-en quelques-unes pour nous rafra\u00eechir la m\u00e9moire.<\/p>\n<p>Neuf ans apr\u00e8s la conf\u00e9d\u00e9ration, Alexander Graham Bell fit le premier appel t\u00e9l\u00e9phonique du monde entre deux villes, de Brantford \u00e0 Paris, Ontario, en citant Hamlet dans son soliloque\u00a0: \u00ab\u00a0\u00catre ou ne pas \u00eatre.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>John Wright, de Toronto, imagina la perche de trolley qui permit l&#8217;emploi du tramway \u00e9lectrique. Robert Foulis, de Saint-Jean, N.-B., inventa la sir\u00e8ne \u00e0 vapeur. Le Dr. William Saunders et son fils Charles perfectionn\u00e8rent le bl\u00e9 Marquis, qui a permis d&rsquo;\u00e9tendre le champ des emblavures. L&rsquo;insuline a \u00e9t\u00e9 d\u00e9couverte par le Dr Frederick Banting et Charles Best, et l&rsquo;Institut Banting a vaincu la silicose, cette poussi\u00e8re funeste qui faisait tant de ravages parmi les mineurs. C&rsquo;est au professeur Burton, \u00e0 James Hillier et \u00e0 Albert Prebus que nous devons le microscope \u00e9lectronique qui fait para\u00eetre un cheveu de la grosseur d&rsquo;un poteau de t\u00e9l\u00e9graphe. Et, pour mettre fin \u00e0 des si\u00e8cles d&rsquo;exploration aventureuse, le sergent Harry Larsen, de la Royale Gendarmerie \u00e0 cheval et son \u00e9quipage, accomplirent pour la premi\u00e8re fois le passage du Nord-Ouest de l&rsquo;ouest \u00e0 l&rsquo;est.<\/p>\n<h3>Le Canada \u00e9conomique<\/h3>\n<p>Au premier recensement du Canada en 1666 pour mesurer les progr\u00e8s de la population depuis la fondation de Qu\u00e9bec par Champlain 58 ans auparavant, nous avions 3,215 habitants. Deux cents ans plus tard, nous en avions presque trois millions et demi, et au recensement de l&rsquo;an dernier, 14,009,429.<\/p>\n<p>Comme tous les nouveaux pays, le Canada fut d&rsquo;abord agricole, avec quelques moulins et fabriques. L&rsquo;industrialisation comme nous la concevons aujourd&rsquo;hui, ne commen\u00e7a qu&rsquo;avec l&rsquo;arriv\u00e9e de capitaux de 1900 \u00e0 1913, principalement de Grande-Bretagne, et de 1920 \u00e0 1929, principalement des \u00c9tats-Unis. Depuis la fin de la deuxi\u00e8me guerre mondiale, gr\u00e2ce aux placements domestiques et \u00e9trangers, nous entrons dans ce qui promet \u00eatre une nouvelle \u00e8re de rapide et vaste industrialisation.<\/p>\n<p>Il est facile de d\u00e9montrer les progr\u00e8s industriels du Canada par des chiffres. Notre production nationale brute a mont\u00e9 de $5,956,000,000 en 1929 \u00e0 $17,693,000,000 en 1950 et \u00e0 environ $20,750,000,000 l&rsquo;an dernier. En 1920, la production agricole entrait pour 41.3 pour cent dans la valeur nette de toute la production, et les manufactures pour seulement 32.7 pour cent. En 1948, l&rsquo;agriculture avait baiss\u00e9 \u00e0 21.5 pour cent du total net, tandis que les manufactures avaient mont\u00e9 \u00e0 53.1 pour cent.<\/p>\n<p>Mais les statistiques ne disent pas tout. Les Canadiens ne souhaitent pas une utopie m\u00e9canique. Leur id\u00e9al est un pays mis en valeur par son peuple, en utilisant toute l&rsquo;aide que peut nous fournir la science, mais tout en conservant le riche h\u00e9ritage culturel du pass\u00e9.<\/p>\n<p>Le Canada ne domine pas le monde physique par sa dimension, sa puissance \u00e9conomique, ses forces arm\u00e9es, ou le chiffre de sa population, mais dans le domaine des id\u00e9es, de l&rsquo;humanit\u00e9 et du bien-\u00eatre, il esp\u00e8re continuer \u00e0 ne le c\u00e9der \u00e0 aucun pays du monde.<\/p>\n<h3>Les dangers du progr\u00e8s<\/h3>\n<p>Le progr\u00e8s offre naturellement des dangers. Il n&rsquo;est pas toujours bon pour nous parce qu&rsquo;il rend la vie facile. Si les bienfaits de la civilisation sont plus grands, les d\u00e9sastres possibles le sont \u00e9galement. Tout d\u00e9pend de notre conduite dans ce nouveau milieu. Un savant a dit tristement il n&rsquo;y a pas tr\u00e8s longtemps\u00a0: \u00ab\u00a0Le surhomme a construit l&rsquo;avion, mais l&rsquo;homme-singe s&rsquo;en est empar\u00e9.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Nous avons besoin d&rsquo;autre chose que le progr\u00e8s technique pour \u00eatre s\u00fbrs que le vaste groupe qui compose aujourd&rsquo;hui l&rsquo;humanit\u00e9 ne cause pas sa propre perte. Nos groupes sociaux se sont agrandis\u00a0: de la famille \u00e0 la tribu, de la tribu \u00e0 la nation, de la nation aux Nations Unies. Il s&rsquo;agit maintenant de penser sur une \u00e9chelle \u00e9galement plus grande.<\/p>\n<p>La dictature, qui semble \u00e0 certaines gens un moyen facile de r\u00e9soudre quelques probl\u00e8mes sociaux, \u00e9tait autrefois b\u00e9n\u00e9vole et patriarcale\u00a0; de nos jours, elle a recours \u00e0 d&rsquo;effroyables tortures physiques et morales.<\/p>\n<p>Nous croyions avoir enterr\u00e9 la folie de la dictature sous les ruines de la Chancellerie de Berlin. Aucune hypoth\u00e8se n&rsquo;\u00e9tait plus insens\u00e9e et plus futile que celle fond\u00e9e sur l&rsquo;id\u00e9e de la dictature, id\u00e9e qui promettait le progr\u00e8s et produisait le chaos. Mais cette funeste id\u00e9e a infect\u00e9 plus de la moiti\u00e9 de l&rsquo;Europe.<\/p>\n<p>Les peuples du monde occidental disent qu&rsquo;ils sont pr\u00eats \u00e0 mourir pour l&rsquo;amour de la libert\u00e9. Par cela, ils veulent dire qu&rsquo;ils sont pr\u00eats \u00e0 tout faire pour conserver le genre d&rsquo;existence que la libert\u00e9 rend possible. Ils ont accompli sous le r\u00e9gime de la libert\u00e9 des choses qu&rsquo;ils n&rsquo;auraient pas pu faire dans l&rsquo;esclavage.<\/p>\n<p>La libert\u00e9 n&rsquo;est apr\u00e8s tout qu&rsquo;une porte qui s&rsquo;ouvre. Le monde occidental a franchi cette porte et trouv\u00e9 l&rsquo;occasion de mener une existence a l&rsquo;abri de la faim et du danger, dans le bonheur et l&rsquo;abondance. Aujourd&rsquo;hui, cette civilisation est menac\u00e9e par des agitateurs \u00e9trangers.<\/p>\n<h3>L&rsquo;Utopie<\/h3>\n<p>Au lieu de pr\u00e9f\u00e9rer la dictature \u00e0 la libert\u00e9 et aux responsabilit\u00e9s de la d\u00e9mocratie, certaines gens souhaitent l&rsquo;Utopie. Pour les uns, c&rsquo;est la vie simple de leur jeunesse, les plaisirs innocents, les jeux champ\u00eatres, sans soucis et sans inqui\u00e9tude du lendemain. Pour les autres c&rsquo;est un ch\u00e2teau en Espagne, mais avec tout le confort moderne.<\/p>\n<p>L&rsquo;espoir de trouver une Utopie toute faite a toujours donn\u00e9 lieu au d\u00e9sappointement et \u00e0 la d\u00e9sillusion. L&rsquo;Utopie, comme toute autre cit\u00e9 ou tout autre \u00c9tat, doit d&rsquo;abord \u00eatre construite, et c&rsquo;est \u00e0 nous qu&rsquo;en revient le soin. Cela exige du travail et rien ne sert de rester les bras crois\u00e9s en esp\u00e9rant des jours meilleurs.<\/p>\n<p>Quel que soit notre but, nous partons toujours de l&rsquo;endroit o\u00f9 nous sommes.<\/p>\n<p>Nous nous montrons faibles seulement quand nous ne faisons rien. \u00ab\u00a0C&rsquo;est le destin\u00a0\u00bb est l&rsquo;excuse des esprits pusillanimes. Nous ne nous rendons pas justice quand nous nous abandonnons \u00e0 la destin\u00e9e sans essayer de r\u00e9agir.<\/p>\n<h3>La source du progr\u00e8s<\/h3>\n<p>Au cours de l&rsquo;histoire, grav\u00e9e sur la pierre ou conserv\u00e9e dans les biblioth\u00e8ques, l&rsquo;homme a d\u00e9montr\u00e9 qu&rsquo;il \u00e9tait capable de suppl\u00e9er aux dons de la nature par ses efforts. Tout ce que nous d\u00e9sirons ne provient que de deux seules sources\u00a0: les fruits de la terre et le travail de l&rsquo;homme.<\/p>\n<p>Ce principe exclut tout espoir n\u00e9buleux de rien esp\u00e9rer de la chance, de la routine, ou de quelque source myst\u00e9rieuse. Ne comptons pas sur l&rsquo;aide d&rsquo;un g\u00e9nie bienfaisant. Le passage de notre \u00e9tat actuel \u00e0 un \u00e9tat meilleur exige l&rsquo;exercice de nos muscles ainsi que de notre ing\u00e9niosit\u00e9 et de toutes nos connaissances. Les th\u00e9ories sont insuffisantes\u00a0: le ph\u00e9nom\u00e8ne de l&rsquo;\u00e9lectricit\u00e9 reste le m\u00eame, que nous le consid\u00e9rions comme un fluide, une r\u00e9pulsion de mol\u00e9cules ou les relations de l&rsquo;\u00e9ther. Si quelqu&rsquo;un concevait l&rsquo;\u00e9trange th\u00e9orie que l&rsquo;\u00e9lectricit\u00e9 est un troupeau de ch\u00e8vres invisibles qui dansent le long d&rsquo;un fil avec une rapidit\u00e9 inimaginable, il serait tout de m\u00eame oblig\u00e9 d&rsquo;isoler le fil et d&rsquo;engendrer le courant.<\/p>\n<h3>Nos besoins croissants<\/h3>\n<p>Ce qu&rsquo;il y a de plus curieux dans l&rsquo;histoire est que les soci\u00e9t\u00e9s primitives avaient la sensation de vivre dans l&rsquo;abondance, tandis que, tout en \u00e9tant ostensiblement plus riches aujourd&rsquo;hui, nous \u00e9prouvons une sensation de besoin. Quelques peuplades de l&rsquo;Afrique sont enti\u00e8rement contentes de leur sort, parce qu&rsquo;elles ne connaissent aucune autre existence.<\/p>\n<p>Mais chaque objet nouveau, chaque besoin satisfait fait na\u00eetre chez nous de nouveaux d\u00e9sirs. Nos besoins semblent insatiables.<\/p>\n<p>Depuis quelques ann\u00e9es, les milieux politiques inclinent a l&rsquo;id\u00e9e que les mesures sociales ne sont pas \u00e0 la hauteur des besoins du peuple. En r\u00e9alit\u00e9, les besoins du peuple, y compris une plus grande mesure de loisir, ont augment\u00e9 trop rapidement par rapport aux facilit\u00e9s \u00e9conomiques capables de les satisfaire.<\/p>\n<p>Tout le monde ne partage pas l&rsquo;id\u00e9e que la vraie sagesse ne consiste pas \u00e0 d\u00e9sirer davantage, mais \u00e0 se contenter de moins, quoiqu&rsquo;elle ait du bon. Bien des fois, on trouve plus de plaisir \u00e0 d\u00e9sirer sans poss\u00e9der qu&rsquo;\u00e0 poss\u00e9der sans d\u00e9sirs.<\/p>\n<h3>Qualit\u00e9s humaines<\/h3>\n<p>Heureusement, il existe quelque chose de plus que le d\u00e9sir de poss\u00e9der dans le coeur humain. C&rsquo;est le besoin de perfection, le d\u00e9sir d&rsquo;am\u00e9liorer notre milieu, l&rsquo;ambition de nous perfectionner sous le rapport intellectuel et spirituel.<\/p>\n<p>Chaque pas en avant nous donne une meilleure id\u00e9e de ce qu&rsquo;il nous reste \u00e0 faire. M\u00eame au plus bas de l&rsquo;\u00e9chelle humaine, l&rsquo;homme a toujours eu l&rsquo;ambition de grimper plus haut et la force de le faire. C&rsquo;est un animal progressiste.<\/p>\n<p>Mais il y a cependant des difficult\u00e9s. La vie humaine est faite d&rsquo;une mise au point continuelle des rapports internes aux rapports externes, et cela n&rsquo;est pas aussi facile \u00e0 accomplir que dans l&rsquo;ordre purement mat\u00e9riel.<\/p>\n<p>Il nous reste encore \u00e0 apprendre \u00e0 ne pas mettre entrave aux plaisirs des autres quand leur conduite ne g\u00eane pas trop violemment la n\u00f4tre. Les gens qui nous entourent appartiennent aussi bien que nous \u00e0 l&rsquo;ordre des choses, ils ont les m\u00eames droits que nous, sont nos \u00e9gaux sous tous les rapports, ont droit aux m\u00eames privil\u00e8ges que nous, et ne sont pas plus responsables que nous de leur caract\u00e8re et leur milieu.<\/p>\n<p>Nous faisons des progr\u00e8s dans cet ordre d&rsquo;id\u00e9e. Nous devenons meilleurs chaque jour et de plus en plus tol\u00e9rants. Apr\u00e8s avoir enti\u00e8rement adapt\u00e9 notre conduite et nos id\u00e9es \u00e0 notre milieu tel qu&rsquo;il est, apr\u00e8s avoir appris ses lois et ses particularit\u00e9s, nous serons \u00e0 m\u00eame de modeler le monde selon nos d\u00e9sirs, ou bien, si nous trouvons la t\u00e2che impossible, de nous adapter \u00e0 la situation.<\/p>\n<p>Tout cela peut s&rsquo;exprimer dans une petite pri\u00e8re qui r\u00e9sume toute une philosophie\u00a0: Seigneur, accorde-moi la s\u00e9r\u00e9nit\u00e9 d&rsquo;accepter ce que je ne peux pas changer\u00a0; le courage de changer ce que je peux\u00a0; et la sagesse de voir la diff\u00e9rence.<\/p>\n<h3>Progr\u00e8s social<\/h3>\n<p>Pour mener une vie bien remplie, il faut que chaque \u00eatre humain, \u00e0 sa propre mani\u00e8re, prenne part \u00e0 tout ce qui rend la vie meilleure. Cela commence au sein de la famille, continue par l&rsquo;\u00e9cole et la participation \u00e9conomique, et ensuite par les oeuvres sociales et collectives.<\/p>\n<p>La civilisation est due \u00e0 deux causes principales\u00a0: le foyer familial o\u00f9 est n\u00e9 le sentiment social qui est le ciment de la soci\u00e9t\u00e9, et l&rsquo;agriculture, qui a attach\u00e9 au sol les tribus errantes et leur a permis de construire les \u00e9coles, les \u00e9glises et tout ce qui contribue \u00e0 la culture.<\/p>\n<p>Mais il ne faut pas nous arr\u00eater l\u00e0. Il s&rsquo;agit maintenant d&rsquo;adapter notre soci\u00e9t\u00e9 aux complexit\u00e9s qu&rsquo;a fait na\u00eetre le progr\u00e8s, entre autres, un genre d&rsquo;association et de collaboration sur une plus grande \u00e9chelle que dans la famille, la communaut\u00e9 et la nation, mais de la m\u00eame nature.<\/p>\n<p>Nous avons d\u00e9j\u00e0 commenc\u00e9. L&rsquo;association et la collaboration ont rendu possible le commerce entre campagne et ville, entre provinces et entre nations\u00a0; la collaboration nous a donn\u00e9 des lois qui prot\u00e8gent nos droits et notre personne\u00a0; l&rsquo;association nous a enseign\u00e9 le besoin d&rsquo;\u00e9galit\u00e9 dans la poursuite de la vie, de la libert\u00e9 et du bonheur.<\/p>\n<p>Comme r\u00e9sultat de cette association, nous avons pu nous livrer \u00e0 l&rsquo;acquisition de connaissances qui ont soulev\u00e9 le voile sous lequel une grande partie du globe se d\u00e9robait \u00e0 nos yeux. Nous avons d\u00e9couvert les myst\u00e8res de la chimie et de la physique, et asservi des forces naturelles aupr\u00e8s desquelles toute l&rsquo;\u00e9nergie humaine est insignifiante.<\/p>\n<h3>Nos us et coutumes<\/h3>\n<p>Les Canadiens sont convaincus que leur mani\u00e8re de vivre est sup\u00e9rieure \u00e0 beaucoup d&rsquo;autres. Mais une mani\u00e8re de vivre ne saurait subsister avec succ\u00e8s tant que ce n&rsquo;est qu&rsquo;une simple conviction\u00a0; encore faut-il la sentir profond\u00e9ment et croire profond\u00e9ment \u00e0 sa r\u00e9alit\u00e9. Il est faux et trompeur de peindre notre mode de vie comme quelque chose de charmant, populaire et facile.<\/p>\n<p>La civilisation comporte plus que le t\u00e9l\u00e9phone, les laveuses et la lumi\u00e8re \u00e9lectrique. C&rsquo;est une question d&rsquo;impond\u00e9rables, de plaisirs intellectuels, d&rsquo;amour de la beaut\u00e9, d&rsquo;honneur et de valeurs spirituelles.<\/p>\n<p>Notre mani\u00e8re de vivre n&rsquo;est pas parfaite, mais en somme elle vaut mieux que celle d&rsquo;autrefois et promet de s&rsquo;am\u00e9liorer encore.<\/p>\n<p>Elle offre \u00e0 un plus grand nombre de personnes que jamais la sant\u00e9 au lieu de la maladie, un repas quand on a faim, le repos quand on est fatigu\u00e9, un abri, des loisirs, la sympathie, l&rsquo;amour et la r\u00e9alisation de nombreux d\u00e9sirs.<\/p>\n<p>Notre plus grande erreur serait de nous croire arriv\u00e9s au but de nos efforts. \u00c0 cette \u00e9tape de notre route, d&rsquo;immenses \u00e9tendues se d\u00e9roulent \u00e0 nos yeux. Si nous nous sommes \u00e9gar\u00e9s, t\u00e2chons de regagner le sentiment d&rsquo;entrer dans une nouvelle \u00e9poque historique. Nous apercevons des champs infinis de connaissances \u00e0 explorer, des possibilit\u00e9s innombrables d\u00e9coulant de nos merveilleuses inventions, et l&rsquo;occasion d&rsquo;utiliser toutes ces connaissances et toutes ces d\u00e9couvertes technologiques pour travailler en commun au perfectionnement de notre genre de vie.<\/p>\n<p>En portant nos regards en arri\u00e8re, nous envisageons la naissance du monde, la cr\u00e9ation de l&rsquo;homme, les progr\u00e8s de la civilisation. Actuellement, nous voyons la valeur de la libert\u00e9 humaine, les merveilles de la science et de l&rsquo;art, la profusion de biens mat\u00e9riels pour notre bonheur. En consid\u00e9rant l&rsquo;avenir, nous entendons des voix innombrables entonnant non pas un chant fun\u00e8bre, mais c\u00e9l\u00e9brant une vie de triomphe et d&rsquo;abondance.<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"author":86,"featured_media":0,"template":"","categories":[1],"rbc_letter_theme":[],"rbc_letter_year":[24],"class_list":["post-2227","rbc_letter","type-rbc_letter","status-publish","hentry","category-uncategorized","rbc_letter_year-24"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO Premium plugin v27.2 (Yoast SEO v27.2) - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-premium-wordpress\/ -->\n<title>Juin 1952 - Le progr\u00e8s - RBC<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/juin-1952-le-progres\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Juin 1952 - Le progr\u00e8s\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"D&rsquo;abord, il s&rsquo;agit de s&rsquo;entendre sur ce que nous appelons progr\u00e8s. 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