{"id":2181,"date":"1993-07-01T00:00:00","date_gmt":"1993-07-01T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-74-n-4-juillet-aout-1993-lutilite-de-ladversite\/"},"modified":"2022-10-17T20:42:32","modified_gmt":"2022-10-17T20:42:32","slug":"vol-74-n-4-juillet-aout-1993-lutilite-de-ladversite","status":"publish","type":"rbc_letter","link":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-74-n-4-juillet-aout-1993-lutilite-de-ladversite\/","title":{"rendered":"Vol. 74 N\u00b0 4 &#8211; Juillet\/Ao\u00fbt 1993 &#8211; L&rsquo;utilit\u00e9 de l&rsquo;adversit\u00e9"},"content":{"rendered":"<div id=\"layout-column-main\">\n<p class=\"boldtext\">L&rsquo;infortune peut-elle nous \u00eatre b\u00e9n\u00e9fique\u00a0? Oui, si elle nous motive \u00e0 rem\u00e9dier aux erreurs qui l&rsquo;ont caus\u00e9e. Que nous sachions la surmonter ou qu&rsquo;elle nous abatte, l&rsquo;adversit\u00e9 est l&rsquo;\u00e9preuve ultime, la grande \u00e9ducatrice\u00a0: elle nous enseigne ce qui compte vraiment dans la vie.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0L&rsquo;homme engendre la souffrance comme les \u00e9tincelles volent en l&rsquo;air.\u00a0\u00bb Bien s\u00fbr, l&rsquo;\u00ab\u00a0homme\u00a0\u00bb du Livre de Job englobe tout le genre humain. Aucun \u00eatre, homme ou femme, n&rsquo;a jamais \u00e9chapp\u00e9 enti\u00e8rement \u00e0 la douleur et aux tribulations. Et jamais aucune \u00e9poque de l&rsquo;histoire de l&rsquo;humanit\u00e9 n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 exempte de d\u00e9sordres et de calamit\u00e9s.<\/p>\n<p>Des millions de pages de chroniques, des kilom\u00e8tres de films documentaires attestent que l&rsquo;adversit\u00e9 ponctue toute vie humaine. Aussi est-il \u00e9trange que les difficult\u00e9s, bien qu&rsquo;in\u00e9vitables, nous prennent si souvent au d\u00e9pourvu. Tels les cyclones, les revers de fortune sont d&rsquo;autant plus d\u00e9vastateurs que l&rsquo;on a n\u00e9glig\u00e9 de s&rsquo;y pr\u00e9parer; mais malgr\u00e9 la quasi-certitude que des \u00e9v\u00e9nements impr\u00e9vus viendront troubler notre destin, nous agissons trop souvent comme si le vent ne devait plus jamais se d\u00e9cha\u00eener et qu&rsquo;une tente fragile suffisait \u00e0 nous garantir des \u00e9l\u00e9ments.<\/p>\n<p>Par exemple, le simple bon sens nous dit que nous ne sommes pas \u00e0 l&rsquo;abri d&rsquo;un accident ou d&rsquo;un probl\u00e8me de sant\u00e9; cette \u00e9vidence devrait nous engager \u00e0 agir de fa\u00e7on \u00e0 ne pas les provoquer ou les aggraver. Et, \u00e0 moins d&rsquo;\u00eatre l&rsquo;un des rares privil\u00e9gi\u00e9s de la fortune, nous pouvons tous avoir \u00e0 affronter des revers financiers. Nous savons que, quand les temps sont favorables, nous devrions accumuler des ressources en pr\u00e9vision du lendemain.<\/p>\n<p>L&rsquo;adversit\u00e9 pouvant surgir n&rsquo;importe quand, il est difficile de comprendre que si peu d&rsquo;entre nous prennent des pr\u00e9cautions fondamentales pour en att\u00e9nuer les effets. La raison en est, bien s\u00fbr, l&rsquo;optimisme naturel de l&rsquo;homme\u00a0: notre instinct nous chuchote que le malheur ne peut pas nous toucher ou, \u00e0 tout le moins, que nous saurons y rem\u00e9dier.<\/p>\n<p>Cette fa\u00e7on de voir semble particuli\u00e8rement r\u00e9pandue de nos jours dans les soci\u00e9t\u00e9s occidentales. Des g\u00e9n\u00e9rations enti\u00e8res y ont grandi avec la vague conviction que, contre toute \u00e9vidence, la souffrance ne peut pas nous atteindre. Et il est vrai que les progr\u00e8s fulgurants de la m\u00e9decine semblent justifier l&rsquo;esp\u00e9rance d&rsquo;une sant\u00e9 quasi inalt\u00e9rable et, jusqu&rsquo;\u00e0 tout r\u00e9cemment, la r\u00e9gularit\u00e9 de la croissance \u00e9conomique ouvrait \u00e0 la plupart des travailleurs la perspective d&rsquo;une s\u00e9curit\u00e9 financi\u00e8re raisonnable pour toute leur existence.<\/p>\n<p>Les bouleversements \u00e9conomiques de ces derni\u00e8res ann\u00e9es ont quelque peu mod\u00e9r\u00e9 les attentes des masses, mais pas les promesses des m\u00e9dias. En d\u00e9pit de l&rsquo;avalanche de trag\u00e9dies et de conflits arm\u00e9s qu&rsquo;ils rapportent, ceux-ci n&rsquo;en continuent pas moins \u00e0 r\u00e9pandre l&rsquo;impression que les \u00eatres humains peuvent passer leur existence enti\u00e8re \u00e0 l&rsquo;abri des difficult\u00e9s.<\/p>\n<p>\u00c0 la t\u00e9l\u00e9vision et dans les revues sur papier glac\u00e9, la publicit\u00e9 ne pr\u00e9sente gu\u00e8re que des gens pour lesquels les seules entraves au bonheur parfait sont une haleine peu engageante ou des pellicules dans les cheveux. Quant aux com\u00e9dies de situation de la t\u00e9l\u00e9vision, elles nous transportent dans un monde o\u00f9 la f\u00e9licit\u00e9, qui est de r\u00e8gle, est rehauss\u00e9e par le piquant que lui donnent des embarras anodins.<\/p>\n<p>Les citoyens imaginaires du royaume de la t\u00e9l\u00e9vision ne tirent que rarement le diable par la queue; ils ont des emplois fascinants, resplendissent de sant\u00e9, sont beaux et trouvent facilement \u00e0 aimer et \u00eatre aim\u00e9s. Leurs probl\u00e8mes ne sont le plus souvent que des obstacles stimulants.<\/p>\n<p>Implicitement, ces images vous convainquent que si vous n&rsquo;\u00eates pas heureux, en bonne sant\u00e9 et mat\u00e9riellement assez \u00e0 l&rsquo;aise, votre vie n&rsquo;est pas digne de la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 laquelle vous appartenez. Dans un r\u00e9cent article de la revue Esquire, Tad Friend affirme que les com\u00e9dies de situation \u00e9tablissent la norme d&rsquo;apr\u00e8s laquelle les t\u00e9l\u00e9spectateurs \u00e9valuent leur place dans le monde. Les personnages de ces \u00e9missions sont si familiers que les spectateurs les consid\u00e8rent comme leurs amis et leurs semblables.<\/p>\n<p>Or, il est tentant mais dangereux de croire que le genre de vie pr\u00e9sent\u00e9 par ces \u00e9missions est r\u00e9aliste et que seules les aberrations du destin vous privent du contentement permanent auquel chacun a droit. Si sa vie n&rsquo;est pas conforme aux fantaisies de l&rsquo;\u00e9cran, le spectateur a l&rsquo;impression d&rsquo;\u00eatre victime d&rsquo;une injustice.<\/p>\n<h3>Pour \u00e9viter de s&rsquo;apitoyer sur soi-m\u00eame, rien ne vaut l&rsquo;aptitude \u00e0 rire de ses malheurs.<\/h3>\n<p>Le bonheur abonde dans le monde, bien s\u00fbr, mais il n&rsquo;est certainement ni constant ni universel. Cette impression que le genre humain vit normalement dans le contentement explique peut- \u00eatre pourquoi beaucoup de jeunes \u00e9lev\u00e9s devant la t\u00e9l\u00e9vision semblent souffrir de d\u00e9pression profonde quand ils se heurtent \u00e0 des obstacles dont les g\u00e9n\u00e9rations pr\u00e9c\u00e9dentes s&rsquo;accommodaient assez bien.<\/p>\n<p>Le vaste monde de la r\u00e9alit\u00e9 est rempli d&#8217;emb\u00fbches. Il est boulevers\u00e9 par des cataclysmes sociaux, politiques et \u00e9conomiques; les relations interpersonnelles tournent \u00e0 l&rsquo;hostilit\u00e9 et engendrent l&rsquo;amertume; les gens tombent malades, sont frapp\u00e9s par le deuil, perdent de l&rsquo;argent ou leur emploi.<\/p>\n<p>Comme ces vicissitudes ne peuvent pas \u00eatre \u00e9vit\u00e9es ni ignor\u00e9es, notre seul choix consiste \u00e0 nous laisser abattre ou \u00e0 les surmonter; pour le faire, il faut s&rsquo;y pr\u00e9parer, non seulement physiquement et financi\u00e8rement, mais aussi psychologiquement.<\/p>\n<p>Comme l&rsquo;a \u00e9crit la romanci\u00e8re am\u00e9ricaine Ellen Glasgow, \u00ab\u00a0La vie n&rsquo;est jamais si dure que l&rsquo;on ne puisse l&rsquo;adoucir en la prenant du bon c\u00f4t\u00e9\u00a0\u00bb. Etre philosophe, c&rsquo;est avant tout ne jamais se demander \u00ab\u00a0Pourquoi moi\u00a0?\u00a0\u00bb; c&rsquo;est ne jamais s&rsquo;imaginer que le sort s&rsquo;acharne contre vous. Chacun a ses probl\u00e8mes, dit-on; ceux des autres vous montreront en g\u00e9n\u00e9ral que les v\u00f4tres sont bien insignifiants. Comme celui de l&rsquo;homme qui se d\u00e9sesp\u00e9rait de manquer de chaussures jusqu&rsquo;\u00e0 ce qu&rsquo;il rencontre quelqu&rsquo;un qui n&rsquo;avait pas de pieds.<\/p>\n<p>Il n&rsquo;est pas r\u00e9aliste d&rsquo;\u00e9valuer notre situation par rapport \u00e0 des normes de bonheur imaginaires cr\u00e9\u00e9es par la t\u00e9l\u00e9vision ou par d&rsquo;autres personnes. Le malheur r\u00e9sulte trop souvent de l&rsquo;impression superficielle que d&rsquo;autres ont plus de chance que nous. Si nous pouvions lire dans le coeur des personnes que nous envions, peut- \u00eatre changerions-nous d&rsquo;avis. \u00ab\u00a0Personne dans le monde n&rsquo;est plus malheureux que bien des gens qu&rsquo;on s&rsquo;imagine \u00eatre heureux\u00a0\u00bb, a observ\u00e9 S\u00e9n\u00e8que.<\/p>\n<p>Socrate a dit\u00a0: \u00ab\u00a0Si l&rsquo;on pouvait empiler tous les soucis des hommes en un endroit commun pour les redistribuer \u00e9galement entre chacun, la plupart seraient heureux de ne reprendre que les leurs\u00a0\u00bb. C&rsquo;est en situant ainsi les choses dans une juste perspective que l&rsquo;on peut le mieux \u00e9valuer la gravit\u00e9 d&rsquo;un mauvais pas. Prendre du recul est la meilleure d\u00e9fense contre la force destructrice de la piti\u00e9 de soi; et mieux vaut rire de ses malheurs que de les prendre trop au s\u00e9rieux. \u00ab\u00a0L&rsquo;humour nourrit et d\u00e9salt\u00e8re celui qui a faim et soif\u00a0\u00bb, a dit Henry Ware.<\/p>\n<p>Les gens sont trop souvent enclins \u00e0 observer leurs malheurs \u00e0 travers la lentille d\u00e9formante du pessimisme. Ils feraient mieux d&rsquo;en voir les bons c\u00f4t\u00e9s. \u00ab\u00a0Quand s&rsquo;abat un d\u00e9sastre, il est important de ne pas oublier les malheurs \u00e9vit\u00e9s\u00a0\u00bb, a \u00e9crit Samuel Johnson. Peut-\u00eatre vous reste-t-il entre autres votre int\u00e9grit\u00e9 et l&rsquo;amour du prochain&#8230; et c&rsquo;est cela qui compte vraiment dans la vie.<\/p>\n<p>Les mauvais moments peuvent tout au moins nous enseigner l&rsquo;importance de la pr\u00e9voyance. \u00ab\u00a0Quelque douloureuse que puisse \u00eatre la souffrance, elle est un bienfait car elle nous r\u00e9v\u00e8le la maladie et contribue \u00e0 notre gu\u00e9rison\u00a0\u00bb, a \u00e9crit John Tillotson, le c\u00e9l\u00e8bre pr\u00e9dicateur du XVIIe si\u00e8cle, archev\u00eaque de Cantorb\u00e9ry.<\/p>\n<p>Quand les \u00e9v\u00e9nements tournent contre nous, il est bon d&rsquo;essayer de comprendre dans quelle mesure nous en portons la responsabilit\u00e9, ne serait-ce que pour ne pas recommencer. Sinon, nous risquons de les excuser en bl\u00e2mant le sort. \u00ab\u00a0L&rsquo;on confond trop souvent la n\u00e9gligence et le destin\u00a0\u00bb, observe l&rsquo;humoriste am\u00e9ricain Kin Hubbard.<\/p>\n<p>Par contre, l&rsquo;adversit\u00e9 n&rsquo;est pas toujours l&rsquo;aboutissement de notre impr\u00e9voyance, et bien des gens \u00e9prouvent inutilement du remord d&rsquo;avoir caus\u00e9 des \u00e9v\u00e9nements sur lesquels ils n&rsquo;auraient pu agir en aucune fa\u00e7on. Il n&rsquo;est pas rare, par exemple, que des parents se reprochent ind\u00fbment les \u00e9checs de leurs enfants, ou que des survivants s&rsquo;accusent d&rsquo;avoir caus\u00e9 le d\u00e9c\u00e8s d&rsquo;un membre de leur famille. Mais les gens rejettent bien plus souvent la faute de leurs malheurs sur des tiers.<\/p>\n<p>Dans les salons, l&rsquo;usage veut que tous les maux du monde soient attribu\u00e9s aux hommes politiques ou \u00e0 des entit\u00e9s insaisissables telles que \u00ab\u00a0le syst\u00e8me\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0on\u00a0\u00bb. Quand tout va mal, on cherche un bouc \u00e9missaire; ces victimes commodes nous apportent un soulagement temporaire, mais les probl\u00e8mes restent entiers.<\/p>\n<p>L&rsquo;\u00e9nergie d\u00e9pens\u00e9e \u00e0 accuser les autres serait mieux employ\u00e9e \u00e0 tenter de surmonter les difficult\u00e9s de chacun. Mais si vous croyez vraiment que les autorit\u00e9s sont aveugles ou hostiles \u00e0 vos int\u00e9r\u00eats, il s&rsquo;ensuit qu&rsquo;il est futile de r\u00e9agir car elles vous \u00e9craseront de nouveau \u00e0 la premi\u00e8re occasion. Cette r\u00e9action fataliste est celle qui a conduit les Grecs de l&rsquo;antiquit\u00e9 \u00e0 conclure qu&rsquo;il \u00e9tait inutile de lutter contre des dieux.<\/p>\n<p>Le fatalisme m\u00e8ne \u00e0 l&rsquo;amertume, caract\u00e9ristique des d\u00e9faitistes chroniques. Ceux-ci pr\u00e9tendent immanquablement qu&rsquo;ils n&rsquo;ont pas de chance ou se trouvaient au mauvais endroit au moment fatidique. Se convaincre que le destin est immuable ouvre toute grande la porte de l&rsquo;inaction et de l&rsquo;indolence. Et comme les probl\u00e8mes ont tendance \u00e0 s&rsquo;accumuler, le fatalisme pr\u00e9pare des difficult\u00e9s nouvelles. Il vous excuse de laisser pourrir la situation.<\/p>\n<p>Sans doute la plupart des religions nous encouragent-elles \u00e0 accepter la volont\u00e9 divine, mais l&rsquo;abn\u00e9gation n&rsquo;est pas cette superstition aveugle qui nous emp\u00eache de contempler notre destin et de vouloir l&rsquo;infl\u00e9chir. Dans la Bible, lorsque Job, un homme juste et fortun\u00e9, perd ses biens et est atteint de maladies horribles, il n&rsquo;en conclut pas aussit\u00f4t qu&rsquo;il est la victime impuissante de forces invisibles. Il se demande d&rsquo;abord quelles fautes il a commises et interroge ses amis sur les causes de ses afflictions. Bien que tent\u00e9 d&rsquo;abandonner sa foi, il se montre finalement magnanime envers l&rsquo;adversit\u00e9. Comment l&rsquo;homme peut-il \u00eatre assez arrogant, dit-il, pour prendre le bien de la main de Dieu, mais refuser le mal\u00a0? Ce que le Seigneur donne, il peut aussi le reprendre.<\/p>\n<p>La conviction que la souffrance nous est donn\u00e9e pour mettre \u00e0 l&rsquo;\u00e9preuve notre foi apporte aux vrais croyants la force spirituelle n\u00e9cessaire pour supporter l&rsquo;adversit\u00e9. Ce n&rsquo;est que si l&rsquo;on pense que les \u00e9preuves n&rsquo;ont aucun sens et frappent au hasard qu&rsquo;elles semblent trop lourdes \u00e0 supporter.<\/p>\n<h3>Apprendre \u00e0 accepter l&rsquo;adversit\u00e9 comme un mal n\u00e9cessaire.<\/h3>\n<p>Certains th\u00e9ologiens sont d&rsquo;avis que l&rsquo;adversit\u00e9 est essentielle au bon fonctionnement de l&rsquo;univers, qu&rsquo;elle est litt\u00e9ralement un mal n\u00e9cessaire. En l&rsquo;absence d&rsquo;une certaine tension entre le bien et le mal, pensent-ils, tout le Plan divin s&rsquo;effondrerait.<\/p>\n<p>Richard Cumberland, pr\u00e9lat et philosophe anglais du XVIIe si\u00e8cle, avan\u00e7ait une th\u00e9orie sur une bont\u00e9 universelle incorporant certains \u00e9l\u00e9ments de mal. \u00ab\u00a0Je ne tiens pas \u00e0 risquer de me faire juger na\u00eff en soutenant que tout le mal dont souffre l&rsquo;homme est un bien d\u00e9guis\u00e9; mais je pense que l&rsquo;homme qui prend le mal aussi bien que possible est sage et bon\u00a0\u00bb, a-t-il \u00e9crit. L&rsquo;adversit\u00e9 semble sans aucun doute n\u00e9cessaire \u00e0 l&rsquo;acquisition de l&rsquo;humilit\u00e9, fondement de l&rsquo;enrichissement spirituel. Les hommes et les femmes qui consacrent leur vie \u00e0 prier Dieu s&rsquo;imposent fr\u00e9quemment des privations extr\u00eames. Les la\u00efcs pieux je\u00fbnent aussi \u00e0 l&rsquo;occasion car ils sentent que le bien-\u00eatre mat\u00e9riel freine leur d\u00e9veloppement spirituel.<\/p>\n<p>Mais la plupart des gens ne ressentent en aucune fa\u00e7on le besoin de rechercher l&rsquo;adversit\u00e9; nous savons trop bien qu&rsquo;elle viendra sans invitation. Mais \u00e0 ceux qui se demandent pourquoi les moines, les religieuses et les p\u00e8lerins cultivent d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment la souffrance, il est facile de r\u00e9pondre\u00a0: l&rsquo;adversit\u00e9 rend les gens meilleurs.<\/p>\n<h3>Les actes les plus nobles de l&rsquo;humanit\u00e9 ont \u00e9t\u00e9 accomplis dans des circonstances exceptionnellement difficiles.<\/h3>\n<p>\u00ab\u00a0Laisse-moi t&#8217;embrasser, adversit\u00e9 rev\u00eache, car les sages affirment qu&rsquo;il est sage de le faire\u00a0\u00bb, invoque le roi Henry VI de William Shakespeare dans son d\u00e9sespoir. Et de grands penseurs ont, au cours des si\u00e8cles, enseign\u00e9 que les hommes et les femmes ont besoin de souffrir pour d\u00e9couvrir leurs qualit\u00e9s les plus pr\u00e9cieuses. Un vieux proverbe chinois exprime cette id\u00e9e en termes imag\u00e9s\u00a0: \u00ab\u00a0On ne polit pas un joyau sans le frotter; ni un homme sans l&rsquo;exposer \u00e0 la difficult\u00e9.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>L&rsquo;inverse est vrai aussi, bien s\u00fbr\u00a0: de la m\u00eame fa\u00e7on que le meulage r\u00e9v\u00e8le les failles d&rsquo;une pierre et la brise, ainsi l&rsquo;adversit\u00e9 fait ressortir les vices du caract\u00e8re, g\u00e9n\u00e9ralement exacerb\u00e9s par les l\u00e2chet\u00e9s pass\u00e9es. Certaines personnes se laissent abattre par les probl\u00e8mes&#8230; \u00e0 l&rsquo;extr\u00eame, au point de perdre le go\u00fbt de vivre.<\/p>\n<p>Leur suicide peut \u00eatre rapide; il peut aussi prendre la forme d&rsquo;une longue agonie, surtout si la victime se d\u00e9truit \u00e0 force de s&rsquo;apitoyer sur son sort. Ces gens ont tendance \u00e0 adopter des comportements qui dissimulent temporairement leurs sentiments mais qui finissent par miner leur sant\u00e9 physique et mentale.<\/p>\n<p>Mais face \u00e0 l&rsquo;adversit\u00e9, la plupart des \u00eatres humains r\u00e9agissent avec courage. Leurs actes les plus nobles ont \u00e9t\u00e9 accomplis dans des situations graves, telles que des d\u00e9sastres naturels ou des guerres. Entre voisins, ils ne s&rsquo;entraident jamais autant que dans les circonstances difficiles. En temps de crise, les gens ordinaires se d\u00e9couvrent souvent une bravoure et une adaptabilit\u00e9 insoup\u00e7onn\u00e9es. C&rsquo;est l&rsquo;adversit\u00e9 qui fait les h\u00e9ros.<\/p>\n<p>Mais si les situations exceptionnelles r\u00e9v\u00e8lent les h\u00e9ros, la vie facile expose au contraire les plus grandes faiblesses. L&rsquo;homme se laisse aller quand rien ne l&#8217;emp\u00eache de s&rsquo;abandonner \u00e0 ses d\u00e9sirs. \u00ab\u00a0Rien ne r\u00e9v\u00e8le mieux les vices que la prosp\u00e9rit\u00e9, ni la vertu que l&rsquo;adversit\u00e9\u00a0\u00bb, a \u00e9crit Francis Bacon.<\/p>\n<p>Les chroniques mondaines l&rsquo;illustrent \u00e9loquemment; elles nous informent du quatri\u00e8me ou cinqui\u00e8me mariage insipide d&rsquo;une actrice c\u00e9l\u00e8bre, des probl\u00e8mes de narcomanie d&rsquo;une vedette du rock, des scandales du plus r\u00e9cent don Juan \u00e0 la mode. Au contraire, l&rsquo;adversit\u00e9 r\u00e9v\u00e8le certaines des personnalit\u00e9s les plus admirables&#8230; un handicap\u00e9 ayant surmont\u00e9 des obstacles incroyables pour atteindre un but ambitieux, une m\u00e8re sans ressources qui se prive pour donner une solide \u00e9ducation \u00e0 ses enfants, un athl\u00e8te qui triomphe en d\u00e9pit d&rsquo;une grave blessure.<\/p>\n<p>Dans As You Like It, Shakespeare parle de \u00ab\u00a0l&rsquo;utilit\u00e9 de l&rsquo;adversit\u00e9\u00a0\u00bb, notion qui peut sembler contradictoire au premier abord. De quelle utilit\u00e9, en effet, peuvent \u00eatre des circonstances causant des pertes et des souffrances\u00a0? Mais \u00e0 bien y penser, l&rsquo;adversit\u00e9 n&rsquo;est pas seulement utile; elle est un facteur essentiel du progr\u00e8s. Des sept merveilles du monde ancien aux perc\u00e9es les plus r\u00e9centes de la science m\u00e9dicale, aucune r\u00e9ussite, dans aucun domaine, n&rsquo;a jamais \u00e9t\u00e9 atteinte sans frustrations ni travail ardu.<\/p>\n<h3>Le v\u00e9ritable test n&rsquo;est pas d&rsquo;\u00e9viter le terrain difficile, mais de s&rsquo;en arracher quand on y est tomb\u00e9.<\/h3>\n<p>L&rsquo;adversit\u00e9 cr\u00e9e la r\u00e9sistance n\u00e9cessaire pour causer la tension cr\u00e9atrice. Quand tout va bien, rien ne nous pousse \u00e0 am\u00e9liorer la situation ou \u00e0 redresser les torts. L&rsquo;adversit\u00e9 est donc l&rsquo;impulsion qui nous conduit \u00e0 vouloir une soci\u00e9t\u00e9 plus juste et mieux organis\u00e9e. Car les soci\u00e9t\u00e9s r\u00e9agissent comme les individus\u00a0: celles qui se heurtent \u00e0 peu de r\u00e9sistance dans la recherche de leurs objectifs adoptent des attitudes qui masquent leurs faiblesses et encouragent l&rsquo;arrogance et la vanit\u00e9.<\/p>\n<p>L&rsquo;adversit\u00e9 nous emp\u00eache de nous \u00ab\u00a0avachir\u00a0\u00bb, collectivement comme individuellement. Les muscles qu&rsquo;on n&rsquo;exerce pas se rel\u00e2chent et faiblissent, mais l&rsquo;exercice n\u00e9cessaire pour les entretenir exige des efforts. En endurcissant les fibres de notre organisme, nous accroissons la r\u00e9sistance qui nous permettra de r\u00e9sister \u00e0 la maladie.<\/p>\n<p>Comme les entra\u00eeneurs aiment \u00e0 le r\u00e9p\u00e9ter, \u00ab\u00a0pas de souffrance, pas de progr\u00e8s\u00a0\u00bb; seuls les d\u00e9fis nous forcent \u00e0 donner le meilleur de nous-m\u00eames. Les sports de comp\u00e9tition sont plus efficaces encore \u00e0 cet \u00e9gard, puisqu&rsquo;ils opposent les joueurs \u00e0 des adversaires. Ils mettent donc \u00e0 l&rsquo;\u00e9preuve non seulement leur force physique, mais leur force de caract\u00e8re. \u00ab\u00a0Aimez votre adversaire\u00a0\u00bb, conseille un entra\u00eeneur de football am\u00e9ricain \u00e0 son \u00e9quipe. \u00ab\u00a0C&rsquo;est \u00e0 lui que vous devez de jouer aussi bien.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Les sports montrent que l&rsquo;homme recherche l&rsquo;adversit\u00e9. Bien souvent, l&rsquo;amateur qui s&rsquo;adonne \u00e0 un sport \u00ab\u00a0pour s&rsquo;amuser\u00a0\u00bb le fait pour compenser l&rsquo;absence de d\u00e9fis dans sa vie quotidienne. Son passe- temps met \u00e0 l&rsquo;\u00e9preuve ses aptitudes physiques et morales. Les r\u00e8gles des sports accroissent d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment la difficult\u00e9 de t\u00e2ches qui pourraient autrement \u00eatre trop faciles. Les sports nous donnent des le\u00e7ons de vie. Comme l&rsquo;a \u00e9crit John H. Moore \u00e0 propos de son sport favori, \u00ab\u00a0Au golf comme dans la vie, le v\u00e9ritable test n&rsquo;est pas d&rsquo;\u00e9viter le terrain difficile, mais de s&rsquo;en arracher quand on y est tomb\u00e9.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Dans le monde du travail, les difficult\u00e9s peuvent galvaniser les attitudes. Alors que les moments faciles assoupissent l&rsquo;esprit, les obstacles le stimulent. Les r\u00e9sistances \u00e9veillent notre esprit d&rsquo;entreprise et notre cr\u00e9ativit\u00e9, r\u00e9v\u00e9lant des ressources int\u00e9rieures jusque-l\u00e0 ignor\u00e9es. Les annales du monde des affaires fourmillent d&rsquo;anecdotes sur des gens qui, ayant perdu leur emploi, ont fait fortune ailleurs. L&rsquo;inhumanit\u00e9 apparente de leur employeur s&rsquo;est av\u00e9r\u00e9e avoir \u00e9t\u00e9 le plus grand service qu&rsquo;on leur ait jamais rendu.<\/p>\n<p>L&rsquo;adversit\u00e9 nous pr\u00e9pare \u00e0 mieux profiter de la prosp\u00e9rit\u00e9 quand notre situation s&rsquo;am\u00e9liore. Si vous ne vous abandonnez pas au d\u00e9sespoir quand tout semble perdu, vous pouvez r\u00e9sister aussi \u00e0 la tentation de commettre des exc\u00e8s quand la fortune vous sourit. Les hauts et les bas de la vie nous aident \u00e0 d\u00e9couvrir nos forces et nos faiblesses. \u00ab\u00a0Quiconque n&rsquo;a pas connu le malheur ne se conna\u00eet pas lui-m\u00eame, ni sa propre vertu\u00a0\u00bb, a \u00e9crit le po\u00e8te \u00e9cossais David Mallet.<\/p>\n<p>Si les tribulations nous permettent de mieux nous conna\u00eetre, elles nous r\u00e9v\u00e8lent aussi nos vrais amis. L&rsquo;adversit\u00e9 est un purgatif b\u00e9n\u00e9fique qui \u00e9limine les aspects inessentiels de la vie, y compris les relations vaines que nous \u00e9tablissons quand tout va bien. L&rsquo;amour sans sinc\u00e9rit\u00e9 ne r\u00e9siste pas \u00e0 l&rsquo;\u00e9preuve de la souffrance. Quand deux \u00eatres s&rsquo;aiment vraiment, ils partagent les mauvais moments.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Pour aimer l&rsquo;humanit\u00e9 enti\u00e8re, il suffit d&rsquo;\u00eatre heureux; mais pour percer les secrets de l&rsquo;humanit\u00e9 et de la vie, et plus encore nos pens\u00e9es intimes, il est essentiel de souffrir\u00a0\u00bb, a \u00e9crit le philosophe allemand Jean Paul Richter. Un homme ou une femme qui se rel\u00e8ve d&rsquo;un \u00e9chec, qui pers\u00e9v\u00e8re contre un encha\u00eenement d&rsquo;obstacles et de malheurs, est merveilleusement plac\u00e9 pour comprendre ce que ressentent les autres dans un monde sans merci.<\/p>\n<p>L&rsquo;adversit\u00e9 nous aide \u00e0 d\u00e9velopper notre empathie et notre sens de la charit\u00e9. Le d\u00e9veloppement de la sensibilit\u00e9, de l&rsquo;amour et de la compassion envers nos semblables est sans aucun doute l&rsquo;un des plus grands bienfaits de l&rsquo;adversit\u00e9.<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"author":86,"featured_media":0,"template":"","categories":[1],"rbc_letter_theme":[],"rbc_letter_year":[74],"class_list":["post-2181","rbc_letter","type-rbc_letter","status-publish","hentry","category-uncategorized","rbc_letter_year-74"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO Premium plugin v27.2 (Yoast SEO v27.2) - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-premium-wordpress\/ -->\n<title>Vol. 74 N\u00b0 4 - Juillet\/Ao\u00fbt 1993 - L&#039;utilit\u00e9 de l&#039;adversit\u00e9 - RBC<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-74-n-4-juillet-aout-1993-lutilite-de-ladversite\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Vol. 74 N\u00b0 4 - Juillet\/Ao\u00fbt 1993 - L&#039;utilit\u00e9 de l&#039;adversit\u00e9\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"L&rsquo;infortune peut-elle nous \u00eatre b\u00e9n\u00e9fique\u00a0? 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