{"id":2180,"date":"1992-07-01T00:00:00","date_gmt":"1992-07-01T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-73-n-4-juillet-aout-1992-eloge-de-montreal\/"},"modified":"2022-10-17T20:40:47","modified_gmt":"2022-10-17T20:40:47","slug":"vol-73-n-4-juillet-aout-1992-eloge-de-montreal","status":"publish","type":"rbc_letter","link":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-73-n-4-juillet-aout-1992-eloge-de-montreal\/","title":{"rendered":"Vol. 73 N\u00b0 4 &#8211; Juillet\/Ao\u00fbt 1992 &#8211; \u00c9loge de Montr\u00e9al"},"content":{"rendered":"<div id=\"layout-column-main\">\n<p class=\"boldtext\">350 ans d\u00e9j\u00e0\u00a0! C&rsquo;est \u00e0 juste titre que la grande m\u00e9tropole sur le Saint-Laurent peut c\u00e9l\u00e9brer cette r\u00e9ussite \u00e9clatante\u00a0: une soci\u00e9t\u00e9 construite sur la compr\u00e9hension, la tol\u00e9rance et la g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9. Voil\u00e0 l&rsquo;esprit de Montr\u00e9al et l&rsquo;exemple qu&rsquo;elle propose au monde.<\/p>\n<p>Montr\u00e9al n&rsquo;est vraiment pas une ville ordinaire. Son anciennet\u00e9 d&rsquo;abord la distingue de la plupart des villes nord-am\u00e9ricaines qui, \u00e0 la comparaison, font figure de nourrissons. C&rsquo;est aussi le lieu de tous les paradoxes\u00a0: la deuxi\u00e8me ville fran\u00e7aise au monde en importance est sise au milieu d&rsquo;un continent d&rsquo;anglophones; c&rsquo;est un grand port de mer international \u00e0 1 600 kilom\u00e8tres de la c\u00f4te; la plaque-tournante d&rsquo;importants r\u00e9seaux de transport est une \u00eele au milieu d&rsquo;un grand fleuve au cours tumultueux.<\/p>\n<p>Il sied donc que la chronique d&rsquo;un lieu aussi invraisemblable commence par un myst\u00e8re. Remontant le Saint-Laurent \u00e0 partir de Qu\u00e9bec en octobre 1534, Jacques Cartier d\u00e9couvre ici une bourgade que ses habitants, mille environ, appellent Hochelaga. Les indig\u00e8nes accueillent l&rsquo;explorateur breton fort civilement et le conduisent au sommet d&rsquo;une montagne qu&rsquo;il baptise aussit\u00f4t le Mont R\u00e9al. Quand des ann\u00e9es plus tard, d&rsquo;autres fran\u00e7ais s&rsquo;aventurent \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur des terres, Hochelaga a compl\u00e8tement et myst\u00e9rieusement disparu\u00a0!<\/p>\n<p>La fondation m\u00eame de Montr\u00e9al tient aussi du roman. L&rsquo;histoire raconte que J\u00e9r\u00f4me Le Royer de La Dauversi\u00e8re, un percepteur des imp\u00f4ts de province, entend un jour \u00e0 la messe une voix qui lui enjoint de fonder une mission m\u00e9dicale en Nouvelle-France. Il fait, peu apr\u00e8s, la rencontre d&rsquo;un pr\u00eatre de Paris, Jean Jacques Olier, qui par un truchement aussi mystique a re\u00e7u, \u00e9galement, l&rsquo;ordre d&rsquo;\u00e9tablir une mission dans l&rsquo;\u00eele de Montr\u00e9al. Ensemble, ils mettent sur pied une soci\u00e9t\u00e9 pour financer l&rsquo;exp\u00e9dition qui sera command\u00e9e par un militaire d\u00e9vot, Paul de Chomedey, sieur de Maisonneuve.<\/p>\n<p>L&rsquo;histoire de Montr\u00e9al se singularise \u00e9galement par l&rsquo;importance du r\u00f4le jou\u00e9 par les femmes. Parmi les 45 premiers colons qui d\u00e9barquent dans l&rsquo;\u00eele de Montr\u00e9al en mai 1642, on retrouve Jeanne Mance, fondatrice du premier h\u00f4pital, l&rsquo;H\u00f4tel-Dieu, qui c\u00e9l\u00e8bre aussi cette ann\u00e9e son 350e anniversaire. Marguerite Bourgeoys, arriv\u00e9e avec un d\u00e9tachement de nouveaux colons en 1651, cr\u00e9e la premi\u00e8re \u00e9cole \u00e0 m\u00eame une \u00e9table d\u00e9saffect\u00e9e. Elle fonde un peu plus tard un ordre enseignant aujourd&rsquo;hui bien connu, la Congr\u00e9gation de Notre-Dame. Marie Marguerite d&rsquo;Youville jette les bases d&rsquo;un ordre charitable et, pr\u00e9figurant l&rsquo;activit\u00e9 manufacturi\u00e8re \u00e0 venir, met ses soeurs grises \u00e0 la t\u00e2che de coudre des v\u00eatements, des tentes et des voiles pour les vaisseaux.<\/p>\n<p>Entre-temps, un miracle n&rsquo;attend pas l&rsquo;autre. Quand l&rsquo;inondation menace de d\u00e9truire la petite colonie, Maisonneuve prie le ciel et les eaux se retirent. Pour rendre gr\u00e2ce \u00e0 Dieu il plante au sommet du Mont-Royal une grande croix de bois. C&rsquo;est l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement que comm\u00e9more la croix illumin\u00e9e qui, du haut de la montagne, domine la ville. Elle est \u00e0 Montr\u00e9al ce que la tour Eiffel est \u00e0 Paris, un point de rep\u00e8re synonyme de la ville m\u00eame.<\/p>\n<p>Les premi\u00e8res ann\u00e9es de Ville-Marie restent difficiles et p\u00e9rilleuses. Les Fran\u00e7ais avec leurs alli\u00e9s, les Algonquins et les Hurons, font la guerre aux Iroquois. Les colons s&rsquo;exposent \u00e0 des embuscades meurtri\u00e8res d\u00e8s qu&rsquo;ils se risquent au-del\u00e0 de la palissade qui entoure leurs maisons. La population de Ville-Marie n&rsquo;en continue pas moins \u00e0 cro\u00eetre pour atteindre 3 000 \u00e2mes \u00e0 la fin du XVIIe si\u00e8cle. Nagu\u00e8re \u00e9tablissement primitif, Montr\u00e9al entreprend de r\u00e9aliser son destin de m\u00e9tropole par la ma\u00eetrise de l&rsquo;arri\u00e8re-pays. La paix r\u00e9tablie avec les Iroquois, Montr\u00e9al devient vite le point de d\u00e9part des exp\u00e9ditions religieuses, militaires et commerciales. La toponymie du Grand Montr\u00e9al a des \u00e9chos partout en Am\u00e9rique du Nord o\u00f9 sont pass\u00e9s les La Salle, Joliet, Marquette, Duluth, Cadillac et autres grands explorateurs de la Nouvelle-France.<\/p>\n<p>Leurs voyages et d\u00e9couvertes \u00e9tendent l&rsquo;influence de la m\u00e8re-patrie sur d&rsquo;immenses territoires des Rocheuses au golfe du Mexique. Avec l&rsquo;\u00e9tablissement de postes de traite, tels D\u00e9troit ou Sault-Sainte- Marie, Montr\u00e9al entreprend de devenir le centre n\u00e9vralgique du commerce et de la fourrure.<\/p>\n<p>Le r\u00f4le vital que Montr\u00e9al a commenc\u00e9 \u00e0 jouer dans les affaires du pays va s&rsquo;accroire encore \u00e0 l&rsquo;arriv\u00e9e des Britanniques. Contrairement \u00e0 la croyance populaire, le r\u00e9gime fran\u00e7ais ne prend pas fin sur les plaines d&rsquo;Abraham en 1759, mais un an plus tard \u00e0 Montr\u00e9al quand le marquis de Vaudreuil, gouverneur de la Nouvelle- France, capitule devant une arm\u00e9e anglaise bien sup\u00e9rieure en nombre.<\/p>\n<h3>N&rsquo;e\u00fbt \u00e9t\u00e9 de la tol\u00e9rance religieuse, Montr\u00e9al serait peut -\u00eatre aujourd&rsquo;hui une ville am\u00e9ricaine<\/h3>\n<p>L&rsquo;arm\u00e9e britannique n&rsquo;arrive pas seule\u00a0: elle est suivie des centaines de marchands en tous genres qui la ravitaillent. Ces militaires et commer\u00e7ants, des Protestants en majorit\u00e9, vont pendant quelques temps, avec la permission des cur\u00e9s, tenir leurs services religieux dans des \u00e9glises catholiques. Le premier lieu de culte non-catholique \u00e9rig\u00e9 \u00e0 Montr\u00e9al, cependant, n&rsquo;est pas une \u00e9glise protestante, mais une synagogue destin\u00e9e aux marchands juifs qu&rsquo;on retrouve d\u00e9j\u00e0 dans la ville. Rien d&rsquo;\u00e9tonnant pour une ville qui sera tr\u00e8s marqu\u00e9e par la culture de la communaut\u00e9 juive qu&rsquo;elle abrite, longtemps la plus importante au Canada.<\/p>\n<p>La tol\u00e9rance religieuse est un trait distinctif de la soci\u00e9t\u00e9 montr\u00e9alaise et les rares \u00e9pisodes d&rsquo;intol\u00e9rance sont les exceptions qui confirment la r\u00e8gle. N&rsquo;e\u00fbt \u00e9t\u00e9 d&rsquo;une loi britannique garantissant aux catholiques du Canada la libert\u00e9 de culte et d&rsquo;autres droits, Montr\u00e9al serait peut-\u00eatre aujourd&rsquo;hui une ville am\u00e9ricaine. Cette loi, l&rsquo;Acte de Qu\u00e9bec, \u00e0 peine adopt\u00e9e, une arm\u00e9e r\u00e9volutionnaire am\u00e9ricaine s&#8217;empare de la ville quelques mois plus tard en novembre 1775.<\/p>\n<p>L&rsquo;arm\u00e9e d&rsquo;occupation \u00e9met une proclamation de George Washington pour inviter les Canadiens \u00e0 \u00ab\u00a0se joindre \u00e0 nous en une union indissoluble\u00a0\u00bb. La population, peu encline \u00e0 croire que les Am\u00e9ricains respecteront leur religion et leurs droits, fait la sourde oreille. Le grand Benjamin Franklin entreprend alors un voyage ardu pour venir convaincre ses voisins du nord de se rallier aux \u00c9tats-Unis, mais il doit s&rsquo;en retourner bredouille. Finalement, les Am\u00e9ricains se retirent en juin 1776.<\/p>\n<p>D\u00e8s la fin de la guerre de l&rsquo;Ind\u00e9pendance, les Loyalistes am\u00e9ricains commencent \u00e0 affluer en grand nombre. Ils se joignent \u00e0 cette population croissante d&rsquo;immigrants en provenance d&rsquo;Angleterre et d&rsquo;Ecosse qui viennent chercher fortune au Nouveau Monde. Le commerce des fourrures, surtout pour les \u00c9cossais, est l&rsquo;un des principaux moyens de r\u00e9ussite \u00e9conomique. D\u00e8s le d\u00e9but des ann\u00e9es 1790, les marchands du cru se regroupent au sein de la l\u00e9gendaire North West Company, c\u00e9l\u00e8bre pour ses hardis voyageurs mont\u00e9s sur leurs \u00e9normes cano\u00ebs.<\/p>\n<p>C&rsquo;est gr\u00e2ce \u00e0 la g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 de l&rsquo;un de ces \u00c9cossais enrichis par le commerce des pelleteries, James McGill, que la ville peut se doter de sa premi\u00e8re universit\u00e9. Quand l&rsquo;universit\u00e9 McGill ouvre ses portes en 1843, elle peut miser sur une facult\u00e9 de m\u00e9decine en quelque sorte instantan\u00e9e et qui fonctionnait d\u00e9j\u00e0 depuis 1822 au sein de l&rsquo;H\u00f4pital g\u00e9n\u00e9ral de Montr\u00e9al. C&rsquo;\u00e9tait un premier pas vers l&rsquo;excellente renomm\u00e9e dont la ville jouit dans le domaine de la m\u00e9decine. Quelques uns de ses citoyens les plus illustres en ont \u00e9t\u00e9 des pionniers\u00a0: Sir William Osler, Wilder Penfield, Hans Selye, Paul David, Jacques Genest et Norman Bethune.<\/p>\n<p>Les trois universit\u00e9s et les grandes \u00e9coles de Montr\u00e9al se distinguent toutes, chacune \u00e0 sa fa\u00e7on. Par exemple, c&rsquo;est l&rsquo;Ecole polytechnique, la facult\u00e9 de g\u00e9nie de l&rsquo;universit\u00e9 de Montr\u00e9al, qui forme le plus grand nombre d&rsquo;ing\u00e9nieurs au Canada. Sur toute liste des plus grandes \u00e9coles d&rsquo;administration des affaires en Am\u00e9rique du Nord, les HEC constituent un choix incontournable\u00a0: l&rsquo;\u00c9cole des hautes \u00e9tudes commerciales a contribu\u00e9 \u00e0 mettre au monde ce r\u00e9seau commercial et industriel en pleine croissance qu&rsquo;on appelle famili\u00e8rement \u00ab\u00a0Qu\u00e9bec Inc\u00a0\u00bb. Dans un registre plus enjou\u00e9, l&rsquo;\u00c9cole nationale de th\u00e9\u00e2tre et l&rsquo;\u00c9cole du cirque (p\u00e9pini\u00e8re de talents pour le Cirque du Soleil dont la r\u00e9putation d\u00e9passe nos fronti\u00e8res) ont contribu\u00e9 \u00e0 la renomm\u00e9e de la ville.<\/p>\n<h3>Montr\u00e9al perd son titre de capitale du Canada<\/h3>\n<p>D\u00e8s le d\u00e9but, Montr\u00e9al est une plaque-tournante du transport continental. Sa position se renforce avec le parach\u00e8vement, en 1825, du canal Lachine qui permet de contourner les rapides du Saint- Laurent et qui donne acc\u00e8s aux Grands Lacs. Avec une population de plus de 22 000 habitants, cette petite ville prend son essor. De nombreux b\u00e2timents surgissent dont la basilique Notre-Dame c\u00e9l\u00e8bre pour les sculptures sur bois. Ses deux tours jumelles, erig\u00e9es au d\u00e9but des ann\u00e9es 1840, pr\u00e9figurent les immeubles en hauteur de Montr\u00e9al et resteront, pendant de nombreuses ann\u00e9es, les plus hautes constructions au Canada.<\/p>\n<p>\u00c0 la fin des ann\u00e9es 1840, de nombreux Irlandais, chass\u00e9s de leur pays par la famine de la pomme de terre, d\u00e9barquent. Montr\u00e9al, \u00e0 l&rsquo;instar de New York et de Boston, s&rsquo;impr\u00e8gne de cette culture irlandaise dont le d\u00e9fil\u00e9 de la Saint-Patrick est la manifestation la plus tangible. Au fil des ans, ce d\u00e9fil\u00e9 est devenu une occasion de c\u00e9l\u00e9brer le caract\u00e8re multiculturel de la ville. Chaque ann\u00e9e des milliers de citoyens de tous \u00e2ges et de toutes origines ethniques y participent.<\/p>\n<p>Montr\u00e9al sera pendant de nombreuses ann\u00e9es la capitale du Canada qui se compose alors du Qu\u00e9bec et de l&rsquo;Ontario. Rien jusqu&rsquo;ici ne permet de croire que la ville va perdre cette position enviable. Mais, en 1849, des \u00e9meutiers anglophones, furieux d&rsquo;un projet de loi destin\u00e9, soutiennent-ils, \u00e0 r\u00e9compenser les rebelles (entendez les Patriotes) de 1837-38, mettent le feu au Parlement et lancent des pierres au gouverneur-g\u00e9n\u00e9ral. Le si\u00e8ge du gouvernement d\u00e9m\u00e9nage pour \u00e9viter d&rsquo;attiser le violence dans une ville sujette alors aux \u00e9meutes.<\/p>\n<p>N\u00e9anmoins, Montr\u00e9al est \u00e0 la fin du XIXe si\u00e8cle une communaut\u00e9 prosp\u00e8re o\u00f9 il fait bon vivre. De nouvelles activit\u00e9s commerciales et sociales se multiplient pour r\u00e9pondre aux besoins d&rsquo;une population en pleine croissance. Montr\u00e9al est alors le centre industriel et financier d&rsquo;un jeune pays regorgeant de richesses naturelles. De fabuleuses fortunes se font en un rien de temps et s&rsquo;affichent avec ostentation dans ces beaux h\u00f4tels particuliers du \u00ab\u00a0mille carr\u00e9 dor\u00e9\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Polic\u00e9e, agr\u00e9able, la ville est alors c\u00e9l\u00e8bre pour son esprit de tol\u00e9rance. Dans \u00ab\u00a0La case de l&rsquo;oncle Tom\u00a0\u00bb de Harriet Beecher Stowe, c&rsquo;est \u00e0 Montr\u00e9al qu&rsquo;Eva, la petite esclave, se r\u00e9fugie pour \u00e9chapper \u00e0 la pers\u00e9cution. Des ann\u00e9es plus tard, en se joignant aux Royaux de Montr\u00e9al, Jackie Robinson est le premier Noir \u00e0 s&rsquo;imposer dans le baseball professionnel.<\/p>\n<h3>La passion du hockey donne lieu \u00e0 une \u00e9meute<\/h3>\n<p>Montr\u00e9al a depuis longtemps la r\u00e9putation d&rsquo;une \u00ab\u00a0ville de sports \u00a0\u00bb. Ses amateurs portent aux nues leurs vedettes locales. Louis Cyr, l&rsquo;homme fort, a m\u00eame eu droit \u00e0 sa statue qui domine un square de la ville. Les Montr\u00e9alais assistent en 1874 au premier match de football \u00ab\u00a0am\u00e9ricain\u00a0\u00bb disput\u00e9 par l&rsquo;universit\u00e9 McGill et celle de Harvard. Un an plus tard, une autre premi\u00e8re\u00a0: \u00e7a se passe \u00e0 la patinoire Victoria et c&rsquo;est le premier match de hockey disput\u00e9 sur la glace d&rsquo;une patinoire int\u00e9rieure. C&rsquo;est de l\u00e0 que date sans doute l&rsquo;engouement des Montr\u00e9alais pour le hockey. Montr\u00e9al est bien la seule ville au monde o\u00f9 la suspension d&rsquo;un joueur de hockey &#8211; celle de Maurice Richard des Canadiens en 1955 &#8211; a r\u00e9ussi \u00e0 d\u00e9clencher une \u00e9meute.<\/p>\n<p>Le d\u00e9but du XXe si\u00e8cle marque l&rsquo;apog\u00e9e du chemin de fer et Montr\u00e9al est le coeur vivant de tout le syst\u00e8me ferroviaire canadien. La m\u00e9tropole est alors et reste encore aujourd&rsquo;hui le si\u00e8ge de deux grands empires du domaine des transports, le Canadien Pacifique et le Canadien National. Aujourd&rsquo;hui m\u00eame, la ville doit une bonne partie de son importance \u00e9conomique \u00e0 sa position comme centre de transbordement. C&rsquo;est le plus grand port de containers au Canada et le transbordement se fait par route ou par rail \u00e0 destination de tout le Canada et d&rsquo;une bonne partie des \u00c9tats-Unis.<\/p>\n<p>\u00c0 la belle \u00e9poque des transatlantiques, Montr\u00e9al est le premier port au Canada pour le transport des passagers. Les grands oc\u00e9aniques y d\u00e9versent une multitude d&rsquo;immigrants venus des quatre coins de l&rsquo;Europe. La plupart gagnent les provinces de l&rsquo;Ouest, mais ceux qui s&rsquo;installent \u00e0 demeure font monter en fl\u00e8che la population de la grande r\u00e9gion de Montr\u00e9al qui passe de 400 504 en 1911 \u00e0 818 577 en 1931. Avant m\u00eame le d\u00e9clin du transport maritime des passagers, Montr\u00e9al devient la capitale mondiale de ce qui va lui succ\u00e9der, l&rsquo;aviation commerciale. C&rsquo;est le si\u00e8ge de l&rsquo;Organisation de l&rsquo;aviation civile internationale et de l&rsquo;Association internationale du transport a\u00e9rien, celle-l\u00e0 regroupant les \u00c9tats, celle-ci les grandes soci\u00e9t\u00e9s a\u00e9riennes du monde entier. La r\u00e9gion de Montr\u00e9al joue \u00e9galement un r\u00f4le majeur dans l&rsquo;industrie de l&rsquo;a\u00e9ronautique et de l&rsquo;a\u00e9rospatiale.<\/p>\n<h3>Un go\u00fbt certain pour la vie nocturne et les grands spectacles<\/h3>\n<p>Si Montr\u00e9al n&rsquo;est certes pas collet mont\u00e9, il lui arrive parfois de succomber \u00e0 la pudibonderie. On se gausse encore aujourd&rsquo;hui de l&rsquo;obligation faite aux Ballets africains, il y a de cela quelques lustres, de recouvrir les seins de leurs belles danseuses par souci de la moralit\u00e9 publique. Ce n&rsquo;est pourtant pas la pruderie qui a valu \u00e0 la ville sa r\u00e9putation de Paris de l&rsquo;Am\u00e9rique du Nord, surtout \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque o\u00f9 Montr\u00e9al, ville ouverte, regorgeait de tripots et de lupanars. En d\u00e9pit du grand nettoyage qui, sans doute, s&rsquo;imposait, la ville n&rsquo;a rien perdu de sa joie de vivre et de son charme un tantinet canaille. La nuit tomb\u00e9e, le Montr\u00e9al by night brille de tous ses n\u00e9ons et l&rsquo;armada de taxis qui s&rsquo;abat sur le centre-ville montre assez que les distractions n&rsquo;y manquent pas.<\/p>\n<p>Le Montr\u00e9alais a un go\u00fbt tr\u00e8s prononc\u00e9 pour les grands spectacles. Cela explique pourquoi la ville, au cours des vingt-cinq derni\u00e8res ann\u00e9es, a pu accueillir, entre autres, et une exposition internationale et les Jeux olympiques. C&rsquo;est aussi la raison de la multiplicit\u00e9 de festivals qu&rsquo;on y retrouve, par exemple le grand festival de jazz qui a lieu chaque \u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p>Nombre de ces \u00e9v\u00e9nements, on pense par exemple au festival du film, sont \u00e0 caract\u00e8re culturel et contribuent \u00e0 faire de Montr\u00e9al une Mecque des arts et des lettres. L&rsquo;Orchestre symphonique de Montr\u00e9al compte maintenant parmi les grandes formations musicales du monde. Les Grands ballets canadiens ont \u00e9t\u00e9 acclam\u00e9s par la critique de l&rsquo;Argentine \u00e0 la Chine. Depuis longtemps, des artistes comme Alfred Pellan, Paul-Emile Borduas et Jean-Paul Riopelle ont mis Montr\u00e9al sur la carte du monde des arts visuels.<\/p>\n<p>La m\u00e9tropole du Canada fran\u00e7ais se pose m\u00eame en rivale de Paris pour la production en fran\u00e7ais de films et de programmes de t\u00e9l\u00e9vision. C&rsquo;est le si\u00e8ge de l&rsquo;Office national du film, l&rsquo;incomparable p\u00e9pini\u00e8re de cin\u00e9astes, et de Radio-Canada qui a jou\u00e9 un r\u00f4le semblable dans le domaine de la radio et de la t\u00e9l\u00e9vision. Au rayon de la musique populaire, Montr\u00e9al a connu depuis plus de trente ans une floraison de vedettes aussi diverses que Robert Charlebois, Andr\u00e9 Gagnon, Beau Dommage, C\u00e9line Dion et Roch Voisine, des artistes dont le succ\u00e8s souvent d\u00e9passe nos fronti\u00e8res et s&rsquo;\u00e9tend \u00e0 l&rsquo;ensemble de la francophonie.<\/p>\n<p>Montr\u00e9al a toujours \u00e9t\u00e9 \u00e0 l&rsquo;avant-sc\u00e8ne de la litt\u00e9rature canadienne d&rsquo;expression fran\u00e7aise et anglaise. Cette ville, o\u00f9 vivent et ont v\u00e9cu quelques-uns de nos meilleurs \u00e9crivains, sert de d\u00e9cor \u00e0 bien des livres et des films. La s\u00e9duction qu&rsquo;elle exerce sur l&rsquo;\u00e9crivain s&rsquo;explique en bonne partie par son allure cosmopolite. Au cours du si\u00e8cle, des vagues successives de nouveaux arrivants y ont apport\u00e9 leur vitalit\u00e9 et ils ont contribu\u00e9 \u00e0 sa r\u00e9putation bien m\u00e9rit\u00e9e pour le charme de ses femmes et les plaisirs de sa table.<\/p>\n<p>Son infinie vari\u00e9t\u00e9 est l&rsquo;un des principaux attraits de la ville\u00a0: ici, on y retrouve un peu de Paris, l\u00e0, c&rsquo;est New York, Londres, Rome, Lisbonne ou Ath\u00e8nes.<\/p>\n<p>Montr\u00e9al est aussi particuli\u00e8re par son climat. De toutes les autres grandes villes, seule Moscou doit affronter des hivers aussi longs, froids et rigoureux. Les Montr\u00e9alais ont donc am\u00e9nag\u00e9 l&rsquo;une des plus grandes villes int\u00e9rieures au monde, un r\u00e9seau de couloirs souterrains de 24 kilom\u00e8tres qui relie entre eux un ensemble d&rsquo;immeubles commerciaux et r\u00e9sidentiels et qui donne acc\u00e8s \u00e0 une gamme de boutiques, d&rsquo;h\u00f4tels, de restaurants, de cin\u00e9mas et de services divers. Tout cela est desservi par un m\u00e9tro rapide et efficace.<\/p>\n<p>Avec une population qui se rapproche maintenant des 3 000 000 d&rsquo;habitants, la r\u00e9gion m\u00e9tropolitaine de Montr\u00e9al se situe au 40e rang parmi les grandes villes du monde et se compare \u00e0 Rome ou Washington. C&rsquo;est en importance la neuvi\u00e8me agglom\u00e9ration urbaine en Am\u00e9rique du Nord, plus petite que Chicago ou D\u00e9troit, mais plus grande que Boston ou Dallas. M\u00eame si Toronto lui a ravi il y a quelques ann\u00e9es son titre de m\u00e9tropole la plus grande du Canada, c&rsquo;est toujours une ville immense. Elle compte plus d&rsquo;habitants que n&rsquo;en compte chacune des provinces du Canada, \u00e0 l&rsquo;exception de l&rsquo;Ontario, de la Colombie Britannique&#8230; et du Qu\u00e9bec, bien s\u00fbr. Aux deux fiers francophone, c&rsquo;est pourtant la troisi\u00e8me ville de langue anglaise au pays, apr\u00e8s Toronto et Vancouver.<\/p>\n<p>Depuis les vingt derni\u00e8res ann\u00e9es, Montr\u00e9al vit des moments difficiles. Peu de villes ont eu \u00e0 encaisser les contrecoups de transformations socio-\u00e9conomiques aussi rapides et \u00e9tendues. Comme c&rsquo;est la plus ancienne des r\u00e9gions industrielles du pays, elle a davantage souffert de la rationalisation impos\u00e9e par l&rsquo;\u00e8re post- industrielle. Elle a assist\u00e9 \u00e0 l&rsquo;exode d&rsquo;une bonne partie de sa population anglophone inqui\u00e8te de l&rsquo;incertiture politique qui y r\u00e8gne. Elle n&rsquo;\u00e9chappe pas non plus \u00e0 tous ces probl\u00e8mes propres aux grandes villes nord-am\u00e9ricaines\u00a0: la criminalit\u00e9, les drogues, les sans-abri, la d\u00e9su\u00e9tude des infrastructures, l&rsquo;insuffisance des fonds publics.<\/p>\n<p>Toutefois, les Canadiens partout au pays se feront une bien meilleure image de Montr\u00e9al pour peu qu&rsquo;ils fassent l&rsquo;exercice de la comparer aux autres grandes villes de la plan\u00e8te. Quand les statisticiens du monde entier compilent leurs indices sur la qualit\u00e9 de la vie, Montr\u00e9al se classe \u00e0 tout coup au nombre de ces endroits o\u00f9 il fait bon vivre. Pour une grande ville, Montr\u00e9al a trouv\u00e9 le moyen, sans s&rsquo;affadir, de rester remarquablement s\u00fbre et paisible. C&rsquo;est encore une des villes les plus int\u00e9ressantes qui soient, m\u00eame avec tous ses probl\u00e8mes.<\/p>\n<p>Il faut d&rsquo;ailleurs \u00e9viter de tomber dans l&rsquo;exag\u00e9ration. \u00c0 la une des journaux ou sur l&rsquo;\u00e9cran de la t\u00e9l\u00e9vision, les dissensions ethniques semblent bien plus s\u00e9rieuses que dans la r\u00e9alit\u00e9 quotidienne. Dans la vie de tous les jours, les Montr\u00e9alais anglophones, francophones ou allophones, qui vivent ou travaillent ensemble, trouvent dans cette ville un climat de coop\u00e9ration, de respect mutuel et d&rsquo;amiti\u00e9 qui ferait l&rsquo;envie de nombre de populations dans le monde d\u00e9chir\u00e9es par les conflits internes.<\/p>\n<p>L&rsquo;esprit qui anime Montr\u00e9al se r\u00e9sume bien dans sa devise\u00a0: Concordia Salus, la sant\u00e9 dans l&rsquo;harmonie. Cette devise est singuli\u00e8rement pertinente en cette ann\u00e9e o\u00f9 l&rsquo;on comm\u00e9more le 350e anniversaire de la ville et le 125e d&rsquo;une conf\u00e9d\u00e9ration dont elle a toujours \u00e9t\u00e9 un \u00e9l\u00e9ment vital. Souhaitons que cette sage devise, <span class=\"boldtext\"> Concordia Salus<\/span>, ne cesse jamais de s&rsquo;appliquer \u00e0 la ville qui l&rsquo;a adopt\u00e9e.<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"author":86,"featured_media":0,"template":"","categories":[1],"rbc_letter_theme":[],"rbc_letter_year":[73],"class_list":["post-2180","rbc_letter","type-rbc_letter","status-publish","hentry","category-uncategorized","rbc_letter_year-73"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO Premium plugin v27.2 (Yoast SEO v27.2) - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-premium-wordpress\/ -->\n<title>Vol. 73 N\u00b0 4 - Juillet\/Ao\u00fbt 1992 - \u00c9loge de Montr\u00e9al - RBC<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-73-n-4-juillet-aout-1992-eloge-de-montreal\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Vol. 73 N\u00b0 4 - Juillet\/Ao\u00fbt 1992 - \u00c9loge de Montr\u00e9al\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"350 ans d\u00e9j\u00e0\u00a0! 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