{"id":2179,"date":"1991-07-01T00:00:00","date_gmt":"1991-07-01T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-72-n-4-juillet-aout-1991-la-sante-mentale-au-canada\/"},"modified":"2022-10-17T18:43:59","modified_gmt":"2022-10-17T18:43:59","slug":"vol-72-n-4-juillet-aout-1991-la-sante-mentale-au-canada","status":"publish","type":"rbc_letter","link":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-72-n-4-juillet-aout-1991-la-sante-mentale-au-canada\/","title":{"rendered":"Vol 72 N\u00b0 4 &#8211; Juillet\/Ao\u00fbt 1991 &#8211; La sant\u00e9 mentale au Canada"},"content":{"rendered":"<div id=\"layout-column-main\">\n<p class=\"boldtext\">La d\u00e9sinstitutionnalisation                     des malades mentaux constitue un d\u00e9fi pour tous les                     Canadiens. Pour am\u00e9liorer la sant\u00e9 mentale collective,                     nous devons repenser le probl\u00e8me des maladies mentales                     et b\u00e2tir une soci\u00e9t\u00e9 plus saine&#8230; <\/p>\n<p> En d\u00e9pit des progr\u00e8s r\u00e9alis\u00e9s                     ces derni\u00e8res ann\u00e9es dans le domaine des maladies                     mentales, l&rsquo;id\u00e9e que nous en avons remonte au Moyen                     \u00c2ge, \u00e9poque \u00e0 laquelle les cardinaux europ\u00e9ens                     pr\u00e9tendaient que la folie \u00e9tait une manifestation                     du p\u00e9ch\u00e9. D&rsquo;autres th\u00e9ologiens, qui affirmaient                     que les fous \u00e9taient poss\u00e9d\u00e9s par des                     d\u00e9mons, n&rsquo;en bl\u00e2maient pas moins les victimes                     accus\u00e9es d&rsquo;avoir invit\u00e9 les d\u00e9mons \u00e0                     s&#8217;emparer de leur \u00eatre. La th\u00e9orie selon laquelle                     les fous \u00e9taient responsables de leur folie donnait                     aux autres une excuse pour les m\u00e9priser. Ce point de                     vue moyen\u00e2geux persiste de nos jours. <\/p>\n<p> Au sein d&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9 cens\u00e9e soulager                     ceux qui souffrent, les malades mentaux sont toujours trait\u00e9s                     avec duret\u00e9, sans doute parce qu&rsquo;ils constituent une                     menace pour les gens dits \u00ab\u00a0normaux\u00a0\u00bb. Le bon citoyen                     qui n&rsquo;h\u00e9site pas \u00e0 aider une personne handicap\u00e9e                     physique \u00e0 traverser la rue s&#8217;empressera de s&rsquo;\u00e9loigner                     d&rsquo;un fou qui divague. Bien que la majorit\u00e9 des ali\u00e9n\u00e9s                     soient inoffensifs, ils sont souvent consid\u00e9r\u00e9s                     comme des personnes dangereuses, attitude encore renforc\u00e9e                     par les livres et les films d&rsquo;\u00e9pouvante qui se complaisent                     \u00e0 mettre en vedette des kidnappeurs obs\u00e9d\u00e9s,                     des homicides d\u00e9ments et d&rsquo;autres psychopathes criminels.                   <\/p>\n<p> Lorsqu&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9 a des pr\u00e9jug\u00e9s,                     avou\u00e9s ou non, \u00e0 l&rsquo;encontre d&rsquo;un groupe, ce                     dernier devient immanquablement un objet de ris\u00e9e.                     Aujourd&rsquo;hui, tout comme jadis, les fous fournissent la mati\u00e8re                     de multiples plaisanteries. On trouve dr\u00f4le de les traiter                     de timbr\u00e9s, de dingues, de lunatiques, ce dernier qualificatif                     remontant aux Romains qui croyaient que la lune \u00e9tait                     responsable de leur \u00e9tat. Ces plaisanteries et pointes                     d&rsquo;humour sont l&rsquo;expression d&rsquo;une autre id\u00e9e pr\u00e9con\u00e7ue,                     \u00e0 savoir que les maladies mentales, loin d&rsquo;\u00eatre                     douloureuses, seraient plut\u00f4t plaisantes. Tout le monde                     sait que \u00ab\u00a0plus on est de fous, plus on rit\u00a0\u00bb !                   <\/p>\n<p> L&rsquo;id\u00e9e que la folie est agr\u00e9able est illustr\u00e9e                     par une question de Logan Pearsall Smith, essayiste iconoclaste,                     qui se demande si \u00ab\u00a0les r\u00eaves profonds et les doux                     d\u00e9lires ne sont pas plus apaisants que la raison\u00a0\u00bb.                     Pearsall Smith, comme tant d&rsquo;autres personnes mal inform\u00e9es,                     ignorait que ces \u00ab\u00a0doux d\u00e9lires\u00a0\u00bb \u00e9taient                     le produit de la phase maniaque de la psychose d\u00e9pressive,                     l&rsquo;une des maladies mentales les plus cruelles. Selon d&rsquo;anciens                     malades mentaux, l&rsquo;incapacit\u00e9 de contr\u00f4ler son                     esprit est la plus terrible des tortures. <\/p>\n<p> Les soci\u00e9t\u00e9s se plaisent sans doute \u00e0                     imaginer que les fous sont heureux, pour ne pas se sentir                     coupables de la mani\u00e8re dont elles les traitent. Pendant                     un nombre incalculable d&rsquo;ann\u00e9es, les individus \u00ab\u00a0normaux\u00a0\u00bb                     de ce pays ostensiblement lib\u00e9ral qu&rsquo;est le Canada                     ont tout fait pour \u00e9viter les face \u00e0 face avec                     leurs concitoyens atteints de maladies mentales. \u00c0                     l&rsquo;\u00e9poque o\u00f9 le pays n&rsquo;\u00e9tait pas encore                     une conf\u00e9d\u00e9ration, les ali\u00e9n\u00e9s                     dont le seul crime \u00e9tait d&rsquo;\u00eatre fous \u00e9taient                     jet\u00e9s dans les m\u00eames prisons que les criminels,                     qui les traitaient avec beaucoup de cruaut\u00e9. Cette                     situation devint si choquante qu&rsquo;elle donna naissance \u00e0                     un mouvement pour la protection des malades mentaux. C&rsquo;est                     ainsi que des asiles pour les accueillir furent cr\u00e9\u00e9s                     \u00e0 la fin du 19e si\u00e8cle. Mais ces maisons se                     r\u00e9v\u00e9l\u00e8rent finalement tout aussi inhumaines                     que les prisons. <\/p>\n<p> Les \u00e9quipes de sp\u00e9cialistes de la sant\u00e9                     mentale charg\u00e9s d&rsquo;inspecter les \u00e9tablissements                     psychiatriques canadiens de 1917 \u00e0 1919 rapport\u00e8rent                     des conditions de vie ignobles o\u00f9 la brutalit\u00e9                     accompagnait un manque total de soins. Dans un asile du Manitoba                     o\u00f9 un seul m\u00e9decin devait s&rsquo;occuper de 700 patients,                     les yeux au beurre noir des malades t\u00e9moignaient des                     m\u00e9thodes brutales des pr\u00e9pos\u00e9s; les \u00ab\u00a0patients                     \u00e9taient assis, attach\u00e9s pour la plupart, sur                     de durs bancs en bois dans une oisivet\u00e9 totale; les                     yeux dans le vide, abattus, ils attendaient que la mort les                     lib\u00e8re.\u00a0\u00bb \u00c0 Saint- Jean, N.-B., ils \u00e9taient                     enferm\u00e9s la nuit dans des bo\u00eetes en bois grossi\u00e8rement                     fabriqu\u00e9es qui ressemblaient \u00e0 des cercueils.                     \u00c0 Halifax, on d\u00e9clara avoir \u00ab\u00a0vu\u00a0\u00bb                     un homme \u00e0 demi-v\u00eatu dans une petite pi\u00e8ce                     non chauff\u00e9e o\u00f9 il demeurait pendant les mois                     froids et humides de l&rsquo;hiver. Averties, les autorit\u00e9s                     d\u00e9clar\u00e8rent que ce fou \u00ab\u00a0ne sentait pas                     le froid\u00a0\u00bb. <\/p>\n<p> Ces rapports montrent que deux des id\u00e9es que l&rsquo;on                     se faisait des maladies mentales persistent de nos jours \u00e0                     l&rsquo;\u00e9tat plus ou moins conscient. La premi\u00e8re,                     qui nous vient du Moyen \u00c2ge, est que les fous sont responsables                     de leur maladie et qu&rsquo;ils m\u00e9ritent d&rsquo;\u00eatre trait\u00e9s                     durement. La deuxi\u00e8me est qu&rsquo;ils ne sont pas tout \u00e0                     fait humains; \u00e0 preuve, ils ne \u00ab\u00a0sentent pas le                     froid\u00a0\u00bb. <\/p>\n<p> \u00c9tant des sous-hommes, ils ne pouvaient revendiquer                     tous les droits de la personne. Pendant de nombreuses ann\u00e9es,                     les fous ont \u00e9t\u00e9 les victimes d&rsquo;une discrimination                     syst\u00e9matique, officielle et \u00e9hont\u00e9e.                     Dans certaines juridictions, par exemple, seuls les magistrats                     pouvaient ordonner leur internement. En attendant que vienne                     leur tour d&rsquo;\u00eatre jug\u00e9s, ils languissaient dans                     des prisons sans avoir \u00e9t\u00e9 inculp\u00e9s,                     priv\u00e9s <em>d&rsquo;habeas corpus<\/em> et trait\u00e9s brutalement.                   <\/p>\n<p> Notons toutefois, \u00e0 la d\u00e9charge des Canadiens,                     qu&rsquo;ils ne savaient g\u00e9n\u00e9ralement pas que leurs                     compatriotes ali\u00e9n\u00e9s \u00e9talent trait\u00e9s                     avec une telle ignominie. Mais leur ignorance n&rsquo;excusait pas                     leur indiff\u00e9rence. Les malades mentaux devaient \u00eatre                     enferm\u00e9s, et personne ne se pr\u00e9occupait de ce                     qui leur arrivait une fois qu&rsquo;ils \u00e9taient hors de vue.                   <\/p>\n<p> Malheureusement, la mise en quarantaine des fous eut pour                     effet d&rsquo;entraver les progr\u00e8s visant \u00e0 contr\u00f4ler                     leur maladie. Les plus atteints \u00e9taient bien cach\u00e9s                     derri\u00e8re les hauts murs des asiles, et rien n&rsquo;incitait                     \u00e0 rechercher la cause des troubles plus courants. <\/p>\n<p> En d\u00e9pit de son nom, l&rsquo;anc\u00eatre de l&rsquo;Association                     canadienne pour la sant\u00e9 mentale (ACSM), qui s&rsquo;appelait                     le Comit\u00e9 canadien pour l&rsquo;hygi\u00e8ne mentale quand                     il a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 en 1918, visait                     essentiellement \u00e0 ses d\u00e9buts \u00e0 all\u00e9ger                     le sort path\u00e9tique des intern\u00e9s sans trop se                     pr\u00e9occuper de l&rsquo;\u00ab\u00a0hygi\u00e8ne\u00a0\u00bb, c&rsquo;est-\u00e0-dire                     des mesures pr\u00e9ventives de sant\u00e9 publique. De                     toute fa\u00e7on, \u00e0 cette \u00e9poque, rares \u00e9taient                     ceux qui croyaient qu&rsquo;il \u00e9tait possible de cr\u00e9er                     des conditions susceptibles de pr\u00e9venir les maladies                     mentales, \u00e0 la fa\u00e7on d&rsquo;une vaccination contre                     la variole par exemple. On croyait vaguement qu&rsquo;elles \u00e9taient                     dues \u00e0 une sorte de mauvaise graine, \u00e0 l&rsquo;h\u00e9r\u00e9dit\u00e9.                     Tout aussi vaguement, on pensait que la folie \u00e9tait                     incurable. <\/p>\n<h3>Comme les horreurs de la guerre l&rsquo;ont montr\u00e9, le stress peut conduire n&rsquo;importe qui \u00e0 la d\u00e9pression<\/h3>\n<p> La philosophie sur laquelle s&rsquo;appuyait le mouvement pour                     la sant\u00e9 mentale en Am\u00e9rique du Nord \u00e9tait                     en total d\u00e9saccord avec cette th\u00e9orie. Clifford                     W. Beers, auteur de l&rsquo;ouvrage <em>A Mind That Found Itself<\/em>,                     avait surmont\u00e9 une d\u00e9pression grave et s\u00e9journ\u00e9                     dans la plupart des asiles am\u00e9ricains. Il oeuvra activement                     \u00e0 la fondation de soci\u00e9t\u00e9s pour promouvoir                     la sant\u00e9 mentale aux \u00c9tats- Unis et, en 1917,                     collabora avec le docteur C.M. Hincks, futur directeur g\u00e9n\u00e9ral                     de l&rsquo;ACSM, avec qui il organisa une campagne de sensibilisation                     au Canada. On peut lire l&rsquo;histoire passionnante de cette campagne                     dans l&rsquo;ouvrage de John D. Griffin, autre directeur g\u00e9n\u00e9ral                     de l&rsquo;ACSM, intitul\u00e9 <em>In Search of Sanity<\/em>. Une                     grande partie des renseignements contenus dans ce bulletin                     est d&rsquo;ailleurs tir\u00e9e de ce livre. <\/p>\n<p> Les horreurs de la Premi\u00e8re Guerre mondiale confirm\u00e8rent                     que les troubles mentaux pouvaient \u00eatre caus\u00e9s                     par un exc\u00e8s de stress d\u00fb \u00e0 l&rsquo;environnement                     chez des individus \u00e9quilibr\u00e9s. Pendant les premiers                     mois de ce conflit, on avait cru que les neurasth\u00e9nies                     des soldats sur le front avaient pour origine l&rsquo;\u00e9clatement                     des obus qui provoquait chez eux une commotion c\u00e9r\u00e9brale.                     Le fait de reconna\u00eetre qu&rsquo;il s&rsquo;agissait d&rsquo;une n\u00e9vrose                     a r\u00e9volutionn\u00e9 de fond en comble l&rsquo;id\u00e9e                     que les sp\u00e9cialistes se faisaient de la sant\u00e9                     mentale. <\/p>\n<p> Ils conclurent entre autres que n&rsquo;importe quel individu                     peut souffrir de d\u00e9prime s&rsquo;il est expos\u00e9 suffisamment                     longtemps \u00e0 des conditions extr\u00eamement difficiles.                     Cette d\u00e9couverte balaya une affirmation tenue pour                     vraie depuis des si\u00e8cles, \u00e0 savoir que seuls                     les faibles \u00e9taient vuln\u00e9rables aux maladies                     mentales. Elle d\u00e9montra que les facteurs ext\u00e9rieurs                     avaient un effet d\u00e9cisif sur la sant\u00e9 mentale                     d&rsquo;un individu. <\/p>\n<p> Alors que des milliers de personnes souffrant de troubles                     psychiques revenaient de la guerre, la sant\u00e9 mentale                     devint, pour la premi\u00e8re fois dans l&rsquo;histoire du Canada,                     un sujet d&rsquo;int\u00e9r\u00eat public et attira l&rsquo;attention                     sur l&rsquo;\u00e9tat d\u00e9plorable des asiles provinciaux.                     Le fait de savoir que des hommes courageux pouvaient \u00eatre                     \u00ab\u00a0bless\u00e9s\u00a0\u00bb non seulement physiquement mais                     mentalement facilita l&rsquo;acceptation et l&rsquo;identification des                     maladies mentales. Et, d\u00e9couverte encore plus importante,                     la guerre et ses cons\u00e9quences prouv\u00e8rent que                     ces troubles psychiques graves \u00e9taient curables. <\/p>\n<p> Il fallut, toutefois, attendre la vulgarisation des ouvrages                     de Freud et de Jung pour d\u00e9montrer l&rsquo;importance de                     l&rsquo;hygi\u00e8ne mentale. On d\u00e9couvrit les n\u00e9vroses,                     \u00e9tat caract\u00e9ris\u00e9 par un comportement                     \u00e0 la fois normal et anormal, la victime ne perdant                     cependant pas contact avec la r\u00e9alit\u00e9. <\/p>\n<p> Le fait que les d\u00e9sordres neurotiques pouvaient \u00eatre                     contr\u00f4l\u00e9s par des techniques th\u00e9rapeutiques                     ouvrait la porte toute grande \u00e0 la m\u00e9decine                     mentale pr\u00e9ventive. S&rsquo;appuyant sur les d\u00e9couvertes                     des psychiatres, les sp\u00e9cialistes distingu\u00e8rent                     les \u00ab\u00a0troubles mentaux\u00a0\u00bb psychotiques, tels que                     la schizophr\u00e9nie, la psychose maniaco- d\u00e9pressive                     et la d\u00e9mence, des \u00ab\u00a0probl\u00e8mes de sant\u00e9                     mentale\u00a0\u00bb d&rsquo;ordre neurotique. Ces derni\u00e8res affections                     sont dues g\u00e9n\u00e9ralement \u00e0 une perturbation                     de l&rsquo;interaction entre l&rsquo;individu et son milieu. En supprimant                     cette perturbation, le probl\u00e8me s&rsquo;\u00e9vanouit.                   <\/p>\n<p> Guid\u00e9 en partie par les th\u00e9ories de Freud                     et de Jung qui soulignaient l&rsquo;influence de l&rsquo;enfance sur la                     mentalit\u00e9 adulte, l&rsquo;anc\u00eatre de l&rsquo;ACSM \u00e9tablit                     des programmes de sant\u00e9 mentale pour les enfants au                     d\u00e9but des ann\u00e9es 1930. On \u00e9tudia le d\u00e9veloppement                     de l&rsquo;enfant et organisa des programmes visant \u00e0 apprendre                     aux parents et aux enseignants comment \u00e9tablir des                     rapports sains et adopter une attitude rationnelle face aux                     tensions psychologiques qui accompagnent la pubert\u00e9.                   <\/p>\n<p> Les recherches prenant de l&rsquo;ampleur, il devint \u00e9vident                     que la plupart des d\u00e9sordres psychologiques courants                     relevaient d&rsquo;un probl\u00e8me d&rsquo;adaptation. Les enfants                     doivent faire face \u00e0 l&rsquo;adolescence, les adolescents                     \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge adulte et les adultes \u00e0 diverses                     situations nouvelles\u00a0: le mariage, la naissance d&rsquo;un                     enfant, la garde ou la perte d&rsquo;un emploi, le vieillissement,                     le d\u00e9c\u00e8s d&rsquo;un \u00eatre cher. On d\u00e9couvrit                     que les conseils et les efforts fournis pour faciliter la                     socialisation aidaient \u00e0 maintenir la sant\u00e9                     mentale des individus. <\/p>\n<p> Les immigrants, en particulier, doivent s&rsquo;acclimater \u00e0                     un nouveau mode de vie, \u00e9trange et parfois effrayant.                     L&rsquo;attitude des sp\u00e9cialistes canadiens de la sant\u00e9                     mentale \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de ce groupe montre \u00e0                     quel point les temps ont chang\u00e9. Au d\u00e9part,                     l&rsquo;un des plus grands soucis du mouvement pour la sant\u00e9                     mentale \u00e9tait de refuser aux immigrants atteints de                     troubles mentaux l&rsquo;entr\u00e9e au pays ou de d\u00e9porter                     ceux qui avaient d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 admis.                     Dans un rapport datant de 1931, un psychologue de renom d\u00e9clare                     ce qui suit\u00a0: \u00ab\u00a0L&rsquo;immigrant dot\u00e9 d&rsquo;un esprit                     malade n&rsquo;est pas un immigrant en bonne sant\u00e9 ni un                     homme \u00e0 part enti\u00e8re. Or, le Canada a besoin                     d&rsquo;hommes \u00e0 part enti\u00e8re. \u00a0\u00bb <\/p>\n<h3>Les progr\u00e8s de la science permettent maintenant aux malades mentaux de se soigner eux-m\u00eames<\/h3>\n<p> Plus tard, l&rsquo;ACSM consid\u00e9ra cet immigrant d&rsquo;un oeil                     tout autre. Elle plaida la cause des malades mentaux devant                     le gouvernement f\u00e9d\u00e9ral, estimant qu&rsquo;ils devaient                     \u00eatre admis au Canada, si leur pr\u00e9sence dans ce                     pays pouvait aider leur famille, et que la menace d&rsquo;une d\u00e9portation                     pouvait emp\u00eacher leur gu\u00e9rison. L&rsquo;Association                     tint donc \u00e0 rappeler au gouvernement que la pr\u00e9somption                     selon laquelle \u00ab\u00a0toute personne d\u00e9clar\u00e9e                     malade mentale le sera toute sa vie\u00a0\u00bb \u00e9tait sans                     fondement. Elle insista sur le fait que les malades mentaux,                     immigrants compris, pouvaient \u00eatre trait\u00e9s et                     mener ensuite des vies utiles et bien remplies. <\/p>\n<p> Les progr\u00e8s r\u00e9alis\u00e9s dans le domaine                     de la m\u00e9decine psychiatrique expliquent en partie le                     succ\u00e8s des traitements modernes. Pendant longtemps,                     le gouvernement ignora le secteur psychiatrique, lui allouant                     des subventions nettement insuffisantes. Politiquement, il                     n&rsquo;avait aucun poids face aux besoins prioritaires de la m\u00e9decine                     physique. Telle \u00e9tait encore la situation en 1962 lorsque                     la Commission royale d&rsquo;enqu\u00eate des services de sant\u00e9                     critiqua s\u00e9v\u00e8rement la discrimination dont \u00e9tait                     coupable le gouvernement f\u00e9d\u00e9ral \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard                     de la sant\u00e9 mentale. <\/p>\n<p> Depuis lors, le nombre de psychiatres, psychologues, travailleurs                     sociaux et autres sp\u00e9cialistes de la sant\u00e9 mentale                     a progress\u00e9 rapidement au Canada. Les m\u00e9thodes                     de traitement se sont am\u00e9lior\u00e9es, notamment                     en ce qui concerne l&rsquo;usage des m\u00e9dicaments. Gr\u00e2ce                     \u00e0 la consultation externe, les malades peuvent prendre                     en charge leur traitement et se pr\u00e9senter dans les                     centres de sant\u00e9 mentale lorsqu&rsquo;ils en ont besoin.                   <\/p>\n<p> Ceci explique en partie le renvoi massif, dans les ann\u00e9es                     1970 et 1980, des malades intern\u00e9s. En 25 ans, le nombre                     de lits dans les institutions provinciales a baiss\u00e9                     de plus de 75 pour cent, sans baisse correspondante du nombre                     de patients. La plupart sont aujourd&rsquo;hui trait\u00e9s dans                     les salles psychiatriques des h\u00f4pitaux g\u00e9n\u00e9raux                     ou dans des centres pour soins chroniques au lieu des anciennes                     \u00ab\u00a0maisons de fous\u00a0\u00bb. <\/p>\n<p> La r\u00e9insertion des malades mentaux dans notre soci\u00e9t\u00e9                     est sans aucun doute une \u00e9tape marquante de l&rsquo;am\u00e9lioration                     des soins psychiatriques. Comme l&rsquo;indique un document de travail                     de Sant\u00e9 et Bien-\u00catre Canada publi\u00e9 en                     1988 et intitul\u00e9 <em>Sant\u00e9 mentale des Canadiens\u00a0:                     Vers un juste \u00e9quilibre<\/em> : \u00ab\u00a0Il est tout \u00e0                     fait possible pour une personne de souffrir d&rsquo;un trouble mental                     tout en jouissant d&rsquo;une sant\u00e9 mentale relativement                     bonne\u00a0\u00bb ; et le meilleur traitement dans ce cas est dispens\u00e9                     en dehors des institutions. <\/p>\n<p> Malheureusement, ajoute ce document, la d\u00e9sinstitutionnalisation                     des malades n&rsquo;a pas eu que des r\u00e9sultats b\u00e9n\u00e9fiques\u00a0:                     \u00ab\u00a0La suppression des lits d&rsquo;h\u00f4pitaux n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9                     contrebalanc\u00e9e par un renforcement ad\u00e9quat des                     ressources communautaires&#8230; Certains patients, autrefois                     intern\u00e9s, sont vou\u00e9s \u00e0 une vie de privation,                     de danger et de n\u00e9gligence. Certains sont sans abri                     ou vivent dans des conditions d\u00e9plorables. D&rsquo;autres                     doivent \u00eatre pris en charge par des membres de leur                     famille qui eux-m\u00eames ne savent o\u00f9 s&rsquo;adresser                     pour obtenir aide ou soutien.\u00a0\u00bb Bien que l&rsquo;efficacit\u00e9                     des nouveaux traitements augmente les chances de gu\u00e9rison,                     la fr\u00e9quence des maladies mentales reste constante.                     Au moins huit Canadiens sur cent souffrent d&rsquo;une d\u00e9prime                     suffisamment grave pour n\u00e9cessiter un traitement, et                     une personne sur cent est atteinte de schizophr\u00e9nie.                   <\/p>\n<p> Le nombre de n\u00e9vroses est nettement plus \u00e9lev\u00e9                     que celui des psychoses. Mais leur chiffre exact reste inconnu                     du fait de la difficult\u00e9 de distinguer un trouble mental                     d&rsquo;un trait de caract\u00e8re aberrant. Ces d\u00e9sordres                     ne sont souvent pas trait\u00e9s ou prennent l&rsquo;apparence                     d&rsquo;un autre probl\u00e8me, notamment la consommation excessive                     d&rsquo;alcool et la toxicomanie. <\/p>\n<p> Si les statistiques sur les suicides, la violence familiale,                     les agressions contre les enfants, l&rsquo;abus des drogues et les                     crimes violents sont repr\u00e9sentatives de la sant\u00e9                     mentale d&rsquo;un pays, il semblerait que celle du Canada soit                     en voie de d\u00e9t\u00e9rioration. \u00c9tant donn\u00e9                     que les n\u00e9vroses sont l&rsquo;expression d&rsquo;une r\u00e9action                     face \u00e0 un milieu, l&rsquo;heure est venue d&rsquo;examiner d&rsquo;un                     oeil critique les circonstances qui les favorisent. <\/p>\n<p> Il est \u00e9vident que le rythme acc\u00e9l\u00e9r\u00e9                     et les tensions de la vie moderne n&rsquo;aident pas \u00e0 promouvoir                     la tranquillit\u00e9 d&rsquo;esprit. On doit constamment s&rsquo;adapter                     mentalement et \u00e9motionnellement \u00e0 des changements                     \u00e9conomiques et sociaux souvent d\u00e9sagr\u00e9ables.                     La plupart des Canadiens vivent dans un cadre urbain o\u00f9,                     paradoxalement, ils souffrent de solitude tout en vivant les                     uns sur les autres. Mettre une personne au cachot est depuis                     toujours la m\u00e9thode de choix pour lui faire perdre                     l&rsquo;esprit; des exp\u00e9riences sur des rats ont r\u00e9v\u00e9l\u00e9                     que ces derniers deviennent rapidement fous lorsqu&rsquo;ils sont                     agress\u00e9s par l&rsquo;\u00e9quivalent des embouteillages                     aux heures de pointe. <\/p>\n<p> <em>Vers un juste \u00e9quilibre<\/em> d\u00e9finit la                     sant\u00e9 mentale comme \u00e9tant \u00ab\u00a0non seulement                     une exp\u00e9rience personnelle mais encore une ressource                     collective\u00a0\u00bb. On en conclut donc que les caract\u00e9ristiques                     d&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9 ont autant d&rsquo;effet sur le bien-\u00eatre                     \u00e9motif et mental d&rsquo;une personne que les installations                     de sant\u00e9 publique sur son bien- \u00eatre physique.                     Ce document signale que la pauvret\u00e9 est l&rsquo;un des principaux                     facteurs qui contribue aux d\u00e9sordres mentaux. S&rsquo;accompagnant                     g\u00e9n\u00e9ralement de ch\u00f4mage, la pauvret\u00e9                     d\u00e9valorise ceux qui la subissent d&rsquo;o\u00f9 frustration,                     rage et d\u00e9tresse. <\/p>\n<p> La sant\u00e9 mentale est influenc\u00e9e \u00e9galement                     par d&rsquo;autres facteurs\u00a0: le sexe (les femmes souffrent                     plus souvent de d\u00e9pression grave que les hommes), l&rsquo;\u00e2ge                     (les jeunes et les vieux sont particuli\u00e8rement vuln\u00e9rables                     aux troubles \u00e9motifs) et l&rsquo;ethnie (les immigrants sont                     des groupes \u00e0 haut risque). Il est int\u00e9ressant                     de noter que les groupes concern\u00e9s sont d&rsquo;une fa\u00e7on                     ou d&rsquo;une autre en butte \u00e0 la discrimination. <\/p>\n<p> Il semblerait donc que l&rsquo;am\u00e9lioration de la sant\u00e9                     mentale nationale passe par la justice et l&rsquo;\u00e9galit\u00e9.                     La lutte contre les injustices devrait commencer au niveau                     fondamental, c&rsquo;est-\u00e0-dire par l&rsquo;\u00e9limination                     de la discrimination exerc\u00e9e \u00e0 l&rsquo;endroit des                     malades mentaux dans le cadre du logement, de l&#8217;emploi et                     des lois. La stigmatisation des maladies mentales doit dispara\u00eetre                     en \u00e9duquant l&rsquo;opinion publique et montrant que les                     malades mentaux ont le droit d&rsquo;\u00eatre trait\u00e9s comme                     n&rsquo;importe quel \u00eatre humain. <\/p>\n<p> Les malades mentaux ont \u00e9galement le droit de prendre                     leur vie en main et de r\u00e9gler leurs probl\u00e8mes                     en b\u00e9n\u00e9ficiant de l&rsquo;aide de groupes de soutien.                     L&rsquo;acceptation de ces malades \u00e0 titre de membres \u00e0                     part enti\u00e8re de la soci\u00e9t\u00e9 exige une                     d\u00e9marche novatrice qui \u00ab\u00a0repose sur les concepts                     de l&rsquo;autod\u00e9termination et non du paternalisme, de l&rsquo;autonomie                     et de l&rsquo;entraide plut\u00f4t que de la passivit\u00e9 et                     de la d\u00e9pendance, et de la collaboration plut\u00f4t                     que de la prise en charge\u00a0\u00bb, d\u00e9clare le document                     de travail qui ajoute que \u00ab\u00a0La protection et la promotion                     de la sant\u00e9 mentale doivent figurer au premier plan                     des priorit\u00e9s des collectivit\u00e9s canadiennes.\u00a0\u00bb                     Nous ne pouvons qu&rsquo;acquiescer car le manque d&rsquo;effort flagrant                     dans ce domaine, si nous n&rsquo;y rem\u00e9dions pas par des                     mesures pluridisciplinaires, ne peut que prendre de l&rsquo;ampleur.                   <\/p>\n<p> Le Canada poss\u00e8de la capacit\u00e9 m\u00e9dicale                     de traiter efficacement les troubles mentaux et les d\u00e9sordres                     de sant\u00e9 mentale avant qu&rsquo;ils ne s&rsquo;aggravent. Mais                     \u00e0 long terme, les probl\u00e8mes de sant\u00e9                     mentale nationale n&rsquo;ont qu&rsquo;une seule solution\u00a0: la cr\u00e9ation                     d&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9 plus saine. <\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<\/p><\/div>\n","protected":false},"author":87,"featured_media":0,"template":"","categories":[1],"rbc_letter_theme":[],"rbc_letter_year":[72],"class_list":["post-2179","rbc_letter","type-rbc_letter","status-publish","hentry","category-uncategorized","rbc_letter_year-72"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO Premium plugin v27.2 (Yoast SEO v27.2) - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-premium-wordpress\/ -->\n<title>Vol 72 N\u00b0 4 - Juillet\/Ao\u00fbt 1991 - La sant\u00e9 mentale au Canada - RBC<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-72-n-4-juillet-aout-1991-la-sante-mentale-au-canada\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Vol 72 N\u00b0 4 - Juillet\/Ao\u00fbt 1991 - La sant\u00e9 mentale au Canada\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"La d\u00e9sinstitutionnalisation des malades mentaux constitue un d\u00e9fi pour tous les Canadiens. 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