{"id":2178,"date":"1990-07-01T00:00:00","date_gmt":"1990-07-01T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/juillet-aout-1990-la-nature-canadienne\/"},"modified":"2022-10-17T18:16:39","modified_gmt":"2022-10-17T18:16:39","slug":"juillet-aout-1990-la-nature-canadienne","status":"publish","type":"rbc_letter","link":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/juillet-aout-1990-la-nature-canadienne\/","title":{"rendered":"Juillet\/Ao\u00fbt 1990 &#8211; La nature canadienne"},"content":{"rendered":"<div id=\"layout-column-main\">\n<p class=\"boldtext\">Le Canada offre \u00e0 sa population une nature de toute beaut\u00e9 et nos rapports avec celle-ci impr\u00e8gnent fortement notre culture. Mais si nous ne g\u00e9rons pas notre h\u00e9ritage pr\u00e9cieux avec plus de discernement, nos r\u00e9gions sauvages risquent de devenir un paradis perdu&#8230;<\/p>\n<p>Un \u00e9tranger circulant cet \u00e9t\u00e9 sur nos routes pourrait bien avoir l&rsquo;impression que les Canadiens, sous des dehors flegmatiques, cachent une v\u00e9ritable \u00e2me de nomade. Des autocaravanes montent vers le Nord, au milieu de voitures qui tirent des bateaux et des remorques. La nuit, tout ce monde s&rsquo;arr\u00eate le long des routes, dans des parcs qui, avec leurs feux de bois, ressemblent aux camps d&rsquo;Indiens aper\u00e7us par les premiers explorateurs europ\u00e9ens. Devant ce spectacle du Canada moderne retrouvant ses racines en pleine nature, on se sent transport\u00e9 \u00e0 une autre \u00e9poque.<\/p>\n<p>Les enfants qui s&rsquo;endorment en entendant le clapotis des vagues et le sifflement des huards ne font que perp\u00e9tuer une tradition nationale. Les Canadiens ont toujours \u00e9t\u00e9 attir\u00e9s par la vie en plein air. Autrefois, bien s\u00fbr, ils n&rsquo;avaient pas d&rsquo;autre choix que de vivre proches de la nature. Mais, m\u00eame maintenant que la plupart r\u00e9sident en milieu urbain, ils ressentent le besoin d&rsquo;y retourner. L&rsquo;appel de la nature est, pour un Canadien, plus qu&rsquo;une expression litt\u00e9raire et, m\u00eame pour les immigrants r\u00e9cents, le \u00ab\u00a0bois\u00a0\u00bb a un attrait magique.<\/p>\n<p>L&rsquo;auteur torontois Patrick Anderson a parl\u00e9 de l&rsquo;\u00e9treinte de la toundra et de la for\u00eat, et des vastes \u00e9tendues d\u00e9sertes dont nous ressentons la pr\u00e9sence, physiquement et psychologiquement. La nature sauvage lui paraissait \u00ab\u00a0violente et triste\u00a0\u00bb, mais son attrait \u00e9tait irr\u00e9sistible. \u00ab\u00a0En \u00e9t\u00e9, nous fuyions la chaleur pesante de la ville; la nature se refermait sur nous; nous nous y enfoncions comme dans un \u00e9dredon de plumes.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>La nature influence fortement l&rsquo;image que se font d&rsquo;eux-m\u00eames les Canadiens. Le simple fait de vivre dans un vaste pays de lacs, de for\u00eats, de montagnes et de plaines nous diff\u00e9rencie de la population des pays beaucoup plus peupl\u00e9s.<\/p>\n<p>Notre caract\u00e8re nordique est au coeur de notre culture. La nature sauvage a toujours inspir\u00e9 l&rsquo;art et la litt\u00e9rature, dans les deux langues officielles. Rares sont les po\u00e8tes canadiens qui, dans leur style propre, n&rsquo;ont pas lou\u00e9 la beaut\u00e9 de notre pays. Les peintres canadiens, notamment le Groupe des Sept, ont repr\u00e9sent\u00e9 des paysages d\u00e9sol\u00e9s et rocailleux. Les h\u00e9ros de notre mythologie nationale &#8211; l&rsquo;\u00e9claireur indien, le coureur des bois, le pilote de brousse, l&rsquo;officier de la police mont\u00e9e &#8211; sortent tout droit de notre vision romantique du vrai nord, libre et fort.<\/p>\n<p>Pour les Canadiens, l&rsquo;acc\u00e8s aux grands espaces est un droit inali\u00e9nable, qui est acquis de naissance ou, s&rsquo;ils ne sont pas n\u00e9s ici, que leur conf\u00e8re leur r\u00e9sidence au Canada. Tous les printemps, on recueille de l&rsquo;argent dans les villes pour envoyer les enfants pauvres dans des camps d&rsquo;\u00e9t\u00e9, vu que personne ne doit \u00eatre priv\u00e9 des plaisirs de la vie au grand air.<\/p>\n<p>Le droit de profiter de la nature est inscrit dans la loi. D\u00e8s 1885, le gouvernement canadien mettait sous sa protection ce qui est devenu le parc national de Banff. Le r\u00e9seau de parcs f\u00e9d\u00e9raux s&rsquo;\u00e9tend maintenant de la Colombie-Britannique \u00e0 Terre-Neuve. Chaque province a \u00e9galement ses parcs et sanctuaires fauniques.<\/p>\n<p>Dans la plupart des r\u00e9gions du pays, le chalet est devenu une v\u00e9ritable institution. D\u00e8s la fin de l&rsquo;ann\u00e9e scolaire, des familles enti\u00e8res d\u00e9m\u00e9nagent. Tous ces gens deviennent temporairement des sauvages, \u00e0 peine v\u00eatus et pieds nus. Les enfants font leurs premi\u00e8res d\u00e9couvertes de la faune en donnant \u00e0 manger aux \u00ab\u00a0suisses\u00a0\u00bb et en attrapant des t\u00eatards.<\/p>\n<h3>L&rsquo;amour de la nature prime sur toutes les autres activit\u00e9s<\/h3>\n<p>\u00ab\u00a0Les Canadiens n&rsquo;accepteraient jamais de passer l&rsquo;\u00e9t\u00e9 ailleurs que pr\u00e8s d&rsquo;un lac\u00a0\u00bb, note le r\u00e9dacteur et auteur bien connu B. K. Sandwell. \u00ab\u00a0Demandez \u00e0 un Canadien qui ne va pas au bord de la mer o\u00f9 il passera ses vacances. Il r\u00e9pondra sans h\u00e9sitation\u00a0: \u00ab\u00a0au bord du lac\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0\u00e0 la plage\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Les vrais amateurs de plein air d\u00e9nigrent ces vill\u00e9giateurs qui ne vivent pas \u00ab\u00a0\u00e0 la dure\u00a0\u00bb. La seule exp\u00e9rience valable, pour certains, consiste \u00e0 s&rsquo;enfoncer en cano\u00eb au coeur de r\u00e9gions sauvages, et \u00e0 faire des portages dangereux sur des rochers glissants et \u00e0 travers des marais infest\u00e9s d&rsquo;insectes.<\/p>\n<p>Mais peu importe que l&rsquo;on dorme sous le toit d&rsquo;un chalet ou \u00e0 la belle \u00e9toffe. Un lac au cr\u00e9puscule a toujours la m\u00eame beaut\u00e9, qu&rsquo;il se trouve \u00e0 un kilom\u00e8tre d&rsquo;une grande route ou du fleuve Mackenzie. Dans les r\u00e9gions touristiques, les bateaux \u00e0 moteur font certainement du vacarme au bord des lacs, mais il est encore possible de d\u00e9couvrir des rives \u00e9loign\u00e9es o\u00f9 l&rsquo;on a le sentiment qu&rsquo;aucun \u00eatre humain n&rsquo;a jamais mis les pieds.<\/p>\n<p>Il ne fait aucun doute cependant que la passion de la nature sauvage est plus ardente chez certains que chez d&rsquo;autres. Ces passionn\u00e9s passent leurs soir\u00e9es d&rsquo;hiver \u00e0 graisser leur fusil ou \u00e0 feuilleter des livres et revues sur le sujet. Par beau temps, ils font du ski de fond, arpentent les bois en raquettes ou p\u00eachent sur la glace avec des compagnons ayant les m\u00eames go\u00fbts. D\u00e8s la venue du printemps, ils br\u00fblent d&rsquo;impatience de se retrouver en pleine nature.<\/p>\n<p>Ils ont tous leur marotte\u00a0: le cano\u00eb, l&rsquo;observation des oiseaux, la p\u00eache, la chasse, la randonn\u00e9e, la promenade \u00e0 cheval, la descente de rapides en radeau, les excursions sac \u00e0 dos, etc.; mais si l&rsquo;on analyse leurs motifs, on s&rsquo;aper\u00e7oit qu&rsquo;ils ont simplement un grand amour de la nature. Ils sont un peu comme Roderick Haig-Brown, l&rsquo;auteur canadien qui nous a laiss\u00e9 des descriptions admirables de la nature, expliquant ainsi son go\u00fbt pour la p\u00eache\u00a0: \u00ab\u00a0Ce n&rsquo;est peut -\u00eatre qu&rsquo;un pr\u00e9texte pour me trouver pr\u00e8s d&rsquo;une rivi\u00e8re. Si c&rsquo;est le cas, je suis content d&rsquo;y avoir pens\u00e9.\u00a0\u00bb La passion de la nature peut amener certaines personnes \u00e0 faire des choses tout \u00e0 fait illogiques\u00a0: p\u00eacher \u00e0 la ligne par exemple. Samuel Johnson a un jour d\u00e9fini la canne \u00e0 p\u00eache comme un b\u00e2ton avec un crochet \u00e0 un bout et un simple d&rsquo;esprit \u00e0 l&rsquo;autre bout. Les p\u00eacheurs eux-m\u00eames admettent qu&rsquo;il n&rsquo;existe pas de m\u00e9thode moins efficace pour prendre du poisson.<\/p>\n<h3>Les bienfaits de la nature ne peuvent pas s&rsquo;\u00e9valuer financi\u00e8rement<\/h3>\n<p>\u00ab\u00a0Remarquez ce courtier en bourse, un homme tr\u00e8s ais\u00e9, qui rampe sur le ventre dans le sous-bois, ses lunettes brillant comme des lanternes\u00a0\u00bb, a \u00e9crit Stephen Leacock. \u00ab\u00a0Que fait-il\u00a0? Il est \u00e0 l&rsquo;aff\u00fbt d&rsquo;un caribou qui n&rsquo;est pas l\u00e0. Bien entendu, il sait tr\u00e8s bien que le caribou n&rsquo;est pas l\u00e0 et n&rsquo;y a jamais \u00e9t\u00e9&#8230; mais c&rsquo;est plus fort que lui\u00a0: il <em>doit<\/em> traquer une proie. Remarquez comme il rampe; voyez-le se faufiler \u00e0 travers les buissons de ronces (silencieusement, pour que le caribou n&rsquo;entende pas le bruit des \u00e9pines qui lui d\u00e9chirent la peau), et par-dessus un nid d&rsquo;abeilles, tout doucement pour que celles-ci, en le piquant n&rsquo;effraient pas le caribou.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Logiquement, qu&rsquo;est-ce qui peut bien pousser un \u00eatre sens\u00e9 \u00e0 s&rsquo;exposer volontairement aux affres de la vie en plein air. La petite mouche noire canadienne m\u00e9rite une mention sp\u00e9ciale; cet insecte d\u00e9testable peut faire d&rsquo;un s\u00e9jour dans la nature un v\u00e9ritable enfer. Mouches noires et maringouins semblent se relayer, les premi\u00e8res attaquant le jour, les autres le soir, au coucher du soleil.<\/p>\n<p>Aux insectes, il faut ajouter les orages, les jours de pluie interminables, les baisses soudaines de temp\u00e9rature, les chaussettes tremp\u00e9es, les repas mal cuits ou br\u00fbl\u00e9s. Pour aimer cela, il faut de toute \u00e9vidence \u00eatre masochiste.<\/p>\n<p>Mais alors, les masochistes ne manquent pas au Canada\u00a0! Bien que l&rsquo;on ne connaisse pas le nombre exact de Canadiens qui s&rsquo;adonnent \u00e0 des activit\u00e9s de plein air (lesquelles sont de toute fa\u00e7on difficiles \u00e0 d\u00e9finir), la F\u00e9d\u00e9ration canadienne de la faune l&rsquo;estime \u00e0 83.8 % de la population. Une \u00e9tude distincte a par ailleurs r\u00e9v\u00e9l\u00e9 que quelque 6.5 millions de Canadiens p\u00eachent r\u00e9guli\u00e8rement.<\/p>\n<p>Les activit\u00e9s de plein air contribuent \u00e0 faire marcher l&rsquo;\u00e9conomie. Ne serait-ce que pour la p\u00eache, les d\u00e9penses s&rsquo;\u00e9l\u00e8vent \u00e0 $4.4 milliards par an. La F\u00e9d\u00e9ration de la faune, pour sa part, a \u00e9valu\u00e9 \u00e0 $4.2 milliards par an les sommes consacr\u00e9es aux autres activit\u00e9s de plein air.<\/p>\n<p>Les retomb\u00e9es \u00e9conomiques sont nombreuses, et les grandes usines automobiles qui fabriquent des camionnettes profitent de la situation tout comme les petits magasins de village. Les parcs et terrains de camping cr\u00e9ent un nombre consid\u00e9rable d&#8217;emplois d&rsquo;\u00e9t\u00e9 pour les \u00e9tudiants. Et combien n&rsquo;ont-ils pas d\u00e9but\u00e9 en affaires en pla\u00e7ant un \u00e9criteau \u00ab\u00a0Vers \u00e0 vendre\u00a0\u00bb au bord de la route.<\/p>\n<p>Mais les bienfaits de la nature ne peuvent s&rsquo;\u00e9valuer financi\u00e8rement. D&rsquo;un point de vue purement pratique, le mieux que l&rsquo;on puisse dire est que la nature permet \u00e0 la population de conserver sa sant\u00e9 physique et mentale et sert de soupape de s\u00e9curit\u00e9 aux tensions de la vie urbaine. Elle a aussi une valeur \u00e9ducative incalculable\u00a0: \u00ab\u00a0C&rsquo;est une biblioth\u00e8que vivante, changeante, r\u00e9v\u00e9latrice o\u00f9 l&rsquo;on peut voir, sentir, entendre et go\u00fbter la vie\u00a0\u00bb, a \u00e9crit le biologiste Thomas Morley.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Il y a s\u00fbrement dans le calme souverain de la nature quelque chose qui fait taire nos doutes et nos angoisses\u00a0: le bleu profond du ciel, le scintillement des \u00e9toiles semblent apaiser l&rsquo;esprit\u00a0\u00bb, a \u00e9crit Jonathan Edwards. Ce sentiment donne une dimension spirituelle \u00e0 la vie en plein air. Pour l&rsquo;\u00e9prouver, nous sommes pr\u00eats \u00e0 affronter maintes difficult\u00e9s et m\u00eame des dangers.<\/p>\n<p>L&rsquo;immensit\u00e9 de la nature, au Canada, replace les choses dans une juste perspective et nous r\u00e9v\u00e8le notre insignifiance dans l&rsquo;ordre cosmique.<\/p>\n<p>Malheureusement, en utilisant inconsid\u00e9r\u00e9ment son pouvoir, l&rsquo;homme a alt\u00e9r\u00e9 la nature et l&rsquo;a bien souvent d\u00e9truite. Les lacs et rivi\u00e8res tu\u00e9s par les pluies acides et la pollution nous reprochent silencieusement la gestion abusive de notre h\u00e9ritage naturel. En massacrant ce qui nous a \u00e9t\u00e9 donn\u00e9, nous avons fait avancer le moment de v\u00e9rit\u00e9. \u00ab\u00a0Les lois de la nature affirment au lieu d&rsquo;interdire. Violer ses lois, c&rsquo;est \u00eatre son propre procureur, juge, jury et bourreau\u00a0\u00bb, a \u00e9crit le c\u00e9l\u00e8bre horticulteur Luther Burbank.<\/p>\n<p>Vu l&rsquo;abondance des splendeurs naturelles de leur pays, les Canadiens ont toujours pris cet h\u00e9ritage pour acquis, sans accorder beaucoup d&rsquo;attention \u00e0 la disparition de millions d&rsquo;hectares de terres sauvages. Pourtant, m\u00eame si l&rsquo;on a l&rsquo;impression, en survolant le pays, que les for\u00eats et les lacs constituent une ressource in\u00e9puisable, il y a de moins en moins de terres foresti\u00e8res accessibles pour le nombre d&rsquo;amateurs de plein air qui, en plus de former un groupe en pleine croissance, se livrent aussi plus fr\u00e9quemment \u00e0 leurs activit\u00e9s favorites. On estime, par exemple, qu&rsquo;il se fait environ deux fois plus de p\u00eache en eau douce maintenant qu&rsquo;il y a 25 ans.<\/p>\n<p>Les ressources situ\u00e9es \u00e0 une distance raisonnable des grands centres de population se trouvent de plus en plus menac\u00e9es. Il est encore possible de noliser un avion pour acc\u00e9der \u00e0 des terres vierges, mais c&rsquo;est un luxe que seule une minorit\u00e9 peut s&rsquo;offrir. L&rsquo;important n&rsquo;est pas de disposer de vastes \u00e9tendues d\u00e9sertes dans des r\u00e9gions \u00e9loign\u00e9es o\u00f9 fort peu de gens iront jamais, mais de zones plus petites pouvant \u00eatre mises \u00e0 la disposition de la majorit\u00e9.<\/p>\n<h3>Des zones accessibles de plus en plus menac\u00e9es<\/h3>\n<p>Il n&rsquo;est pas non plus n\u00e9cessaire de pr\u00e9server un \u00e9tat sauvage absolu. N&rsquo;oublions pas que nous allons dans la nature pour notre plaisir. La meilleure fa\u00e7on de sauvegarder les r\u00e9gions sauvages serait probablement d&rsquo;en interdire l&rsquo;acc\u00e8s. Mais comment alors satisfaire notre besoin de grand air\u00a0?<\/p>\n<p>Walter Stegner, qui a \u00e9t\u00e9 naturaliste en chef du service am\u00e9ricain des parcs nationaux pendant quelques ann\u00e9es, a un jour racont\u00e9 une anecdote amusante. Un puriste de l&rsquo;environnement (citadin, bien s\u00fbr ) exprimait son m\u00e9contentement au directeur d&rsquo;un parc.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Il y a trop de routes\u00a0\u00bb, se plaignait-il. Il ne faudrait rien construire ici. Les gens sont en train de d\u00e9truire compl\u00e8tement cet endroit\u00a0!\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Vous avez peut-\u00eatre raison\u00a0\u00bb, lui r\u00e9pondit le directeur. \u00ab\u00a0Mais si nous n&rsquo;\u00e9tions pas l\u00e0 tous les deux, la foule ne serait d\u00e9j\u00e0 pas si dense.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0On ne pr\u00e9serve pas une r\u00e9gion sauvage en \u00e9vitant simplement d&rsquo;y intervenir, particuli\u00e8rement si elle est entour\u00e9e de terres dont l&rsquo;exploitation normale ou abusive a sur elle des cons\u00e9quences directes ou indirectes\u00a0\u00bb, a \u00e9crit M. Stegner. \u00ab\u00a0On ne doit pas non plus permettre l&rsquo;usage r\u00e9cr\u00e9atif de r\u00e9gions sauvages sans y \u00e9valuer continuellement les effets de la pr\u00e9sence de l&rsquo;homme. Ces r\u00e9gions doivent \u00eatre utilis\u00e9es de fa\u00e7on disciplin\u00e9e, au risque de dispara\u00eetre.\u00a0\u00bb<\/p>\n<h3><span class=\"quote\">Les r\u00e9gions sauvages ne doivent pas \u00eatre simplement pr\u00e9serv\u00e9es, mais restaur\u00e9es<\/span><\/h3>\n<p>Le secteur forestier, qui est le plus important secteur industriel du Canada, emploie directement 10 % de la main-d&rsquo;oeuvre du pays. La menace qu&rsquo;il pose pour les r\u00e9gions sauvages a suscit\u00e9 bien des confrontations entre les soci\u00e9t\u00e9s foresti\u00e8res et les d\u00e9fenseurs de l&rsquo;environnement. Ces soci\u00e9t\u00e9s sont toutefois davantage conscientes, maintenant, des probl\u00e8mes \u00e9cologiques. Il est de plus en plus admis que la sant\u00e9 de nos for\u00eats va dans l&rsquo;int\u00e9r\u00eat du secteur forestier comme du public. Les besoins de ces deux groupes ne sont pas incompatibles et peuvent \u00eatre satisfaits si nous savons g\u00e9rer avec intelligence nos ressources.<\/p>\n<p>Cela n&rsquo;a gu\u00e8re \u00e9t\u00e9 le cas jusqu&rsquo;\u00e0 pr\u00e9sent. Les Canadiens adorent la nature, sans pour autant la respecter. Ils l&rsquo;ont toujours d\u00e9truite, br\u00fbl\u00e9e et contamin\u00e9e, en plus de p\u00eacher et de chasser avec exc\u00e8s. Et ils ont oblig\u00e9 la faune, du moins les esp\u00e8ces qu&rsquo;ils massacrent, \u00e0 se r\u00e9fugier de plus en plus loin.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Il est maintenant tr\u00e8s difficile de trouver des endroits sauvages\u00a0\u00bb , faisait r\u00e9cemment remarquer un sp\u00e9cialiste de la faune au Texas. \u00ab\u00a0Ce qu&rsquo;il nous faut, c&rsquo;est une autre plan\u00e8te comme la Terre, mais sans pr\u00e9sence humaine.\u00a0\u00bb Ces commentaires sont malheureusement valables pour certaines parties du Canada o\u00f9 des terres autrefois sauvages se trouvent surexploit\u00e9es et subissent les assauts du d\u00e9veloppement et de la pollution. Nous nous sommes toutefois rendu compte ces derni\u00e8res ann\u00e9es que, pour r\u00e9pondre aux besoins de notre population en pleine croissance, nous devons non seulement prot\u00e9ger les r\u00e9gions sauvages, mais aussi les restaurer. Les lacs doivent \u00eatre nettoy\u00e9s, et les terres d\u00e9vast\u00e9es, r\u00e9am\u00e9nag\u00e9es \u00e0 des fins r\u00e9cr\u00e9atives.<\/p>\n<p>Nous nous apercevons, enfin, que la nature forme un tout et que notre mode de vie a des cons\u00e9quences directes sur l&rsquo;environnement. Nous ne pouvons esp\u00e9rer garder notre qualit\u00e9 de vie en contribuant en m\u00eame temps \u00e0 la pollution.<\/p>\n<p>Une nouvelle attitude se dessine face \u00e0 l&rsquo;environnement. Elle s&rsquo;exprime parfaitement dans cette phrase qui annon\u00e7ait une conf\u00e9rence r\u00e9cente sur le d\u00e9veloppement \u00ab\u00a0\u00e9clair\u00e9\u00a0\u00bb : \u00ab\u00a0Nous n&rsquo;avons pas h\u00e9rit\u00e9 la terre de nos anc\u00eatres. Nous l&rsquo;avons emprunt\u00e9e \u00e0 nos enfants.\u00a0\u00bb La question que doivent maintenant se poser les Canadiens adultes est la suivante\u00a0: nos enfants et nos petits- enfants pourront-ils autant profiter de la nature que nous aujourd&rsquo;hui\u00a0?<\/p>\n<p>Le Canada a la chance de poss\u00e9der en abondance des splendeurs naturelles qui ne se retrouvent nulle part ailleurs au monde.<\/p>\n<p>Elles sont l\u00e0 pour que nous en profitions. Mais si nous ne faisons pas preuve d&rsquo;un peu plus de discernement, la nature \u00e0 laquelle nous avons maintenant acc\u00e8s pourrait bien n&rsquo;\u00eatre qu&rsquo;un simple souvenir pour les g\u00e9n\u00e9rations futures. Le Canada est un paradis pour les amateurs de plein air. Mais si nous ne commen\u00e7ons pas \u00e0 traiter nos r\u00e9gions sauvages comme un tr\u00e9sor pr\u00e9cieux, ce pourrait bien devenir un paradis perdu.<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"author":86,"featured_media":0,"template":"","categories":[1],"rbc_letter_theme":[],"rbc_letter_year":[71],"class_list":["post-2178","rbc_letter","type-rbc_letter","status-publish","hentry","category-uncategorized","rbc_letter_year-71"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO Premium plugin v27.2 (Yoast SEO v27.2) - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-premium-wordpress\/ -->\n<title>Juillet\/Ao\u00fbt 1990 - La nature canadienne - RBC<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/juillet-aout-1990-la-nature-canadienne\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Juillet\/Ao\u00fbt 1990 - La nature canadienne\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Le Canada offre \u00e0 sa population une nature de toute beaut\u00e9 et nos rapports avec celle-ci impr\u00e8gnent fortement notre culture. 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