{"id":2175,"date":"1987-07-01T00:00:00","date_gmt":"1987-07-01T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-68-n-4-juillet-aout-1987-les-artisans-de-la-collaboration\/"},"modified":"2022-10-17T20:36:52","modified_gmt":"2022-10-17T20:36:52","slug":"vol-68-n-4-juillet-aout-1987-les-artisans-de-la-collaboration","status":"publish","type":"rbc_letter","link":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-68-n-4-juillet-aout-1987-les-artisans-de-la-collaboration\/","title":{"rendered":"Vol. 68, N\u00b0 4 &#8211; Juillet\/Ao\u00fbt 1987 &#8211; Les artisans de la collaboration"},"content":{"rendered":"<div id=\"layout-column-main\">\n<p class=\"boldtext\">Savez-vous que Robert Baldwin, d\u00e9put\u00e9 de Rimouski, et Louis-Hippolyte Lafontaine, d\u00e9put\u00e9 de North York, furent les artisans de l&rsquo;ind\u00e9pendance du Canada\u00a0? Si leurs noms ne vous sont pas familiers, c&rsquo;est que ce r\u00f4le historique, ils l&rsquo;ont jou\u00e9 \u00ab\u00a0en vrais Canadiens\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Ici et l\u00e0, vous d\u00e9couvrez des lieux publics qui portent leur nom\u00a0: une \u00e9cole, un parc, un tunnel, une circonscription \u00e9lectorale. Tous ceux qui fr\u00e9quentent ces endroits n&rsquo;ont qu&rsquo;une id\u00e9e bien vague des personnages que furent Robert Baldwin et Louis-Hippolyte Lafontaine. Auraient-ils accompli ailleurs ce qu&rsquo;ils ont r\u00e9alis\u00e9 sur notre sol, des villes enti\u00e8res porteraient leur nom. Mais il s&rsquo;agit du Canada, et s&rsquo;ils sont aujourd&rsquo;hui presque tomb\u00e9s dans l&rsquo;oubli, c&rsquo;est parce qu&rsquo;ils sont intervenus \u00ab\u00a0\u00e0 la canadienne\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Tout comme les lib\u00e9rateurs dont les statues ornent les capitales des nations d\u00e9colonis\u00e9es, Baldwin et Lafontaine favoris\u00e8rent l&rsquo;ind\u00e9pendance de leur pays. Contrairement \u00e0 ces lib\u00e9rateurs, ils le firent sans un seul coup de feu et sans qu&rsquo;il en co\u00fbt\u00e2t une larme \u00e0 quiconque. Ils livr\u00e8rent un combat \u00e9puisant contre des forces consid\u00e9rables et acharn\u00e9es, mais n&rsquo;\u00e9prouv\u00e8rent jamais la tentation de recourir \u00e0 la violence. Leur accomplissement le plus m\u00e9ritoire fut peut-\u00eatre d&rsquo;\u00e9tablir la grande tradition canadienne qui veut que les querelles constitutionnelles soient r\u00e9solues par des moyens pacifiques.<\/p>\n<p>Hommes de mod\u00e9ration, ils le furent aussi bien sur le plan personnel que politique. Baldwin, avocat aux traits fins, \u00e0 la voix douce, venait d&rsquo;une famille ais\u00e9e de Toronto\u00a0; Lafontaine, beau, et avocat lui aussi, \u00e9tait le fils d&rsquo;un fermier qu\u00e9b\u00e9cois bien connu pour ses activit\u00e9s politiques. Quand ils se lanc\u00e8rent \u00e0 corps perdu dans la lutte qui fit d&rsquo;eux des chefs politiques, ils \u00e9taient veufs et avaient tous deux une trentaine d&rsquo;ann\u00e9es. Ni l&rsquo;un ni l&rsquo;autre n&rsquo;\u00e9tait particuli\u00e8rement ambitieux. Tous deux croyaient fermement en une collaboration altruiste, conviction qui explique que leurs noms soient li\u00e9s \u00e0 tout jamais.<\/p>\n<p>Les rares d\u00e9tails personnels que l&rsquo;on trouve \u00e0 leur sujet dans les livres d&rsquo;histoire brossent le portrait de personnages qui sont les symboles vivants des vertus canadiennes, admirables \u00e0 tous points de vue&#8230; mais modestes. M\u00eame la cause glorieuse pour laquelle ils se battaient, ils la pr\u00e9sentaient sous un jour terne. Partout ailleurs dans le monde, on aurait invoqu\u00e9 avec \u00e9clat le droit du peuple au pouvoir\u00a0! Baldwin et Lafontaine, eux, revendiquaient un \u00ab\u00a0gouvernement responsable\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Il est injuste mais naturel que l&rsquo;Histoire ait laiss\u00e9 dans l&rsquo;ombre ces personnages assez discrets, et qu&rsquo;elle leur ait pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 deux hommes \u00e0 la personnalit\u00e9 plus flamboyante qui, pourtant, \u00e9chou\u00e8rent l\u00e0 o\u00f9 ils r\u00e9ussirent. En 1837, William Lyon Mackenzie et Louis-Joseph Papineau se mirent \u00e0 la t\u00eate des rebelles qui avaient pris les armes contre les gouverneurs et les cliques qui d\u00e9tenaient le pouvoir dans le Haut et le Bas-Canada. Bien que Baldwin et Lafontaine aient partag\u00e9 leurs aspirations \u00e0 l&rsquo;ind\u00e9pendance, ils ne pouvaient embrasser leurs vues r\u00e9publicaines et r\u00e9volutionnaires.<\/p>\n<p>La r\u00e9volte du Bas-Canada fut r\u00e9ellement un acte de folie. Papineau et ses <em>Patriotes<\/em>, qui en furent les instigateurs, voulaient donner aux Canadiens fran\u00e7ais un plus grand pouvoir politique. Leurs efforts ne furent pas r\u00e9compens\u00e9s. Ils perdirent le peu de pouvoir qu&rsquo;ils avaient et virent leurs droits civils suspendus. Charg\u00e9 par le Cabinet britannique de d\u00e9terminer sur place la cause des troubles, Lord Durham conclut qu&rsquo;il s&rsquo;agissait d&rsquo;une question raciale et qu&rsquo;une seule politique apporterait une solution finale\u00a0: l&rsquo;assimilation int\u00e9grale de la collectivit\u00e9 fran\u00e7aise \u00e0 la culture anglaise. Il pr\u00e9conisa de joindre par la force les deux Canada. L&rsquo;Acte d&rsquo;Union pass\u00e9 en 1840 par le Parlement imp\u00e9rial visait \u00e0 acc\u00e9l\u00e9rer ce processus en affaiblissant l&rsquo;\u00e9lectorat canadien fran\u00e7ais.<\/p>\n<p>Lorsque le premier gouverneur g\u00e9n\u00e9ral de la province, Lord Sydenham, nomma le Conseil ex\u00e9cutif qui \u00e9tait compos\u00e9 de huit membres, aucun Canadien fran\u00e7ais n&rsquo;y si\u00e9gea.<\/p>\n<p>Lord Sydenham \u00e9tait convaincu que \u00ab\u00a0le despotisme \u00e9tait la seule forme de gouvernement valable pour le Bas-Canada\u00a0\u00bb, credo qu&rsquo;il s&#8217;empressa de mettre en pratique dans l&rsquo;ensemble de la province, foulant aux pieds le principe de la r\u00e8gle majoritaire.<\/p>\n<p>La responsabilit\u00e9 minist\u00e9rielle est \u00e0 la base du gouvernement de Grande-Bretagne depuis 1688, date \u00e0 laquelle les Anglais d\u00e9pos\u00e8rent un roi despotique pour mettre sur le tr\u00f4ne un souverain docile aux d\u00e9sirs du Parlement. Le gouvernement britannique s&rsquo;opposa toutefois \u00e0 ce que ce syst\u00e8me soit appliqu\u00e9 aux colonies, refus qui lui valut la perte de ses colonies am\u00e9ricaines en 1776.<\/p>\n<p>Seule concession faite \u00e0 l&rsquo;enseignement du pass\u00e9, Sydenham accepta de remplacer la \u00ab\u00a0clique du ch\u00e2teau\u00a0\u00bb par un conseil ex\u00e9cutif de coalition o\u00f9 \u00e9tait repr\u00e9sent\u00e9e toute la gamme des opinions politiques du pays. Ses membres, croyait-il, tout occup\u00e9s \u00e0 se r\u00e9gler leurs comptes, le laisseraient libre d&rsquo;agir \u00e0 sa guise. Parmi les membres du Conseil se trouvait Robert Baldwin, futur th\u00e9oricien du gouvernement responsable. Baldwin soutenait qu&rsquo;une monarchie constitutionnelle de type britannique \u00e9tait viable \u00e0 la t\u00eate d&rsquo;une colonie. Il suffisait que le gouverneur g\u00e9n\u00e9ral \u00ab\u00a0r\u00e8gne mais ne gouverne pas\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Les hommes d&rsquo;\u00c9tat britanniques, tout comme les loyalistes canadiens, craignaient vivement que le gouvernement responsable men\u00e2t in\u00e9luctablement \u00e0 un syst\u00e8me r\u00e9publicain, donc \u00e0 un \u00c9tat totalement s\u00e9par\u00e9 de la Grande-Bretagne qui serait absorb\u00e9 par la r\u00e9publique am\u00e9ricaine. Baldwin pr\u00e9tendait au contraire que seul un gouvernement autonome \u00e9tait susceptible \u00e0 long terme de conserver intacts les liens avec l&rsquo;Angleterre.<\/p>\n<p>Car c&rsquo;\u00e9tait l\u00e0 le coeur du probl\u00e8me aux yeux des colonistes. Le gouvernement de Londres fournissait des subventions pour les travaux publics, notamment pour les routes et les canaux. L&rsquo;Angleterre maintenait une arm\u00e9e assez consid\u00e9rable, qui servait de force de dissuasion propre \u00e0 d\u00e9courager toute invasion am\u00e9ricaine\u00a0; elle \u00e9tait par ailleurs le plus important importateur de produits canadiens et jouissait de tarifs douaniers pr\u00e9f\u00e9rentiels.<\/p>\n<p>D&rsquo;ailleurs, la question n&rsquo;\u00e9tait pas seulement d&rsquo;ordre pratique mais d&rsquo;ordre sentimental. De nombreux Canadiens anglais t\u00e9moignaient une loyaut\u00e9 passionn\u00e9e \u00e0 la Couronne. Le Haut-Canada et les r\u00e9gions de population anglaise du Bas-Canada renfermaient une proportion \u00e9lev\u00e9e d&rsquo;immigrants britanniques r\u00e9cents et de personnes issues de la lign\u00e9e des loyalistes imp\u00e9rialistes unis, pour qui toute d\u00e9viation du syst\u00e8me \u00e9tabli par l&rsquo;Empire britannique \u00e9quivalait \u00e0 un acte de trahison.<\/p>\n<p>Ils trouv\u00e8rent en Sydenham, bien r\u00e9solu \u00e0 \u00e9viter \u00e0 tout prix un tel \u00ab\u00a0d\u00e9sastre\u00a0\u00bb, le champion de leur cause. Quand Baldwin aborda avec lui le sujet du gouvernement minist\u00e9riel, il d\u00e9clara tout simplement qu&rsquo;une telle proposition \u00e9tait hors de question. Il souligna que l&rsquo;assembl\u00e9e \u00e9tait compos\u00e9e d&rsquo;au moins cinq factions diff\u00e9rentes dont les vues divergeaient \u00e0 tel point qu&rsquo;une coalition entre elles ne pouvait \u00eatre qu&rsquo;\u00e9ph\u00e9m\u00e8re.<\/p>\n<h3>\u00c9viter que le pays ne subisse le sort de l&rsquo;Inde de Gandhi<\/h3>\n<p>Baldwin r\u00e9pliqua que le Conseil ex\u00e9cutif devait au moins repr\u00e9senter le groupe le plus important de la Chambre\u00a0; il faisait allusion aux Canadiens fran\u00e7ais nationalistes ralli\u00e9s \u00e0 Louis-Hippolyte Lafontaine, leur chef absent. Lafontaine avait \u00e9t\u00e9 battu \u00e0 l&rsquo;\u00e9lection d&rsquo;avril 1841, qui avait \u00e9t\u00e9 truqu\u00e9e sans vergogne par le gouverneur g\u00e9n\u00e9ral pour placer la population franco-canadienne en minorit\u00e9. La tentative de Sydenham d&#8217;emp\u00eacher l&rsquo;\u00e9closion d&rsquo;une forte opposition \u00e0 son r\u00e9gime autocratique ironiquement se retourna contre lui\u00a0: en juin 1841, Baldwin se retira du Conseil afin de s&rsquo;unir avec Lafontaine.<\/p>\n<p>Ce dernier avait violemment d\u00e9nonc\u00e9 l&rsquo;Union provinciale qui, d&rsquo;apr\u00e8s lui, n&rsquo;\u00e9tait qu&rsquo;un complot pour d\u00e9truire la nationalit\u00e9 canadienne fran\u00e7aise. Eut-il poss\u00e9d\u00e9 le temp\u00e9rament de Papineau, il aurait pu semer les germes d&rsquo;une guerre civile. Mais Baldwin, qui \u00e9tait en passe de devenir son meilleur ami, le persuada que la restauration des droits fran\u00e7ais devait \u00eatre combattue en respectant le syst\u00e8me. Premier objectif\u00a0: ailier les r\u00e9formateurs du Bas-Canada de Lafontaine aux partisans de Baldwin, proches parents par l&rsquo;esprit, pour former un parti majoritaire, porte-parole indiscutable de la volont\u00e9 publique. En acceptant cette alliance, Lafontaine prit, selon l&rsquo;historien W.L. Morton, \u00ab\u00a0une d\u00e9cision d&rsquo;importance capitale pour l&rsquo;histoire du Canada. Il aurait pu entra\u00eener les d\u00e9put\u00e9s fran\u00e7ais \u00e0 boycotter l&rsquo;Union\u00a0; il aurait pu les amener \u00e0 former un bloc d&rsquo;opposition permanente au sein de la Chambre. En s&rsquo;alliant aux r\u00e9formateurs anglais, il \u00e9pargna au Canada le sort de l&rsquo;Irlande de Gratton ou de l&rsquo;Inde de Gandhi et permit l&rsquo;\u00e9tablissement en Am\u00e9rique du Nord britannique d&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9 lib\u00e9rale et pluraliste.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Pour que l&rsquo;Union survive, il fallait toutefois que Lafontaine puisse si\u00e9ger \u00e0 la Chambre. Suivant les coutumes de l&rsquo;\u00e9poque, Baldwin s&rsquo;\u00e9tait pr\u00e9sent\u00e9 dans deux circonscriptions et avait \u00e9t\u00e9 \u00e9lu dans les deux. Il abandonna son si\u00e8ge de North York en faveur de Lafontaine, qui fut \u00e9lu en septembre 1841 par une large majorit\u00e9, \u00ab\u00a0preuve, s&rsquo;il en est, que le principe politique l&rsquo;avait emport\u00e9 sur les sentiments racistes,\u00a0\u00bb comme le fit remarquer Morton.<\/p>\n<p>Le nouveau parti se battit avec acharnement pour conqu\u00e9rir la responsabilit\u00e9 minist\u00e9rielle, mais ses efforts, contrecarr\u00e9s par l&rsquo;adroit Sydenham, furent vains jusqu&rsquo;\u00e0 la mort subite de ce dernier en septembre de la m\u00eame ann\u00e9e. Son successeur, Sir Charles Bagot, se pencha sur le probl\u00e8me imm\u00e9diat, \u00e0 savoir comment gouverner sans risque de dissensions intestines si la majorit\u00e9 du peuple, les Canadiens fran\u00e7ais, n&rsquo;avait aucune voix au chapitre de l&rsquo;ex\u00e9cutif. Il invita Lafontaine et deux de ses lieutenants \u00e0 se joindre au Conseil, mais Lafontaine refusa d&rsquo;y si\u00e9ger sans Baldwin. Apr\u00e8s maintes tentatives, Lafontaine et Baldwin parvinrent \u00e0 former un gouvernement \u00e0 caract\u00e8re parlementaire en janvier 1842.<\/p>\n<p>Il ne s&rsquo;agissait pas encore vraiment d&rsquo;un gouvernement responsable\u00a0; pourtant, pour la premi\u00e8re fois, le gouverneur acceptait de sanctionner les actes d&rsquo;un \u00ab\u00a0cabinet\u00a0\u00bb constitu\u00e9 principalement par les membres du parti majoritaire. Ce r\u00e9gime s&rsquo;apparentait cependant suffisamment \u00e0 un gouvernement majoritaire pour d\u00e9clencher la furie de la presse et des hommes politiques loyalistes. Bagot fut violemment critiqu\u00e9, non seulement au Canada mais \u00e9galement en Grande-Bretagne. La temp\u00eate faisait toujours rage \u00e0 sa mort en mai 1843.<\/p>\n<p>Entre-temps, les Tories, outrag\u00e9s, avaient amen\u00e9 la d\u00e9faite de Baldwin, qui perdit son si\u00e8ge lors d&rsquo;\u00e9lections mouvement\u00e9es dans sa circonscription. Un membre du Bas-Canada ayant donn\u00e9 sa d\u00e9mission \u00e0 Rimouski, Baldwin &#8211; en d\u00e9pit du fait qu&rsquo;il parlait p\u00e9niblement fran\u00e7ais &#8211; se pr\u00e9senta et fut \u00e9lu. Curieuse situation qui faisait d&rsquo;un catholique de langue fran\u00e7aise, leader d&rsquo;une partie de la province, le repr\u00e9sentant d&rsquo;un \u00e9lectorat protestant de langue anglaise de l&rsquo;autre partie, et vice-versa. Il est \u00e9vident que les \u00e9lecteurs de North York, comme ceux de Rimouski, s&rsquo;\u00e9taient rendu compte que les questions religieuses et ethniques n&rsquo;\u00e9taient pas les probl\u00e8mes les plus importants du pays.<\/p>\n<p>Bagot fut remplac\u00e9 par Sir Charles Metcalfe, ancien gouverneur de l&rsquo;Inde et de la Jama\u00efque. Appuy\u00e9 par ses sup\u00e9rieurs londoniens, Metcalfe mit tout en oeuvre pour faire marche arri\u00e8re. Il diff\u00e9ra l&rsquo;approbation royale des projets de loi pass\u00e9s par l&rsquo;Assembl\u00e9e en les transmettant au Cabinet britannique. Il nomma lui-m\u00eame les fonctionnaires, sans consulter le Conseil ex\u00e9cutif. Lorsque Metcalfe refusa d&rsquo;\u00e9couter leurs protestations, Lafontaine et Baldwin, imit\u00e9s par les membres du Conseil, d\u00e9missionn\u00e8rent en novembre 1843.<\/p>\n<p>Cette d\u00e9mission fut \u00e0 l&rsquo;origine de la crise politique la plus grave qu&rsquo;ait connue le Canada. Elle fut au centre de vifs d\u00e9bats des deux c\u00f4t\u00e9s de l&rsquo;Atlantique.<\/p>\n<p>Le probl\u00e8me, r\u00e9duit \u00e0 sa plus simple expression, n&rsquo;\u00e9tait certes pas nouveau et se posait ainsi\u00a0: le gouverneur pouvait-il diriger le pays au m\u00e9pris de la majorit\u00e9 \u00e9lue\u00a0? Pour nous, produits du XXe si\u00e8cle, il est \u00e9tonnant de constater qu&rsquo;une majorit\u00e9 ait r\u00e9pondu que, non seulement il le pouvait, mais il le devait. Une minorit\u00e9 influente croyait au droit divin d&rsquo;une classe souveraine qui savait mieux que le peuple lui-m\u00eame ce qui \u00e9tait bon pour lui.<\/p>\n<p>Metcalfe tenta pendant quelques mois de diriger les affaires de la province avec l&rsquo;aide des membres nomm\u00e9s, mais le m\u00e9contentement \u00e9tait tel qu&rsquo;il dut avoir recours \u00e0 une \u00e9lection. Les partisans du gouverneur parvinrent \u00e0 obtenir la plupart des si\u00e8ges du Haut-Canada. William Draper, conservateur mod\u00e9r\u00e9, forma un gouvernement de coalition qui, bien que repr\u00e9sentant la majorit\u00e9 au sein de l&rsquo;Assembl\u00e9e, \u00e9tait la proie de nombreuses dissensions intestines du fait des factions qui la constituaient. Quand Metcalfe, atteint d&rsquo;un cancer, se retira de la vie publique en novembre 1845, il laissa derri\u00e8re lui un gouvernement impuissant, d\u00e9pourvu de toute popularit\u00e9.<\/p>\n<p>Le d\u00e9saccord sur la question de la fronti\u00e8re de l&rsquo;Oregon avait failli d\u00e9clencher une guerre avec les \u00c9tats-Unis. C&rsquo;est pourquoi le nouveau gouverneur g\u00e9n\u00e9ral, Lord Cathcart, soldat professionnel sans appartenance politique, eut pour mission de consolider les d\u00e9fenses canadiennes. Une fois le danger pass\u00e9, Cathcart fut remplac\u00e9 par Lord Elgin, jeune Ecossais brillant, issu d&rsquo;une famille noble tr\u00e8s influente, qui, bien que conservateur, fut choisi par le nouveau gouvernement lib\u00e9ral. Le secr\u00e9taire britannique aux affaires coloniales, Earl Grey, \u00e9tait d&rsquo;avis de laisser les colonies de l&rsquo;Am\u00e9rique du Nord libres de conduire leurs propres affaires.<\/p>\n<h3>Un projet de loi tr\u00e8s contest\u00e9 met \u00e0 rude \u00e9preuve le principe de la r\u00e8gle minist\u00e9rielle<\/h3>\n<p>Montr\u00e9al \u00e9tait devenue la nouvelle capitale. Elgin y arriva en janvier 1847, au moment o\u00f9 le d\u00e9licat \u00e9quilibre \u00e9tabli par Draper \u00e9tait sur le point d&rsquo;\u00eatre rompu. L&rsquo;issue in\u00e9vitable de cette m\u00e9salliance eut lieu en avril de la m\u00eame ann\u00e9e, date \u00e0 laquelle l&rsquo;administration de Draper fut remplac\u00e9e par un minist\u00e8re de fortune \u00e0 dominance tory qui ne comptait parmi ses membres qu&rsquo;un seul Canadien fran\u00e7ais. En demandant que des \u00e9lections soient tenues en janvier 1848, Elgin mit fin \u00e0 une situation insoutenable.<\/p>\n<p>Les r\u00e9formateurs gagn\u00e8rent une majorit\u00e9 d\u00e9cisive dans les provinces de l&rsquo;Union. Lafontaine et Baldwin, v\u00e9ritables co-ministres, \u00e9taient chacun responsables de la politique de leur r\u00e9gion. Ils form\u00e8rent un cabinet compos\u00e9 exclusivement de membres appartenant au parti majoritaire. Le gouverneur g\u00e9n\u00e9ral confirma qu&rsquo;il \u00e9tait li\u00e9 par leurs conseils.<\/p>\n<p>La souverainet\u00e9 \u00e9tait enfin un fait accompli, du moins pouvait-on le croire. Apr\u00e8s avoir pass\u00e9 toute une s\u00e9rie de lois, aussi n\u00e9cessaires que tardives, le minist\u00e8re soumit un projet visant \u00e0 d\u00e9dommager les propri\u00e9taires du Bas-Canada dont les biens avaient \u00e9t\u00e9 saccag\u00e9s pendant la r\u00e9bellion. Une loi semblable avait \u00e9t\u00e9 pass\u00e9e, pour les m\u00eames raisons, dans le Haut-Canada en 1846 par une administration conservatrice. Pourtant, ledit projet provoqua de vives objections de la part des Tories qui refusaient que des propri\u00e9taires fran\u00e7ais qui avaient embrass\u00e9 la cause des rebelles soient \u00ab\u00a0r\u00e9compens\u00e9s pour leur trahison\u00a0\u00bb. La loi fut cependant pass\u00e9e par une forte majorit\u00e9 et le gouvernement responsable rudement mis \u00e0 l&rsquo;\u00e9preuve.<\/p>\n<p>La Loi d&rsquo;indemnit\u00e9 pouvait encore \u00eatre rejet\u00e9e par le Cabinet britannique. Un groupe de pression, form\u00e9 de Tories \u00e9minents, fut envoy\u00e9 dans ce but \u00e0 Londres, sans succ\u00e8s. Earl Grey et ses coll\u00e8gues refus\u00e8rent d&rsquo;intervenir. La rh\u00e9torique loyaliste, les appels au gouverneur et \u00e0 l&rsquo;Angleterre, m\u00eame le recours \u00e0 la violence, tactiques utilis\u00e9es autrefois avec bonheur par l&rsquo;opposition, ne purent \u00e9branler le gouvernement responsable. Les efforts d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9s d&rsquo;une clique de privil\u00e9gi\u00e9s furent vains. Le Canada \u00e9tait d\u00e9sormais, d&rsquo;apr\u00e8s l&rsquo;historien Arthur Lower, un pays o\u00f9 \u00ab\u00a0les votes des hommes se valaient et les d\u00e9sirs de la majorit\u00e9 \u00e9taient l&rsquo;autorit\u00e9 supr\u00eame\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Les personnages effac\u00e9s qui avaient \u00e9t\u00e9 les instigateurs de ce tournant historique, Lafontaine et Baldwin, se retir\u00e8rent de la politique active deux ans plus tard, leur mission accomplie. Bien que la Nouvelle-\u00c9cosse instaur\u00e2t un gouvernement minist\u00e9riel deux ans avant la province du Canada, elle s&rsquo;inspira pour le faire de la formule mise au point par Baldwin d\u00e8s 1836.<\/p>\n<p>Cette formule fut d&rsquo;ailleurs appliqu\u00e9e aux colonies britanniques du monde entier pour les aider \u00e0 passer sans heurt de l&rsquo;\u00e9tat colonial \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat ind\u00e9pendant. Ni Baldwin ni Lafontaine ne souhaitait l&rsquo;ind\u00e9pendance totale\u00a0; pourtant ils amorc\u00e8rent le processus qui, sans violence, y menait in\u00e9luctablement.<\/p>\n<p>Ils avaient agi en vrais Canadiens, ces hommes prudents et raisonnables qui incarnaient les vertus de leur pays. Malheureusement, il est \u00e9galement dans la nature des Canadiens de n&rsquo;attacher que peu d&rsquo;importance \u00e0 leurs h\u00e9ros nationaux. Si l&rsquo;on rendait \u00e0 Lafontaine et \u00e0 Baldwin les hommages qu&rsquo;ils m\u00e9ritent, peut-\u00eatre serions-nous aujourd&rsquo;hui moins troubl\u00e9s par notre manque d&rsquo;identit\u00e9 nationale.<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"author":86,"featured_media":0,"template":"","categories":[1],"rbc_letter_theme":[],"rbc_letter_year":[68],"class_list":["post-2175","rbc_letter","type-rbc_letter","status-publish","hentry","category-uncategorized","rbc_letter_year-68"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO Premium plugin v27.2 (Yoast SEO v27.2) - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-premium-wordpress\/ -->\n<title>Vol. 68, N\u00b0 4 - Juillet\/Ao\u00fbt 1987 - Les artisans de la collaboration - RBC<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-68-n-4-juillet-aout-1987-les-artisans-de-la-collaboration\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Vol. 68, N\u00b0 4 - Juillet\/Ao\u00fbt 1987 - Les artisans de la collaboration\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Savez-vous que Robert Baldwin, d\u00e9put\u00e9 de Rimouski, et Louis-Hippolyte Lafontaine, d\u00e9put\u00e9 de North York, furent les artisans de l&rsquo;ind\u00e9pendance du Canada\u00a0? 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