{"id":2171,"date":"1983-07-01T00:00:00","date_gmt":"1983-07-01T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-64-n-4-juillet-aout-1983-le-grand-john-a\/"},"modified":"2022-10-17T20:28:50","modified_gmt":"2022-10-17T20:28:50","slug":"vol-64-n-4-juillet-aout-1983-le-grand-john-a","status":"publish","type":"rbc_letter","link":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-64-n-4-juillet-aout-1983-le-grand-john-a\/","title":{"rendered":"Vol. 64, N\u00b0 4 &#8211; Juillet\/Ao\u00fbt 1983 &#8211; Le grand John A."},"content":{"rendered":"<div id=\"layout-column-main\">\n<p class=\"boldtext\">Id\u00e9aliste pragmatique, il lutte contre l&rsquo;\u00e9troitesse de son temps pour b\u00e2tir un pays nouveau, unique en son genre. Puis il en assure presque \u00e0 lui seul la coh\u00e9sion. Les Canadiens d&rsquo;aujourd&rsquo;hui doivent plus qu&rsquo;ils ne le pensent \u00e0 John A. Macdonald. Puissent sa m\u00e9moire et son esprit vivre \u00e0 jamais\u00a0!&#8230;<\/p>\n<p>Il y a quelques ann\u00e9es, un organisme gouvernemental effectuait un sondage chez les \u00e9coliers afin de juger de leur connaissance de l&rsquo;histoire du Canada. \u00c0 la question \u00ab\u00a0Qui \u00e9tait sir John Alexander Macdonald\u00a0?\u00a0\u00bb, 70 p. 100 r\u00e9pondirent que c&rsquo;\u00e9tait le fondateur d&rsquo;une cha\u00eene de restaurants bien connue. Cette r\u00e9ponse en dit long sur le succ\u00e8s de la restauration rapide. Mais elle montre aussi \u00e0 quel point les Canadiens connaissent mal leur histoire et ont peu de consid\u00e9ration pour leurs grands hommes du pass\u00e9.<\/p>\n<p>Il est inconcevable qu&rsquo;un nombre aussi \u00e9lev\u00e9 d&rsquo;enfants am\u00e9ricains puissent prendre Washington pour un simple nom de ville ou Lincoln pour une marque d&rsquo;automobile. Pourquoi\u00a0? Simplement parce que leurs parents et leurs ma\u00eetres leur ont tout naturellement appris \u00e0 reconna\u00eetre d&#8217;embl\u00e9e les personnages qui ont port\u00e9 ces noms.<\/p>\n<p>Dans le contexte canadien, John A. Macdonald est \u00e0 la fois George Washington et Abraham Lincoln, et plus encore. Comme le premier, il a \u00e9t\u00e9 le principal p\u00e8re fondateur de son pays\u00a0; comme le second, il a assur\u00e9 la coh\u00e9sion du nouvel \u00c9tat aux heures de danger et de tension. Et pourtant ceux qui ont b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de ses efforts n&rsquo;ont aujourd&rsquo;hui qu&rsquo;une vague id\u00e9e de son identit\u00e9 et de son oeuvre.<\/p>\n<p>Mais alors la majeure partie de ce que les Canadiens actuels savent ou croient savoir de Macdonald devient sujette \u00e0 caution. Le souvenir qu&rsquo;on en a gard\u00e9 est celui d&rsquo;un buveur inv\u00e9t\u00e9r\u00e9, d&rsquo;un politicien rus\u00e9, d&rsquo;un temporisateur notoire, un peu pitre \u00e0 tout prendre.<\/p>\n<p>Pourtant, cet homme a pass\u00e9 42 ans au centre des affaires canadiennes, dont 29 \u00e0 la t\u00eate du gouvernement. Il entre dans la vie publique alors que le Canada n&rsquo;est gu\u00e8re plus qu&rsquo;un atome de petites villes boueuses et de fermes broussailleuses, comptant \u00e0 peine un million d&rsquo;\u00e2mes. Au terme de sa carri\u00e8re et de sa vie, il est Premier ministre d&rsquo;un bouillonnant pays industriel de cinq millions d&rsquo;habitants r\u00e9partis sur un des plus vastes territoires du globe.<\/p>\n<p>Sa renomm\u00e9e de b\u00e2tisseur de pays suffit amplement \u00e0 elle seule pour honorer son nom\u00a0; mais il a un autre titre \u00e0 la reconnaissance des Canadiens. Car c&rsquo;est lui, plus que tout autre, qui nous a l\u00e9gu\u00e9 notre tradition politique de savoir vivre avec nos diff\u00e9rences et de r\u00e9gler nos conflits entre nous par la conciliation et le compromis.<\/p>\n<p>On ne peut vraiment mesurer sa stature qu&rsquo;en l&rsquo;envisageant dans le cadre de son \u00e9poque. N\u00e9 en \u00c9cosse de parents presbyt\u00e9riens, en 1815, il arrive au Canada \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de cinq ans. Il existe alors deux colonies canadiennes distinctes, le Bas-Canada o\u00f9 pr\u00e9dominent les francophones et les catholiques, et le Haut-Canada peupl\u00e9 surtout de colons protestants visc\u00e9ralement antifran\u00e7ais et anticatholiques. Pour accomplir son immense t\u00e2che, il devra s&rsquo;\u00e9lever au-dessus de l&rsquo;esprit de clocher et des pr\u00e9jug\u00e9s de son groupe social.<\/p>\n<p>Pouss\u00e9 par la faillite de son entreprise \u00e0 \u00e9migrer, Macdonald p\u00e8re est venu rejoindre la famille de sa femme \u00e0 Kingston. L&rsquo;affreux petit John, ainsi surnomm\u00e9 \u00e0 cause de son nez ph\u00e9nom\u00e9nal, ne fr\u00e9quente l&rsquo;\u00e9cole comme telle que pendant cinq ans, puis il devient clerc d&rsquo;avocat. Il est si dou\u00e9 qu&rsquo;il poss\u00e8de d\u00e9j\u00e0 son \u00e9tude lors de son admission au barreau en 1836.<\/p>\n<p>C&rsquo;est le moment o\u00f9 le malaise politique atteint son paroxysme dans les deux Canadas, alors que les repr\u00e9sentants \u00e9lus relativement impuissants sont aux prises avec les coteries dominantes de la pseudo-aristocratie qui se sont agglutin\u00e9es aupr\u00e8s des gouverneurs britanniques. La r\u00e9volte arm\u00e9e \u00e9clate l&rsquo;ann\u00e9e suivante.<\/p>\n<p>Cette r\u00e9volte favorise la formation de corps de volontaires am\u00e9ricains r\u00e9solus \u00e0 \u00ab\u00a0lib\u00e9rer\u00a0\u00bb les territoires situ\u00e9s au nord de la fronti\u00e8re de la domination britannique. En novembre 1838, un petit d\u00e9tachement franchit le Saint-Laurent pr\u00e8s de Prescott, mais il est repouss\u00e9 apr\u00e8s une br\u00e8ve bataille. Macdonald brave l&rsquo;opinion publique en contribuant \u00e0 la d\u00e9fense de l&rsquo;un des envahisseurs am\u00e9ricains.<\/p>\n<p>Au fond, il n&rsquo;est rien moins que favorable aux vis\u00e9es de l&rsquo;invasion. Certains historiens pr\u00e9tendent qu&rsquo;au contraire cet incident d\u00e9cide vraiment de sa mission\u00a0: veiller \u00e0 ce que les habitants de la partie septentrionale du continent demeurent assez unis sous la Couronne britannique pour r\u00e9sister aux vell\u00e9it\u00e9s expansionnistes des \u00c9tats-Unis.<\/p>\n<h3>Sa vie personnelle, une trag\u00e9die quotidienne<\/h3>\n<p>Le principal r\u00e9sultat des r\u00e9bellions est sans doute l&rsquo;union politique des deux colonies, connues d\u00e9sormais sous les noms d&rsquo;Est et Ouest du Canada. En 1844, un groupe de citoyens de Kingston prient Macdonald de se pr\u00e9senter comme d\u00e9put\u00e9 de cette localit\u00e9 \u00e0 l&rsquo;Assembl\u00e9e l\u00e9gislative de la nouvelle Province-Unie du Canada. \u00c2g\u00e9 alors de 29 ans, c&rsquo;est un brillant avocat et le mari aimant de sa demi-cousine \u00e9cossaise Isabella Clark, qu&rsquo;il a \u00e9pous\u00e9e l&rsquo;ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente.<\/p>\n<p>Candidat aimable, gai et plaisant, capable de d\u00e9sarmer une foule hostile, il remporte habilement la victoire. \u00c0 l&rsquo;Assembl\u00e9e, on respecte en lui l&rsquo;orateur mordant qui refuse d&rsquo;adopter le style fleuri et grandiloquent alors \u00e0 la mode. Il entre au cabinet en 1847. Fait caract\u00e9ristique, le premier projet de loi qu&rsquo;il propose vise \u00e0 concilier les int\u00e9r\u00eats divergents des diverses \u00e9glises protestantes et catholiques.<\/p>\n<p>Le gouvernement dont il fait partie est renvers\u00e9 en 1849. Entre-temps, sa vie personnelle a d\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9 au fil des jours en une v\u00e9ritable trag\u00e9die. Frapp\u00e9e d&rsquo;une maladie rest\u00e9e myst\u00e9rieuse, son Isabella bien-aim\u00e9e est devenue malade chronique. Elle a donn\u00e9 naissance \u00e0 un fils qui, au d\u00e9sespoir de son p\u00e8re qui l&rsquo;adore, meurt peu apr\u00e8s son premier anniversaire. Isabella, la plupart du temps alit\u00e9e, finit par s&rsquo;adonner \u00e0 l&rsquo;opium qu&rsquo;elle prend pour soulager ses souffrances. Dans son chagrin, Macdonald lui-m\u00eame sombre de plus en plus dans l&rsquo;alcoolisme.<\/p>\n<p>La coalition conservatrice \u00e0 laquelle il appartient est remplac\u00e9e par un groupe de r\u00e9formistes, qui pr\u00e9sentent des lois pour indemniser les habitants du Bas-Canada des pertes mat\u00e9rielles qu&rsquo;ils ont subies dans la r\u00e9bellion de 1837-38. Cette initiative soul\u00e8ve une virulente antipathie francophone, car elle semble absoudre la d\u00e9loyaut\u00e9 envers la Couronne.<\/p>\n<h3>Il y a fort \u00e0 faire pour emp\u00eacher l&rsquo;union de se disloquer<\/h3>\n<p>Le sentiment d&rsquo;abandon de la part de la m\u00e8re-patrie que suscitent l&rsquo;abolition des privil\u00e8ges tarifaires coloniaux et la confirmation de la Loi sur les pertes caus\u00e9es par la R\u00e9bellion se traduisent dans un manifeste invitant le Canada \u00e0 l&rsquo;annexion aux \u00c9tats-Unis. Macdonald r\u00e9agit en s&rsquo;associant \u00e0 la <em>British American League<\/em>. Celle-ci tient un congr\u00e8s, o\u00f9 elle adopte pour programme de maintenir la liaison avec la Grande-Bretagne tout en imposant des tarifs pour garantir la croissance des industries nationales.<\/p>\n<p>Une autre proposition faite par la Ligue lui para\u00eet pr\u00e9matur\u00e9e, sinon absolument irr\u00e9alisable. Elle r\u00e9clame une union f\u00e9d\u00e9rale de toutes les colonies de l&rsquo;Am\u00e9rique du Nord britannique\u00a0: les deux Canadas, la Nouvelle-\u00c9cosse, le Nouveau-Brunswick, Terre-Neuve et l&rsquo;\u00eele du Prince-\u00c9douard. (La Compagnie de la baie d&rsquo;Hudson administre alors les territoires du Nord-Ouest et la future Colombie-Britannique au nom de la Couronne.)<\/p>\n<p>Selon Macdonald, il y a d\u00e9j\u00e0 amplement \u00e0 faire pour emp\u00eacher la Province du Canada de se disloquer sous l&rsquo;action de ses tensions internes. Il profite de son s\u00e9jour dans l&rsquo;opposition pour mener une campagne officieuse en vue de trouver un terrain d&rsquo;entente entre les conservateurs anglo-canadiens mod\u00e9r\u00e9s, comme lui, et les d\u00e9put\u00e9s francophones mod\u00e9r\u00e9s et non align\u00e9s. Cette action est conforme \u00e0 son opinion que \u00ab\u00a0personne jouissant de son bon sens ne saurait pr\u00e9tendre que le pays peut au cours du prochain si\u00e8cle \u00eatre dirig\u00e9 par un gouvernement excluant toute participation francophone.<\/p>\n<h3>S&rsquo;il e\u00fbt \u00e9t\u00e9 plus intransigeant le Canada n&rsquo;existerait peut-\u00eatre pas<\/h3>\n<p>Sa conception du Canada est tout l&rsquo;oppos\u00e9 de celle de George Brown, son adversaire le plus s\u00e9rieux. Brown croit \u00e0 la supr\u00e9matie britannique sur les Fran\u00e7ais \u00ab\u00a0conquis\u00a0\u00bb. Il pr\u00e9conise la repr\u00e9sentation selon la population, ce qui aurait voulu dire que les Anglais plus nombreux eussent \u00e9cras\u00e9 les Fran\u00e7ais au scrutin. Pour Macdonald, la repr\u00e9sentation selon la population ne peut conduire qu&rsquo;\u00e0 la rupture am\u00e8re et peut-\u00eatre violente de l&rsquo;union.<\/p>\n<p>Les id\u00e9es anticatholiques et antifrancophones de Brown forment le point de ralliement de l&rsquo;alliance entre francophones et anglophones conclue par Macdonald. Son parti biculturel prend le nom de Parti lib\u00e9ral conservateur, d\u00e9signation ambigu\u00eb en apparence, mais explicable puisqu&rsquo;il se compose de mod\u00e9r\u00e9s de la gauche et de la droite.<\/p>\n<p>Son alli\u00e9 le plus important dans ses d\u00e9marches g\u00e9niales, et bien arros\u00e9es sans doute, pour recruter des partisans francophones est un ancien rebelle du Bas-Canada appel\u00e9 Georges-\u00c9tienne Cartier. Macdonald et Cartier alterneront aux postes de Premier ministre et de premier lieutenant pendant quelques ann\u00e9es. La premi\u00e8re administration Macdonald-Cartier est form\u00e9e en 1857. Trois mois plus tard prend fin la longue agonie d&rsquo;Isabella Macdonald\u00a0; elle laisse pour la pleurer son mari et leur second enfant, \u00e2g\u00e9 de six ans.<\/p>\n<p>Pour Macdonald, Cartier fut \u00e0 la fois un ami politique et un ami personnel \u00ab\u00a0Qu&rsquo;une telle amiti\u00e9 ait \u00e9t\u00e9 possible, remarque l&rsquo;historien W. L. Morton, r\u00e9v\u00e8le toute la distance parcourue par le Canada depuis la politique de la supr\u00e9matie anglaise jusqu&rsquo;au principe de la dualit\u00e9 culturelle au sein d&rsquo;une seule et unique nationalit\u00e9 politique.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>C&rsquo;est le r\u00e9gime parlementaire dont jouit la Province qui lui permettra pour une part de r\u00e9aliser ce principe. Ce r\u00e9gime correspondait parfaitement au g\u00e9nie qu&rsquo;avait Macdonald de concilier les int\u00e9r\u00eats de partis politiques diff\u00e9rents. Il y parvint, selon Stephen Leacock, \u00ab\u00a0en ne professant aucun principe &#8211; ou plut\u00f4t en se contentant d&rsquo;un seul\u00a0: l&rsquo;all\u00e9geance d&rsquo;un peuple heureux \u00e0 la Couronne britannique.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>On cite souvent comme exemple de son manque de principes la ruse dont il se servit pour renverser George Brown en 1858, et qui fut qualifi\u00e9e de trahison. Mais il faut dire que si Macdonald avait \u00e9t\u00e9 plus intransigeant dans ses principes, le Canada continental n&rsquo;existerait peut-\u00eatre pas aujourd&rsquo;hui. Il fallait beaucoup de souplesse et de dext\u00e9rit\u00e9 politiques pour assurer la coh\u00e9sion de l&rsquo;union. Habile magicien parlementaire, Macdonald fut l&rsquo;homme de son si\u00e8cle.<\/p>\n<p>Mais c&rsquo;est l&rsquo;inflexible Brown qui pliera lorsque les tensions de parti et de faction deviendront insupportables. Il accepte de former une coalition avec Macdonald et Cartier pour tenter de cr\u00e9er une f\u00e9d\u00e9ration des colonies de l&rsquo;Am\u00e9rique du Nord britannique comme unique moyen d&rsquo;\u00e9viter la dissolution de l&rsquo;association entre l&rsquo;Ontario et le Qu\u00e9bec. Si ce fut l\u00e0 un geste g\u00e9n\u00e9reux de la part de Brown, c&rsquo;en fut un \u00e9galement de la part de Macdonald.<\/p>\n<p>Il est juste d&rsquo;affirmer que la Conf\u00e9d\u00e9ration n&rsquo;aurait jamais vu le jour sans la personnalit\u00e9 d\u00e9sinvolte de Macdonald et sa riche panoplie de talents. Verre en main, il fit croire par son charme aux chefs des provinces Maritimes qu&rsquo;ils entraient dans une association de joyeux comp\u00e8res. Gr\u00e2ce \u00e0 sa profonde connaissance du droit constitutionnel, il r\u00e9digea lui-m\u00eame 50 des 72 r\u00e9solutions qui allaient former la base de l&rsquo;Acte de l&rsquo;Am\u00e9rique du Nord Britannique.<\/p>\n<p>Peu de Canadiens savent aujourd&rsquo;hui de combien peu il s&rsquo;en est fallu que nous ne formions jamais un pays. La Nouvelle-\u00c9cosse et le Nouveau-Brunswick regimbent et h\u00e9sitent durant toutes les n\u00e9gociations, alors que l&rsquo;\u00eele du Prince-\u00c9douard et Terre-Neuve se d\u00e9sint\u00e9ressent compl\u00e8tement du projet. L&rsquo;encre n&rsquo;a pas encore s\u00e9ch\u00e9 sur l&rsquo;A.A.N.B. que la Nouvelle-\u00c9cosse souhaite revenir \u00e0 son ancien \u00e9tat de colonie autonome. La s\u00e9curit\u00e9 du Canada est mise en p\u00e9ril par la position intimidante des \u00c9tats-Unis et les invasions des F\u00e9niens. Lorsque les vastes territoires du Nord-Ouest passent de la Compagnie de la baie d&rsquo;Hudson au Dominion, en 1870, Macdonald doit faire face \u00e0 l&rsquo;insurrection d\u00e9j\u00e0 en cours de Louis Riel.<\/p>\n<p>En tant que 1er Premier ministre du Canada, Macdonald lutte avec acharnement et presque seul pour emp\u00eacher la nation d&rsquo;\u00e9clater. Mais il refuse de demeurer sur la d\u00e9fensive\u00a0; toute son exp\u00e9rience lui dit que ce serait folie de rester stationnaire. Plut\u00f4t, son gouvernement prend l&rsquo;audacieux engagement de construire une voie ferr\u00e9e jusqu&rsquo;au Pacifique \u00e0 condition que la Colombie-Britannique entre dans la Conf\u00e9d\u00e9ration.<\/p>\n<p>Aussi bien cette entreprise entra\u00eenera-t-elle Macdonald \u00e0 deux doigts de sa perte. Il est pris en flagrant d\u00e9lit de solliciter des fonds, pour les \u00e9lections de 1872, de la soci\u00e9t\u00e9 qui a le plus de chances de b\u00e9n\u00e9ficier de la construction du chemin de fer. Il doit d\u00e9missionner, mais son ennemi le plus implacable ne peut contester ce qu&rsquo;il affirme dans sa d\u00e9fense contre les accusations de corruption\u00a0: \u00ab\u00a0&#8230;Il n&rsquo;existe pas au Canada d&rsquo;homme qui ait donn\u00e9 plus de son coeur, plus de ses deniers, plus de son intelligence et de son \u00e9nergie, si limit\u00e9s soient-ils, pour le bien du Dominion du Canada.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Et c&rsquo;\u00e9tait la v\u00e9rit\u00e9. Ses absences, exig\u00e9es par ses fonctions politiques, avaient pr\u00e9cipit\u00e9 la faillite de son \u00e9tude d&rsquo;avocat, le laissant accabl\u00e9 de dettes. Il avait essay\u00e9 plusieurs fois de d\u00e9missionner, mais toujours on le persuadait de rester dans l&rsquo;int\u00e9r\u00eat du pays. Il \u00e9tait demeur\u00e9 \u00e0 son poste malgr\u00e9 les tribulations et les souffrances de sa vie familiale\u00a0; la seule enfant de son deuxi\u00e8me mariage, Mary, \u00e9tait clou\u00e9e \u00e0 son fauteuil roulant par une infirmit\u00e9 cong\u00e9nitale.<\/p>\n<p>Il e\u00fbt peut-\u00eatre alors disparu de la sc\u00e8ne si le nouveau gouvernement n&rsquo;avait pas r\u00e9voqu\u00e9 en doute sa perception de la nationalit\u00e9. Il n&rsquo;a nullement l&rsquo;intention d&rsquo;achever la voie ferr\u00e9e \u00e0 la date pr\u00e9vue, et la Colombie-Britannique est tent\u00e9e par la s\u00e9cession. Mis en \u00e9veil, le vieux guerrier fait appel \u00e0 ses r\u00e9serves fonci\u00e8res de volont\u00e9 pour sauver la Conf\u00e9d\u00e9ration telle qu&rsquo;il la con\u00e7oit. Il livre directement son message \u00e0 la population dans les villes et les villages, les f\u00eates et les pique-niques. En moins de cinq ans, il reprend le pouvoir, raffermi dans sa r\u00e9solution qu&rsquo;en d\u00e9pit de tous les obstacles, un chemin de fer pancanadien sera construit jusqu&rsquo;au Pacifique.<\/p>\n<p>Dans son nouveau gouvernement, Macdonald cumule les fonctions de Premier ministre et de ministre des Affaires indiennes, et tout indique qu&rsquo;il n\u00e9glige son second portefeuille. L&rsquo;habitude de remettre \u00e0 plus tard, qui lui a valu le sobriquet de \u00ab\u00a0Monsieur Demain\u00a0\u00bb, conna\u00eet des lendemains sanglants dans le soul\u00e8vement des m\u00e9tis sous la direction de Louis Riel, en 1885. Macdonald refuse de gracier le chef des mutins, malgr\u00e9 la d\u00e9mence manifeste de Riel, pr\u00e9f\u00e9rant s&rsquo;en tenir au verdict du tribunal. L&rsquo;ex\u00e9cution de Riel rallume toutes les anciennes animosit\u00e9s sociales.<\/p>\n<h3>Aucun homme politique canadien n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 plus aim\u00e9<\/h3>\n<p>Dans l&rsquo;intervalle, Macdonald poursuit son vieux r\u00eave d&rsquo;un Canada continental, r\u00e9uni par un chemin de fer transcanadien, prot\u00e9g\u00e9 militairement par son alliance avec la Grande-Bretagne et \u00e9conomiquement par sa politique tarifaire nationale. Il livre sa derni\u00e8re bataille \u00e9lectorale contre le programme de l&rsquo;union commerciale avec les \u00c9tats-Unis patronn\u00e9e par l&rsquo;opposition. Il en sort victorieux, mais les fatigues de la campagne \u00e9branlent fortement la fr\u00eale constitution de ce vieillard de 76 ans. Il est emport\u00e9 par une attaque le 6 juin 1891. Sa mort s\u00e8me l&rsquo;affliction dans toutes les classes de la soci\u00e9t\u00e9 canadienne. Il avait dit de lui-m\u00eame que jamais homme n&rsquo;avait aim\u00e9 un pays plus qu&rsquo;il n&rsquo;avait aim\u00e9 le Canada. Et nul homme d&rsquo;\u00c9tat canadien n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 aim\u00e9 plus que lui en retour.<\/p>\n<p>Il a \u00e9t\u00e9, comme l&rsquo;ont reconnu m\u00eame ses adversaires, un homme indispensable. Quatre Premiers ministres conservateurs cons\u00e9cutifs tenteront, mais en vain, de continuer son oeuvre. Encore aujourd&rsquo;hui, presque un si\u00e8cle apr\u00e8s sa mort, le ton essentiel de mod\u00e9ration donn\u00e9 par Macdonald aux affaires canadiennes subsiste toujours. Un jour, dans un rassemblement \u00e9lectoral, une voix avait clam\u00e9\u00a0: \u00ab\u00a0Tu ne mourras jamais, John Alexander\u00a0!\u00a0\u00bb Et dans le sens que son esprit g\u00e9n\u00e9reux et pond\u00e9r\u00e9 survit parmi ses concitoyens, cette pr\u00e9diction s&rsquo;est r\u00e9alis\u00e9e.<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"author":86,"featured_media":0,"template":"","categories":[1],"rbc_letter_theme":[],"rbc_letter_year":[64],"class_list":["post-2171","rbc_letter","type-rbc_letter","status-publish","hentry","category-uncategorized","rbc_letter_year-64"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO Premium plugin v27.2 (Yoast SEO v27.2) - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-premium-wordpress\/ -->\n<title>Vol. 64, N\u00b0 4 - Juillet\/Ao\u00fbt 1983 - Le grand John A. - RBC<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-64-n-4-juillet-aout-1983-le-grand-john-a\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Vol. 64, N\u00b0 4 - Juillet\/Ao\u00fbt 1983 - Le grand John A.\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Id\u00e9aliste pragmatique, il lutte contre l&rsquo;\u00e9troitesse de son temps pour b\u00e2tir un pays nouveau, unique en son genre. 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