{"id":2156,"date":"1970-01-01T00:00:00","date_gmt":"1970-01-01T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-51-n-1-janvier-1970-un-proces-de-tous-les-temps\/"},"modified":"1970-01-01T00:00:00","modified_gmt":"1970-01-01T00:00:00","slug":"vol-51-n-1-janvier-1970-un-proces-de-tous-les-temps","status":"publish","type":"rbc_letter","link":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-51-n-1-janvier-1970-un-proces-de-tous-les-temps\/","title":{"rendered":"Vol. 51, N\u00b0 1 &#8211; Janvier 1970 &#8211; Un proc\u00e8s de tous les temps"},"content":{"rendered":"<div id=\"layout-column-main\">\n<p> <a href=\"pdf\/janvier1970.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Formatage                     PDF<\/a> <\/p>\n<p class=\"boldtext\">Dans le petit livre qu&rsquo;il consacre                     \u00e0 Socrate, Jean Brun formule cette r\u00e9flexion\u00a0:                     \u00ab\u00a0Il semble bien que le proc\u00e8s de Socrate ne soit                     pas seulement un \u00e9v\u00e9nement historique en marge                     de toute r\u00e9p\u00e9tition possible\u00a0; le proc\u00e8s                     de Socrate c&rsquo;est le proc\u00e8s fait \u00e0 la pens\u00e9e                     qui recherche, en dehors de la m\u00e9diocrit\u00e9 quotidienne,                     les probl\u00e8mes v\u00e9ritables.\u00a0\u00bb <\/p>\n<p> Ce proc\u00e8s, engag\u00e9 il y a plus de 2300 ans,                     int\u00e9resse aujourd&rsquo;hui toute l&rsquo;humanit\u00e9. La cause                     sur laquelle les juges de la colline d&rsquo;Ath\u00e8nes devaient                     se prononcer \u00e9tait celle de la recherche de la v\u00e9rit\u00e9                     en marche contre l&rsquo;orthodoxie en stagnation\u00a0; de la croyance                     en un Dieu supr\u00eame contre la v\u00e9n\u00e9ration                     d&rsquo;une multitude de divinit\u00e9s locales ou de caste\u00a0;                     de la tol\u00e9rance contre l&rsquo;intol\u00e9rance. <\/p>\n<p> Ces points de contestation n&rsquo;ont pas \u00e9t\u00e9 r\u00e9solus.                     L&rsquo;\u00e9tat actuel du monde se caract\u00e9rise par l&rsquo;incertitude                     intellectuelle, la d\u00e9sorganisation sociale et le chaos                     international. Au lieu de s&rsquo;unir dans une \u00e9tude r\u00e9fl\u00e9chie                     et une action constructive, les peuples et les hommes semblent                     se complaire dans l&rsquo;obstination, l&rsquo;isolement et la discorde.                   <\/p>\n<p> Qui est et que fut donc ce Socrate, qui cr\u00e9a les                     traditions intellectuelles et morales dont les lumineuses                     clart\u00e9s devaient se projeter sur tous les si\u00e8cles                     post\u00e9rieurs et si largement contribuer \u00e0 l&rsquo;essor                     de la civilisation\u00a0? <\/p>\n<p> S&rsquo;il est reconnu \u00e0 juste titre comme le plus c\u00e9l\u00e8bre                     des philosophes grecs, il n&rsquo;est pas pour autant un id\u00e9ologue.                     Soldat intr\u00e9pide, il prend part \u00e0 trois campagnes                     militaires et sauve par son courage au combat deux de ses                     amis d&rsquo;une mort certaine. Lorsque vient son tour d&rsquo;exercer                     des fonctions politiques, il sait r\u00e9sister avec fermet\u00e9                     \u00e0 la clameur publique, et, sous le r\u00e8gne des                     Trente Tyrans, il risque sa vie en refusant de s&rsquo;associer                     au plan qu&rsquo;ils ont ourdi pour liquider leurs adversaires politiques.                   <\/p>\n<p> Socrate consacre sa vie \u00e0 l&rsquo;enseignement oral, conversant                     avec tous et chacun, recherchant la v\u00e9rit\u00e9 et                     s&#8217;employant \u00e0 d\u00e9masquer l&rsquo;orgueil et l&rsquo;erreur.                   <\/p>\n<p> Aucun texte \u00e9crit de sa main ne nous est parvenu.                     S&rsquo;il a \u00e9t\u00e9 sculpteur dans sa jeunesse, nous                     ne connaissons aucune de ses oeuvres. Il m\u00e9prise le                     faux savoir et cherche \u00e0 amener ses interlocuteurs                     \u00e0 d\u00e9couvrir dans leur esprit des lumi\u00e8res                     et des solutions. Il n&rsquo;a laiss\u00e9 aucun r\u00e9pertoire                     d\u00e9finitif des principes \u00e0 observer dans la vie,                     mais il a fait na\u00eetre le d\u00e9sir de les rechercher.                   <\/p>\n<p> Socrate est condamn\u00e9 \u00e0 mort par une soci\u00e9t\u00e9                     en d\u00e9cadence, dont les dirigeants ne peuvent tol\u00e9rer                     l&rsquo;examen au grand jour de leurs croyances et de leurs fa\u00e7ons                     d&rsquo;agir. On l&rsquo;accuse de corrompre la jeunesse ath\u00e9nienne,                     d&rsquo;introduire des divinit\u00e9s nouvelles dans la religion                     grecque et de ridiculiser les nombreux dieux qu&rsquo;honoraient                     les Ath\u00e9niens. Ce dernier reproche d\u00e9coulait                     de la croyance de Socrate en un Dieu supr\u00eame, auteur                     et ordonnateur de l&rsquo;univers, car lorsque Socrate parlait de                     ce Dieu unique, ses propos faisaient figure de religion nouvelle                     aux yeux des autorit\u00e9s d&rsquo;Ath\u00e8nes. <\/p>\n<p> Trois citoyens jaloux et envieux, repr\u00e9sentant les                     po\u00e8tes, les artisans et les rh\u00e9teurs, port\u00e8rent                     de fausses accusations contre Socrate et le firent juger par                     le tribunal des Cinq Cents. Il fut condamn\u00e9 \u00e0                     une faible majorit\u00e9\u00a0: \u00ab\u00a0Si trente voix seulement,                     a-t-il dit, avaient \u00e9t\u00e9 diff\u00e9rentes,                     j&rsquo;aurais \u00e9t\u00e9 acquitt\u00e9.\u00a0\u00bb Et c&rsquo;est                     ainsi qu&rsquo;il but la cigu\u00eb et qu&rsquo;il mourut. <\/p>\n<h3>La tol\u00e9rance des id\u00e9es<\/h3>\n<p> L&rsquo;histoire de Socrate n&rsquo;est pas tant un plaidoyer en faveur                     de la libert\u00e9 de parole qu&rsquo;une le\u00e7on sur la                     n\u00e9cessit\u00e9 de la tol\u00e9rance des id\u00e9es.                     C&rsquo;est le fanatisme, adh\u00e9sion aveugle et obstin\u00e9e                     \u00e0 certaines opinions, m\u00eame en pr\u00e9sence                     de t\u00e9moignages contradictoires valables, qui provoqua                     sa citation en justice. <\/p>\n<p> L&rsquo;inclination primitive \u00e0 faire du mal \u00e0 ceux                     dont nous ne partageons pas les vues ou les croyances n&rsquo;est                     pas encore morte. Socrate fut le seul citoyen d&rsquo;Ath\u00e8nes                     \u00e0 subir la mort \u00e0 cause de ses opinions, m\u00eame                     si certains autres furent condamn\u00e9s \u00e0 l&rsquo;exil                     pour cette raison. Par contre, combien d&rsquo;hommes et de femmes                     n&rsquo;ont-ils pas \u00e9t\u00e9 tortur\u00e9s et extermin\u00e9s                     dans le monde, \u00e0 cause de leurs id\u00e9es, au cours                     des derniers si\u00e8cles\u00a0! <\/p>\n<p> Certaines personnes, m\u00eame en notre si\u00e8cle \u00e9volu\u00e9,                     circulent sur la route de la vie avec un pare-brise si obscurci                     par les pr\u00e9jug\u00e9s et le fanatisme que leur conduite                     devient vraiment dangereuse, dangereuse pour les autres comme                     pour elles-m\u00eames. Sans compter qu&rsquo;elles ne voient pas                     grand-chose des beaut\u00e9s de l&rsquo;existence. <\/p>\n<p> Le pr\u00e9jug\u00e9 est une opinion ou un jugement                     form\u00e9 d&rsquo;avance ou sans examen suffisant. Les esprits                     cultiv\u00e9s d&rsquo;une r\u00e9elle intelligence d\u00e9c\u00e8lent                     ce danger et s&rsquo;efforcent de l&rsquo;\u00e9viter. \u00ab\u00a0Ce que                     nous entendons en r\u00e9alit\u00e9 par l&rsquo;esprit sans                     pr\u00e9jug\u00e9s de l&rsquo;homme de science, dit Hans Selye                     dans <em>Du r\u00eave \u00e0 la d\u00e9couverte<\/em>, c&rsquo;est                     un esprit qui est ma\u00eetre de ses nombreux pr\u00e9jug\u00e9s,                     qui est toujours dispos\u00e9 \u00e0 les r\u00e9examiner                     devant des preuves contraires.\u00a0\u00bb <\/p>\n<p> Les pr\u00e9jug\u00e9s, que l&rsquo;on a appel\u00e9s les                     murs infranchissables de l&rsquo;\u00e9troitesse d&rsquo;esprit, ne                     r\u00e9sistent pas \u00e0 une honn\u00eate appr\u00e9ciation                     des faits. Si une opinion est juste, elle supportera l&rsquo;\u00e9preuve                     de l&rsquo;examen\u00a0; si elle est fausse, plus vite nous nous                     en d\u00e9barrasserons, mieux ce sera. <\/p>\n<p> Certains pr\u00e9jug\u00e9s sont dus \u00e0 la peur.                     La peur d&rsquo;\u00eatre incomp\u00e9tent, d&rsquo;\u00e9chouer,                     de ne pas atteindre le sommet de la pyramide hi\u00e9rarchique\u00a0:                     ce sentiment conduit certaines personnes \u00e0 se tenir                     \u00e9ternellement \u00e0 l&rsquo;aff\u00fbt des occasions                     de critiquer ou d&rsquo;envier les autres. Et celui qui a peur prend                     facilement des vessies pour des lanternes. <\/p>\n<p> Les pr\u00e9jug\u00e9s fond\u00e9s sur la peur restreignent                     notre libert\u00e9. \u00ab\u00a0Je n&rsquo;ai pas cru bon, dit Socrate                     \u00e0 ses juges, de me laisser conduire par la crainte,                     ce qui ne sied pas \u00e0 un homme libre.\u00a0\u00bb Il est                     plus p\u00e9nible et incommode d&rsquo;\u00eatre toujours rev\u00eatu                     de la douloureuse armure de la d\u00e9fiance que de courir                     le risque d&rsquo;endurer de temps en temps un mal passager. Tout                     ce qui a contribu\u00e9 \u00e0 faire la grandeur de l&rsquo;homme                     a sa source dans son effort pour atteindre ce qu&rsquo;il juge valable                     et non pas dans sa lutte contre ce qui semble lui faire peur.                   <\/p>\n<p> Le fanatisme et la pr\u00e9vention ne se limitent pas                     \u00e0 enlaidir la vie de celui qui s&rsquo;y laisse aller. Les                     gens ont un ardent d\u00e9sir d&rsquo;imprimer leur personnalit\u00e9                     aux autres. Le d\u00e9sordre qui r\u00e8gne aujourd&rsquo;hui                     chez les individus et les collectivit\u00e9s, chez les nations                     et entre les nations, est imputable en grande partie \u00e0                     notre conviction que ce qui est bon pour nous devrait \u00eatre                     impos\u00e9 \u00e0 tous les autres. <\/p>\n<p> La ran\u00e7on la plus on\u00e9reuse que nous impose                     la possession d&rsquo;un bien que nous consid\u00e9rons comme                     tr\u00e8s pr\u00e9cieux &#8211; la libert\u00e9 de parole                     &#8211; est d&rsquo;\u00e9couter comment certaines personnes font usage                     de cette libert\u00e9. Nous avons les oreilles abasourdies                     par des ignorants qui ne veulent rien apprendre, par des ingrats                     qui exigent d&rsquo;\u00eatre nourris et qui mordent ensuite la                     main qui les nourrit et par des fanatiques aux id\u00e9es                     fixes. <\/p>\n<h3>Le bien et le mal<\/h3>\n<p> Le \u00ab\u00a0bien\u00a0\u00bb et le \u00ab\u00a0mal\u00a0\u00bb ne sont pas                     des \u00e9tiquettes que l&rsquo;on appose une fois pour toutes                     sur certaines choses et certains actes. Il se peut que ce                     qui est bon dans un ensemble de circonstances soit mauvais                     dans un autre. Presque toutes les situations qui se pr\u00e9sentent                     \u00e0 nous sont ambivalentes tant dans les causes qui les                     ont suscit\u00e9es que dans les valeurs qu&rsquo;elles comportent.                     L&rsquo;habitude de critiquer est malsaine pour celui qui critique.                     Il finit par acqu\u00e9rir un tel flair qu&rsquo;il saura d\u00e9couvrir                     entre mille qualit\u00e9s un d\u00e9faut solitaire et                     le tourner en d\u00e9rision. Il cherche constamment la petite                     b\u00eate. Un censeur de ce genre ayant fait observer \u00e0                     Churchill que le mur qu&rsquo;il construisait \u00e9tait de travers,                     celui-ci r\u00e9pliqua vertement\u00a0: \u00ab\u00a0N&rsquo;importe                     quel idiot voit ce qui est mal. Mais vois-tu ce qui est bien\u00a0?\u00a0\u00bb                   <\/p>\n<p> Il n&rsquo;y a pas de signe plus s\u00fbr de la grandeur d&rsquo;\u00e2me                     que le fait de pouvoir tol\u00e9rer des observations vexantes                     en les mettant au compte du manque de renseignements de celui                     qui parle et, partant, de se contenter de les entendre sans                     les ressentir. <\/p>\n<p> Il est des gens qui croient vraiment que leur comp\u00e9tence                     dans un art, une science ou une technique les autorise \u00e0                     porter des jugements sur des questions tout \u00e0 fait                     diff\u00e9rentes. On cite encore de nos jours la risposte                     cinglante du c\u00e9l\u00e8bre peintre grec Apelle \u00e0                     l&rsquo;un de ces je sais tout. Un cordonnier, apr\u00e8s avoir                     critiqu\u00e9 une sandale dans un de ses tableaux, voulut                     ensuite juger du reste, mais l&rsquo;artiste l&rsquo;arr\u00eata en lui                     disant\u00a0: \u00ab\u00a0Cordonnier, pas plus haut que la chaussure.\u00a0\u00bb                   <\/p>\n<h3>Ce qu&rsquo;est la tol\u00e9rance<\/h3>\n<p> La tol\u00e9rance est l&rsquo;effort sinc\u00e8re et positif                     que l&rsquo;on fait pour comprendre les opinions, les coutumes et                     les habitudes des autres sans n\u00e9cessairement les accepter,                     ainsi que l&rsquo;indulgence que l&rsquo;on montre \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard                     des erreurs de pens\u00e9e et d&rsquo;action. <\/p>\n<p> La tol\u00e9rance comporte le libre \u00e9change des                     id\u00e9es. Elle respecte r\u00e9solument les tenants                     du pour et du contre de toutes les grandes questions, insistant                     sur le droit des uns et des autres \u00e0 se faire entendre,                     jusqu&rsquo;\u00e0 ce qu&rsquo;il y ait assez de preuves objectives                     pour motiver un jugement rationnel. <\/p>\n<p> La tol\u00e9rance tient compte des diff\u00e9rences                     d&rsquo;\u00e9ducation, d&rsquo;instruction et de connaissances entre                     les gens. Elle suppose de la largeur de vues et une grande                     indulgence pour les opinions des autres. <\/p>\n<p> Les personnes tol\u00e9rantes savent que, suivant l&rsquo;\u00e9talon                     actuel des moeurs, il n&rsquo;y a gu\u00e8re de vice ni de crime                     qui n&rsquo;ait, \u00e0 une \u00e9poque ou \u00e0 une autre                     et dans certaines circonstances, \u00e9t\u00e9 consid\u00e9r\u00e9                     comme un devoir moral et religieux et que, parmi les vertus                     que nous pratiquons aujourd&rsquo;hui, il n&rsquo;en est gu\u00e8re                     non plus qui n&rsquo;aient \u00e9t\u00e9 consid\u00e9r\u00e9es                     comme une faute dans certaines civilisations. <\/p>\n<p> Nous avons appris par exp\u00e9rience, dans notre pays,                     \u00e0 faire bon accueil aux d\u00e9couvertes que l&rsquo;on                     nous r\u00e9v\u00e8le dans les sciences de la nature.                     Dans l&rsquo;ancienne Gr\u00e8ce, un philosophe aux id\u00e9es                     avanc\u00e9es fut condamn\u00e9 \u00e0 l&rsquo;exil pour avoir                     enseign\u00e9 que le soleil \u00e9tait une boule de feu                     d&rsquo;une superficie aussi grande peut-\u00eatre que celle de                     la Gr\u00e8ce enti\u00e8re\u00a0; et la plus remarquable                     d\u00e9couverte jamais faite par l&rsquo;homme, la loi de l&rsquo;attraction,                     fit l&rsquo;objet de violentes attaques, au XVIIe si\u00e8cle,                     sous pr\u00e9texte qu&rsquo;elle \u00e9branlait la religion                     naturelle. <\/p>\n<p> Mais la tol\u00e9rance qui s&rsquo;impose de nos jours ne consiste                     pas uniquement \u00e0 \u00e9couter avec indulgence les                     opinions des autres et \u00e0 \u00eatre reconnaissant envers                     ceux qui signalent des d\u00e9couvertes. Il ne suffit pas                     d&rsquo;affirmer b\u00e9atement que tout homme a droit \u00e0                     son opinion\u00a0; nous devons en plus la respecter, car,                     pour celui qui l&rsquo;adopte, cette opinion est d&rsquo;une grande importance.                   <\/p>\n<p> Cet \u00e9largissement de la tol\u00e9rance exige de                     la grandeur d&rsquo;\u00e2me. Rapha\u00ebl a bien exprim\u00e9 cet                     \u00e9tat d&rsquo;esprit en disant qu&rsquo;il peignait les hommes et                     les femmes, non pas comme ils sont, mais comme ils devraient                     \u00eatre. Allant un peu plus loin encore, Goethe a \u00e9crit\u00a0:                     \u00ab\u00a0En traitant les gens comme s&rsquo;ils \u00e9taient ce                     qu&rsquo;ils devraient \u00eatre vous les aiderez \u00e0 devenir                     ce qu&rsquo;ils peuvent \u00eatre.\u00a0\u00bb <\/p>\n<h3>Le droit et la justice<\/h3>\n<p> C&rsquo;est parce que la nature humaine n&rsquo;a gu\u00e8re chang\u00e9                     que les dix commandements, \u00e9dict\u00e9s pour pourvoir                     aux besoins d&rsquo;un peuple en voie de passer, apr\u00e8s sa                     sortie d&rsquo;\u00c9gypte, de la culture nomade \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat                     de royaume agricole, ont encore un sens \u00e0 notre \u00e9poque                     de gratte-ciel et de voyages interplan\u00e9taires. <\/p>\n<p> Certains affirment avec hauteur et d&rsquo;un ton magistral que                     tant que les hommes et les femmes vivront conform\u00e9ment                     \u00e0 la loi, la tol\u00e9rance demeurera inutile, mais                     la tol\u00e9rance est plus que la simple l\u00e9galit\u00e9.                   <\/p>\n<p> Il est naturel \u00e0 l&rsquo;homme vraiment cultiv\u00e9                     d&rsquo;\u00e9prouver un profond respect pour les formes juridiques                     qui rendent possibles les contacts humains. Mais l&rsquo;esprit                     cultiv\u00e9 reconna\u00eet en outre qu&rsquo;il importe d&rsquo;observer                     un grand nombre de lois non \u00e9crites, dont certaines                     ne peuvent \u00eatre impos\u00e9es que par la conscience.                     Il sait que la recherche de la justice est une recherche des                     lois et des valeurs morales qui se situent au-dessus des hommes                     et de leurs soci\u00e9t\u00e9s l\u00e9galistes, et que                     la tol\u00e9rance se fonde sur la justice. \u00ab\u00a0La justice,                     \u00e9crit Thomas d&rsquo;Aquin, est la volont\u00e9 constante                     et perp\u00e9tuelle de rendre \u00e0 chacun son droit.\u00a0\u00bb                   <\/p>\n<p> Quiconque pr\u00e9tend \u00e0 la culture devrait se                     r\u00e9jouir du fait que la cl\u00e9mence et la recherche                     de la v\u00e9rit\u00e9 font partie de la justice, ne serait-ce                     que parce que celui qui punit l&rsquo;ignorance de son semblable                     pourrait \u00e0 bon droit \u00eatre puni lui-m\u00eame                     par ceux qui en savent plus que lui. <\/p>\n<h3>Le r\u00f4le de l&rsquo;intelligence<\/h3>\n<p> L&rsquo;ignorance n&rsquo;a aucune utilit\u00e9 sociale. Seule l&rsquo;intelligence                     peut permettre \u00e0 nos jeunes gens de participer \u00e0                     l&rsquo;\u00e9dification de leur destin, et l&rsquo;intelligence consiste                     \u00e0 savoir et \u00e0 aimer ce que la raison pr\u00e9sente                     comme juste et vrai. <\/p>\n<p> Il est tout aussi impossible de d\u00e9couvrir la v\u00e9rit\u00e9                     en s&rsquo;\u00e9vadant de la r\u00e9alit\u00e9 que de vouloir,                     comme un certain b\u00eata, \u00e9chapper aux morsures                     des insectes en \u00e9teignant la lumi\u00e8re pour les                     emp\u00eacher de nous voir. <\/p>\n<p> Nous vivons dans un monde changeant, dont notre connaissance                     demeure incompl\u00e8te, et nous constatons que la clef                     de la civilisation n&rsquo;est pas la technique, mais la sagesse.                     L&rsquo;une des preuves les plus s\u00fbres qu&rsquo;un homme est civilis\u00e9,                     c&rsquo;est son d\u00e9sir de savoir et de comprendre. S&rsquo;il doit                     \u00eatre intol\u00e9rant \u00e0 un point de vue quelconque,                     il semble pr\u00e9f\u00e9rable, \u00e0 tout prendre,                     qu&rsquo;il sache exactement \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de quoi il                     sera intol\u00e9rant. En r\u00e9pondant\u00a0: \u00ab\u00a0Je                     ne sais pas\u00a0\u00bb, il fait preuve de probit\u00e9 intellectuelle.                     Socrate ne pr\u00e9tendait par poss\u00e9der la sagesse,                     mais seulement la rechercher. <\/p>\n<p> Le r\u00e9quisitoire contre l&rsquo;intol\u00e9rance ne s&rsquo;appuie                     pas sur des raisons morales. Il repose solidement sur la simple                     consid\u00e9ration qu&rsquo;il est humainement impossible de conna\u00eetre                     tous les faits. <\/p>\n<p> Il est donc sage de laisser certaines questions en suspens.                     Affirmer qu&rsquo;une chose est impossible c&rsquo;est dire, avec une                     pr\u00e9somption bien t\u00e9m\u00e9raire, que nous                     connaissons les limites de la possibilit\u00e9. Condamner                     une action en la qualifiant de p\u00e9ch\u00e9 c&rsquo;est pr\u00e9tendre                     ind\u00fbment poss\u00e9der la facult\u00e9 de jugement                     parfait, ce qui n&rsquo;appartient pas \u00e0 notre nature humaine.                   <\/p>\n<p> C&rsquo;est \u00e0 nos id\u00e9es erron\u00e9es des choses,                     et non \u00e0 l&rsquo;invasion des id\u00e9es nouvelles, qu&rsquo;il                     convient d&rsquo;imputer en grande partie les probl\u00e8mes de                     notre temps. Le droit de penser par nous-m\u00eame exige                     que nous nous efforcions de comprendre les choses et leur                     fonctionnement plut\u00f4t que de tenter de les classer comme                     \u00ab\u00a0bonnes\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0mauvaises\u00a0\u00bb d&rsquo;apr\u00e8s                     un r\u00e9pertoire courant des valeurs. <\/p>\n<p> C&rsquo;est dire qu&rsquo;il importe de remplacer les id\u00e9es arr\u00eat\u00e9es                     par le d\u00e9sir de la recherche et de l&rsquo;interrogation.                     \u00ab\u00a0Si M\u00e9n\u00e9las s&rsquo;\u00e9tait avis\u00e9                     de penser qu&rsquo;il e\u00fbt mieux valu pour lui \u00eatre d\u00e9livr\u00e9                     d&rsquo;une \u00e9pouse comme H\u00e9l\u00e8ne, a dit un philosophe,                     la guerre de Troie n&rsquo;aurait pas eu lieu.\u00a0\u00bb <\/p>\n<p> L&rsquo;incompr\u00e9hension est trop souvent l&rsquo;effet du hasard                     pour que nous ne veillons pas \u00e0 l&rsquo;\u00e9viter chaque                     fois que c&rsquo;est possible. Dans <em>La Mort d&rsquo;Arthur<\/em>, sir                     Thomas Malory rapporte un incident assez r\u00e9v\u00e9lateur.                     Un serpent ayant fonc\u00e9 sur un chevalier, celui-ci tira                     son \u00e9p\u00e9e pour le tuer. L&rsquo;\u00e9p\u00e9e                     d\u00e9gain\u00e9e alarma les arm\u00e9es, rompit les                     pourparlers de paix entre le roi Arthur et sir Mordred et                     d\u00e9clencha un combat o\u00f9 les deux chefs perdirent                     la vie. <\/p>\n<h3>Une cour d&rsquo;appel int\u00e9rieure<\/h3>\n<p> La recherche de la bonne fa\u00e7on de penser nous ram\u00e8ne                     \u00e0 l&rsquo;enseignement de Socrate. Jamais ce philosophe ne                     songea \u00e0 \u00e9tablir une institution pour rechercher                     la v\u00e9rit\u00e9, convaincu qu&rsquo;il \u00e9tait que                     l&rsquo;homme ne peut trouver la v\u00e9rit\u00e9 qu&rsquo;en lui-m\u00eame.                     Chacun devrait avoir en son for int\u00e9rieur une cour                     d&rsquo;appel, o\u00f9 il lui serait loisible d&rsquo;examiner et de                     contre-examiner ses jugements. <\/p>\n<p> On ne peut conna\u00eetre une vie heureuse sans r\u00e9aliser                     un certain \u00e9quilibre entre ses convictions personnelles                     et les circonstances ext\u00e9rieures, sans trouver un moyen                     terme entre l&rsquo;id\u00e9al et le pratique, mais chacun doit                     savoir quel est son id\u00e9al. Cela l&rsquo;aidera \u00e0 appr\u00e9cier                     d&rsquo;autres valeurs et \u00e0 \u00e9viter de devenir intol\u00e9rant.                   <\/p>\n<p> La tol\u00e9rance est absolument essentielle \u00e0                     la civilisation qui est la n\u00f4tre. Force nous est de                     reconna\u00eetre, parce que nous en voyons partout des signes                     autour de nous, que, selon les paroles du philosophe chinois                     Lao-Tse, nos bonnes mani\u00e8res et nos beaux v\u00eatements                     ne dissimulent qu&rsquo;\u00e0 peine nos coeurs encore barbares                     d&rsquo;hommes incivilis\u00e9s. <\/p>\n<p> Encore une fois dans l&rsquo;histoire, l&rsquo;humanit\u00e9 se sent                     en humeur de modifier sa conception des choses. La contrainte                     de la tradition a perdu beaucoup de sa force, mais la civilisation                     est, pour ne pas dire plus, une chose fragile, et s&#8217;embarquer                     dans une aventure qui va \u00e0 l&rsquo;encontre d&rsquo;un mode de                     vie fond\u00e9 sur une exp\u00e9rience s\u00e9culaire,                     c&rsquo;est mettre en danger le peu de s\u00e9curit\u00e9 dont                     nous jouissons. <\/p>\n<p> La solution ne se trouvera pas en r\u00e9clamant la censure                     et le b\u00e2illonnement des opinions, mais en s&rsquo;attaquant                     aux probl\u00e8mes avec la volont\u00e9 d&rsquo;ennoblir et                     d&rsquo;humaniser la vie. La cr\u00e9ation d&rsquo;un ordre mondial                     vraiment civilis\u00e9 sera la victoire de la persuasion                     sur la violence. Mais un tel effort exige une certaine somme                     de tol\u00e9rance et de bonne volont\u00e9. <\/p>\n<p> Quant \u00e0 savoir ce qu&rsquo;il faut rechercher, nous le                     d\u00e9couvrirons dans ce principe g\u00e9n\u00e9ral,                     commun \u00e0 toutes les grandes religions et les grandes                     philosophies\u00a0: la vertu consiste dans la connaissance                     du bien, ce qui suppose l&rsquo;effort n\u00e9cessaire pour le                     mettre en pratique. <\/p>\n<h3>La recherche des solutions<\/h3>\n<p> Il se peut qu&rsquo;il soit impossible de r\u00e9soudre tous                     les probl\u00e8mes qui assaillent les \u00eatres humains                     oblig\u00e9s de vivre ensemble sur cette terre de plus en                     plus populeuse, et les explorations de ces derniers temps                     ont montr\u00e9 qu&rsquo;il est peu probable que l&rsquo;homme puisse                     \u00e9migrer vers une autre plan\u00e8te. Pourtant, nous                     pouvons viser \u00e0 d\u00e9velopper notre aptitude \u00e0                     vivre avec nos probl\u00e8mes sans tomber pour autant dans                     la neurasth\u00e9nie de ceux qui d\u00e9clament contre                     les probl\u00e8mes sans s&rsquo;efforcer sinc\u00e8rement de                     les r\u00e9soudre. <\/p>\n<p> Dans l&rsquo;\u00e9tat actuel des choses, nous acceptons de                     collaborer avec beaucoup de personnes que nous n&rsquo;aimons pas                     et avec lesquelles nous ne voudrions pas vivre en \u00e9troites                     relations. Mais nous \u00e9tablissons ainsi un <em>modus                     vivendi<\/em>, une mani\u00e8re de vivre, un accord ou un                     accommodement gr\u00e2ce auquel des personnes ou des groupes                     tr\u00e8s diff\u00e9rents ont la possibilit\u00e9 de                     vivre provisoirement en bons termes, pendant que l&rsquo;on recherche                     une solution permanente. <\/p>\n<p> Comme homme, Socrate m\u00e9rite certes de grands \u00e9loges,                     mais on peut \u00e9galement le tenir responsable dans une                     large mesure de l&rsquo;incompr\u00e9hension qui r\u00e9gnait                     entre lui et ses contemporains. En insistant sur la valeur                     de la libre discussion, il contribuait \u00e0 manifester                     sa sup\u00e9riorit\u00e9 d&rsquo;esprit, \u00e9tant donn\u00e9                     surtout son aga\u00e7ante habitude de d\u00e9masquer publiquement                     l&rsquo;ignorance de ses concitoyens. Il aurait pu dire, comme l&rsquo;intol\u00e9rant                     Napol\u00e9on\u00a0: \u00ab\u00a0Personne d&rsquo;autre que moi n&rsquo;est                     responsable de ma chute. J&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 mon pire ennemi,                     la cause de mon d\u00e9sastreux destin.\u00a0\u00bb <\/p>\n<p> Dans une soci\u00e9t\u00e9 o\u00f9 r\u00e8gne la                     tol\u00e9rance, le sens de la mesure et l&rsquo;art de faire des                     concessions s&rsquo;imposent \u00e0 tous. La mesure consiste \u00e0                     peser et \u00e0 bien situer tous nos actes et nos paroles                     par rapport \u00e0 ceux et celles des autres. <\/p>\n<p> Si nous ne r\u00e9sistons pas aveugl\u00e9ment \u00e0                     une action qui semble nous \u00eatre d\u00e9favorable,                     si nous essayons de la voir sous le m\u00eame jour que la                     partie adverse, peut-\u00eatre trouverons-nous certaines                     possibilit\u00e9s de n\u00e9gociation. Comme le dit le                     jardinier r\u00e9aliste dans <em>Bob Roy <\/em>de sir Walter                     Scott\u00a0: \u00ab\u00a0L&rsquo;un c\u00e8de un brin et l&rsquo;autre c\u00e8de                     un brin, et ils redeviennent bons amis.\u00a0\u00bb <\/p>\n<p> Pour les concessions, voici les r\u00e8gles \u00e0 suivre\u00a0:                     se demander si l&rsquo;on peut c\u00e9der sur un point sans compromettre                     l&rsquo;essentiel\u00a0; sacrifier les d\u00e9tails afin de sauvegarder                     les principes\u00a0; obtenir ce que l&rsquo;on veut &#8211; ce qui est                     souvent possible &#8211; en se pla\u00e7ant au point de vue de                     l&rsquo;interlocuteur. <\/p>\n<h3>La grandeur d&rsquo;\u00e2me<\/h3>\n<p> On a dit que l&rsquo;histoire roule sur de menus incidents, et                     il en va de m\u00eame de la vie des gens. C&rsquo;est dans les                     petites choses que se manifeste notre tol\u00e9rance. <\/p>\n<p> C&rsquo;est une bonne r\u00e8gle de vie de ne pas parler de                     ses principes, mais de les mettre en action, d&rsquo;avoir une attitude                     bienveillante, une humeur agr\u00e9able et des vues larges                     et \u00e9lev\u00e9es. Pour \u00e9viter que l&rsquo;on se montre                     intol\u00e9rant envers vos id\u00e9es et vos actes, faites                     en sorte que les gens aient raison d&rsquo;avoir foi dans vos bonne                     intentions et votre largeur d&rsquo;esprit. <\/p>\n<p> Chaque fois que l&rsquo;on monte d&rsquo;un cran dans l&rsquo;\u00e9chelle                     de la vie professionnelle, publique ou priv\u00e9e, la n\u00e9cessit\u00e9                     de pratiquer la tol\u00e9rance et la cl\u00e9mence se                     fait de plus en plus essentielle. Absorb\u00e9s par leurs                     petites pr\u00e9occupations personnelles, les petits esprits                     ne ressentent pas les obligations particuli\u00e8res de                     la noblesse. <\/p>\n<p> Ceux qui font preuve d&rsquo;intol\u00e9rance retardent d&rsquo;un                     millier d&rsquo;ann\u00e9es sur notre si\u00e8cle, m\u00eame                     s&rsquo;ils se croient avant-gardistes. Les Ath\u00e9niens se                     repentirent, mais trop tard, de la condamnation de Socrate.                     Ils punirent ses accusateurs et lui \u00e9lev\u00e8rent                     une statue de bronze dans un des lieux les plus fr\u00e9quent\u00e9s                     de la cit\u00e9. Mais ils demeur\u00e8rent tout aussi                     impuissants \u00e0 \u00e9teindre le flambeau qu&rsquo;il avait                     allum\u00e9 qu&rsquo;\u00e0 r\u00e9parer leur intol\u00e9rance.                   <\/p>\n<p> Nous ne pouvons pas consid\u00e9rer comme d\u00e9finitivement                     \u00e9tablie la civilisation \u00e0 laquelle nous sommes                     parvenus, mais nous devons activement la prot\u00e9ger contre                     l&rsquo;\u00e9ruption toujours possible de la barbarie ou du chaos                     moral. Il est n\u00e9cessaire que nous fassions un effort                     pour d\u00e9couvrir les id\u00e9es essentielles qui donnent                     un sens et une structure \u00e0 la masse discordante et                     confuse de d\u00e9tails o\u00f9 se d\u00e9bat le monde                     qui nous entoure. Et nous ne r\u00e9ussirons \u00e0 le                     faire qu&rsquo;en nous appliquant \u00e0 percevoir et \u00e0                     comprendre les multiples faces que comporte tout projet de                     changement. <\/p>\n<p> Nous devons pratiquer la tol\u00e9rance dans notre vie                     priv\u00e9e comme dans notre vie publique, dans les petites                     comme dans les grandes choses, \u00e0 cause du paradoxe                     apparent de ce fait que l&rsquo;intol\u00e9rance est la seule                     chose que nous ne pouvons tol\u00e9rer si nous voulons conserver                     notre libert\u00e9. <\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<\/p><\/div>\n","protected":false},"author":0,"featured_media":0,"template":"","categories":[1],"rbc_letter_theme":[],"rbc_letter_year":[42],"class_list":["post-2156","rbc_letter","type-rbc_letter","status-publish","hentry","category-uncategorized","rbc_letter_year-42"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO Premium plugin v27.4 (Yoast SEO v27.4) - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-premium-wordpress\/ -->\n<title>Vol. 51, N\u00b0 1 - Janvier 1970 - Un proc\u00e8s de tous les temps - RBC<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-51-n-1-janvier-1970-un-proces-de-tous-les-temps\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Vol. 51, N\u00b0 1 - Janvier 1970 - Un proc\u00e8s de tous les temps\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Formatage PDF Dans le petit livre qu&rsquo;il consacre \u00e0 Socrate, Jean Brun formule cette r\u00e9flexion\u00a0: \u00ab\u00a0Il semble bien que le proc\u00e8s de Socrate ne soit pas seulement un \u00e9v\u00e9nement historique en marge de toute r\u00e9p\u00e9tition possible\u00a0; le proc\u00e8s de Socrate c&rsquo;est le proc\u00e8s fait \u00e0 la pens\u00e9e qui recherche, en dehors de la m\u00e9diocrit\u00e9 quotidienne, [&hellip;]\" \/>\n<meta property=\"og:url\" content=\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-51-n-1-janvier-1970-un-proces-de-tous-les-temps\/\" \/>\n<meta property=\"og:site_name\" content=\"RBC\" \/>\n<meta name=\"twitter:card\" content=\"summary_large_image\" \/>\n<meta name=\"twitter:label1\" content=\"Est. reading time\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data1\" content=\"19 minutes\" \/>\n<script type=\"application\/ld+json\" class=\"yoast-schema-graph\">{\"@context\":\"https:\\\/\\\/schema.org\",\"@graph\":[{\"@type\":\"WebPage\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.rbc.com\\\/fr\\\/notre-compagnie\\\/histoire\\\/bulletin\\\/vol-51-n-1-janvier-1970-un-proces-de-tous-les-temps\\\/\",\"url\":\"https:\\\/\\\/www.rbc.com\\\/fr\\\/notre-compagnie\\\/histoire\\\/bulletin\\\/vol-51-n-1-janvier-1970-un-proces-de-tous-les-temps\\\/\",\"name\":\"Vol. 51, N\u00b0 1 - Janvier 1970 - Un proc\u00e8s de tous les temps - RBC\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.rbc.com\\\/fr\\\/#website\"},\"datePublished\":\"1970-01-01T00:00:00+00:00\",\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"ReadAction\",\"target\":[\"https:\\\/\\\/www.rbc.com\\\/fr\\\/notre-compagnie\\\/histoire\\\/bulletin\\\/vol-51-n-1-janvier-1970-un-proces-de-tous-les-temps\\\/\"]}]},{\"@type\":\"WebSite\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/www.rbc.com\\\/fr\\\/#website\",\"url\":\"https:\\\/\\\/www.rbc.com\\\/fr\\\/\",\"name\":\"RBC\",\"description\":\"\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"SearchAction\",\"target\":{\"@type\":\"EntryPoint\",\"urlTemplate\":\"https:\\\/\\\/www.rbc.com\\\/fr\\\/?s={search_term_string}\"},\"query-input\":{\"@type\":\"PropertyValueSpecification\",\"valueRequired\":true,\"valueName\":\"search_term_string\"}}],\"inLanguage\":\"fr-FR\"}]}<\/script>\n<!-- \/ Yoast SEO Premium plugin. -->","yoast_head_json":{"title":"Vol. 51, N\u00b0 1 - Janvier 1970 - Un proc\u00e8s de tous les temps - RBC","robots":{"index":"index","follow":"follow","max-snippet":"max-snippet:-1","max-image-preview":"max-image-preview:large","max-video-preview":"max-video-preview:-1"},"canonical":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-51-n-1-janvier-1970-un-proces-de-tous-les-temps\/","og_locale":"fr_FR","og_type":"article","og_title":"Vol. 51, N\u00b0 1 - Janvier 1970 - Un proc\u00e8s de tous les temps","og_description":"Formatage PDF Dans le petit livre qu&rsquo;il consacre \u00e0 Socrate, Jean Brun formule cette r\u00e9flexion\u00a0: \u00ab\u00a0Il semble bien que le proc\u00e8s de Socrate ne soit pas seulement un \u00e9v\u00e9nement historique en marge de toute r\u00e9p\u00e9tition possible\u00a0; le proc\u00e8s de Socrate c&rsquo;est le proc\u00e8s fait \u00e0 la pens\u00e9e qui recherche, en dehors de la m\u00e9diocrit\u00e9 quotidienne, [&hellip;]","og_url":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-51-n-1-janvier-1970-un-proces-de-tous-les-temps\/","og_site_name":"RBC","twitter_card":"summary_large_image","twitter_misc":{"Est. reading time":"19 minutes"},"schema":{"@context":"https:\/\/schema.org","@graph":[{"@type":"WebPage","@id":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-51-n-1-janvier-1970-un-proces-de-tous-les-temps\/","url":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-51-n-1-janvier-1970-un-proces-de-tous-les-temps\/","name":"Vol. 51, N\u00b0 1 - Janvier 1970 - Un proc\u00e8s de tous les temps - RBC","isPartOf":{"@id":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/#website"},"datePublished":"1970-01-01T00:00:00+00:00","inLanguage":"fr-FR","potentialAction":[{"@type":"ReadAction","target":["https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-51-n-1-janvier-1970-un-proces-de-tous-les-temps\/"]}]},{"@type":"WebSite","@id":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/#website","url":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/","name":"RBC","description":"","potentialAction":[{"@type":"SearchAction","target":{"@type":"EntryPoint","urlTemplate":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/?s={search_term_string}"},"query-input":{"@type":"PropertyValueSpecification","valueRequired":true,"valueName":"search_term_string"}}],"inLanguage":"fr-FR"}]}},"parsely":{"version":"1.1.0","canonical_url":"https:\/\/rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-51-n-1-janvier-1970-un-proces-de-tous-les-temps\/","smart_links":{"inbound":0,"outbound":0},"traffic_boost_suggestions_count":0,"meta":{"@context":"https:\/\/schema.org","@type":"NewsArticle","headline":"Vol. 51, N\u00b0 1 &#8211; Janvier 1970 &#8211; Un proc\u00e8s de tous les temps","url":"http:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-51-n-1-janvier-1970-un-proces-de-tous-les-temps\/","mainEntityOfPage":{"@type":"WebPage","@id":"http:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-51-n-1-janvier-1970-un-proces-de-tous-les-temps\/"},"thumbnailUrl":"","image":{"@type":"ImageObject","url":""},"articleSection":"Uncategorized","author":[],"creator":[],"publisher":{"@type":"Organization","name":"RBC","logo":""},"keywords":[],"dateCreated":"1970-01-01T00:00:00Z","datePublished":"1970-01-01T00:00:00Z","dateModified":"1970-01-01T00:00:00Z"},"rendered":"<script type=\"application\/ld+json\" class=\"wp-parsely-metadata\">{\"@context\":\"https:\\\/\\\/schema.org\",\"@type\":\"NewsArticle\",\"headline\":\"Vol. 51, N\\u00b0 1 &#8211; Janvier 1970 &#8211; Un proc\\u00e8s de tous les temps\",\"url\":\"http:\\\/\\\/www.rbc.com\\\/fr\\\/notre-compagnie\\\/histoire\\\/bulletin\\\/vol-51-n-1-janvier-1970-un-proces-de-tous-les-temps\\\/\",\"mainEntityOfPage\":{\"@type\":\"WebPage\",\"@id\":\"http:\\\/\\\/www.rbc.com\\\/fr\\\/notre-compagnie\\\/histoire\\\/bulletin\\\/vol-51-n-1-janvier-1970-un-proces-de-tous-les-temps\\\/\"},\"thumbnailUrl\":\"\",\"image\":{\"@type\":\"ImageObject\",\"url\":\"\"},\"articleSection\":\"Uncategorized\",\"author\":[],\"creator\":[],\"publisher\":{\"@type\":\"Organization\",\"name\":\"RBC\",\"logo\":\"\"},\"keywords\":[],\"dateCreated\":\"1970-01-01T00:00:00Z\",\"datePublished\":\"1970-01-01T00:00:00Z\",\"dateModified\":\"1970-01-01T00:00:00Z\"}<\/script>","tracker_url":"https:\/\/cdn.parsely.com\/keys\/rbc.com\/p.js"},"featured_img":false,"coauthors":[],"author_meta":{"author_link":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/author\/","display_name":""},"relative_dates":{"created":"Publi\u00e9 56 ans il y a","modified":"Mis \u00e0 jour 56 ans il y a"},"absolute_dates":{"created":"Publi\u00e9 le 1 janvier 1970","modified":"Mise \u00e0 jour le 1 janvier 1970"},"absolute_dates_time":{"created":"Publi\u00e9 le 1 janvier 1970 12:00  ","modified":"Mise \u00e0 jour le 1 janvier 1970 12:00  "},"featured_img_caption":"","tax_additional":{"category":{"linked":["<a href=\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/category\/uncategorized\/\" class=\"advgb-post-tax-term\">Uncategorized<\/a>"],"unlinked":["<span class=\"advgb-post-tax-term\">Uncategorized<\/span>"],"slug":"category","name":"Cat\u00e9gories"},"rbc_letter_theme":{"linked":[],"unlinked":[],"slug":"rbc_letter_theme","name":"Themes"},"rbc_letter_year":{"linked":["<a href=\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/year\/1970\/\" class=\"advgb-post-tax-term\">1970<\/a>"],"unlinked":["<span class=\"advgb-post-tax-term\">1970<\/span>"],"slug":"rbc_letter_year","name":"Years"}},"series_order":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/rbc_letter\/2156","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/rbc_letter"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/rbc_letter"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/rbc_letter\/2156\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2156"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2156"},{"taxonomy":"rbc_letter_theme","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/rbc_letter_theme?post=2156"},{"taxonomy":"rbc_letter_year","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/rbc_letter_year?post=2156"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}