{"id":2136,"date":"1995-01-01T00:00:00","date_gmt":"1995-01-01T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-75-n-7-janvier-fevrier-1995-lecole-mode-demploi\/"},"modified":"2022-10-17T18:16:10","modified_gmt":"2022-10-17T18:16:10","slug":"vol-75-n-7-janvier-fevrier-1995-lecole-mode-demploi","status":"publish","type":"rbc_letter","link":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-75-n-7-janvier-fevrier-1995-lecole-mode-demploi\/","title":{"rendered":"Vol. 75 N\u00b0 7 &#8211; Janvier\/F\u00e9vrier 1995 &#8211; L&rsquo;\u00e9cole\u00a0: mode d&#8217;emploi"},"content":{"rendered":"<div id=\"layout-column-main\">\n<p class=\"boldtext\">Il y a plus de d\u00e9crocheurs au Canada                     que dans beaucoup d&rsquo;autres pays. Cette h\u00e9morragie porte                     atteinte \u00e0 notre comp\u00e9titivit\u00e9. Mais                     le probl\u00e8me n&rsquo;est pas seulement \u00e9conomique.                     Il porte aussi atteinte aux chances de bonheur des d\u00e9crocheurs.                   <\/p>\n<p> Les parents de la plupart des pays du monde seraient sans                     doute tr\u00e8s surpris d&rsquo;apprendre que tant de jeunes Canadiens                     quittent l&rsquo;\u00e9cole secondaire sans dipl\u00f4me\u00a0:                     ils sont si nombreux \u00e0 ne pas avoir les moyens d&rsquo;envoyer                     leurs enfants ne serait-ce qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;\u00e9cole primaire.                     Ceux qui parviennent \u00e0 donner aux leurs une instruction                     plus pouss\u00e9e font souvent des sacrifices personnels                     h\u00e9ro\u00efques pour arracher leur prog\u00e9niture                     \u00e0 une vie de labeur et de pauvret\u00e9 et lui ouvrir                     les portes d&rsquo;un monde plus humain. <\/p>\n<p> Dans beaucoup de pays sous-d\u00e9velopp\u00e9s, les                     \u00e9coles publiques sont tellement bond\u00e9es, d\u00e9sorganis\u00e9es                     et d\u00e9pourvues que ce n&rsquo;est m\u00eame pas la peine                     d&rsquo;y inscrire ses enfants. Quant aux \u00e9tablissements                     priv\u00e9s, ils co\u00fbtent trop cher (et ne valent pas                     mieux, parfois, que les \u00e9coles publiques). La plupart                     des jeunes du Tiers-Monde ne fr\u00e9quenteront jamais un                     coll\u00e8ge d&rsquo;enseignement technique \u00e0 cause des                     frais de scolarit\u00e9, encore moins une universit\u00e9.                     Ceux qui ont cette bonne fortune \u00e9tudient sans rel\u00e2che,                     aiguillonn\u00e9s par la peur de g\u00e2cher leur unique                     chance d&rsquo;obtenir un dipl\u00f4me ou un certificat. <\/p>\n<p> Selon ces crit\u00e8res, le Canada fait figure de paradis                     scolaire. Ses citoyens n&rsquo;ont-ils pas tous le droit inali\u00e9nable                     \u00e0 une instruction de qualit\u00e9 dans des \u00e9tablissements                     financ\u00e9s par les deniers publics\u00a0? Notre r\u00e9seau                     national compte des milliers d&rsquo;\u00e9coles primaires et                     secondaires, des centaines d&rsquo;\u00e9tablissements d&rsquo;enseignement                     postsecondaire et plus de soixante universit\u00e9s. Le                     Canada est l&rsquo;un des pays qui affecte le plus d&rsquo;argent \u00e0                     l&rsquo;\u00e9ducation en proportion de ses ressources. L&rsquo;acc\u00e8s                     quasi universel des jeunes \u00e0 l&rsquo;enseignement postsecondaire                     est garanti par des subventions publiques indirectes de pr\u00e8s                     de 16 000 $ par \u00e9tudiant. <\/p>\n<p> Ce tr\u00e9sor national est pourtant d\u00e9daign\u00e9                     par ceux-l\u00e0 m\u00eame qu&rsquo;il doit servir. D&rsquo;apr\u00e8s                     l&rsquo;\u00e9tude la plus prudente dont nous disposions, au moins                     18 pour cent des jeunes Canadiens d\u00e9crochent avant                     la derni\u00e8re ann\u00e9e du cours secondaire. La comparaison                     avec les autres pays industrialis\u00e9s n&rsquo;a rien de consolant\u00a0:                     la moiti\u00e9 environ des 25 membres de l&rsquo;Organisation                     de coop\u00e9ration et de d\u00e9veloppement \u00e9conomiques                     d\u00e9cernent proportionnellement plus de dipl\u00f4mes                     d&rsquo;\u00e9tudes secondaires que le Canada. Sur ce plan, nous                     nous classons au m\u00eame niveau que les pays industrialis\u00e9s                     les moins avanc\u00e9s\u00a0: la Gr\u00e8ce, la Turquie,                     le Portugal. <\/p>\n<p> Parce que neuf d\u00e9crocheurs sur dix ne terminent pas                     leur dixi\u00e8me ann\u00e9e, l&rsquo;analphab\u00e9tisme                     continue \u00e0 fleurir dans notre pays. Des recherches                     tr\u00e8s s\u00e9rieuses ont d\u00e9montr\u00e9 qu&rsquo;au                     moins 24 pour cent des Canadiens de 18 ans et plus sont incapables                     de lire un texte simple ou d&rsquo;effectuer les op\u00e9rations                     arithm\u00e9tiques \u00e9l\u00e9mentaires. Cela correspond                     <em>grosso modo<\/em> aux estimations de la moyenne mondiale,                     qui prennent en compte les milliards de paysans incultes du                     Tiers- Monde\u00a0! Ironie du sort\u00a0: cet analphab\u00e9tisme                     fonctionnel est un fardeau plus lourd \u00e0 porter au Canada                     que dans les pays moins avanc\u00e9s, o\u00f9 il est mieux                     accept\u00e9 parce que plus r\u00e9pandu. <\/p>\n<p> Inform\u00e9 du taux de d\u00e9crochage scolaire au                     Canada, un habitant du Tiers-Monde penserait probablement                     que ces jeunes ont abandonn\u00e9 l&rsquo;\u00e9cole pour aider                     leurs familles \u00e0 survivre ou encore &#8211; si l&rsquo;esp\u00e9rance                     de vie est faible dans son pays &#8211; que la mort de leurs parents                     les condamne \u00e0 travailler pour pouvoir manger. Il aurait                     tort\u00a0: d&rsquo;apr\u00e8s une enqu\u00eate men\u00e9e                     en 1991 par Statistique Canada, seulement neuf pour cent des                     r\u00e9pondants ont quitt\u00e9 l&rsquo;\u00e9cole parce qu&rsquo;ils                     devaient gagner leur pain quotidien. Le groupe des d\u00e9crocheurs                     compte un peu plus d&rsquo;enfants de familles monoparentales pauvres                     ou de parents ch\u00f4meurs que celui des dipl\u00f4m\u00e9s,                     mais la majorit\u00e9 vit dans un cadre familial normal                     et financi\u00e8rement viable. <\/p>\n<h3>L&rsquo;\u00e9conomie canadienne s&rsquo;est transform\u00e9e, mais les mentalit\u00e9s ont \u00e0 peine \u00e9volu\u00e9<\/h3>\n<p> L&rsquo;explication du myst\u00e8re pourrait aussi tenir au                     fait que notre culture, comme d&rsquo;autres, ne valorise pas l&rsquo;instruction,                     notamment pour les filles. Le probl\u00e8me, c&rsquo;est que 93                     pour cent des parents interrog\u00e9s dans le cadre de la                     m\u00eame enqu\u00eate trouvaient \u00ab\u00a0tr\u00e8s important\u00a0\u00bb                     que leurs enfants terminent leurs \u00e9tudes secondaires.                     En toute logique, ils ont d\u00fb les encourager \u00e0                     poursuivre. Notre taux de d\u00e9crochage refl\u00e8te                     en r\u00e9alit\u00e9 un fait de culture qui ne s&rsquo;observe                     pas dans des pays plus traditionalistes que le Canada\u00a0:                     le peu d&rsquo;influence des parents sur leurs enfants adolescents.                   <\/p>\n<p> Un parent responsable de n&rsquo;importe quel autre pays serait                     sans doute stup\u00e9fait d&rsquo;apprendre que l&rsquo;une des raisons                     les plus souvent avanc\u00e9es pour justifier l&rsquo;abandon                     des \u00e9tudes est&#8230; l&rsquo;ennui. C&rsquo;est m\u00eame le principal                     motif de d\u00e9crochage pour les jeunes filles interrog\u00e9es                     par Statistique Canada\u00a0: 22 pour cent l&rsquo;ont invoqu\u00e9.                     Chez les gar\u00e7ons, 18 pour cent le citent en premier                     lieu, et il a probablement jou\u00e9 un r\u00f4le non n\u00e9gligeable                     dans la d\u00e9cision des 28 r\u00e9pondants sur cent                     qui avaient envie de faire un travail plus \u00ab\u00a0concret\u00a0\u00bb                     que le travail scolaire. Le trouvaient-ils trop difficile\u00a0?                     Pas forc\u00e9ment puisque plus de la moiti\u00e9 d&rsquo;entre                     eux obtenaient la note de passage au moment o\u00f9 ils                     ont \u00ab\u00a0l\u00e2ch\u00e9 l&rsquo;\u00e9cole\u00a0\u00bb. <\/p>\n<p> Des gens ayant grandi dans une soci\u00e9t\u00e9 plus                     simple concluraient sans doute que la n\u00f4tre cr\u00e9e                     beaucoup d&#8217;emplois \u00e0 la port\u00e9e des d\u00e9crocheurs                     des deux sexes, \u00e0 l&rsquo;instar de la leur. \u00c0 l&rsquo;ext\u00e9rieur                     du Premier-Monde, en effet, la force de travail humaine conserve                     sa primaut\u00e9. Dans une \u00e9conomie industrielle,                     en revanche, les taches routini\u00e8res sont presque toutes                     automatis\u00e9es, et il n&rsquo;est ni n\u00e9cessaire ni m\u00eame                     tellement possible de gagner son pain, comme jadis, \u00ab\u00a0\u00e0                     la sueur de son front\u00a0\u00bb. <\/p>\n<p> Bien s\u00fbr, on trouve encore dans les services des emplois                     peu sp\u00e9cialis\u00e9s\u00a0: serveur de restaurant,                     livreur&#8230; La plupart des d\u00e9crocheurs d\u00e9rivent                     vers ce cul-de-sac mal r\u00e9mun\u00e9r\u00e9. Toujours                     d&rsquo;apr\u00e8s l&rsquo;enqu\u00eate de Statistique Canada, en 1991,                     51 pour cent des d\u00e9crocheurs et 61 pour cent des d\u00e9crocheuses                     avaient un revenu annuel brut inf\u00e9rieur \u00e0 10                     000 $, 28 pour cent des hommes et un pourcentage \u00e9gal                     de femmes avaient connu une p\u00e9riode plus ou moins longue                     de ch\u00f4mage au cours des 12 mois pr\u00e9c\u00e9dant                     l&rsquo;enqu\u00eate, et un nombre disproportionn\u00e9 de r\u00e9pondants                     vivaient de l&rsquo;aide sociale. Ceux et celles qui d\u00e9crochent                     t\u00f4t ne peuvent pas ignorer compl\u00e8tement le risque                     \u00e9conomique qu&rsquo;ils courent\u00a0: il cr\u00e8ve les                     yeux. <\/p>\n<p> Si le d\u00e9crocheur type n&rsquo;abandonne pas pour des motifs                     p\u00e9cuniaires, et s&rsquo;il sait qu&rsquo;il y a un prix \u00e9conomique                     \u00e0 payer, qu&rsquo;est-ce qui peut bien le pousser \u00e0                     prendre cette terrible d\u00e9cision\u00a0? L&rsquo;histoire et                     la psychologie proposent certains \u00e9l\u00e9ments de                     r\u00e9ponse. La seconde postule notamment qu&rsquo;un peuple                     trop \u00ab\u00a0g\u00e2t\u00e9\u00a0\u00bb finit par se croire \u00e0                     l&rsquo;abri des revers de fortune. Or, les Canadiens ont \u00e9t\u00e9                     g\u00e2t\u00e9s en mati\u00e8re d&rsquo;\u00e9ducation depuis                     l&rsquo;\u00e8re coloniale. <\/p>\n<p> \u00c0 une \u00e9poque o\u00f9 les pays les plus avanc\u00e9s                     d&rsquo;Europe n&rsquo;instruisaient qu&rsquo;une faible proportion d&rsquo;enfants                     privil\u00e9gi\u00e9s, les Canadiens envoyaient les leurs                     \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole, quels que fussent leurs moyens financiers                     ou leur classe sociale. L&rsquo;\u00c9glise de Nouvelle-France                     avait instruit les enfants des premiers Canadiens. \u00c0                     leur arriv\u00e9e, les Loyalistes instaur\u00e8rent dans                     leur nouvelle patrie un r\u00e9seau d&rsquo;\u00e9coles publiques                     semblable \u00e0 celui qu&rsquo;ils avaient connu dans les ex-colonies                     am\u00e9ricaines. D\u00e8s 1850, des \u00e9tablissements                     publics d&rsquo;enseignement secondaire coiffaient ce r\u00e9seau                     d&rsquo;\u00e9coles primaires financ\u00e9 par l&rsquo;\u00c9tat.                     Les deux sexes y avaient acc\u00e8s, ce qui ne laisse pas                     d&rsquo;\u00e9tonner quand on songe que presque partout ailleurs,                     les filles n&rsquo;allaient m\u00eame pas \u00e0 la \u00ab\u00a0petite                     \u00e9cole\u00a0\u00bb. <\/p>\n<p> Et pourtant, les Canadiens de souche conservaient une attitude                     ambigu\u00eb \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de l&rsquo;instruction. S&rsquo;ils acceptaient                     de bonne gr\u00e2ce de payer leurs taxes scolaires, ils semblaient                     peu enclins \u00e0 faire pleinement usage des services qu&rsquo;ils                     se donnaient ainsi. La plupart retiraient leurs enfants de                     l&rsquo;\u00e9cole sit\u00f4t qu&rsquo;ils avaient assimil\u00e9                     les rudiments de la lecture, de l&rsquo;\u00e9criture et du calcul.                     Pour les familles de cultivateurs, de b\u00fbcherons, de                     p\u00eacheurs et d&rsquo;ouvriers qui composaient alors le gros                     de la soci\u00e9t\u00e9, cela allait de soi\u00a0: elles                     avaient besoin du travail de leurs enfants pour joindre les                     deux bouts. <\/p>\n<p> \u00c0 cause de l&rsquo;importance des richesses naturelles                     dans son \u00e9conomie, le Canada a conserv\u00e9 cette                     mentalit\u00e9 pionni\u00e8re longtemps apr\u00e8s avoir                     achev\u00e9 son industrialisation. Au milieu des ann\u00e9es                     1950, plus de la moiti\u00e9 de sa population active masculine                     n&rsquo;avait qu&rsquo;une instruction primaire. Seulement un travailleur                     sur trois \u00e9tait all\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole                     secondaire et pas m\u00eame un sur dix, au coll\u00e8ge                     ou \u00e0 l&rsquo;universit\u00e9. Une immigration compos\u00e9e                     en grande partie de membres des professions lib\u00e9rales                     et de travailleurs qualifi\u00e9s palliait le manque d&rsquo;instruction                     de la population. La solution n&rsquo;\u00e9tait pas \u00e9l\u00e9gante,                     mais elle \u00e9tait efficace. <\/p>\n<p> Il y eut bien quelques voix, en ces temps d&rsquo;abondance, pour                     mettre les Canadiens en garde contre le danger auquel ils                     s&rsquo;exposaient en se confinant au r\u00f4le de porteurs d&rsquo;eau.                     Mais les choses marchaient trop bien. Un jeune \u00e9nergique                     et intelligent avait toutes les chances de mener une vie prosp\u00e8re,                     m\u00eame sans le moindre dipl\u00f4me. Il pouvait toujours                     s&rsquo;initier au m\u00e9tier en observant un camarade plus exp\u00e9riment\u00e9,                     dans le cadre d&rsquo;un apprentissage officieux ou officiel. <\/p>\n<p> On faisait alors une distinction tr\u00e8s nette entre                     instruction et formation. Un travailleur form\u00e9 n&rsquo;\u00e9tait                     pas forc\u00e9ment instruit. Lorsqu&rsquo;une entreprise renouvelait                     son \u00e9quipement ou adoptait une technique nouvelle,                     les travailleurs peu instruits \u00e9taient form\u00e9s                     avec un minimum de recours \u00e0 l&rsquo;\u00e9crit et \u00e0                     la th\u00e9orie. Ce que la plupart ne savaient pas, c&rsquo;est                     que cette formation deviendrait d\u00e9su\u00e8te et qu&rsquo;il                     leur faudrait une instruction plus pouss\u00e9e pour se                     recycler. <\/p>\n<h3>Non dipl\u00f4m\u00e9s s&rsquo;abstenir<\/h3>\n<p> Un beau jour, l&rsquo;ordinateur a fait son entr\u00e9e en sc\u00e8ne,                     avec d&rsquo;autres innovations qui modifiaient tellement les fa\u00e7ons                     de faire que tous les travailleurs ont \u00e9t\u00e9 oblig\u00e9s                     de troquer le maniement des objets pour celui des id\u00e9es                     et des chiffres et souvent, d&rsquo;apprendre quels concepts pr\u00e9sidaient                     \u00e0 l&rsquo;organisation des t\u00e2ches qu&rsquo;ils ex\u00e9cutaient.                     Le fraiseur a d\u00fb s&rsquo;initier aux subtilit\u00e9s de                     la CAO pour usiner sa pi\u00e8ce; l&rsquo;agent de voyages, au                     fonctionnement d&rsquo;un logiciel pour \u00e9tablir le prix d&rsquo;un                     forfait; le m\u00e9canicien, aux principes de l&rsquo;\u00e9lectronique                     pour r\u00e9parer les voitures de derni\u00e8re g\u00e9n\u00e9ration.                   <\/p>\n<p> L&rsquo;apprentissage de ces nouvelles techniques exigeait plus                     qu&rsquo;une intelligence vive et l&rsquo;exemple d&rsquo;un camarade chevronn\u00e9.                     Il fallait pouvoir comprendre des instructions \u00e9crites,                     suivre des cours th\u00e9oriques, r\u00e9pondre aux questions                     d&rsquo;un ordinateur. Les travailleurs qui n&rsquo;avaient pas termin\u00e9                     leurs \u00e9tudes secondaires &#8211; et bon nombre de ceux qui                     les avaient termin\u00e9es, mais n&rsquo;\u00e9taient pas all\u00e9s                     plus loin &#8211; ont graduellement \u00e9t\u00e9 marginalis\u00e9s.                     Ils auraient peut-\u00eatre pu s&rsquo;adapter, mais pourquoi courir                     le risque\u00a0? \u00c0 mesure qu&rsquo;elles automatisaient leur                     exploitation, les entreprises ont relev\u00e9 leurs crit\u00e8res                     d&#8217;embauche. Voil\u00e0 pourquoi de nos jours, les gens qui                     n&rsquo;ont pas de dipl\u00f4me d&rsquo;\u00e9tudes secondaires, et                     m\u00eame d&rsquo;\u00e9tudes coll\u00e9giales, ne peuvent                     pas poser leur candidature \u00e0 quantit\u00e9 de postes                     de premier niveau. <\/p>\n<p> Entre-temps, les experts de tout acabit ont commenc\u00e9                     \u00e0 farcir leurs conf\u00e9rences de plaidoyers sur                     l&rsquo;urgence de doter le pays d&rsquo;une main- d&rsquo;oeuvre \u00ab\u00a0comp\u00e9titive\u00a0\u00bb,                     c&rsquo;est-\u00e0-dire instruite et polyvalente. Les Canadiens                     se sont fait dire et r\u00e9p\u00e9ter <em>ad nauseam<\/em>                     que leur niveau de vie se d\u00e9graderait s&rsquo;ils ne s&rsquo;intruisaient                     pas davantage. En 1967, John Porter, un sociologue r\u00e9put\u00e9,                     \u00e9crivait d\u00e9j\u00e0\u00a0: \u00ab\u00a0Les probl\u00e8mes                     techniques, scientifiques et sociaux d&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9                     industrielle tr\u00e8s avanc\u00e9e sont si complexes                     qu&rsquo;elle ne peut pas se permettre de gaspiller ses ressources                     humaines.\u00a0\u00bb Depuis, le d\u00e9crochage n&rsquo;a fait que                     gagner du terrain, sapant sournoisement le potentiel \u00e9conomique                     du Canada. <\/p>\n<h3>Le vieux r\u00eave d&rsquo;une vie meilleure deviendra-t-il mirage\u00a0?<\/h3>\n<p> Tout se passe comme si nous avions gard\u00e9 la mentalit\u00e9                     de nos anc\u00eatres, celle qui faisait croire aux jeunes                     qu&rsquo;avec ou sans instruction, ils auraient leur chance un jour.                     Cette m\u00eame foi de pionnier a entretenu notre industrie                     foresti\u00e8re dans l&rsquo;illusion qu&rsquo;elle n&rsquo;avait pas besoin                     de reboiser parce qu&rsquo;il y aurait toujours des for\u00eats                     \u00e0 exploiter au Nord. Pareille attitude \u00e9tait                     compr\u00e9hensible il y a 30 ans, quand le Canada \u00e9tait                     encore un pays rude, vivant de ses richesses naturelles. Avec                     un peu de chance, un jeune d\u00e9crocheur pouvait se tailler                     une place honorable dans cette soci\u00e9t\u00e9-l\u00e0;                     il lui faudrait une chance inou\u00efe aujourd&rsquo;hui. <\/p>\n<p> Comme l&rsquo;a \u00e9crit l&rsquo;historien Arthur Lower, l&rsquo;\u00e9ducation                     avait pour nos anc\u00eatres une finalit\u00e9 tr\u00e8s                     claire\u00a0: am\u00e9liorer le sort de leurs enfants. S&rsquo;ils                     veulent \u00eatre fid\u00e8les \u00e0 ce principe, les                     parents d&rsquo;aujourd&rsquo;hui devraient interdire le d\u00e9crochage.                     L\u00e0 o\u00f9 le probl\u00e8me atteint des proportions                     \u00e9pid\u00e9miques, nous pourrions en effet assister                     bient\u00f4t \u00e0 l&rsquo;inversion d&rsquo;une tendance qui semblait                     inalt\u00e9rable\u00a0: celle qui promettait \u00e0 chaque                     g\u00e9n\u00e9ration une vie meilleure. Mohamed Hrimech,                     de l&rsquo;Universit\u00e9 de Montr\u00e9al, a enqu\u00eat\u00e9                     de fa\u00e7on approfondie sur certains quartiers de Montr\u00e9al                     o\u00f9 un adolescent sur deux d\u00e9croche. Il constate                     que si la tendance se maintient, \u00ab\u00a0beaucoup de jeunes                     auront un niveau de scolarisation &#8211; et sans doute un niveau                     de vie inf\u00e9rieurs \u00e0 ceux de leurs parents\u00a0\u00bb.                   <\/p>\n<p> Son \u00e9tude examine des aspects du probl\u00e8me                     qui n&rsquo;avaient pas \u00e9t\u00e9 abord\u00e9s par celle                     de Statistique Canada, dont la perception que les d\u00e9crocheurs                     ont d&rsquo;eux-m\u00eames. Fait \u00e9tonnant, ils ont une assez                     bonne opinion de leurs capacit\u00e9s\u00a0: plus de 80                     pour cent se consid\u00e8rent tr\u00e8s bons ou assez                     bons \u00e9l\u00e8ves. La section sur leurs aspirations                     r\u00e9v\u00e8le par ailleurs que 91 pour cent d&rsquo;entre                     eux souhaitent avoir un travail int\u00e9ressant, que 60                     pour cent veulent gagner beaucoup d&rsquo;argent et que 65 pour                     cent aspirent \u00e0 se marier et \u00e0 fonder une famille.                     Bref, leurs r\u00eaves et leurs espoirs sont identiques \u00e0                     ceux de leurs concitoyens. <\/p>\n<p> L&rsquo;enqu\u00eate montr\u00e9alaise sugg\u00e8re en fait                     que l&rsquo;inexp\u00e9rience pourrait \u00eatre l&rsquo;un des principaux                     facteurs de d\u00e9crochage. \u00ab\u00a0Ils gagnent le salaire                     minimum comme pompistes ou comme caissi\u00e8res, et ils                     s&rsquo;imaginent qu&rsquo;ils vont pouvoir vivre de cela\u00a0\u00bb, observe                     M. Hrimech. Ils perdraient vite ces illusions s&rsquo;ils lisaient                     une enqu\u00eate plus r\u00e9cente de Statistique Canada                     sur les revenus des jeunes travailleurs\u00a0: ceux qui ont                     un dipl\u00f4me universitaire gagnent 50 000 $ en moyenne;                     ceux qui ont de z\u00e9ro \u00e0 huit ann\u00e9es compl\u00e8tes                     de scolarit\u00e9 et qui travaillent \u00e0 temps plein                     toute l&rsquo;ann\u00e9e, 25 000 $. Deux fois moins. <\/p>\n<p> Et nous parlons de ceux qui travaillent \u00e0 temps plein                     toute l&rsquo;ann\u00e9e. Or, pour la plupart, d\u00e9crochage                     rime avec ch\u00f4mage\u00a0: en 1991, 34 pour cent des d\u00e9crocheurs                     et 26 pour cent des d\u00e9crocheuses sond\u00e9s par                     Statistique Canada avaient ch\u00f4m\u00e9 au cours des                     12 mois pr\u00e9c\u00e9dents, contre 23 pour cent des                     dipl\u00f4m\u00e9s et 18 pour cent des dipl\u00f4m\u00e9es                     du cours secondaire. Les titulaires de dipl\u00f4mes coll\u00e9giaux                     ou universitaires \u00e9taient encore moins frapp\u00e9s,                     bien entendu. <\/p>\n<h3>Quitter l&rsquo;\u00e9cole est mille fois plus facile que d&rsquo;y revenir<\/h3>\n<p> Dans ces conditions, comment expliquer que les d\u00e9crocheurs                     s&rsquo;ent\u00eatent \u00e0 r\u00eaver d&rsquo;argent et d&#8217;emplois                     int\u00e9ressants\u00a0? Peut-\u00eatre parce qu&rsquo;ils sont                     85 pour cent \u00e0 avoir l&rsquo;intention de \u00ab\u00a0raccrocher\u00a0\u00bb                     un jour. Un r\u00e9pondant sur deux regrettait ouvertement                     d&rsquo;avoir abandonn\u00e9 ses \u00e9tudes, ayant compris                     depuis la valeur d&rsquo;une bonne instruction. Plus souvent qu&rsquo;autrement,                     la difficult\u00e9 de se trouver un emploi stable \u00e9tait                     \u00e0 l&rsquo;origine de cette prise de conscience. <\/p>\n<p> Il faut reconna\u00eetre que les Canadiens raccrochent                     en grand nombre. En 1991, le tiers des inscrits \u00e0 temps                     plein dans nos coll\u00e8ges et universit\u00e9s \u00e9taient                     des adultes qui compl\u00e9taient des \u00e9tudes interrompues.                     Si l&rsquo;\u00e2ge moyen des apprentis canadiens est le plus \u00e9lev\u00e9                     du monde, c&rsquo;est parce que nos fili\u00e8res de formation                     sont satur\u00e9es de d\u00e9crocheurs qui r\u00eavent                     de troquer contre un vrai m\u00e9tier leurs petits boulots                     monotones et mal pay\u00e9s, entrecoup\u00e9s de p\u00e9riodes                     de ch\u00f4mage. Des centaines de milliers d&rsquo;adultes n&rsquo;en                     restent pas moins coinc\u00e9s aux marges de la population                     active, menac\u00e9s d&rsquo;\u00e9viction sommaire parce qu&rsquo;ils                     ne peuvent pas fournir ce certificat de comp\u00e9tence                     intellectuelle qui s&rsquo;appelle \u00ab\u00a0dipl\u00f4me\u00a0\u00bb et                     qu&rsquo;ils n&rsquo;arrivent pas \u00e0 terminer les \u00e9tudes                     qui le leur procureraient. <\/p>\n<p> \u00c0 ceux qui d\u00e9crochent en ayant l&rsquo;intention                     de raccrocher, on devrait demander syst\u00e9matiquement\u00a0:                     pourquoi abandonner si rien ne vous y oblige\u00a0? Et plus                     exactement\u00a0: pourquoi vous compliquer la vie inutilement\u00a0?                     Car l&rsquo;\u00e9cole est peut-\u00eatre la seule exception                     \u00e0 la r\u00e8gle d&rsquo;Agnes Allen; il n&rsquo;est pas plus                     facile d&rsquo;y entrer que d&rsquo;en sortir. Bien au contraire, s&rsquo;il                     est assez facile d&rsquo;abandonner ses \u00e9tudes, il peut s&rsquo;av\u00e9rer                     extr\u00eamement difficile de retrouver le chemin de l&rsquo;\u00e9cole                     Une fois qu&rsquo;on a pris des habitudes et des engagements d&rsquo;adulte.                     M\u00eame avec les meilleurs plans et intentions du monde.                   <\/p>\n<p> La jeunesse n&rsquo;a peur de rien. Cette facult\u00e9 par ailleurs                     admirable la rend, h\u00e9las, \u00e0 peu pr\u00e8s                     sourde aux cris d&rsquo;alarme. Il n&rsquo;est donc pas tr\u00e8s utile                     de dire \u00e0 un candidat au d\u00e9crochage qu&rsquo;il s&rsquo;engage                     sur une voie p\u00e9rilleuse. On peut par contre poser le                     probl\u00e8me en termes plus \u00ab\u00a0accrocheurs\u00a0\u00bb,                     en fonction de ce qui constitue, comme le disait tr\u00e8s                     justement le philosophe William James, le \u00ab\u00a0motif secret                     de tout ce que font et supportent les \u00eatres humains\u00a0:                     \u00eatre, devenir ou redevenir heureux\u00a0\u00bb. <\/p>\n<p> Ce qu&rsquo;il faut demander aux d\u00e9crocheurs potentiels,                     c&rsquo;est\u00a0: ne croyez -vous pas que vous serez plus heureux                     en fin de compte si vous attendez d&rsquo;avoir obtenu votre dipl\u00f4me                     d&rsquo;\u00e9tudes secondaires pour quitter l&rsquo;\u00e9cole\u00a0?                     Ou mieux encore, un dipl\u00f4me d&rsquo;\u00e9tudes postsecondaires\u00a0?                     Toute l&rsquo;exp\u00e9rience accumul\u00e9e par l&rsquo;esp\u00e8ce                     humaine montre que plus on est instruit, plus on appr\u00e9cie                     la vie. S\u00e9n\u00e8que, illustre orateur de la Rome                     antique, disait d\u00e9j\u00e0 (avec peut-\u00eatre un                     peu d&#8217;emphase) que le sage fait plus d&rsquo;exp\u00e9riences                     dans le cours d&rsquo;une seule journ\u00e9e que l&rsquo;ignorant dans                     le cours d&rsquo;une vie. <\/p>\n<p> En r\u00e8gle g\u00e9n\u00e9rale, plus on est instruit,                     plus on est ma\u00eetre de sa vie. Je ne parle pas ici en                     termes \u00e9conomiques. Le principal enseignement de l&rsquo;\u00e9cole,                     c&rsquo;est la ma\u00eetrise intellectuelle et \u00e9motive qui                     permet de r\u00e9sister aux influences ext\u00e9rieures.                     L&rsquo;instruction n&rsquo;est pas un but en soi, mais un ensemble d&rsquo;outils                     qui nous rend aptes \u00e0 continuer notre \u00e9ducation                     toute la vie durant. Il y a des ann\u00e9es, un grand \u00e9rudit                     anglais, le cardinal John Henry Newman, a \u00e9crit que                     le savoir \u00ab\u00a0met l&rsquo;esprit \u00e0 l&rsquo;abri du hasard et                     de la n\u00e9cessit\u00e9, \u00e0 l&rsquo;abri de l&rsquo;anxi\u00e9t\u00e9,                     de l&rsquo;incertitude, de l&rsquo;ins\u00e9curit\u00e9 et de la superstition                     qui troublent tant de gens\u00a0\u00bb. La connaissance procure                     une libert\u00e9 bien sup\u00e9rieure \u00e0 l&rsquo;illusion                     de libert\u00e9 du d\u00e9crocheur. Car aucune libert\u00e9                     n&rsquo;apporte le bonheur si elle ne s&rsquo;accompagne de la libert\u00e9                     d&rsquo;esprit. <\/p>\n<p> Se donner les moyens de dominer les hasards de la vie, de                     r\u00e9sister \u00e0 la pression des \u00e9v\u00e9nements\u00a0:                     voil\u00e0 sans doute les meilleurs arguments qu&rsquo;on puisse                     employer pour convaincre des jeunes de continuer \u00e0                     \u00e9tudier jusqu&rsquo;\u00e0 ce qu&rsquo;ils aient en main la cl\u00e9                     de leur bonheur. Ce n&rsquo;est pas une voie facile. \u00ab\u00a0Les                     racines de l&rsquo;\u00e9ducation sont am\u00e8res\u00a0\u00bb, avertit                     Aristote. Mais il ajoute aussit\u00f4t que \u00ab\u00a0ses fruits                     sont doux\u00a0\u00bb. S&rsquo;ils ne prennent pas la forme de liasses                     de billets, ils permettront toujours \u00e0 ceux qui les                     cueillent de tirer le maximum de ce qu&rsquo;ils ont re\u00e7u.                     Dans ce sens pr\u00e9cis, le dicton a toujours raison\u00a0:                     qui s&rsquo;instruit s&rsquo;enrichit. <\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<\/p><\/div>\n","protected":false},"author":87,"featured_media":0,"template":"","categories":[1],"rbc_letter_theme":[],"rbc_letter_year":[76],"class_list":["post-2136","rbc_letter","type-rbc_letter","status-publish","hentry","category-uncategorized","rbc_letter_year-76"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO Premium plugin v27.2 (Yoast SEO v27.2) - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-premium-wordpress\/ -->\n<title>Vol. 75 N\u00b0 7 - Janvier\/F\u00e9vrier 1995 - L&#039;\u00e9cole\u00a0: mode d&#039;emploi - RBC<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-75-n-7-janvier-fevrier-1995-lecole-mode-demploi\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Vol. 75 N\u00b0 7 - Janvier\/F\u00e9vrier 1995 - L&#039;\u00e9cole\u00a0: mode d&#039;emploi\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Il y a plus de d\u00e9crocheurs au Canada que dans beaucoup d&rsquo;autres pays. 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