{"id":2135,"date":"1994-01-01T00:00:00","date_gmt":"1994-01-01T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-75-n-1-janvier-fevrier-1994-le-bulletin-symbole-royal-par-excellence\/"},"modified":"2022-10-17T20:44:44","modified_gmt":"2022-10-17T20:44:44","slug":"vol-75-n-1-janvier-fevrier-1994-le-bulletin-symbole-royal-par-excellence","status":"publish","type":"rbc_letter","link":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-75-n-1-janvier-fevrier-1994-le-bulletin-symbole-royal-par-excellence\/","title":{"rendered":"Vol. 75, N\u00b0 1 &#8211; Janvier\/F\u00e9vrier 1994 &#8211; Le Bulletin, Symbole Royal par Excellence"},"content":{"rendered":"<div id=\"layout-column-main\">\n<p>Ce num\u00e9ro sp\u00e9cial du <em> Bulletin de la Banque Royale <\/em>                     ne p\u00e9chera pas par exc\u00e8s de modestie. Il faut dire \u00e0 sa d\u00e9charge                     qu&rsquo;il marque trois anniversaires hautement symboliques\u00a0:                     le d\u00e9but de la 75e ann\u00e9e de parution du Bulletin, la 50e ann\u00e9e                     r\u00e9volue de sa transformation en p\u00e9riodique d&rsquo;int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral                     et la 125e ann\u00e9e d&rsquo;existence de la banque dont il porte si                     fi\u00e8rement le nom. <\/p>\n<p> Toujours soucieux de pr\u00e9cision terminologique, le <em> Bulletin                     <\/em> serait le premier \u00e0 refuser l&rsquo;\u00e9pith\u00e8te \u00ab\u00a0unique\u00a0\u00bb                     \u00e0 quelque chose dont on ne pourrait prouver qu&rsquo;il \u00ab\u00a0est                     seul de son esp\u00e8ce ou&#8230; n&rsquo;a pas son semblable\u00a0\u00bb, comme                     le veut le dictionnaire. Si nous nous risquons \u00e0 \u00e9crire qu&rsquo;il                     est unique, c&rsquo;est parce qu&rsquo;\u00e0 notre connaissance, il n&rsquo;a pas                     son semblable. <\/p>\n<p> Il est \u00e0 vrai dire si diff\u00e9rent des autres publications                     que nous savons \u00e0 peine comment le d\u00e9nommer. Malgr\u00e9 certaines                     ressemblances de forme, il n&rsquo;a rien de commun avec les autres                     bulletins que publient tant d&rsquo;entreprises \u00e0 intervalles p\u00e9riodiques                     pour analyser ou commenter l&rsquo;actualit\u00e9 de leur domaine d&rsquo;activit\u00e9.                     Bien qu&rsquo;il porte le nom d&rsquo;une grande institution financi\u00e8re,                     le <em> Bulletin <\/em> ne traite presque jamais de finances.                   <\/p>\n<p> Aucun autre sujet ne lui est \u00e9tranger, par contre, au point                     qu&rsquo;il stup\u00e9fie parfois le lecteur novice qui s&rsquo;attendait \u00e0                     un trait\u00e9 sobre jusqu&rsquo;\u00e0 la monotonie, conforme \u00e0 l&rsquo;image classique                     du banquier. Ces derni\u00e8res ann\u00e9es, le <em> Bulletin <\/em> a                     dissert\u00e9 sans complexe sur le professionnalisme et les petits                     animaux de compagnie, les collectionneurs et les bons conducteurs,                     l&rsquo;\u00e2ge m\u00fbr, l&rsquo;amiti\u00e9, les ordinateurs. Il a racont\u00e9 la vie                     de grands explorateurs et de chefs politiques, a d\u00e9crit des                     \u00e9tats d&rsquo;\u00e2me et d&rsquo;esprit comme la peur et la loyaut\u00e9&#8230; <\/p>\n<p> Une telle panoplie de sujets sugg\u00e8re le magazine, mais cette                     hypoth\u00e8se ne r\u00e9siste pas non plus \u00e0 l&rsquo;examen. Un magazine                     est une publication plurielle, tant par le nombre de ses articles                     que par celui de leurs auteurs. Chaque <em> Bulletin <\/em> est                     constitu\u00e9 d&rsquo;un essai, sur un seul sujet. Comme pour se singulariser                     davantage, l&rsquo;essai n&rsquo;est jamais sign\u00e9 ni lard\u00e9 de publicit\u00e9,                     et il est distribu\u00e9 gratuitement. <\/p>\n<p> S&rsquo;il n&rsquo;est ni un bulletin ordinaire ni un magazine, qu&rsquo;est-il                     donc \u00a0? Un billet ou un essai tout simplement. Une publication                     inclassable qui se d\u00e9finit essentiellement par sa vocation\u00a0:                     \u00eatre au service des autres, pour reprendre le titre d&rsquo;un de                     ses tr\u00e8s anciens num\u00e9ros. Le but premier du <em> Bulletin <\/em>                     est d&rsquo;aider les gens \u00e0 comprendre le monde qui les entoure                     et par l\u00e0, \u00e0 mieux comprendre leur propre existence. <\/p>\n<p> Il attaque cet immense probl\u00e8me sur plusieurs fronts. Tant\u00f4t                     il s&rsquo;efforce d&rsquo;instruire, comme quand il traite de l&rsquo;\u00e9criture,                     de la n\u00e9gociation, de l&rsquo;art oratoire, de la conduite d&rsquo;une                     r\u00e9union ou des multiples aspects de la gestion. Tant\u00f4t il                     se fait psychologue pour analyser les rapports avec la famille,                     les coll\u00e8gues, les sup\u00e9rieurs, les subordonn\u00e9s. De temps \u00e0                     autre, il fait l&rsquo;apologie d&rsquo;un passe- temps comme la lecture,                     le sport, le plein-air. <\/p>\n<p> Le fil conducteur dans ce foisonnement d&rsquo;id\u00e9es, c&rsquo;est la                     vie en soci\u00e9t\u00e9, plus particuli\u00e8rement au Canada. Le <em> Bulletin                     <\/em> fait grand cas des besoins de notre soci\u00e9t\u00e9 dans les                     domaines de l&rsquo;enseignement, des affaires et de la science.                     Il se penche p\u00e9riodiquement sur la culture, la g\u00e9ographie                     et l&rsquo;histoire du Canada. Il n&rsquo;abandonne sa position r\u00e9solument                     non partisane que pour d\u00e9fendre l&rsquo;unit\u00e9 nationale. <\/p>\n<p> Il n&rsquo;a pas toujours \u00e9t\u00e9 aussi \u00e9clectique. Son anc\u00eatre, le                     <em> Royal Bank of Canada Monthly Letter <\/em> qui a \u00e9t\u00e9 lanc\u00e9                     en avril 1920, \u00e9tait une note de conjoncture financi\u00e8re classique                     \u00e0 l&rsquo;intention des clients commerciaux de la Banque Royale.                     Il \u00e9tait r\u00e9dig\u00e9 par Graham F. Towers, un jeune et brillant                     \u00e9conomiste montr\u00e9alais. En 1934, le gouvernement canadien                     en fera le premier gouverneur de sa toute nouvelle banque                     centrale. <\/p>\n<p> \u00c9tait-ce l&rsquo;effet du stage de comptabilit\u00e9 que Towers avait                     fait ant\u00e9rieurement \u00e0 la succursale de La Havane\u00a0? Toujours                     est-il que sous sa plume, le <em> Bulletin <\/em> ressemblait                     \u00e0 la correspondance d&rsquo;un globe-trotter\u00a0: Towers pouvait                     diss\u00e9quer avec autant de brio la r\u00e9forme mon\u00e9taire de la Russie                     post-r\u00e9volutionnaire que la th\u00e9saurisation de l&rsquo;or en Extr\u00eame-Orient.                     Il fut remplac\u00e9 par un autre internationaliste convaincu,                     le docteur en \u00e9conomie D. M. Marvin, qui deviendra par la                     suite directeur g\u00e9n\u00e9ral de l&rsquo;U.N.R.R.A (Administration des                     Nations unies pour les secours et la reconstruction en Europe).                     Les \u00e9diteurs suivants, E J. Horning et Mildred Turnbull, s&rsquo;en                     tinrent aux classiques commentaires \u00e0 saveur \u00e9conomico-financi\u00e8re                     qui caract\u00e9risaient alors les publications des banques canadiennes                   et britanniques, sans chercher \u00e0 s&rsquo;en d\u00e9marquer outre mesure. <\/p>\n<table width=\"415\" border=\"0\" cellpadding=\"8\" cellspacing=\"0\" class=\"mainbodytext\">\n<tr>\n<td valign=\"top\" bgcolor=\"#f0f3f9\">                        Br\u00e8ve anthologie du Bulletin de la Banque RoyaleDepuis un demi-si\u00e8cle, le Bulletin aborde tous les sujets possibles avec une finesse de style salu\u00e9e par des g\u00e9n\u00e9rations de lecteurs. Nous vous pr\u00e9sentons ci-dessous quelques exemples choisis au hasard de ces commentaires aussi frappants par la forme que par le fond.SUR L&rsquo;ERREURQuel est l&rsquo;homme qui n&rsquo;a jamais commis d&rsquo;erreur dans sa vie. Ceux qui ne se trompent jamais sont les morts, comme les momies embaum\u00e9es depuis quatre ou cinq mille ans.<span class=\"quote\"><\/p>\n<div align=\"right\"> <\/div>\n<p><\/span><\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td align=\"right\" valign=\"top\" bgcolor=\"#f0f3f9\" class=\"boldtext\">janvier 1952<\/td>\n<\/tr>\n<\/table>\n<p>e principal anniversaire que nous c\u00e9l\u00e9brons ici est l&rsquo;oeuvre                     de John Heron. Il y a exactement 50 ans et un mois, ce journaliste                     chevronn\u00e9, qui avait \u00e9t\u00e9 engag\u00e9 par la Banque en 1940 comme                     conseiller en relations publiques, devenait le r\u00e9dacteur du                     <em> Bulletin <\/em> et le transformait en publication d&rsquo;int\u00e9r\u00eat                     g\u00e9n\u00e9ral. La vie de cet homme remarquable est r\u00e9sum\u00e9e \u00e0 la                     page 5. <\/p>\n<p> Lorsque Sydney Dobson, alors directeur g\u00e9n\u00e9ral de la Banque,                     lui avait offert le poste, il s&rsquo;\u00e9tait r\u00e9cri\u00e9\u00a0: \u00ab\u00a0Je                     ne pourrai jamais\u00a0! \u00a0\u00bb Il n&rsquo;\u00e9tait ni banquier ni                     \u00e9conomiste, apr\u00e8s tout. Mais peu apr\u00e8s, il faisait la contre-proposition                     suivante \u00e0 Dobson. La Banque Royale cultivait depuis longtemps                     l&rsquo;image d&rsquo;une institution engag\u00e9e dans son milieu et d\u00e9vou\u00e9e                     aux int\u00e9r\u00eats des simples citoyens, des petites gens qui formaient                     le gros de sa client\u00e8le. Pourquoi ne pas utiliser le <em> Bulletin                     <\/em> pour leur prouver que \u00ab\u00a0la Banque s&rsquo;int\u00e9resse \u00e0                     autre chose qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;argent\u00a0\u00bb\u00a0? Heron proposait en                     somme de le mettre au service de toute la soci\u00e9t\u00e9. <\/p>\n<p> Dobson devait lui-m\u00eame trancher assez radicalement sur ces                     mod\u00e8les de conservatisme qu&rsquo;\u00e9taient les banquiers canadiens                     de l&rsquo;\u00e9poque puisqu&rsquo;il accepta la proposition. Le premier <em>                     Bulletin <\/em> d&rsquo;int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral parut en d\u00e9cembre 1943. Son                     sujet\u00a0: l&rsquo;Inde. Il plut tellement au service d&rsquo;information                     du gouvernement britannique qu&rsquo;il le fit tirer sous forme                     de brochure et le distribua dans tout le Commonwealth. <\/p>\n<p> Au fil des ans, Heron ouvrit les pages du <em> Bulletin <\/em>                     \u00e0 des sujets comme l&rsquo;aide sociale, la jeunesse et la m\u00e9decine.                     Beaucoup de ses choix se sont r\u00e9v\u00e9l\u00e9s pr\u00e9monitoires. D\u00e8s 1946,                     il consacrait un essai \u00e0 la situation des femmes, et l&rsquo;un                     de ses billets de 1947 traitait des droits des peuples autochtones                     du Canada. Longtemps avant que l&rsquo;\u00e9cologie ne fasse les manchettes,                     le <em> Bulletin <\/em> plaidait en faveur de la protection des                     for\u00eats, de la pr\u00e9servation des terres arables et des \u00e9conomies                     d&rsquo;\u00e9nergie. <\/p>\n<p> L&rsquo;\u00e9largissement des th\u00e8mes eut pour corollaire celui de                     la diffusion. Le <em> Bulletin <\/em> ne faisait &#8211; ne fait encore                     &#8211; l&rsquo;objet d&rsquo;aucune publicit\u00e9 ou promotion, mais les demandes                     d&rsquo;abonnement afflu\u00e8rent pourtant de tous les coins du Canada                     et du monde. Il n&rsquo;\u00e9tait pas n\u00e9cessaire de faire affaire avec                     la Banque Royale pour inscrire son nom sur la liste d&rsquo;envoi,                     et le nombre des exemplaires post\u00e9s aux lecteurs qui n&rsquo;\u00e9taient                     pas des clients d\u00e9passa vite de beaucoup le volume de la distribution                     en succursale. Entre 1943 et 1950, le nombre des lecteurs                     grimpa de 10 000 \u00e0 150 000, surtout \u00e0 cause des abonnements                     suscit\u00e9s par la rumeur publique. Les patrons de Heron \u00e9taient                     conscients du ph\u00e9nom\u00e8ne que repr\u00e9sentait le <em> Bulletin <\/em>                     dans le milieu peu suspect de sentimentalisme qui \u00e9tait le                     leur. Gr\u00e2ce \u00e0 ce billet mensuel, la Banque Royale nouait un                     rapport direct et chaleureux avec une v\u00e9ritable l\u00e9gion de                     clients acquis ou potentiels; les milliers de lettres d&rsquo;\u00e9loges                     qu&rsquo;elle recevait chaque ann\u00e9e en \u00e9taient la plus belle preuve.                     Le <em> Bulletin <\/em> lui permettait de se d\u00e9marquer des autres                     institutions financi\u00e8res, d&rsquo;insuffler une chaleur toute humaine                     \u00e0 l&rsquo;image aust\u00e8re, p\u00e9trie de pragmatisme, de sa confr\u00e9rie.                     \u00ab\u00a0Personne ne peut nier que ce <em> Bulletin <\/em> mensuel                     soit un excellent outil de relations publiques \u00a0\u00bb, devait                     reconna\u00eetre le directeur g\u00e9n\u00e9ral James Muir lors de l&rsquo;assembl\u00e9e                     g\u00e9n\u00e9rale de 1948. <\/p>\n<p> Il finit par devenir une v\u00e9ritable institution nationale,                     au point que dans les ann\u00e9es cinquante, C.D. Howe, l&rsquo;homme                     fort du gouvernement, put r\u00e9duire au silence un d\u00e9put\u00e9 de                     l&rsquo;opposition qui pr\u00e9tendait en lire un extrait \u00e0 la Chambre                     en grommelant\u00a0: \u00ab\u00a0Nous l&rsquo;avons tous lu\u00a0!\u00a0\u00bb                     Sa r\u00e9putation n&rsquo;\u00e9tait pas moins grande dans les cercles politiques                     am\u00e9ricains. En 1979, Edmund Muskie, le s\u00e9nateur qui allait                     bient\u00f4t devenir secr\u00e9taire d&rsquo;Etat, fit consigner un essai                     intitul\u00e9 <em> God Bless Americans <\/em> au proc\u00e8s-verbal du                     Congr\u00e8s. Le <em> Bulletin <\/em> a d&rsquo;ailleurs de nombreux admirateurs                     aux \u00c9tats- Unis\u00a0: notre liste d&rsquo;envoi comporte actuellement                     quelque 23 000 adresses am\u00e9ricaines. <\/p>\n<p> On ne compte plus les r\u00e9impressions du <em> Bulletin <\/em>                     \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle mondiale. Certains ont paru dans des petits magazines                     destin\u00e9s aux \u00e9leveurs de canaris ou aux admirateurs de Sherlock                     Holmes, d&rsquo;autres dans des revues \u00e0 grand tirage comme <em>                     Business Week <\/em> ou <em> S\u00e9lection du Reader&rsquo;s Digest<\/em>.                     Nos essais figurent \u00e9galement dans bon nombre de manuels et                     d&rsquo;anthologies de litt\u00e9rature canadienne. La palme du repiquage                     va toutefois au <em> Bulletin <\/em> interne de la Banque de                     Montr\u00e9al qui a encart\u00e9 11 000 copies du n\u00f4tre intitul\u00e9 \u00ab\u00a0                     Pour devenir un chef\u00a0\u00bb dans une de ses livraisons de                     1952\u00a0! Notre rivale n&rsquo;est que l&rsquo;une des innombrables                     entreprises de la plan\u00e8te qui ont eu recours \u00e0 nos services                     pour communiquer avec leur personnel. Le <em> Bulletin <\/em>                     a \u00e9t\u00e9 exploit\u00e9 tout aussi largement dans le monde de l&rsquo;enseignement.                   <\/p>\n<p> Le plagiat \u00e9tant la plus sinc\u00e8re des flatteries, nous avons                     \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s honor\u00e9s d&rsquo;apprendre qu&rsquo;un journal v\u00e9n\u00e9zu\u00e9lien avait                     publi\u00e9 un de nos textes sur l&rsquo;histoire du Canada &#8211; sans mentionner                     sa source. L&rsquo;incident, qui remonte \u00e0 1979, met en relief le                     prestige du <em> Bulletin <\/em> hors de nos fronti\u00e8res. Les                     missions diplomatiques du Canada y ont fr\u00e9quemment eu recours                     pour faire conna\u00eetre notre pays. Une dizaine de milliers de                     personnes y sont abonn\u00e9es dans plus de 75 pays \u00e9trangers.                   <\/p>\n<p> Les traductions publi\u00e9es vont du japonais \u00e0 l&rsquo;allemand en                     passant par l&rsquo;espagnol, le portugais, le turc, l&rsquo;hindi, le                     danois, le finnois, l&rsquo;italien, l&rsquo;h\u00e9breu et le n\u00e9erlandais,                     sans parler de l&rsquo;excellente adaptation fran\u00e7aise que nous                     distribuons \u00e0 50 000 exemplaires. Le <em> Bulletin <\/em> est                     aussi enregistr\u00e9 sur cassette en version anglaise et fran\u00e7aise                     pour ceux qui ont peine \u00e0 lire. En 1977, <em> l&rsquo;Institute for                     Lederskab \u00f8g Lonsomhed <\/em> a publi\u00e9 un recueil de nos essais                     en norv\u00e9gien. <em> Le Business Education Institute <\/em> de                     Melbourne l&rsquo;a imit\u00e9 en 1982. Intitul\u00e9e <em> A Vision Splendid<\/em>,                     sa collection comporte une postface r\u00e9dig\u00e9e par M. Roly Leopold,                     pr\u00e9sident de l&rsquo;institut\u00a0: \u00ab\u00a0Par leur sagesse, leur                     richesse, leurs valeurs \u00e9ternelles, y affirme-t-il, ces lettres                     sont d&rsquo;un grand secours, non seulement pour ceux qui les lisent,                     mais aussi pour leurs familles, leurs amis, leurs coll\u00e8gues                     et tous ceux qu&rsquo;ils influencent.\u00a0\u00bb <\/p>\n<table width=\"415\" border=\"0\" cellpadding=\"8\" cellspacing=\"0\" class=\"mainbodytext\">\n<tr>\n<td valign=\"top\" bgcolor=\"#f0f3f9\">\n<div>                        Sur l&rsquo;\u00e9ducationImputer aux professeurs les maux du syst\u00e8me d&rsquo;\u00e9ducation moderne revient tout simplement \u00e0 condamner le messager porteur de mauvaises nouvelles. Les enseignants n&rsquo;ont pas invent\u00e9 le syst\u00e8me, ni ne sont les responsables de la gestion d&rsquo;une machine fa\u00e7onn\u00e9e au gr\u00e9 des politiques et administr\u00e9e par des bureaucrates-p\u00e9dagogues qu&rsquo;ils consid\u00e8rent souvent comme des ennemis inv\u00e9t\u00e9r\u00e9s. Si le public, par l&rsquo;entremise de d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s \u00e9lus et nomm\u00e9s, opte pour le nivelage \u00e9ducatif qui rend l&rsquo;\u00e9chec impossible, ou des programmes si peu exigeants que les journ\u00e9es scolaires sont des invitations \u00e0 la fl\u00e2nerie, la faute n&rsquo;en est pas au corps enseignant. Si les parents sont n\u00e9gligents au point de ne pas remarquer que Pierrot, \u00e0 son \u00e2ge, ne sait pas lire, ont-ils vraiment le droit de protester                          <\/p>\n<div align=\"right\"><span class=\"boldtext\">septembre\/octobre 1989<\/span><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/table>\n<p> Les \u00e9loges de ce genre sont monnaie courante dans les milliers                     de lettres qui nous parviennent d&rsquo;endroits aussi \u00e9loign\u00e9s                     que le Yukon et le Nigeria, de lieux aussi diff\u00e9rents qu&rsquo;une                     prison, un couvent ou un navire en haute mer. Ils d\u00e9montrent                     &#8211; \u00e0 notre humble avis &#8211; que le Bulletin de la Banque Royale                     est l&rsquo;une des publications les plus aim\u00e9es du monde. Cela                     s&rsquo;explique entre autres par son ton volontairement optimiste,                     une raret\u00e9 \u00e0 notre \u00e9poque. <\/p>\n<p> Dans une entrevue qu&rsquo;il a donn\u00e9e en 1968, John Heron l&rsquo;a                     expliqu\u00e9 ainsi\u00a0: \u00ab\u00a0C&rsquo;est si facile de d\u00e9molir que                     beaucoup d&rsquo;\u00e9crivains se laissent prendre au pi\u00e8ge. Ils font                     comme ce dictateur romain qui se promenait dans son jardin                     arm\u00e9 d&rsquo;un gourdin avec lequel il abattait les plus grandes                     et les plus belles fleurs. Ils trouvent plus simple et plus                     rentable d&rsquo;abaisser ce qui est grand, de saper l&rsquo;ordre \u00e9tabli,                     d&rsquo;aggraver la confusion.\u00a0\u00bb <\/p>\n<p> La r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la Rome antique illustre \u00e0 la perfection                     la d\u00e9marche de l&rsquo;\u00e9crivain d\u00e9c\u00e9d\u00e9. Heron puisait dans la sagesse                     ancienne les lumi\u00e8res qui lui servaient \u00e0 dissiper les ombres                     de la vie contemporaine. Il usait abondamment de citations                     de toutes les \u00e9poques. Il disait des philosophes qu&rsquo;il affectionnait\u00a0:                     \u00ab\u00a0Ils ont analys\u00e9 des relations humaines fondamentales                     qui sont universelles. Ce qu&rsquo;ils ont \u00e9crit l\u00e0-dessus a r\u00e9sist\u00e9                     au temps et ne pourrait \u00eatre mieux dit.\u00a0\u00bb <\/p>\n<p> Bien qu&rsquo;il ait d\u00fb \u00eatre l&rsquo;auteur canadien le plus lu de son                     temps &#8211; au milieu des ann\u00e9es soixante, son essai mensuel \u00e9tait                     tir\u00e9 \u00e0 plus de 650 000 exemplaires &#8211; Heron a toujours tenu                     \u00e0 rester anonyme. Le <em> Bulletin<\/em>, soutenait-il, est un                     pont entre la Banque et ses lecteurs; son auteur ne doit pas                     faire \u00e9cran. \u00ab\u00a0Tel qu&rsquo;il est, il jouit de tout le prestige                     de la plus grande banque du Canada; sign\u00e9, il n&rsquo;aurait que                     le nom d&rsquo;un \u00e9crivain obscur.\u00a0\u00bb Il faut dire aussi que                     le <em> Bulletin <\/em> a toujours eu une composante collective\u00a0:                     les cadres sup\u00e9rieurs contr\u00f4lent la conformit\u00e9 de chaque th\u00e8me                     et texte aux politiques de la Banque et sugg\u00e8rent souvent                     des modifications propres \u00e0 compl\u00e9ter ou clarifier le propos.                   <\/p>\n<p> John Heron a r\u00e9dig\u00e9 son 307e et dernier <em> Bulletin <\/em>                     mensuel \u00e0 la fin de 1975, \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de 79 ans. Pendant deux                     ans apr\u00e8s sa retraite, la Banque a publi\u00e9 d&rsquo;anciens textes                     tout en s&rsquo;interrogeant sur l&rsquo;avenir de la formule. La hausse                     des frais de poste et de production en faisait d\u00e9sormais un                     luxe si co\u00fbteux qu&rsquo;il aurait \u00e9t\u00e9 justifi\u00e9 d&rsquo;y mettre fin en                     prenant pr\u00e9texte du fait que son r\u00e9dacteur \u00e9tait irrempla\u00e7able                     et son style plut\u00f4t victorien, m\u00e9sadapt\u00e9 au go\u00fbt moderne.                     Mais il procurait toujours \u00e0 la Banque une notori\u00e9t\u00e9 exceptionnelle                     qui favorisait ses affaires \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger et t\u00e9moignait de                     son civisme. <\/p>\n<p> On finit par d\u00e9cider de poursuivre \u00e0 plus petite \u00e9chelle,                     en retenant les services d&rsquo;un r\u00e9dacteur \u00e0 temps partiel. L&rsquo;\u00e9lu                     fut &#8211; est &#8211; Robert Stewart, journaliste et \u00e9crivain chevronn\u00e9                     dont l&rsquo;oeuvre couvre \u00e0 peu pr\u00e8s tous les domaines de l&rsquo;activit\u00e9                     humaine, de la macro\u00e9conomie \u00e0 la po\u00e9sie contemporaine (voir                     sa notice biographique, page 5). Le premier <em> Bulletin <\/em>                     issu de sa plume parut en janvier 1978, sans signature comme                     d&rsquo;habitude, mais avec une pr\u00e9sentation graphique plus conforme                     au style du nouveau r\u00e9dacteur. <\/p>\n<p> Les th\u00e8mes privil\u00e9gi\u00e9s par Stewart touchent d&rsquo;encore plus                     pr\u00e8s \u00e0 la vie quotidienne. L&rsquo;analyse des sentiments y occupe                     une grande place \u00a0: la fiert\u00e9, la motivation, l&rsquo;enthousiasme,                     le vieillissement&#8230; Les biographies de Canadiens illustres                     sont une autre de ses sp\u00e9cialit\u00e9s. Il a aussi trait\u00e9 de l&rsquo;\u00e9volution                     des mentalit\u00e9s \u00e0 propos des handicaps, de l&rsquo;analphab\u00e9tisme,                     des maladies mentales, de la mort, de l&rsquo;autonomie individuelle.                     S&rsquo;il a modernis\u00e9 le ton du <em> Bulletin<\/em>, il n&rsquo;a pas abjur\u00e9                     les valeurs intemporelles qu&rsquo;il d\u00e9fendait et les pr\u00f4ne toujours                     avec vigueur, citations \u00e0 l&rsquo;appui. Parmi les textes qui lui                     ont valu le plus d&rsquo;\u00e9loges ces derni\u00e8res ann\u00e9es, figurent des                     essais sur des qualit\u00e9s apparemment abolies par l&rsquo;agitation                     de la vie moderne\u00a0: le respect, la politesse, le caract\u00e8re,                     le sens des responsabilit\u00e9s, la courtoisie. Au d\u00e9but de la                     derni\u00e8re d\u00e9cennie, une vague de compressions budg\u00e9taires a                     transform\u00e9 le billet mensuel en publication bimestrielle et                     a r\u00e9duit sa liste d&rsquo;envoi aux abonn\u00e9s qui avaient manifest\u00e9                     clairement et r\u00e9cemment leur int\u00e9r\u00eat. En 1983, le tirage \u00e9tait                     tomb\u00e9 \u00e0 100 000 exemplaires. Les demandes d&rsquo;abonnement affluaient                     encore en si grand nombre, cependant, qu&rsquo;il n&rsquo;a cess\u00e9 d&rsquo;augmenter                     depuis. La Banque en distribue actuellement 230 000 copies,                     dont 197 000 au Canada. <\/p>\n<p> Ce qui illustre peut-\u00eatre le mieux la place que le <em> Bulletin                     <\/em> tient dans le coeur de ses lecteurs, c&rsquo;est le po\u00e8me que                     l&rsquo;\u00e9crivain montr\u00e9alais Stuart Richardson a \u00e9crit en son honneur.                     Combien d&rsquo;autres p\u00e9riodiques pourraient en dire autant\u00a0?                     Publi\u00e9 dans l&rsquo;\u00e9dition du 7 mars 1985 du Town of Mount Royal                     Weekly Post, il occupait la plus grande partie d&rsquo;une page.                     L&rsquo;espace nous manque pour le reproduire int\u00e9gralement, mais                     son avant-derni\u00e8re strophe r\u00e9sume avec finesse l&rsquo;esprit qui                     a guid\u00e9 la Banque Royale dans cette entreprise\u00a0: <\/p>\n<p><span class=\"quote\">Le Bulletin de la Banque RoyaleNe sert pas les int\u00e9r\u00eats de cette banque,Mais bien ceux d&rsquo;un CanadaDigne de notre esp\u00e9rance.Ce Bulletin de chaque moisEst bon, et clair, et franc.Il parle de tout et de n&rsquo;importe quoiMais jamais de la Banque.<\/span><\/p>\n<h3>Au coeur de l&rsquo;actualit\u00e9 pendant cinq                   d\u00e9cennies<\/h3>\n<p> Bien qu&rsquo;il fasse fr\u00e9quemment appel \u00e0 l&rsquo;histoire et \u00e0 la                     pens\u00e9e antiques pour jeter un peu de lumi\u00e8re sur les \u00e9v\u00e9nements                     et attitudes d&rsquo;aujourd&rsquo;hui, le <em> Bulletin <\/em> a toujours                     livr\u00e9 une critique alerte et perspicace de la modernit\u00e9 depuis                     qu&rsquo;il s&rsquo;est converti en observatoire de la vie contemporaine,                     il y a un demi- si\u00e8cle. \u00c0 preuve, ces extraits d&rsquo;un certain                     nombre d&rsquo;essais consacr\u00e9s \u00e0 des probl\u00e8mes d&rsquo;une br\u00fblante actualit\u00e9                     \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque o\u00f9 ils ont paru. <\/p>\n<table width=\"415\" border=\"0\" cellspacing=\"0\" cellpadding=\"0\">\n<tr>\n<td><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/5\/2022\/08\/dotted_quote_line.gif\" width=\"415\" height=\"1\"><\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td valign=\"top\">\n<div class=\"quote\">Dans le climat effervescent de l&rsquo;apr\u00e8s-guerre, rien ne para\u00eet impossible \u00e0 la science. Le Bulletin voit les choses de plus haut&#8230; <\/div>\n<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/5\/2022\/08\/dotted_quote_line.gif\" width=\"415\" height=\"1\"><\/td>\n<\/tr>\n<\/table>\n<h3>Le r\u00f4le de la science dans la vie &#8211;                   janvier 1949<\/h3>\n<p> Si la diplomatie peut faire profiter les gens ordinaires                     de tous les avantages offerts par la science, elle peut leur                     procurer des pouvoirs nouveaux et inconnus jusqu&rsquo;ici de satisfaction                     personnelle&#8230; Voil\u00e0 ce qu&rsquo;il nous reste \u00e0 faire malgr\u00e9 tous                     nos progr\u00e8s. \u00c0 part la conqu\u00eate de l&rsquo;espace, dont on parle                     tant aujourd&rsquo;hui, et celle des maladies, il y a la question                     essentielle de vivre ensemble. <\/p>\n<p> Nos progr\u00e8s dans certaines voies sont indiqu\u00e9s par l&rsquo;action                     d&rsquo;un d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 aux Nations Unies \u00e0 Lake Success l&rsquo;an dernier                     qui demanda par c\u00e2ble \u00e0 son gouvernement la permission de                     soulever la question des droits de souverainet\u00e9 sur la lune.                     Et pourtant, les peuples de la terre sont incapables de r\u00e9gler                     leurs propres fronti\u00e8res nationales, et l&rsquo;ambition d&rsquo;un seul                     gouvernement tyrannique met trois continents en tumulte. <\/p>\n<p> La science nous a plac\u00e9s sur une \u00e9minence d&rsquo;o\u00f9 nous pouvons                     voir tr\u00e8s loin, mais nous ne savons pas ce qu&rsquo;il y a au-dessous                     de l&rsquo;horizon. Le plus grand probl\u00e8me de tous est celui qui                     est juste \u00e0 nos pieds\u00a0: comment nous comporter socialement                     de fa\u00e7on que la science puisse faire son possible pour rendre                   l&rsquo;existence plus heureuse, plus facile, et plus satisfaisante. <\/p>\n<table width=\"415\" border=\"0\" cellpadding=\"8\" cellspacing=\"0\" class=\"mainbodytext\">\n<tr>\n<td valign=\"top\" bgcolor=\"#f0f3f9\">\n<div><span class=\"quote\">Sur la libert\u00e9<\/span><span class=\"quote\">La libert\u00e9 d\u00e9mocratique a sombr\u00e9 dans certains pays parce que leurs peuples sommeillaient. On entend souvent les gens qui ont combattu contre nous dans les derni\u00e8res guerres all\u00e9guer deux raisons comme excuses\u00a0: ils ne se rendaient pas compte de ce qui arrivait \u00e0 leur gouvernement et ils ne pouvaient qu&rsquo;ob\u00e9ir aux ordres. En v\u00e9rit\u00e9, la tyrannie d\u00e9grade \u00e0 la fois ceux qui l&rsquo;exercent et ceux qui la souffrent. <\/span><\/p>\n<div align=\"right\"><span class=\"boldtext\">d\u00e9cembre 1957<\/span><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/table>\n<table width=\"415\" border=\"0\" cellspacing=\"0\" cellpadding=\"0\">\n<tr>\n<td><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/5\/2022\/08\/dotted_quote_line.gif\" width=\"415\" height=\"1\"><\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td valign=\"top\">\n<div class=\"quote\">Les ann\u00e9es cinquante sont marqu\u00e9es par la peur de l&rsquo;an\u00e9antissement nucl\u00e9aire et une qu\u00eate \u00e9perdue de s\u00e9curit\u00e9&#8230;<\/div>\n<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/5\/2022\/08\/dotted_quote_line.gif\" width=\"415\" height=\"1\"><\/td>\n<\/tr>\n<\/table>\n<h3>Citoyens du monde entier &#8211; avril 1950<\/h3>\n<p> Il a fallu longtemps pour forger les premiers outils de                     pierre, et les Nations Unies, qui sont un outil de paix, sont                     depuis peu de temps \u00e0 l&rsquo;oeuvre. Elles font un bon travail,                     mais leur r\u00f4le ne sera r\u00e9ellement efficace que lorsque quelque                     \u00e9v\u00e9nement impr\u00e9vu en aura fait comprendre au monde entier                     la n\u00e9cessit\u00e9 et la valeur. <\/p>\n<p> Peut-\u00eatre que dans ce cas, comme en toutes choses, ce sont                     les petits qui devraient mettre la machine en train. Si un                     assez grand nombre de particuliers r\u00e9p\u00e9taient sans cesse aux                     repr\u00e9sentants des Nations Unies\u00a0: \u00ab\u00a0D\u00e9p\u00eachez-vous                     de vous unir\u00a0\u00bb, peut-\u00eatre que cela aiderait. <\/p>\n<p> Peut-\u00eatre \u00e9galement faudrait-il d\u00e9ployer en lettres de feu                     dans chaque ville et village, sur toutes les tribunes l\u00e9gislatives                     et sur tous les pupitres des instituteurs la premi\u00e8re phrase                     de la Charte\u00a0: <em> Nous, peuples des Nations Unies, sommes                     r\u00e9solus \u00e0 pr\u00e9server les g\u00e9n\u00e9rations futures du fl\u00e9au de la                     guerre<\/em>.<\/p>\n<table width=\"415\" border=\"0\" cellpadding=\"8\" cellspacing=\"0\" class=\"mainbodytext\">\n<tr>\n<td valign=\"top\" bgcolor=\"#f0f3f9\">\n<div><span class=\"quote\">Sur le foss\u00e9Entre les g\u00e9n\u00e9rations<\/span><span class=\"quote\">On a dit que la plus grande erreur de la g\u00e9n\u00e9ration actuelle &#8211; de toute g\u00e9n\u00e9ration actuelle &#8211; \u00e9tait de ne pas lire le proc\u00e8s-verbal de la derni\u00e8re s\u00e9ance. Elle a ainsi d\u00e8s le d\u00e9part le d\u00e9savantage d&rsquo;avoir \u00e0 apprendre \u00e0 son tour par la pratique ce qu&rsquo;elle n&rsquo;aurait eu qu&rsquo;\u00e0 lire dans l&rsquo;histoire de ses anc\u00eatres.<\/span><\/p>\n<div align=\"right\"><span class=\"boldtext\">avril 1956<\/span><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/table>\n<table width=\"415\" border=\"0\" cellspacing=\"0\" cellpadding=\"0\">\n<tr>\n<td><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/5\/2022\/08\/dotted_quote_line.gif\" width=\"415\" height=\"1\"><\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td valign=\"top\">\n<div class=\"quote\">Au cours des ann\u00e9es soixante, les jeunes prennent la soci\u00e9t\u00e9 d&rsquo;assaut, critiquant sans merci les valeurs ch\u00e8res \u00e0 leurs parents, bousculant l&rsquo;ordre politique \u00e0 coup de manifestations&#8230;<\/div>\n<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/5\/2022\/08\/dotted_quote_line.gif\" width=\"415\" height=\"1\"><\/td>\n<\/tr>\n<\/table>\n<h3>\u00catre jeune en 1969&#8230; &#8211; avril 1969<\/h3>\n<p> Ce qu&rsquo;il importe absolument de reconna\u00eetre, c&rsquo;est qu&rsquo;il                     s&rsquo;est produit un profond et vaste changement d&rsquo;attitude chez                     les jeunes gens. La pire erreur est d&rsquo;y \u00eatre indiff\u00e9rent.                   <\/p>\n<p> Mais il ne faut pas pour autant \u00eatre trop indulgent. Les                     adultes peuvent toujours contester la confiance na\u00efve de certains                     jeunes dans leur th\u00e9orie de la d\u00e9centralisation du pouvoir                     de d\u00e9cision, signaler que l&rsquo;excentricit\u00e9 des v\u00eatements et                     l&rsquo;impolitesse des mani\u00e8res ne sont pas des preuves d&rsquo;ind\u00e9pendance,                     que s&#8217;emballer \u00e9perdument pour une cause lointaine, \u00e9ph\u00e9m\u00e8re                     et sans importance n&rsquo;est pas un signe de maturit\u00e9. <\/p>\n<p> Mais les adultes doivent admettre d&rsquo;autre part qu&rsquo;ils ont                     quelque peu n\u00e9glig\u00e9 leur devoir de se maintenir \u00e0 la page;                     qu&rsquo;ils n&rsquo;ont pas r\u00e9ussi \u00e0 pr\u00eacher d&rsquo;exemple; qu&rsquo;ils ont fait                     preuve de faiblesse en contribuant \u00e0 rendre la vie trop facile                     et la discipline trop l\u00e2che. Chaque groupe a des habitudes                     et des id\u00e9es qui ont besoin d&rsquo;\u00eatre concili\u00e9es, et cette conciliation                     est possible par le dialogue. <\/p>\n<table width=\"415\" border=\"0\" cellpadding=\"8\" cellspacing=\"0\" class=\"mainbodytext\">\n<tr>\n<td valign=\"top\" bgcolor=\"#f0f3f9\">\n<div><span class=\"quote\">Sur la loi<\/span><span class=\"quote\">Les prescriptions de la loi demeurent notre seule ancre sur une mer houleuse. Vivre honorablement, ne l\u00e9ser personne, rendre \u00e0 chacun son d\u00fb, c&rsquo;est l\u00e0 une r\u00e8gle de vie qui permet aux hommes de coexister, sinon dans l&rsquo;entraide, du moins dans la tol\u00e9rance mutuelle et la libert\u00e9 de vivre \u00e0 l&rsquo;abri de la crainte.La seule base solide sur laquelle puisse s&rsquo;\u00e9difier un avenir brillant est la collaboration de tous les citoyens \u00e0 la ferme application de la loi. Il n&rsquo;y a pas de moyen terme. La r\u00e9pugnance \u00e0 se compromettre ou la simple apathie rangent le citoyen du c\u00f4t\u00e9 du crime et contre l&rsquo;ordre public aussi s\u00fbrement que s&rsquo;il fournissait une auto aux malfaiteurs pour fuir le lieu du crime. <\/span><\/p>\n<div align=\"right\"><span class=\"boldtext\">Mars 1969<\/span><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/table>\n<table width=\"415\" border=\"0\" cellpadding=\"8\" cellspacing=\"0\" class=\"mainbodytext\">\n<tr>\n<td valign=\"top\" bgcolor=\"#f0f3f9\">\n<div><span class=\"quote\">Sur la peur<\/span><span class=\"quote\">Il n&rsquo;est pas possible que les hommes soient un jour affranchis de toute peur ni qu&rsquo;ils veuillent l&rsquo;\u00eatre. Sans son instinctive sonnette d&rsquo;alarme, ils seraient impuissants \u00e0 conjurer le danger. La peur est donc l&rsquo;alli\u00e9 de l&rsquo;homme&#8230; mais c&rsquo;est tout au plus un alli\u00e9 sujet \u00e0 caution. Il est retors et ambitieux, guettant sans cesse l&rsquo;occasion de s&#8217;emparer de nous. Il faut le surveiller de pr\u00e8s si l&rsquo;on veut le tenir \u00e0 distance et en tirer profit. <\/span><\/p>\n<div align=\"right\"><span class=\"boldtext\">D\u00e9cembre 1978<\/span><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/table>\n<table width=\"415\" border=\"0\" cellspacing=\"0\" cellpadding=\"0\">\n<tr>\n<td><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/5\/2022\/08\/dotted_quote_line.gif\" width=\"415\" height=\"1\"><\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td valign=\"top\">\n<div class=\"quote\">R\u00e9v\u00e9lation des ann\u00e9es soixante-dix, l&rsquo;\u00ab\u00a0\u00e9cologie\u00a0\u00bb bouleverse l&rsquo;opinion en d\u00e9non\u00e7ant le pillage des ressources de la plan\u00e8te dans l&rsquo;insouciance la plus compl\u00e8te du lendemain&#8230;<\/div>\n<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/5\/2022\/08\/dotted_quote_line.gif\" width=\"415\" height=\"1\"><\/td>\n<\/tr>\n<\/table>\n<h3>\u00c0 la d\u00e9couverte de la nature &#8211; juillet                   1978<\/h3>\n<p> Il n&rsquo;est gu\u00e8re \u00e0 l&rsquo;honneur de l&rsquo;ordre des priorit\u00e9s \u00e9tabli                     par notre soci\u00e9t\u00e9 qu&rsquo;un \u00e9colier puisse dire la marque de toutes                     les automobiles qui passent, mais ne soit capable d&rsquo;identifier                     que les arbres et les fleurs sauvages les plus connus. La                     raison, c&rsquo;est que de fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale le syst\u00e8me d&rsquo;enseignement                     de l&rsquo;Am\u00e9rique du Nord est si confin\u00e9 aux quatre murs des classes                     que les jeunes intelligences y suffoquent. Peu d&rsquo;\u00e9coles savent                     profiter du grand livre de la nature pour enseigner les choses                     qui importent vraiment \u00a0: les principes de la vie sur                     une plan\u00e8te menac\u00e9e. Les enfants \u00e9tudient les larves et les                     t\u00eatards dans des gobelets de carton, \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur des classes,                     au lieu d&rsquo;\u00e9toffer leurs connaissances en examinant le milieu                     complexe o\u00f9 vivent en r\u00e9alit\u00e9 ces \u00eatres. <\/p>\n<p> C&rsquo;est malheureux, car l&rsquo;enfant est normalement l&rsquo;observateur                     le plus curieux de la nature. Tous les parents savent combien                     les petits enfants aiment apporter des chenilles, des sauterelles,                     des grenouilles \u00e0 la maison. Mais ils encouragent rarement                     ce go\u00fbt instinctif en initiant leurs enfants \u00e0 la connaissance                     de la nature. Il arrive trop souvent que les a\u00een\u00e9s d\u00e9tournent                     l&rsquo;int\u00e9r\u00eat des enfants pour le monde naturel par leur insistance                     sur la valeur des objets inanim\u00e9s que procure l&rsquo;argent. <\/p>\n<p> C&rsquo;est aujourd&rsquo;hui une question \u00e9vidente de survie pour l&rsquo;homme                     que d&rsquo;apprendre \u00e0 conna\u00eetre les limites de son r\u00f4le dans le                     monde. <\/p>\n<table width=\"415\" border=\"0\" cellpadding=\"8\" class=\"mainbodytext\">\n<tr>\n<td valign=\"top\" bgcolor=\"#f0f3f9\">\n<div><span class=\"quote\">Sur la m\u00e9diocrit\u00e9<\/span><span class=\"quote\">Les vedettes cr\u00e9\u00e9es du jour au lendemain dans le monde du spectacle donnent l&rsquo;impression qu&rsquo;il n&rsquo;est pas n\u00e9cessaire de savoir chanter ou jouer d&rsquo;un instrument quelconque pour acc\u00e9der \u00e0 la renomm\u00e9e et faire de l&rsquo;argent. Bien des succ\u00e8s de librairie ont tout l&rsquo;air d&rsquo;avoir \u00e9t\u00e9 \u00e9crits non pas sur, mais par des ordinateurs tant les intrigues sont banales et le vocabulaire approximatif. B\u00e2cl\u00e9es, les \u00ab\u00a0 com\u00e9dies\u00a0\u00bb t\u00e9l\u00e9vis\u00e9es n&rsquo;ont plus de comique que l&rsquo;intention. Et l&rsquo;on se demande devant tant de m\u00e9diocrit\u00e9 si la soci\u00e9t\u00e9 n&rsquo;a pas perdu tout sens des valeurs.<\/span><\/p>\n<div align=\"right\"><span class=\"boldtext\"> Novembre\/D\u00e9cembre<\/span><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/table>\n<table width=\"415\" border=\"0\" cellpadding=\"8\" cellspacing=\"0\" class=\"mainbodytext\">\n<tr>\n<td valign=\"top\" bgcolor=\"#f0f3f9\">\n<div><span class=\"quote\">Sur la n\u00e9gociation<\/span><span class=\"quote\">La n\u00e9gociation, sp\u00e9cifiquement humaine, permet de r\u00e9gler les diff\u00e9rends en limitant les querelles au minimum. Les animaux, eux, doivent soit se battre, soit fuir, en cas de conflit. Notre habilet\u00e9 \u00e0 \u00e9changer des id\u00e9es nous offre une autre solution. C&rsquo;est ainsi que les individus les plus ch\u00e9tifs de l&rsquo;esp\u00e8ce humaine peuvent faire valoir leurs droits avec autant de force que les plus robustes.<\/span><\/p>\n<div align=\"right\"><span class=\"boldtext\"> Juillet\/Ao\u00fbt 1986<\/span><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/table>\n<table width=\"415\" border=\"0\" cellspacing=\"0\" cellpadding=\"0\">\n<tr>\n<td><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/5\/2022\/08\/dotted_quote_line.gif\" width=\"415\" height=\"1\"><\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td valign=\"top\">\n<div class=\"quote\">En Occident, la huiti\u00e8me d\u00e9cennie du si\u00e8cle appartient au \u00ab\u00a0moi\u00a0\u00bb. Toutes les indulgences, les pr\u00e9tentions, les exigences se justifient en son nom. M\u00eame quand elles l\u00e8sent gravement la communaut\u00e9&#8230;<\/div>\n<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/5\/2022\/08\/dotted_quote_line.gif\" width=\"415\" height=\"1\"><\/td>\n<\/tr>\n<\/table>\n<h3>La force de caract\u00e8re &#8211; mai\/juin 1988<\/h3>\n<p> S&rsquo;il est vrai que la culture populaire refl\u00e8te les mentalit\u00e9s                     d&rsquo;une \u00e9poque, les tendances actuelles que laissent transpara\u00eetre                     les livres, les films et les \u00e9missions t\u00e9l\u00e9vis\u00e9es donnent                     \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir. Le manque de ma\u00eetrise de soi des anti-h\u00e9ros et                     anti-h\u00e9ro\u00efnes qui jouent des sc\u00e8nes emprunt\u00e9es \u00e0 la vie de                     la fin du 20e si\u00e8cle est \u00e9vident. Qu&rsquo;il s&rsquo;agisse d&rsquo;argent,                     de pouvoir ou de passion, ils parviennent \u00e0 leurs fins sans                     s&rsquo;encombrer de scrupules; leur sens de la justice ne leur                     pose aucun cas de conscience. \u00ab\u00a0Si vous voulez comprendre                     ce qu&rsquo;est la vertu, observez la conduite des hommes vertueux\u00a0\u00bb                     recommandait Aristote. Comment suivre un tel conseil si les                     seuls mod\u00e8les du comportement humain sont ceux fournis par                     le monde des spectacles\u00a0! <\/p>\n<p> Les romans de l&rsquo;\u00e9poque post-victorienne enseignaient aux                     jeunes que la route du succ\u00e8s \u00e9tait pav\u00e9e de diligence, d&rsquo;honn\u00eatet\u00e9                     et d&rsquo;int\u00e9grit\u00e9. La le\u00e7on que leur donne aujourd&rsquo;hui la t\u00e9l\u00e9vision                     serait plut\u00f4t que l&rsquo;argent peut faire le bonheur et que pour                     l&rsquo;obtenir il n&rsquo;y a pas lieu de se laisser \u00e9touffer par ses                     scrupules. <\/p>\n<table width=\"415\" border=\"0\" cellpadding=\"8\" cellspacing=\"0\" class=\"mainbodytext\">\n<tr>\n<td valign=\"top\" bgcolor=\"#f0f3f9\">\n<div><span class=\"quote\">Sur l&rsquo;innovation<\/span><span class=\"quote\">Sir Alexander Fleming n&rsquo;a pas, comme voudrait nous le faire croire la l\u00e9gende, simplement jet\u00e9 un coup d&rsquo;oeil \u00e0 la moisissure qui couvrait un morceau de fromage pour avoir sur-le-champ la r\u00e9v\u00e9lation de l&rsquo;existence de la p\u00e9nicilline. Il travailla avec des substances anti- bact\u00e9riennes pendant neuf ans, avant de parvenir \u00e0 sa d\u00e9couverte. Les inventions et les innovations sont presque toujours le fruit d&rsquo;exp\u00e9riences laborieuses. L&rsquo;innovation est semblable au hockey\u00a0: m\u00eame les meilleurs joueurs manquent le filet et voient leurs tirs bloqu\u00e9s plus souvent qu&rsquo;ils ne marquent.<\/span><\/p>\n<div align=\"right\"><span class=\"boldtext\"> Mars\/Avril                           1988<\/span><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/table>\n<table width=\"415\" border=\"0\" cellspacing=\"0\" cellpadding=\"0\">\n<tr>\n<td><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/5\/2022\/08\/dotted_quote_line.gif\" width=\"415\" height=\"1\"><\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td valign=\"top\">\n<div class=\"quote\">\u00c0 dix ann\u00e9es de l&rsquo;an 2000, le probl\u00e8me de l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 des sexes prend une coloration nouvelle&#8230;<\/div>\n<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/5\/2022\/08\/dotted_quote_line.gif\" width=\"415\" height=\"1\"><\/td>\n<\/tr>\n<\/table>\n<h3>Tir\u00e9 de l&rsquo;article \u00ab\u00a0Le monde du                   travail se civilise\u00a0\u00bb &#8211; mars\/ avril 1992<\/h3>\n<p> L&rsquo;\u00e9poque ou une m\u00e8re veuve, s\u00e9par\u00e9e ou divorc\u00e9e \u00e9tait rel\u00e9gu\u00e9e                     \u00e0 vie dans un poste subalterne est depuis longtemps r\u00e9volue.                     Aujourd&rsquo;hui elle est mari\u00e9e, ou pas, cadre ou sp\u00e9cialiste,                     dot\u00e9e de comp\u00e9tences et d&rsquo;une formation qui la rendent pr\u00e9cieuse                     aux yeux de son entreprise. Elle n&rsquo;abandonnera que temporairement                     son travail pour avoir des enfants, lorsqu&rsquo;elle aura la trentaine,                     voire la quarantaine. Aucune raison, pour elle, de choisir                     entre sa famille et sa carri\u00e8re; elle juge pouvoir se consacrer                     aux deux sous r\u00e9serve que son travail ne nuise en rien au                     bien-\u00eatre de ses enfants. Une nouvelle race de travailleurs                     masculins est \u00e9galement en train de na\u00eetre. L&rsquo;homme fait souvent                     partie d&rsquo;un couple qui jouit d&rsquo;un double revenu; il partage                     les t\u00e2ches m\u00e9nag\u00e8res avec sa femme, ou du moins en assume                     une partie. Comme l&rsquo;ont r\u00e9v\u00e9l\u00e9 de nombreux sondages, il est                     souvent tiraill\u00e9 entre son travail et les soins \u00e0 donner \u00e0                     ses enfants ou \u00e0 ses vieux parents. <\/p>\n<p> Toutes les recherches semblent donc indiquer qu&rsquo;une \u00e9volution                     des attitudes, des gestionnaires et des employ\u00e9s des deux                     sexes, s&rsquo;impose. Les gestionnaires doivent prendre conscience                     que des conditions de travail particuli\u00e8res n&rsquo;encouragent                     pas la paresse ni ne sont incompatibles avec une carri\u00e8re.                     Les gestionnaires trouvent difficile d&rsquo;abandonner les anciennes                     pr\u00e9rogatives des employeurs, notamment les prescriptions des                     lieux et des heures de travail des employ\u00e9s. <\/p>\n<p> \u00ab\u00a0La civilisation consiste \u00e0 multiplier et \u00e0 affiner                     les besoins humains\u00a0\u00bb, a \u00e9crit Robert A. Millikan, scientifique                     am\u00e9ricain. Ces besoins ne touchent pas tous aux choses mat\u00e9rielles.                     Le plus profond d&rsquo;entre eux rel\u00e8ve du monde des sentiments.                     Les nouveaux r\u00e9gimes que les entreprises \u00e9clair\u00e9es \u00e9laborent                     pour s&rsquo;adapter \u00e0 l&rsquo;\u00e9volution de la main-d&rsquo;oeuvre s&rsquo;adressent                     directement aux sentiments profonds qui existent au sein des                     familles unies. En parlant de son h\u00e9ros Sigmund Freud, le                     psychanalyste Theodore Reik a observ\u00e9 que \u00ab\u00a0dans le cadre                     d&rsquo;un traitement psychanalytique, ses objectifs se limitaient                     \u00e0 amener le patient au point o\u00f9 il \u00e9tait capable de travailler                     pour vivre, et d&rsquo;aimer\u00a0: le travail et l&rsquo;amour, les deux                     p\u00f4les de la vie.\u00a0\u00bb Les entreprises qui modifient les                     conditions de travail pour accommoder les obligations personnelles                     de leurs employ\u00e9s s&rsquo;ing\u00e9nient essentiellement \u00e0 concilier                     les imp\u00e9ratifs du travail et ceux de l&rsquo;amour familial. <\/p>\n<h3>Les auteurs du Bulletin<\/h3>\n<p> \u00c0 un lecteur qui voulait savoir combien de temps il avait                     consacr\u00e9 \u00e0 un r\u00e9cent <em> Bulletin <\/em> mensuel, <span class=\"boldtext\"> John Heron                     <\/span> a d\u00e9j\u00e0 r\u00e9pondu \u00a0: \u00ab\u00a0J&rsquo;y r\u00e9fl\u00e9chis depuis la                     fin de la Premi\u00e8re Guerre mondiale.\u00a0\u00bb C&rsquo;est arriv\u00e9&#8230;                     pendant les ann\u00e9es soixante. <\/p>\n<p>                  <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/5\/2022\/08\/jafe1994_02.gif\" align=\"right\" vspace=\"5\" hspace=\"5\"><\/p>\n<p> <a name=\"heron\"><\/a>L&rsquo;\u00e9crivain qui a m\u00e9tamorphos\u00e9 une aride                     note de conjoncture \u00e9conomique en publication aim\u00e9e et admir\u00e9e                     dans le monde entier, \u00e9tait avant tout un penseur. Ses anciens                     coll\u00e8gues conservent le souvenir \u00e9mu de sa silhouette solitaire,                     attabl\u00e9e devant un repas qui refroidit tandis que s&#8217;empilent                     sur la nappe les fiches beiges qu&rsquo;il tra\u00eene toujours sur lui                     pour noter au vol les id\u00e9es qui lui traversent l&rsquo;esprit. <\/p>\n<p> Apprendre fut la grande passion de son existence, peut-\u00eatre                     parce qu&rsquo;il avait interrompu ses \u00e9tudes \u00e0 18 ans pour s&rsquo;enr\u00f4ler                     dans l&rsquo;arm\u00e9e canadienne. Il venait d&rsquo;arriver au Canada, ayant                     quitt\u00e9 l&rsquo;Irlande du Nord avec ses parents \u00e0 peine un an plus                     t\u00f4t. Il sera bless\u00e9 \u00e0 deux reprises sur les terribles champs                     de bataille de France et de Belgique. <\/p>\n<p> En 1919, il devient le directeur du pensionnat de gar\u00e7ons                     de la r\u00e9serve Peigan, en Alberta. Dans les loisirs que lui                     laissent la supervision des travaux des champs et l&rsquo;enseignement                     des m\u00e9tiers d&rsquo;art, il fait le compte rendu des \u00e9v\u00e9nements                     sportifs qui ont lieu \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole pour les journaux de la province.                   <\/p>\n<p> Cette exp\u00e9rience lui vaut un poste de journaliste au <em>                     Toronto Daily Star <\/em> et au <em> Star Weekly<\/em>, son magazine                     hebdomadaire. Les cours d&rsquo;\u00e9criture qu&rsquo;il donne aux jeunes                     reporters pendant sa p\u00e9riode torontoise t\u00e9moignent d\u00e9j\u00e0 du                     vif int\u00e9r\u00eat pour le mot imprim\u00e9 qu&rsquo;il manifestera dans la                     remarquable s\u00e9rie de <em> Lettres mensuelles <\/em> dont a \u00e9t\u00e9                     tir\u00e9 son ouvrage <em> La transmission <\/em> des id\u00e9es. <\/p>\n<p> En 1940, il d\u00e9m\u00e9nage \u00e0 Montr\u00e9al, o\u00f9 l&rsquo;attend un poste de                     conseiller en relations publiques \u00e0 la Banque Royale. Le conseil                     le plus pr\u00e9cieux qu&rsquo;il donnera \u00e0 ses nouveaux patrons sera                     de transformer le <em> Bulletin <\/em> en publication d&rsquo;int\u00e9r\u00eat                     g\u00e9n\u00e9ral et de lui en confier la r\u00e9daction. <\/p>\n<p> Cet homme discret ne s&rsquo;accordait aucun cr\u00e9dit dans le rayonnement                     international du <em> Bulletin<\/em>, pr\u00e9tendant qu&rsquo;il ne faisait                     que donner une voix \u00e0 la conscience sociale de la Banque.                     S&rsquo;il a beaucoup \u00e9crit sur des causes g\u00e9n\u00e9reuses comme l&rsquo;\u00e9ducation                     des adultes et l&rsquo;engagement communautaire, il a aussi pr\u00each\u00e9                     par l&rsquo;exemple au sein de plusieurs groupes de citoyens. Ses                     nombreux essais sur les jeunes s&rsquo;appuyaient sur l&rsquo;exp\u00e9rience                     acquise au conseil d&rsquo;administration d&rsquo;un <em> Montreal&rsquo;s Boys&rsquo;                     Club<\/em>. Ses textes sur les valeurs familiales refl\u00e9taient                     sa vie priv\u00e9e\u00a0: ce p\u00e8re de quatre enfants vouait un culte                     \u00e0 la famille. <\/p>\n<p> John Heron a pris sa retraite en 1976, au terme de 32 ann\u00e9es                     de brillants services litt\u00e9raires. Il avait 79 ans. Il est                     mort en 1983. Le perfectionnisme, la soif de progr\u00e8s et l&rsquo;id\u00e9alisme                     qui ont guid\u00e9 sa vie sont \u00e0 l&rsquo;image des billets qui ont r\u00e9confort\u00e9                     ses centaines de milliers de lecteurs. Il a donn\u00e9 \u00e0 ceux qui                     l&rsquo;ont connu le plus bel exemple du d\u00e9passement personnel qu&rsquo;il                     pr\u00f4nait dans l&rsquo;un des essais les plus admir\u00e9s qu&rsquo;il ait produit\u00a0:                     <em> Le culte de la sup\u00e9riorit\u00e9<\/em>. <\/p>\n<p> <a name=\"stewart\"><\/a>L&rsquo;homme qui r\u00e9dige et \u00e9dite le Bulletin                     de la Banque Royale depuis 16 ans a fait ses premi\u00e8res armes                     de journaliste d&rsquo;une fa\u00e7on tr\u00e8s \u00ab\u00a0 canadienne\u00a0\u00bb,                     en couvrant les parties de hockey qui avaient lieu dans une                     patinoire non chauff\u00e9e de sa r\u00e9gion, le nord de l&rsquo;Ontario.                     Le jeune <span class=\"boldtext\"> Robert Stewart <\/span> y                     acquerra l&rsquo;amour du pays qui impr\u00e8gne tous ses \u00e9crits. <\/p>\n<p> Les admirateurs du <em> Bulletin <\/em> vantent souvent son                     \u00ab\u00a0ton\u00a0\u00bb caract\u00e9ristique, qu&rsquo;ils qualifient de \u00ab\u00a0raisonnable,                     ouvert, mod\u00e9r\u00e9, sans pr\u00e9tention\u00a0\u00bb. S&rsquo;ils ont raison,                     r\u00e9pond Stewart, \u00ab\u00a0ma nationalit\u00e9 n&rsquo;y est sans doute pas                     pour rien. Les Canadiens ont la r\u00e9putation m\u00e9rit\u00e9e de comprendre                     le point de vue de l&rsquo;autre et de d\u00e9tester les extr\u00eames et                     la vantardise.\u00a0\u00bb <\/p>\n<p> Son patriotisme n&rsquo;est jamais chauvin, cependant. Ce pigiste                     chevronn\u00e9 a souvent travaill\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger, pour des entreprises                     de presse aussi prestigieuses que le <em> Wall Street Journal<\/em>,                     le <em> Time <\/em> et le service d&rsquo;information du Dow-Jones.                     Le livre sur le Labrador qu&rsquo;il a publi\u00e9 chez Time-Life International                     en 1977 a \u00e9t\u00e9 traduit en plusieurs langues. Un autre ouvrage                     paru en 1979, <em> Sam Steele\u00a0: Lion of the Frontier<\/em>,                     t\u00e9moigne de son int\u00e9r\u00eat pour l&rsquo;histoire canadienne. <\/p>\n<p> Grand voyageur, Stewart trouve \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger \u00ab\u00a0la distance                     qui me permet de mettre les choses en perspective dans le                     <em> Bulletin <\/em> \u00a0\u00bb. En revanche, il m\u00e8ne le gros de                     sa recherche chez lui, dans une biblioth\u00e8que &#8211; de quelque                     2 800 titres &#8211; particuli\u00e8rement riche en biographies et en                     textes historiques. Un fichier informatique de pr\u00e8s de 5 000                     citations lui permet d&rsquo;\u00e9tayer tout ce qu&rsquo;il avance d&rsquo;une phrase                     bien choisie. <\/p>\n<p> Aujourd&rsquo;hui \u00e2g\u00e9 de 55 ans, Stewart doit sa polyvalence \u00e0                     une exp\u00e9rience professionnelle d&rsquo;une rare diversit\u00e9. Il a                     \u00e9t\u00e9 tour \u00e0 tour reporter judiciaire, critique de th\u00e9\u00e2tre et                     de litt\u00e9rature, chroniqueur de voyages et de plein-air, correspondant                     \u00e0 Ottawa et r\u00e9dacteur en chef du <em> Financial Times of Canada<\/em>.                   <\/p>\n<p> Pour \u00e9crire le <em> Bulletin<\/em>, il a d\u00fb ajouter \u00e0 cet impressionnant                     bagage des lectures en philosophie et en logique. \u00ab\u00a0Comme                     j&rsquo;essaie de remonter aux sources de mon sujet, je suis souvent                     forc\u00e9 de faire appel aux philosophes grecs ou romains de l&rsquo;Antiquit\u00e9,                     explique-t-il. Je ne n\u00e9glige pas pour autant les \u00e9poques ult\u00e9rieures,                     et je cite volontiers des sources modernes.\u00a0\u00bb <\/p>\n<p> Son go\u00fbt pour la logique na\u00eet du d\u00e9sir de mieux armer ses                     lecteurs contre la propagande voil\u00e9e qu&rsquo;il observe un peu                     partout. Il estime essentiel de les alerter sur les pi\u00e8ges                     de l&rsquo;information et de d\u00e9noncer les failles des th\u00e8ses politiques                     et sociales du jour. <\/p>\n<p> \u00ab\u00a0Comme Hannah More, je crois que les gens ont moins                     besoin d&rsquo;instructions que de rappels, dit-il, et je suis l\u00e0                     pour leur rappeler que les progr\u00e8s tr\u00e8s r\u00e9els de l&rsquo;humanit\u00e9                     sont souvent obscurcis par la fum\u00e9e des controverses et des                     conflits.\u00a0\u00bb <\/p>\n<p> Si le <em> Bulletin de la Banque Royale <\/em> r\u00e9ussit \u00e0                     dissiper une partie de cette fum\u00e9e, conclut-il, il aura enrichi                     ses lecteurs. <\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<\/p><\/div>\n","protected":false},"author":87,"featured_media":0,"template":"","categories":[1],"rbc_letter_theme":[],"rbc_letter_year":[75],"class_list":["post-2135","rbc_letter","type-rbc_letter","status-publish","hentry","category-uncategorized","rbc_letter_year-75"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO Premium plugin v27.2 (Yoast SEO v27.2) - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-premium-wordpress\/ -->\n<title>Vol. 75, N\u00b0 1 - Janvier\/F\u00e9vrier 1994 - Le Bulletin, Symbole Royal par Excellence - RBC<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-75-n-1-janvier-fevrier-1994-le-bulletin-symbole-royal-par-excellence\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Vol. 75, N\u00b0 1 - Janvier\/F\u00e9vrier 1994 - Le Bulletin, Symbole Royal par Excellence\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Ce num\u00e9ro sp\u00e9cial du Bulletin de la Banque Royale ne p\u00e9chera pas par exc\u00e8s de modestie. 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