{"id":2133,"date":"1992-01-01T00:00:00","date_gmt":"1992-01-01T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-73-n-1-janvier-fevrier-1992-le-role-de-la-recreation\/"},"modified":"2022-10-17T20:39:37","modified_gmt":"2022-10-17T20:39:37","slug":"vol-73-n-1-janvier-fevrier-1992-le-role-de-la-recreation","status":"publish","type":"rbc_letter","link":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-73-n-1-janvier-fevrier-1992-le-role-de-la-recreation\/","title":{"rendered":"Vol. 73 N\u00b0 1 &#8211; Janvier\/F\u00e9vrier 1992 &#8211; Le r\u00f4le de la r\u00e9cr\u00e9ation"},"content":{"rendered":"<div id=\"layout-column-main\">\n<p class=\"boldtext\">Dans un monde o\u00f9 les tensions sont extr\u00eames,                     la r\u00e9cr\u00e9ation est une n\u00e9cessit\u00e9. Veillons cependant \u00e0 ce qu&rsquo;elle                     ne se transforme pas elle-m\u00eame en une source de pression.                     Dans notre soci\u00e9t\u00e9, la qualit\u00e9 de la vie arrive \u00e0 d\u00e9pendre                     de la qualit\u00e9 des loisirs. Est-il possible de \u00ab\u00a0s&rsquo;amuser                     \u00e0 mort\u00a0\u00bb\u00a0? <\/p>\n<p> Le mot \u00ab\u00a0r\u00e9cr\u00e9ation\u00a0\u00bb a un petit air r\u00e9solu, \u00e9vocateur                     de vestiaire, de sueur et de piscine \u00e0 odeur d&rsquo;eau de javel.                     L&rsquo;id\u00e9e de se \u00ab\u00a0 r\u00e9cr\u00e9er\u00a0\u00bb afin de maintenir sa capacit\u00e9                     de travail a un c\u00f4t\u00e9 calcul\u00e9, plut\u00f4t glacial. Si la r\u00e9cr\u00e9ation                     n&rsquo;est qu&rsquo;un accessoire de la vie professionnelle, les loisirs                     deviennent alors une obligation, celle de s&rsquo;amuser qu&rsquo;on y                     prenne plaisir ou non\u00a0! <\/p>\n<p> Mais, soyons justes\u00a0! La r\u00e9cr\u00e9ation ne m\u00e9rite pas une                     telle r\u00e9putation. Elle se compose apr\u00e8s tout d&rsquo;activit\u00e9s inoffensives,                     entreprises pour la satisfaction qu&rsquo;elles procurent. Qu&rsquo;elle                     garde le corps et l&rsquo;esprit en forme pour mieux travailler                     n&#8217;emp\u00eache pas que sa justification premi\u00e8re est la joie qu&rsquo;on                     en retire. <\/p>\n<p> Shakespeare disait que la r\u00e9cr\u00e9ation \u00e9tait \u00ab\u00a0douce\u00a0\u00bb,                     la meilleure d\u00e9fense contre \u00ab\u00a0les ennemis de la vie\u00a0\u00bb,                     le principal d&rsquo;entre eux \u00e9tant la m\u00e9lancolie. \u00c0 son \u00e9poque,                     c&rsquo;est-\u00e0-dire au 16e et 17e si\u00e8cles, l&rsquo;humanit\u00e9 ne consacrait                     au travail que le nombre d&rsquo;heures strictement n\u00e9cessaire.                     La famille moyenne jouissait de 200 journ\u00e9es de cong\u00e9 par                     an contre 130 \u00e0 l&rsquo;heure actuelle en Am\u00e9rique du Nord. On se                     divertissait en pratiquant toutes sortes de jeux et de sports                     en plein air, en assistant \u00e0 des bals, de grands spectacles,                     des foires et des pi\u00e8ces de th\u00e9\u00e2tre. <\/p>\n<p> Shakespeare \u00e9tait un acteur et auteur dramatique \u00e0 Londres                     \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque o\u00f9 commen\u00e7a la lutte des puritains contre l&rsquo;esprit                     de la \u00ab\u00a0 joyeuse Angleterre\u00a0\u00bb, laquelle devait s&rsquo;\u00e9tendre                     \u00e0 toutes les parties du monde domin\u00e9es par les protestants.                     Ils proclamaient que les \u00eatres humains \u00e9taient, de par leur                     nature, des p\u00e9cheurs dont les voies du salut passaient par                     la ferveur religieuse, le renoncement au luxe et le labeur.                   <\/p>\n<p> Les puritains donnaient une interpr\u00e9tation toute personnelle                     aux paroles du Christ dans l&rsquo;\u00c9vangile selon saint Marc, \u00ab\u00a0le                     sabbat a \u00e9t\u00e9 fait pour l&rsquo;homme et non l&rsquo;homme pour le sabbat\u00a0\u00bb.                     Le sabbat, d&rsquo;apr\u00e8s eux, servait \u00e0 \u00e9lever l&rsquo;esprit en adorant                     Dieu. Une fois ma\u00eetres de l&rsquo;Am\u00e9rique coloniale, ils firent                     de la profanation du sabbat un d\u00e9fit punissable. Jouer aux                     \u00e9checs un dimanche apr\u00e8s-midi pluvieux constituait une profanation.                   <\/p>\n<p> Dans leur z\u00e8le de faire du dimanche \u00ab\u00a0un jour de repos\u00a0\u00bb,                     les puritains et leurs imitateurs confondirent le repos et                     l&rsquo;oisivet\u00e9. Le premier \u00e9tat est marqu\u00e9 par la tranquillit\u00e9                     d&rsquo;esprit; le deuxi\u00e8me est un terrain propice aux tentations.                     Ils ne comprirent pas qu&rsquo;on pouvait se garder des tentations                     en se livrant \u00e0 des activit\u00e9s inoffensives. <\/p>\n<p> Les militaires consid\u00e8rent que le repos n&rsquo;a rien \u00e0 voir                     avec la r\u00e9cr\u00e9ation, m\u00eame si cette derni\u00e8re semble d\u00e9lasser.                     Le repos est passif, la r\u00e9cr\u00e9ation active\u00a0: on se repose                     assis sur un banc dans un parc. La r\u00e9cr\u00e9ation sous-entend                     des actes\u00a0: on se prom\u00e8ne, on skie, on joue au ballon.                   <\/p>\n<p> Mais la fa\u00e7on d&rsquo;utiliser ses loisirs ne constitue pas toujours                     une r\u00e9cr\u00e9ation. S&rsquo;enivrer ou se droguer par exemple est loin                     d&rsquo;avoir un effet r\u00e9g\u00e9n\u00e9rateur. <\/p>\n<p> Le fait que la nature humaine porte en soi des germes destructeurs                     explique que les autorit\u00e9s publiques cherchent \u00e0 contr\u00f4ler                     la conduite des gens pendant leurs loisirs. Souvent, les heures                     d&rsquo;ouverture des bars sont limit\u00e9es, les jeux d&rsquo;argent publics                     interdits. Si les libertaires d\u00e9plorent le paternalisme officiel,                     force nous est d&rsquo;accepter que le comportement de certains                     doit \u00eatre contr\u00f4l\u00e9, dans leur propre int\u00e9r\u00eat comme dans celui                     de la soci\u00e9t\u00e9. <\/p>\n<p> Les premiers mouvements r\u00e9cr\u00e9atifs destin\u00e9s aux adultes                     avaient pour objectif d&rsquo;offrir un choix d&rsquo;activit\u00e9s saines                     et exemptes de danger aussi bien sur le plan personnel que                     social. C&rsquo;est ainsi que la Young Men&rsquo;s Christian Association                     ouvrit des installations r\u00e9cr\u00e9atives en Grande-Bretagne et                     en Am\u00e9rique du Nord, \u00e0 la fin de 19e si\u00e8cle, pour garder les                     jeunes de l&rsquo;alcool et de ses dangers. <\/p>\n<h3>La vari\u00e9t\u00e9 des loisirs est essentielle si l&rsquo;on ne veut qu&rsquo;ils se transforment eux-m\u00eames en devoir<\/h3>\n<p> Jadis, le commun des mortels passait le plus clair de son                     temps libre \u00e0 s&rsquo;enivrer. En d\u00e9pit des efforts acharn\u00e9s des                     puritains, le dimanche \u00e9tait plac\u00e9 sous le signe des beuveries,                     \u00e0 tel point que de nombreux ouvriers de l&rsquo;Europe occidentale                     restaient chez eux le lundi pour r\u00e9cup\u00e9rer. Dans son ouvrage                     r\u00e9cent intitul\u00e9 <em> Waiting for the Weekend<\/em>, Witold                     Rybczynski, professeur d&rsquo;architecture \u00e0 l&rsquo;universit\u00e9 McGill,                     nous apprend que vers l&rsquo;an 1800, cet usage \u00e9tait si r\u00e9pandu                     en Angleterre que l&rsquo;on avait coutume de parler de \u00ab\u00a0la                     Saint-Lundi\u00a0\u00bb, par analogie avec les f\u00eates des saints                     qui \u00e9taient jours ch\u00f4m\u00e9s. <\/p>\n<p> Les ouvriers restaient chez eux le lundi sans avertir leurs                     employeurs. Pour r\u00e9gulariser la production, les propri\u00e9taires                     d&rsquo;usines britanniques d\u00e9cid\u00e8rent, dans les ann\u00e9es 1880, de                     leur accorder un demi-jour de cong\u00e9 le samedi, initiative                     qui annon\u00e7ait le week-end d&rsquo;aujourd&rsquo;hui des pays occidentaux.                   <\/p>\n<p> L&rsquo;av\u00e8nement du week-end fut suivi par le raccourcissement                     de la journ\u00e9e de travail, par l&rsquo;accroissement du revenu net                     et de la mobilit\u00e9 (gr\u00e2ce aux automobiles), et par une gamme                     de plus en plus \u00e9tendue d&rsquo;activit\u00e9s de d\u00e9tente. Lorsque le                     sociologue am\u00e9ricain d&rsquo;avant-garde Thorstein Veblen publia                     <em> The Theory of the Leisure Class <\/em> en 1899, le groupe                     sur lequel \u00e9tait bas\u00e9 son ouvrage ne repr\u00e9sentait qu&rsquo;une faible                     portion de la population. Aujourd&rsquo;hui, la plupart des gens                     qui ne sont pas condamn\u00e9s \u00e0 l&rsquo;oisivet\u00e9 par le ch\u00f4mage appartiennent                     \u00e0 cette classe des loisirs, \u00e0 temps partiel pour les membres                     de la population active et \u00e0 temps plein pour les retrait\u00e9s.                   <\/p>\n<p> Ils se livrent \u00e0 de nombreuses activit\u00e9s r\u00e9serv\u00e9es jadis                     aux nantis. Seule une personne richissime pouvait autrefois                     poss\u00e9der un yacht; seuls les fortun\u00e9s pouvaient jouer au golf.                   <\/p>\n<p> La g\u00e9n\u00e9ralisation des activit\u00e9s de loisirs a entra\u00een\u00e9 un                     d\u00e9tachement de l&rsquo;\u00e9thique traditionnelle du travail. Si le                     travail procure toujours \u00e0 beaucoup une vive satisfaction,                     pour d&rsquo;autres ce sont les loisirs qui leur donnent le plus                     de plaisir et un sens d&rsquo;identit\u00e9. Comme le d\u00e9clarait derni\u00e8rement                     la revue <em> Fortune<\/em>, \u00ab\u00a0contrairement \u00e0 leurs p\u00e8res                     qui souffraient de \u00ab\u00a0travaillite\u00a0\u00bb, les dirigeants                     d&rsquo;aujourd&rsquo;hui ne sont pas pr\u00eats \u00e0 renoncer \u00e0 leurs int\u00e9r\u00eats                     personnels au profit du travail. Ils veulent avoir le temps                     de s&rsquo;adonner \u00e0 des activit\u00e9s stimulantes, sources de d\u00e9couverte                     de soi et d&rsquo;\u00e9panouissement.\u00a0\u00bb <\/p>\n<p> L&rsquo;augmentation du temps libre et des moyens d&rsquo;en jouir s&rsquo;est                     accompagn\u00e9e d&rsquo;un <em> besoin <\/em> accru de r\u00e9cr\u00e9ation. Au                     milieu de la richesse, des divertissements et des commodit\u00e9s                     du 20e si\u00e8cle, les pressions exerc\u00e9es sur les \u00eatres humains                     se sont intensifi\u00e9es, notamment dans les r\u00e9gions urbaines                     o\u00f9 vivent la plupart des habitants des pays occidentaux. Le                     temps fibre ne suffit pas \u00e0 r\u00e9parer les dommages du stress;                     les heures de loisir, en fait, sont susceptibles d&rsquo;exacerber                     les troubles li\u00e9s au stress provoqu\u00e9s par l&rsquo;ennui, la solitude                     et des habitudes malsaines. <\/p>\n<h3>L&rsquo;augmentation du temps libre s&rsquo;est accompagn\u00e9e d&rsquo;un besoin accru de r\u00e9cr\u00e9ation<\/h3>\n<p> \u00ab\u00a0Lorsque vous vivez des moments de grande tension\u00a0\u00bb,                     \u00e9crit Peter G. Hanson dans <em> The Joy of Stress<\/em>, \u00ab\u00a0simplement                     se retirer et se coucher les yeux au plafond ne suffit pas.                     Le tourbillon incessant de vos pens\u00e9es g\u00e9n\u00e8re une nouvelle                     tension. Pour se d\u00e9tendre il faut alors entreprendre une activit\u00e9                     \u00e9galement stressante, une activit\u00e9 qui vous occupera pleinement                     l&rsquo;esprit mais qui actionne <em> diff\u00e9rents <\/em> circuits                     du cerveau ou du corps. C&rsquo;est ainsi que des occupations stressantes                     comme l&rsquo;alpinisme, la descente de rapides, le parachutisme,                     le tennis ou le surf aident \u00e9norm\u00e9ment \u00e0 r\u00e9duire les tensions                     ordinaires.\u00a0\u00bb <\/p>\n<p> Pour combattre le stress, les passe-temps choisis doivent                     se situer aux antipodes des activit\u00e9s habituelles. Jouer du                     piano ne reposera pas un professeur de piano. Un poseur de                     ligne t\u00e9l\u00e9phonique se d\u00e9tendra mieux avec une collection de                     timbres qu&rsquo;en varappant. La vari\u00e9t\u00e9 est essentielle pour tirer                     pleinement parti de ses loisirs. En se concentrant trop intens\u00e9ment                     sur un seul passe-temps, ce dernier prend des allures de travail,                     devient une nouvelle source de tension n\u00e9faste. <\/p>\n<p> Les golfeurs et les p\u00eacheurs constatent souvent que la pratique                     de leurs sports favoris revient \u00e0 remplacer par d&rsquo;autres les                     frustrations qu&rsquo;ils connaissent au travail. Une balle dans                     un obstacle de sable ou un poisson qui se d\u00e9croche ne sont                     pas faits pour vous d\u00e9rider. Le plaisir que vous retirez de                     ces activit\u00e9s est m\u00eal\u00e9 d&rsquo;irritations, de regrets am\u00e8res, voire                     de vraies col\u00e8res. Mais, ces nouvelles \u00e9motions vous font                     certainement oublier les tracas du travail. <\/p>\n<p> Le grand philosophe de la p\u00eache, Isaak Walton, \u00e9tablit une                     distinction int\u00e9ressante entre l&rsquo;oisivet\u00e9 et la r\u00e9cr\u00e9ation                     dans <em> The Compleat Angler<\/em>. Un de ses amis, relate-t-il,                     aimait \u00e0 dire que la p\u00eache \u00e0 la ligne \u00ab\u00a0servait \u00e0 employer                     son temps libre, qui alors n&rsquo;\u00e9tait plus libre.\u00a0\u00bb Si l&rsquo;on                     consid\u00e8re que la r\u00e9cr\u00e9ation est <em> l&#8217;emploi <\/em> du temps                     libre, il est clair que regarder la t\u00e9l\u00e9vision sans discernement                     n&rsquo;est pas r\u00e9cr\u00e9atif. Tout comme la lecture, la t\u00e9l\u00e9vision                     est stimulante \u00e0 dose judicieusement choisie. La regarder                     simplement parce qu&rsquo;elle est l\u00e0 ne permet pas de reprendre                     le fardeau de ses soucis l&rsquo;esprit repos\u00e9. <\/p>\n<p> Dans son livre <em> Amusing Ourselves to Death<\/em>, Neil                     Postman discute de l&rsquo;influence n\u00e9faste que la t\u00e9l\u00e9vision exerce                     sur les affaires publiques en banalisant les questions sociales                     et politiques. Il aborda pour la premi\u00e8re fois ce sujet dans                     un discours donn\u00e9 en 1984 dans le cadre d&rsquo;un s\u00e9minaire lors                     de la Foire du livre de Frankfort. Il reprit le th\u00e8me de <em>                     1984<\/em>, roman de George Orwell qui d\u00e9crit une soci\u00e9t\u00e9 futuriste                     o\u00f9 l&rsquo;esprit des gens est contr\u00f4l\u00e9 par une police d&rsquo;\u00c9tat psychologique.                     M. Postman remarqua que les horreurs pr\u00e9dites par Orwell en                     1948, date o\u00f9 il \u00e9crivit son livre, ne s&rsquo;\u00e9taient pas r\u00e9alis\u00e9es                     dans les d\u00e9mocraties occidentales. <\/p>\n<p> Mais, ajouta-t-il, \u00ab\u00a0outre la vision pessimiste d&rsquo;Orwell,                     il existe un autre sc\u00e9nario l\u00e9g\u00e8rement ant\u00e9rieur qui, bien                     que moins connu, n&rsquo;en est pas moins gla\u00e7ant. Je fais allusion                     au <em> Meilleur des mondes <\/em> d&rsquo;Aldous Huxley. Orwell                     craignait que l&rsquo;humanit\u00e9 ne tombe sous le joug d&rsquo;une oppression                     externe. Huxley, quant \u00e0 lui (son livre a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 en 1932),                     ne pense pas qu&rsquo;un Big Brother ou minist\u00e8re de la V\u00e9rit\u00e9 soit                     n\u00e9cessaire pour d\u00e9poss\u00e9der les gens de leur ind\u00e9pendance,                     de leur maturit\u00e9 et de leur histoire. Ces derniers en viendront                     \u00e0 aimer leur oppression, \u00e0 adorer les technologies qui d\u00e9truisent                     leur capacit\u00e9 de penser.\u00a0\u00bb Orwell redoutait que les livres                     soient bannis. Huxley, lui, d\u00e9clare que les livres dispara\u00eetront                     parce que les gens deviendront si superficiels qu&rsquo;ils n&rsquo;auront                     plus aucun d\u00e9sir de lire. Dans <em> 1984<\/em>, les habitants                     sont contr\u00f4l\u00e9s par la douleur qu&rsquo;on leur inflige; dans <em>                     Le Meilleur des mondes<\/em>, ils le sont par \u00ab\u00a0le plaisir                     qu&rsquo;on leur inflige\u00a0\u00bb, pour reprendre les mots m\u00eames de                     M. Postman. Ce dernier consid\u00e8re que la t\u00e9l\u00e9vision joue le                     r\u00f4le du soma de la bienveillante dictature d&rsquo;Huxley, drogue                     utilis\u00e9e universellement pour \u00e9touffer toute pens\u00e9e ou tout                     sentiment incompatible avec les normes sociales. <\/p>\n<p> Or, les h\u00e9ros du <em> Meilleur des mondes <\/em> sont loin                     d&rsquo;\u00eatre des t\u00e9l\u00e9spectateurs passifs. Ils participent avec enthousiasme                     \u00e0 toutes sortes d&rsquo;activit\u00e9s, dont le Golf-Obstacle-\u00c9lectro-Magn\u00e9tique                     et le \u00ab\u00a0Ballatelle Centrifuge\u00a0\u00bb, qui exigent du                     mat\u00e9riel de pointe compliqu\u00e9. Les commentaires sur le ballatelle                     centrifuge du \u00ab\u00a0 directeur d&rsquo;Incubation et du Conditionnement\u00a0\u00bb                     annoncent le secteur r\u00e9cr\u00e9atif d&rsquo;aujourd&rsquo;hui qui vaut plusieurs                     milliards de dollars et propose constamment des modes novateurs                     et de plus en plus co\u00fbteux d&rsquo;occuper ses loisirs. <\/p>\n<p> Dans le bon vieux temps, r\u00e9fl\u00e9chit le directeur, \u00ab\u00a0la                     plupart des jeux se jouaient sans plus d&rsquo;accessoires qu&rsquo;une                     ou deux balles, quelques b\u00e2tons et peut-\u00eatre un bout de filet.                     Rendez-vous compte de la sottise qu&rsquo;il y a \u00e0 permettre aux                     gens de jouer \u00e0 des jeux compliqu\u00e9s qui ne font absolument                     rien pour accro\u00eetre la consommation. De nos jours, les administrateurs                     ne donnent leur approbation \u00e0 aucun jeu nouveau \u00e0 moins qu&rsquo;il                     ne puisse \u00eatre d\u00e9montr\u00e9 qu&rsquo;il exige au moins autant d&rsquo;accessoires                     que le plus compliqu\u00e9 des jeux existants.\u00a0\u00bb <\/p>\n<h3>La libert\u00e9 dont nous disposons nous oblige-t-elle                   \u00e0 nous divertir\u00a0?<\/h3>\n<p> Dans <em> Waiting for the Weekend<\/em>, M. Rybczynski rejoint                     Huxley et comme lui craint la surorganisation de la vie moderne                     et, par extension, des activit\u00e9s r\u00e9cr\u00e9atives. Il redoute que                     nous soyons esclaves du week-end, devenu une institution sociale                     qui dicte la mani\u00e8re d&rsquo;utiliser ses loisirs et lui conf\u00e8re                     la m\u00eame conformit\u00e9 qui p\u00e8se sur la vie professionnelle. <\/p>\n<p> Selon M. Rybczynski, le monde occidental \u00ab\u00a0honore\u00a0\u00bb                     le week-end de la m\u00eame fa\u00e7on que nos anc\u00eatres observaient                     leurs devoirs religieux, id\u00e9e qu&rsquo;illustre \u00e0 merveille une                     comparaison entre les tableaux m\u00e9di\u00e9vaux des fid\u00e8les en train                     de se flageller et les conducteurs nord-am\u00e9ricains qui, les                     dents serr\u00e9es, se faufilent au milieu des embouteillages du                     vendredi soir pour fuir la ville. Nous avons presque fait                     des loisirs un dieu; nous lui construisons comme autel des                     \u00ab\u00a0salles de jeux\u00a0\u00bb ou des patios. Nombreux sont                     ceux qui consacrent toutes leurs \u00e9conomies \u00e0 l&rsquo;achat d&rsquo;une                     propri\u00e9t\u00e9 \u00e0 la campagne dont l&rsquo;usage sera purement r\u00e9cr\u00e9atif.                   <\/p>\n<p> M. Rybczynski affirme que nous avons retourn\u00e9 le concept                     de la r\u00e9cr\u00e9ation et que \u00ab\u00a0la libert\u00e9 de faire quelque                     chose est devenue une obligation\u00a0\u00bb, d&rsquo;autant que ce quelque                     chose est g\u00e9n\u00e9ralement fatigant ou difficile. Autrefois, pendant                     les vacances, on faisait un peu de ski ou de voile. Aujourd&rsquo;hui,                     \u00ab\u00a0la fr\u00e9quence des week- ends vou\u00e9s \u00e0 la r\u00e9cr\u00e9ation permet                     de s&rsquo;y livrer r\u00e9guli\u00e8rement et de s&rsquo;am\u00e9liorer sans cesse.                     Le week-end moderne est donc marqu\u00e9 non seulement par l&rsquo;obligation                     de faire quelque chose, mais par l&rsquo;obligation de le bien faire.\u00a0\u00bb                     C&rsquo;est dans ce souci de perfectionnement qu&rsquo;on participe \u00e0                     des \u00ab\u00a0camps\u00a0\u00bb dans le but d&rsquo;am\u00e9liorer son tennis                     ou son \u00e9quitation et de \u00ab\u00a0travailler\u00a0\u00bb avec des                     sp\u00e9cialistes dans des \u00ab\u00a0cliniques\u00a0\u00bb pour corriger                     un mouvement de golf imparfait. La pression sociale incite                     \u00e0 utiliser du mat\u00e9riel co\u00fbteux, digne d&rsquo;un professionnel.                     Les cuisiniers du dimanche poss\u00e8dent des batteries d&rsquo;instruments                     propres \u00e0 rendre jaloux les grands chefs d&rsquo;Europe, et les                     banlieusards montent des bicyclettes \u00e0 multiples vitesses,                     plus appropri\u00e9es pour le Tour de France que pour la piste                     cyclable locale. <\/p>\n<p> Non seulement on est cens\u00e9 agir comme un professionnel,                     mais on doit avoir l&rsquo;allure d&rsquo;un professionnel. Il existe                     un costume, uniforme serait un mot plus juste, pour chaque                     type d&rsquo;activit\u00e9, accompagn\u00e9 de souliers sp\u00e9ciaux. Des chaussures                     de tennis ridiculement co\u00fbteuses sont <em> de rigueur <\/em>                     pour tous les \u00e2ges, aussi bien pour les coureurs retrait\u00e9s                     que pour les gamins qui jouent au basket dans la cour de r\u00e9cr\u00e9ation.                     La tyrannie de la mode a depuis longtemps envahi les pistes                     de ski o\u00f9 l&rsquo;on ridiculise ceux qui portent des v\u00eatements d\u00e9suets.                   <\/p>\n<p> L&rsquo;id\u00e9e que la r\u00e9cr\u00e9ation doit \u00eatre un moyen de s&rsquo;am\u00e9liorer                     ne laisse gu\u00e8re de place \u00e0 l&rsquo;amateur bon enfant qui aime pratiquer                     un sport pour se d\u00e9lasser. Les clubs nautiques, qui accueillaient                     jadis des gens simplement d\u00e9sireux de s&rsquo;amuser sur un bateau,                     participent aujourd&rsquo;hui \u00e0 des courses marqu\u00e9es par l&rsquo;esprit                     de comp\u00e9tition le plus vif. Qu&rsquo;il s&rsquo;agisse de faire du pain,                     du surf ou de jouer au monopoly, chaque ann\u00e9e donne naissance                     \u00e0 des concours et des tournois de plus en plus nombreux. M\u00eame                     le tranquille jardinier amateur participe \u00e0 des championnats                     de classe mondiale et s&rsquo;acharne \u00e0 produire de grotesques concombres                     et navets boursoufl\u00e9s, et sans doute immangeables, pour que                     son nom figure dans des livres de records. <\/p>\n<p> \u00c0 l&rsquo;agressivit\u00e9 de l&rsquo;esprit de comp\u00e9tition dans un domaine                     o\u00f9 nul n&rsquo;existait auparavant, s&rsquo;allie la cupidit\u00e9. En Am\u00e9rique                     du Nord, la mode actuelle des collections de cartes de baseball                     ne rel\u00e8ve pas de l&rsquo;amour du jeu ni d&rsquo;une admiration na\u00efve                     pour les joueurs, mais du fait qu&rsquo;elles sont lucratives. Des                     concours sont maintenant organis\u00e9s non pour go\u00fbter \u00e0 \u00ab\u00a0l&rsquo;art                     aimable de la p\u00eache \u00e0 la ligne \u00a0\u00bb, mais pour attraper                     le plus gros poisson et gagner le plus grand prix en utilisant                     la toute derni\u00e8re technologie sous-marine. <\/p>\n<p> Cette nouvelle mentalit\u00e9 a amput\u00e9 la vie d&rsquo;une certaine                     gr\u00e2ce et rabaiss\u00e9 l&rsquo;esprit d&rsquo;amateurisme dans lequel on entreprend                     des activit\u00e9s pour avoir du plaisir et non pour remporter                     une victoire ou gagner de l&rsquo;argent. Lorsque la r\u00e9cr\u00e9ation                     atteint un tel niveau comp\u00e9titif et mercenaire, qu&rsquo;elle n&rsquo;est                     que la prolongation de la vie professionnelle et de ses tracas,                     elle n&rsquo;a plus de raison d&rsquo;\u00eatre. <\/p>\n<p> Par contre, si la r\u00e9cr\u00e9ation est une fin en soi et domine                     la vie d&rsquo;un individu, elle est \u00e9galement absurde. Si elle                     ne vise qu&rsquo;\u00e0 donner du plaisir ou flatter la vanit\u00e9, comment                     la prendre au s\u00e9rieux\u00a0? <\/p>\n<p> Et pourtant, tout membre d&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9 doit la prendre au                     s\u00e9rieux, ne serait-ce que parce qu&rsquo;elle consomme des ressources                     naturelles et \u00e9conomiques et que cette consommation ne peut                     que s&rsquo;accro\u00eetre avec la population, notamment dans les r\u00e9gions                     prosp\u00e8res du monde. <\/p>\n<p> La r\u00e9partition de l&rsquo;espace vou\u00e9 \u00e0 la r\u00e9cr\u00e9ation est d\u00e9j\u00e0                     une question politique dans certaines localit\u00e9s\u00a0: ces                     terres deviendront -elles un terrain de golf ou resteront-elles                     r\u00e9serv\u00e9es aux cultures \u00a0? Pendant de nombreuses ann\u00e9es,                     au Canada, on a d\u00e9battu de l&rsquo;utilisation des terres des parcs                     nationaux\u00a0: devraient-ils s&rsquo;ouvrir aux projets immobiliers                     r\u00e9cr\u00e9atifs ou \u00eatre r\u00e9serv\u00e9s aux seuls amoureux de la nature                   plus respectueux de l&rsquo;\u00e9cologie que les touristes et les skieurs\u00a0? <\/p>\n<h3>Les loisirs sont-ils appel\u00e9s \u00e0 nous contr\u00f4ler, nous et notre soci\u00e9t\u00e9, ou parviendrons-nous \u00e0 les contr\u00f4ler\u00a0? <\/h3>\n<p>Lorsqu&rsquo;on touche au domaine des ressources \u00e9conomiques, la                     question de leur usage \u00e0 des fins r\u00e9cr\u00e9atives prend des proportions                     plan\u00e9taires. Les pays riches consacrent-ils trop de fonds                     \u00e0 la r\u00e9cr\u00e9ation alors que les pauvres sont r\u00e9duits \u00e0 qu\u00e9mander\u00a0?                     Ces pauvres, par contre, ne profitent-ils pas de la vague                     de touristes, d&rsquo;enthousiastes sportifs et autres qui d\u00e9ferle                     sur le monde entier pour satisfaire leur soif de r\u00e9cr\u00e9ation\u00a0?                     Compte tenu du r\u00f4le de la r\u00e9cr\u00e9ation pour \u00eatre apte au travail,                     les d\u00e9penses actuelles des pays industrialis\u00e9s ne sont-elles                     pas n\u00e9cessaires au bien-\u00eatre social ou \u00e9conomique de leur                     population\u00a0? Ces questions, si elles ne peuvent recevoir                     de r\u00e9ponses cat\u00e9goriques, pr\u00eatent s\u00e9rieusement \u00e0 r\u00e9flexion.                   <\/p>\n<p> En fin de compte, la question de savoir si nos loisirs am\u00e9lioreront                     ou d\u00e9truiront la qualit\u00e9 de la vie d\u00e9pend de nous. Nous pouvons                     les laisser nous contr\u00f4ler collectivement \u00e0 l&rsquo;image du <em>                     Meilleur des mondes <\/em> ou nous pouvons les contr\u00f4ler pour                     en retirer tous les bienfaits possibles. Tout au long de son                     histoire, l&rsquo;humanit\u00e9 a tir\u00e9 grand profit des activit\u00e9s constructives                     auxquelles elle se livrait lorsqu&rsquo;elle n&rsquo;\u00e9tait plus men\u00e9e                     par la n\u00e9cessit\u00e9. La r\u00e9cr\u00e9ation s&rsquo;est montr\u00e9e un excellent                     serviteur mais elle serait certainement un mauvais ma\u00eetre.                     Une menace r\u00e9elle existe dans les soci\u00e9t\u00e9s ais\u00e9es qui continuent                     de s&rsquo;enrichir, celle de lui accorder une trop haute priorit\u00e9.                     Nous devons la prendre pour ce qu&rsquo;elle est \u00a0: un moyen                     de vivre pleinement. Gardons-nous d&rsquo;en faire le but de l&rsquo;existence.                     Dans une soci\u00e9t\u00e9 soucieuse de son avenir, la r\u00e9cr\u00e9ation a                     sa place mais, cette place, elle ne doit pas l&rsquo;outrepasser.                   <\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<\/p><\/div>\n","protected":false},"author":87,"featured_media":0,"template":"","categories":[1],"rbc_letter_theme":[],"rbc_letter_year":[73],"class_list":["post-2133","rbc_letter","type-rbc_letter","status-publish","hentry","category-uncategorized","rbc_letter_year-73"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO Premium plugin v27.2 (Yoast SEO v27.2) - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-premium-wordpress\/ -->\n<title>Vol. 73 N\u00b0 1 - Janvier\/F\u00e9vrier 1992 - Le r\u00f4le de la r\u00e9cr\u00e9ation - RBC<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-73-n-1-janvier-fevrier-1992-le-role-de-la-recreation\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Vol. 73 N\u00b0 1 - Janvier\/F\u00e9vrier 1992 - Le r\u00f4le de la r\u00e9cr\u00e9ation\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Dans un monde o\u00f9 les tensions sont extr\u00eames, la r\u00e9cr\u00e9ation est une n\u00e9cessit\u00e9. 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