{"id":2126,"date":"1985-01-01T00:00:00","date_gmt":"1985-01-01T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-66-n-1-jan-fev-1985-laurier-le-seul-homme\/"},"modified":"2025-05-30T17:32:07","modified_gmt":"2025-05-30T17:32:07","slug":"vol-66-n-1-jan-fev-1985-laurier-le-seul-homme","status":"publish","type":"rbc_letter","link":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-66-n-1-jan-fev-1985-laurier-le-seul-homme\/","title":{"rendered":"Vol. 66, N\u00b0 1 &#8211; Jan.\/F\u00e9v. 1985 &#8211; Laurier\u00a0: le seul homme"},"content":{"rendered":"\n<p><a href=\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/5\/2022\/08\/jan_fev1985.pdf\" data-dig-id=\"LP-Uncategorized-2126-2024c5b6\" data-dig-category=\"LP-Uncategorized\" data-dig-action=\"link click\" data-dig-label=\"T\u00e9l\u00e9chargez la version PDF\" class=\"rbc-link-format standalone-pdf\" data-icon-class=\"standalone-pdf\">T\u00e9l\u00e9chargez la version PDF<\/a><\/p>\n\n\n<div id=\"layout-column-main\">\n<p class=\"boldtext\">Wilfrid Laurier s&rsquo;est vou\u00e9 corps                     et \u00e2me \u00e0 la r\u00e9conciliation des Canadiens,                     mais sa vie en apparence s&rsquo;est termin\u00e9e par un \u00e9chec.                     C&rsquo;est maintenant seulement que nous pouvons appr\u00e9cier                     sa stature r\u00e9elle et nous r\u00e9jouir de son passage                     parmi nous&#8230; <\/p>\n<p> Le Vieux Chef venait de mourir et le leader de l&rsquo;Opposition,                     Wilfrid Laurier, d\u00e9clarait devant une Chambre endeuill\u00e9e\u00a0:                     \u00ab\u00a0Sir John Macdonald occupait une si grande place dans                     ce pays qu&rsquo;il est presque impossible de concevoir que la vie                     politique &#8211; la destin\u00e9e du Canada &#8211; puisse se poursuivre                     sans lui\u00a0\u00bb. En ce jour de juin 1891, personne n&rsquo;aurait                     pu pr\u00e9voir que Laurier, le lib\u00e9ral, passerait                     aux yeux de la post\u00e9rit\u00e9 pour le vrai successeur                     de Macdonald, le conservateur. <\/p>\n<p> Aujourd&rsquo;hui, les \u00e9coliers apprennent les noms de                     Macdonald et de Laurier tout d&rsquo;une haleine, comme si le premier                     avait confi\u00e9 au second la t\u00e2che d&rsquo;\u00e9difier                     une nation. Le temps a estomp\u00e9 les diff\u00e9rences                     d&rsquo;opinions et de style qui existaient entre ces deux hommes                     et les cinq ann\u00e9es de r\u00e9gime conservateur qui                     ont suivi la mort de Sir John apparaissent seulement comme                     un interlude pendant lequel les grandes esp\u00e9rances                     suscit\u00e9es par la Conf\u00e9d\u00e9ration ont \u00e9t\u00e9                     cruellement an\u00e9anties. <\/p>\n<p> Avec l&rsquo;\u00e9loignement, nous pouvons voir que Laurier                     \u00e9tait le seul homme capable de rallier la nation en                     voie de formation, en d\u00e9pit d&rsquo;elle-m\u00eame, pourrait-on                     dire. Ceux qui ne croient pas au destin pourraient trouver                     mati\u00e8re \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir dans le concours                     de circonstances qui a donn\u00e9 au Canada, presque coup                     sur coup, deux leaders \u00e9minemment qualifi\u00e9s                     pour affronter les probl\u00e8mes cruciaux de leur temps.                   <\/p>\n<p> D&rsquo;aucuns ont pr\u00e9tendu que les peuples ont les dirigeants                     qu&rsquo;ils m\u00e9ritent, mais on ne peut pas dire que l&rsquo;\u00e9lectorat                     exclusivement masculin de la poign\u00e9e d&rsquo;anciennes colonies                     britanniques qui composaient le Canada dans les ann\u00e9es                     1890 ait m\u00e9rit\u00e9 un Wilfrid Laurier, homme tol\u00e9rant,                     cosmopolite et conciliant entre tous. <\/p>\n<p> Il y a toujours eu dans la personne de Laurier quelque chose                     de romantique et de po\u00e9tique, qualit\u00e9s peu r\u00e9pandues                     chez ses concitoyens. N\u00e9 \u00e0 Saint-Lin dans les                     Laurentides en 1841, il avait fait ses \u00e9tudes en fran\u00e7ais                     et en anglais. Jeune avocat radical frais \u00e9moulu de                     l&rsquo;universit\u00e9 McGill, il avait d\u00e9but\u00e9                     dans les affaires publiques en s&rsquo;affiliant aux <em>Rouges<\/em>,                     un mouvement libertaire nourri des souvenirs exalt\u00e9s                     de la r\u00e9bellion de 1837. <\/p>\n<p> Lorsque vers le milieu des ann\u00e9es 1860, les autorit\u00e9s                     religieuses du Qu\u00e9bec s&rsquo;oppos\u00e8rent aux <em>Rouges                     <\/em>sur une question de libert\u00e9 intellectuelle, Laurier                     fut l&rsquo;un des premiers \u00e0 organiser la r\u00e9sistance.                     Multipliant les interventions lors des r\u00e9unions anticl\u00e9ricales,                     il se fit une r\u00e9putation d&rsquo;\u00e9loquence qui pr\u00e9figurait                     son prestige futur. <\/p>\n<p> Et comme pour parfaire l&rsquo;aura de romantisme qui nimbait                     le jeune tribun, le spectre de la tuberculose l&rsquo;obligea \u00e0                     s&rsquo;installer dans les cantons de l&rsquo;Est. Ses coll\u00e8gues                     <em>rouges <\/em>lui confi\u00e8rent alors la direction de                     leur journal. <\/p>\n<p> Ils venaient d&#8217;embrasser une cause nouvelle\u00a0: il s&rsquo;agissait                     de combattre la f\u00e9d\u00e9ration que les actuelles                     provinces maritimes, l&rsquo;Ontario et le Qu\u00e9bec \u00e9taient                     en train de n\u00e9gocier. Vers la fin de la campagne men\u00e9e                     contre la Conf\u00e9d\u00e9ration, Laurier signa un \u00e9ditorial                     qui contenait une sombre pr\u00e9diction\u00a0: \u00ab\u00a0D\u00e8s                     lors appara\u00eetront la contestation, la division, la guerre                     et l&rsquo;anarchie\u00a0; l&rsquo;\u00e9l\u00e9ment le plus faible,                     c&rsquo;est-\u00e0-dire l&rsquo;\u00e9l\u00e9ment fran\u00e7ais                     et catholique, sera entra\u00een\u00e9 et englouti par                     le plus fort\u00a0\u00bb. <\/p>\n<p> Laurier allait passer presque tout le reste de sa vie \u00e0                     essayer d&#8217;emp\u00eacher cette proph\u00e9tie de se r\u00e9aliser.                     Pour commencer, cependant, il accueillit la Conf\u00e9d\u00e9ration                     avec une indiff\u00e9rence r\u00e9sign\u00e9e. Il exer\u00e7ait                     alors sa profession \u00e0 Arthabaska, dans les cantons                     de l&rsquo;Est. En 1868, il \u00e9pousait Zo\u00eb Lafontaine, jolie                     professeur de musique de Montr\u00e9al. <\/p>\n<p> Mais son g\u00e9nie de la politique n&rsquo;attendait que l&rsquo;occasion                     de se manifester. En 1871, les <em>Rouges <\/em>le persuad\u00e8rent                     de se faire \u00e9lire \u00e0 l&rsquo;assembl\u00e9e l\u00e9gislative                     du Qu\u00e9bec. Trois ans plus tard, il d\u00e9missionnait                     afin de si\u00e9ger aux Communes. <\/p>\n<h3>Il persuade les Qu\u00e9b\u00e9cois que voter lib\u00e9ral                     n&rsquo;est                     pas un p\u00e9ch\u00e9<\/h3>\n<p> D\u00e9j\u00e0, il \u00e9tait \u00e9vident qu&rsquo;il                     avait vu juste et que les int\u00e9r\u00eats des Canadiens                     fran\u00e7ais risquaient de sombrer dans la mer anglophone.                     Loin de consid\u00e9rer la Conf\u00e9d\u00e9ration comme                     un pacte entre deux groupes de langue diff\u00e9rente, comme                     il le faisait lui-m\u00eame, ses coll\u00e8gues canadiens                     anglais du Parlement y voyaient plut\u00f4t un moyen d&rsquo;annihiler                     la culture fran\u00e7aise au Canada. De toute \u00e9vidence,                     pour prot\u00e9ger les int\u00e9r\u00eats fran\u00e7ais,                     il fallait d&rsquo;abord parvenir au si\u00e8ge du pouvoir f\u00e9d\u00e9ral.                   <\/p>\n<p> Mais Laurier savait que pour exercer un pouvoir quelconque                     au nom de ses compatriotes, il devait \u00eatre mandat\u00e9                     par sa province natale. Il se mit donc \u00e0 l&rsquo;oeuvre pour                     consolider les bases du Parti lib\u00e9ral dans un Qu\u00e9bec                     que les <em>Bleus <\/em>dominaient avec l&rsquo;appui de l&rsquo;\u00c9glise                     catholique. Il s&rsquo;attaqua de front \u00e0 cette puissante                     alliance, insistant sur le fait que les eccl\u00e9siastiques                     n&rsquo;avaient pas le droit d&rsquo;intimider leurs paroissiens pour                     faire triompher leurs propres vues politiques. Des foules                     immenses l&rsquo;acclam\u00e8rent lorsqu&rsquo;il d\u00e9clara que                     l&rsquo;on pouvait \u00eatre \u00e0 la fois bon catholique et                     bon lib\u00e9ral. <\/p>\n<p> De retour \u00e0 Ottawa, Wilfrid Laurier s&rsquo;imposa rapidement                     comme la vedette incontest\u00e9e de la d\u00e9putation                     lib\u00e9rale du Qu\u00e9bec. Reconnaissant en lui leur                     adversaire le plus dangereux, les conservateurs eurent recours                     aux pots-de-vin, \u00e0 la violence physique et \u00e0                     la menace du feu \u00e9ternel, prof\u00e9r\u00e9e du                     haut de la chaire, pour le d\u00e9faire dans sa circonscription                     en 1877. Le Premier ministre lib\u00e9ral Alexander Mackenzie                     lib\u00e9ra alors un si\u00e8ge dans Qu\u00e9bec-est                     et Laurier l&#8217;emporta lors d&rsquo;une \u00e9lection partielle                     chaudement disput\u00e9e. <\/p>\n<p> Lorsque les conservateurs de Macdonald reprirent le pouvoir                     en 1878, Laurier retomba dans l&rsquo;apathie qui semble avoir \u00e9t\u00e9                     l&rsquo;un de ses traits de caract\u00e8re, car on peut lire en                     filigrane dans sa biographie l&rsquo;absence d&rsquo;ambition et une h\u00e9sitation                     chronique \u00e0 exercer son prodigieux talent politique.                     C&rsquo;est \u00e0 son corps d\u00e9fendant qu&rsquo;il accepta en                     1887 de prendre la direction de son parti, pr\u00e9tendant                     que c&rsquo;\u00e9tait une erreur de confier la banni\u00e8re                     lib\u00e9rale \u00e0 un catholique de langue fran\u00e7aise.                   <\/p>\n<p> C&rsquo;est ce qu&rsquo;il croyait, mais l&rsquo;unanimit\u00e9 du caucus                     lib\u00e9ral, compos\u00e9 en majorit\u00e9 d&rsquo;anglophones                     persuad\u00e9s qu&rsquo;il \u00e9tait \u00ab\u00a0le seul homme\u00a0\u00bb                     capable de les conduire \u00e0 la victoire, t\u00e9moigne                     de la grandeur qui \u00e9manait de sa personne. C&rsquo;\u00e9tait                     de leur part un choix singulier puisque, pour reprendre le                     pouvoir, le Parti lib\u00e9ral devait gagner l&rsquo;\u00e9lectorat                     de langue anglaise. Et les relations entre anglophones et                     francophones avaient rarement \u00e9t\u00e9 aussi tendues,                     la pendaison de Louis Riel deux ans auparavant ayant suscit\u00e9                     entre les deux groupes une haine farouche. <\/p>\n<p> Ce n&rsquo;est pas la moindre des nombreuses singularit\u00e9s                     de sa carri\u00e8re qu&rsquo;il ait \u00e9t\u00e9 propuls\u00e9                     dans le fauteuil du Premier ministre en 1896, justement \u00e0                     cause de l&rsquo;hostilit\u00e9 des anglophones envers la pr\u00e9sence                     fran\u00e7aise au Canada. Le Manitoba avait aboli les \u00e9coles                     catholiques fran\u00e7aises. Lorsque le gouvernement conservateur                     d&rsquo;Ottawa l\u00e9gif\u00e9ra pour r\u00e9tablir l&rsquo;enseignement                     en fran\u00e7ais, les autorit\u00e9s provinciales refus\u00e8rent                     d&rsquo;ob\u00e9ir. A l&rsquo;occasion des \u00e9lections qui s&rsquo;ensuivirent,                     Laurier d\u00e9clara qu&rsquo;il ne voyait pas comment le gouvernement                     f\u00e9d\u00e9ral pourrait imposer quoi que ce soit au                     Manitoba en mati\u00e8re d&rsquo;\u00e9ducation. <\/p>\n<p> Il promit de r\u00e9gler le diff\u00e9rend \u00e0                     sa mani\u00e8re qui \u00e9tait la conciliation. Expos\u00e9                     \u00e0 la vindicte publique par le clerg\u00e9 qu\u00e9b\u00e9cois,                     il n&rsquo;en remporta pas moins une majorit\u00e9 confortable                     jusque dans sa province natale. <\/p>\n<h3>Plus anglais que le roi, plus catholiques que le pape<\/h3>\n<p> Il s&rsquo;attela \u00e0 la t\u00e2che de gouverner un peuple                     \u00ab\u00a0dont une partie \u00e9tait plus anglaise que le roi                     et l&rsquo;autre, plus catholique que le pape\u00a0\u00bb, selon l&rsquo;expression                     de l&rsquo;historien Arthur Lower. Son premier geste fut de dresser                     un compromis par lequel il obtint que le fran\u00e7ais et                     la religion soient enseign\u00e9s dans les \u00e9coles                     publiques du Manitoba. <\/p>\n<p> Son long r\u00e8gne (15 ans) s&rsquo;annon\u00e7ait bien.                     La fin du XIXe si\u00e8cle et le d\u00e9but du XXe sont                     souvent d\u00e9crits comme un \u00e2ge d&rsquo;or et les quelques                     premi\u00e8res ann\u00e9es que Laurier passa au pouvoir                     s&rsquo;\u00e9coul\u00e8rent litt\u00e9ralement sous le signe                     du pr\u00e9cieux m\u00e9tal. L&rsquo;or du Klondike contribuait                     \u00e0 l&rsquo;essor \u00e9conomique et, dans l&rsquo;Ouest, on avait                     commenc\u00e9 d&rsquo;exploiter un autre riche filon sous la forme                     de bl\u00e9. <\/p>\n<p> Dans les plaines septentrionales, la culture des c\u00e9r\u00e9ales                     avait toujours \u00e9t\u00e9 expos\u00e9e aux al\u00e9as                     du climat. Maintenant, on semait une nouvelle vari\u00e9t\u00e9                     de bl\u00e9 qui r\u00e9sistait au gel tout en \u00e9tant                     d&rsquo;une qualit\u00e9 sup\u00e9rieure \u00e0 tout ce qu&rsquo;on                     connaissait jusque l\u00e0. La demande de cette denr\u00e9e                     sur les march\u00e9s mondiaux doublait et redoublait et                     pourtant, des dizaines de millions d&rsquo;acres de terre fertile                     restaient en friche. Clifford Sifton, ministre de l&rsquo;Int\u00e9rieur                     dans le gouvernement Laurier, mit sur pied un vaste programme                     d&rsquo;immigration. <\/p>\n<p> Il \u00e9choit \u00e0 tr\u00e8s peu d&rsquo;hommes politiques                     de changer le cours de l&rsquo;histoire de leur pays, mais le r\u00e9gime                     de Laurier a modifi\u00e9 le Canada du tout au tout. Son                     gouvernement a amen\u00e9 au pays des millions d&rsquo;immigrants                     d&rsquo;origine slave, germanique ou scandinave, rempla\u00e7ant                     ainsi la structure binaire de la population par le multiculturalisme                     qui caract\u00e9rise l&rsquo;actuelle soci\u00e9t\u00e9 canadienne.                   <\/p>\n<p> Cette \u00e9volution \u00e9tait conforme \u00e0 l&rsquo;id\u00e9al                     social de Laurier qui savait fort bien que les Canadiens ne                     formeraient jamais une nation homog\u00e8ne. Il ne fallait                     pas esp\u00e9rer cr\u00e9er un <em>melting pot <\/em>au                     nord de la fronti\u00e8re am\u00e9ricaine, mais plut\u00f4t                     se contenter de cette cath\u00e9drale composite qu&rsquo;il entrevoyait\u00a0:                     \u00ab\u00a0Je veux que le marbre, le granit et le ch\u00eane                     conservent leur nature propre et avec tous ces mat\u00e9riaux,                     je veux \u00e9difier une nation qui prendra place parmi                     les plus grandes\u00a0\u00bb. <\/p>\n<p> Les nouveaux march\u00e9s cr\u00e9\u00e9s par le peuplement                     de l&rsquo;Ouest apport\u00e8rent la prosp\u00e9rit\u00e9                     dans le centre du pays et l&rsquo;industrie manufacturi\u00e8re                     se d\u00e9veloppa \u00e0 la faveur des barri\u00e8res                     douani\u00e8res \u00e9lev\u00e9es pr\u00e9c\u00e9demment                     par les conservateurs. Personnellement, Laurier \u00e9tait                     partisan du libre-\u00e9change, mais il ne voyait pas de                     raison de s&rsquo;opposer \u00e0 une bonne chose. Il fit toutefois                     adopter des lois qui eurent pour effet d&rsquo;offrir \u00e0 la                     Grande-Bretagne un tarif de pr\u00e9f\u00e9rence, ce qui                     lui valut une grande popularit\u00e9 dans ce pays. <\/p>\n<p> Il accepta le titre de chevalier et parla avec chaleur de                     l&rsquo;attachement du Canada pour l&rsquo;Empire. N\u00e9anmoins, lorsque                     des parlementaires britanniques lanc\u00e8rent l&rsquo;id\u00e9e                     d&rsquo;un empire unifi\u00e9 dans la politique \u00e9trang\u00e8re,                     la d\u00e9fense et le commerce, Laurier refusa sans ambages.                   <\/p>\n<p> Sa t\u00e2che suivante consistait \u00e0 \u00e9quiper                     le Canada pour tirer parti de ses richesses nouvelles. L&rsquo;unique                     chemin de fer transcontinental ne pouvait suffire au transport                     du grain et des ressources naturelles. Laurier pr\u00e9sida                     \u00e0 la construction de deux autres lignes de chemin de                     fer dont le r\u00e9seau sillonna bient\u00f4t la Prairie                     en tout sens et s&rsquo;\u00e9tendit \u00e0 la Colombie-Britannique,                     \u00e0 l&rsquo;Ontario et au nord du Qu\u00e9bec. La carte du                     Canada prenait progressivement l&rsquo;aspect que nous lui connaissons                     maintenant. <\/p>\n<p> Mais les chemins de fer devenaient une marotte. Beaucoup                     trop de voies furent construites et il fallut \u00e9ventuellement                     rationaliser \u00e0 grands frais les deux lignes qui, refondues,                     allaient former le Canadien National. Les exc\u00e8s de                     Laurier \u00e9taient en g\u00e9n\u00e9ral des exc\u00e8s                     d&rsquo;optimisme &#8211; ne pr\u00e9tendait-il pas que le XXe si\u00e8cle                     appartiendrait au Canada\u00a0? Il surestimait en cela ses                     concitoyens, car la grandeur vient seulement aux soci\u00e9t\u00e9s                     en pleine maturit\u00e9 et les Canadiens se conduisaient                     encore comme des enfants obstin\u00e9s. <\/p>\n<p> Laurier se trouvait dans le r\u00f4le du p\u00e8re de                     famille qui intervient \u00e0 propos pour pacifier une famille                     querelleuse. Il fallait tout son savoir-faire d&rsquo;homme d&rsquo;\u00c9tat                     pour emp\u00eacher les principaux groupes linguistiques de                     s&rsquo;entre-\u00e9gorger. <\/p>\n<p> Press\u00e9 d&rsquo;une part par les Qu\u00e9b\u00e9cois                     ultra-nationalistes et de l&rsquo;autre, par les anglophones ultra-imp\u00e9rialistes,                     il \u00e9labora des compromis ing\u00e9nieux concernant,                     par exemple, la participation du Canada \u00e0 la guerre                     des Boers et \u00e0 la d\u00e9fense navale de l&rsquo;Empire.                     Un domaine cependant r\u00e9sista \u00e0 ses efforts de                     conciliation\u00a0: la langue d&rsquo;enseignement dans les \u00e9coles                     provinciales. <\/p>\n<p> En 1905, au moment o\u00f9 le Canada consolidait sa structure                     en cr\u00e9ant l&rsquo;Alberta et la Saskatchewan, l&rsquo;ancien conflit                     reparut, plus virulent que jamais. Laurier avait promis que                     les provinces auraient des \u00e9coles catholiques s\u00e9par\u00e9es,                     mais il lui fallut revenir sur sa parole lorsqu&rsquo;il comprit                     que le fanatisme religieux ne ferait qu&#8217;empirer si le gouvernement                     f\u00e9d\u00e9ral essayait d&rsquo;imposer sa volont\u00e9.                     Son ancien prot\u00e9g\u00e9, Henri Bourassa, parlait                     pour un grand nombre de ses compatriotes lorsqu&rsquo;il d\u00e9clara                     que c&rsquo;\u00e9tait l\u00e0 trahir le droit des Canadiens                     fran\u00e7ais \u00e0 leur langue et \u00e0 leur religion.                   <\/p>\n<h3>\u00ab\u00a0La foi vaut mieux que le doute et l&rsquo;amour vaut mieux                     que la haine\u00a0\u00bb<\/h3>\n<p> Bourassa forma une curieuse alliance avec les <em>Bleus                     <\/em>du Qu\u00e9bec et les <em>Tories <\/em>de l&rsquo;Ontario                     pour d\u00e9faire Laurier aux \u00e9lections de 1911.                     La controverse portait sur la question de savoir si le Canada                     devait se doter d&rsquo;une marine de guerre et s&rsquo;il devait n\u00e9gocier                     un trait\u00e9 de r\u00e9ciprocit\u00e9 avec les \u00c9tats-Unis.                     Laurier fut trait\u00e9 de laquais des Anglais par les nationalistes                     du Qu\u00e9bec et de tra\u00eetre \u00e0 l&rsquo;Empire par                     les imp\u00e9rialistes de l&rsquo;Ontario. Quelques ann\u00e9es                     plus tard, alors qu&rsquo;il \u00e9tait chef de l&rsquo;Opposition,                     il fut accus\u00e9 de sacrifier l&rsquo;\u00e2me du pays aux                     int\u00e9r\u00eats des Canadiens fran\u00e7ais lorsqu&rsquo;il                     refusa, comme promis, de voter la conscription pendant la                     guerre de 1914. <\/p>\n<p> Se dissociant de lui sur cette question, nombre de ses coll\u00e8gues                     de langue anglaise accept\u00e8rent de faire partie d&rsquo;un                     cabinet de coalition avec Sir Robert Borden. Les \u00e9lections                     de 1917 mirent Laurier dans une position qu&rsquo;il avait essay\u00e9                     d&rsquo;\u00e9viter toute sa vie, celle de chef d&rsquo;un parti dont                     la base se trouvait presque tout enti\u00e8re au Qu\u00e9bec                     fran\u00e7ais. De faible constitution depuis toujours, il                     \u00e9tait \u00e0 la fois malade et navr\u00e9 par la                     d\u00e9fection de ses partisans de langue anglaise. Supr\u00eamement                     d\u00e9senchant\u00e9, il aurait pu renoncer au pancanadianisme                     de ses r\u00eaves pour se faire le porte-parole de l&rsquo;insatisfaction                     qu\u00e9b\u00e9coise. <\/p>\n<p> Mais il resta fid\u00e8le \u00e0 ses croyances. Dans                     un discours prononc\u00e9 sur la fin de sa vie, il \u00e9num\u00e9ra                     tous les probl\u00e8mes de race, de religion et d&rsquo;all\u00e9geances                     contradictoires qui tiraillaient le pays et ajouta\u00a0:                     \u00ab\u00a0Laissez-moi vous dire que pour r\u00e9soudre ces                     probl\u00e8mes, vous avez un guide s\u00fbr, un phare infaillible,                     si vous vous rappelez que la foi vaut mieux que le doute et                     que l&rsquo;amour vaut mieux que la haine\u00a0\u00bb. <\/p>\n<p> Il mourut en f\u00e9vrier 1919, \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de                     77 ans, et les journaux rappel\u00e8rent tout ce qu&rsquo;il avait                     fait pour le pays. La liste \u00e9tait impressionnante alors,                     mais elle l&rsquo;est encore plus aujourd&rsquo;hui, car nous pouvons                     voir que c&rsquo;est lui qui a mis le Canada sur la voie de l&rsquo;ind\u00e9pendance,                     qu&rsquo;il a compl\u00e9t\u00e9 la carte du pays, fond\u00e9                     une dynastie politique et donn\u00e9 \u00e0 notre soci\u00e9t\u00e9                     son cachet multiculturel. \u00c0 l&rsquo;\u00e9poque, cependant,                     sa vie semblait se terminer par un \u00e9chec et c&rsquo;est peut-\u00eatre                     ce qu&rsquo;il pensait lui-m\u00eame au moment de mourir. <\/p>\n<p> Sa mort, il en avait parl\u00e9 quelques ann\u00e9es                     auparavant. \u00ab\u00a0Je ne sais pas ce que l&rsquo;avenir r\u00e9serve                     \u00e0 mon pays, avait-il dit, mais lorsque je fermerai                     les yeux, je voudrais que ce soit sur un Canada uni dans tous                     ses \u00e9l\u00e9ments, chacun ch\u00e9rissant ses traditions                     et tous nourrissant ensemble de plus grands espoirs encore                     pour l&rsquo;avenir.\u00a0\u00bb <\/p>\n<p> Cette satisfaction lui serait refus\u00e9e encore de nos                     jours, mais il pourrait voir un Canada o\u00f9 la derni\u00e8re                     chose dont on se soucie, c&rsquo;est de savoir si un candidat est                     catholique ou protestant\u00a0; un Canada qui ne re\u00e7oit                     d&rsquo;ordres de personne\u00a0; un Canada qui, dans l&rsquo;ensemble,                     respecte l&rsquo;individualit\u00e9 culturelle de ses divers \u00e9l\u00e9ments                     raciaux. Les d\u00e9convenues et les tourments de cette                     \u00e2me noble et g\u00e9n\u00e9reuse n&rsquo;ont donc pas                     \u00e9t\u00e9 vains. Les espoirs qu&rsquo;il entretenait pour                     les g\u00e9n\u00e9rations futures se sont en partie r\u00e9alis\u00e9s                     et les Canadiens peuvent encore, s&rsquo;il pla\u00eet \u00e0                     Dieu, se montrer \u00e0 la hauteur de son leadership. <\/p>\n<\/p><\/div>","protected":false},"author":87,"featured_media":0,"template":"","categories":[1],"rbc_letter_theme":[],"rbc_letter_year":[66],"class_list":["post-2126","rbc_letter","type-rbc_letter","status-publish","hentry","category-uncategorized","rbc_letter_year-66"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO Premium plugin v27.2 (Yoast SEO v27.2) - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-premium-wordpress\/ -->\n<title>Vol. 66, N\u00b0 1 - Jan.\/F\u00e9v. 1985 - Laurier\u00a0: le seul homme - RBC<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-66-n-1-jan-fev-1985-laurier-le-seul-homme\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Vol. 66, N\u00b0 1 - Jan.\/F\u00e9v. 1985 - Laurier\u00a0: le seul homme\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"T\u00e9l\u00e9chargez la version PDF Wilfrid Laurier s&rsquo;est vou\u00e9 corps et \u00e2me \u00e0 la r\u00e9conciliation des Canadiens, mais sa vie en apparence s&rsquo;est termin\u00e9e par un \u00e9chec. 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