{"id":2121,"date":"1998-12-01T00:00:00","date_gmt":"1998-12-01T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-79-n-1-hiver-1998-pensees-pour-le-temps-present\/"},"modified":"2022-10-17T20:51:48","modified_gmt":"2022-10-17T20:51:48","slug":"vol-79-n-1-hiver-1998-pensees-pour-le-temps-present","status":"publish","type":"rbc_letter","link":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-79-n-1-hiver-1998-pensees-pour-le-temps-present\/","title":{"rendered":"Vol. 79 N\u00b0. 1 &#8211; Hiver 1998 &#8211; Pens\u00e9es pour le Temps Pr\u00e9sent"},"content":{"rendered":"<div id=\"layout-column-main\">\n<p class=\"boldtext\">Un brin de philosophie dissipe comme par                     magie les frustrations de la vie quotidienne et aide mieux                     encore \u00e0 clarifier les grands enjeux sociaux. Nous                     aurions tort de bouder la sagesse s\u00e9culaire qui s&rsquo;exprime                     dans les proverbes, maximes et dictons populaires. Vous ne                     les avez pas appris par coeur, comme vos grands-parents\u00a0?                     Il en existe d&rsquo;excellents recueils&#8230; <\/p>\n<p> Depuis quelque temps, les journaux relatent d&rsquo;\u00e9tranges                     histoires sur les \u00ab\u00a0enrag\u00e9s de la route\u00a0\u00bb.                     Ces automobilistes mutants sont tellement irrit\u00e9s par                     l&rsquo;impolitesse (pour ne pas dire plus) d&rsquo;un autre conducteur                     qu&rsquo;ils en perdent les p\u00e9dales et se vengent en emboutissant                     l&rsquo;offenseur, en le for\u00e7ant \u00e0 sortir de la route                     ou m\u00eame, en lui tirant dessus au risque de le tuer.                     Le nombre de ces affrontements \u00e0 tombeau ouvert cro\u00eet                     \u00e0 une vitesse alarmante\u00a0: selon une \u00e9tude                     am\u00e9ricaine, ces altercations absurdes tuent ou blessent                     gravement au moins 1 500 hommes, femmes et enfants chaque                     ann\u00e9e aux \u00c9tats-Unis. <\/p>\n<p> Quoique r\u00e9cent, ce syndrome a d\u00e9j\u00e0                     ses experts, qui prescrivent unanimement un rem\u00e8de                     datant de la plus haute antiquit\u00e9\u00a0: tendre l&rsquo;autre                     joue. Ne r\u00e9pliquez pas au klaxonneur. Laissez le talonneur                     vous d\u00e9passer \u00e0 la premi\u00e8re occasion                     et n&rsquo;essayez pas de lui rendre la monnaie de sa pi\u00e8ce.                     Prenez un chemin de traverse pour semer le harceleur&#8230; bref,                     ravalez votre amour-propre et votre col\u00e8re. <\/p>\n<p> Ce conseil, c&rsquo;est de la philosophie \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat                     pur. Il nous exhorte \u00e0 brider nos instincts et nous                     rappelle que c&rsquo;est l\u00e0 le prix que nous devons tous                     payer pour vivre dans une soci\u00e9t\u00e9 civilis\u00e9e.                     Il nous sugg\u00e8re qu&rsquo;il faut parfois plus de courage                     pour d\u00e9cliner un combat que pour le livrer. Il nous                     apprend, enfin, que \u00ab\u00a0mieux vaut subir un tort que le                     causer\u00a0\u00bb, comme disait le grand penseur anglais Samuel                     Johnson. <\/p>\n<p> La plupart des gens con\u00e7oivent la philosophie comme                     un jeu intellectuel abstrait, mais dans sa fonction sociale                     traditionnelle, elle est un monument de sens pratique. Y a-t-il                     rien de plus pragmatique que son traitement des crises de                     rage au volant\u00a0? R\u00e9pliquer \u00e0 une queue                     de poisson par une bord\u00e9e d&rsquo;injures ou par un bras                     d&rsquo;honneur ne vous aide pas \u00e0 vous tirer d&#8217;embarras;                     au contraire, note une \u00e9tude britannique, cela vous                     d\u00e9concentre au pire moment. Et comme les chauffards                     sont en g\u00e9n\u00e9ral assez agressifs, votre \u00ab\u00a0ennemi\u00a0\u00bb                     risque de r\u00e9agir violemment \u00e0 l&rsquo;insulte. \u00ab\u00a0Mieux                     vaut arriver tard que jamais\u00a0\u00bb, conclut fort justement                     &#8211; et philosophiquement &#8211; un expert en la mati\u00e8re. <\/p>\n<p> Cette rage est un sympt\u00f4me spectaculaire de l&rsquo;impatience                     quasi suicidaire dont souffre la soci\u00e9t\u00e9 occidentale                     contemporaine. \u00c0 l&rsquo;origine de la plupart de ces incidents,                     on trouve en effet un conducteur tellement \u00e9nerv\u00e9                     par un ralentissement de la circulation qu&rsquo;il viole froidement                     la loi, sans parler des r\u00e8gles de la politesse, pour                     forcer le passage. Les psychologues y voient l&rsquo;expression                     d&rsquo;un trait fondamental de la mentalit\u00e9 citadine moderne\u00a0:                     la gratification quasi instantan\u00e9e des d\u00e9sirs.                     Nous qui pr\u00e9parons des repas minute au four \u00e0                     micro-ondes, qui changeons de cha\u00eene d&rsquo;une simple pression                     du doigt, qui retirons de l&rsquo;argent en quelques secondes au                     guichet automatique, nous avons si peu l&rsquo;habitude d&rsquo;attendre                     que le moindre contretemps nous agace prodigieusement. <\/p>\n<p> L&rsquo;efficacit\u00e9 virtuelle de la technologie moderne                     aggrave la frustration que nous ressentons lorsqu&rsquo;elle nous                     trahit. Y a-t-il rien de plus vexant que de contempler, assis                     au volant d&rsquo;une puissante voiture, le scintillant serpent                     d&rsquo;un embouteillage\u00a0? Rien de plus exasp\u00e9rant que                     de fixer l&rsquo;\u00e9cran glauque d&rsquo;un ordinateur dernier mod\u00e8le                   tomb\u00e9 en panne au milieu d&rsquo;un travail urgent\u00a0? <\/p>\n<h3>La pr\u00e9cipitation, au contraire de la patience, tend \u00e0 aggraver les choses parce qu&rsquo;elle pousse \u00e0 l&rsquo;action avant qu&rsquo;on en ait pes\u00e9 toutes les cons\u00e9quences. <\/h3>\n<p>C&rsquo;est alors qu&rsquo;un brin de la philosophie dont s&rsquo;inspirent                     les experts pour pr\u00e9venir la rage au volant peut nous                     sauver de la crise de nerfs. B\u00e2tie sur le socle d&rsquo;une                     sagesse mill\u00e9naire, elle n&rsquo;a pas son pareil pour ramener                     une contrari\u00e9t\u00e9 \u00e0 ses justes proportions.                     Samuel Johnson, l&rsquo;\u00e9crivain anglais d\u00e9j\u00e0                     cit\u00e9, en \u00e9tait un fervent adepte, au point de                     chapitrer fermement son ami et biographe James Boswell, qui                     s&rsquo;irritait un peu trop vivement \u00e0 son go\u00fbt d&rsquo;un                     malentendu sur l&rsquo;endroit o\u00f9 devait avoir lieu une r\u00e9ception\u00a0:                     \u00ab\u00a0Songez, Monsieur, que tout cela vous para\u00eetra                     fort d\u00e9risoire dans douze mois.\u00a0\u00bb <\/p>\n<h3>V\u00e9rit\u00e9 des temps modernes<\/h3>\n<p> Une autre fa\u00e7on tr\u00e8s efficace de d\u00e9samorcer                     la frustration et l&rsquo;impatience consiste \u00e0 s&rsquo;imaginer                     \u00e0 quel point la vie serait p\u00e9nible si on \u00e9tait                     handicap\u00e9. L\u00e0 encore, il s&rsquo;agit d&rsquo;une d\u00e9marche                     \u00e9minemment pratique\u00a0: rien, sans doute, ne rend                     plus supportables les maux dont on souffre que la pens\u00e9e                     de tous ceux dont on ne souffre pas. <\/p>\n<p> Durant sa longue existence (1709-1784), Johnson a connu                     son lot de maladies, de d\u00e9convenues et de chagrins,                     mais il a su en tirer un immense avantage psychologique en                     se disant que \u00ab\u00a0l&rsquo;homme habitu\u00e9 aux vicissitudes                     ne c\u00e8de pas facilement au d\u00e9couragement\u00a0\u00bb.                     Sur l&rsquo;impatience, il avait un point de vue hautement utilitaire.                     Elle est nuisible, croyait-il, parce qu&rsquo;elle \u00ab\u00a0consume                     en r\u00e9criminations le temps et l&rsquo;\u00e9nergie qui                     pourraient servir \u00e0 supprimer sa cause\u00a0\u00bb. <\/p>\n<p> De la patience &#8211; face noble de la m\u00eame m\u00e9daille                     &#8211; il appr\u00e9ciait la \u00ab\u00a0souveraine transmutation                     des maux\u00a0\u00bb, c&rsquo;est-\u00e0-dire l&rsquo;efficacit\u00e9 avec                     laquelle elle arrive, sinon \u00e0 r\u00e9gler, du moins                     \u00e0 am\u00e9liorer les situations difficiles. La pr\u00e9cipitation,                     au contraire, tend \u00e0 aggraver les choses parce qu&rsquo;elle                     pousse \u00e0 l&rsquo;action avant qu&rsquo;on en ait pes\u00e9 toutes                     les cons\u00e9quences. <\/p>\n<p> Ces commentaires renferment une pr\u00e9cieuse le\u00e7on                     pour l&rsquo;\u00e9lecteur d&rsquo;aujourd&rsquo;hui. Notre soci\u00e9t\u00e9                     est si press\u00e9e qu&rsquo;elle se laisse facilement s\u00e9duire                     par les candidats qui lui promettent des solutions instantan\u00e9es                     et d\u00e9finitives. Une fois au pouvoir, ils sont accul\u00e9s                     \u00e0 prendre tr\u00e8s vite des mesures aussi irr\u00e9fl\u00e9chies                     qu&rsquo;irr\u00e9m\u00e9diables. Des mesures qui, non seulement                     ne r\u00e8glent rien, mais souvent laissent les citoyens                     plus d\u00e9sempar\u00e9s qu&rsquo;avant. <\/p>\n<h3>Chi va piano va sano<\/h3>\n<p> Dans ce cas pr\u00e9cis, le philosophe ferait probablement                     observer que \u00ab\u00a0Rome ne s&rsquo;est pas b\u00e2tie en un jour\u00a0\u00bb,                     mani\u00e8re de rappeler que le travail bien fait demande                     du temps &#8211; environ deux fois plus que pr\u00e9vu \u00e0                     l&rsquo;origine, quel que soit le projet\u00a0! Il dirait aussi                     que les solutions politiques sont rarement d\u00e9finitives,                     si m\u00fbrement r\u00e9fl\u00e9chies qu&rsquo;elles soient,                     car \u00ab\u00a0on ne peut contenter tout le monde et son p\u00e8re\u00a0\u00bb,                     autrement dit, attacher toutes les ficelles et satisfaire                     tous les int\u00e9r\u00eats. <\/p>\n<p>                  <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/5\/2022\/08\/wint1998_1.gif\" align=\"right\" vspace=\"5\" hspace=\"5\" alt=\"image\"><\/p>\n<p> Dans notre soci\u00e9t\u00e9 survolt\u00e9e, la tension                     engendr\u00e9e par certains probl\u00e8mes particuli\u00e8rement                     \u00e9pineux fait malheureusement de plus en plus d&rsquo;\u00ab\u00a0enrag\u00e9s                     politiques\u00a0\u00bb. Tels des conducteurs incapables d&rsquo;attendre                     calmement la fin de l&#8217;embouteillage, ils essaient de d\u00e9bloquer                     la situation qui les irrite par tous les moyens, sans souci                     des d\u00e9g\u00e2ts qu&rsquo;ils pourraient causer. C&rsquo;est \u00e0                     croire que personne en politique ne se souvient de l&rsquo;antique                     version grecque de la fable Le li\u00e8vre et la tortue.                     Lentement, mais obstin\u00e9ment, ainsi gagne-t-on la course,                     conclut Esope. Lorsque le probl\u00e8me est complexe, la                     course a tout du marathon. <\/p>\n<p> La politique contemporaine a, entre autres d\u00e9fauts,                     celui de ressasser inlassablement des rancoeurs recuites,                     de remuer sans cesse le souvenir de fautes anciennes. L&rsquo;opposition                     s&rsquo;ab\u00eeme dans le rappel des manquements pass\u00e9s                     du pouvoir, oubliant que sa v\u00e9ritable mission est de                     critiquer l&rsquo;action pr\u00e9sente du gouvernement et, surtout,                     qu&rsquo;\u00ab\u00a0il ne sert \u00e0 rien de pleurer sur le lait                     r\u00e9pandu\u00a0\u00bb &#8211; en clair, de se lamenter sur les torts                     qu&rsquo;on ne peut pas r\u00e9parer. Non qu&rsquo;il faille oblit\u00e9rer                     le pass\u00e9; ce serait se condamner \u00e0 en r\u00e9p\u00e9ter                     toutes les erreurs et horreurs. Mais pour avancer, il faut                     regarder devant soi, pas derri\u00e8re. Celui qui, le premier,                     a pri\u00e9 pour avoir \u00ab\u00a0la sagesse d&rsquo;accepter ce qui                     ne peut \u00eatre chang\u00e9 et de changer ce qui peut                     l&rsquo;\u00eatre\u00a0\u00bb \u00e9tait en v\u00e9rit\u00e9 un                     grand philosophe. <\/p>\n<p> L&rsquo;impatience n&rsquo;alt\u00e8re pas seulement nos comportements                     publics; elle fausse aussi notre vie priv\u00e9e et, en                     particulier, notre conception du bonheur. \u00ab\u00a0Tout et tout                     de suite\u00a0\u00bb, voil\u00e0 un mot d&rsquo;ordre qui n&rsquo;a que trop                     souvent r\u00e9sonn\u00e9 ces derni\u00e8res ann\u00e9es.                     Ce \u00ab\u00a0tout\u00a0\u00bb d\u00e9signe en g\u00e9n\u00e9ral                     le pouvoir et l&rsquo;argent, avec une mesure de c\u00e9l\u00e9brit\u00e9                     en prime, car dans la vulgate contemporaine, ce sont les trois                     cl\u00e9s du nouveau paradis terrestre. En r\u00e9alit\u00e9,                     le succ\u00e8s de cette qu\u00eate personnelle d\u00e9pend                     beaucoup de la fa\u00e7on dont on la m\u00e8ne. <\/p>\n<h3>L&rsquo;air le fait pas la chanson<\/h3>\n<p> Il faut d&rsquo;abord accepter qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de formule magique                     du bonheur. Cette v\u00e9rit\u00e9 transpara\u00eet dans                     les contes et l\u00e9gendes de toutes les cultures\u00a0:                     le h\u00e9ros qui voit tous ses voeux exauc\u00e9s par                     enchantement n&rsquo;en devient que plus malheureux. \u00ab\u00a0Il n&rsquo;y                     a dans la vie que deux trag\u00e9dies, \u00e9crivait Aristote.                     La premi\u00e8re, ne pas obtenir ce qu&rsquo;on d\u00e9sire;                     la seconde, l&rsquo;obtenir.\u00a0\u00bb Dans la m\u00eame veine, Benjamin                     Franklin, ce ma\u00eetre \u00e8s sagesse populaire, consid\u00e9rait                     \u00e0 sa mani\u00e8re \u00e9minemment pragmatique que                     \u00ab\u00a0si l&rsquo;homme r\u00e9alisait la moiti\u00e9 de ses                     d\u00e9sirs, il doublerait ses peines\u00a0\u00bb. <\/p>\n<p> Ensuite, on doit se r\u00e9p\u00e9ter constamment que                     l&rsquo;argent n&rsquo;est pas tout. Tant de gens se laissent prendre                     \u00e0 ce miroir aux alouettes et sacrifient corps, coeur                     et \u00e2me \u00e0 la d\u00e9monstration par l&rsquo;absurde                     de la v\u00e9racit\u00e9 de ce clich\u00e9 us\u00e9,                     mais toujours d&rsquo;actualit\u00e9\u00a0! De l&rsquo;argent, il en                     faut, certes, mais il est des cas o\u00f9 le jeu ne vaut                     pas la chandelle. L&rsquo;argent ne fait pas le bonheur, dit un                     proverbe. Dans la soci\u00e9t\u00e9 contemporaine, on                     a souvent l&rsquo;impression du contraire. <\/p>\n<p> Impression d&rsquo;autant plus forte qu&rsquo;elle est sciemment entretenue                     par un syst\u00e8me publicitaire tout entier ax\u00e9                     sur la transmutation des objets en sentiments. Derri\u00e8re                     chaque annonce sur une voiture de luxe bruisse une promesse\u00a0:                     achetez-la, et vous serez heureux. Promesse qu&rsquo;on ne peut                     pas qualifier de fausse, seulement d&rsquo;incompl\u00e8te, l&rsquo;euphorie                     diminuant au m\u00eame rythme que la valeur de l&rsquo;objet. Les                     m\u00e9dias confortent ce mat\u00e9rialisme en nous gavant                     d&rsquo;images et d&rsquo;anecdotes sur la vie pr\u00e9sum\u00e9ment                     idyllique de vedettes dont le seul avantage r\u00e9el sur                     le commun des mortels est une fortune si consid\u00e9rable                     qu&rsquo;elles peuvent tout se permettre. <\/p>\n<p> Peut-\u00eatre ces c\u00e9l\u00e9brit\u00e9s connaissent-elles                     la f\u00e9licit\u00e9 parfaite &#8211; tout est possible &#8211; mais                     l&rsquo;exp\u00e9rience humaine sugg\u00e8re plut\u00f4t le                     contraire\u00a0: tout passe, tout lasse, tout casse, comme                     le confirme la tragique d\u00e9rive d&rsquo;un grand nombre d&rsquo;idoles                     du rock. Maxime pour le temps pr\u00e9sent\u00a0: la coca\u00efne                     est le moyen invent\u00e9 par la nature pour avertir l&rsquo;homme                     qu&rsquo;il a trop d&rsquo;argent\u00a0! <\/p>\n<p>                  <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/5\/2022\/08\/wint1998_2.gif\" align=\"left\" vspace=\"5\" hspace=\"5\" alt=\"image\"><\/p>\n<p> De toute mani\u00e8re, richesse et c\u00e9l\u00e9brit\u00e9                     ne sont donn\u00e9es qu&rsquo;\u00e0 quelques-uns, m\u00eame                     dans notre soci\u00e9t\u00e9 d&rsquo;abondance. Pour tous les                     autres, les sources du bonheur sont \u00e0 chercher ailleurs,                     en soi plut\u00f4t que hors de soi. \u00ab\u00a0Heureux celui                     qui ignore son malheur\u00a0\u00bb, proclame une b\u00e9atitude                     non \u00e9vang\u00e9lique. Ce bonheur-l\u00e0 est la                     juste r\u00e9compense de ceux qui r\u00e9sistent \u00e0                     l&rsquo;envie ou qui suivent ce conseil hautement philosophique                     de l&rsquo;\u00e9crivain am\u00e9ricain Frances Rodman\u00a0:                     \u00ab\u00a0Pensez comme vous seriez heureux si, apr\u00e8s avoir                     tout perdu, tout vous \u00e9tait subitement rendu.\u00a0\u00bb                     En v\u00e9rit\u00e9, il y a l\u00e0 de quoi vous consoler                     \u00e0 tout jamais de ne pas pouvoir satisfaire tous vos                     caprices. <\/p>\n<h3>\u00ab\u00a0Pensez comme vous seriez heureux si, apr\u00e8s avoir tout perdu, tout vous \u00e9tait subitement rendu.\u00a0\u00bb<\/h3>\n<h3>Sagesse en capsules<\/h3>\n<p> Pour revenir \u00e0 Samuel Johnson, ce tr\u00e8s grand                     homme d&rsquo;esprit et de lettres n&rsquo;a jamais moqu\u00e9 la sagesse                     du petit peuple, au contraire\u00a0! Il a dress\u00e9, en                     marge du tout premier dictionnaire de la langue anglaise,                     une anthologie de dictons populaires et de maximes philosophiques.                     Ses d\u00e9tracteurs l&rsquo;ont accus\u00e9 d&rsquo;avoir voulu les                     faire passer pour siens, mais s&rsquo;il faut lui faire un reproche,                     l&rsquo;inverse serait plus juste\u00a0: l&rsquo;homme aimait \u00e0                     pr\u00e9senter des formules de son cru comme des proverbes.                   <\/p>\n<p> Qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;un proverbe\u00a0? Il n&rsquo;y a pas si longtemps,                     la question aurait paru incongrue, car presque tout le monde                     connaissait la r\u00e9ponse. Aujourd&rsquo;hui, c&rsquo;est moins s\u00fbr.                     Un proverbe est une phrase lapidaire, transmise de g\u00e9n\u00e9ration                     en g\u00e9n\u00e9ration, qui constitue soit un constat                     soit un conseil. La plupart ont \u00e9t\u00e9 formul\u00e9s                     il y a tr\u00e8s longtemps par des gens simples et sages                     &#8211; les anc\u00eatres des philosophes, au fond. D&rsquo;ailleurs,                     les premiers \u00e9crits philosophiques en sont truff\u00e9s.                   <\/p>\n<p> L&rsquo;\u00e9tude des proverbes est-elle plus instructive que                     celle des trait\u00e9s philosophiques comme le soutenait                     le po\u00e8te \u00e9cossais William Motherwell\u00a0?                     Ce qui est s\u00fbr, c&rsquo;est qu&rsquo;ils rec\u00e8lent plus de                     beaut\u00e9 et de sagesse que les pirouettes intellectuelles                     de beaucoup de philosophes patent\u00e9s. Faut-il s&rsquo;en surprendre\u00a0?                     Ils sont \u00ab\u00a0l&rsquo;esprit d&rsquo;un seul et la sagesse de tous\u00a0\u00bb,                     pour en citer un, d&rsquo;origine anglaise. William Penn, l&rsquo;homme                     d&rsquo;\u00e9glise qui a fond\u00e9 la Pennsylvanie, exhortait                     ses ouailles \u00e0 en apprendre le plus possible et \u00e0                     les m\u00e9diter souvent. \u00ab\u00a0Ils vous r\u00e9v\u00e8lent                     le sens de la vie humaine, vous en disent long en peu de mots,                     vous \u00e9vitent de trop parler et apportent parfois la                     r\u00e9ponse la plus s\u00fbre et la plus parfaite.\u00a0\u00bb                   <\/p>\n<p> Samuel Johnson n&rsquo;appr\u00e9ciait pas moins les proverbes                     et leurs auteurs anonymes\u00a0: \u00ab\u00a0Nous commettons beaucoup                     d&rsquo;erreurs et de sottises non par ignorance, mais par oubli                     des vrais principes d&rsquo;action; celui qui sait r\u00e9duire                     les grandes r\u00e8gles de la vie \u00e0 des phrases br\u00e8ves                     qui puissent \u00eatre apprises tr\u00e8s t\u00f4t et                     rappel\u00e9es si fr\u00e9quemment qu&rsquo;elles reviennent                     automatiquement \u00e0 l&rsquo;esprit, celui -l\u00e0 est en                     v\u00e9rit\u00e9 un bienfaiteur de l&rsquo;humanit\u00e9.\u00a0\u00bb                   <\/p>\n<p> Si nous commettons tant d&rsquo;erreurs et de sottises aujourd&rsquo;hui,                     n&rsquo;est- ce pas justement parce que nous ne connaissons plus                     ces vrais principes et grandes r\u00e8gles, que nous ne                     poss\u00e9dons plus aucun moyen de les rappeler facilement                     \u00e0 notre attention\u00a0? Jadis, les proverbes faisaient                     partie de la conversation courante, les enfants les m\u00e9morisaient                     sans y penser, et l&rsquo;\u00e9cole se chargeait de les leur                     faire copier et r\u00e9citer autant de fois que n\u00e9cessaire                     pour qu&rsquo;ils se les gravent de mani\u00e8re ind\u00e9l\u00e9bile                     dans leur esprit. <\/p>\n<p> Mais dites \u00e0 un \u00e9colier d&rsquo;aujourd&rsquo;hui, ou                     m\u00eame \u00e0 ses parents, que l&rsquo;enfer est pav\u00e9                     de bonnes intentions ou qu&rsquo;on ne fait pas d&rsquo;omelette sans                     casser d&rsquo;oeufs, et il n&rsquo;est pas du tout certain que vous serez                     compris. Si vous l&rsquo;\u00eates, on vous r\u00e9pondra peut-\u00eatre                     que ce fatras de clich\u00e9s n&rsquo;a plus sa place dans une                     soci\u00e9t\u00e9 qui recherche avant tout la nouveaut\u00e9                     (quelle qu&rsquo;en soit l&rsquo;utilit\u00e9 sociale) et les sensations                     fortes. <\/p>\n<h3>Un tr\u00f4ne pour la philosophie<\/h3>\n<p> Si nous comprenions vraiment les r\u00e8gles de la vie                     en soci\u00e9t\u00e9, serions-nous si prompts \u00e0                     les violer\u00a0? La sagesse populaire condamne la violence,                     mais nous glorifions les \u00ab\u00a0durs\u00a0\u00bb, en affaires comme                     en politique. Au lieu de r\u00e9compenser la modestie qu&rsquo;elle                     nous pr\u00eache, nous applaudissons aux exc\u00e8s m\u00e9diatiques                     de fanfarons notoires et les aidons par le fait m\u00eame                     \u00e0 devenir c\u00e9l\u00e8bres et scandaleusement                     riches. <\/p>\n<p> La d\u00e9saffection religieuse explique sans doute une                     part de cette amn\u00e9sie collective. Les gens ne vont                     plus \u00e0 l&rsquo;\u00e9glise, n&rsquo;y am\u00e8nent plus leurs                     enfants; or, le sermon \u00e9tait l&rsquo;un des principaux moyens                     de transmission de la philosophie populaire. Et puis, notre                     soci\u00e9t\u00e9 hypersophistiqu\u00e9e trouve ces                     petites phrases tout simplement trop ringardes. Il n&rsquo;y a pas                     si longtemps, elles avaient leur place dans le cin\u00e9ma                     et la chanson populaires. Les rappers et rockers de cette                     fin de mill\u00e9naire pr\u00e9f\u00e8rent lancer des                     appels \u00e0 la r\u00e9volution et composer des hymnes                     \u00e0 la permissivit\u00e9. <\/p>\n<p align=\"center\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/5\/2022\/08\/wint1998_3.gif\" vspace=\"5\" hspace=\"5\" alt=\"image\"><\/p>\n<p>Le d\u00e9clin de la \u00ab\u00a0grande\u00a0\u00bb philosophie                     n&rsquo;arrange pas les choses. Au d\u00e9but du si\u00e8cle,                     toute personne un tant soit peu cultiv\u00e9e connaissait                     au moins superficiellement les th\u00e9ories de Socrate,                     Platon, Aristote et consorts. Depuis qu&rsquo;elle a \u00e9t\u00e9                     expuls\u00e9e des programmes scolaires, cette philosophie-l\u00e0                   aussi vivote, retranch\u00e9e dans la tour d&rsquo;ivoire universitaire. <\/p>\n<p> Simple ou complexe, la philosophie a longtemps trouv\u00e9                     dans la voix des po\u00e8tes et des romanciers un moyen                     de lutter contre son bannissement. Malheureusement, l&rsquo;\u00e9crivain                     qui se hasarderait aujourd&rsquo;hui \u00e0 prendre une position                     philosophique serait aussit\u00f4t accus\u00e9 de verser                     dans la morale bourgeoise, crime impardonnable dans un milieu                     qui s&rsquo;interdit, au nom de la libert\u00e9 intellectuelle,                     de sugg\u00e9rer \u00e0 ses lecteurs le moindre crit\u00e8re                     \u00e9thique. <\/p>\n<p> \u00c0 quoi tout cela nous a-t-il men\u00e9s\u00a0?                     Dans un livre publi\u00e9 en 1989, <em> Why Leaders Can&rsquo;t                     Lead<\/em>, Warren Bennis, un expert am\u00e9ricain des probl\u00e8mes                     de gestion, s&rsquo;\u00e9l\u00e8ve contre l&rsquo;absence de perspective                     morale et d&rsquo;esprit civique au sein de l&rsquo;\u00e9lite de son                     pays, ces \u00c9tats -Unis qui \u00e9taient jadis la nation                     la plus id\u00e9aliste de la plan\u00e8te. Parti \u00e0                     la recherche de rois-philosophes, il a d\u00e9couvert que                     les \u00ab\u00a0tricheries, trucages, dissimulations, demi-v\u00e9rit\u00e9s                     et compromissions\u00a0\u00bb ont compl\u00e8tement d\u00e9truit                     la confiance que le peuple mettait dans ceux qui \u00e9taient                     cens\u00e9s lui montrer la juste voie. <\/p>\n<p> La p\u00e9nurie de personnalit\u00e9s d&rsquo;envergure est                     l&rsquo;un des principaux reproches qu&rsquo;on fait \u00e0 la politique                     contemporaine, mais il ne faudrait pas oublier qu&rsquo;en d\u00e9mocratie,                     les leaders sont \u00e0 l&rsquo;image des peuples qui les choisissent.                     Si les \u00e9lecteurs sont cyniques au point de tol\u00e9rer                     des comportements troubles ou malhonn\u00eates de la part                     de leurs repr\u00e9sentants, ils n&rsquo;ont au fond que tes chefs                     qu&rsquo;ils m\u00e9ritent. <\/p>\n<p> Bennis affirme dans son ouvrage que l&rsquo;Occident doit r\u00e9apprendre                     \u00e0 faire la distinction entre le bien et le mal, dans                     des termes que tout le monde puisse comprendre. Notre soci\u00e9t\u00e9                     a atteint un tel degr\u00e9 d&rsquo;amoralit\u00e9 qu&rsquo;il ne                     serait pas facile d&rsquo;\u00e9tablir un consensus large sur                     ce sujet, mais le travail serait moins ardu si les gens recommen\u00e7aient                     \u00e0 m\u00e9moriser et \u00e0 m\u00e9diter les maximes                     toutes simples qui ont guid\u00e9 leurs anc\u00eatres pendant                     tant de si\u00e8cles. Pour s&rsquo;y initier, il leur suffirait                     de feuilleter une bonne anthologie. Qui sait\u00a0? La sagesse                     qui affleure \u00e0 chacune de ses pages pourrait m\u00eame                     les rendre heureux. <\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<\/p><\/div>\n","protected":false},"author":87,"featured_media":0,"template":"","categories":[1],"rbc_letter_theme":[],"rbc_letter_year":[55],"class_list":["post-2121","rbc_letter","type-rbc_letter","status-publish","hentry","category-uncategorized","rbc_letter_year-55"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO Premium plugin v27.2 (Yoast SEO v27.2) - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-premium-wordpress\/ -->\n<title>Vol. 79 N\u00b0. 1 - Hiver 1998 - Pens\u00e9es pour le Temps Pr\u00e9sent - RBC<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-79-n-1-hiver-1998-pensees-pour-le-temps-present\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Vol. 79 N\u00b0. 1 - Hiver 1998 - Pens\u00e9es pour le Temps Pr\u00e9sent\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Un brin de philosophie dissipe comme par magie les frustrations de la vie quotidienne et aide mieux encore \u00e0 clarifier les grands enjeux sociaux. 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