{"id":2120,"date":"1997-12-01T00:00:00","date_gmt":"1997-12-01T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-78-n-1-hiver-1997-le-prix-de-la-citoyennete\/"},"modified":"2022-10-17T20:50:05","modified_gmt":"2022-10-17T20:50:05","slug":"vol-78-n-1-hiver-1997-le-prix-de-la-citoyennete","status":"publish","type":"rbc_letter","link":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-78-n-1-hiver-1997-le-prix-de-la-citoyennete\/","title":{"rendered":"Vol. 78 N\u00b0 1 &#8211; Hiver 1997 &#8211; Le prix de la citoyennet\u00e9"},"content":{"rendered":"<div id=\"layout-column-main\">\n<p class=\"boldtext\">S&rsquo;ils n &lsquo;ont pas livr\u00e9 le long et                     douloureux combat dont ils recueillent les fruits, les citoyens                     des d\u00e9mocraties contemporaines ne peuvent pour autant                     baisser la garde. Car de ce fragile statut d\u00e9pend leur                     bien le plus pr\u00e9cieux\u00a0: la libert\u00e9&#8230; <\/p>\n<p> Les Canadiens f\u00eateront bient\u00f4t le premier demi-si\u00e8cle                     de la loi qui leur a conf\u00e9r\u00e9 une citoyennet\u00e9                     distincte. Esp\u00e9rons qu&rsquo;ils en profitent pour m\u00e9diter                     leur chance. Si peu d&rsquo;\u00eatres humains ont pu &#8211; ou peuvent,                     encore aujourd&rsquo;hui &#8211; jouir comme eux des privil\u00e8ges                     de ce statut dans une authentique d\u00e9mocratie\u00a0!                   <\/p>\n<p> La figure du citoyen est totalement absente des premi\u00e8res                     pages de l&rsquo;histoire de l&rsquo;humanit\u00e9. Pendant ces mill\u00e9naires                     obscurs, les membres de notre esp\u00e8ce vivent en petites                     bandes que m\u00e8ne le plus habile, sinon le plus brutal.                     Il exerce ce pouvoir sans partage ni m\u00eame consultation\u00a0:                     d\u00e9fier son autorit\u00e9, c&rsquo;est risquer la torture                     et la mort. <\/p>\n<p> La notion de citoyennet\u00e9 \u00e9merge beaucoup plus                     tard, dans le sillage d&rsquo;une remarquable invention politique.                     Abandonnant la loi barbare de la domination du plus fort,                     une soci\u00e9t\u00e9 humaine instaure &#8211; pour un temps                     bien court, h\u00e9las &#8211; un r\u00e9gime de gouvernement                     qui conf\u00e8re \u00e0 chacun une parcelle de pouvoir                     dans la mesure o\u00f9 il accepte de jouer le jeu. La citoyennet\u00e9                     est fille de ce syst\u00e8me r\u00e9volutionnaire, baptis\u00e9                     \u00ab\u00a0d\u00e9mocratie\u00a0\u00bb. <\/p>\n<p> Il prend forme au cinqui\u00e8me si\u00e8cle avant J\u00e9sus-Christ                     dans les villes-\u00c9tats de la p\u00e9ninsule grecque,                     et sp\u00e9cifiquement \u00e0 Ath\u00e8nes. Une succession                     de gouvernants \u00e9clair\u00e9s y remet peu \u00e0                     peu le pouvoir au peuple &#8211; mais pas au peuple entier. Car                     la d\u00e9mocratie originelle n&rsquo;accorde pas le privil\u00e8ge                     de la citoyennet\u00e9 \u00e0 tous, comme le feront ses                     descendantes contemporaines. <\/p>\n<p> Seuls sont admis dans ce cercle restreint les hommes, propri\u00e9taires                     fonciers de surcro\u00eet, dont les deux parents sont n\u00e9s                     \u00e0 Ath\u00e8nes. La masse du peuple &#8211; femmes, immigrants,                     esclaves &#8211; n&rsquo;a aucun droit de regard, et encore moins de parole,                     sur les affaires de la cit\u00e9. <\/p>\n<p> Malgr\u00e9 leurs oeill\u00e8res, les Ath\u00e9niens                     comprennent admirablement le principe essentiel de la citoyennet\u00e9\u00a0:                     \u00e0 savoir, que les personnes contribuant au fonctionnement                     et \u00e0 la d\u00e9fense de l&rsquo;\u00c9tat doivent avoir                     leur mot \u00e0 dire sur sa conduite. C&rsquo;est cette r\u00e8gle                     d&rsquo;\u00e9quit\u00e9 qui fonde leur d\u00e9marche politique.                   <\/p>\n<p> Dans un r\u00e9gime autocratique, le peuple est tenu d&rsquo;ob\u00e9ir                     aux lois, de payer l&rsquo;imp\u00f4t et de prendre les armes \u00e0                     l&rsquo;appel du souverain, mais ne peut rien exiger de l&rsquo;\u00c9tat                     en retour. La d\u00e9mocratie reconna\u00eet au contraire                     \u00e0 ceux qui la prot\u00e8gent et la financent un droit                     nouveau, intangible et pourtant inestimable, qui s&rsquo;appelle                     libert\u00e9. Un droit dont seuls ceux qui en sont priv\u00e9s                     (et ils sont des millions encore de nos jours) mesurent pleinement                     la valeur. <\/p>\n<p> Ce n&rsquo;est pas un hasard si la civilisation de la Gr\u00e8ce                     antique conna\u00eet son apog\u00e9e \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque                     et dans les lieux o\u00f9 s&rsquo;instaure une d\u00e9mocratie.                     L&rsquo;art et la philosophie fleurissent naturellement dans une                     soci\u00e9t\u00e9 o\u00f9 le pouvoir appartient au peuple,                     car le g\u00e9nie cr\u00e9ateur peut alors s&rsquo;exprimer                     sans craindre les terribles r\u00e9torsions de l&rsquo;autocratie.                     La r\u00e9pression f\u00e9roce qui s&rsquo;abat sur les artistes                     et penseurs ind\u00e9pendants dans les dictatures contemporaines                     t\u00e9moigne cruellement de l&rsquo;un des bienfaits m\u00e9connus                     de la citoyennet\u00e9 en d\u00e9mocratie\u00a0: la libert\u00e9                     d&rsquo;expression. <\/p>\n<p> R\u00e9fl\u00e9chissant au syst\u00e8me qui r\u00e9git                     leur soci\u00e9t\u00e9, les philosophes ath\u00e9niens                     en \u00e9laborent une d\u00e9finition qui l&rsquo;apparente                     \u00e0 un \u00e9change de services librement consenti\u00a0:                     l&rsquo;\u00c9tat prot\u00e8ge le citoyen qui le soutient et                     le d\u00e9fend en retour. <\/p>\n<p> Pour D\u00e9mocrite le bien-nomm\u00e9, aucune des parties                     \u00e0 ce contrat tacite ne peut prosp\u00e9rer sans l&rsquo;autre.                     Aussi le premier souci du citoyen doit-il \u00eatre le bien                     commun. \u00ab\u00a0Un \u00c9tat bien administr\u00e9 est notre                     meilleure sauvegarde, clame-t-il. S&rsquo;il est sain, tout prosp\u00e8re;                     s&rsquo;il est corrompu, tout s&rsquo;effondre.\u00a0\u00bb <\/p>\n<p> La d\u00e9mocratie \u00e9tant par nature en mouvement                     perp\u00e9tuel, raisonne pour sa part Socrate, il est du                     devoir des citoyens de contribuer \u00e0 son progr\u00e8s.                     Le grand philosophe pratique vigoureusement ce qu&rsquo;il pr\u00eache,                     mais sa critique impitoyable d\u00e9range tellement le pouvoir                     qu&rsquo;il est accus\u00e9 de corrompre la jeunesse et condamn\u00e9                     \u00e0 mort au terme d&rsquo;un proc\u00e8s truqu\u00e9. <\/p>\n<h3><span class=\"quote\">L&rsquo;enseignement d&rsquo;Ath\u00e8nes\u00a0: ba\u00eellonner l&rsquo;opposition, c&rsquo;est asphyxier la d\u00e9mocratie<\/span><\/h3>\n<p> Tandis qu&rsquo;il attend son ex\u00e9cution en prison, quelques                     amis lui proposent de le faire \u00e9vader et de le conduire                     en lieu s\u00fbr. Il refuse\u00a0: en fuyant, il violerait                     la loi, donc affaiblirait l&rsquo;\u00c9tat. Et du m\u00eame                     souffle, il exhorte ses fid\u00e8les \u00e0 rester loyaux                     au gouvernement et \u00e0 le critiquer honn\u00eatement                     pour l&rsquo;aider \u00e0 corriger ses erreurs et ses faiblesses.                     Les citoyens responsables des \u00c9tats d\u00e9mocratiques                     ne font pas autre chose depuis. <\/p>\n<p> Pour Socrate, la qu\u00eate du savoir est le premier devoir                     du citoyen, car seule la personne bien inform\u00e9e peut                     distinguer le vrai du faux dans le discours, le bon du mauvais                     dans l&rsquo;action. Le citoyen le plus utile est celui qui exerce                     sans rel\u00e2che son esprit critique et insiste pour aller                     au fond des choses. Depuis Socrate, toutes les soci\u00e9t\u00e9s                     d\u00e9mocratiques de l&rsquo;histoire ont fait de la critique                     constructive un devoir civique imp\u00e9ratif. <\/p>\n<p> Nul besoin d&rsquo;\u00eatre un philosophe de g\u00e9nie, du                     reste, pour voir que les gouvernements corrompus craignent                     et ha\u00efssent la critique inform\u00e9e. Il n&rsquo;est rien                     qu&rsquo;il ne n\u00e9gligent pour l&rsquo;\u00e9viter, l&rsquo;\u00e9mousser                     ou l&rsquo;\u00e9touffer. <\/p>\n<p> Mais en b\u00e2illonnant l&rsquo;opposition, le mauvais dirigeant                     asphyxie la d\u00e9mocratie. Et c&rsquo;est exactement ce qui                     est arriv\u00e9 \u00e0 Ath\u00e8nes\u00a0: soumis \u00e0                     d&rsquo;effroyables pressions internes et externes, min\u00e9                     par son indiscipline, le r\u00e9gime d\u00e9mocratique                     a implos\u00e9 et a \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9 par                     l&rsquo;oligarchie des Vingt Tyrans. <\/p>\n<p> Il n&rsquo;avait pas un si\u00e8cle d&rsquo;existence quand il s&rsquo;est                     effondr\u00e9, victime de la triste propension de notre                     esp\u00e8ce \u00e0 sacrifier la souverainet\u00e9 du                     peuple sur l&rsquo;autel de l&rsquo;ordre autoritaire. R\u00e9p\u00e9t\u00e9                     d&rsquo;innombrables fois au cours des si\u00e8cles suivants,                     ce lamentable sc\u00e9nario demeure d&rsquo;actualit\u00e9,                     comme en t\u00e9moignent les vicissitudes de nombreux r\u00e9gimes                     d\u00e9mocratiques contemporains. Le prix de la libert\u00e9                     est une vigilance perp\u00e9tuelle; malheur \u00e0 ceux                     qui s&rsquo;imaginent que \u00ab\u00a0\u00e7a n&rsquo;arrive qu&rsquo;aux autres\u00a0\u00bb.                   <\/p>\n<p> Le pouvoir populaire r\u00e9sistera tant bien que mal                     pendant quatre si\u00e8cles \u00e0 Rome, mais sous une                     forme embryonnaire, pr\u00e9d\u00e9mocratique. La citoyennet\u00e9                     se r\u00e9sume en effet \u00e0 l&rsquo;\u00e9galit\u00e9                     juridique pour la plupart des habitants; de participation                     aux affaires de la cit\u00e9, il n&rsquo;est plus question. Les                     quelques privil\u00e9gi\u00e9s qui jouissent de la panoplie                     compl\u00e8te des droits civils et politiques sont des hommes                     \u00ab\u00a0libres\u00a0\u00bb. Ce statut qui nous para\u00eet, \u00e0                     nous Occidentaux, parfaitement banal \u00e9tait si rare                     et convoit\u00e9 \u00e0 Rome qu&rsquo;il justifiait le sacrifice                     supr\u00eame. Quand le h\u00e9ros de l\u00e9gende Horatius                     Cocles d\u00e9fend seul le pont Sublicius contre les assauts                     des \u00c9trusques, au sixi\u00e8me si\u00e8cle avant                     notre \u00e8re, il d\u00e9fend avant tout les droits civiques                     de ses compatriotes. <\/p>\n<p> Apr\u00e8s la chute de l&rsquo;Empire romain, la notion de citoyennet\u00e9                     conna\u00eet une longue \u00e9clipse dans le monde \u00ab\u00a0civilis\u00e9\u00a0\u00bb.                     Les r\u00e9gimes passent, l&rsquo;autoritarisme demeure. Les nouveaux                     ma\u00eetres de l&rsquo;Europe mettent en place un syst\u00e8me                     qui contraint paysans et artisans \u00e0 ob\u00e9ir aveugl\u00e9ment                     \u00e0 un seigneur &#8211; et m\u00eame \u00e0 mourir pour                     lui sur le champ de bataille &#8211; sous peine de terribles sanctions.                   <\/p>\n<p> Vers la fin du Moyen-\u00c2ge, la th\u00e9orie de la                     monarchie de droit divin verrouille cette structure f\u00e9odale                     en faisant du roi le mandataire direct de Dieu sur la terre;                     celui de ses sujets qui oserait le d\u00e9fier se condamnerait                     au ch\u00e2timent \u00e9ternel puisqu&rsquo;il se rebellerait                     aussi contre son Cr\u00e9ateur. <\/p>\n<p> Le seul moyen d&rsquo;obtenir justice dans un r\u00e9gime aussi                     r\u00e9pressif, c&rsquo;est le soul\u00e8vement arm\u00e9.                     De fait, les campagnes de toute l&rsquo;Europe sont le th\u00e9\u00e2tre,                     entre les douzi\u00e8me et seizi\u00e8me si\u00e8cles,                     d&rsquo;innombrables r\u00e9voltes paysannes visant \u00e0 r\u00e9tablir                     un semblant de citoyennet\u00e9 au sens o\u00f9 nous l&rsquo;entendons                     aujourd&rsquo;hui. La plupart se terminent par un bain de sang qui                     renforce le pouvoir honni. <\/p>\n<p> Il faut attendre le dernier quart du dix-huiti\u00e8me                     si\u00e8cle pour voir enfin un peuple triompher de son oppresseur.                     Au terme d&rsquo;un long et \u00e2pre conflit avec l&rsquo;arm\u00e9e                     anglaise, les colons am\u00e9ricains gagnent le droit de                     s&rsquo;intituler citoyens des \u00c9tats-Unis d&rsquo;Am\u00e9rique.                     Mais encore l\u00e0, pas tous\u00a0: si la nouvelle Constitution                     affirme l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 intrins\u00e8que des hommes,                     elle ne dit mot des femmes, ni des Noirs qui vivent en esclavage                     dans toutes les anciennes colonies britanniques. <\/p>\n<p> La r\u00e9volution qui \u00e9clate peu apr\u00e8s                     en France se montre plus g\u00e9n\u00e9reuse et impose                     m\u00eame les appellatifs citoyen et citoyenne en lieu et                     place des traditionnels monsieur et madame. Mais elle ternit                     son blason en laissant les couches populaires \u00e9tancher                     dans le sang leur soif de vengeance et sombre dans des luttes                     intestines abominables qui bafouent sa magnifique devise\u00a0:                     libert\u00e9, \u00e9galit\u00e9, fraternit\u00e9.                   <\/p>\n<p> De l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9 de la Manche, une guerre civile                     a certes impos\u00e9 au roi la tutelle du Parlement d\u00e8s                     le milieu du dix-septi\u00e8me si\u00e8cle, mais le conflit                     marquait seulement le d\u00e9but d&rsquo;une longue et tortueuse                     confrontation sur le partage du pouvoir. Et il n&rsquo;a produit                     qu&rsquo;un \u00e9largissement tr\u00e8s limit\u00e9 des droits                     politiques. Seuls les anglicans sont \u00e9ligibles; ni                     les catholiques, ni les protestants d&rsquo;autres confessions ne                     peuvent si\u00e9ger au Parlement. Quant au suffrage, la                     plupart des gens en sont exclus pour cause de trop grande                     pauvret\u00e9. La citoyennet\u00e9 au sens moderne du                     terme demeure un mirage dans l&rsquo;Angleterre du dix-huiti\u00e8me                     si\u00e8cle. <\/p>\n<p> Les Britanniques se consid\u00e8rent d&rsquo;ailleurs moins                     comme des citoyens que comme des sujets de Sa Gracieuse Majest\u00e9.                     Et le propre du sujet, c&rsquo;est d&rsquo;ob\u00e9ir au roi. Sans discussion.                     L&rsquo;all\u00e9geance de l&rsquo;\u00e9lite \u00e0 la monarchie                     est si profonde \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque de la R\u00e9volution                     fran\u00e7aise que le d\u00e9put\u00e9 Charles James                     Fox voit son nom ray\u00e9 des listes du Conseil priv\u00e9                     parce qu&rsquo;il a l&rsquo;outrecuidance de porter un toast \u00e0                     \u00ab\u00a0notre souverain, le peuple\u00a0\u00bb. Son crime\u00a0?                     Laisser entendre que l&rsquo;autorit\u00e9 politique supr\u00eame                     pourrait appartenir \u00e0 des gens qui passent, aux yeux                   de l&rsquo;\u00e9lite, pour une racaille ignorante et \u00e9cervel\u00e9e. <\/p>\n<h3>Le principe selon lequel les hommes naissent \u00e9gaux est en soi r\u00e9volutionnaire <\/h3>\n<p>Ironie du sort, des pans essentiels de cette th\u00e9orie                     ont \u00e9t\u00e9 \u00e9labor\u00e9s par des penseurs                     qui se consid\u00e9raient comme de bons et loyaux sujets                     de la Couronne d&rsquo;Angleterre. Au premier chef, un philosophe                     du dix-septi\u00e8me si\u00e8cle, John Locke. Partant                     du principe &#8211; en soi r\u00e9volutionnaire &#8211; que tous les                     hommes naissent libres et \u00e9gaux, il a d\u00e9montr\u00e9                     que le peuple \u00e9tait le d\u00e9tenteur ultime de la                     souverainet\u00e9 et que le r\u00f4le des gouvernants se                     r\u00e9sumait \u00e0 l&rsquo;ex\u00e9cution de sa volont\u00e9                     telle qu&rsquo;exprim\u00e9e par ses repr\u00e9sentants \u00e9lus.                   <\/p>\n<p> La monarchie n&rsquo;en a pas moins conserv\u00e9 beaucoup d&rsquo;adeptes,                     m\u00eame parmi les sujets nord-am\u00e9ricains du roi                     George III. Pendant et apr\u00e8s la Guerre d&rsquo;ind\u00e9pendance,                     ils seront des dizaines de milliers \u00e0 fuir vers le                     nord, dans des conditions souvent \u00e9pouvantables, pour                     lui rester fid\u00e8les. Ces \u00ab\u00a0loyalistes\u00a0\u00bb fonderont                     les colonies anglaises de l&rsquo;est et du centre du futur Canada.                   <\/p>\n<p> Peu auparavant, l&rsquo;histoire constitutionnelle du Canada fran\u00e7ais                     s&rsquo;est amorc\u00e9e par une menace directe aux droits politiques                     de la majorit\u00e9. En 1763, apr\u00e8s la conqu\u00eate                     de la Nouvelle-France, une Proclamation Royale a d\u00e9cr\u00e9t\u00e9                     que la nouvelle colonie serait gouvern\u00e9e par une assembl\u00e9e                     \u00e9lue, mais comme la loi anglaise interdit aux catholiques                     de si\u00e9ger au Parlement, l&rsquo;ex\u00e9cution de cette                     disposition aurait abouti \u00e0 faire r\u00e9gir les                     destin\u00e9es des 65 000 Canadiens &#8211; comme s&rsquo;appelaient                     eux-m\u00eames tes descendants des colons fran\u00e7ais                     &#8211; par une poign\u00e9e de Britanniques fra\u00eechement                     d\u00e9barqu\u00e9s. <\/p>\n<h3>Les\u00a0\u00bb droits\u00a0\u00bb du citoyen ont co\u00fbt\u00e9 le prix du sang                   et des prisons <\/h3>\n<p> Craignant de s&rsquo;ali\u00e9ner la population francophone,                     le gouverneur James Murray a refus\u00e9 de tenir les \u00e9lections                     pr\u00e9vues. En 1791, apr\u00e8s de longues tractations,                     le Parlement anglais adopte une loi constitutionnelle qui                     ouvre les portes de la future assembl\u00e9e \u00e0 toutes                     les confessions. Et c&rsquo;est ainsi que les catholiques francophones                     d&rsquo;Am\u00e9rique ont pu obtenir une majorit\u00e9 au Parlement                     pr\u00e8s d&rsquo;un demi-si\u00e8cle avant que leurs coreligionnaires                     britanniques n&rsquo;arrachent le droit d&rsquo;y si\u00e9ger. <\/p>\n<p> D\u00e8s le d\u00e9part, le suffrage est beaucoup plus                     large et \u00e9galitaire en Am\u00e9rique du Nord britannique                     qu&rsquo;en Grande-Bretagne. Cela tient en partie au nombre beaucoup                     plus \u00e9lev\u00e9 de propri\u00e9taires fonciers                     dans la colonie, mais aussi au go\u00fbt plus marqu\u00e9                     des Nord-Am\u00e9ricains pour la chose politique. Car s&rsquo;ils                     d\u00e9testent les d\u00e9rives du pouvoir r\u00e9publicain                     qui s&rsquo;est instaur\u00e9 dans leur pays natal, les loyalistes                     n&rsquo;ont pas pour autant ab jur\u00e9 toute notion de d\u00e9mocratie                     en passant la fronti\u00e8re. Et ils ne cessent de faire                     pression pour obtenir une meilleure repr\u00e9sentation                     et une plus grande influence sur la conduite des affaires                     locales. Malgr\u00e9 tout, les premi\u00e8res assembl\u00e9es                     coloniales n&rsquo;ont de pouvoir que consultatif. N&rsquo;importe laquelle                     de leurs lois peut \u00eatre abrog\u00e9e par les gouverneurs                     britanniques. <\/p>\n<p> En 1837-1838, des r\u00e9bellions \u00e9clatent dans                     le Haut et le Bas Canada contre les cliques qui, dans l&rsquo;entourage                     des gouverneurs, tirent les ficelles du pouvoir. Vaincus militairement,                     les r\u00e9volt\u00e9s triomphent sur le terrain politique\u00a0:                     la m\u00e9tropole britannique accepte que ses repr\u00e9sentants                     se soumettent \u00e0 la volont\u00e9 des \u00e9lus du                     peuple. Au Canada comme ailleurs, la souverainet\u00e9 populaire                     aura \u00e9t\u00e9 pay\u00e9e du sang, de l&rsquo;exil et                     de l&#8217;emprisonnement d&rsquo;une poign\u00e9e d&rsquo;id\u00e9alistes                     intr\u00e9pides. <\/p>\n<p> Les Canadiens devront encore verser beaucoup de sang et                     de larmes pour m\u00e9riter la pleine et enti\u00e8re                     citoyennet\u00e9 dont ils jouissent aujourd&rsquo;hui. Une \u00e9tape                     cruciale est franchie pendant la Premi\u00e8re Guerre mondiale\u00a0:                     ayant obtenu le droit de constituer une force autonome au                     sein de l&rsquo;arm\u00e9e imp\u00e9riale, les Canadiens &#8211; qui                     demeurent par ailleurs sujets britanniques &#8211; vont vivre ensemble                     les \u00e9preuves de cet atroce conflit. En plus de les                     faire entrer officiellement dans le concert des nations, l&rsquo;exp\u00e9rience                     affermit leur sentiment national. C&rsquo;en est fini de la subordination                     automatique \u00e0 la m\u00e9tropole\u00a0: forts de leur                     r\u00f4le de premier plan sur les champs de bataille du Vieux                     Continent, les Canadiens cultivent d\u00e9sormais un discret                     orgueil national. <\/p>\n<p> Une autre cons\u00e9quence politique de la trag\u00e9die                     de 1914-1918 est d&rsquo;\u00e9largir le suffrage aux femmes,                     entre autres pour les remercier de leur extraordinaire effort                     de guerre. Mais m\u00eame apr\u00e8s l&rsquo;adoption de cette                     loi, en 1919, le Canada demeure loin de l&rsquo;id\u00e9al \u00e9galitaire.                     Le racisme y a droit de cit\u00e9, comme partout ailleurs                     en Occident; les immigrants asiatiques se voient syst\u00e9matiquement                     refuser la citoyennet\u00e9 britannique et, partant, les                     nombreuses garanties civiques qui l&rsquo;accompagnent. <\/p>\n<h3>Le sacrifice des soldats canadiens a inspir\u00e9 la Loi sur la citoyennet\u00e9 <\/h3>\n<p> Il faudra attendre la Seconde Guerre mondiale pour que la                     lente maturation de l&rsquo;identit\u00e9 nationale aboutisse                     enfin \u00e0 une citoyennet\u00e9 distincte. Malgr\u00e9                     sa population r\u00e9duite, le Canada joue un r\u00f4le                     pivot dans les arm\u00e9es alli\u00e9es. Combattant sur                     terre, sur mer et dans les airs sous leurs propres insignes                     et commandants, nos soldats suscitent une puissante vague                     de patriotisme chez leurs concitoyens. Or, ces hommes qui                     luttent h\u00e9ro\u00efquement pour r\u00e9tablir dans                     leurs droits les Europ\u00e9ens dont les pays ont \u00e9t\u00e9                     brutalement occup\u00e9s par un r\u00e9gime totalitaire,                     ces hommes n&rsquo;ont pas de nationalit\u00e9 propre. Certes,                     le Canada g\u00e8re ses affaires sans ing\u00e9rence externe                     depuis des ann\u00e9es, mais ses habitants sont toujours                     sujets de la Couronne britannique. La formule n&rsquo;a pas que                     des inconv\u00e9nients; elle leur permet notamment de faire                     appel aux vastes ressources de la diplomatie m\u00e9tropolitaine                     partout \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger. Mais \u00e0 la fin de                     la guerre, tout le monde pressent que cela ne peut plus durer\u00a0:                     l&rsquo;heure est venue de couper le cordon ombilical. <\/p>\n<p> Peu apr\u00e8s la victoire, Paul Martin (le p\u00e8re)                     vient se recueillir sur les tombes des soldats canadiens tu\u00e9s                     dans la tragique tentative de Dieppe. Devant les croix qui                     rappellent le souvenir de tant d&rsquo;hommes venus de partout au                     pays mourir sur la m\u00eame plage, le ministre se jure de                     leur offrir, \u00e0 eux et \u00e0 leurs concitoyens, un                     nom qui leur appartienne en propre. <\/p>\n<p> Il tiendra parole. Proclam\u00e9e en janvier 1947, il                     y a un demi-si\u00e8cle, la loi qu&rsquo;il a parrain\u00e9e                     \u00e9tait en avance sur tous les textes adopt\u00e9s                     jusqu&rsquo;alors sous au moins un aspect\u00a0: elle stipulait                     qu&rsquo;une femme mari\u00e9e ne perdrait pas sa citoyennet\u00e9                     si son mari prenait une autre nationalit\u00e9. Presque                     partout ailleurs, le sort de l&rsquo;\u00e9pouse \u00e9tait                     alors d\u00e9termin\u00e9 par le choix de l&rsquo;\u00e9poux.                   <\/p>\n<p> La loi a \u00e9t\u00e9 refondue en 1977 pour r\u00e9pondre                     \u00e0 l&rsquo;\u00e9volution de la soci\u00e9t\u00e9. Tout                     en confirmant l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 absolue des Canadiens,                     elle a reconnu le caract\u00e8re multiculturel de la nation                     en ramenant de cinq \u00e0 trois ans le d\u00e9lai de                     naturalisation. \u00c0 l&rsquo;\u00e9poque, d&rsquo;autres pays riches                     cherchaient par tous les moyens \u00e0 restreindre l&rsquo;acc\u00e8s                     \u00e0 leur citoyennet\u00e9. Le Canada donnait donc l\u00e0                     une preuve \u00e9clatante de l&rsquo;esprit de tol\u00e9rance                     et de justice qui sont sa marque de commerce internationale.                   <\/p>\n<p> Le certificat de citoyennet\u00e9 canadienne est un document                     tr\u00e8s convoit\u00e9 dans tous les pays o\u00f9 les                     droits de la personne sont brim\u00e9s, car il garantit                     non seulement la libert\u00e9 de religion, d&rsquo;expression                     et d&rsquo;association, mais aussi la non-discrimination pour motif                     de sexe, de race, d&rsquo;origine ethnique ou de handicap. Dans                     un monde encore ravag\u00e9 par l&rsquo;injustice et l&rsquo;exclusion,                     les Canadiens de souche jouissent d&rsquo;un immense privil\u00e8ge                     du seul fait de leur naissance. En sont-ils assez conscients\u00a0?                     Pensent-ils jamais aux sacrifices consentis par leurs p\u00e8res                     pour faire triompher la libert\u00e9 et l&rsquo;\u00e9galit\u00e9                     dont ils ont h\u00e9rit\u00e9\u00a0? <\/p>\n<p> Deux mille cinq cents ans apr\u00e8s sa naissance, la                     citoyennet\u00e9 demeure ce qu&rsquo;elle \u00e9tait pour les                     philosophes ath\u00e9niens\u00a0: un pacte tacite entre                     l&rsquo;Etat et les citoyens, qui oblige ces derniers \u00e0 d\u00e9fendre                     et \u00e0 promouvoir le bien commun en respectant la loi,                     en s&rsquo;int\u00e9ressant aux affaires publiques, en faisant                     une critique \u00e9clair\u00e9e et constructive des politiques                     gouvernementales, enfin, en allant voter. L&rsquo;exhortation socratique                     \u00e0 am\u00e9liorer la gestion de la cit\u00e9 implique                     m\u00eame une participation aussi active aux actions communautaires                     qu&rsquo;aux d\u00e9bats nationaux. <\/p>\n<p> Titulaires d&rsquo;une citoyennet\u00e9 exceptionnellement avantageuse,                     les Canadiens devraient \u00eatre particuli\u00e8rement                     attentifs aux devoirs qui en d\u00e9coulent. Ce n&rsquo;est, en                     effet, qu&rsquo;en s&rsquo;acquittant consciencieusement et diligemment                     de leurs obligations qu&rsquo;ils conserveront au titre de \u00ab\u00a0citoyen                     canadien\u00a0\u00bb le lustre qui excite l&rsquo;envie et l&rsquo;admiration                     du monde entier. <\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<\/p><\/div>\n","protected":false},"author":87,"featured_media":0,"template":"","categories":[1],"rbc_letter_theme":[],"rbc_letter_year":[54],"class_list":["post-2120","rbc_letter","type-rbc_letter","status-publish","hentry","category-uncategorized","rbc_letter_year-54"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO Premium plugin v27.4 (Yoast SEO v27.4) - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-premium-wordpress\/ -->\n<title>Vol. 78 N\u00b0 1 - Hiver 1997 - Le prix de la citoyennet\u00e9 - RBC<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-78-n-1-hiver-1997-le-prix-de-la-citoyennete\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Vol. 78 N\u00b0 1 - Hiver 1997 - Le prix de la citoyennet\u00e9\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"S&rsquo;ils n &lsquo;ont pas livr\u00e9 le long et douloureux combat dont ils recueillent les fruits, les citoyens des d\u00e9mocraties contemporaines ne peuvent pour autant baisser la garde. 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