{"id":2119,"date":"1996-12-01T00:00:00","date_gmt":"1996-12-01T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-77-n-1-hiver-1996-le-medecin-magnifique\/"},"modified":"2022-10-17T20:48:56","modified_gmt":"2022-10-17T20:48:56","slug":"vol-77-n-1-hiver-1996-le-medecin-magnifique","status":"publish","type":"rbc_letter","link":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-77-n-1-hiver-1996-le-medecin-magnifique\/","title":{"rendered":"Vol. 77, N\u00b0 1 &#8211; Hiver 1996 &#8211; Le m\u00e9decin magnifique"},"content":{"rendered":"<div id=\"layout-column-main\">\n<p class=\"boldtext\">Connu et admir\u00e9 dans le monde entier,                     ce travailleur infatigable a r\u00e9volutionn\u00e9 la                     formation m\u00e9dicale et invent\u00e9 la pratique hospitali\u00e8re                     contemporaine. Dans le cadre de notre s\u00e9rie sur les                     grands noms de l&rsquo;histoire du Canada, voici un bref portrait                     de sir William Osler. <\/p>\n<p>                  <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/5\/2022\/08\/wint1996_1.gif\" align=\"right\" vspace=\"5\" hspace=\"5\" alt=\"image\"><\/p>\n<p> Sir William Osler aurait marqu\u00e9 son \u00e9poque                     o\u00f9 que le hasard ait choisi de le faire na\u00eetre,                     mais il doit peut-\u00eatre \u00e0 son pays d&rsquo;origine une                     part suppl\u00e9mentaire de grandeur, car le noble caract\u00e8re                     qui lui a valu l&rsquo;hommage du monde avait \u00e9t\u00e9                     admirablement tremp\u00e9 par les rigueurs de sa jeunesse                     aux confins du Canada civilis\u00e9. <\/p>\n<p> L&rsquo;homme n&rsquo;a jamais perdu la pers\u00e9v\u00e9rance,                     l&rsquo;audace, la spontan\u00e9it\u00e9 et la solidarit\u00e9                     que le gar\u00e7on avait acquises au contact quotidien de                     la sauvagerie pr\u00e9cambrienne. Quoique fils d&rsquo;immigrants                     britanniques, \u00ab\u00a0Willie\u00a0\u00bb Osler, comme il s&rsquo;appelait                     lui-m\u00eame, \u00e9tait dans l&rsquo;\u00e2me un enfant de                     cette contr\u00e9e. <\/p>\n<p> Celui qui deviendra le plus grand m\u00e9decin de son                     \u00e9poque na\u00eet le 12 juillet 1849 \u00e0 Bond                     Head, un village de 200 \u00e2mes de la r\u00e9gion du                     lac Simcoe, dans ce Haut-Canada que nous appelons aujourd&rsquo;hui                     l&rsquo;Ontario. Le huiti\u00e8me et dernier enfant du pasteur                     Featherstone Lake Osler et de Ellen Free Pickton a le teint                     basan\u00e9 et les yeux d&rsquo;escarboucle des \u00ab\u00a0celtes                     noirs\u00a0\u00bb dont descend sa m\u00e8re. Ses parents sont                     en effet originaires de la Cornouailles britannique; ils l&rsquo;ont                     quitt\u00e9e en 1837 pour prendre la direction spirituelle                     des paroisses anglicanes de Techumseth et de West Gwillimbury.                     Outre un m\u00e9decin exemplaire, ils donneront au Canada                     une \u00e9toile du barreau et un formidable homme d&rsquo;affaires.                   <\/p>\n<p> Le r\u00e9v\u00e9rend Osler est tout, sauf riche\u00a0:                     la bise d&rsquo;hiver se joue des pauvres murs de bois de son presbyt\u00e8re,                     et sans les produits de sa petite ferme, sa famille crierait                     famine. Willie sera astreint tr\u00e8s jeune aux travaux                     agricoles, ce qui ne fera que d\u00e9velopper son extraordinaire                     vigueur inn\u00e9e. <\/p>\n<p> Il a beau \u00eatre fils de pasteur, on ne lui donnerait                     pas le Bon Dieu sans confession. L&rsquo;un de ses tours lui vaudra                     m\u00eame d&rsquo;\u00eatre expuls\u00e9 de l&rsquo;\u00e9cole du                     village. Cette espi\u00e8glerie, qu&rsquo;il conservera jusqu&rsquo;\u00e0                     ses derniers jours, n&rsquo;est que l&rsquo;une des manifestations de                     son \u00e9nergie et de son imagination d\u00e9bordantes.                     Premier de classe, brillant athl\u00e8te, il trouve encore                     le temps de lire tout ce qui lui tombe sous la main et de                     cultiver un passe-temps capital pour l&rsquo;\u00e9veil de sa                     vocation. <\/p>\n<p> Ce passe-temps, c&rsquo;est la zoologie, science par excellence                     des esprits curieux de l&rsquo;\u00e8re victorienne. Sous la tutelle                     d&rsquo;un professeur excentrique nomm\u00e9 William Johnson,                     l&rsquo;adolescent r\u00e9colte dans les bois, les \u00e9tangs                     et les ruisseaux des grenouilles, des insectes et des poissons                     qu&rsquo;il diss\u00e8que, monte, d\u00e9crit et catalogue avec                     une m\u00e9ticulosit\u00e9 toute scientifique. <\/p>\n<p> Le microscope de son mentor &#8211; une raret\u00e9 \u00e0                     l&rsquo;\u00e9poque &#8211; lui d\u00e9voile aussi un autre monde,                     compl\u00e8tement invisible \u00e0 l&rsquo;oeil nu, dont la                     \u00ab\u00a0beaut\u00e9 incomparable\u00a0\u00bb l&rsquo;exalte tellement                     qu&rsquo;il se plonge dans une \u00e9tude d\u00e9taill\u00e9e                     de sa faune; il devient ainsi expert \u00e0 identifier les                     parasites \u00e9pidermiques et sanguins des animaux. <\/p>\n<p> \u00c0 19 ans, au terme de sa deuxi\u00e8me ann\u00e9e                     \u00e0 la facult\u00e9 des Arts de Toronto, le jeune boursier                     d\u00e9cide de devenir m\u00e9decin. Il se lance dans                     cette voie nouvelle avec son \u00e9nergie coutumi\u00e8re,                     assistant un ami praticien dans le temps que lui laissent                     ses \u00e9tudes et notamment la dissection, base imprescriptible                     des cours d&rsquo;anatomie \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque. D\u00e8s                     sa premi\u00e8re ann\u00e9e, il trouve dans les muscles                     d&rsquo;un cadavre un parasite qui avait \u00e9chapp\u00e9 \u00e0                     tout le monde. Cet incident l&rsquo;ancrera dans la conviction que                     le triomphe de la m\u00e9decine passe par un minutieux diagnostic                     des causes occultes de la maladie. <\/p>\n<p> En 1870, il entre \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 McGill. Il                     fait son internat au Montreal General, \u00ab\u00a0un vieil h\u00f4pital                     infest\u00e9 de rats et de microbes, \u00e9crira-t-il                     plus tard, mais dot\u00e9 de deux atouts essentiels pour                     un \u00e9tudiant\u00a0: beaucoup de cas graves et des professeurs                     passionnants. \u00a0\u00bb <\/p>\n<h3>Il enseignait non seulement les m\u00e9thodes, mais aussi les principes de la m\u00e9decine<\/h3>\n<p> Dans ce milieu o\u00f9 la pneumonie, la dysenterie et                     la septic\u00e9mie font rage, il panse les malades, les                     veille la nuit, note dans leurs dossiers les observations                     des m\u00e9decins traitants. Il r\u00e9dige aussi des                     rapports sur les cas les plus int\u00e9ressants pour un                     mensuel m\u00e9dical local et en retire la certitude que                     l&rsquo;information constitue une arme strat\u00e9gique de premier                     plan contre la maladie. <\/p>\n<p> Son nouveau mentor est le docteur Palmer Howard; Osler l&rsquo;a                     choisi moins pour son immense savoir que pour son irr\u00e9pressible                     curiosit\u00e9, pour la soif d&rsquo;id\u00e9es neuves qui fait                     de ce ma\u00eetre un perp\u00e9tuel \u00e9tudiant. En                     1872, son dipl\u00f4me en poche, il d\u00e9cide \u00e0                     l&rsquo;instigation de son mod\u00e8le de se perfectionner \u00e0                     l&rsquo;\u00e9tranger, pr\u00e9figurant ainsi une esp\u00e8ce                     tr\u00e8s r\u00e9pandue aujourd&rsquo;hui\u00a0: l&rsquo;\u00e9tudiant                     canadien expatri\u00e9. <\/p>\n<p> Apr\u00e8s avoir s\u00e9journ\u00e9 dans plusieurs                     \u00e9coles r\u00e9put\u00e9es \u00e0 Dublin, Glasgow                     et \u00c9dimbourg, il travaille au laboratoire de physiologie                     du University College de Londres. Il y fera l&rsquo;une de ses plus                     grandes d\u00e9couvertes\u00a0: celle des plaquettes sanguines.                   <\/p>\n<p> Sa qu\u00eate le m\u00e8ne ensuite \u00e0 Berlin et                     Vienne o\u00f9 il \u00e9tudie l&rsquo;histologie (science des                     tissus humains) et la pathologie. Partout, il fait consciencieusement                     rapport de ses observations aux publications m\u00e9dicales                     de son pays natal. Ses articles illustrent un autre des talents                     qui ont beaucoup contribu\u00e9 \u00e0 le rendre c\u00e9l\u00e8bre\u00a0:                     une plume \u00e0 la fois pr\u00e9cise et agile. <\/p>\n<p> En 1874, il regagne McGill comme professeur d&rsquo;histologie                     et de physiologie. La pr\u00e9paration de ses cours lui                     semble une \u00ab\u00a0affreuse corv\u00e9e\u00a0\u00bb, mais ses                     \u00e9l\u00e8ves restent marqu\u00e9s pour la vie par                     ses le\u00e7ons. Car il leur enseigne non seulement les                     m\u00e9thodes, mais aussi les principes de la m\u00e9decine.                     \u00ab\u00a0Il faut traiter le malade en m\u00eame temps que la                     maladie, r\u00e9sume Edith Gittings Reid dans sa biographie                     sur Osler. Aux d\u00e9munis vous devez accorder la plus                     exquise sollicitude.\u00a0\u00bb Osler aimait \u00e0 citer sir                     Thomas Browne, m\u00e9decin-philosophe du dix- septi\u00e8me                     si\u00e8cle\u00a0: \u00ab\u00a0Quiconque se pr\u00e9sente au                     temple de la science avec une \u00e2me de vendeur d&rsquo;argent                     est indigne d&rsquo;y entrer.\u00a0\u00bb <\/p>\n<p> \u00c0 l&rsquo;\u00e9poque, les professeurs de m\u00e9decine                     compl\u00e8tent leur revenu par la pratique priv\u00e9e,                     mais Osler, trop absorb\u00e9 par ses recherches, n&rsquo;a pas                     de temps \u00e0 consacrer \u00e0 un cabinet. Du reste,                     la m\u00e9decine familiale n&rsquo;est pas tr\u00e8s rentable                     quand on donne de l&rsquo;argent \u00e0 ses patients pauvres au                     lieu de les faire payer. <\/p>\n<p> Ayant mis la cl\u00e9 sous la porte de son bureau, il                     reprend le chemin de l&rsquo;h\u00f4pital pour soigner les victimes                     de la variole, maladie contagieuse entre toutes, y compris                     et surtout pour le m\u00e9decin. Dans les salles bond\u00e9es                     et obscures o\u00f9 agonisent ses patients travaillent des                     garde-malades aussi mal pr\u00e9par\u00e9es \u00e0 leur                     t\u00e2che que mal pay\u00e9es pour leur peine. De ce moment,                     il plaidera sans rel\u00e2che en faveur de la cr\u00e9ation                     d&rsquo;\u00e9coles pour les infirmi\u00e8res. <\/p>\n<p> En 1876, les \u00e9meutes provoqu\u00e9es par une campagne                     de vaccination antivariolique \u00e0 Montr\u00e9al \u00e9veillent                     son int\u00e9r\u00eat pour la sant\u00e9 publique. Elle                     deviendra l&rsquo;une des passions de sa vie. Toujours ouvert aux                     apports ext\u00e9rieurs, il collabore avec des v\u00e9t\u00e9rinaires                     \u00e0 une \u00e9tude sur la trichinose et revendique                     publiquement une inspection plus rigoureuse de la viande de                     porc. <\/p>\n<p> Arguant de son exp\u00e9rience clinique, il obtient par                     ailleurs la permission d&rsquo;autopsier les victimes de la variole.                     Et fait ainsi avancer la science sur des sujets aussi vari\u00e9s                     que l&rsquo;endocardite, la tuberculose et la pneumoconiose. Il                     cr\u00e9e aussi le premier laboratoire de physiologie du                     Canada en consacrant les six cents dollars gagn\u00e9s dans                     les salles de varioleux \u00e0 l&rsquo;achat de microscopes fran\u00e7ais                     pour ses \u00e9tudiants. <\/p>\n<p> \u00c0 force de charcuter des cadavres, on pourrait finir                     par ruminer des pens\u00e9es macabres, mais la personnalit\u00e9                     p\u00e9tillante d&rsquo;Osler l&rsquo;immunise contre les id\u00e9es                     noires. Il loge dans une pension avec plusieurs coll\u00e8gues                     tout aussi sociables que lui et les retrouve souvent autour                     d&rsquo;une table bien garnie pour une soir\u00e9e anim\u00e9e.                     Les lettres qu&rsquo;il \u00e9crit \u00e0 ses neveux ch\u00e9ris                     sont truff\u00e9es de mots d&rsquo;esprit. Nous devons \u00e0                     l&rsquo;une de ses ni\u00e8ces un amusant portrait verbal d&rsquo;Osler                     descendant en sifflotant la rue Sainte-Catherine, coiff\u00e9                     d&rsquo;un haut-de-forme, une fleur \u00e0 la boutonni\u00e8re.                     Le bon vivant ne supplante cependant jamais le chercheur.                     Il offrira son manteau \u00e0 un mendiant ivrogne pour le                     convaincre de l\u00e9guer son foie \u00e0 la m\u00e9decine\u00a0!                   <\/p>\n<p> L&rsquo;optimisme fait partie int\u00e9grante de sa m\u00e9thode                     curative. \u00ab\u00a0Avec ses mani\u00e8res d\u00e9bonnaires                     et ses r\u00e9parties fulgurantes, la vivacit\u00e9 de                     son pas et sa vitalit\u00e9 rayonnante, il faisait entrer                     une bouff\u00e9e d&rsquo;oxyg\u00e8ne dans la chambre de chaque                     malade\u00a0\u00bb, \u00e9crit Edith Gittings Reid. Lorsqu&rsquo;il                     est nomm\u00e9 m\u00e9decin-chef du Montreal General en                     1879, la vieille garde l&rsquo;accueille en retenant son souffle,                     s\u00fbre de l&rsquo;imminence d&rsquo;une catastrophe. Il commence par                     vider les salles de tout symbole de la maladie qui ne soit                     pas absolument n\u00e9cessaire au traitement; apr\u00e8s                     avoir am\u00e9lior\u00e9 le cadre, il s&rsquo;attaque aux patients.                     Les m\u00e9dicaments ne sont pas son fort. \u00ab\u00a0En peu                     de temps, relatera un coll\u00e8gue, les lits se sont vid\u00e9s,                     non pour cause de d\u00e9c\u00e8s, mais parce que les                     malades chroniques gu\u00e9rissaient.\u00a0\u00bb <\/p>\n<p> Persuad\u00e9 qu&rsquo;on apprend plus au chevet d&rsquo;un patient                     que dans une salle de classe, il fait ses tourn\u00e9es                     en compagnie de ses \u00e9tudiants, insistant sans rel\u00e2che                     sur l&rsquo;importance de la psychologie dans la maladie. Cet esprit                     scientifique de premier ordre consid\u00e8re la m\u00e9decine                     comme un art &#8211; un art dont la science serait le mat\u00e9riau                     et l&rsquo;outil. Le m\u00e9decin, croit-il, doit avoir une perception                     globale de la maladie et individuelle du patient. La premi\u00e8re                     rel\u00e8ve de la science; la seconde, de l&rsquo;art. <\/p>\n<h3><span class=\"quote\">Il heurtait un ordre m\u00e9dical arc-bout\u00e9 sur ses traditions<\/span><\/h3>\n<p> Sur ce plan comme sur tant d&rsquo;autres, Osler heurte de plein                     fouet un ordre m\u00e9dical arc-bout\u00e9 sur ses traditions.                     L&rsquo;ampleur des r\u00e9sistances lui appara\u00eet cr\u00fbment                     en 1884 lors d&rsquo;un cong\u00e9 sabbatique \u00e0 Berlin.                     Constern\u00e9 d&rsquo;apprendre que les m\u00e9decins juifs                     sont exclus des facult\u00e9s allemandes, il \u00e9crit                     une lettre enflamm\u00e9e \u00e0 une revue m\u00e9dicale                     canadienne pour faire valoir qu&rsquo;aucune profession ne peut                     exclure les juifs de ses rangs sans se priver du m\u00eame                     coup de ses meilleurs sujets et la m\u00e9decine, moins                     que toute autre. <\/p>\n<p> Vers la fin de ce s\u00e9jour en Allemagne, il re\u00e7oit                     un t\u00e9l\u00e9gramme de l&rsquo;Universit\u00e9 de Pennsylvanie\u00a0:                     l&rsquo;institution philadelphienne lui propose sa chaire de m\u00e9decine                     clinique. \u00c0 35 ans, Osler jouit d\u00e9j\u00e0                     d&rsquo;un si grand prestige que la facult\u00e9 la plus r\u00e9put\u00e9e                     du continent le pr\u00e9f\u00e8re \u00e0 tous les candidats                     am\u00e9ricains\u00a0! Il h\u00e9site pourtant, car si                     l&rsquo;occasion est unique, sa loyaut\u00e9 envers McGill est                     immense. D\u00e9chir\u00e9, il finit par s&rsquo;en remettre                   au hasard\u00a0: la pi\u00e8ce tranche en faveur de Philadelphie. <\/p>\n<h3>\u00c0 Johns Hopkins, il a pu structurer l&rsquo;h\u00f4pital de ses r\u00eaves <\/h3>\n<p>Il quitte donc l&rsquo;universit\u00e9 montr\u00e9alaise apr\u00e8s                     lui avoir consacr\u00e9 dix ann\u00e9es de sa vie et l&rsquo;avoir                     hiss\u00e9e au rang des grands centres de formation m\u00e9dicale                     du monde. Durant cet intervalle, il a modernis\u00e9 l&rsquo;enseignement                     de la physiologie, r\u00e9dig\u00e9 les premiers rapports                     cliniques et pathologiques hospitaliers du Canada et publi\u00e9                     une s\u00e9rie d&rsquo;articles qui ont fait \u00e9poque; il                     a constitu\u00e9 une vaste collection d&rsquo;\u00e9chantillons                     pathologiques et produit pr\u00e8s de mille rapports d&rsquo;autopsie                     en cinq volumes abondamment annot\u00e9s. Son d\u00e9part                     pour Philadelphie pr\u00e9figure un autre type canadien                     bien connu\u00a0: celui de l&rsquo;\u00e9toile nationale que l&rsquo;exil                     propulse au firmament international. <\/p>\n<p> Les conditions de travail \u00e0 la plus ancienne \u00e9cole                     de m\u00e9decine des \u00c9tats-Unis le d\u00e9\u00e7oivent                     un peu. Les dissections se font \u00e0 la morgue du cimeti\u00e8re                     des pauvres, et il n&rsquo;y a m\u00eame pas de laboratoire de                     recherche clinique. Osler a t\u00f4t fait de rem\u00e9dier                     \u00e0 cette seconde lacune, mobilisant pour les besoins                     de la cause l&rsquo;un des amphith\u00e9\u00e2tres de l&rsquo;h\u00f4pital.                   <\/p>\n<p> Son statut d&rsquo;\u00e9tranger ne l&#8217;emp\u00eache pas de critiquer                     vertement la formation des praticiens am\u00e9ricains. \u00ab\u00a0Je                     ne comprends pas comment un peuple aussi astucieux et pragmatique                     a pu laisser ses \u00e9coles de m\u00e9decine sombrer                     dans une pareille m\u00e9diocrit\u00e9\u00a0\u00bb, s&rsquo;insurge-t-il.                     En 1888, apr\u00e8s quatre ann\u00e9es d&rsquo;un travail acharn\u00e9                     qui rehausse encore son prestige de chercheur clinique (l&rsquo;essentiel                     de ses travaux sur l&rsquo;angine de poitrine est fait pendant cette                     p\u00e9riode), Osler se voit offrir une chance unique de                     mettre ses th\u00e9ories \u00e9ducatives en pratique\u00a0:                     le docteur Gilman, recteur de la toute nouvelle universit\u00e9                     John-Hopkins, lui propose le poste de directeur m\u00e9dical                     du futur centre hospitalier de son institution. <\/p>\n<p> John Hopkins \u00e9tait un riche marchand de Baltimore.                     Mort en 1876, il a laiss\u00e9 \u00e0 sa ville natale                     la coquette somme de sept millions et demi de dollars pour                     la doter d&rsquo;une universit\u00e9 et d&rsquo;un h\u00f4pital. Osler                     comprend que sa voie est l\u00e0 lorsque le docteur Gilman                     lui fait visiter un grand h\u00f4tel new-yorkais g\u00e9r\u00e9                     par un ami \u00e0 lui. Chaque service est coiff\u00e9                     par un chef qui rel\u00e8ve du directeur g\u00e9n\u00e9ral                     de l&rsquo;\u00e9tablissement. \u00ab\u00a0Voil\u00e0 comment nous                     allons structurer notre h\u00f4pital\u00a0\u00bb, lui annonce                     Gilman. <\/p>\n<p> L&rsquo;h\u00f4pital ouvre ses portes l&rsquo;ann\u00e9e suivante.                     Osler organise ses services sur le mod\u00e8le allemand,                     pla\u00e7ant chacun d&rsquo;eux sous l&rsquo;autorit\u00e9 d&rsquo;un m\u00e9decin                     attach\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9tablissement. Son syst\u00e8me                     est encore employ\u00e9 partout en Am\u00e9rique du Nord.                     Il institue les stages \u00e0 court et long terme qui sont                     d\u00e9sign\u00e9s aujourd&rsquo;hui sous les noms de r\u00e9sidence                     et d&rsquo;internat. Les laboratoires sont pourvus de mat\u00e9riel                     moderne. L&rsquo;\u00e9cole de m\u00e9decine, que dirige \u00e9galement                     Osler, fait partie int\u00e9grante de l&rsquo;ensemble, de m\u00eame                     que l&rsquo;\u00e9cole de nursing, pour la premi\u00e8re fois                     en Am\u00e9rique. <\/p>\n<h3>Il r\u00e9dige un manuel qui devient la bible des professeurs de m\u00e9decine dans le monde entier<\/h3>\n<p> Au fil des ans, Osler a donn\u00e9 une s\u00e9rie de                     conf\u00e9rences sur la m\u00e9decine et la formation                     m\u00e9dicale; beaucoup ont \u00e9t\u00e9 publi\u00e9es                     ensuite sous forme d&rsquo;essais. Sa r\u00e9putation d&rsquo;\u00e9crivain                     lui vaut d&rsquo;\u00eatre approch\u00e9 pour la r\u00e9daction                     d&rsquo;un manuel. Il r\u00e9pond \u00e0 l&rsquo;appel avec empressement,                     puisant dans ses souvenirs montr\u00e9alais quantit\u00e9                     d&rsquo;exemples saisissants; publi\u00e9 en 1891, <em>The Practice                     of Medecine<\/em> devient aussit\u00f4t la bible des professeurs                     de m\u00e9decine dans le monde entier. <\/p>\n<p> Le livre vient de para\u00eetre lorsque son auteur \u00e9pouse                     Grace Linzee Revere, veuve d&rsquo;un de ses coll\u00e8gues de                     Philadelphie. Osler a 41 ans. Sa femme et lui offriront l&rsquo;hospitalit\u00e9                     \u00e0 des l\u00e9gions d&rsquo;\u00e9tudiants expatri\u00e9s,                     dont beaucoup de jeunes Canadiens qui ont choisi de suivre                     leur h\u00e9ros aux \u00c9tats-Unis. Quelques-uns le rejoindront                     au pinacle de leur profession. <\/p>\n<p> Dans le monde anglophone, tout le monde d\u00e9sormais                     conna\u00eet le docteur Osler, tout le monde s&rsquo;int\u00e9resse                     aux \u00e9crits et discours qui lui servent \u00e0 diffuser                     une pens\u00e9e qui serait progressiste encore aujourd&rsquo;hui.                     Un exemple parmi d&rsquo;autres\u00a0: s&rsquo;il ne tol\u00e8re pas                     le charlatanisme, Osler reste ouvert aux traitements alternatifs                     administr\u00e9s de bonne foi, car il est persuad\u00e9                     que la foi &#8211; celle du patient, en l&rsquo;occurrence &#8211; peut bel                     et bien gu\u00e9rir. \u00ab\u00a0Les gu\u00e9risons inexplicables,                     miraculeuses, pourrait-on dire, ne sont pas si rares qu&rsquo;on                     le pense.\u00a0\u00bb Il use des m\u00e9dicaments avec parcimonie,                     \u00ab\u00a0d&rsquo;une mani\u00e8re scientifique, non empirique\u00a0\u00bb,                     comme l&rsquo;\u00e9crira un de ses anciens \u00e9tudiants,                     et toujours \u00ab\u00a0dans une perspective globale de la maladie\u00a0\u00bb.                   <\/p>\n<p> Sa notori\u00e9t\u00e9 est telle qu&rsquo;en 1905, lorsqu&rsquo;il                     s&rsquo;aventure \u00e0 proposer la retraite \u00e0 60 ans,                     il d\u00e9clenche une pol\u00e9mique internationale. Une                     certaine presse l&rsquo;accusera de promouvoir l&rsquo;euthanasie, provoquant                     une longue et virulente controverse. <\/p>\n<p> \u00c0 la m\u00eame \u00e9poque, Osler s&#8217;embarque pour                     l&rsquo;Angleterre, o\u00f9 l&rsquo;attend un poste au prestige incomparable\u00a0:                     la chaire royale de m\u00e9decine \u00e0 Oxford. Il est                     le premier \u00e9tranger \u00e0 l&rsquo;occuper et il y jouera                     un autre r\u00f4le canadien classique\u00a0: celui de l&rsquo;interpr\u00e8te                     entre Britanniques et Am\u00e9ricains. <\/p>\n<p> Osler est toujours rest\u00e9 un Canadien dans l&rsquo;\u00e2me.                     Pendant toutes ses ann\u00e9es aux \u00c9tats-Unis, il                     a publi\u00e9 r\u00e9guli\u00e8rement dans les revues                     m\u00e9dicales du Canada et a fait de fr\u00e9quents s\u00e9jours                     au pays. En 1911, quand l&rsquo;Angleterre voudra l&rsquo;anoblir, il                     ne fera violence \u00e0 ses principes d\u00e9mocratiques                     que pour satisfaire le l\u00e9gitime orgueil de ses concitoyens.                   <\/p>\n<p> Le premier conflit mondial rompt le fil de cette vie paisible.                     Osler, qui abhorre la guerre, r\u00e9pond \u00e0 l&rsquo;appel                     du devoir, usant de toute son influence pour que seuls des                     hommes aptes \u00e0 porter les armes soient enr\u00f4l\u00e9s                     et que la maladie ne d\u00e9cime pas les rangs alli\u00e9s.                     Apr\u00e8s l&rsquo;arriv\u00e9e des troupes canadiennes, il                     devient m\u00e9decin-chef des quatre h\u00f4pitaux r\u00e9serv\u00e9s                     \u00e0 ses compatriotes. <\/p>\n<p> En ao\u00fbt 1917, son fils est tu\u00e9 au front. \u00c2g\u00e9                     de seulement 19 ans, Revere \u00e9tait tr\u00e8s proche                     de son p\u00e8re; les deux hommes partageaient la m\u00eame                     passion pour les livres. Osler ne se remettra jamais de cette                     atroce nouvelle. Il sera emport\u00e9 par une pneumonie                     le 29 d\u00e9cembre 1919, \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de 70 ans.                     Sa splendide collection d&rsquo;ouvrages m\u00e9dicaux formera                     le coeur de la <em>Bibliotheca Osleriana <\/em> de l&rsquo;Universit\u00e9                     McGill; l&rsquo;urne contenant ses cendres y est rang\u00e9e parmi                     ses pr\u00e9cieux livres, comme il l&rsquo;avait stipul\u00e9                     dans son testament. <\/p>\n<p> Dans un hommage posthume, le professeur Adami, un coll\u00e8gue                     de Liverpool, a plaid\u00e9 qu&rsquo;Osler m\u00e9ritait le                     titre de \u00ab\u00a0plus grand m\u00e9decin de l&rsquo;histoire\u00a0\u00bb                     parce qu&rsquo;aucun disciple d&rsquo;Esculape n&rsquo;avait fait plus que lui                     dans autant de domaines. Qu&rsquo;on en juge\u00a0: non seulement                     il a d\u00e9velopp\u00e9 la recherche clinique en Am\u00e9rique,                     mais il y a r\u00e9volutionn\u00e9 la formation m\u00e9dicale,                     restructur\u00e9 l&rsquo;organisation hospitali\u00e8re et am\u00e9lior\u00e9                     l&rsquo;hygi\u00e8ne publique; il a fourni \u00e0 des g\u00e9n\u00e9rations                     de m\u00e9decins des ouvrages de r\u00e9f\u00e9rence                     irrempla\u00e7ables; et surtout, il a exerc\u00e9 une                     influence morale sans \u00e9gale sur la pratique m\u00e9dicale                     par ses \u00e9crits et par ses actes. Le Canada peut \u00eatre                     fier d&rsquo;avoir donn\u00e9 au monde un homme tel que lui. <\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<\/p><\/div>\n","protected":false},"author":87,"featured_media":0,"template":"","categories":[1],"rbc_letter_theme":[],"rbc_letter_year":[53],"class_list":["post-2119","rbc_letter","type-rbc_letter","status-publish","hentry","category-uncategorized","rbc_letter_year-53"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO Premium plugin v27.2 (Yoast SEO v27.2) - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-premium-wordpress\/ -->\n<title>Vol. 77, N\u00b0 1 - Hiver 1996 - Le m\u00e9decin magnifique - RBC<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-77-n-1-hiver-1996-le-medecin-magnifique\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Vol. 77, N\u00b0 1 - Hiver 1996 - Le m\u00e9decin magnifique\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Connu et admir\u00e9 dans le monde entier, ce travailleur infatigable a r\u00e9volutionn\u00e9 la formation m\u00e9dicale et invent\u00e9 la pratique hospitali\u00e8re contemporaine. 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