{"id":2118,"date":"2008-02-01T00:00:00","date_gmt":"2008-02-01T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/fevrier-2008-la-planete-bleue\/"},"modified":"2022-10-17T15:20:11","modified_gmt":"2022-10-17T15:20:11","slug":"fevrier-2008-la-planete-bleue","status":"publish","type":"rbc_letter","link":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/fevrier-2008-la-planete-bleue\/","title":{"rendered":"F\u00e9vrier 2008- La plan\u00e8te bleue"},"content":{"rendered":"<div id=\"layout-column-main\">\n<h5><b>L&rsquo;eau est irrempla\u00e7able ; nulle autre substance                     n&rsquo;est plus importante pour notre survie. Et pourtant, nous                     continuons d&rsquo;ignorer le fait que l&rsquo;eau douce salubre devient                     de plus en plus rare, dans la plus grande partie du monde.                     Sommes-nous vou\u00e9s au d\u00e9sastre ? Pas si nous                     apprenons \u00e0 traiter l&rsquo;acc\u00e8s \u00e0 l&rsquo;eau comme                     un droit fondamental et comme une ressource rare\u0085<\/b><\/h5>\n<p>En 1961, les \u00c9tats-Unis                     ont annonc\u00e9 l&rsquo;intention d&rsquo;envoyer un homme sur la Lune                     avant la fin de la d\u00e9cennie. Cette d\u00e9cision                     n&rsquo;avait \u00e9t\u00e9 motiv\u00e9e par aucune consid\u00e9ration                     environnementale. Son motif primordial avait \u00e9t\u00e9                     de raffermir le prestige national assombri par le lancement                     d&rsquo;un satellite sovi\u00e9tique quatre ans plus t\u00f4t.                     Cet objectif \u00e9tait suivi de loin par le d\u00e9sir                     de faire progresser la connaissance scientifique. \u00c0                     l&rsquo;\u00e9poque, l&rsquo;int\u00e9r\u00eat du public pour la                     protection de l&rsquo;environnement n&rsquo;en \u00e9tait qu&rsquo;\u00e0                     ses premiers balbutiements et personne ne pensait qu&rsquo;une exp\u00e9dition                     spatiale pourrait avoir des cons\u00e9quences pour l&rsquo;environnement.                     Pourtant, la conqu\u00eate de l&rsquo;espace, qui a d\u00e9but\u00e9                     en 1969, a stimul\u00e9 d&rsquo;une fa\u00e7on bien impr\u00e9vue                     les efforts de d\u00e9fense de l&rsquo;environnement. Elle a apport\u00e9                     les premi\u00e8res photographies de la Terre. M\u00eame                     dans une soci\u00e9t\u00e9 satur\u00e9e d&rsquo;images, la                     vue de la sph\u00e8re bleue et blanche, lumineuse contre                     l&rsquo;obscurit\u00e9 profonde de l&rsquo;espace ou surgissant majestueusement                     \u00e0 l&rsquo;horizon de la Lune, a frapp\u00e9 les imaginations.                     Plus que des millions de mots auraient pu le faire, cette                     image a transform\u00e9 la fa\u00e7on dont les \u00eatres                     humains per\u00e7oivent le globe qu&rsquo;ils habitent. Elle nous                     a fait constater que notre monde est limit\u00e9, que nous                     n&rsquo;en avons pas d&rsquo;autre et que nous devons imp\u00e9rativement                     le sauvegarder. Le bleu des oc\u00e9ans et le blanc des                     nuages ont aussi soulign\u00e9 un d\u00e9tail facilement                     oubli\u00e9 dans l&rsquo;exigu\u00eft\u00e9 du cadre de notre                     vie quotidienne : nous occupons tous des \u00eeles plus ou                     moins grandes sur une plan\u00e8te o\u00f9 le sol \u00e9merg\u00e9                     est l&rsquo;exception, non la r\u00e8gle. C&rsquo;est aujourd&rsquo;hui c\u00e9der                     presque \u00e0 la banalit\u00e9 que de dire que notre                     plan\u00e8te devrait, plut\u00f4t que Terre, s&rsquo;appeler                     Eau. De fait, dans l&rsquo;acceptation du respect avec lequel nous                     devons traiter notre plan\u00e8te, aucun aspect ne sera                     plus crucial que les rapports entre l&rsquo;homme et l&rsquo;eau.<\/p>\n<p>L&rsquo;eau est unique. Nulle autre substance n&rsquo;\u00e9gale ses                     qualit\u00e9s et, pour les humains et tous les autres \u00eatres                     vivants, rien ne peut la remplacer. Sans eau, nous p\u00e9ririons                     tous en trois jours en moyenne. Pourtant, dans notre quotidien,                     l&rsquo;eau ne nous int\u00e9resse gu\u00e8re, si ce n&rsquo;est que                     nous la buvons et nous l&rsquo;utilisons sans y penser pour nous                     laver et pr\u00e9parer nos repas. Nous ne prenons conscience                     d&rsquo;elle que si elle est trop chaude, trop sale ou trop rare.                     Pourtant, l&rsquo;eau rev\u00eat des aspects plus vastes que son                     utilit\u00e9 pratique. Dans les textes sacr\u00e9s de                     nombreuses religions, l&rsquo;eau est un puissant symbole de vie                     et de salut. Nombreux ont \u00e9t\u00e9, au cours des                     si\u00e8cles, les sources et les fleuves sacr\u00e9s.                     Aujourd&rsquo;hui encore, bien des gens lancent une pi\u00e8ce                     dans une fontaine apr\u00e8s avoir fait un v\u009cu, invoquant                     le pouvoir de l&rsquo;eau sans savoir, peut-\u00eatre, que leur                     geste s&rsquo;inscrit dans une tradition mill\u00e9naire. Certains                     environnementalistes pr\u00e9tendent que nous ne sommes                     que les d\u00e9positaires de l&rsquo;eau, sans pouvoir en \u00eatre                     propri\u00e9taires, et que l&rsquo;eau n&rsquo;est pas une marchandise                     comme les automobiles ou les pommes de terre ; dans un monde                     s\u00e9culier, cela revient \u00e0 dire que l&rsquo;eau est                     sacr\u00e9e. \u00c0 un \u00e9gard au moins, ils ont                     raison. L&rsquo;eau nous est venue, sinon de la g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9                     des dieux, au moins de l&rsquo;espace, par des com\u00e8tes de                     glace qui ont heurt\u00e9 notre plan\u00e8te nouvellement                     form\u00e9e, il y a quelques milliards d&rsquo;ann\u00e9es.                     Pour en recueillir plus, il faudrait que la Terre entre en                     collision avec un autre corps c\u00e9leste glac\u00e9,                     un prix bien lourd \u00e0 payer. L&rsquo;eau a aussi une permanence                     que n&rsquo;a pas le roc. Nous ne pouvons en produire qu&rsquo;en quantit\u00e9s                     insignifiantes par comparaison avec celles dont nous disposons                     d\u00e9j\u00e0. Hors d&rsquo;un laboratoire, nous ne pouvons                     pas la d\u00e9truire. \u00c0 toute fin pratique, nous                     pouvons seulement l&rsquo;utiliser, la d\u00e9placer et la polluer                     ou l&rsquo;\u00e9purer. Nous le faisons, d&rsquo;ailleurs, \u00e0                     une \u00e9chelle toujours plus grande mais, quand nous avons                     termin\u00e9, il reste autant d&rsquo;eau dans le monde qu&rsquo;avant                     de commencer, m\u00eame si nous l&rsquo;avons rendue inutilisable                     ou inaccessible.<\/p>\n<p align=\"right\"><b><i>\u00ab&nbsp;L&rsquo;humanit\u00e9 d\u00e9pend                     enti\u00e8rement de la petite quantit\u00e9 &#8211; moins de                     3 % &#8211; d&rsquo;eau qui est douce\u0085&nbsp;\u00bb<\/i><\/b><\/p>\n<p>L&rsquo;eau est permanente et nous en avons beaucoup, environ 1,4                     milliard de kilom\u00e8tres cubes, ce qui devrait, \u00e0                     premi\u00e8re vue, r\u00e9pondre \u00e0 tous les besoins                     de l&rsquo;humanit\u00e9 et en laisser beaucoup encore pour les                     autres \u00eatres vivants. Mais h\u00e9las, plus de 97                     % de l&rsquo;eau qui couvre pr\u00e8s des trois quarts de la plan\u00e8te                     sont de l&rsquo;eau sal\u00e9e. L&rsquo;eau de mer, qui contient environ                     3,5 % de sel en poids, est pr\u00e9cieuse pour les humains                     : elle est une source majeure (quoique de moins en moins importante)                     d&rsquo;aliments, avec ses poissons, ses mollusques, ses plantes                     et, bien s\u00fbr, son sel. L&rsquo;eau sal\u00e9e permet le                     transport de plus de marchandises qu&rsquo;aucun autre support et                     elle est le fondement incontournable d&rsquo;une grande partie de                     l&rsquo;industrie du tourisme, avec ses stations baln\u00e9aires                     et ses navires de croisi\u00e8re. Mais il est impossible                     de la boire sans cons\u00e9quences graves et finalement                     fatales. Elle ne peut pas servir pour l&rsquo;irrigation. L&rsquo;humanit\u00e9                     d\u00e9pend enti\u00e8rement de la petite quantit\u00e9                     &#8211; moins de 3 % &#8211; d&rsquo;eau qui est douce et une bonne partie de                     cette eau nous est inaccessible en pratique : les deux tiers                     forment (pour le moment du moins) les calottes glaci\u00e8res                     de l&rsquo;Antarctique et du Groenland et les glaciers des montagnes.                     Le reste lui-m\u00eame est en partie hors de notre port\u00e9e.                     Bien que l&rsquo;eau ait l&rsquo;utile propri\u00e9t\u00e9 de couler                     par elle-m\u00eame, la transporter sur de longues distances                     est g\u00e9n\u00e9ralement on\u00e9reux, sinon impossible.                     Le cinqui\u00e8me environ de l&rsquo;eau douce liquide de la surface                     de la plan\u00e8te se trouve dans le bassin de l&rsquo;Amazone,                     en Am\u00e9rique du Sud : cette eau ne coulera pas de sit\u00f4t                     des robinets nord-am\u00e9ricains ! En fin de compte, la                     quantit\u00e9 d&rsquo;eau douce disponible ne d\u00e9passe probablement                     pas 0,3 % de toute l&rsquo;eau que supporte la Terre.<\/p>\n<p>M\u00eame cette minuscule proportion a largement suffi pour                     les besoins de l&rsquo;humanit\u00e9 pendant la plus grande partie                     de son histoire. Des bouleversements climatiques ou, parfois,                     une mauvaise gestion ont pu causer \u00e0 l&rsquo;occasion des                     p\u00e9nuries locales et passag\u00e8res, m\u00eame si                     certaines ont provoqu\u00e9 des pertes de vie terribles.                     Comme dans beaucoup d&rsquo;autres domaines, ce sont les changements                     des deux cents derni\u00e8res ann\u00e9es, et surtout                     ceux des cinquante derni\u00e8res, qui ont suscit\u00e9                     des difficult\u00e9s dans les approvisionnements en eau.                     Les soci\u00e9t\u00e9s industrialis\u00e9es en utilisent                     des quantit\u00e9s \u00e9normes pour la production d&rsquo;\u00e9lectricit\u00e9                     ou la fabrication de produits et pour une consommation individuelle                     d\u00e9mesur\u00e9e, qui peut atteindre six cents litres                     par jour et par personne, soit dix ou vingt fois plus que                     la moyenne dans les pays en d\u00e9veloppement. Pour nourrir                     une population mondiale en augmentation rapide, il a fallu                     recourir massivement \u00e0 l&rsquo;irrigation, l&rsquo;affectation                     de la ressource qui en absorbe et, souvent, en gaspille le                     plus. L&rsquo;urbanisation et l&rsquo;am\u00e9lioration du niveau de                     vie ont rapidement multipli\u00e9 le nombre de gens qui                     disposent d&rsquo;eau courante, prennent des bains et tirent des                     chasses d&rsquo;eau &#8211; des innovations sanitaires, bien s\u00fbr,                     mais qui consomment beaucoup d&rsquo;eau. La climatisation artificielle                     intervient aussi, non seulement parce qu&rsquo;elle utilise de l&rsquo;eau                     mais surtout parce qu&rsquo;elle rend agr\u00e9ablement habitables                     des r\u00e9gions arides, autrefois jug\u00e9es ind\u00fbment                     torrides, dans lesquelles l&rsquo;on entretient maintenant des pelouses,                     des piscines et des terrains de golf gr\u00e2ce \u00e0                     des aqueducs de centaines de kilom\u00e8tres ou \u00e0                     de co\u00fbteuses usines de dessalement de l&rsquo;eau de mer.<\/p>\n<p align=\"right\"><b><i>\u00ab&nbsp;L&rsquo;Europe m\u00e9diterran\u00e9enne,                     l&rsquo;Afrique australe et le littoral occidental des \u00c9tats-Unis                     vont devenir plus secs\u0085&nbsp;\u00bb<\/i><\/b><\/p>\n<p>Aux pressions du d\u00e9veloppement socio-\u00e9conomique                     s&rsquo;ajoutent des changements climatiques. Dans certaines r\u00e9gions,                     des inondations ou des pluies torrentielles destructrices                     se font plus fr\u00e9quentes, tandis qu&rsquo;ailleurs la s\u00e9cheresse                     s&rsquo;installe durablement. Selon les pr\u00e9visions, les pr\u00e9cipitations                     augmenteront \u00e0 haute altitude mais l&rsquo;Europe m\u00e9diterran\u00e9enne,                     l&rsquo;Afrique australe et le littoral occidental des \u00c9tats-Unis                     vont devenir plus secs, autant que l&rsquo;Australie, qui est actuellement                     le continent le plus aride. Par ailleurs, en plus de l&rsquo;accroissement                     de la consommation d&rsquo;eau, les interventions humaines ont souvent                     des cons\u00e9quences impr\u00e9vues. Les barrages, notamment,                     en sont un exemple frappant. En 1930, les Am\u00e9ricains                     ont construit sur le Colorado un \u00e9norme barrage, le                     Hoover Dam, dont l&rsquo;existence a, entre autres, engendr\u00e9                     la ville de Las Vegas. De son c\u00f4t\u00e9, pour ne pas                     \u00eatre d\u00e9pass\u00e9 par les capitalistes, Staline                     a barr\u00e9 la Volga \u00e0 Rybinsk, inondant 636 villages                     et causant de s\u00e9rieux d\u00e9g\u00e2ts dans les                     p\u00eacheries d&rsquo;esturgeons. Pendant cinq d\u00e9cennies                     et plus, les barrages ont \u00e9t\u00e9 consid\u00e9r\u00e9s                     comme un t\u00e9moignage incontestable de modernisme et                     de progr\u00e8s. Aux yeux des hommes politiques, ils concr\u00e9tisaient                     leurs r\u00e9ussites et faisaient un fond impressionnant                     pour les photographies. Pour les pays en d\u00e9veloppement,                     ils t\u00e9moignaient d&rsquo;un progr\u00e8s rapide vers un                     avenir meilleur. Les entrepreneurs en infrastructures en vantaient                     aussi leurs avantages pour des raisons bien \u00e9videntes.                     Et les organismes d&rsquo;aide voyaient en eux un outil de d\u00e9veloppement                     incomparable, combinant production d&rsquo;\u00e9lectricit\u00e9,                     irrigation, r\u00e9gulation des d\u00e9bits, potentiel                     touristique et, parfois m\u00eame, am\u00e9lioration de                     la navigation.<\/p>\n<p>Tous ces avantages \u00e9taient difficiles \u00e0 contester                     et peu ont essay\u00e9. Des barrages ont surgi sur les six                     continents habit\u00e9s &#8211; selon certaines statistiques,                     plus de 40 000, y compris 102 ouvrages colossaux de plus de                     150 m\u00e8tres de hauteur. De nombreux pays, y compris                     le Canada, sont largement tributaires de barrages pour leur                     production d&rsquo;\u00e9lectricit\u00e9 et, \u00e0 travers                     le monde, des millions d&rsquo;agriculteurs en d\u00e9pendent                     pour irriguer r\u00e9guli\u00e8rement leurs cultures.                     Mais l&rsquo;enthousiasme fait peu \u00e0 peu place \u00e0 la                     d\u00e9sillusion. Les grands barrages, surtout dans les                     r\u00e9gions arides, peuvent causer des dommages graves                     et parfois irr\u00e9versibles \u00e0 l&rsquo;environnement.                     Ils mettent en danger la vitalit\u00e9 des cours d&rsquo;eau d&rsquo;amont                     en modifiant la temp\u00e9rature et la salinit\u00e9 de                     l&rsquo;eau, et d\u00e9truisent en aval le potentiel de p\u00eache                     en arr\u00eatant les alluvions et les inondations vivifiantes.                     Ils causent de l&rsquo;\u00e9rosion en aval et des glissements                     de terrain en amont. Leurs r\u00e9servoirs, s&rsquo;ils sont encombr\u00e9s                     de v\u00e9g\u00e9taux en d\u00e9composition, d\u00e9gagent                     des gaz \u00e0 effet de serre ; ils peuvent aussi devenir                     des incubateurs de malaria et d&rsquo;autres maladies. La construction                     de certains barrages a provoqu\u00e9 l&rsquo;inondation de sites                     arch\u00e9ologiques irrempla\u00e7ables et d\u00e9racin\u00e9                     des collectivit\u00e9s humaines enti\u00e8res, comme le                     savent trop bien les Nubiens, en \u00c9gypte. Enfin, s&rsquo;il                     faut ouvrir brusquement les vannes d&rsquo;un barrage et laisser                     passer de grandes quantit\u00e9s d&rsquo;eau pour maintenir la                     stabilit\u00e9 de l&rsquo;ouvrage, les collectivit\u00e9s d&rsquo;aval                     sont inond\u00e9es, souvent sans avertissement.<\/p>\n<p>En outre, les avantages que procurent les barrages ne sont                     pas toujours aussi spectaculaires que pr\u00e9vu. L&rsquo;eau                     qu&rsquo;ils retiennent n&rsquo;est pas toujours utilis\u00e9e efficacement.                     Les d\u00e9perditions d&rsquo;eau par \u00e9vaporation peuvent                     \u00eatre colossales, surtout dans les r\u00e9gions arides.                     La production d&rsquo;\u00e9lectricit\u00e9 et les surfaces                     irrigu\u00e9es s&rsquo;av\u00e8rent souvent tr\u00e8s inf\u00e9rieures                     aux pr\u00e9visions et les co\u00fbts sont presque toujours                     d\u00e9pass\u00e9s. Un envasement progressif r\u00e9duit                     in\u00e9vitablement la capacit\u00e9 de production de                     tous les barrages et peut m\u00eame menacer leur stabilit\u00e9.                     Enfin, les barrages n&rsquo;apportent pas toujours aux personnes                     dont ils bouleversent l&rsquo;existence ce qu&rsquo;elles en attendaient.                     D&rsquo;ailleurs, il n&rsquo;y a pas lieu de s&rsquo;en \u00e9tonner puisque,                     jusqu&rsquo;\u00e0 r\u00e9cemment, les populations directement                     concern\u00e9es par le projet \u00e9taient rarement consult\u00e9es.                     De nouveaux barrages se construisent encore, notamment en                     Chine, mais les organismes d&rsquo;aide ne les financent plus et                     certains ouvrages, aux \u00c9tats-Unis, sont m\u00eame                     vou\u00e9s \u00e0 la d\u00e9molition. La le\u00e7on                     la plus utile peut-\u00eatre \u00e0 tirer de l&rsquo;histoire                     des barrages est qu&rsquo;il est dangereux de faire exclusivement                     confiance \u00e0 la planification technocratique au sommet.                     La gestion de l&rsquo;eau est un bon exemple de la n\u00e9cessit\u00e9                     de penser \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle locale et de consid\u00e9rer                     l&rsquo;importance relative des facteurs \u00e9conomiques, politiques                     et environnementaux dans chaque r\u00e9gion avant d&rsquo;agir.<\/p>\n<p align=\"right\"><b><i>\u00ab&nbsp;\u0085 l&rsquo;irrigation est, plus                     souvent qu&rsquo;on ne le croit, une affectation tr\u00e8s inefficace                     des ressources en eau.&nbsp;\u00bb<\/i><\/b><\/p>\n<p>Les barrages permettent souvent une irrigation continue.                     L&rsquo;irrigation a jou\u00e9 un r\u00f4le fondamental dans                     le d\u00e9veloppement des civilisations et elle occupe aujourd&rsquo;hui                     une place de premier plan dans la production des aliments.                     Ses avantages sont imm\u00e9diats et fondamentaux. Qui ne                     souhaite voir le d\u00e9sert fleurir ? Les terres st\u00e9riles                     deviennent fertiles, produisant des aliments et assurant des                     revenus \u00e0 des personnes qui, auparavant, subsistaient                     de justesse. L&rsquo;irrigation est, de loin, la principale utilisation                     de l&rsquo;eau : elle en consomme plus que toutes les autres affectations                     combin\u00e9es. Pourtant, l&rsquo;irrigation est, plus souvent                     qu&rsquo;on ne le croit, un emploi tr\u00e8s inefficace des ressources                     en eau. Dans les r\u00e9gions arides telles que l&rsquo;Asie centrale                     ou le sud-ouest des \u00c9tats-Unis, les canaux d&rsquo;irrigation                     ouverts et non cuvel\u00e9s peuvent perdre par \u00e9vaporation                     et infiltration la moiti\u00e9 de l&rsquo;eau qu&rsquo;ils transportent                     avant d&rsquo;atteindre la premi\u00e8re plante. Le plus souvent,                     les plantes n&rsquo;utilisent qu&rsquo;une petite partie de l&rsquo;eau que                     l&rsquo;irrigation leur apporte ; le reste est aussi perdu par \u00e9vaporation                     et infiltration et aggrave inutilement l&rsquo;\u00e9rosion du                     sol. Ph\u00e9nom\u00e8ne plus grave encore, dans les r\u00e9gions                     sans pluie, une irrigation r\u00e9p\u00e9t\u00e9e sans                     drainage appropri\u00e9 accro\u00eet \u00e0 tel point                     la salinit\u00e9 du sol qu&rsquo;il devient st\u00e9rile. C&rsquo;est                     l\u00e0 un probl\u00e8me \u00e9norme et croissant dans                     des bassins hydrographiques de r\u00e9gions aussi \u00e9loign\u00e9es                     que l&rsquo;Indus, le Colorado et le Murray en Australie. Il est                     difficile de comprendre que cet effet n&rsquo;ait pas \u00e9t\u00e9                     pr\u00e9vu car le danger que pr\u00e9sente l&rsquo;accumulation                     du sel est connu depuis la M\u00e9sopotamie ancienne.<\/p>\n<p>Mais au moins, les barrages et les canaux d&rsquo;irrigation doivent                     leur existence \u00e0 des intentions louables. On peut difficilement                     en dire autant d&rsquo;une utilisation de l&rsquo;eau qui menace certaines                     r\u00e9serves, \u00e0 savoir la popularit\u00e9 de l&rsquo;eau                     en bouteille. Les Europ\u00e9ens en consomment depuis longtemps                     de grandes quantit\u00e9s et les Nord-am\u00e9ricains                     en viennent \u00e0 se convaincre que l&rsquo;eau de source \u00ab&nbsp;naturelle&nbsp;\u00bb est plus saine, propre et socialement acceptable                     que la banale eau du robinet. Les entreprises de produits                     alimentaires encouragent cette mode et en profitent. L&rsquo;appellation                     des eaux en bouteille comprend souvent le mot \u00ab&nbsp;source&nbsp;\u00bb car l&rsquo;eau d&rsquo;une source se vend plus cher que la m\u00eame                     eau tir\u00e9e d&rsquo;une rivi\u00e8re ou d&rsquo;un lac. (Les consommateurs                     qui croient \u00e0 la fois que l&rsquo;eau en bouteille est \u00ab&nbsp;pure&nbsp;\u00bb et que leur marque pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e                     a un go\u00fbt diff\u00e9rent se trompent forc\u00e9ment                     car le go\u00fbt de l&rsquo;eau ne peut provenir que de substances                     qui y sont dissoutes.) L&rsquo;engouement pour l&rsquo;eau en bouteille                     atteint de telles proportions qu&rsquo;il peut menacer d&rsquo;\u00e9puisement                     la nappe phr\u00e9atique dans certaines r\u00e9gions des                     \u00c9tats-Unis. De plus, bien s\u00fbr, il inonde la nature                     de vieilles bouteilles de plastique. Dans un monde o\u00f9                     deux milliards d&rsquo;humains au moins souffrent d&rsquo;un approvisionnement                     en eau insuffisant, cet engouement est choquant. Heureusement,                     dans certaines r\u00e9gions, y compris \u00e0 San Francisco                     et Salt Lake City, les autorit\u00e9s municipales interdisent                     \u00e0 leurs fonctionnaires d&rsquo;acheter de l&rsquo;eau en bouteille.                     Certains des plus grands restaurants du monde offrent \u00e0                     leurs clients de l&rsquo;eau filtr\u00e9e sur place au lieu d&rsquo;eau                     en bouteille. Et certaines entreprises interdisent l&rsquo;eau en                     bouteille \u00e0 leurs r\u00e9unions si l&rsquo;eau du robinet                     est disponible.<\/p>\n<p align=\"right\"><b><i>\u00ab&nbsp;\u0085 la p\u00e9nurie d&rsquo;eau                     potable s&rsquo;aggrave dans de nombreuses r\u00e9gions du monde.&nbsp;\u00bb<\/i><\/b><\/p>\n<p>Mais surtout, nos habitudes contribuent largement \u00e0                     rendre inutilisable l&rsquo;eau dont nous disposons. C&rsquo;est d&rsquo;abord                     la pollution de l&rsquo;eau par des agents chimiques, des bact\u00e9ries                     et les \u00e9pandages d&rsquo;engrais qui a inqui\u00e9t\u00e9                     le public et d\u00e9clench\u00e9 l&rsquo;adoption des premi\u00e8res                     mesures de gestion de l&rsquo;eau. Malgr\u00e9 plusieurs d\u00e9cennies                     d&rsquo;efforts, certains r\u00e9ussis, pour rem\u00e9dier \u00e0                     ces pratiques, cette source de pollution subsiste. Les \u00c9tats-Unis                     et le Canada, dont les habitants se per\u00e7oivent comme                     des gens propres et progressistes, d\u00e9versent encore                     jour apr\u00e8s jour dans les cours d&rsquo;eau, les lacs et les                     oc\u00e9ans des torrents d&rsquo;eaux us\u00e9es non trait\u00e9es                     contenant des quantit\u00e9s massives de pesticides, d&rsquo;engrais                     et de d\u00e9chets industriels. C&rsquo;est pourquoi, au Canada,                     une centaine de collectivit\u00e9s des Premi\u00e8res                     nations doivent faire bouillir leur eau. La situation est                     pire encore dans une grande partie du monde en d\u00e9veloppement                     et dans les pays de l&rsquo;ancien bloc sovi\u00e9tique, o\u00f9                     les cours d&rsquo;eau sont souvent des \u00e9gouts \u00e0 ciel                     ouvert. En Inde, les puits qui ne s&rsquo;ass\u00e8chent pas compl\u00e8tement                     en raison d&rsquo;une utilisation abusive de la nappe phr\u00e9atique                     se remplissent de produits toxiques d&rsquo;origine humaine ou naturelle,                     tels que des fluorures (qui peuvent \u00eatre toxiques \u00e0                     certaines concentrations) et m\u00eame de l&rsquo;arsenic. La crainte                     des effets de la pollution explique en partie la popularit\u00e9                     croissante de l&rsquo;eau en bouteille, mais on ignore pour le moment                     quel d\u00e9sastre provoquera l&rsquo;adoption de mesures efficaces                     pour rem\u00e9dier \u00e0 cette situation.<\/p>\n<p>Tous ces facteurs combin\u00e9s font que l&rsquo;eau douce propre                     est de plus en plus rare dans de nombreuses r\u00e9gions.                     Et l&rsquo;avenir est sombre. L&rsquo;extraction des eaux souterraines                     a beaucoup augment\u00e9 avec l&rsquo;utilisation croissante de                     pompes \u00e9lectriques ou au diesel ; elle \u00e9puise                     rapidement les nappes phr\u00e9atiques, aussi bien dans                     le monde industrialis\u00e9 que dans les pays en d\u00e9veloppement.                     La production d&rsquo;eau en bouteille a vid\u00e9 des lacs en                     Floride et au Wisconsin. Apr\u00e8s des d\u00e9cennies                     de pompage de l&rsquo;eau souterraine pour irriguer les hautes plaines                     des \u00c9tats-Unis, l&rsquo;immense nappe phr\u00e9atique d&rsquo;Ogallala                     finira par s&rsquo;\u00e9puiser, condamnant l&rsquo;une des r\u00e9gions                     agricoles les plus productives du monde \u00e0 un avenir                     incertain. Pomper l&rsquo;eau souterraine, c&rsquo;est entamer son capital                     car la formation d&rsquo;une nappe phr\u00e9atique peut prendre                     des milliers d&rsquo;ann\u00e9es ; beaucoup sont m\u00eame des                     aquif\u00e8res \u00ab&nbsp;fossiles&nbsp;\u00bb, form\u00e9s quand                     le climat \u00e9tait diff\u00e9rent de celui d&rsquo;aujourd&rsquo;hui.                     Comme on l&rsquo;a vu, les puits s&rsquo;ass\u00e8chent en Inde, mena\u00e7ant                     l&rsquo;aptitude de ce pays \u00e0 se nourrir. De nombreux fleuves                     autrefois majestueux ont perdu tant de leurs eaux pour l&rsquo;irrigation                     et la consommation urbaine qu&rsquo;ils n&rsquo;atteignent plus la mer.                     En Australie, le fleuve Murray meurt dans la nature ; quant                     au Colorado, s&rsquo;il parvient \u00e0 l&rsquo;oc\u00e9an, c&rsquo;est                     seulement parce qu&rsquo;un trait\u00e9 garantit qu&rsquo;une partie                     de son eau atteindra son embouchure, au Mexique. Isra\u00ebl                     et la Jordanie puisent si abondamment dans le fleuve qui les                     s\u00e9pare que la mer Morte, dans laquelle le Jourdain                     se d\u00e9versait autrefois, est en voie d&rsquo;ass\u00e8chement.                     En Chine, le Huang-He, le puissant fleuve Jaune lui-m\u00eame,                     tristement r\u00e9put\u00e9 tout au long de l&rsquo;histoire                     pour ses inondations catastrophiques, n&rsquo;atteint plus l&rsquo;oc\u00e9an                     que certaines ann\u00e9es. Fait plus spectaculaire encore,                     l&rsquo;arrosage des champs de coton qui bordent l&rsquo;Amou Darya consomme                     tellement d&rsquo;eau que la mer d&rsquo;Aral, dans laquelle se jette                     ce puissant fleuve de l&rsquo;Asie centrale, n&rsquo;occupe plus qu&rsquo;un                     petit coin sans vie de l&rsquo;espace qu&rsquo;elle couvrait autrefois.                     Certaines r\u00e9gions, m\u00eame peupl\u00e9es de longue                     date et tr\u00e8s d\u00e9velopp\u00e9es, comme la Catalogne,                     en Espagne, souffrent d&rsquo;une p\u00e9nurie chronique d&rsquo;eau.                     Au Texas, quoique moins grave, l&rsquo;\u00e9tat du cours d&rsquo;eau                     que longe la c\u00e9l\u00e8bre promenade River Walk, \u00e0                     San Antonio, n&rsquo;en est pas moins notable : s&rsquo;il coule encore,                     c&rsquo;est parce qu&rsquo;on y d\u00e9verse les effluents trait\u00e9s                     des \u00e9gouts. \u00c0 Las Vegas, la municipalit\u00e9                     encourage les habitants \u00e0 entourer leurs maisons de                     cactus plut\u00f4t que de gazon.<\/p>\n<p>Bien d&rsquo;autres exemples pourraient \u00eatre pr\u00e9sent\u00e9s,                     mais les conclusions sont claires : nous exigeons de nos r\u00e9serves                     d&rsquo;eau douce plus qu&rsquo;elles ne peuvent nous donner et nous ne                     trouverons aucune solution facile ou universelle \u00e0                     ce probl\u00e8me. Aucune nouvelle source inexploit\u00e9e                     ne pourra nous abriter des cons\u00e9quences de nos actes,                     et nulle perc\u00e9e technologique capable d&rsquo;en transformer                     les effets n&rsquo;appara\u00eet \u00e0 l&rsquo;horizon. Le dessalement                     de l&rsquo;eau de mer est co\u00fbteux, \u00e9nergivore et n\u00e9faste                     pour l&rsquo;environnement ; il ne convient que dans des r\u00e9gions                     \u00e0 la fois tr\u00e8s arides et tr\u00e8s riches,                     dont le meilleur exemple est celui des \u00c9tats du golfe                     Persique, son principal utilisateur. En Australie, pour rem\u00e9dier                     \u00e0 une grave p\u00e9nurie d&rsquo;eau, la ville de Perth                     s&rsquo;est dot\u00e9e d&rsquo;une usine de dessalement partiellement                     aliment\u00e9e par des turbines \u00e9oliennes, mais assez                     peu de r\u00e9gions du monde jouissent de conditions favorables                     pour adopter cette solution. La constatation in\u00e9luctable                     reste que nous ne pouvons ni nous passer d&rsquo;eau, ni en produire                     en quantit\u00e9s importantes. La seule solution consiste                     \u00e0 utiliser sagement celle que nous avons.<\/p>\n<p align=\"right\"><b><i>\u00ab&nbsp;\u0085 nous ne pouvons ni nous                     passer d&rsquo;eau, ni en produire en quantit\u00e9s importantes.&nbsp;\u00bb<\/i><\/b><\/p>\n<p>La gestion de l&rsquo;eau est un imp\u00e9ratif mondial car elle                     concerne directement ou indirectement presque tous les habitants                     de notre plan\u00e8te. Mais \u00e0 l&rsquo;encontre du changement                     climatique, elle garde un caract\u00e8re r\u00e9gional                     au niveau des causes et des effets, et des strat\u00e9gies                     de conservation. Le d\u00e9fi supr\u00eame est de g\u00e9rer                     l&rsquo;eau si efficacement que nous pourrons non seulement satisfaire                     les besoins existants (ou au moins les moins frivoles), mais                     aussi pr\u00e9server l&rsquo;environnement et mettre une partie                     de notre eau \u00e0 la disposition du tiers de l&rsquo;humanit\u00e9                     qui en manque aujourd&rsquo;hui.<\/p>\n<p>Parler d&rsquo;un d\u00e9fi \u00e0 cet \u00e9gard, c&rsquo;est                     mettre la barre bien trop bas. Car il faudra une collaboration                     enti\u00e8re et permanente entre les \u00c9tats souverains                     qui partagent un bassin hydrographique, un lac ou une nappe                     phr\u00e9atique. Il faudra remanier profond\u00e9ment                     les politiques int\u00e9rieures de nombreux pays, sinon                     de la plupart. Les imp\u00e9ratifs de la gestion de l&rsquo;eau                     sont exigeants. Ils touchent le mode de vie et le gagne-pain                     de tous les \u00eatres humains. Les agriculteurs, dont les                     groupes de pression comptent parmi les plus puissants dans                     les pays d\u00e9mocratiques et qui n&rsquo;ont jusqu&rsquo;ici rien                     pay\u00e9 ou presque pour les quantit\u00e9s d&rsquo;eau colossales                     qu&rsquo;ils utilisent, devront accepter de payer leur part ou se                     conformer \u00e0 des restrictions on\u00e9reuses, ou les                     deux. Les entreprises b\u00e9n\u00e9ficiant d&rsquo;un acc\u00e8s                     privil\u00e9gi\u00e9 \u00e0 l&rsquo;eau parce qu&rsquo;elles cr\u00e9ent                     des emplois et des richesses devront apprendre \u00e0 l&rsquo;utiliser                     aussi efficacement que leurs autres intrants. Les citadins,                     qui obtiennent actuellement leur eau \u00e0 tr\u00e8s                     bon compte, devront apprendre que l&rsquo;eau a un prix r\u00e9el,                     comme tout autre produit. Des coutumes et des attentes profond\u00e9ment                     enracin\u00e9es devront changer. Chaque maison ne peut pas                     entretenir un gazon et une piscine, \u00eatre entour\u00e9e                     de haies et avoir une roseraie. Et partout, la possession                     et l&rsquo;utilisation de l&rsquo;eau sont r\u00e9gies par un ensemble                     complexe de droits et de coutumes leur conf\u00e9rant une                     valeur \u00e9conomique et culturelle. La page \u00e0 remplir                     n&rsquo;est pas vide : pour atteindre ses buts, la gestion de l&rsquo;eau                     devra prendre en compte les acquis de chaque soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p>Ces faits sont faciles \u00e0 \u00e9noncer mais, bien                     souvent, les \u00eatres humains n&rsquo;adoptent la solution la                     plus valable qu&rsquo;apr\u00e8s avoir essay\u00e9 toutes les                     autres, sans succ\u00e8s. En outre, chaque approche de la                     gestion de l&rsquo;eau plaira plus \u00e0 certains qu&rsquo;\u00e0                     d&rsquo;autres pour des raisons li\u00e9es \u00e0 la fa\u00e7on                     dont chacun pense que la soci\u00e9t\u00e9 doit fonctionner.                     Beaucoup trouveront r\u00e9pugnante l&rsquo;id\u00e9e de vendre                     un bien aussi essentiel que l&rsquo;eau, surtout si le prix en revient                     \u00e0 des entreprises priv\u00e9es, comme c&rsquo;est souvent                     le cas depuis quelques d\u00e9cennies. Cette r\u00e9pugnance                     repose sur le principe \u00e9minemment valable que les gens                     qui ont le plus besoin d&rsquo;eau sont souvent ceux qui peuvent                     le moins la payer. D&rsquo;autres r\u00e9pondront que les gens                     ne s&rsquo;habitueront \u00e0 \u00e9conomiser vraiment l&rsquo;eau                     que si le gaspillage heurte leur point le plus sensible :                     leur porte-monnaie. On pourra sugg\u00e9rer aussi que les                     seules autres solutions sont d&rsquo;exhorter les gens \u00e0                     changer volontairement &#8211; l&rsquo;approche g\u00e9n\u00e9ralement                     la moins efficace \u00e0 l&rsquo;endroit des pires contrevenants                     &#8211; ou d&rsquo;imposer des r\u00e8glements avec, in\u00e9vitablement,                     une arm\u00e9e d&rsquo;inspecteurs, des amendes et des possibilit\u00e9s                     de favoritisme, sinon de corruption.<\/p>\n<p>En pratique, pour assurer une utilisation rationnelle et                     durable de l&rsquo;eau, il faudra recourir \u00e0 ces trois approches                     et \u00e0 d&rsquo;autres. Il est essentiel d&rsquo;informer le public                     de l&rsquo;ampleur de la crise, non seulement pour le convaincre                     de changer volontairement, mais aussi pour cr\u00e9er un                     climat politique favorisant un changement radical et permanent.                     Une tarification r\u00e9aliste n&rsquo;est pas la solution compl\u00e8te,                     mais elle peut apporter une contribution utile et parfaitement                     l\u00e9gitime. L&rsquo;acc\u00e8s \u00e0 l&rsquo;eau est, bien s\u00fbr,                     un droit fondamental, mais il ne s&rsquo;ensuit pas qu&rsquo;il doive                     \u00eatre gratuit et illimit\u00e9 pour tous. Les droits                     de l&rsquo;homme, pourrait-on dire, ne remplissent pas les baignoires.                     Amener l&rsquo;eau \u00e0 son point d&rsquo;utilisation exige des investissements                     massifs en r\u00e9seaux d&rsquo;adduction et de distribution et                     des charges permanentes pour la filtration, l&rsquo;entretien et                     l&rsquo;\u00e9limination des d\u00e9chets. L&rsquo;eau utilisable                     co\u00fbte, et rien ne s&rsquo;oppose \u00e0 ce que les gens                     et les entreprises qui peuvent payer soient tenus de le faire.                     Il est politiquement et moralement essentiel de fournir aussi                     de l&rsquo;eau \u00e0 ceux qui ne peuvent pas la payer, mais la                     soci\u00e9t\u00e9 dispose d&rsquo;un vaste choix de m\u00e9canismes                     permettant de le faire sans encourager le gaspillage en offrant                     la gratuit\u00e9 \u00e0 tous.<\/p>\n<p align=\"right\"><b><i>\u00ab&nbsp;\u0085 nous devons apprendre \u00e0                     traiter l&rsquo;acc\u00e8s \u00e0 l&rsquo;eau comme un droit fondamental                     et l&rsquo;eau comme une ressource rare\u0085&nbsp;\u00bb<\/i><\/b><\/p>\n<p>Quant \u00e0 la r\u00e9glementation, quels que soient                     les inconv\u00e9nients qu&rsquo;elle pr\u00e9sente, elle est                     essentielle pour pr\u00e9venir les tentatives de resquille                     &#8211; visant \u00e0 profiter du syst\u00e8me sans y contribuer                     &#8211; et atteindre des objectifs politiques d\u00e9passant les                     possibilit\u00e9s de l&rsquo;information ou de la tarification,                     tels que le contr\u00f4le du commerce de l&rsquo;eau aux niveaux                     local et international. Enfin, la technologie ne peut probablement                     pas faire de miracles, mais elle peut contribuer \u00e0                     rendre les mesures de conservation de l&rsquo;eau financi\u00e8rement                     viables et politiquement acceptables. Les pommes de douche                     et machines \u00e0 laver efficaces, l&rsquo;invention isra\u00e9lienne                     de l&rsquo;irrigation goutte \u00e0 goutte, le cuvelage des canaux                     d&rsquo;irrigation sont autant d&rsquo;exemples d&rsquo;apports technologiques                     permettant des changements compl\u00e9mentaires cumulativement                     importants. En un mot, nous devons apprendre \u00e0 traiter                     l&rsquo;acc\u00e8s \u00e0 l&rsquo;eau comme un droit fondamental et                     l&rsquo;eau comme une ressource rare, au lieu de recr\u00e9er                     la trag\u00e9die dite \u00ab&nbsp;des communaux&nbsp;\u00bb en consid\u00e9rant                     que l&rsquo;eau est la propri\u00e9t\u00e9 de tous mais la responsabilit\u00e9                     de personne.<\/p>\n<p>Bref, la gestion efficace de l&rsquo;eau n&rsquo;est pas un d\u00e9fi                     unique mais des centaines de d\u00e9fis grands et petits,                     comportant chacun une combinaison diff\u00e9rente d&rsquo;incidences                     humaines, mat\u00e9rielles et financi\u00e8res. L&rsquo;une                     des meilleures techniques pour entretenir l&rsquo;\u00e9quilibre                     d\u00e9licat entre le droit de l&rsquo;individu et le bien collectif                     sera donc g\u00e9n\u00e9ralement une bonne gouvernance,                     l&rsquo;adoption d&rsquo;un processus d\u00e9cisionnel efficace et l\u00e9gitime.                     Les connaissances techniques et l&rsquo;autorit\u00e9 d&rsquo;un gouvernement                     central sont essentielles pour assurer la meilleure utilisation                     de l&rsquo;eau, mais elles ne suffisent pas. Les populations concern\u00e9es                     doivent aussi \u00eatre engag\u00e9es, surtout dans les                     pays en d\u00e9veloppement, dans lesquels la connaissance                     du milieu et le sens des besoins locaux peuvent faire la diff\u00e9rence                     entre l&rsquo;\u00e9chec et le succ\u00e8s. La transparence                     est essentielle aussi pour qu&rsquo;il soit d\u00fbment tenu compte                     de tous les facteurs environnementaux, \u00e9conomiques                     et sociaux. Dans certains pays, la culture politique et la                     vigueur des m\u00e9dias aideront beaucoup \u00e0 atteindre                     ces objectifs. Mais dans beaucoup d&rsquo;autres, peut-\u00eatre                     la plupart, la promotion de la transparence et de l&rsquo;engagement                     exigera des changements de comportement parmi les \u00e9lites                     locales et internationales.<\/p>\n<p>Le Canada est une terre b\u00e9nie \u00e0 de nombreux                     \u00e9gards, mais \u00e0 aucun plus que celui des r\u00e9serves                     d&rsquo;eau douce. Selon un rapport des Nations Unies, les r\u00e9serves                     annuelles renouvelables totales d&rsquo;eau du Canada se chiffrent                     \u00e0 2 902 kilom\u00e8tres cubes par an, apr\u00e8s                     celles seulement du Br\u00e9sil et de la Russie, et le Canada                     a les plus importantes r\u00e9serves par habitant de tous                     les pays de bonne taille. Et ce rapport fait \u00e9tat des                     r\u00e9serves annuelles renouvelables, pas du volume total                     de l&rsquo;eau du territoire canadien. C&rsquo;est-\u00e0-dire de notre                     revenu plut\u00f4t que du capital. Mais de telles donn\u00e9es                     peuvent \u00eatre tr\u00e8s trompeuses : la population                     canadienne est concentr\u00e9e sur une petite partie du                     territoire national et l&rsquo;eau de la plupart des r\u00e9gions                     faiblement peupl\u00e9es est en pratique inaccessible pour                     des raisons de rentabilit\u00e9 et d&rsquo;environnement. M\u00eame                     dans la zone habit\u00e9e, l&rsquo;eau est in\u00e9galement                     r\u00e9partie. Des segments importants des provinces des                     Prairies souffrent \u00e0 l&rsquo;occasion de s\u00e9cheresse                     ; lors de la plus r\u00e9cente, en 2001-2002, le bras sud                     de la rivi\u00e8re Saskatchewan a cess\u00e9 de couler.                     La r\u00e9gion des Grands Lacs peut donner l&rsquo;impression                     d&rsquo;\u00eatre favoris\u00e9e mais il est important de ne                     pas confondre le capital et le revenu, l&rsquo;eau stock\u00e9e                     dans les lacs et celle qui se renouvelle d&rsquo;ann\u00e9e en                     ann\u00e9e. Comme le bassin hydrographique des Grands Lacs                     est relativement petit, ses eaux pourraient baisser si l&rsquo;on                     y faisait des pr\u00e9l\u00e8vements sup\u00e9rieurs                     aux apports annuels. Quant \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur en                     plein essor de la Colombie-Britannique, avec son climat temp\u00e9r\u00e9                     et sec, il ressemble, \u00e0 \u00e9chelle r\u00e9duite,                     au Sud-Ouest am\u00e9ricain, o\u00f9 se font concurrence                     les besoins de l&rsquo;irrigation, du tourisme, de l&rsquo;industrie et                     de l&rsquo;urbanisation. Et \u00e0 Vancouver, contrairement \u00e0                     ce que peuvent croire les gens de l&rsquo;ext\u00e9rieur, l&rsquo;eau                     est fr\u00e9quemment rationn\u00e9e. Selon les pr\u00e9visions,                     les changements climatiques accentueront les p\u00e9nuries                     dans le sud du Canada et provoqueront une augmentation des                     pr\u00e9cipitations de pluie et de neige dans l&rsquo;Arctique.<\/p>\n<p align=\"right\"><b><i>\u00ab&nbsp;&#8230; Nous exigeons de nos ressources                     en eau douce plus qu&rsquo;elles ne peuvent nous donner\u0085&nbsp;\u00bb<\/i><\/b><\/p>\n<p>Ces consid\u00e9rations expliquent en partie pourquoi beaucoup                     de Canadiens s&rsquo;opposent avec v\u00e9h\u00e9mence \u00e0                     tous les projets d&rsquo;exportation d&rsquo;eau canadienne. Certains                     redoutent la mise en \u009cuvre de projets massifs visant                     \u00e0 remplir l&rsquo;Ogallala ou \u00e0 secourir les \u00c9tats                     particuli\u00e8rement secs de l&rsquo;Arizona et du Nevada (o\u00f9,                     paradoxalement, beaucoup de Canadiens passent l&rsquo;hiver). D&rsquo;autres                     craignent une augmentation des pr\u00e9l\u00e8vements                     sur les Grands Lacs achemin\u00e9s vers le Mississippi,                     une perspective plus plausible puisque des volumes d&rsquo;eau consid\u00e9rables                     s&rsquo;\u00e9coulent d\u00e9j\u00e0 chaque jour vers le Mississippi                     par la rivi\u00e8re Chicago, depuis que son cours a \u00e9t\u00e9                     invers\u00e9, il y a plus de cent ans. D&rsquo;autres encore appr\u00e9hendent                     que les Grands Lacs p\u00e9rissent, \u00e0 petit feu si                     l&rsquo;on peut dire, sous les milliers d&rsquo;assauts des autorit\u00e9s                     municipales et r\u00e9gionales am\u00e9ricaines qui y                     puisent de l&rsquo;eau, bien que les gouvernements des huit \u00c9tats                     riverains s&rsquo;opposent \u00e0 toute exportation nouvelle provenant                     du bassin. Des projets d&rsquo;exportation par navires-citernes                     d&rsquo;eau provenant de lacs ou de glaciers canadiens vers des                     r\u00e9gions arides ont \u00e9t\u00e9 propos\u00e9s                     et referont sans aucun doute surface, d&rsquo;autant plus qu&rsquo;ils                     ne sont pas techniquement irr\u00e9alisables. Les \u00eeles                     grecques entretiennent leur r\u00e9putation de paradis du                     tourisme en important de l&rsquo;eau de Grande-Bretagne : une entreprise                     pertinemment appel\u00e9e Aquarius utilise des remorqueurs                     pour livrer en Gr\u00e8ce d&rsquo;immenses boudins de polyur\u00e9thane                     remplis d&rsquo;eau douce.<\/p>\n<p>L&rsquo;attention du public canadien a pendant longtemps \u00e9t\u00e9                     concentr\u00e9e sur les projets d&rsquo;exportation directe d&rsquo;eau.                     R\u00e9cemment, toutefois, elle s&rsquo;est port\u00e9e sur                     un probl\u00e8me plus complexe, celui de l&rsquo;exportation dite                     \u00ab&nbsp;virtuelle&nbsp;\u00bb : l&rsquo;eau qui ne sort pas du territoire                     national mais qui sert \u00e0 produire des biens pour l&rsquo;exportation.                     Cette eau est, en quelque sorte, export\u00e9e indirectement                     puisque la production des biens serait difficile ou ind\u00fbment                     on\u00e9reuse dans des pays disposant de moins d&rsquo;eau douce                     que le Canada. La production agricole en est l&rsquo;exemple le                     plus \u00e9vident et probablement le moins contest\u00e9,                     bien que l&rsquo;eau contenue dans les produits export\u00e9s                     quitte effectivement le Canada, contrairement \u00e0 celle                     qui est utilis\u00e9e pour cultiver les plantes ou \u00e9lever                     les animaux. Par contre, les \u00e9normes quantit\u00e9s                     d&rsquo;eau utilis\u00e9es pour exploiter les ressources naturelles                     posent un probl\u00e8me d&rsquo;importance croissante et politiquement                     tr\u00e8s sensible. Cette eau offre un excellent exemple                     de ce que les \u00e9conomistes appellent une \u00ab&nbsp;externalit\u00e9                     n\u00e9gative&nbsp;\u00bb : un co\u00fbt de production impos\u00e9                     \u00e0 des tiers au lieu d&rsquo;\u00eatre assum\u00e9 par                     le producteur ou le consommateur du produit. Si le producteur                     n&rsquo;est pas l\u00e9galement tenu d&rsquo;assumer le co\u00fbt de                     la pollution qu&rsquo;il cr\u00e9e, ce co\u00fbt est \u00e0                     la charge du public, sous la forme de sols et d&rsquo;eaux avilis                     ou de travaux de restauration, ou les deux. Comme les ressources                     naturelles produites au Canada sont en grande partie export\u00e9es,                     les Canadiens pourraient d\u00e9couvrir que, en plus de                     l&rsquo;exportation de l&rsquo;usage fait de leur eau, ils subventionnent                     les industries d&rsquo;exportation en assumant les co\u00fbts externes                     qu&rsquo;elles cr\u00e9ent. Cette possibilit\u00e9 a d\u00e9j\u00e0                     conduit \u00e0 l&rsquo;adoption de lois et de r\u00e8glements                     obligeant les entreprises \u00e0 d\u00e9contaminer l&rsquo;environnement                     qu&rsquo;elles polluent. L&rsquo;efficacit\u00e9 de ces mesures est                     tr\u00e8s variable et controvers\u00e9e ; elle est en                     tout cas in\u00e9gale. Pour l&rsquo;am\u00e9liorer, les Canadiens                     devront faire des choix difficiles tenant compte \u00e0                     la fois de la comp\u00e9titivit\u00e9 de nos exportations                     et de la prosp\u00e9rit\u00e9 d&rsquo;entreprises qui apportent                     \u00e0 la collectivit\u00e9 une grande richesse et beaucoup                     d&#8217;emplois, mais aussi de la conviction croissante du public                     que le pollueur doit r\u00e9parer ses d\u00e9g\u00e2ts.<\/p>\n<p>Quel que soit le compromis qui sera adopt\u00e9, il semble                     que les Canadiens feraient bien de consacrer plus de temps                     \u00e0 la planification de l&rsquo;utilisation de la pr\u00e9cieuse                     ressource qu&rsquo;est leur eau. \u00c0 part la question de l&rsquo;exportation,                     l&rsquo;attention du public vise presque exclusivement, d&rsquo;abord,                     la s\u00e9curit\u00e9 des approvisionnements et, ensuite,                     les effets des eaux pollu\u00e9es sur l&rsquo;environnement. Ces                     questions sont naturellement importantes mais elles ont jusqu&rsquo;ici                     rejet\u00e9 dans l&rsquo;ombre celle de la conservation de l&rsquo;eau                     au jour le jour. Les autorit\u00e9s f\u00e9d\u00e9rales                     et provinciales sont conscientes de l&rsquo;importance de la conservation                     et elles l&rsquo;encouragent dans une certaine mesure, mais le public                     ne s&rsquo;int\u00e9resse gu\u00e8re \u00e0 la question. La                     presse ne parle ni de l&#8217;emploi g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9                     de compteurs d&rsquo;eau, ni de l&rsquo;imposition de frais d&rsquo;utilisation                     plus r\u00e9alistes, ni d&rsquo;un meilleur entretien des syst\u00e8mes                     de distribution, ni, non plus, du recyclage de l&rsquo;eau ; certaines                     des mesures en cause seraient impopulaires mais elles contribueraient                     \u00e0 assurer aux g\u00e9n\u00e9rations futures la                     possibilit\u00e9 de jouir autant de l&rsquo;eau que leurs pr\u00e9d\u00e9cesseurs.<\/p>\n<p>En Isra\u00ebl, le voyageur qui traverse le d\u00e9sert                     du Neguev pour atteindre la station baln\u00e9aire d&rsquo;Eilat,                     sur la mer Rouge, aper\u00e7oit en passant des ruines perch\u00e9es                     au sommet plat d&rsquo;une colline. C&rsquo;est Avdat, une cit\u00e9                     construite au 3e si\u00e8cle av. J.-C. par les Nabat\u00e9ens,                     un peuple arabe qui fut aussi le b\u00e2tisseur de la c\u00e9l\u00e8bre                     ville de P\u00e9tra. Avdat a \u00e9t\u00e9, pendant                     900 ans, jusqu&rsquo;\u00e0 sa destruction par un tremblement                     de terre, un centre de commerce et d&rsquo;agriculture important.                     Aujourd&rsquo;hui, l&rsquo;endroit est paisible et splendide mais quiconque                     voit ces ruines bien pr\u00e9serv\u00e9es peut se demander                     comment une ville a pu vivre en un tel lieu. Jusqu&rsquo;\u00e0                     l&rsquo;horizon lointain, le regard ne d\u00e9couvre pas d&rsquo;eau                     et le sol est presque d\u00e9nu\u00e9 de v\u00e9g\u00e9tation.                     Pourtant, Avdat \u00e9tait une ville prosp\u00e8re et                     avait assez d&rsquo;eau pour irriguer des champs et des vignobles                     (six pressoirs ont \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9s), entretenir                     des bains publics et alimenter un r\u00e9seau de drainage                     complexe.<\/p>\n<p>L&rsquo;explication est simple en principe mais incompl\u00e8te                     dans ses d\u00e9tails. Les Nabat\u00e9ens avaient for\u00e9                     des puits mais, surtout, ils recueillaient chaque goutte possible                     d&rsquo;eau de leurs pluies, rares m\u00eame en hiver. L&rsquo;eau des                     rues et des toits, qui se d\u00e9versait dans des citernes                     de ciment, servait \u00e0 l&rsquo;irrigation des champs et aux                     besoins domestiques. Les canalisations et les citernes \u00e9taient                     couvertes pour r\u00e9duire l&rsquo;\u00e9vaporation. Nous ignorons                     quelles autres mesures les habitants d&rsquo;Avdat avaient adopt\u00e9es                     pour \u00e9conomiser leur eau pr\u00e9cieuse mais elles                     \u00e9taient \u00e9videmment efficaces. Dans une r\u00e9gion                     qui re\u00e7oit moins de 10 pouces de pluie dans les bonnes                     ann\u00e9es et semble ne pouvoir accueillir que quelques                     troupeaux de B\u00e9douins, une utilisation prudente de                     l&rsquo;eau a permis l&rsquo;existence d&rsquo;une civilisation urbaine \u00e9volu\u00e9e.                     Les ruines d&rsquo;Avdat t\u00e9moignent avec \u00e9loquence                     de ce qu&rsquo;une collectivit\u00e9 peut r\u00e9aliser en s&rsquo;adaptant                     \u00e0 son environnement. Elles sont une source d&rsquo;inspiration                     pour une humanit\u00e9 qui s&rsquo;efforce de vivre en harmonie                     avec la nature g\u00e9n\u00e9reuse, mais non in\u00e9puisable,                     de notre plan\u00e8te.<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"author":87,"featured_media":0,"template":"","categories":[1],"rbc_letter_theme":[],"rbc_letter_year":[61],"class_list":["post-2118","rbc_letter","type-rbc_letter","status-publish","hentry","category-uncategorized","rbc_letter_year-61"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO Premium plugin v27.2 (Yoast SEO v27.2) - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-premium-wordpress\/ -->\n<title>F\u00e9vrier 2008- La plan\u00e8te bleue - RBC<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/fevrier-2008-la-planete-bleue\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"F\u00e9vrier 2008- La plan\u00e8te bleue\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"L&rsquo;eau est irrempla\u00e7able ; nulle autre substance n&rsquo;est plus importante pour notre survie. 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