{"id":2115,"date":"1979-02-01T00:00:00","date_gmt":"1979-02-01T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-60-n-2-fevrier-1979-lurgent-besoin-du-rire\/"},"modified":"2022-10-17T20:20:49","modified_gmt":"2022-10-17T20:20:49","slug":"vol-60-n-2-fevrier-1979-lurgent-besoin-du-rire","status":"publish","type":"rbc_letter","link":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-60-n-2-fevrier-1979-lurgent-besoin-du-rire\/","title":{"rendered":"Vol. 60, N\u00b0 2 &#8211; F\u00e9vrier 1979 &#8211; L&rsquo;urgent besoin du rire"},"content":{"rendered":"<div id=\"layout-column-main\">\n<p class=\"boldtext\">Le monde va-t-il bient\u00f4t manquer d&rsquo;humour                     comme on dit qu&rsquo;il va manquer de p\u00e9trole\u00a0? On                     le dirait parfois \u00e0 regarder les pr\u00e9tendues                     \u00ab\u00a0com\u00e9dies\u00a0\u00bb que nous sert la t\u00e9l\u00e9vision.                     Mais non, pas vraiment\u00a0; les meilleures blagues sont                     celles qui fusent de notre vie quotidienne. L&rsquo;humour est un                     don pr\u00e9cieux fait \u00e0 l&rsquo;humanit\u00e9&#8230; <\/p>\n<p> L&rsquo;humour, g\u00e9mit-on de plus en plus, ne semble pas                     mettre souvent le nez dehors. S&rsquo;il n&rsquo;est pas malade, il ne                     va certes pas bien. <\/p>\n<p> Pourtant, il se d\u00e9pense \u00e9norm\u00e9ment                     d&rsquo;argent et d&rsquo;\u00e9nergie dans les journaux, \u00e0 la                     radio et \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision pour amener                     les adultes \u00e0 faire ce que fait naturellement le jeune                     enfant qui rit tout bas \u00e0 la vue de son ours en peluche.                     Les ondes a\u00e9riennes sont remplies de com\u00e9dies                     de situation heureusement vite oubli\u00e9es\u00a0; les                     com\u00e9diens sans costume se multiplient aux feuilletons                     parl\u00e9s du soir\u00a0; des spectacles de vari\u00e9t\u00e9s                     naissent et d\u00e9p\u00e9rissent en l&rsquo;espace de quelques                     mois. <\/p>\n<p> Le r\u00e9seau anglais de Radio-Canada inaugurait derni\u00e8rement                     un jeu t\u00e9l\u00e9vis\u00e9 appel\u00e9 <em>Trivia<\/em>.                     Deux \u00e9quipes y rivalisaient d&rsquo;esprit pour pr\u00e9senter                     des informations totalement inutiles. Le but de l&rsquo;\u00e9mission                     \u00e9tait de faire rire. <\/p>\n<p> Pour tromper l&rsquo;ennui, l&rsquo;animateur adressait de temps en                     temps une question \u00e0 la salle. Une de ses devinettes                     demandait\u00a0: \u00ab\u00a0Quel est le cadeau id\u00e9al pour                     un couple qui f\u00eate son vingt-cinqui\u00e8me anniversaire                     de mariage\u00a0?\u00a0\u00bb Presque \u00e0 l&rsquo;instant, une voix                     lan\u00e7a du fond du studio\u00a0: \u00ab\u00a0Des vacances                     s\u00e9par\u00e9es\u00a0\u00bb. <\/p>\n<p> Avec un sourire contraint, l&rsquo;animateur se h\u00e2ta d&rsquo;expliquer                     le v\u00e9ritable sens des noces d&rsquo;argent. Un autre rire                     &#8211; en direct \u00e0 la t\u00e9l\u00e9 &#8211; venait d&rsquo;\u00eatre                     \u00e9touff\u00e9 dans l&rsquo;oeuf. <\/p>\n<p> On a l\u00e0 un exemple remarquable de la diff\u00e9rence                     entre le rire spontan\u00e9 et le rire pr\u00e9fabriqu\u00e9,                     entre le comique et la simple fac\u00e9tie. La machine \u00e0                     faire rire de la t\u00e9l\u00e9vision d\u00e9verse chaque                     jour des milliers de plaisanteries, pourtant il semble y avoir                     beaucoup de blagues et peu de rires. Ce qui para\u00eet manquer,                     c&rsquo;est le sens du ridicule, l&rsquo;instinct qui permet \u00e0                     l&rsquo;homme de vivre en paix avec lui-m\u00eame et \u00e0 un                     commis de magasin \u00e9reint\u00e9 de survivre \u00e0                     la grande presse de No\u00ebl. Le sens du ridicule est difficile                     \u00e0 inventer, car on le trouve d&rsquo;ordinaire chez les personnes                     r\u00e9elles dans des situations r\u00e9elles. Les situations                     fictives vraiment comiques, que ce soit dans la presse, au                     th\u00e9\u00e2tre, sur le petit ou le grand \u00e9cran,                     sont g\u00e9n\u00e9ralement comme les miroirs d\u00e9formants                     des foires\u00a0: elles accentuent les absurdit\u00e9s essentielles                     de la vie r\u00e9elle. <\/p>\n<p> C&rsquo;est pourquoi les ma\u00eetres de l&rsquo;humour \u00e9crit                     sont le plus souvent ceux qui ont le talent de conf\u00e9rer                     des proportions d\u00e9mesur\u00e9es et frappantes aux                     v\u00e9rit\u00e9s fondamentales de la condition humaine.                     Il faut du courage pour \u00eatre dr\u00f4le parce que les                     hommes n&rsquo;aiment pas se faire dire combien ils sont ridicules.                     L&rsquo;humoriste P. G. Wodehouse \u00e9crivait il y a une dizaine                     d&rsquo;ann\u00e9es\u00a0: \u00ab\u00a0Les gens de notre \u00e9poque                     sont fort s\u00e9rieux, et ils regardent avec inqui\u00e9tude                     et m\u00e9fiance l&rsquo;\u00e9crivain qui refuse de les prendre                     au s\u00e9rieux.\u00a0\u00bb Ce probl\u00e8me ne se posait                     m\u00eame plus dix ans plus tard aux bonimenteurs professionnels                     des mass media\u00a0: il n&rsquo;est que trop \u00e9vident que                     le m\u00e9tier d&rsquo;amuser le public est pour eux une affaire                     tr\u00e8s s\u00e9rieuse. C&rsquo;est peut-\u00eatre pour cela                     que leurs plaisanteries de s\u00e9rie paraissent si souvent                     faibles. <\/p>\n<p> \u00ab\u00a0Le v\u00e9ritable humoriste, dit Wodehouse, est                     s\u00fbrement l&rsquo;homme qui a le moins de chances de r\u00e9ussir.                     Il est comme la colombe l\u00e2ch\u00e9e hors de l&rsquo;arche,                     incapable de trouver o\u00f9 se poser&#8230; En tant que classe,                     les humoristes sont des \u00eatres sombres, et c&rsquo;est le sentiment                     d&rsquo;\u00eatre \u00e0 l&rsquo;\u00e9cart du troupeau, d&rsquo;\u00eatre,                     en quelque sorte, le sumac v\u00e9n\u00e9neux du corps                     social, qui les rend ainsi&#8230;\u00a0\u00bb <\/p>\n<h3>Il peut toujours nous chatouiller les c\u00f4tes \u00e0                     l&rsquo;improviste<\/h3>\n<p> Nous sommes tous sensibles au c\u00f4t\u00e9 humoristique                     des choses de la vie, et, si nous avons \u00e0 choisir entre                     rire et pleurer, nous optons le plus souvent pour le rire.                     Notre sens de l&rsquo;humour est notre premi\u00e8re ligne de                     d\u00e9fense contre les contrari\u00e9t\u00e9s et les                     malheurs de l&rsquo;existence. Avoir de l&rsquo;humour, c&rsquo;est au sens                     large le don de discerner le grotesque et l&rsquo;absurde dans les                     \u00e9v\u00e9nements et les id\u00e9es. <\/p>\n<p> L&rsquo;humour a un style bien \u00e0 lui, et il peut nous chatouiller                     les c\u00f4tes le plus inopin\u00e9ment du monde. Une ancienne                     reine de beaut\u00e9 tentait il n&rsquo;y a gu\u00e8re, dans                     un article de revue, de raconter l&rsquo;une de ses journ\u00e9es.                     \u00ab\u00a0Soit que je demande \u00e0 la r\u00e9ception de                     m&rsquo;appeler pour m&rsquo;\u00e9veiller, \u00e9crivait-elle, soit                     que j&rsquo;utilise un simple petit r\u00e9veil qui fait tic tac.                     Puis je me pr\u00e9pare en vitesse&#8230; Je fauche d&rsquo;un coup,                     dans un sac, toutes les choses de derni\u00e8re minute que                     j&rsquo;ai align\u00e9es sur la commode. En partant, je m&rsquo;examine                     de la t\u00eate aux pieds pour voir si j&rsquo;ai bien tous mes                     v\u00eatements.\u00a0\u00bb <\/p>\n<p> Ne serait-ce qu&rsquo;un instant, cette jeune personne avait su                     donner, sur le pas de sa porte, un tour comique \u00e0 la                     s\u00e9rieuse et triste petite besogne de se pr\u00e9parer                     chaque matin \u00e0 faire face au monde, en pr\u00e9sentant                     une image risible \u00e0 l&rsquo;imagination du lecteur. Souvent,                     cet aspect humoristique surgit spontan\u00e9ment dans l&rsquo;esprit                     des gens. On raconte cette histoire d&rsquo;un couple londonien                     courant en tenue de nuit vers un abri, pendant un violent                     bombardement. \u00c0 peine \u00e9taient-ils descendus                     dans la rue que la femme rebroussa chemin pour revenir \u00e0                     l&rsquo;appartement en p\u00e9ril. <\/p>\n<p> \u00ab\u00a0Que fais-tu\u00a0?\u00a0\u00bb cria le mari. <\/p>\n<p> &#8211; \u00ab\u00a0Il faut que je retourne \u00e0 la maison. J&rsquo;ai                     oubli\u00e9 mon dentier.\u00a0\u00bb <\/p>\n<p> \u00ab\u00a0Pour l&rsquo;amour du ciel, clama le mari, au milieu du                     fracas des bombes, tu ne crois tout de m\u00eame pas qu&rsquo;on                     nous lance des sandwichs\u00a0!\u00a0\u00bb <\/p>\n<p> Une histoire comme celle-l\u00e0 ne fait pas rire tout                     le monde, tant le sens de l&rsquo;humour est une affaire individuelle.                     Aux yeux des autres, certaines personnes ne semblent avoir                     aucun sens de l&rsquo;humour. La chose ne para\u00eet gu\u00e8re                     possible puisque chacun <em>croit <\/em>en \u00eatre dou\u00e9.                     Accuser quelqu&rsquo;un d&rsquo;en \u00eatre d\u00e9pourvu est une                     insulte impardonnable. Comme le dit l&rsquo;essayiste Frank Moore                     Colby\u00a0: \u00ab\u00a0Les hommes avoueront une trahison, un                     meurtre, un crime d&rsquo;incendie, qu&rsquo;ils portent des fausses dents                     ou une perruque. Mais combien admettront qu&rsquo;ils manquent d&rsquo;humour\u00a0?                     Le courage de faire cet aveu rach\u00e8terait tout.\u00a0\u00bb                   <\/p>\n<h3>Une explication rationnelle peut mettre fin \u00e0 une                     querelle, mais elle annule l&rsquo;effet d&rsquo;une plaisanterie<\/h3>\n<p> Vouloir diss\u00e9quer l&rsquo;humour, le d\u00e9composer                     pour voir ce qui le suscite serait futile et destructif. Rien                     ne change aussi radicalement l&rsquo;humeur d&rsquo;un conteur d&rsquo;histoire                     que d&rsquo;entendre la dol\u00e9ance\u00a0: \u00ab\u00a0Je ne saisis                     pas\u00a0\u00bb. Une explication rationnelle peut mettre fin \u00e0                     une querelle de m\u00e9nage, mais c&rsquo;est le moyen le plus                     s\u00fbr de d\u00e9truire une bonne blague. <\/p>\n<p> D\u00e9finir l&rsquo;humour n&rsquo;est pourtant pas une affaire aussi                     vaine qu&rsquo;il semble, car il a une origine aussi curieuse qu&rsquo;int\u00e9ressante.                     Le terme vient directement du mot latin qui d\u00e9signe                     l&rsquo;humidit\u00e9, <em>humor<\/em>. Celui-ci s&rsquo;appliquait dans                     la m\u00e9decine ancienne aux quatre substances liquides                     cardinales du corps humain\u00a0: le sang, la lymphe, la bile                     jaune et la m\u00e9lancolie (bile noire). Selon les premiers                     m\u00e9decins, l&rsquo;homme parfait \u00e9tait celui o\u00f9                     ces quatre \u00e9l\u00e9ments se retrouvaient dans une                     proportion harmonieuse. Leur dosage expliquait les quatre                     temp\u00e9raments fondamentaux reconnus dans l&rsquo;Antiquit\u00e9\u00a0:                     le sanguin, le lymphatique, le bilieux et le m\u00e9lancolique.                   <\/p>\n<p> \u00c0 partir du XVIe si\u00e8cle, le mot fran\u00e7ais                     <em>humeur <\/em>d\u00e9signe souvent un penchant \u00e0                     la plaisanterie fac\u00e9tieuse ou ironique. On dit ainsi                     d&rsquo;un homme qu&rsquo;il a de l&rsquo;humeur. Le mot est employ\u00e9                     dans ce sens dans certaines com\u00e9dies de Corneille.                     C&rsquo;est de cette acception, tomb\u00e9e en d\u00e9su\u00e9tude                     en fran\u00e7ais, que les Anglo-Saxons tireront leur humour.                     Ironie du sort, vers la fin du XIXe si\u00e8cle, le mot                     <em>humour<\/em>, sans \u00e9quivalent dans notre langue,                     sera naturalis\u00e9 fran\u00e7ais. <\/p>\n<p> Quoi qu&rsquo;il en soit, au moment o\u00f9 la Renaissance bat                     son plein, l&rsquo;humour est un sujet de com\u00e9die, car les                     auteurs de ce genre litt\u00e9raire s&#8217;emploient surtout                     \u00e0 ridiculiser les comportements bizarres et les travers                     humains. L&rsquo;humour a pris un sens compl\u00e8tement nouveau,                     et le rire pr\u00e9fabriqu\u00e9 entre d\u00e9finitivement                     dans les mours. <\/p>\n<h3>Se moquer de soi-m\u00eame, acte des plus nobles et des                     plus difficiles<\/h3>\n<p> La com\u00e9die n&rsquo;est pas un succ\u00e8s du jour. Il                     y a belle lurette que l&rsquo;homme se moque de lui-m\u00eame.                     Les com\u00e9dies grecques d&rsquo;Aristophane (450 av. J.-C.)                     connaissent encore la faveur des spectateurs, et il existe                     en Angleterre un recueil de bons mots qui remonte \u00e0                     1526, soit une dizaine d&rsquo;ann\u00e9es avant la premi\u00e8re                     version compl\u00e8te de la Bible en langue vernaculaire.                   <\/p>\n<p> Mais la com\u00e9die et l&rsquo;humour ne sont pas n\u00e9cessairement                     synonymes. Le sens de l&rsquo;humour est beaucoup plus que la capacit\u00e9                     de rire sur commande. Le rire n&rsquo;est pas non plus indissociablement                     li\u00e9 au sens de l&rsquo;humour. <\/p>\n<p> Les hommes de guerre, par exemple, ont un rire bourru quand                     une vague de terreur d\u00e9ferle sur eux et les laisse                     indemnes. Le rire que provoque la peur n&rsquo;est pas moins agr\u00e9able                     que celui que provoque la joie. En fait, les gens rient pour                     l&rsquo;unique raison qu&rsquo;ils sont heureux. Ils rient &#8211; bien qu&rsquo;avec                     un tantinet de r\u00e9serve &#8211; de leurs propres erreurs et                     se moquent avec beaucoup plus de plaisir des sottises et des                     malheurs des autres. <\/p>\n<p> Rire de soi-m\u00eame est une des choses les plus nobles                     et des plus difficiles que l&rsquo;on puisse faire, car il faut                     du courage et de l&rsquo;intelligence pour reconna\u00eetre ses                     b\u00eatises et d\u00e9noncer ses pr\u00e9tentions et                     ses grands airs. Les meilleurs humoristes ont toujours commenc\u00e9                     par se moquer d&rsquo;eux-m\u00eames avant de se moquer des autres.                   <\/p>\n<p> L&rsquo;humour se pr\u00e9sente sous les formes les plus diverses,                     de la mauvaise plaisanterie \u00e0 l&rsquo;\u00e9pigramme pr\u00e9m\u00e9dit\u00e9e\u00a0;                     mais les rires que l&rsquo;on se rappelle le plus volontiers sont                     d&rsquo;ordinaire ceux qui jaillissent \u00e0 l&rsquo;improviste dans                     la vie quotidienne. L&rsquo;incident suivant s&rsquo;est pass\u00e9                     \u00e0 Londres dans une rame de m\u00e9tro bond\u00e9e                     de travailleurs rentrant chez eux par une vilaine soir\u00e9e                     d&rsquo;hiver. Dans la voiture de t\u00eate, un monsieur bien habill\u00e9,                     portant melon et parapluie, se l\u00e8ve soudain, ouvre                     la porte de la cabine du conducteur et dispara\u00eet \u00e0                     l&rsquo;int\u00e9rieur. Apr\u00e8s un moment de stup\u00e9faction                     dans le m\u00e9tro qui roule, un homme barbouill\u00e9                     de charbon et \u00e0 l&rsquo;air fatigu\u00e9 dit \u00e0 la                     cantonade\u00a0: \u00ab\u00a0Eh bien, voil\u00e0. Nous filons                     vers Cuba.\u00a0\u00bb Tous les occupants de la voiture se sentirent                     r\u00e9chauff\u00e9s par le rire g\u00e9n\u00e9ral                     que souleva cette r\u00e9flexion. <\/p>\n<p> C&rsquo;est cet esprit de camaraderie collective qui accro\u00eet                     notre sentiment de la valeur et de la n\u00e9cessit\u00e9                     de l&rsquo;humour en tant qu&rsquo;adjuvant de la vie. Probl\u00e8me                     partag\u00e9, dit le vieil adage, est probl\u00e8me diminu\u00e9                     de moiti\u00e9\u00a0; mais plaisir partag\u00e9 est plaisir                     amplifi\u00e9. <\/p>\n<h3>Trouver des raisons de rire dans un monde                   cruel et p\u00e9nible<\/h3>\n<p> Le rire partag\u00e9 r\u00e9sulte souvent du partage                     commun de nos maux et de nos adversit\u00e9s\u00a0; de notre                     lutte contre les m\u00eames vicissitudes. Il y a quelques                     ann\u00e9es, l&rsquo;auteur et chroniqueur canadien Tony Aspler                     \u00e9crivait un amical et \u00e9loquent hommage \u00e0                     l&rsquo;humour de la race juive. L&rsquo;humour juif, remarquait-il, a                     une saveur aigre-douce de d\u00e9go\u00fbt universel et                     de d\u00e9nigrement de soi-m\u00eame. L&rsquo;histoire du peuple                     juif lui a d\u00e9montr\u00e9 que le sens de l&rsquo;humour                     est un puissant bouclier contre la souffrance. <\/p>\n<p> Ce n&rsquo;est pas par hasard que beaucoup des plus grands com\u00e9diens                     am\u00e9ricains sont d&rsquo;origine juive. Leur tradition culturelle                     abonde en histoires didactiques pr\u00f4nant les vertus de                     justice et de pi\u00e9t\u00e9\u00a0: on a recours \u00e0                     l&rsquo;esprit et \u00e0 l&rsquo;humour pour en faire comprendre le                     sens. Mais par-dessus tout les Juifs savent se moquer d&rsquo;eux-m\u00eames\u00a0;                     ils vont m\u00eame jusqu&rsquo;\u00e0 trouver sujet de rire dans                     la discrimination dont ils sont victimes. Aspler raconte l&rsquo;histoire                     d&rsquo;un certain Moses Greenbaum qui, apr\u00e8s avoir trim\u00e9                     toute sa vie pour amasser une fortune, d\u00e9cide qu&rsquo;il                     est temps de jouir de son argent. <\/p>\n<p> Fervent du golf, M. Greenbaum br\u00fblait de l&rsquo;ambition                     de jouer sur un terrain superbe qui, malheureusement, appartenait                     \u00e0 un club exclusivement r\u00e9serv\u00e9 aux chr\u00e9tiens.                     Il d\u00e9cide donc de se faire une toute nouvelle identit\u00e9,                     non juive, pour pouvoir entrer dans le club. Il va s&rsquo;installer                     dans un nouveau quartier\u00a0; rompt tout contact avec sa                     famille et ses amis\u00a0; change son nom, par acte unilat\u00e9ral,                     en celui de Charles Montmorency Ffoulkesmythe. Le club accepte                     sa demande d&rsquo;adh\u00e9sion. Il est si heureux qu&rsquo;il veut                     profiter de ses services le jour m\u00eame o\u00f9 il re\u00e7oit                     sa carte. <\/p>\n<p> Parmi les agr\u00e9ments du club figure une attrayante                     piscine ext\u00e9rieure, autour de laquelle de nombreuses                     personnes sont assises. L&rsquo;ex-M. Greenbaum s&#8217;empresse donc                     de rev\u00eatir son maillot, court all\u00e8grement vers                     la piscine et jette un regard circulaire sur ses compagnons                     de club avant de plonger. L&rsquo;eau est glac\u00e9e. Le choc                     le fait s&rsquo;exclamer en haletant\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Oy vey&amp;nbsp<\/em>;!\u00a0\u00bb                     Regardant timidement autour de lui apr\u00e8s s&rsquo;\u00eatre                     remis debout dans l&rsquo;eau, il ajoute \u00e0 haute voix\u00a0:                     \u00ab\u00a0Quoi que cela veuille dire&#8230;\u00a0\u00bb <\/p>\n<p> Si la veine de l&rsquo;humour juif filtre plus abondamment \u00e0                     travers la soci\u00e9t\u00e9 actuelle que celle d&rsquo;autres                     minorit\u00e9s, c&rsquo;est uniquement que les Juifs ont eu plus                     d&rsquo;occasions d&rsquo;en renouveler et d&rsquo;en affiner le fonds. Au lieu                     d&rsquo;en \u00e9mousser l&rsquo;esprit, l&rsquo;oppression et la pers\u00e9cution                     ont aiguis\u00e9 leur sens de l&rsquo;humour. <\/p>\n<p> Bien des gens consid\u00e8rent comme r\u00e9pugnant                     le fait de se moquer des coutumes sociales et des traits nationaux                     d&rsquo;un autre peuple. Mais les Juifs &#8211; ainsi que les \u00c9cossais,                     les Irlandais et les Terre-Neuviens &#8211; racontent depuis des                     ann\u00e9es des histoires sur leur propre compte. <\/p>\n<p> La vogue des blagues terre-neuviennes semble en voie de                     r\u00e9gression, et ce n&rsquo;est pas trop t\u00f4t, mais cette                     \u00eele rude et morne parfois a produit une race d&rsquo;hommes                     au coeur g\u00e9n\u00e9reux, \u00e9minemment aptes \u00e0                     comprendre les absurdit\u00e9s de la vie. <\/p>\n<p> Ainsi, un petit village de p\u00eacheurs de Terre-Neuve                     venait d&rsquo;acqu\u00e9rir une pompe \u00e0 incendie apr\u00e8s                     des ann\u00e9es d&rsquo;\u00e9conomies et de privations de la                     part du conseil municipal. L&rsquo;ancienne pompe \u00e9tait trop                     vieille pour \u00eatre r\u00e9parable, mais la question                     de savoir ce qu&rsquo;on allait en faire posait un probl\u00e8me                     insoluble aux \u00e9diles. Pour en finir, le conseil convoqua                     une assembl\u00e9e publique, \u00e0 laquelle toute la                     population adulte voulut assister. Dans l&rsquo;atmosph\u00e8re                     enfum\u00e9e de la salle, chacun y alla de sa suggestion.                     Quelqu&rsquo;un proposa de la vendre \u00e0 la casse, mais d&rsquo;autres                     pr\u00e9tendirent qu&rsquo;il en co\u00fbterait plus que le produit                     de la vente pour la faire transporter au d\u00e9p\u00f4t                     de ferraille. Un autre conseilla de l&rsquo;installer comme antiquit\u00e9                     au milieu du terrain de jeux des enfants. Mais certaines m\u00e8res                     protest\u00e8rent \u00e9nergiquement, all\u00e9guant                     que ce serait trop dangereux. <\/p>\n<p> Les esprits s&rsquo;\u00e9chauffaient, les maris grognaient                     contre leurs femmes, et la r\u00e9union tournait \u00e0                     la pagaille. Puis il y eut un de ces silences inexplicables,                     capables d&rsquo;arr\u00eater net le pire vacarme, et un vieux                     p\u00eacheur se leva. \u00ab\u00a0Pourquoi, dit-il, ne pas simplement                     garder le machin et l&rsquo;utiliser pour les fausses alertes\u00a0?\u00a0\u00bb                     Tout le monde rentra chez soi en riant de la plaisanterie.                   <\/p>\n<h3>Appr\u00e9cions-nous nos blagueurs de tous les                     jours \u00e0                     leur juste valeur\u00a0?<\/h3>\n<p> La litt\u00e9rature est remplie de personnages dont l&rsquo;unique                     r\u00f4le a \u00e9t\u00e9 de d\u00e9rider les m\u00e9lancoliques,                     d&rsquo;associer la gaiet\u00e9 \u00e0 la tristesse. Les bouffons                     abondent toujours dans la vie. Toute grande entreprise a au                     moins deux gar\u00e7ons de courses impayables. On dirait                     toujours qu&rsquo;ils vont par deux. S&rsquo;ils en ont la moindre chance,                     les gar\u00e7ons de restaurant et les barmans aiment jouer                     un petit tour \u00e0 un client habituel\u00a0; s&rsquo;ils passent                     un jour ou deux sans le faire, le client se sent n\u00e9glig\u00e9                     et froiss\u00e9. Les ouvriers des cha\u00eenes de montage,                     les membres des soci\u00e9t\u00e9s philanthropiques, les                     \u00e9quipes sportives, amateurs ou professionnelles, comptent                     tous dans leurs rangs un boute-en-train. Ces gens sont-ils                     appr\u00e9ci\u00e9s\u00a0? Pas assez, semble-t-il. <\/p>\n<p> C&rsquo;est encore P. G. Wodehouse qui nous dit\u00a0: \u00ab\u00a0On                     ne cesse pas de faire sur l&rsquo;humour des articles et des conf\u00e9rences,                     qui commencent g\u00e9n\u00e9ralement par les mots  Un de ces jours, quelqu&rsquo;un dira  et on en sera tout d\u00e9contenanc\u00e9.\u00a0\u00bb                   <\/p>\n<p> Mais l&rsquo;humour est l\u00e0, voletant de-ci de-l\u00e0,                     s&rsquo;effor\u00e7ant d&rsquo;att\u00e9nuer les revers de la vie.                     Il n&rsquo;exige qu&rsquo;un peu d&rsquo;attention et d&rsquo;usage dans nos vies                     quotidiennes pour que tout s&rsquo;arrange. <\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<\/p><\/div>\n","protected":false},"author":87,"featured_media":0,"template":"","categories":[1],"rbc_letter_theme":[],"rbc_letter_year":[51],"class_list":["post-2115","rbc_letter","type-rbc_letter","status-publish","hentry","category-uncategorized","rbc_letter_year-51"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO Premium plugin v27.2 (Yoast SEO v27.2) - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-premium-wordpress\/ -->\n<title>Vol. 60, N\u00b0 2 - F\u00e9vrier 1979 - L&#039;urgent besoin du rire - RBC<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-60-n-2-fevrier-1979-lurgent-besoin-du-rire\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Vol. 60, N\u00b0 2 - F\u00e9vrier 1979 - L&#039;urgent besoin du rire\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Le monde va-t-il bient\u00f4t manquer d&rsquo;humour comme on dit qu&rsquo;il va manquer de p\u00e9trole\u00a0? 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