{"id":2102,"date":"1966-02-01T00:00:00","date_gmt":"1966-02-01T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-47-n-2-fevrier-1966-les-premiers-habitants-du-canada\/"},"modified":"2022-10-17T17:29:02","modified_gmt":"2022-10-17T17:29:02","slug":"vol-47-n-2-fevrier-1966-les-premiers-habitants-du-canada","status":"publish","type":"rbc_letter","link":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-47-n-2-fevrier-1966-les-premiers-habitants-du-canada\/","title":{"rendered":"Vol. 47, N\u00b0 2 &#8211; F\u00e9vrier 1966 &#8211; Les premiers habitants du Canada"},"content":{"rendered":"<div id=\"layout-column-main\">\n<p class=\"boldtext\">Le Canada est la terre ancestrale des Indiens                     et des Esquimaux. Avant l&rsquo;arriv\u00e9e des Europ\u00e9ens,                     ces deux races n&rsquo;avaient eu aucun contact avec les grands                     centres de civilisation des autres continents. Elles ne comptaient                     que sur le sol o\u00f9 elles vivaient pour subvenir \u00e0                     tous leurs besoins. Tous les objets qu&rsquo;elles utilisaient \u00e9taient                     le fruit de leur travail ou de leur ing\u00e9niosit\u00e9.                   <\/p>\n<p> Il s&rsquo;agit l\u00e0 d&rsquo;\u00eatres humains bien r\u00e9els,                     non de personnages fictifs cr\u00e9\u00e9s par l&rsquo;imagination                     des romanciers et des cin\u00e9astes. Les costumes et les                     panaches multicolores sous lesquels nous nous les repr\u00e9sentons                     encore trop souvent, pour notre divertissement, ne doivent                     pas nous faire oublier que ceux qui ne les portent aujourd&rsquo;hui                     qu&rsquo;assez rarement, sont, comme nous, des hommes et des femmes                     en qu\u00eate de ce que l&rsquo;on recherche dans tous les pays                     du monde\u00a0: le logement, la sant\u00e9 et le bonheur.                   <\/p>\n<p> L&rsquo;adaptation de leur civilisation de l&rsquo;\u00e2ge de pierre                     aux probl\u00e8mes et aux progr\u00e8s du vingti\u00e8me                     si\u00e8cle s&rsquo;est accomplie avec une telle lenteur qu&rsquo;une                     importante association affect\u00e9e au bien-\u00eatre                     des populations indig\u00e8nes a pu la qualifier de \u00ab\u00a0d\u00e9shonneur                     national\u00a0\u00bb. <\/p>\n<p> \u00c0 la suite d&rsquo;une r\u00e9gression imputable aux                     maladies apport\u00e9es d&rsquo;Europe, la population indienne,                     qui est d&rsquo;environ 205,000 \u00e2mes, s&rsquo;accro\u00eet maintenant                     \u00e0 un rythme presque deux fois plus rapide que celui                     de la population en g\u00e9n\u00e9ral. On compte environ                     12,000 Esquimaux dans les Territoires du Nord-Ouest et le                     nord du Qu\u00e9bec. Si le taux d&rsquo;augmentation actuel se                     maintient, la population esquimaude aura doubl\u00e9 dans                     vingt ans. <\/p>\n<p> La majeure partie de ces aborig\u00e8nes ne se rangent                     en r\u00e9alit\u00e9 ni dans un monde ni dans l&rsquo;autre.                     Ils demeurent profond\u00e9ment marqu\u00e9s par leur                     ancienne culture tout en cherchant \u00e0 tirer avantage                     de la nouvelle mani\u00e8re de vivre import\u00e9e du                     dehors. Ce sont des gens qui aiment la libert\u00e9 et qui                     supportent mal la suj\u00e9tion. Leurs probl\u00e8mes                     \u00e9conomiques sont aussi s\u00e9rieux que ceux que                     doivent affronter les nouvelles nations de l&rsquo;Afrique. <\/p>\n<p> Les besoins r\u00e9els de notre population autochtone                     ont \u00e9t\u00e9 mis en lumi\u00e8re par l&rsquo;Association                     des Indiens et des Esquimaux du Canada. Cette association                     a pour but officiel de veiller \u00e0 ce que les Indiens                     et les Esquimaux, de m\u00eame que les personnes issues des                     unions entre Indiens et Europ\u00e9ens, disposent de possibilit\u00e9s                     de progr\u00e8s et d&rsquo;\u00e9panouissement \u00e9gales                     \u00e0 celles qui sont offertes aux autres Canadiens. Elle                     estime que la population indig\u00e8ne doit \u00eatre en                     mesure d&rsquo;entrer dans la vie \u00e9conomique, sociale et                     politique du Canada avec dignit\u00e9 et sans perdre son                     identit\u00e9. <\/p>\n<h3>Le mode de vie aborig\u00e8ne<\/h3>\n<p> Il ne faut pas d\u00e9pr\u00e9cier les connaissances                     et les techniques qu&rsquo;utilisaient les premiers habitants du                     Canada. Ce sont les instruments de pierre qui \u00e9taient                     \u00e0 la base de leur \u00e9conomie primitive, et, comme                     on peut le lire dans les <em>Indiens du Canada <\/em>de Diamond                     Jenness (Mus\u00e9e national, Imprimeur de la Reine, Ottawa,                     1960)\u00a0: \u00ab\u00a0Certaines de leurs pointes de fl\u00e8che,                     de leurs lames de couteau et de leurs repr\u00e9sentations                     d&rsquo;animaux peuvent rivaliser avec les meilleurs travaux des                     \u00c9gyptiens de la pr\u00e9histoire.\u00a0\u00bb <\/p>\n<p> Les anciens Iroquois se servaient d&rsquo;une monnaie d&rsquo;\u00e9change                     de wampum, objet de parure fabriqu\u00e9 avec des coquillages                     par les tribus c\u00f4ti\u00e8res de la Nouvelle-Angleterre.                     Comme les haches de pierre ne mordaient gu\u00e8re dans                     le tronc des arbres, le d\u00e9frichage de la terre se faisait                     par le feu. On retournait la surface du sol avec des b\u00e2tons                     munis de lames de coquillage, et la r\u00e9colte, cueillie                     \u00e0 la main, \u00e9tait transport\u00e9e dans des                     paniers. La mesure pr\u00e9cise du temps, qui r\u00e8gle                     et domine en grande partie la vie urbaine d&rsquo;aujourd&rsquo;hui, \u00e9tait                     \u00e9galement ignor\u00e9e de ces peuplades, dont l&rsquo;unique                     horloge \u00e9tait le soleil et l&rsquo;unique calendrier les                     saisons. <\/p>\n<p> Telles \u00e9taient les conditions de vie mat\u00e9rielles                     des indig\u00e8nes du Canada lors de l&rsquo;arriv\u00e9e des                     premiers colons d&rsquo;outre-mer. Mais on n&rsquo;en trouvait pas moins                     chez eux de nombreuses qualit\u00e9s du coeur et de l&rsquo;esprit.                     La tribu se fondait sur des groupes de familles \u00e9troitement                     unies par les liens du sang\u00a0; leur religion reposait                     sur la croyance en des esprits protecteurs, qui les aidaient                     dans les difficult\u00e9s de la vie\u00a0; ni le rang ni                     la fortune ne justifiaient l&rsquo;arrogance\u00a0; les chefs s&rsquo;habillaient                     comme tout le monde, sauf dans les c\u00e9r\u00e9monies,                     et ils se nourrissaient des m\u00eames aliments que leurs                     sujets. <\/p>\n<h3>Les Indiens du Canada<\/h3>\n<p> Si la vie dans une collectivit\u00e9 indienne semble morne                     et triste, ce n&rsquo;est pas parce que les Indiens sont ternes                     ou sans int\u00e9r\u00eat. C&rsquo;est parce que les nouveaux                     venus ont aboli le genre de vie qui faisait le contentement                     des Indiens, sans se donner la peine de le remplacer. <\/p>\n<p> Les Indiens n&rsquo;\u00e9taient pas des pa\u00efens. Comme                     l&rsquo;\u00e9crit un missionnaire qui a pass\u00e9 un demi-si\u00e8cle                     au service des Indiens du sud de l&rsquo;Alberta\u00a0: \u00ab\u00a0Dans                     les temps anciens, l&rsquo;Indien rapportait tout \u00e0 sa religion                     et \u00e0 ses pratiques religieuses. Sa religion impr\u00e9gnait                     tous les actes de sa vie\u00a0: semailles, r\u00e9coltes,                     festoiements, jeux, chasse et guerre, bref tous ses centres                     d&rsquo;int\u00e9r\u00eats \u00e9taient intimement li\u00e9s                     \u00e0 la religion.\u00a0\u00bb <\/p>\n<p> Et le chef du Conseil national des Indiens, William Wattunee                     affirme d&rsquo;autre part\u00a0: \u00ab\u00a0Nous croyions \u00e0                     ce que l&rsquo;on appelle Gitchi-Manitou, c&rsquo;est-\u00e0-dire le                     Grand-Esprit. Dieu \u00e9tait pr\u00e9sent dans le soleil,                     dans la lune, dans la terre notre m\u00e8re, dans la pluie                     qui fait cro\u00eetre l&rsquo;herbe. On m&rsquo;a appris que notre paradis                     est un vaste terrain de chasse, o\u00f9 le gibier abonde                     et o\u00f9 vont les bons et les m\u00e9chants.\u00a0\u00bb                   <\/p>\n<p> Ces gens, habitu\u00e9s \u00e0 vivre dans un milieu                     inhospitalier et essentiellement rural, \u00e0 mener une                     existence plus ou moins boh\u00e8me dans des communaut\u00e9s                     familiales \u00e9troitement unies et serviables, devaient                     \u00e9prouver beaucoup de peine \u00e0 s&rsquo;adapter au mode                     de vie froid, impersonnel, r\u00e9gl\u00e9 et essentiellement                     \u00e9go\u00efste de la civilisation industrielle. La base                     \u00e9conomique de leurs habitudes de vie naturelles s&rsquo;est                     d\u00e9sint\u00e9gr\u00e9e. Les r\u00e9serves n&rsquo;offrent                     plus assez de gibier, et leurs habitants, limit\u00e9s dans                     leurs d\u00e9placements, ne peuvent pas se transporter dans                     des territoires plus productifs comme on le faisait il y a                     des si\u00e8cles. <\/p>\n<p> La crise de l&rsquo;adaptation ne s&rsquo;est pas manifest\u00e9e                     au seizi\u00e8me ni au dix-septi\u00e8me si\u00e8cle.                     Elle n&rsquo;est devenue \u00e9vidente qu&rsquo;\u00e0 la fin du dix-neuvi\u00e8me                     si\u00e8cle et elle s&rsquo;est r\u00e9v\u00e9l\u00e9e intol\u00e9rable                     au vingti\u00e8me si\u00e8cle. <\/p>\n<h3>\u00c0 qui incombe la responsabilit\u00e9\u00a0?<\/h3>\n<p> Il est g\u00e9n\u00e9ralement admis, selon les principes                     de moralit\u00e9 de notre soci\u00e9t\u00e9, que les                     forts ont le devoir d&rsquo;aider les faibles. Or, dans l&rsquo;\u00e2ge                     actuel de la science et de l&rsquo;industrialisation, c&rsquo;est nous                     descendants des immigrants venus des pays lointains qui sommes                     les plus forts et qui sommes pour une large part responsables                     des probl\u00e8mes qui se posent aux indig\u00e8nes. C&rsquo;est                     nous qui avons troubl\u00e9 leur mani\u00e8re de vivre                     et l&rsquo;avons rendue impossible\u00a0; c&rsquo;est nous qui avons transform\u00e9                     leurs terrains de chasse en provinces, en comt\u00e9s et                     en fermes bien d\u00e9limit\u00e9s, et qui avons rel\u00e9gu\u00e9                     les premiers occupants dans les r\u00e9serves. <\/p>\n<p> \u00ab\u00a0Les Indiens de l&rsquo;Am\u00e9rique du Nord, nous dit                     le c\u00e9l\u00e8bre historien Arnold Toynbee, ne connurent                     \u00e0 peu pr\u00e8s aucun r\u00e9pit depuis l&rsquo;arriv\u00e9e                     des premiers colons anglais jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;\u00e9crasement                     de la derni\u00e8re tentative de r\u00e9sistance arm\u00e9e                     de la part des indig\u00e8nes pendant la guerre des Sioux                     de 1890, soit deux cent quatre-vingts ans plus tard.\u00a0\u00bb                   <\/p>\n<p> Une fois les combats termin\u00e9s, nous avons \u00e9tabli                     un nouvel ordre social qui renversait le syst\u00e8me de                     lois, de gouvernement, de coutumes et de religion sur lequel                     reposait auparavant la soci\u00e9t\u00e9 indienne. <\/p>\n<p> Longtemps auparavant, sous le r\u00e8gne de Charles II,                     les instructions donn\u00e9es aux gouverneurs des colonies                     d\u00e9cr\u00e9taient qu&rsquo;il serait fait bon accueil aux                     Indiens d\u00e9sireux de se mettre sous la protection de                     la Grande-Bretagne. En 1755, un bureau sp\u00e9cialement                     affect\u00e9 aux affaires indiennes \u00e9tait \u00e9tabli.                     Depuis lors, il a toujours exist\u00e9 un organisme administratif                     charg\u00e9 de prot\u00e9ger et de promouvoir les int\u00e9r\u00eats                     des Indiens. La direction en incombera au Gouvernement imp\u00e9rial                     jusqu&rsquo;en 1860, date o\u00f9 elle fut confi\u00e9e \u00e0                     la Province du Canada. En 1867, une disposition sp\u00e9ciale                     de l&rsquo;Acte de l&rsquo;Am\u00e9rique du Nord britannique attribuait                     les affaires indiennes au nouveau Gouvernement du Canada.                   <\/p>\n<p> Les obligations du gouvernement dans ce domaine, toujours                     reconnues depuis 1670, devaient \u00eatre officiellement                     confirm\u00e9es au vingti\u00e8me si\u00e8cle par la                     Loi sur les Indiens. Selon cette loi, la mission essentielle                     du gouvernement est d&rsquo;administrer les affaires des Indiens                     de mani\u00e8re \u00e0 leur permettre de devenir progressivement                     des citoyens ind\u00e9pendants et capables de subvenir eux-m\u00eames                     \u00e0 leurs besoins. <\/p>\n<p> Ce devoir de soin et protection ne saurait consister uniquement                     en mesures paternalistes. On lit ce qui suit dans le rapport                     de la Conf\u00e9rence d&rsquo;\u00e9tude de 1962 du duc d&rsquo;\u00c9dimbourg\u00a0:                     \u00ab\u00a0Il y a danger, comme on le constate d\u00e9j\u00e0                     dans certaines r\u00e9gions, que l&rsquo;isolement social que                     repr\u00e9sentent les r\u00e9serves et la surveillance                     des agents des Indiens finisse par paralyser l&rsquo;ing\u00e9niosit\u00e9,                     l&rsquo;initiative et la personnalit\u00e9 des Indiens, et contribue                     malgr\u00e9 toutes les bonnes intentions \u00e0 perp\u00e9tuer                     la situation m\u00eame qu&rsquo;il visait \u00e0 am\u00e9liorer.\u00a0\u00bb                   <\/p>\n<h3>Quelques recommandations<\/h3>\n<p> On trouve le passage suivant dans un m\u00e9moire pr\u00e9sent\u00e9                     en 1964 par la division ontarienne de l&rsquo;Association des Indiens                     et des Esquimaux\u00a0: \u00ab\u00a0La majeure partie des cent                     mille Indiens de cette province vivent dans la mis\u00e8re                     noire. Un fort pourcentage d&rsquo;entre eux sont sans travail et                     n&rsquo;ont ni l&rsquo;instruction ni la formation sociale n\u00e9cessaires                     pour trouver et garder un emploi. Peu d&rsquo;efforts r\u00e9els                     ont \u00e9t\u00e9 tent\u00e9s en vue d&rsquo;aider les Indiens                     \u00e0 cr\u00e9er de nouvelles industries pour remplacer                     l&rsquo;industrie de moins en moins florissante de la chasse et                     du pi\u00e9geage. Il s&rsquo;est r\u00e9v\u00e9l\u00e9 plus                     facile d&rsquo;accorder des secours que de fonder des industries.\u00a0\u00bb                     Six pour cent seulement des d\u00e9penses consacr\u00e9es                     aux Indiens par le gouvernement f\u00e9d\u00e9ral ont                     trait au d\u00e9veloppement. <\/p>\n<p> Les Indiens, de leur c\u00f4t\u00e9, s&rsquo;efforcent d&rsquo;am\u00e9liorer                     leur sort. Dix de leurs bandes ont envoy\u00e9 des d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s                     au <em>Western Indian Leadership Institute<\/em>, \u00e0                     Petrolia (Ontario), en 1965, afin d&rsquo;y acqu\u00e9rir les                     connaissances et les techniques n\u00e9cessaires pour administrer                     les affaires des bandes. Frank Calder, le premier Indien \u00e0                     si\u00e9ger dans un parlement canadien, pr\u00e9conise                     soit de supprimer le r\u00e9gime des r\u00e9serves, soit                     de fournir l&rsquo;occasion aux Indiens de diriger eux-m\u00eames                     leurs affaires locales. <\/p>\n<p> L&rsquo;Association des Indiens et des Esquimaux a aussi formul\u00e9                     certains voeux. Elle a notamment demand\u00e9 la cr\u00e9ation,                     au sein de la Direction des affaires indiennes du minist\u00e8re                     de la Citoyennet\u00e9 et de l&rsquo;Immigration, d&rsquo;un bureau                     de d\u00e9veloppement \u00e9conomique qui disposerait                     de cr\u00e9dits d&rsquo;un montant de 25 millions de dollars,                     ainsi que l&rsquo;institution d&rsquo;un Conseil consultatif \u00e9conomique                     compos\u00e9 en grande partie de repr\u00e9sentants des                     Indiens. Cette double initiative entra\u00eenerait l&rsquo;\u00e9tablissement                     d&rsquo;un nouveau poste dans le minist\u00e8re en question\u00a0:                     celui de sous-ministre des Affaires indiennes. L&rsquo;Association                     a recommand\u00e9 en outre que l&rsquo;on fournisse du personnel                     technique, professionnel et de gestion pour faire fonctionner                     les nouvelles entreprises commerciales approuv\u00e9es pendant                     les premi\u00e8res phases de leur exploitation et que des                     programmes de formation soient mis au point pour pr\u00e9parer                     les Indiens \u00e0 prendre la rel\u00e8ve\u00a0; que l&rsquo;on                     encourage les soci\u00e9t\u00e9s \u00e0 implanter, avec                     l&rsquo;accord des conseils de bande, de nouveaux \u00e9tablissements                     industriels sur le territoire ou \u00e0 proximit\u00e9                     des r\u00e9serves afin d&rsquo;assurer du travail aux Indiens\u00a0;                     que la Caisse de d\u00e9veloppement \u00e9conomique accorde                     l&rsquo;aide voulue pour former des travailleurs en cours d&#8217;emploi                     dans ces \u00e9tablissements et que ceux-ci soient agrandis                     pour donner du travail aux Indiens habitant hors des r\u00e9serves.                   <\/p>\n<h3>Les grands oubli\u00e9s\u00a0: les Esquimaux<\/h3>\n<p> Les Esquimaux sont un peuple intr\u00e9pide, ing\u00e9nieux                     et m\u00eame jovial en d\u00e9pit de l&rsquo;extr\u00eame adversit\u00e9                     o\u00f9 ils ont toujours v\u00e9cu. Ils s&rsquo;appellent eux-m\u00eames                     <em>Inuit<\/em>, les \u00ab\u00a0Hommes par excellence\u00a0\u00bb. Jamais                     dans l&rsquo;histoire une autre race n&rsquo;a accompli autant de choses                     avec des moyens aussi limit\u00e9s. <\/p>\n<p> Les hommes qui habitaient l&rsquo;Arctique avant l&rsquo;invasion des                     \u00e9trangers et de leurs inventions de toutes sortes devaient                     tout faire de leurs mains. Il leur fallait conna\u00eetre                     parfaitement leur milieu, ses animaux, ses plantes et ses                     produits naturels, ses dangers et ses ressources. <\/p>\n<p> Mais ce n&rsquo;\u00e9tait pas des sauvages. Le recteur de l&rsquo;Universit\u00e9                     d&rsquo;\u00c9tat de New York, William Carlson, qui, pendant sa                     jeunesse, a pass\u00e9 un hiver dans une famille esquimaude                     de cinq personnes, affirme qu&rsquo;il a \u00e9t\u00e9 frapp\u00e9                     par leur honn\u00eatet\u00e9, leur sinc\u00e9rit\u00e9                     et leur sang-froid en pr\u00e9sence du danger. \u00ab\u00a0J&rsquo;ai                     not\u00e9 chez eux, ajoute-t-il, une certaine dignit\u00e9                     dans le maintien, les mani\u00e8res et la pens\u00e9e.                     J&rsquo;ai appris que l&rsquo;homme civilis\u00e9 pourrait avec avantage                     \u00eatre l&rsquo;\u00e9mule de ces pr\u00e9tendus sauvages.\u00a0\u00bb                     Et le grand explorateur, d&rsquo;origine canadienne, Vilhjalmur                     Stefansson, nous dit d&rsquo;autre part\u00a0: \u00ab\u00a0Les ann\u00e9es                     que j&rsquo;ai v\u00e9cues parmi les Esquimaux m&rsquo;ont persuad\u00e9                     que l&rsquo;\u00e9l\u00e9ment principal de leur bonheur est                     qu&rsquo;ils observent le grand pr\u00e9cepte de la charit\u00e9.\u00a0\u00bb                   <\/p>\n<p> Le pays des Esquimaux est aujourd&rsquo;hui sous-d\u00e9velopp\u00e9                     et aux prises avec des probl\u00e8mes analogues \u00e0                     ceux qui se posent dans les pays sous-d\u00e9velopp\u00e9s                     de l&rsquo;\u00e9tranger, mais avec cette diff\u00e9rence notable                     qu&rsquo;il fait partie int\u00e9grante d&rsquo;un pays riche et prosp\u00e8re.                     Ni la terre, ni le climat, ni la culture n&rsquo;offrent d&rsquo;obstacles                     insurmontables, qui pourraient nous excuser de ne pas aider                     les Esquimaux \u00e0 s&rsquo;int\u00e9grer dans le monde nouveau                     que nous b\u00e2tissons. <\/p>\n<h3>Les efforts actuels<\/h3>\n<p> Que fait-on pour adapter nos 12,000 Esquimaux \u00e0 la                     vie du vingti\u00e8me si\u00e8cle\u00a0? Selon l&rsquo;Annuaire                     du Canada, le gouvernement canadien aide les Esquimaux \u00e0                     franchir la p\u00e9riode de transition en leur assurant                     des services d&rsquo;enseignement, de s\u00e9curit\u00e9 sociale                     et d&rsquo;apprentissage technique, c&rsquo;est-\u00e0-dire les m\u00eames                     avantages qu&rsquo;aux autres citoyens du Canada. <\/p>\n<p> Beaucoup d&rsquo;Esquimaux de l&rsquo;ancienne g\u00e9n\u00e9ration                     ne pourront jamais s&rsquo;habituer au r\u00e9gime du travail                     salari\u00e9, mais les jeunes prennent facilement go\u00fbt                     aux arts m\u00e9caniques. Ils occupent des emplois d&rsquo;aides                     dans les minist\u00e8res de l&rsquo;\u00c9tat et travaillent                     comme employ\u00e9s dans les \u00e9tablissements de d\u00e9fense                     et les soci\u00e9t\u00e9s priv\u00e9es. Il y a aussi                     des Esquimaudes qui sont interpr\u00e8tes, serveuses, aides-infirmi\u00e8res,                     commis et h\u00f4tesses de l&rsquo;air. Mais les trois quarts de                     la population esquimaude vivent dans les r\u00e9gions inhospitali\u00e8res                     qui s&rsquo;\u00e9tendent \u00e0 l&rsquo;ext\u00e9rieur des grands                     centres d&rsquo;activit\u00e9 \u00e9conomique et politique.                   <\/p>\n<p> Un travail de planification s&rsquo;impose non seulement pour                     d\u00e9velopper les riches ressources mat\u00e9rielles                     du Nord, mais aussi pour assurer le maximum de bien-\u00eatre                     et de progr\u00e8s aux populations indig\u00e8nes en quelque                     lieu qu&rsquo;elles se trouvent. <\/p>\n<p> Le <em>Manchester Guardian <\/em>a applaudi \u00e0 la cr\u00e9ation                     par le gouvernement f\u00e9d\u00e9ral d&rsquo;une caisse de                     pr\u00eats destin\u00e9e \u00e0 aider les Esquimaux \u00e0                     fonder des coop\u00e9ratives de p\u00eache, de construction                     de bateaux, d&rsquo;exploitation foresti\u00e8re et d&rsquo;artisanat.                     En octobre dernier, le ministre du Nord canadien annon\u00e7ait                     la mise en oeuvre d&rsquo;un programme comportant la construction                     de 1,600 maisons, qui s&rsquo;\u00e9tendra \u00e0 la totalit\u00e9                     de l&rsquo;Arctique d&rsquo;ici quelques ann\u00e9es. Les Esquimaux                     pourront louer ces maisons ou encore s&rsquo;en rendre acqu\u00e9reurs                     gr\u00e2ce \u00e0 des primes d&rsquo;achat. On a \u00e9galement                     commenc\u00e9 \u00e0 cr\u00e9er, dans certaines parties                     du nord, de petites industries locales, fond\u00e9es sur                     les talents de la population et les mat\u00e9riaux disponibles\u00a0;                     cette initiative permet d&rsquo;associer les Esquimaux eux-m\u00eames                     \u00e0 l&rsquo;oeuvre de leur promotion. <\/p>\n<p> L&rsquo;enseignement est d&rsquo;une importance capitale. Les Esquimaux                     passent de la culture de l&rsquo;\u00e2ge de pierre \u00e0 celle                     de l&rsquo;\u00e2ge du machinisme en l&rsquo;espace d&rsquo;une g\u00e9n\u00e9ration.                     On continue \u00e0 construire des \u00e9coles \u00e0                     leur intention dans les principales agglom\u00e9rations                     qui s&rsquo;\u00e9chelonnent entre Fort Smith \u00e0 la fronti\u00e8re                     de l&rsquo;Alberta et Grise Fiord \u00e0 800 milles du p\u00f4le                     nord sur l&rsquo;\u00eele Ellesmere, tandis que des biblioth\u00e8ques                     ambulantes font p\u00e9n\u00e9trer le livre de lecture                     dans certains des endroits les plus recul\u00e9s. \u00c0                     Fort Simpson et Yellowknife, des pensionnats re\u00e7oivent                     les jeunes Esquimaux qui veulent poursuivre leurs \u00e9tudes.                     Certaines localit\u00e9s offrent des cours en menuiserie,                     en construction, en \u00e9lectronique, en m\u00e9canique                     automobile et Diesel, etc. Des \u00e9l\u00e8ves sp\u00e9cialement                     choisis sont envoy\u00e9s dans le Sud afin d&rsquo;y apprendre                     des sp\u00e9cialit\u00e9s qu&rsquo;ils pourront plus tard exercer                     dans leur propre milieu. <\/p>\n<p> Alors que les autres peuplades indig\u00e8nes des Am\u00e9riques                     ont \u00e9t\u00e9 pouss\u00e9es par les circonstances                     \u00e0 abandonner les arts rituels propres \u00e0 leurs                     tribus et \u00e0 produire pour l&rsquo;industrie du tourisme,                     l&rsquo;Esquimau a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9serv\u00e9 de ce                     changement gr\u00e2ce \u00e0 son \u00e9loignement g\u00e9ographique,                     et aujourd&rsquo;hui ses sculptures en pierre locale et en ivoire                     sont appr\u00e9ci\u00e9es dans le monde entier. <\/p>\n<p> L&rsquo;\u00e9tude des march\u00e9s, au Canada et aux \u00c9tats-Unis,                     r\u00e9v\u00e8le qu&rsquo;il existe des d\u00e9bouch\u00e9s                     appr\u00e9ciables pour les travaux d&rsquo;art et d&rsquo;artisanat                     esquimaux, et, m\u00eame si la sculpture et la gravure sont                     incapables \u00e0 elles seules de r\u00e9soudre les difficult\u00e9s                     \u00e9conomiques de l&rsquo;Arctique, il n&rsquo;en demeure pas moins                     qu&rsquo;elles ont apport\u00e9 une r\u00e9ponse aux probl\u00e8mes                     de plusieurs de ses habitants. Plus encore, elles ont permis                     aux autres Canadiens de se rendre compte de l&rsquo;existence et                     des possibilit\u00e9s de leurs compatriotes des terres polaires.                   <\/p>\n<p> Parmi les principaux objets fabriqu\u00e9s par les Esquimaux,                     il y a lieu de mentionner les gravures sur peau de phoque,                     les pantoufles en rat musqu\u00e9 et en li\u00e8vre de                     l&rsquo;Arctique (une paire a remport\u00e9 le deuxi\u00e8me                     prix \u00e0 une exposition internationale de la chaussure                     tenue \u00e0 New York), ainsi que des oeuvres graphiques                     qui font partie des collections permanentes de la Galerie                     nationale du Canada et du Mus\u00e9e d&rsquo;art moderne de New                     York. <\/p>\n<h3>Les coop\u00e9ratives<\/h3>\n<p> Voici ce que disait Stefansson \u00e0 son retour de l&rsquo;Arctique\u00a0:                     \u00ab\u00a0Peut-\u00eatre pourrions-nous vivre aussi heureux                     dans une m\u00e9tropole que dans un village de p\u00eacheurs                     si seulement nous pouvions remplacer la loi de la concurrence                     par celle de la coop\u00e9ration.\u00a0\u00bb Les Esquimaux mettent                     en pratique, dans leurs coop\u00e9ratives, leurs traditionnelles                     coutumes du travail en commun et du partage du fruit de leurs                     p\u00eaches et de leurs chasses. <\/p>\n<p> Plus de 500 Esquimaux &#8211; soit environ une famille sur cinq                     &#8211; sont membres des coop\u00e9ratives. En 1963, on comptait                     chez eux dix-neuf coop\u00e9ratives en activit\u00e9,                     dont le chiffre d&rsquo;affaires atteignait tout pr\u00e8s d&rsquo;un                     million de dollars. Sur ce montant, plus de $250,000 provenaient                     de la vente des sculptures, des gravures et des travaux d&rsquo;artisanat.                     Le reste \u00e9tait attribuable aux p\u00eacheries d&rsquo;omble                     et de saumon, \u00e0 l&rsquo;exploitation des magasins de d\u00e9tail,                     des camps de touristes et des produits forestiers, \u00e0                     la construction de bateaux et \u00e0 la vente des fourrures.                   <\/p>\n<p> La coop\u00e9rative esquimaude la mieux connue des Territoires                     du Nord-Ouest est celle de West Baffin \u00e0 Cap Dorset.                     Apr\u00e8s avoir connu des d\u00e9buts modestes en 1959                     et obtenu une certaine aide du minist\u00e8re du Nord canadien                     dans les premiers temps, les habitants de cette localit\u00e9                     entreprenante r\u00e9ussissaient au bout de deux ans \u00e0                     peine \u00e0 produire des gravures, des sculptures et des                     objets d&rsquo;artisanat d&rsquo;une valeur exc\u00e9dant $200,000.                     Dans l&rsquo;Est, les coop\u00e9ratives, cr\u00e9\u00e9es                     avec l&rsquo;aide de la Caisse des pr\u00eats aux Esquimaux, appartiennent                     maintenant aux habitants de la localit\u00e9. Les congr\u00e8s                     des coop\u00e9ratives de l&rsquo;Arctique r\u00e9unissent des                     Esquimaux venant jusque d&rsquo;Aklavik \u00e0 l&rsquo;ouest et de Grise                     Fiord au nord. <\/p>\n<h3>Perspectives d&rsquo;avenir<\/h3>\n<p> Il n&rsquo;est pas anormal, \u00e9tant donn\u00e9 leurs ant\u00e9c\u00e9dents,                     que les Esquimaux soient persuad\u00e9s qu&rsquo;ils renoncent                     \u00e0 quelque chose de pr\u00e9cieux en adoptant les                     nouvelles fa\u00e7ons de faire. <\/p>\n<p> Mais lorsqu&rsquo;on leur offre les possibilit\u00e9s, les conseils                     et l&rsquo;aide pratique n\u00e9cessaires et que l&rsquo;on fait preuve                     envers eux de compr\u00e9hension et de tol\u00e9rance,                     tous nos aborig\u00e8nes montrent qu&rsquo;ils ont le d\u00e9sir,                     la volont\u00e9 et la capacit\u00e9 de se soumettre aux                     changements qu&rsquo;on leur propose. <\/p>\n<p> La grande question qui se posera demain est celle-ci\u00a0:                     nous, nouveaux venus, nous sommes empar\u00e9s de la terre                     des premiers habitants du pays. Que cela ait \u00e9t\u00e9                     un bien ou un mal\u00a0; que la chose ait \u00e9t\u00e9                     in\u00e9vitable ou non dans la marche de l&rsquo;histoire, ce                     n&rsquo;est pas l\u00e0 le point. Nous avons pris leur terre,                     boulevers\u00e9 leur mani\u00e8re de vivre, d\u00e9truit                     leurs moyens d&rsquo;existence et sap\u00e9 leur culture. C&rsquo;est                     donc pour nous un devoir de nous acquitter de nos obligations                     envers eux. <\/p>\n<p> Ce qu&rsquo;il faut avant tout, ce ne sont ni des supplications,                     ni des encouragements, ni des exhortations, mais de la compr\u00e9hension.                     \u00c0 maintes reprises dans le cours de l&rsquo;histoire du monde,                     nous dit Jenness dans son livre, de grands progr\u00e8s                     sociaux et \u00e9conomiques ont \u00e9t\u00e9 accomplis                     par la r\u00e9union de deux peuples qui avaient suivi jusque-l\u00e0                     des routes s\u00e9par\u00e9es. Le centenaire de la conf\u00e9d\u00e9ration                     ne nous offre-t-il pas une excellente occasion d&rsquo;accro\u00eetre,                     d&rsquo;intensifier et d&rsquo;acc\u00e9l\u00e9rer nos efforts pour                     hausser le niveau de vie des autochtones du Canada jusqu&rsquo;\u00e0                     celui que connaissent les Canadiens en g\u00e9n\u00e9ral\u00a0?                   <\/p>\n<p> Le principe qui doit nous guider dans nos relations avec                     les Esquimaux et les Indiens se trouve formul\u00e9 de fa\u00e7on                     aussi \u00e9l\u00e9gante qu&rsquo;admirable dans un po\u00e8me                     d&rsquo;Irene Baird \u00e0 l&rsquo;adresse des Esquimaux et qui s&rsquo;intitule\u00a0:                     \u00ab\u00a0<em>Keep Your Own Things<\/em>\u00a0\u00bb. Ce po\u00e8me                     a paru dans le num\u00e9ro de mars-avril 1964 de <em>North<\/em>,                     revue publi\u00e9e par le minist\u00e8re du Nord canadien                     et des Ressources nationales. <\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<\/p><\/div>\n","protected":false},"author":87,"featured_media":0,"template":"","categories":[1],"rbc_letter_theme":[],"rbc_letter_year":[38],"class_list":["post-2102","rbc_letter","type-rbc_letter","status-publish","hentry","category-uncategorized","rbc_letter_year-38"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO Premium plugin v27.2 (Yoast SEO v27.2) - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-premium-wordpress\/ -->\n<title>Vol. 47, N\u00b0 2 - F\u00e9vrier 1966 - Les premiers habitants du Canada - RBC<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-47-n-2-fevrier-1966-les-premiers-habitants-du-canada\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Vol. 47, N\u00b0 2 - F\u00e9vrier 1966 - Les premiers habitants du Canada\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Le Canada est la terre ancestrale des Indiens et des Esquimaux. 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