{"id":2078,"date":"1979-12-01T00:00:00","date_gmt":"1979-12-01T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-60-n-12-decembre-1979-lalimentation-et-la-science\/"},"modified":"2022-10-17T16:11:03","modified_gmt":"2022-10-17T16:11:03","slug":"vol-60-n-12-decembre-1979-lalimentation-et-la-science","status":"publish","type":"rbc_letter","link":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-60-n-12-decembre-1979-lalimentation-et-la-science\/","title":{"rendered":"Vol. 60, N\u00b0 12 &#8211; D\u00e9cembre 1979 &#8211; L&rsquo;alimentation et la science"},"content":{"rendered":"<div id=\"layout-column-main\">\n<p class=\"boldtext\">Le besoin de nourriture a toujours \u00e9t\u00e9 un lancinant aiguillon pour l&rsquo;intelligence humaine. Pendant des g\u00e9n\u00e9rations sans nombre, l&rsquo;homme a employ\u00e9 son esprit \u00e0 trouver de quoi manger. Il devra d\u00e9ployer toute sa clairvoyance dans ce domaine \u00e0 la fin du pr\u00e9sent si\u00e8cle, alors que le monde aura, estime-t-on, 2 milliards de bouches de plus \u00e0 nourrir&#8230;<\/p>\n<p>La nourriture est si \u00e9troitement li\u00e9e \u00e0 la vie quotidienne qu&rsquo;\u00e0 moins de ne pas en avoir assez, les gens n&rsquo;attachent gu\u00e8re d&rsquo;importance \u00e0 sa composition ou \u00e0 sa provenance. Pour le citadin nord-am\u00e9ricain attabl\u00e9 devant son d\u00eener de No\u00ebl, cette ann\u00e9e, peu importe que la dinde qu&rsquo;il mangera tire son origine d&rsquo;un oiseau de la famille du faisan remontant \u00e0 quarante millions d&rsquo;ann\u00e9es et domestiqu\u00e9 par les Azt\u00e8ques de l&rsquo;ancien Mexique\u00a0; ni de savoir qu&rsquo;il consommera une dose salubre de potassium, de phosphore et de fer avec ses pommes pur\u00e9e. Ce qui compte, c&rsquo;est que les aliments soient bons, abondants et bien appr\u00eat\u00e9s.<\/p>\n<p>Mais derri\u00e8re ce festin traditionnel &#8211; et m\u00eame presque tout repas dans les pays d\u00e9velopp\u00e9s d&rsquo;aujourd&rsquo;hui &#8211; se profile une victoire de l&rsquo;ing\u00e9niosit\u00e9 humaine. Prenons la dinde\u00a0: son poids est de beaucoup sup\u00e9rieur \u00e0 celui de son anc\u00eatre mexicain gr\u00e2ce aux proc\u00e9d\u00e9s scientifiques de reproduction et d&rsquo;alimentation qui, nous dit-on, permettront bient\u00f4t de produire un dindon aussi gros qu&rsquo;un porcelet. Elle est parvenue jusqu&rsquo;\u00e0 nos foyers typiquement am\u00e9ricains par des moyens de transport r\u00e9frig\u00e9r\u00e9s et m\u00e9canis\u00e9s que les hommes d&rsquo;il y a un si\u00e8cle auraient jug\u00e9s miraculeux. Un autre quasi-miracle de la technique nous a valu les appareils \u00e9lectriques ou au gaz naturel qui en assurent la cuisson.<\/p>\n<p>Pour ceux qui savourent ce repas, il est presque inconcevable que l&rsquo;un ou l&rsquo;autre de ses \u00e9l\u00e9ments vienne un jour \u00e0 manquer. Ainsi, il n&rsquo;est pas question qu&rsquo;il devienne impossible d&rsquo;acheter des pommes de terre parce que la brunissure ou le doryphore a d\u00e9truit la r\u00e9colte. Les approvisionnements de pommes de terre &#8211; et de tous les autres l\u00e9gumes de l&rsquo;Am\u00e9rique du Nord &#8211; sont aussi s\u00fbrs qu&rsquo;in\u00e9puisables. Les m\u00e9thodes modernes de culture et de lutte contre les maladies et les insectes y pourvoient.<\/p>\n<p>Vient ensuite la cuisson. Sans y r\u00e9fl\u00e9chir un seul instant, la ma\u00eetresse de maison dispose d&rsquo;une collection d&rsquo;ingr\u00e9dients, d&rsquo;instruments et de connaissances ignor\u00e9s de tout le monde, sauf de tr\u00e8s grands ma\u00eetres queux, il y a cent ans. Les exploits les plus difficiles de la science culinaire de jadis sont maintenant affaire courante. Il suffira \u00e0 la m\u00e9nag\u00e8re de jeter un coup d&rsquo;oeil sur l&#8217;emballage de la dinde pour conna\u00eetre la temp\u00e9rature et la dur\u00e9e de cuisson et de tourner un bouton pour commander exactement le degr\u00e9 de chaleur voulu. Les \u00e9pices qu&rsquo;elle emploie pour la farce arrivent, sur les tablettes de son armoire, des quatre coins du monde.<\/p>\n<p>Bref, cette m\u00e9nag\u00e8re et sa famille b\u00e9n\u00e9ficient d&rsquo;un tr\u00e9sor de connaissances sur l&rsquo;art de faire lever et de pr\u00e9parer les aliments, qui a commenc\u00e9 \u00e0 s&rsquo;accumuler avant m\u00eame que l&rsquo;histoire existe. Le besoin de nourriture &#8211; et encore de nourriture agr\u00e9able au palais &#8211; a toujours \u00e9t\u00e9 un lancinant aiguillon pour l&rsquo;esprit. En lui donnant ses premi\u00e8res armes, il a engag\u00e9 l&rsquo;homme dans un processus d&rsquo;\u00e9volution diff\u00e9rent de celui de ses cong\u00e9n\u00e8res. Il l&rsquo;a incit\u00e9 \u00e0 ouvrer pour acqu\u00e9rir la ma\u00eetrise de son univers.<\/p>\n<p>On pourrait dire que la science est n\u00e9e lorsqu&rsquo;un homme des cavernes a remarqu\u00e9 que la moelle de l&rsquo;os de rhinoc\u00e9ros ou de bison qu&rsquo;il avait jet\u00e9 au feu \u00e9tait plus facile \u00e0 extraire et plus savoureuse que la moelle crue. Ce qui l&rsquo;amena sans doute \u00e0 lancer un pav\u00e9 de viande sur la braise pour voir s&rsquo;il obtiendrait le m\u00eame r\u00e9sultat. Ou peut-\u00eatre la cuisson fut-elle d\u00e9couverte par accident, un troglodyte ayant retir\u00e9 du feu une pi\u00e8ce de viande qui y \u00e9tait tomb\u00e9e. De toute fa\u00e7on, en la mangeant l&rsquo;homme fit un premier acte de recherche scientifique.<\/p>\n<p>Ce fut assur\u00e9ment un \u00e9norme succ\u00e8s scientifique le jour o\u00f9, il y a quelque 11,000 ans, des hommes apprirent comment tirer de la nourriture de ce qui paraissait \u00eatre des herbes sauvages. Il fallait que quelqu&rsquo;un con\u00e7\u00fbt l&rsquo;id\u00e9e que les petits grains durs et f\u00e9culents cach\u00e9s dans les rugueux \u00e9pis de l&rsquo;orge et du bl\u00e9 seraient mangeables si on pouvait les s\u00e9parer de la balle. M\u00eame une fois retir\u00e9s de leur enveloppe par r\u00f4tissage, ces grains \u00e9taient encore trop durs et trop secs pour se manger. D&rsquo;o\u00f9 la n\u00e9cessit\u00e9 de les moudre et d&rsquo;en m\u00e9langer la farine avec de l&rsquo;eau pour en faire une sorte de bouillie. Par hasard ou par calcul, on devait d\u00e9couvrir plus tard que cette mixture se transformait en quelque chose de plus app\u00e9tissant si on en faisait une galette en la d\u00e9posant sur une pierre chaude. Ce fut le premier pain.<\/p>\n<h3>Une perc\u00e9e technique vers les outils m\u00e9caniques<\/h3>\n<p>D&rsquo;apr\u00e8s les historiens et les sociologues, les premiers villages connus se form\u00e8rent autour des champs de grain sauvage dans le Proche- et le Moyen-Orient d\u00e8s avant l&rsquo;invention de la roue. C&rsquo;est pour s&rsquo;\u00e9pargner le labeur de transporter les c\u00e9r\u00e9ales dans leurs lointaines cavernes que les hommes se group\u00e8rent en un m\u00eame lieu. Ainsi naquit l&rsquo;organisme social que nous appelons aujourd&rsquo;hui une collectivit\u00e9. Celle-ci devait ensuite se consolider et s&rsquo;affiner lorsque les villageois se ligu\u00e8rent pour se d\u00e9fendre contre les envahisseurs int\u00e9ress\u00e9s par leurs r\u00e9serves, mais moins port\u00e9s qu&rsquo;eux \u00e0 se fixer. De sorte que la gen\u00e8se de la soci\u00e9t\u00e9 co\u00efncida avec celle de la guerre.<\/p>\n<p>Les villageois avaient aussi \u00e0 prot\u00e9ger leurs cultures contre d&rsquo;autres pillards que les maraudeurs humains affam\u00e9s. C&rsquo;\u00e9taient les animaux sauvages qui r\u00f4daient \u00e0 la lisi\u00e8re de leurs champs pour en manger le grain. Gr\u00e2ce comme toujours \u00e0 son intelligence, l&rsquo;homme apprivoisa ces b\u00eates, qui lui donn\u00e8rent de la viande, des v\u00eatements et des outres, du suif pour ses lampes, des bouses pour se chauffer, ainsi que du lait, du beurre et du fromage.<\/p>\n<p>On peut consid\u00e9rer le harnachement des animaux domestiques comme le signal d&rsquo;une perc\u00e9e technique. La ch\u00e8vre, le mouton et le boeuf deviennent les auxiliaires agricoles de l&rsquo;homme\u00a0; ils l&rsquo;aident \u00e0 semer, \u00e0 labourer et \u00e0 battre le grain. L&rsquo;\u00e9nergie animale repr\u00e9sente le premier outil m\u00e9canique de l&rsquo;homme.<\/p>\n<p>Le premier agriculteur a d\u00e9j\u00e0 fait son apparition. C&rsquo;est l&rsquo;homme ou la femme qui a compris que la r\u00e9colte serait plus productive et plus facile \u00e0 pr\u00e9voir si on la mettait en terre de fa\u00e7on m\u00e9thodique. Le proc\u00e9d\u00e9 essentiel du sarclage \u00e9tait sans doute encore plus ancien, m\u00eame si l&rsquo;ing\u00e9niosit\u00e9 humaine avait transform\u00e9 certaines mauvaises herbes elles-m\u00eames, comme le seigle et la tomate, en plantes domestiques.<\/p>\n<p>L&rsquo;av\u00e8nement de l&rsquo;agriculture marqua peut-\u00eatre aussi le commencement de l&rsquo;enseignement sur la terre. On imagine, par exemple, un feu de camp entour\u00e9 de primitifs communiquant par grognements et par signes avec un \u00e9tranger leur parlant du dressage des ch\u00e8vres ou de la culture des c\u00e9r\u00e9ales, distribuant m\u00eame quelques graines \u00e0 essayer. Selon les vestiges arch\u00e9ologiques, la connaissance de l&rsquo;agriculture se r\u00e9pandit rapidement chez les peuplades post\u00e9rieures \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge des cavernes. Cela ne pouvait se faire que par l&rsquo;entremise des laboureurs et des pasteurs en qu\u00eate de nouvelles terres, qui transmettaient leurs proc\u00e9d\u00e9s \u00e0 ceux qu&rsquo;ils rencontraient sur leur route.<\/p>\n<h3>Seule la mouche bleue est plus infecte que la taupe<\/h3>\n<p>La diffusion du savoir en g\u00e9n\u00e9ral se d\u00e9veloppa avec l&rsquo;essor du commerce et de l&rsquo;industrie. D\u00e8s que l&rsquo;agriculture s&rsquo;\u00e9tendit, il y eut des surplus de nourriture que l&rsquo;on pouvait troquer contre des vivres r\u00e9colt\u00e9s ailleurs. Les premiers commer\u00e7ants ne mirent pas de temps \u00e0 le comprendre, et l&rsquo;on vit bient\u00f4t caravanes et navires sillonner l&rsquo;ancien monde pour faire le commerce des denr\u00e9es et autres marchandises. Si \u00e2pres au n\u00e9goce qu&rsquo;elles aient \u00e9t\u00e9, les populations qui faisaient le commerce entre elles \u00e9chang\u00e8rent plus que les produits de leur troc\u00a0; elles tendirent \u00e0 mettre en commun le meilleur de leur culture et de leurs techniques. L&rsquo;accession de l&rsquo;humanit\u00e9 \u00e0 la culture intellectuelle fut en grande partie la cons\u00e9quence indirecte du commerce n\u00e9 avec les denr\u00e9es alimentaires.<\/p>\n<p>L&rsquo;alimentation a toujours excit\u00e9 chez l&rsquo;homme le sens de l&rsquo;aventure. Il est clair que certaines de ses exp\u00e9riences gastronomiques aboutirent \u00e0 l&rsquo;\u00e9chec\u00a0; il fallait de l&rsquo;audace au premier homme qui mangea des champignons, car il aurait pu y laisser sa vie. Mais au cours des si\u00e8cles, les hommes ont r\u00e9ussi, apr\u00e8s bien des t\u00e2tonnements, \u00e0 d\u00e9couvrir un nombre stup\u00e9fiant de choses \u00e0 manger et \u00e0 boire, ainsi que des fa\u00e7ons de les rendre agr\u00e9ables. Un auteur anglais du XIXe si\u00e8cle, chercheur assidu de ce qu&rsquo;on peut et ne peut pas manger avec plaisir, signale que seule la mouche \u00e0 viande est plus infecte encore que la taupe.<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 certaines erreurs, l&rsquo;histoire de l&rsquo;alimentation \u00e0 partir de l&rsquo;antiquit\u00e9 se r\u00e9v\u00e8le une suite de progr\u00e8s intermittents. Les anciens Romains observ\u00e8rent que le fait de semer tous les ans les m\u00eames plantes finissait par \u00e9puiser le sol et commenc\u00e8rent donc \u00e0 laisser reposer la terre pendant un an. Au moyen \u00e2ge, les peuples de l&rsquo;Europe centrale feront mieux encore en adoptant une rotation des cultures qui consistait \u00e0 semer un champ sur trois de l\u00e9gumes pour restaurer le sol. Vers la m\u00eame \u00e9poque, un type de charrue am\u00e9lior\u00e9e parvenait \u00e0 d\u00e9foncer des terres que les anciennes charrues ne permettaient pas de cultiver.<\/p>\n<p>La connaissance des moyens de produire de la nourriture en plus grande quantit\u00e9 et de meilleure qualit\u00e9 s&rsquo;est d\u00e9velopp\u00e9e avec les si\u00e8cles. La science de l&rsquo;agronomie a peut-\u00eatre d\u00e9but\u00e9 lorsqu&rsquo;un agriculteur inconnu s&rsquo;est aper\u00e7u que les plantes poussaient mieux s&rsquo;il en recouvrait la semence d&rsquo;humus ou de fumier. Depuis l&rsquo;art de tirer toujours davantage du sol par diverses techniques a accompli des progr\u00e8s incroyables.<\/p>\n<p>Parmi les g\u00e9ants de l&rsquo;agronomie figure le Canadien sir Charles Saunders. C&rsquo;est lui qui, en 1904, mit au point ce qu&rsquo;on a appel\u00e9 \u00ab\u00a0la plante la plus pr\u00e9cieuse de l&rsquo;histoire\u00a0\u00bb\u00a0: une vari\u00e9t\u00e9 de bl\u00e9 d\u00e9nomm\u00e9e Marquis qui m\u00fbrissait assez t\u00f4t pour \u00e9chapper aux fortes gel\u00e9es de la Prairie canadienne. Saunders r\u00e9alisa ensuite d&rsquo;autres vari\u00e9t\u00e9s adapt\u00e9es aux climats froids. C&rsquo;est gr\u00e2ce surtout \u00e0 ses travaux, que l&rsquo;Ouest canadien est devenu l&rsquo;un des plus riches greniers du monde.<\/p>\n<h3>Le sort de l&rsquo;humanit\u00e9 d\u00e9pendra peut-\u00eatre de notre science<\/h3>\n<p>Au cours du pr\u00e9sent si\u00e8cle, le continent nord-am\u00e9ricain a assum\u00e9 le r\u00f4le de premier fournisseur du globe. Les progr\u00e8s r\u00e9cents des techniques de culture, des machines aratoires et de la lutte contre les parasites et les maladies ont provoqu\u00e9 un essor ahurissant de la productivit\u00e9. L&rsquo;agriculteur nord-am\u00e9ricain moyen produit maintenant assez de vivres pour nourrir quelque 50 autres personnes. C&rsquo;est l\u00e0 environ 10 fois plus que ce qu&rsquo;il pouvait produire il y a 60 ans.<\/p>\n<p>Le Canada et les \u00c9tats-Unis produisent beaucoup plus de vivres que n&rsquo;en consomme leur population\u00a0; ils r\u00e9unissent \u00e0 eux deux les deux tiers des exportations c\u00e9r\u00e9ali\u00e8res dans le monde. Mais leur production alimentaire a moins de valeur pour le monde que leur connaissance des techniques de production. Peut-\u00eatre le sort de l&rsquo;humanit\u00e9 d\u00e9pendra-t-il en fin de compte de notre science en mati\u00e8re de production vivri\u00e8re.<\/p>\n<p>Le concours de la technique et du savoir a d\u00e9j\u00e0 accompli \u00e9norm\u00e9ment pour arracher les peuples des pays en voie de d\u00e9veloppement \u00e0 leur vie de famine. Dans les ann\u00e9es 40, la Fondation Rockefeller, de New York, envoyait un agronome nomm\u00e9 George Harrar en mission au Mexique, pays en majeure partie agraire alors en proie \u00e0 une disette chronique. Avec une \u00e9quipe interdisciplinaire de sp\u00e9cialistes en sciences agricoles, Harrar entreprit d&rsquo;aider les paysans mexicains \u00e0 se tirer d&rsquo;affaire eux-m\u00eames. Au bout de quelques ann\u00e9es, des travaux de cr\u00e9ation de nouvelles plantes, d&rsquo;am\u00e9nagement du sol et de lutte contre la destruction des r\u00e9coltes avaient d\u00e9j\u00e0 apport\u00e9 une immense am\u00e9lioration dans le rendement agricole. Au d\u00e9but des ann\u00e9es 50, la Colombie et le Chili adoptaient avec le m\u00eame succ\u00e8s la formule mexicaine. En 1955, un ambitieux programme model\u00e9 sur celui du Mexique \u00e9tait lanc\u00e9 en Inde. D\u00e8s lors la \u00ab\u00a0R\u00e9volution verte\u00a0\u00bb se r\u00e9pandit dans tous les pays affam\u00e9s.<\/p>\n<h3>\u00c0 qui a faim ne donne pas un poisson\u00a0; apprends-lui \u00e0 p\u00eacher<\/h3>\n<p>En 1970, le travail qui avait d&rsquo;abord port\u00e9 sur le bl\u00e9 et le ma\u00efs \u00e9tait \u00e9tendu au riz, gr\u00e2ce \u00e0 la fondation de l&rsquo;Institut international de recherches sur le riz en Indon\u00e9sie. Bient\u00f4t, l&rsquo;introduction de nouveaux types de plants de riz venait multiplier de plusieurs fois les r\u00e9coltes. D&rsquo;autres instituts de recherches, cr\u00e9\u00e9s depuis, se sp\u00e9cialisent dans la culture des terres arides, les maladies des animaux et l&rsquo;\u00e9levage. Dans toute la R\u00e9volution verte, les sp\u00e9cialistes ont mis l&rsquo;accent sur l&rsquo;adaptation aux conditions locales et la formation des habitants du pays aux m\u00e9thodes nouvelles. Les hommes de science occidentaux qui y ont particip\u00e9 se sont rappel\u00e9s le vieux dicton chinois\u00a0: \u00ab\u00a0Ne donne pas un poisson \u00e0 un homme, apprends-lui \u00e0 p\u00eacher.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Les Canadiens ont pris une part active \u00e0 la campagne entreprise pour assurer des denr\u00e9es alimentaires plus abondantes et plus nutritives aux g\u00e9n\u00e9rations futures. En 1975, le prix annuel de $50,000, accord\u00e9 par la Banque Royale du Canada pour r\u00e9compenser ceux qui contribuent au bien-\u00eatre de l&rsquo;humanit\u00e9, a \u00e9t\u00e9 attribu\u00e9 \u00e0 deux chercheurs canadiens\u00a0: MM. Keith Downey et Baldur Stefansson, pour leurs travaux concernant la valeur alimentaire de la graine de colza. Les r\u00e9sultats de leurs efforts pour produire une vari\u00e9t\u00e9 de graine de colza riche en prot\u00e9ines sont actuellement appliqu\u00e9s avec succ\u00e8s dans divers pays.<\/p>\n<p>M\u00eame si la R\u00e9volution verte a fait des merveilles, personne ne pr\u00e9tend qu&rsquo;elle repr\u00e9sente la solution compl\u00e8te du probl\u00e8me alimentaire qui se pose aujourd&rsquo;hui \u00e0 l&rsquo;humanit\u00e9. \u00c0 la fin du pr\u00e9sent si\u00e8cle, la population mondiale passera, estime-t-on, de 4 milliards \u00e0 6. Pour nourrir tout ce monde convenablement, il faudra r\u00e9aliser des progr\u00e8s gigantesques dans beaucoup de domaines.<\/p>\n<p>La r\u00e9partition des vivres, au sens le plus large du terme, appelle une am\u00e9lioration radicale. D&rsquo;apr\u00e8s <em>Objectifs pour l&rsquo;humanit\u00e9<\/em>, \u00e9tude faite en 1977 pour le Club de Rome et coordonn\u00e9e par Ervin Lazlow, la production c\u00e9r\u00e9ali\u00e8re mondiale est suffisante pour assurer une alimentation convenable \u00e0 chaque habitant de la terre. Pourtant, pas moins de 40 p. 100 de la population de la plan\u00e8te souffrent de sous-alimentation. Cela, en partie, parce que les peuples des pays en voie de d\u00e9veloppement ont trop peu de c\u00e9r\u00e9ales alors que, dans le monde occidental, on en donne aux b\u00eates pour produire de la viande.<\/p>\n<p>Lors d&rsquo;une r\u00e9cente r\u00e9union du Conseil mondial de l&rsquo;alimentation, \u00e0 Ottawa, le pr\u00e9sident de la Commission pr\u00e9sidentielle am\u00e9ricaine de la faim dans le monde, Sol Lonowitz, a r\u00e9clam\u00e9 un reclassement fondamental des priorit\u00e9s internationales pour parer \u00e0 la mortalit\u00e9 massive par la faim pendant le reste du si\u00e8cle. \u00ab\u00a0Parce que le probl\u00e8me mondial de la faim s&rsquo;aggrave au lieu de s&rsquo;am\u00e9liorer, a-t-il dit, une crise majeure nous attend s&rsquo;il n&rsquo;y a pas d&rsquo;effort concert\u00e9 pour l&rsquo;\u00e9viter.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Une grande partie de l&rsquo;op\u00e9ration devra porter sur le domaine technique en vue de tirer profit de ce qui se fait d\u00e9j\u00e0 pour accro\u00eetre la production. C&rsquo;est une t\u00e2che \u00e0 la fois tr\u00e8s prometteuse et tr\u00e8s exaltante que de tenter de sur\u00e9lever la productivit\u00e9 des terres sous-utilis\u00e9es des pays en voie de d\u00e9veloppement jusqu&rsquo;\u00e0 un degr\u00e9 voisin des normes nord-am\u00e9ricaines et europ\u00e9ennes. La science permettra peut-\u00eatre d&rsquo;ouvrir de nouvelles terres \u00e0 la production alimentaire tout comme les recherches de Saunders permirent autrefois de cultiver du bl\u00e9 dans les r\u00e9gions nord de l&rsquo;Ouest canadien. Peut-\u00eatre r\u00e9ussira-t-elle aussi \u00e0 tirer d&rsquo;abondantes \u00ab\u00a0r\u00e9coltes\u00a0\u00bb d&rsquo;autres sources que le sol.<\/p>\n<p>Mais il ne faut pas tout attendre de la seule science. Des am\u00e9liorations marqu\u00e9es seront aussi n\u00e9cessaires en mati\u00e8re de d\u00e9veloppement international, d&rsquo;investissement et de pratiques commerciales. Au plan politique et social, le besoin fondamental se fait sentir d&rsquo;une meilleure r\u00e9gulation d\u00e9mographique.<\/p>\n<p>Une action concert\u00e9e pour assurer une alimentation suffisante \u00e0 toute l&rsquo;humanit\u00e9 s&rsquo;impose de toute \u00e9vidence\u00a0; la chose ne saurait faire de doute \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de la coop\u00e9ration internationale. Cet effort exigera toutes les ressources des connaissances, de l&rsquo;intelligence et de la volont\u00e9 humaines. Mais si l&rsquo;on se fie aux enseignements de l&rsquo;histoire, le probl\u00e8me de l&rsquo;alimentation sera surmont\u00e9. Il s&rsquo;agira pour l&rsquo;homme de consacrer \u00e0 l&rsquo;avenir \u00e0 la question de l&rsquo;alimentation autant et plus encore d&rsquo;\u00e9nergie intellectuelle que par le pass\u00e9.<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"author":86,"featured_media":0,"template":"","categories":[1],"rbc_letter_theme":[],"rbc_letter_year":[51],"class_list":["post-2078","rbc_letter","type-rbc_letter","status-publish","hentry","category-uncategorized","rbc_letter_year-51"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO Premium plugin v27.4 (Yoast SEO v27.4) - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-premium-wordpress\/ -->\n<title>Vol. 60, N\u00b0 12 - D\u00e9cembre 1979 - L&#039;alimentation et la science - RBC<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-60-n-12-decembre-1979-lalimentation-et-la-science\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Vol. 60, N\u00b0 12 - D\u00e9cembre 1979 - L&#039;alimentation et la science\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Le besoin de nourriture a toujours \u00e9t\u00e9 un lancinant aiguillon pour l&rsquo;intelligence humaine. 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