{"id":2065,"date":"1966-12-01T00:00:00","date_gmt":"1966-12-01T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-47-n-12-decembre-1966-le-canada-vu-dans-sa-totalite\/"},"modified":"2022-10-17T17:27:47","modified_gmt":"2022-10-17T17:27:47","slug":"vol-47-n-12-decembre-1966-le-canada-vu-dans-sa-totalite","status":"publish","type":"rbc_letter","link":"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-47-n-12-decembre-1966-le-canada-vu-dans-sa-totalite\/","title":{"rendered":"Vol. 47, N\u00b0 12 &#8211; D\u00e9cembre 1966 &#8211; Le Canada vu dans sa totalit\u00e9"},"content":{"rendered":"<div id=\"layout-column-main\">\n<p class=\"boldtext\">L&rsquo;ann\u00e9e du centenaire sera pour les Canadiens une excellente occasion de se regarder eux-m\u00eames et de regarder leur pays bien en face, de s&rsquo;examiner sous divers angles et d&rsquo;essayer de se voir tels que les autres les voient.<\/p>\n<p>L&rsquo;image obtenue devra avoir les qualit\u00e9s des portraits c\u00e9l\u00e8bres, c&rsquo;est-\u00e0-dire qu&rsquo;il lui faudra non seulement \u00eatre ressemblante, et non pas id\u00e9aliste ni caricatur\u00e9e, mais encore \u00eatre l&rsquo;expression de notre \u00e2me et de notre personnalit\u00e9, et non simplement des traits de notre visage et de notre mani\u00e8re de nous v\u00eatir. Si la <em>Joconde <\/em>est un chef-d&rsquo;oeuvre, c&rsquo;est surtout par la richesse des sentiments int\u00e9rieurs qu&rsquo;elle \u00e9voque.<\/p>\n<p>Notre repr\u00e9sentation de nous-m\u00eames devra en outre avoir une certaine profondeur et respecter les r\u00e8gles de la perspective. C&rsquo;est L\u00e9onard de Vinci qui nous dit que la perspective est la bride et le gouvernail du peintre. C&rsquo;est \u00e9galement notre seul moyen de juger quelles sont les choses qu&rsquo;il convient de mettre au premier plan dans la vie et quelles sont celles qu&rsquo;il importe de rel\u00e9guer au second.<\/p>\n<p>Pour avoir une meilleure vue d&rsquo;ensemble du Canada, peut-\u00eatre y a-t-il lieu de nous arracher \u00e0 l&rsquo;agitation tr\u00e9pidante de notre entourage et de nous poster, en imagination, quelque part dans l&rsquo;espace.<\/p>\n<p>Nous verrons alors \u00e0 l&rsquo;oeuvre les vingt millions de Canadiens qui ont succ\u00e9d\u00e9 aux 3,635,000 habitants que comptait notre pays il y a un si\u00e8cle. Nous apercevrons d&rsquo;immenses entrep\u00f4ts \u00e0 grains et des gratte-ciel, des chemins de fer et des terrains d&rsquo;aviation, des centaines de mille usines et des millions de foyers, qui sont autant de signes de progr\u00e8s mat\u00e9riel. Nous pourrons voir resplendir le soleil sur les toits et les clochers de milliers de cath\u00e9drales, d&rsquo;\u00e9glises et de synagogues, preuves tangibles de notre attachement pour les valeurs morales.<\/p>\n<p>Quiconque jouit de son bon sens ne saurait pr\u00e9tendre que chaque si\u00e8cle est sup\u00e9rieur en tout point \u00e0 celui qui le pr\u00e9c\u00e8de. Mais si l&rsquo;on envisage la marche des \u00e9v\u00e9nements de fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale et de tr\u00e8s haut, il faut reconna\u00eetre qu&rsquo;il y a une certaine progression.<\/p>\n<p>Le Canada n&rsquo;a peut-\u00eatre pas accompli tout ce qu&rsquo;il aurait pu accomplir, mais si nous mesurons ses progr\u00e8s, nous n&rsquo;avons pas lieu d&rsquo;\u00eatre pessimistes. Notre pass\u00e9 n&rsquo;a rien d&rsquo;ignoble, bien au contraire.<\/p>\n<p>En esquissant le fond du tableau, sans entrer dans les d\u00e9tails, nous constaterons que les \u00e9v\u00e9nements qui paraissaient d\u00e9sastreux \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque n&rsquo;\u00e9taient que de simples incidents dans l&rsquo;\u00e9volution d&rsquo;une nation, alors que les efforts quotidiens des agriculteurs, des b\u00fbcherons, des explorateurs, des trappeurs et des gouvernants contribuaient \u00e0 \u00e9difier une oeuvre durable.<\/p>\n<p>Le Canada a r\u00e9alis\u00e9, non pas compl\u00e8tement, mais dans une large mesure, une mani\u00e8re de vivre, dont certains des m\u00e9rites constituent une innovation dans l&rsquo;histoire humaine. Il s&rsquo;efforce de supprimer la pauvret\u00e9\u00a0; il a r\u00e9duit la fr\u00e9quence de la maladie \u00e0 une proportion qui e\u00fbt sembl\u00e9 ridiculement impossible il y a cent ans\u00a0; il a g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9 les possibilit\u00e9s d&rsquo;instruction dans tout le pays\u00a0; il a su maintenir \u00e0 un haut degr\u00e9 l&rsquo;harmonie entre l&rsquo;ordre et la libert\u00e9.<\/p>\n<p>Il ne s&rsquo;agit pas l\u00e0 d&rsquo;une r\u00e9capitulation inutile. Le fait de consid\u00e9rer notre pass\u00e9 et de scruter notre avenir nous permet de mieux comprendre ce que nous sommes aujourd&rsquo;hui et ce que nous devons faire pour que demain soit digne de nous.<\/p>\n<p>Respecter le pass\u00e9 tant pour ce qu&rsquo;ont fait nos a\u00efeux que pour ce qu&rsquo;il nous a permis d&rsquo;accomplir, cela ne signifie pas l&rsquo;adopter servilement. Nous pouvons l&rsquo;admirer et en tirer profit, sans pour autant essayer d&rsquo;introduire de force dans son moule les circonstances de l&rsquo;\u00e9poque actuelle.<\/p>\n<h3>Les colonisateurs<\/h3>\n<p>Quoique le premier voyage de Jacques Cartier sur nos bords remonte \u00e0 1534, l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement dont le Canada f\u00eatera le centi\u00e8me anniversaire en 1967 n&rsquo;a eu lieu que 333 ans plus tard.<\/p>\n<p>Ces trois si\u00e8cles ont \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9s par les difficult\u00e9s de la colonisation dans un milieu pour lequel la vie des villages de France et d&rsquo;Angleterre constituait une pi\u00e8tre pr\u00e9paration.<\/p>\n<p>En plus de la solitude et des rigueurs du climat, il fallait compter avec les clans hostiles, les voisins belliqueux, les obstacles naturels et l&rsquo;incertitude de la vie sous des souverains peu au fait et encore moins soucieux de ce qui se passait dans leurs colonies, dont ils se trouvaient s\u00e9par\u00e9s par un vaste oc\u00e9an, que traversaient avec lenteur les navires \u00e0 voiles.<\/p>\n<p>Nous pouvons nous tourner vers nos anc\u00eatres avec un regard de profonde admiration pour leurs labeurs et leurs tribulations, pour toutes leurs entreprises inachev\u00e9es et pour tous leurs d\u00e9sirs inaccomplis, tout en rendant hommage au courage invincible dont ils firent preuve en \u00e9tablissant les fondations d&rsquo;une route qu&rsquo;il ne nous reste qu&rsquo;\u00e0 parachever. Peut-\u00eatre y trouverons-nous, au milieu de nos efforts pour am\u00e9liorer l&rsquo;h\u00e9ritage qu&rsquo;ils nous ont laiss\u00e9, une profitable le\u00e7on d&rsquo;humilit\u00e9.<\/p>\n<p>Ceux qui vinrent apr\u00e8s les pionniers, pour \u00e9difier la Conf\u00e9d\u00e9ration, \u00e9taient \u00e9galement des hommes courageux. Il ne s&rsquo;agissait pas pour eux d&rsquo;organiser un voyage en fus\u00e9e dans un \u00c9tat futur quelconque\u00a0; il fallait construire l&rsquo;\u00c9tat sur-le-champ. Ces gens n&rsquo;\u00e9taient pas des th\u00e9oriciens discourant comme Platon sur la <em>R\u00e9publique<\/em>. Ils ne poss\u00e9daient pas le don de clairvoyance pour pr\u00e9voir qu&rsquo;en moins de cent ans la population aurait presque sextupl\u00e9\u00a0; que le p\u00e9trole, le gaz naturel, et l&rsquo;or, le cuivre, le minerai de fer, le nickel et une douzaine d&rsquo;autres min\u00e9raux auraient fait leur apparition dans l&rsquo;\u00e9conomie du pays\u00a0; que le transport par terre, par eaux, par air et par pipe-line r\u00e9volutionnerait notre mani\u00e8re de vivre. Leur m\u00e9rite fut de construire, selon leurs connaissances, en faisant preuve \u00e0 la fois d&rsquo;id\u00e9alisme et d&rsquo;esprit pratique, la base sur laquelle deux races et deux cultures pourraient solidement s&rsquo;implanter et former une seule nation.<\/p>\n<p>Perch\u00e9s au sommet d&rsquo;un immeuble commercial d&rsquo;une quarantaine d&rsquo;\u00e9tages de plus encore que tout ce que nos p\u00e8res ont pu imaginer, nous aurons peut-\u00eatre l&rsquo;impression d&rsquo;avoir mont\u00e9 bien haut et d&rsquo;\u00eatre \u00e0 la pointe de l&rsquo;actualit\u00e9. Mais l&rsquo;actualit\u00e9 n&rsquo;est que le moment du temps o\u00f9 le hasard a voulu que nous nous trouvions.<\/p>\n<p>Si nous avons atteint ces hauteurs, c&rsquo;est gr\u00e2ce en partie \u00e0 notre h\u00e9ritage. Aux fondateurs de notre pays, nous devons l&rsquo;ardeur au travail, la facult\u00e9 de nous d\u00e9brouiller tout en am\u00e9liorant notre sort, de vaquer \u00e0 nos affaires du moment en nous pr\u00e9parant pour l&rsquo;avenir. De nos anc\u00eatres plus \u00e9loign\u00e9s encore nous avons h\u00e9rit\u00e9 des normes morales de la foi jud\u00e9o-chr\u00e9tienne\u00a0; de l&rsquo;esprit humaniste des Grecs et de la Renaissance, qui met l&rsquo;accent sur la dignit\u00e9 de l&rsquo;homme\u00a0; de la confiance dans la m\u00e9thode scientifique des hypoth\u00e8ses contr\u00f4l\u00e9es en tant que voie la plus s\u00fbre pour atteindre la v\u00e9rit\u00e9\u00a0; de l&rsquo;adh\u00e9sion au droit romain, fran\u00e7ais et anglo-saxon, qui assure l&rsquo;\u00e9volution pacifique de la soci\u00e9t\u00e9\u00a0; de la foi d\u00e9mocratique dans la libert\u00e9, l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 et la fraternit\u00e9, issues de la doctrine des philosophes du XVIIIe si\u00e8cle et de la R\u00e9volution fran\u00e7aise.<\/p>\n<h3>Perspectives d&rsquo;avenir<\/h3>\n<p>Aucun pays n&rsquo;a encore r\u00e9ussi \u00e0 demeurer stationnaire. \u00c0 chaque instant, le pass\u00e9 est remis \u00e0 jour et projet\u00e9 dans l&rsquo;avenir. Les monuments des hommes d&rsquo;\u00c9tat, des h\u00e9ros et des conqu\u00e9rants offrent le spectacle le plus attristant du monde s&rsquo;il n&rsquo;y a personne pour les entretenir et les restaurer.<\/p>\n<p>Aimer son pays, c&rsquo;est entre autres choses savoir ce qu&rsquo;il a \u00e9t\u00e9, ce qu&rsquo;il est et ce qu&rsquo;il peut devenir, puis tendre vers l&rsquo;id\u00e9al qui s&rsquo;impose.<\/p>\n<p>Le pass\u00e9 du Canada nous permet d&rsquo;envisager l&rsquo;avenir avec optimisme. Aucun pays au monde n&rsquo;est mieux en mesure de s&rsquo;assurer un destin brillant et f\u00e9cond. Le grand danger, c&rsquo;est d&rsquo;en venir \u00e0 croire que la prosp\u00e9rit\u00e9 actuelle justifie le rel\u00e2chement.<\/p>\n<p>L&rsquo;avenir du Canada d\u00e9pend en grande partie de l&rsquo;intensit\u00e9 de nos efforts dans le pr\u00e9sent, mais il repose aussi sur des aspirations et des espoirs qui s&rsquo;enracinent au plus profond de notre \u00e2me. Nous aurons donc int\u00e9r\u00eat \u00e0 rechercher le silence de temps en temps, \u00e0 nous soustraire \u00e0 l&rsquo;affairement g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9 de notre milieu et \u00e0 nous mettre \u00e0 l&rsquo;\u00e9coute de nos pens\u00e9es profondes sur le pass\u00e9 et l&rsquo;avenir.<\/p>\n<p>Certes nous ne pouvons pas, comme Jean Cabot, prendre la mer avec des lettres patentes du Roi pour aller d\u00e9couvrir de nouveaux territoires. Mais nous pouvons \u00eatre des explorateurs en esprit, charg\u00e9s au nom de la d\u00e9mocratie de rendre notre pays meilleur en recherchant de nouvelles la\u00e7ons de vivre et de faire les choses.<\/p>\n<p>Le sens de l&rsquo;exploration, qu&rsquo;il s&rsquo;agisse de la surface de la terre ou des principes d&rsquo;une vie noble et grande, suppose l&rsquo;acquisition de la facult\u00e9 d&rsquo;affronter les ennuis avec courage, les d\u00e9ceptions avec s\u00e9r\u00e9nit\u00e9 et les succ\u00e8s avec humilit\u00e9.<\/p>\n<h3>Le patriotisme d\u00e9mocratique<\/h3>\n<p>Tous ceux qui voient un peu plus loin que la prochaine paie savent qu&rsquo;un pays ne vit pas que des statistiques du produit national brut. Sans doute faut-il que les chiffres de l&#8217;emploi et de la production soient \u00e9lev\u00e9s, mais cela n&rsquo;est pas suffisant. Il importe qu&rsquo;il existe un esprit capable de rallier tout la communaut\u00e9 en inspirant aux citoyens le sentiment de partager quelque chose d&rsquo;unique au monde. Les habitants du Canada peuvent poss\u00e9der des traditions, des cultures, des religions, des ant\u00e9c\u00e9dents et des revenus diff\u00e9rents, mais ils doivent avoir l&rsquo;impression d&rsquo;\u00eatre des \u00e9l\u00e9ments essentiels de la soci\u00e9t\u00e9 canadienne.<\/p>\n<p>Il ne s&rsquo;agit pas d&rsquo;\u00eatre patriote \u00e0 la fa\u00e7on de ceux qui croient que leur parcs, leur province ou leur comt\u00e9 est sup\u00e9rieur \u00e0 tous les autres parce qu&rsquo;ils y sont n\u00e9s ou qu&rsquo;ils y vivent. Le vrai patriotisme n&rsquo;est pas le d\u00e9bordement \u00e9motif de vanit\u00e9 qui se manifeste dans le chauvinisme, mais une vertu qui s&rsquo;exprime dans la participation \u00e0 la vie de la collectivit\u00e9, l&rsquo;attachement in\u00e9branlable aux principes \u00e9prouv\u00e9s de son pays. C&rsquo;est \u00e0 la fois un \u00e9tat d&rsquo;esprit et une communaut\u00e9 de vie.<\/p>\n<p>Le patriotisme d\u00e9mocratique auquel nous visons est avant tout une disposition int\u00e9rieure chez l&rsquo;individu, et non pas un exp\u00e9dient de la machine gouvernementale pour assurer la coh\u00e9sion de la population. Le citoyen est celui qui jouit du droit d\u00e9volu \u00e0 tout homme de b\u00e9n\u00e9ficier, selon ses aptitudes morales et intellectuelles, des avantages mat\u00e9riels et spirituels que la nature et la science ont mis \u00e0 la disposition de l&rsquo;humanit\u00e9, et qui reconna\u00eet le m\u00eame droit \u00e0 tous les autres hommes. Il croit \u00e0 l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 sans exclure pour autant la sup\u00e9riorit\u00e9.<\/p>\n<p>Le civisme exige beaucoup d&rsquo;intelligence perceptive. Il ne saurait exister chez les gens qui ne veulent \u00e9couter que ce qu&rsquo;ils entendent depuis toujours et qui s&rsquo;accrochent \u00e0 des croyances et \u00e0 des mythes qu&rsquo;ils ont toujours consid\u00e9r\u00e9s comme allant de soi.<\/p>\n<p>Devenir un citoyen \u00e9clair\u00e9, c&rsquo;est l&rsquo;id\u00e9al essentiel qui permet de discerner un sens et de mettre de l&rsquo;ordre dans la masse discordante et confuse de d\u00e9tails qui compose la vie nationale. Il faut pour cela continuer \u00e0 apprendre. La d\u00e9mocratie ne saurait \u00eatre sauvegard\u00e9e par une populace illettr\u00e9e\u00a0: elle exige que nous luttions sans cesse pour passer de l&rsquo;ignorance \u00e0 la sagesse.<\/p>\n<p>Si la d\u00e9mocratie est pr\u00e9cieuse &#8211; et elle est infiniment sup\u00e9rieure \u00e0 toutes les autres formes de vie nationale &#8211; il faut nous employer ensemble \u00e0 la r\u00e9aliser, sinon nous perdrons notre libert\u00e9.<\/p>\n<p>\u00c0 l&rsquo;aurore de notre second si\u00e8cle d&rsquo;existence en tant que nation, nous en sommes encore \u00e0 apprendre \u00e0 \u00eatre Canadiens. Nous n&rsquo;avons pas de temps \u00e0 perdre sur les cendres des dissensions pass\u00e9es.<\/p>\n<h3>Vivre ensemble<\/h3>\n<p>Consid\u00e9rer les probl\u00e8mes du Canada de tr\u00e8s haut, ce n&rsquo;est pas les regarder avec indiff\u00e9rence, mais plut\u00f4t s&rsquo;\u00e9lever au-dessus des opinions et des pr\u00e9jug\u00e9s pour envisager les faits tels qu&rsquo;ils sont, puis se joindre aux autres pour rectifier ce qui est d\u00e9fectueux et perfectionner ce qui est bon. Cette mani\u00e8re de voir permet de rapprocher les gens de toutes les faces, de toutes les langues et de toutes les religions, et de les amener \u00e0 r\u00e9aliser leurs espoirs et leurs aspirations dans le vaste cadre de la patrie canadienne. Ceux qui ont construit la tour de Babel ont au moins le m\u00e9rite d&rsquo;avoir su unir leurs efforts pour atteindre le ciel.<\/p>\n<p>\u00c0 quoi se r\u00e9sume l&rsquo;histoire du Canada\u00a0? Deux grands pays, la France et la Grande-Bretagne fondent des colonies en Am\u00e9rique du Nord. Par le sort des armes, le tout passe sous la domination de la Couronne britannique. Les m\u00eames circonstances ont ailleurs une issue douloureuse, une culture en absorbant une autre de force. Les Canadiens d\u00e9cident de proc\u00e9der d&rsquo;une fa\u00e7on diff\u00e9rente. Ils tentent une exp\u00e9rience jamais imagin\u00e9e auparavant. Le r\u00e8glement n&rsquo;est pas impos\u00e9 par les guerriers en ordre de bataille comme \u00e0 Runnymede, ni par la terreur et la guillotine comme en France. C&rsquo;est un exploit inusit\u00e9, accompli au prix de grandes difficult\u00e9s.<\/p>\n<p>Le pays \u00e9tabli il y a cent ans est un territoire continental compos\u00e9 de provinces distinctes. Le Canada a r\u00e9ussi \u00e0 faire subsister sa soci\u00e9t\u00e9 biethnique gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;intelligence, au travail ardu et \u00e0 la d\u00e9termination des deux groupes en cause.<\/p>\n<p>Toute notre histoire d\u00e9montre que la scission du Canada en petits \u00c9tats serait comme l&rsquo;extinction des chandelles dans un ch\u00e2teau, qui disparaissent une par une jusqu&rsquo;\u00e0 ce que tout le ch\u00e2teau soit plong\u00e9 dans l&rsquo;obscurit\u00e9. Les anthropologistes ont d\u00e9couvert, dans les parties les plus recul\u00e9es du globe, que les \u00eatres humains peuvent vivre ensemble et travailler en commun dans des conditions extr\u00eamement vari\u00e9es.<\/p>\n<p>Platon \u00e9tablit clairement dans un de ses dialogues que la prosp\u00e9rit\u00e9 r\u00e8gne lorsque des hommes religieux, amis de l&rsquo;ordre et industrieux \u00e9laborent une civilisation, mais qu&rsquo;elle s&rsquo;effondre sous l&rsquo;avalanche des querelles.<\/p>\n<p>Mettant les \u00c9tats-Unis en garde contre le morcellement, Alexander Hamilton affirmait\u00a0: \u00ab\u00a0Je me suis efforc\u00e9 de vous montrer l&rsquo;importance de l&rsquo;union pour votre s\u00e9curit\u00e9 politique et votre bonheur. Je vous ai d\u00e9voil\u00e9 l&rsquo;engrenage des dangers auxquels vous vous exposeriez en permettant que les noeuds sacr\u00e9s qui lient ensemble le peuple des \u00c9tats-Unis soient rompus par l&rsquo;ambition ou par l&rsquo;avarice, par la jalousie ou la fausse repr\u00e9sentation des faits.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Et c&rsquo;est Napol\u00e9on Bonaparte qui nous dit\u00a0: \u00ab\u00a0Le simple titre de citoyen fran\u00e7ais a beaucoup plus de valeur que n&rsquo;importe laquelle des mille et une d\u00e9nominations qu&rsquo;a engendr\u00e9es l&rsquo;esprit de dissension et qui pr\u00e9cipite la nation dans l&rsquo;ab\u00eeme.\u00a0\u00bb<\/p>\n<h3>L&rsquo;utopie suppose un but<\/h3>\n<p>Nous ne pouvons pas nous passer de la notion d&rsquo;utopie, m\u00eame si nous nous d\u00e9fendons d&rsquo;\u00eatre des id\u00e9alistes. S&rsquo;il n&rsquo;existait pas de Canada id\u00e9al, il faudrait en inventer un.<\/p>\n<p>Le monde que nous construisons, m\u00eame dans nos moments les plus brillants, est encore loin du monde que nous d\u00e9sirons\u00a0: monde de bonne volont\u00e9, de respect mutuel, de confiance r\u00e9ciproque, de g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 et de collaboration. Ce que nous voudrions, en fait, ce serait de revenir aux valeurs de l&rsquo;\u00e2ge d&rsquo;or et leur donner une port\u00e9e plus vaste et plus universelle.<\/p>\n<p>Une nation n&rsquo;est pas comme le dit ironiquement H. G. Wells, un groupe d&rsquo;hommes rassembl\u00e9s sous l&rsquo;autorit\u00e9 d&rsquo;un minist\u00e8re des Affaires \u00e9trang\u00e8res, mais une communaut\u00e9 humaine ayant un but dans la vie et r\u00e9unie en vue d&rsquo;une fin. Le Canada compte maintenant au-del\u00e0 de vingt millions d&rsquo;habitants, mais l&rsquo;\u00e9tat de la nation ne se mesure pas en chiffres. Celle-ci est beaucoup plus forte que l&rsquo;ensemble de ses parties. Sa vigueur r\u00e9side dans les liens de confiance qui existent entre ceux qui la composent, la qualit\u00e9 de leur solidarit\u00e9 et leur unit\u00e9 de but.<\/p>\n<p>Un observateur du <em>Manchester Guardian <\/em>\u00e9crivait il y a quelques ann\u00e9es\u00a0: \u00ab\u00a0Le Canada semble \u00eatre un pays en proie au doute le plus noir.\u00a0\u00bb Il y a danger que certains d&rsquo;entre nous se sentent \u00ab\u00a0perdus\u00a0\u00bb, et le moment est peut-\u00eatre venu de trouver pour eux un r\u00f4le constructif et dynamique dans notre vie nationale. Il s&rsquo;agirait de concentrer les id\u00e9es et les efforts sur l&rsquo;\u00e9dification d&rsquo;un Canada o\u00f9 il fait bon vivre et de joindre la sagesse pratique dans l&rsquo;art de gouverner \u00e0 l&rsquo;utilit\u00e9 morale d&rsquo;un code durable des valeurs.<\/p>\n<p>Lorsqu&rsquo;une mani\u00e8re de vivre change tr\u00e8s rapidement, comme le fait la n\u00f4tre \u00e0 l&rsquo;heure actuelle, et qu&rsquo;elle offre des options de plus en plus nombreuses aux individus, les principes fondamentaux et essentiels peuvent \u00eatre menac\u00e9s de disparition. Et il peut arriver qu&rsquo;il n&rsquo;y ait plus alors assez de points sur lesquels s&rsquo;entendent tous les membres de notre soci\u00e9t\u00e9 pour assurer un contenu et une forme valables \u00e0 notre culture. Voil\u00e0 pourquoi il est urgent d&rsquo;envisager les choses dans leur ensemble, de nous tracer une ligne de conduite et de collaborer avec enthousiasme \u00e0 la sauvegarde et \u00e0 l&rsquo;enrichissement du fonds d\u00e9j\u00e0 imposant de choses que nous avons en commun\u00a0: notre culture.<\/p>\n<h3>Ce qu&rsquo;est la culture<\/h3>\n<p>La culture ne consiste pas dans la pratique ou l&rsquo;admiration des beaux-arts. Elle se manifeste par la sup\u00e9riorit\u00e9 de la pens\u00e9e, l&rsquo;amour de la beaut\u00e9, le d\u00e9sir de nous \u00e9lever et d&rsquo;\u00e9lever les autres \u00e0 un niveau sup\u00e9rieur\u00a0; elle suppose la largeur d&rsquo;esprit, l&rsquo;objectivit\u00e9 de vues, l&rsquo;appr\u00e9ciation intelligente des valeurs et le d\u00e9veloppement des aptitudes de chacun.<\/p>\n<p>\u00c9voluer dans ce sens, c&rsquo;est grandir, c&rsquo;est acqu\u00e9rir de la maturit\u00e9. Rien n&rsquo;est plus pitoyable que l&rsquo;enfant prodige qui ne comprend pas pourquoi les exploits qui lui ont valu des acclamations \u00e0 quinze ans ne soul\u00e8vent plus que des applaudissements polis \u00e0 trente ans.<\/p>\n<p>Au Canada, nous sommes pass\u00e9s de l&rsquo;\u00e2ge de pierre \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de l&rsquo;agriculture, puis \u00e0 celui de l&rsquo;industrialisation, et enfin \u00e0 l&rsquo;\u00e8re de l&rsquo;\u00e9nergie atomique. M\u00eame si personne n&rsquo;a la pr\u00e9tention d&rsquo;accomplir sa t\u00e2che quotidienne avec des outils de l&rsquo;\u00e2ge de pierre, il reste que nous avons peut-\u00eatre rel\u00e2ch\u00e9 un peu notre poigne sur les tr\u00e9sors d&rsquo;urbanit\u00e9 acquis avec les ans et que nous avons marqu\u00e9 le pas intellectuellement.<\/p>\n<p>Les impond\u00e9rables ont toujours leur importance. Ce sont les choses qui ne se mesurent pas \u00e0 l&rsquo;aune de l&rsquo;utilit\u00e9 et qui ne se p\u00e8sent pas sur la balance des richesses. En \u00e9laborant des plans pour notre second si\u00e8cle d&rsquo;existence en tant que nation, allons-nous juger de notre degr\u00e9 de civilisation par le nombre d&rsquo;automobiles que nous comptons par centaine de mille habitants\u00a0?<\/p>\n<p>On peut voir, grav\u00e9e sur le fronton d&rsquo;un b\u00e2timent qui abrite des archives, cette phrase de <em>la Temp\u00eate <\/em>de Shakespeare\u00a0: \u00ab\u00a0Le pass\u00e9 n&rsquo;est qu&rsquo;un prologue\u00a0\u00bb. Dans la pi\u00e8ce, Antonio compl\u00e8te sa pens\u00e9e en disant que l&rsquo;avenir est entre nos mains.<\/p>\n<p>Le moment est venu d&rsquo;assimiler notre exp\u00e9rience, de faire preuve de sagesse et de collaboration, de dresser des plans. Sans plans d&rsquo;action, nous serons bouscul\u00e9s et d\u00e9rout\u00e9s par les \u00e9v\u00e9nements.<\/p>\n<p>Lorsque nous aurons des plans et que les traditions et les efforts de toutes les nationalit\u00e9s qui composent notre population se trouveront r\u00e9unis dans la poursuite d&rsquo;un id\u00e9al commun, le Canada deviendra une nation de marque et les Canadiens conna\u00eetront une vie plus riche.<\/p>\n<h3>Il faut agir<\/h3>\n<p>Au moment o\u00f9 le Canada aborde son second si\u00e8cle de conf\u00e9d\u00e9ration, il ne peut se permettre de croupir dans l&rsquo;inaction. Il a besoin, dans les \u00e9glises, les universit\u00e9s, les coll\u00e8ges et les \u00e9coles, les paroisses et les gouvernements, de chefs capables d&rsquo;envisager les choses de loin et de parler le langage qu&rsquo;il faut pour \u00e9veiller les esprits et inciter la population \u00e0 travailler \u00e0 l&rsquo;avancement individuel et \u00e0 celui de la nation. Ce n&rsquo;est pas tant une id\u00e9ologie nouvelle qu&rsquo;un esprit de fervente d\u00e9termination qui nous sera n\u00e9cessaire pour amener les Canadiens \u00e0 rechercher avec pers\u00e9v\u00e9rance une vie noble et digne.<\/p>\n<p>Nos r\u00e9solutions du Centenaire devront \u00eatre vivaces et avoir toute la force impulsive de l&rsquo;urgence. L&rsquo;heure n&rsquo;est ni \u00e0 radoter ni \u00e0 r\u00eaver, mais \u00e0 nous instruire et \u00e0 agir\u00a0; \u00e0 nous fixer un but avec enthousiasme.<\/p>\n<p>Comme cela est loin de l&rsquo;opinion de ceux qui pr\u00e9tendent que la vie facile est un bien souhaitable. Les gens de cette esp\u00e8ce ne recherchent que ce qui leur est donn\u00e9. S&rsquo;ils ont du pain en abondance, trois fois par jour, ils accepteront tr\u00e8s bien de ne vivre que de pain, avec quelques jeux \u00e0 l&rsquo;occasion pour se divertir. C&rsquo;est d&rsquo;eux que le grand inquisiteur de la parabole de Dosto\u00efevsky dit\u00a0: \u00ab\u00a0\u00c0 la fin, ils d\u00e9poseront leur libert\u00e9 \u00e0 nos pieds en nous disant\u00a0: \u00ab\u00a0faites de nous vos esclaves, mais donnez-nous \u00e0 manger\u00a0\u00bb.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Ce danger existe-t-il au Canada\u00a0? Les Grecs et les Romains n&rsquo;ont pas \u00e9chapp\u00e9 \u00e0 cette d\u00e9ch\u00e9ance. Apr\u00e8s une brillante p\u00e9riode de domination au sein d&rsquo;un monde barbare, ils sombr\u00e8rent, pour leur ruine, dans la mollesse et le d\u00e9soeuvrement.<\/p>\n<p>\u00c0 ce stade m\u00e9morable de son \u00e9volution, le Canada a r\u00e9uni, dans un milieu favorable \u00e0 la cr\u00e9ation d&rsquo;une grande association, les repr\u00e9sentants industrieux et pleins d&rsquo;ardeur de plusieurs races. C&rsquo;est un moment o\u00f9 tous les Canadiens doivent s&rsquo;unir pour vivre ensemble une grande \u00e9poque de l&rsquo;histoire.<\/p>\n<p>On trouve dans un po\u00e8me de sir Charles Roberts, d\u00e9di\u00e9 aux Canadiens, ce vers vigoureux \u00e0 l&rsquo;adresse du Canada\u00a0: \u00ab\u00a0O toi qui h\u00e9site, que ton pass\u00e9 soutienne ton avenir.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>En suivant cette voie, nous verrons mieux la n\u00e9cessit\u00e9 d&rsquo;\u00e9carter nos dol\u00e9ances imaginaires, d&rsquo;abattre les \u00e9pouvantails, de repousser les faux app\u00e2ts et de combattre les \u00e9l\u00e9ments de discorde.<\/p>\n<p>Avec de la perspicacit\u00e9 et la ferme et g\u00e9n\u00e9reuse r\u00e9solution de faire tout ce qui est possible, la nation canadienne peut r\u00e9aliser une grande oeuvre pendant son second si\u00e8cle d&rsquo;existence, une oeuvre que nous pourrons contempler avec fiert\u00e9 lors du bicentenaire du Canada.<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"author":86,"featured_media":0,"template":"","categories":[1],"rbc_letter_theme":[],"rbc_letter_year":[38],"class_list":["post-2065","rbc_letter","type-rbc_letter","status-publish","hentry","category-uncategorized","rbc_letter_year-38"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO Premium plugin v27.2 (Yoast SEO v27.2) - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-premium-wordpress\/ -->\n<title>Vol. 47, N\u00b0 12 - D\u00e9cembre 1966 - Le Canada vu dans sa totalit\u00e9 - RBC<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.rbc.com\/fr\/notre-compagnie\/histoire\/bulletin\/vol-47-n-12-decembre-1966-le-canada-vu-dans-sa-totalite\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Vol. 47, N\u00b0 12 - D\u00e9cembre 1966 - Le Canada vu dans sa totalit\u00e9\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"L&rsquo;ann\u00e9e du centenaire sera pour les Canadiens une excellente occasion de se regarder eux-m\u00eames et de regarder leur pays bien en face, de s&rsquo;examiner sous divers angles et d&rsquo;essayer de se voir tels que les autres les voient. 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